Hellow chers lecteurs !
Oui, j'ai dépassé mon objectif de 15 jours… Il faut dire que j'étais exceptionnellement occupée et souvent frustrée de ne pas avoir le temps de me poser devant mon pc… Pour limiter mon retard, je me suis tapée un sprint en me contentant 3-4 heures de sommeil ces dernières nuits (-zombi mode -). J'espère en tout cas que le résultat vous satisfera ! n_n'
- J'apprécie toutes les critiques, même négatives du moment qu'elles sont constructives. Merci de signaler les fautes, ce serait rendre service pour corriger ça au plus vite n_n –
Mise à jour - 06/07/2019 : Corrections mineures (ponctuation des dialogues, syntaxe, fautes…).
Bonne lecture !
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Chapitre 11 : Le Camp des Loges
Eren s'impatientait.
Cela faisait déjà deux jours qu'il fixait vaguement l'écran diffusant les informations, prêtant plus attention à l'heure qu'il était plutôt qu'aux dernières nouvelles.
Plus d'une semaine s'était déjà écoulée depuis son procès. Peu de choses avaient changé : il restait toujours coincé entre ces quatre murs, sanglé dans son lit. Excepté ses geôliers, il n'avait pas reçu d'autres visites.
Cette cage blanchâtre commençait à le rendre malade. Il avait hâte d'en sortir et de faire enfin ses preuves. Pourtant, cela faisait presque quarante-huit heures que les Traqueurs devaient le récupérer.
L'angoisse commençait à le relancer, formant une désagréable boule au ventre. Et si les Traqueurs avaient changé d'avis ? Et s'ils allaient finalement le livrer à la section de recherche ? Ou l'exterminer directement, par prudence ?
Eren essaya de se ressaisir. Cela ne servait à rien de paniquer inutilement, le verdict avait été prononcé après tout. II n'y avait aucune raison que le Général ou une quelconque autorité ne revienne dessus. Non ?
Un cliquetis interrompit ses réflexions troublées. Une troupe de Veilleurs s'introduisait dans la pièce, bien plus nombreux qu'à l'accoutumée. Son cœur s'emballa lorsque deux d'entre eux commencèrent à le détacher.
Toutefois, l'adolescent fut soulagé de voir le Capitaine Ackerman rentrer à son tour dans la cellule.
Ce dernier restait silencieux tandis qu'on lui desserrait les liens. Ses iris glacés restaient plantés dans sa direction. Eren préférait détourner son regard, encore mal à l'aise. Même s'il était quelque part heureux de sa présence, il se trouvait encore honteux que son sauveur le voit dans une telle situation.
Un Veilleur lui tendit les manches d'une camisole. Eren leva mécaniquement ses bras pour qu'on puisse la lui enfiler.
« Inutile », le stoppa le Capitaine. « Il n'en a pas besoin.
- Vous en êtes sûr ? » lui demanda le Veilleur. « Nous allons au moins lui attacher les poignées…
- Non. Embarquez-le comme ça.
- Vous n'allez pas le transporter sans rien pour le maintenir ? » s'exclama un autre Veilleur. « C'est de l'inconscien…
- Vous avez de la merde dans les oreilles ou quoi ? » l'interrompit le Traqueur sur un ton agacé. « Il est sous notre contrôle, c'est à vous d'obéir à nos instructions à présent. S'il arrive quoi que ce soit, j'en assume toute la responsabilité. »
Les autres miliciens exécutèrent les ordres, malgré une certaine méfiance vis-à-vis du captif. Eren était également surpris par les ordres du Capitaine. Lorsqu'il se releva, il retrouva son corps complètement libéré de ses mouvements. A croire que ses membres s'étaient habitués à rester entravés.
Eren longea calmement le couloir en restant entouré des miliciens, le Capitaine fermant la marche discrètement derrière lui. Il devait bien y avoir une centaine d'hommes mobilisés pour son déplacement Eren en apercevait tout au long de leur traversée, prêt à intervenir au moindre accroc.
Lorsqu'ils passèrent les portes du bâtiment, Eren fut soudainement éblouit par le soleil. Il savoura les rayons lui réchauffer la peau et se surprit à prendre une large bouffée d'oxygène. Bien que l'air de la capitale fût loin d'être réputé pour sa pureté, Eren appréciait ce semblant de liberté et le vent qui lui caressait doucement les joues.
Il fut accompagné jusqu'au centre de la cour où se trouvaient stationnés cinq fourgons. Il entra dans l'un d'eux et s'assit à une place vers le fond. On pouvait au moins y transporter une dizaine d'hommes. Le Capitaine s'y engouffra également, les portes se refermant derrière lui. L'intérieur du véhicule s'assombrit, la lumière traversant faiblement à travers de fines ouvertures au niveau du toit. Le Traqueur s'avança et s'installa juste devant lui avant le démarrage du véhicule.
Eren resta muet et embarrassé durant les dix premières minutes de leur voyage. Le Capitaine restait toujours face à lui, stoïque, bras et jambes croisées. Son regard perçant était toujours maintenu dans sa direction, ce qui rendit Eren encore plus mal à l'aise.
Bien qu'Eren avait pris l'habitude qu'on le scrute comme une bête sauvage ces trois dernières semaines, l'attitude du Capitaine ne laissait entrevoir aucune peur. C'était à la fois rassurant et effrayant.
Et dire qu'il y avait quelques années, il aurait tout donné pour se retrouver face l'inconnu qui l'avait sauvé. Découvrir ce qu'il faisait, qui il était… Même s'il avait finalement obtenu quelques réponses à ses questions, pas mal d'interrogations restaient en suspens. Eren souhaitait encore en connaître davantage sur lui, même si les circonstances l'encouragèrent plutôt à se murer dans le mutisme.
Depuis sa détention à l'Ecole militaire, son admiration envers le Capitaine s'était un peu écornée mais restait toujours intacte. Après tout, il restait toujours un Traqueur talentueux. Malgré ses airs froids, son impassibilité, sa violence et sa vulgarité, Eren ne doutait en rien des talents du milicien. Et surtout, il était prêt à lui accorder une chance au milieu d'une foule de détracteurs.
Trouvant décidément ce silence bien trop pesant, il décida d'engager la conversation.
« Merci pour tout à l'heure, Capitaine… Je veux dire, d'avoir demandé à ne pas m'attacher... »
Livaï le fixait toujours, semblant à peine réagir.
« C'est juste que c'est complètement stupide de t'enchaîner si nous sommes amenés à collaborer ensemble sur le terrain », justifia-t-il.
Un second moment de blanc. Décidément, mener un entretien avec lui n'était pas une chose aisée.
« Où nous emmène-t-on ? » lui demanda-t-il.
« Au camp des Loges. C'est un camp d'entraînement dédié exclusivement aux Traqueurs, à l'ouest de Paris. Les infrastructures pour t'accueillir viennent tout juste d'être achevées. Il y a eu quelques retards sur les travaux. »
Eren comprit alors pourquoi les Traqueurs avaient mis autant de temps pour venir le chercher.
« D'ailleurs, comment seront les installations ? » lui demanda-t-il. « J'ai entendu le Commandant en parler mais je n'en sais pas plus.
« Il s'agit surtout d'une enceinte, composée principalement d'une salle d'entrainement et une autre d'expérimentation avec tout le matériel associé. La logistique n'était pas simple pour rassembler tout ce dont nous avions besoin, surtout avec la mise en place des systèmes de sécurité. »
Eren s'en doutait un peu. Après tout, ce n'était pas parce qu'il était accepté par les Traqueurs qu'on allait lui accorder une totale liberté.
« Cela n'a pas dû être simple », reprit Eren. « Cela a dû vous prendre pas mal de votre temps.
- Pas vraiment », dit le Capitaine. « J'étais occupé sur d'autres affaires et j'ai juste jeté quelques coups d'œil sur le cahier des charges. J'ai laissé mon escouade superviser une partie des travaux. Je vais donc découvrir les locaux en même temps que toi. »
Eren eut un mauvais pressentiment. Il allait être confronté aux autres Traqueurs obéissant à ses ordres. Vu comment la plupart des miliciens le considéraient jusqu'à présent, Eren redoutait leurs réactions.
« Est-ce que cela ne les dérange pas… de travailler avec moi ?
- On verra bien », répondit le Capitaine en toute franchise. « Mais ce sont des professionnels, pas comme pas mal de Veilleurs que tu as pu croiser jusqu'à présent et qui ne font que figure de poteaux. Ils ont l'habitude du terrain et des missions délicates. Si je considère l'un d'entre eux inapte, il sera tout de suite éjecté de la mission. »
Ces propos apaisèrent un peu plus Eren. Il en avait assez de vivre parmi des gens qui se méfiait constamment de ces moindres faits et gestes. Peut-être qu'ici ce serait un peu plus différent.
« Et vous, cela ne vous a pas gêné qu'on vous ait affecté sur ce projet ? »
Eren essayait de faire allusion à leurs précédentes rencontres, mais n'osait pas le lui demander directement. Le Capitaine soupira de façon exaspérée.
« Je ne serais pas Traqueur si j'étais soucieux de mon petit confort », rétorqua-t-il. « Mais j'étais tout de même en droit de refuser si je ne me sentais pas capable d'assumer mon rôle. Et puis, le fait que tu te retrouves à jouer les cobayes est assez intéressant. Toi qui semblais vraiment détester les goules, cela nous fait au moins un objectif en commun. Et si nous faisons fausse route sur ton compte, j'en profiterai quand même pour connaître tes réelles motivations.
- Comment ça ? » demanda l'adolescent sans trop comprendre.
Le Traqueur marqua un léger temps de pause, son regard devenant plus sévère et froid.
« J'ai toujours eu de l'intuition pour démasquer ces ordures. Alors une goule qui se fait passer pour un rescapé d'une gigantesque tuerie et qui vient ensuite jouer les apprentis, ce serait un véritable coup de maître. Si finalement tu nous avais tous dupés, je me ferais un plaisir de te tirer les vers du nez à ma façon. »
Le Capitaine avait prononcé ses dernières paroles en employant un ton cinglant. Eren se raidit.
« Mais je ne crois pas que tu te serais laissé prendre facilement si tu étais aussi doué », reprit le Traqueur. « Et puis te disséquer à la section de recherche serait du gâchis si tu peux travailler à nos côtés. Après tout, je serais curieux de voir à l'œuvre ce gosse qui disait vouloir 'les exterminer tous jusqu'au dernier'. »
La référence du Capitaine résonna en lui comme un puissant écho, ravivant l'instant de leur première rencontre d'il y a plus de six ans. Eren se sentit à la fois heureux et rassuré de partager ce lointain souvenir avec lui.
« Je tâcherais de ne pas vous décevoir Capitaine Ackerman ! s'exclama Eren en portant un poing au cœur. Je ferais mon possible pour nous débarrasser de cette vermine ! Par tous les moyens ! »
Le Traqueur resta impassible, laissant échapper un bref soupir entre ses lèvres fines.
« Garde tes beaux discours pour plus tard. Pas sûr que tu puisses en débiter autant lorsque tu seras dans le grand bain. »
-oOoOoOo-
Le véhicule s'arrêta après presque deux heures de route.
Les portes s'ouvrirent sur une vaste cours. Le Capitaine se détacha et se releva.
« Enfin nous y voilà. Suis-moi. »
Eren s'exécuta et descendit à son tour, plissant les yeux pour éviter de se laisser trop aveugler par la lumière. Décidément, il était resté bien trop longtemps confiné pour se laisser autant éblouir.
Eren constata que les autres fourgons qui devaient les suivre n'étaient pas présents.
« Il n'y avait pas d'autres fourgonnettes avec nous ?
- C'étaient des leurres », répondit le Capitaine. « Ton transport avait requis tout un dispositif de sécurité. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a mis autant de temps pour venir jusqu'ici. »
Eren avait encore du mal à réaliser qu'il faille déployer autant d'efforts pour son encadrement. Cela lui donnait encore une fois l'impression qu'il était loin d'être une personne normale.
L'adolescent suivit le Traqueur à travers l'immense cour entourée de différentes bâtisses. Eren était surpris de circuler sans une troupe de miliciens agglutiné à ses côtés, même s'il apercevait quelques hommes postés toutes les dizaines de mètres.
« Tu seras affecté au secteur Est », annonça le Capitaine. « Tu pourras circuler librement dans cette enceinte. Par contre, tu devras rester accompagné d'au moins l'un d'entre nous si jamais tu devais circuler dans le camp. Pas la peine de t'expliquer les sanctions si jamais tu tentes de t'échapper du camp. Entendu ? »
Eren répondit par un hochement de tête affirmatif. Ces conditions ne lui déplaisaient pas tant que ça. Même s'il resterait encore très surveillé, il était ravi de pouvoir enfin profiter d'un semblant de liberté.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent enfin vers un immense mur de plusieurs mètres et surplombé de barbelés. Des caméras de surveillance étaient également installées en hauteur.
Le Capitaine présenta son brassard devant un point d'authentification et, après quelques minutes d'attente, les deux battants de l'entrée s'ouvrirent.
« Nous suivons un protocole de sécurité strict sur toutes les entrées et sorties de cette enceinte », expliqua le Traqueur. « Si l'un d'entre nous compte te faire sortir d'ici, la présence d'Hanji, du Commandant ou moi-même sera requise. »
Ils arrivèrent ensuite dans une sorte de sas, avec une seconde porte blindée qui s'ouvrit peu après que la première se refermait. Une fois l'entrée accessible, Eren aperçut quatre Miliciens s'aligner devant eux. Une fois arrivés à leur niveau, ils firent simultanément le salut de la Milice. Eren fit de même tandis que le Capitaine se contenta d'un bref geste de la main.
« Voici mon escouade, présenta le Capitaine. « De gauche à droite : Eld Jinn, Gunther Shultz, Petra Ral et Auruo Bossard. Vous tous, voici Eren Jaeger. Pas besoin de vous en dire plus, vous avez été assez briefés sur le sujet. Eld, je te laisse démarrer la visite.
- Très bien », acquiesça Eld. « Bienvenue parmi nous Eren, j'ai hâte que nous puissions travailler ensemble. »
Le Traqueur blond esquissa un léger sourire, déconcertant quelque peu Eren. Cela lui faisait bizarre qu'on s'adresse à lui avec autant de sympathie. Lui qui avait eu l'habitude d'être ignoré et craint depuis des semaines, cela lui faisait du bien.
Eren le suivit, accompagné de l'ensemble de l'équipe.
L'enceinte était composée d'une cour centrale en terre battue et de trois bâtiments. Eren scrutait les lieux : les murs semblaient dater de nombreuses années.
« Tout ça a été construit en une semaine ? » demanda Eren.
- Bien sûr que non ! » s'exclama le dénommé Auruo avec un petit air condescendant. « Il s'agit de vieilles bâtisses datant de l'époque où le terrain appartenait encore à l'Armée de Terre. La division n'en trouvait pas l'utilité et a laissé ce bout de terrain à l'abandon. Personne n'aurait cru qu'on reprendrait ces murs pour toi. »
Eren l'écoutait, tout en balayant son regard aux alentours. Par inadvertance, il croisa celui du Capitaine. Ce dernier continuait de le fixer, ce qui le déstabilisa. Il s'efforça de regarder droit devant lui.
« Ne fais pas le malin le bleu », l'avertit Auruo en se rapprochant à quelques centimètres de lui.
- Hein ? » fit Eren sans comprendre où cet homme en voulait en venir.
« Peu importe que tu sois une goule ou pas, Livaï ne te quittera pas d'une semelle. Donc ne crois pas que tu sois le plus futé, espèce de petit…
- Auruo ! » le coupa la jeune femme dénommée Petra en lui abattant d'un coup son coude dans les côtes. Arrête de te comporter comme ça, tu es vraiment lourd.
- Tu crois pouvoir me commander Petra ? » rétorqua Auruo en grimaçant de douleur. « Tu es loin de pouvoir te prendre pour ma femme.
- J'aurais dû te frapper plus fort », soupira-t-elle en roulant des yeux.
Eren se contenta de les observer, ainsi que les deux autres membres de l'escouade.
C'étaient alors eux, les fameux Traqueurs chargés des interventions spéciales. Eren ne les avait pas encore vus à l'œuvre mais il ne doutait pas de leurs compétences. Bien qu'il ne les connaissait pas individuellement, il avait déjà entendu pas mal de choses au sujet de cette escouade. La meilleure de la division, voire même de la Milice peut-être. Ils pouvaient ensemble tuer une goule de rang A, soit l'équivalent de la force d'une dizaine de miliciens et encore. Eren savait que si jamais il perdait le contrôle comme ce fameux soir, ils seraient tous chargés de le tuer. Cette pensée le rendit tout à coup mal à l'aise.
« Chaque bâtiment à une fonctionnalité particulière », poursuivit Eld. « Nous avons à disposition un réfectoire, une salle d'entraînement et une salle pour les expérimentations. Cette dernière te sera présentée un peu plus tard. Le Capitaine Zoé est trop occupée à achever certains préparatifs. »
Ils entrèrent dans la première bâtisse. Le décor semblait spartiate mais il y avait tout ce dont ils avaient besoin. Une grande table en bois au centre de la pièce ainsi qu'un réfrigérateur, un lavabo et un micro-onde étaient mis à disposition. Dans un recoin, il aperçut un sofa ainsi qu'une petite bibliothèque.
« Tous les repas se prendront ici », continua Eld. « Nous apporterons nous-mêmes les plats depuis le principal réfectoire du camp. Tu trouveras derrière la porte là-bas un accès aux sanitaires. Il y a aussi un petit coin de détente pour décompresser. Afin d'éviter de multiplier les contacts avec l'extérieur, il n'y a aucun appareil lié à un réseau. Des livres sont tout de même à disposition, histoire d'avoir un minimum de distraction.
- Ce n'est pas un problème », rassura Eren. « C'est déjà très bien. »
Après trois semaines emprisonné avec un écran comme unique moyen de divertissement, lire des vieux bouquins lui ferait du bien.
« Ok », sourit Eld. « Nous passons alors à la salle d'entrainement.
- Elle vient d'être terminée aujourd'hui », poursuivit le dénommé Gunther. « Cela a prit du temps, mais tout devrait être en ordre.
- Il y a intérêt », dit le Capitaine. « Après quarante-huit heures de retard, ils ont intérêt à ne pas se louper. »
Eld emboita le pas et ouvrit l'accès au dernier bâtiment. Ce dernier avait la particularité d'être plus haut et spacieux que les autres. Ils traversèrent un couloir avant d'arriver vers une gigantesque salle. Elle semblait être conçue exclusivement pour le combat et l'entrainement, séparé en deux espaces : l'un avec des cordes et murs d'escalades, tandis que l'autre avait juste à disposition un immense tatami. Divers casiers et rangements longeaient les murs pour entreposer le matériel.
« Nos entrainements se dérouleront ici, aussi bien pour de simples exercices physiques que du combat.
- Les installations n'ont été finalisées que ce matin », dit Gunther. « Qu'en pensez-vous ?
- C'est immense ! » lâcha Eren.
Par rapport à la salle d'entrainement de l'Ecole, celle-ci semblait faire le double de capacité. Pourtant ils n'étaient que six à pouvoir vraiment en profiter.
Eren jeta un coup d'œil vers le Capitaine qui, à sa surprise, était loin d'être réjoui. Au contraire, son attitude d'habitude impassible semblait exprimer… du dégoût ?
Le Capitaine s'avança et frotta de la pointe du pied un coin du tatami. De la poussière semblait se soulever. Il passa ensuite son index sur l'un des bancs et l'examina, avant de sortir un mouchoir pour s'essuyer.
« Le matériel a été disposé juste après les travaux », expliqua Gunther. « Vu que les délais étaient déjà assez serrés, les agents d'entretien n'ont pas eu le temps d'intervenir avant l'arrivée d'Eren…
- C'est fâcheux », dit le Capitaine d'un air sombre. « Dans ce cas, mettons-nous vite au travail. »
-oOoOoOo-
Ils revinrent sur les lieux, équipés de la tête au pied de tout le nécessaire de nettoyage indispensable.
Cela faisait déjà une bonne heure qu'Eren balayait et dépoussiérait les casiers du vestiaire.
Une fois le travail jugé terminé, il se dirigea vers la pièce où se trouvait le Capitaine. Celui-ci était en train d'astiquer minutieusement un lavabo tandis que Petra nettoyait le sol.
« Capitaine Ackerman, j'ai terminé les vestiaires. Je peux faire quelque chose d'autre? »
Ce dernier se tourna vers lui et abaissa le foulard qui protégeait ses voies respiratoires de la poussière et des vapeurs des produits d'entretien.
« Reste-là », lui dit-il. « Je vais regarder ça. En attendant, aide un peu Petra. »
Il lui tendit son torchon et son éponge avant de sortir de la pièce.
« Au fait, j'ai oublié de vous le demander. On nous a présenté tous les bâtiments, mais aucun n'indique où je pourrais dormir.
- Tu seras installé en-dessous de l'infirmerie », répondit-il. « Il y a une chambre au sous-sol qui y a été construite. C'est assez sommaire, mais c'est l'une des règles qui nous a été imposée en termes de sécurité pour que nous puissions te garder. »
Le Capitaine se dirigea vers les vestiaires, laissant Eren déçu. Il n'avait pas vraiment envie de retrouver la même atmosphère que son ancienne chambre.
« Tu as l'air déçu du Caporal », lui dit la jeune femme.
Eren se retourna vers elle, surpris et l'air interrogateur. C'était la première fois qu'il entendait quelqu'un nommer le Capitaine ainsi.
« Tu fais une drôle de tête depuis tout à l'heure », continua-t-elle. « Les autres membres de la milice anti-goules ont tendance à l'idéaliser. Il est nerveux, violent, très méfiant, plutôt petit…
- Ce n'est pas ça », l'arrêta Eren. « Ce qui m'étonne le plus, c'est sa soumission aux décisions de ses supérieurs…
- Comme c'est l'un des miliciens les plus forts au sein de la MAG, tu croyais qu'il ferait preuve d'insubordination ?
- Un peu », avoua-t-il. « Je pensais qu'il ne suivrait les ordres de personne… »
Petra sourit de plus belle, cessant les coups de balais pour se tourner vers l'adolescent.
« Je sais très peu de choses sur ce sujet, mais il a apparemment été différent autrefois. D'après une rumeur, il se livrait à quelques trafics douteux dans certaines banlieues malfamées avant d'intégrer les Traqueurs…
- Quoi ? » s'étonna Eren. « Ce n'est pas possible qu'il ait pu être intégré s'il était fiché…
- Ce n'est qu'une rumeur », répéta Petra. « Mais certains miliciens persistent à croire que le commandant Smith a blanchi son casier judiciaire pour se porter garant.
- Le commandant Smith ?
- Eren ! »
Ce dernier sursauta lorsque le dénommé 'Caporal' rentra de nouveau dans la pièce. Est-ce qu'il les avait surpris dans leur conversation ? En tout cas, Petra recommença à balayer un peu plus nerveusement.
Le Capitaine le fixa, les sourcils froncés, ne laissant présager rien de bon pour Eren.
« Les casiers sont mal nettoyés », reprit Livaï sur un ton très agacé. « Recommence. »
-oOoOoOo-
Trois bonnes heures s'étaient écoulées lorsque le Capitaine jugea les lieux convenablement nettoyés. Eren ne savait pas ce qui était le pire : faire les corvées de ménage sous l'étiquette des Traqueurs ou être déjà épuisé en les faisant. Il fallait qu'il se rattrape rapidement aux entrainements pour qu'il puisse récupérer son endurance.
« Bien », dit leur supérieur. « Je vais accompagner Eren à la salle d'expérimentation. Vous autres, vous pourrez commencer à souffler dans vos quartiers une fois le matériel de nettoyage rangé. On se retrouve à la cafétéria à vingt heures. »
Chacun acquiesça tandis qu'Eren suivit le Capitaine au pas avant de quitter ensemble les lieux.
« Il s'agira sans doute d'un des endroits que tu fréquenteras le plus souvent », prévint-il. « Tu subiras juste un petit interrogatoire, les expériences ne débutant que demain. »
Lorsqu'ils arrivèrent devant les portes du dernier bâtiment non visité, le Capitaine se tourna une dernière fois vers Eren.
« Même si nous tenons à respecter nos ordres de missions, sache que ce n'est pas forcément le cas de tout le monde ici. Même si c'est un pro dans son domaine, il a tendance à être borderline. S'il te propose de faire quelque chose de trop extrême, n'hésite pas à m'en faire part avant. »
Eren fut quelque peu surpris de ces avertissements. Les expériences pourraient être aussi dangereuses que ça ? Et excepté le Capitaine Zoé, il n'avait pas entendu parler de quelqu'un d'autre devant l'examiner.
Ses réflexions furent interrompues par le son des coups de poing du Capitaine contre la porte. Cette dernière s'ouvrit brusquement en quelques secondes.
Il s'agissait du Capitaine Zoé, les cheveux tout en bataille, vêtue d'une blouse de laborantin à la place de la veste portée par les Traqueurs. Néanmoins, elle avait toujours conservé son brassard.
« Eren ! » s'exclama-t-elle en lui saisissant les mains. « Tu es enfin arrivé ! Quel plaisir de te retrouver parmi nous ! »
L'adolescent était un peu déconcerté par cette réaction si familière.
« Je n'ai même pas pu t'accueillir ! Depuis combien de temps es-tu là ?
- Quatre ou cinq heures à peu près », répondit le Capitaine à la place du garçon.
- Depuis si longtemps ! » s'écria-t-elle. « Tu aurais pu me prévenir !
- Tu étais apparemment en train de finir certaines choses », lui dit-il. « Si tu avais déjà terminé, tu n'avais qu'à sortir de ta tanière.
- C'était juste des broutilles », se justifia-t-elle en faisant un geste de main désinvolte. « Bref, je parie que tu m'amènes Eren pour que je puisse l'examiner un peu ? »
Elle lui avait posé la question avec les yeux brillants, la rendant un peu plus étrange au regard d'Eren.
« C'est ça. Par contre, le diner est à vingt heures. Donc contente toi surtout des questions et pas de débordement.
- Ce que tu es rigide », soupira-t-elle. « Par contre, je vais quand même vous faire visiter les lieux avant de passer aux choses sérieuses ! »
Une fois à l'intérieur, Eren reconnut l'odeur caractéristique de la javel envahissant certains milieux hospitaliers. Il y avait une paillasse à disposition, diverses machines entreposées ainsi qu'un frigo. Il y avait une multitude de produits et de livres sur les étagères, ainsi que des fioles. Il y avait aussi une banquette pour s'allonger, et à côté un bureau avec deux sièges en face. Un peu plus loin, il y avait une sorte de local aux parois de verre où une autre banquette était également agencée.
Eren avait l'impression de se retrouver dans le repaire d'un savant fou.
« La plupart du matériel et produits ont été récupérés depuis les hôpitaux et les sections de recherche », expliqua Hanji toute surexcitée. « Nous avons même pu récupérer des appareils de radiographies ! Ah, aussi, l'accès à la chambre ! »
Elle accourut vers le mur et sembla actionner une sorte de bouton. Une ouverture apparut, donnant accès à un escalier en colimaçon. Eren avait l'impression de rentrer dans un passage secret tout droit sorti d'un film.
Ils descendirent et arrivèrent devant des grilles gardant une pièce. Eren fut surpris de découvrir un lit simple, avec une petite armoire et un accès aux toilettes. Il y avait même une table de chevet et un petit bureau. Même si cela restait assez spartiate, sa cellule s'assimilait plus à une chambre d'étudiant.
Ils remontèrent ensuite tous les trois dans le laboratoire et Hanji referma l'accès derrière eux.
« C'est un peu austère mais j'espère que tu te sentiras à l'aise ! » souhaita Hanji. « Si tu as besoin de quelque chose d'autre…
- Cela suffira », coupa Eren. « C'est déjà bien plus que ma cellule précédente.
- Il n'a pas tort », intervint le second Capitaine. « Nous n'animons pas non plus une colonie de vacances. Contente-toi de suivre les instructions d'Erwin.
- C'est super ! » s'exclama Hanji en ignorant les sarcasmes de son homologue. « Du coup, je vais embrayer sur quelques questions ! »
- Je vais vous laisser à vos petits interrogatoires », dit le Capitaine Ackerman. « J'ai des dossiers à clôturer. Hanji, tu le libèreras bien pour le diner de vingt heures, c'est clair ?
- Ne t'inquiète pas », souffla-t-elle. « Tu le récupèreras à temps ton petit protégé ! »
Il laissa échapper un 'tss' exaspéré entre ses dents avant de quitter le bâtiment, laissant l'adolescent entre les mains de l'experte.
« Assieds-toi sur la banquette », lui demanda Hanji. « Tu seras plus à ton aise.
- Attendez », l'interrompit Eren. « On n'attend pas votre collègue ?
- Mon collègue ? » répéta Hanji avec un air étonné. « Je suis seule à travailler ici. J'ai bien Moblit qui m'assiste de temps en temps, mais je préfère qu'il se consacre aux affaires que j'ai dû laisser en suspens pour le moment.
- Ah bon ? » s'étonna Eren. « J'ai peut-être mal compris, mais le Capitaine Ackerman racontait qu'une autre personne était censée mener les expériences.
- Détrompe-toi », assura Hanji. « Je suis la seule qui assume ce rôle ici. »
Eren restait un peu confus. Le Capitaine avait bien sous-entendu que c'était un homme qui allait lui faire passer des examens.
A moins que…
« Attendez », demanda Eren un peu troublé. « Est-ce que par hasard… vous seriez un homme ? »
Hanji s'immobilisa, le fixant silencieusement tandis qu'Eren affichait une moue gênée. Le Capitaine explosa soudainement de rire, pliée en deux.
« Cela fait longtemps qu'on ne me l'avait pas faite celle-là ! » s'écria-t-elle en pleurs. « Ah ah ! C'est trop drôle ! »
Eren la dévisagea, encore déboussolé. Hanji se calma peu à peu.
« Je parie que c'est Livaï qui t'a dis ça !
- Oui, enfin pas vraiment… Il parlait de vous au masculin. Du coup, j'ai pensé réellement qu'un homme dirigeait les expériences…
- Livaï aime bien parler de moi au masculin contrairement à tout le monde », expliqua-t-elle. « Des fois, il lui arrive de me désigner au féminin, mais c'est souvent pour m'insulter.
- Je suis un peu perdu », avoua Eren. « Cela peut paraître indélicat mais… vous êtes un homme ou une femme ? »
Hanji se tourna vers lui, toute sourire.
« Appelle-moi comme bon te semble, cela n'a pas trop d'importance pour moi. Les deux me vont, cela ne me gêne absolument pas ! »
Eren restait un peu ahuri par ce type de réponse. Il ne s'attendait pas à ce que le Capitaine ait si peu de considération concernant la définition de son genre. Mais vu son apparence, il préférait continuer de la désigner au féminin.
« Assez plaisanté », se reprit Hanji. « Je vais à présent te poser quelques questions. Certaines vont sans doute se répéter par rapport à celles que l'on t'a déjà posées à l'Ecole Militaire, mais cela me permettrait de bien reconfirmer certains éléments. Cela te va ?
- Pas de problème », acquiesça-t-il.
« Bien ! Alors, aurais-tu des souvenirs du soir de la cérémonie ? Ou du moins lorsque tu as déployé ton kagune ?
- Toujours rien », avoua Eren un peu dépité. « Je ne me rappelle vraiment plus de ce moment-là. Tout ce que je sais, c'était que ma jambe et mon bras s'étaient fait arrachés. Mon corps était aussi transpercé. Normalement, j'aurais dû mourir. Et puis j'ai rouvert les yeux dans la cellule dans l'Ecole Militaire. »
Hanji l'écoutait attentivement, prenant rigoureusement des notes dans un carnet.
« Et tu manges de tout ?
- De tout », confirma Eren. « Enfin, je me nourris comme un humain normal et n'ai pas d'allergie.
- As-tu certaines prédispositions physiques ? Ou certaines faiblesses ?
- J'ai plutôt une stature normale. D'après mes derniers résultats au sein de la Milice, j'ai un assez bon niveau en exercices physiques. Je fais par contre souvent de l'anémie.
- C'est ce que je vois à travers tes diverses analyses », répondit Hanji. « Cela fait depuis combien de temps que tu en fais?
- Je ne sais plus trop », dit Eren. « Je devais avoir dix ou onze ans je crois. Il m'arrive de faire des crises plus ou moins sévères, nécessitant parfois de me perfuser. Aucun médecin n'a pu constater une pathologie particulière qui serait liée à mes symptômes. Et je supporte mal la plupart des traitements... »
Eren préférait ne pas mentionner les médicaments de Christa. Il n'était pas utile de la citer. S'il commençait à parler d'elle, la MAG risquerait de lui poser des problèmes et il est possible qu'on lui suspende également son traitement.
« Je le note bien », dit Hanji. « Il n'est pas question de te soumettre un traitement de toute façon, vu que nous ignorons encore comment peut réagir ton organisme. Mais je tâcherais à veiller à ce que tu adoptes une alimentation équilibrée en renforçant la dose en fer. Sinon, est-ce que cela t'arrive d'être violent ? Même par phase ?
- Pas vraiment. Même si je ne suis pas plutôt du genre à me laisser faire, je ne m'énerve pas violemment sans raison. »
Il n'avait pas tort quelque part. Les fois où il montrait les poings étaient davantage pour défendre Mikasa et Armin que pour autre chose. Même si, parfois, frapper Jean faisait du bien et qu'il testait des techniques plus ou moins agressives durant ses combats contre Annie.
Une pensée nostalgique lui traversa l'esprit. Ses anciens camarades lui manquaient…
« Et ne t'es-tu jamais demandé quel était le goût de la chair humaine ? »
Les propos du Capitaine le sortirent soudainement de sa rêverie.
«Bien sûr que non ! » s'offusqua l'adolescent.
Hanji lui sourit, un peu amusée.
« Il n'y a pas de honte à ça », répondit Hanji en gloussant. « Il m'est déjà arrivé de me poser la question. Juste par curiosité, je n'ai jamais testé ! Je crois que cela m'est venu quand j'ai assisté la première fois au repas d'une goule au cours d'une expérience à la section de recherche. Bien sûr, on leur donnait des morceaux de chairs provenant de personnes ayant choisi de léguer post-mortem leur corps à la science. C'était fascinant de les voir se nourrir avec autant de plaisir ! Même si les papilles gustatives sont très différentes entre une goule et un homme, je me suis demandée à ce moment-là quel goût cela pouvait bien avoir. Est-ce comme du bœuf ? Ou bien du porc ? Est-ce qu'elles pouvaient retrouver des sensations de sucré, d'amertume ? En voyant leurs airs soulagés et béats, j'en étais presque frustrée de ne pas trouver un mets qui pouvait procurer ce type de sensation… »
Eren la fixa avec les yeux écarquillés et horrifiés. Qui pouvait bien avoir ce type de réflexions candides en regardant ces morfales se goinfrer ?
Hanji remarqua son air horrifié et éclata nerveusement de rire.
« On dirait que je t'ai choqué ! » rigola-t-elle. « Ne t'inquiète pas, jamais je ne pousserais le vice jusqu'à expérimenter l'anthropophagie. A force d'étudier les goules, je finis par ne plus me rendre compte de la portée de mes paroles. »
Elle griffonna quelques notes, tandis que l'adolescent la dévisageait d'un air intrigué.
Cette femme semblait vraiment très à l'aise en sa présence et bien passionnée par son domaine. D'habitude, les personnes qu'il avait croisées à l'Ecole lui lançaient toujours des regards craintifs et méfiants. Et elle, elle se contentait de lui sourire et se préoccupait de son petit confort. Elle était difficile à cerner.
« J'ai du mal à vous suivre », dit Eren de but en blanc. « J'ai l'impression que vous appréciez beaucoup les goules. Pourtant, ce sont nos ennemis naturels, des prédateurs qui n'hésitent pas à commettre les pires atrocités. Comment pouvez-vous en parler avec autant d'enthousiasme alors que vous êtes vous-même Traqueur ? »
Hanji releva sa tête vers lui. Ses pupilles maronnées habituellement pétillantes s'assombrirent peu à peu.
« C'est vrai que je les apprécie », confia-t-elle. « Ou du moins à ma façon. A mes débuts, je n'avais aucun scrupule à en tuer. J'ai vu des corps démembrés de victimes, assistée à la mort de mes camarades... Ma haine contre elles ne différait pas trop de celle des autres Traqueurs. Et puis un jour, j'ai eu un déclic. Lors d'une mission, j'ai été chargé d'achever plusieurs goules avec d'autres escouades. Une bonne prise après des mois d'investigations. Parmi elles, il y avait une goule sous l'apparence d'un petit garçon. Dans notre métier, cette situation est plutôt banale et on se laisse de moins en moins attendrir par ces apparences. Alors que je levais ma quinque pour l'achever, je m'aperçu qu'il faisait barrage pour sauver un homme.
- Un humain ? » répéta Eren en croyant mal entendre.
« Oui », répondit Hanji. « Un homme. Une personne qui nous avait servi de leurre pour exécuter notre plan et qui faillit périr d'une balle perdue. Et au lieu de nous échapper, petit bonhomme avait préféré le protéger au coût de sa propre vie. »
Eren était stupéfait. Jamais il n'avait entendu parler de ce genre d'histoire.
« Certains diront que c'était juste une goule perturbée, ou tout simplement mon imagination. Mais je suis sûre de ce que j'ai vu. Depuis ce jour, je me suis alors pas mal interrogée. Peut-être nous diabolisons à tort ces créatures. Même si elles peuvent être capables des pires atrocités, elles pouvaient peut-être éprouver de la bonté, du courage, des émotions… Peut-être devrions-nous davantage nous focaliser sur le fond des choses plutôt que de nous limiter à nos propres croyances. Cela fait des siècles que nous chassons les goules avec seulement la peur comme source de motivation. Et cela n'a pas suffit pour les éradiquer. Je me suis alors décidée à voir les goules sous un jour différent. Essayer de les comprendre, de sonder leurs pensées. Cela ne changera peut-être pas les choses, mais je veux tenter le coup. Sait-on jamais, si cela peut améliorer les choses. »
Eren fut surpris de cette manière de penser. En prenant du recul, il se rendit compte que les Traqueurs qu'il avait rencontrés jusqu'à présent semblaient être bien plus ouverts d'esprits que les autres miliciens de la MAG. Malgré l'éventuel danger qu'il pouvait représenter, ils l'avaient accueilli et espéraient une collaboration en taisant une partie de leurs craintes. Cela aurait été plus facile de le livrer à la section de recherche, et pourtant, la division a insisté pour qu'il se batte à leur côté quel qu'en soit sa véritable nature.
Eren réalisa que leur rôle n'était pas seulement de pourchasser des goules. Les Traqueurs déployaient également leur énergie pour mieux comprendre leur nature et découvrir différents moyens de les combattre. Comprendre leurs cibles, ses motivations et comment les contrer pour éviter le pire. De bonnes idées, même s'il fallait admettre que leurs méthodes pouvaient s'avérer quelque peu extrêmes.
« Capitaine…
- Tu peux m'appeler Hanji », sourit-elle de nouveau. « C'est beaucoup moins distant !
- Hanji », se corrigea Eren. « Pourriez-vous m'en dire un peu plus sur les goules ? »
Le Capitaine resta bouche-bée, manquant de lâcher son stylo.
« Tu en es vraiment sûr ? » lui demanda-t-elle.
« Oui. Je souhaiterais en savoir plus en vue des prochaines expériences.
- C'est vrai, mais cela risque d'être un peu long. Cela ne te dérange pas ?
- Non allez-y ! » assura avec détermination Eren.
Hanji se retint d'exploser littéralement de joie et se contenta alors d'étirer sa bouche d'un très large sourire.
« D'accord ! » dit-elle avec le regard brillant. « Je vais alors commencer par te raconter mes premières études sur le sujet… »
-oOoOoOo-
Cela faisait des heures qu'Hanji racontait l'ensemble des expériences qu'elle avait mené. Elle décrivait des ouvrages, des travaux de certains chercheurs qu'avaient menés à la connaissance des goules que tous les miliciens avaient aujourd'hui.
Eren avait bu ses paroles durant la première demi-heure, mais son esprit partit peu à peu au fur et à mesure que les explications se rallongeaient. Il commençait à fatiguer, surtout que la plupart des faits qu'elle expliquait avaient été déjà énumérés plusieurs fois pendant ses cours de profilage goule. Il avait l'impression de subir une session de rattrapage accélérée…
Alors qu'Hanji allait démarrer sur un autre cas d'expérience, la porte s'ouvrit brusquement.
« Hanji, je t'avais dit de le relâcher pour le diner. Cela fait quinze minutes qu'il devait rejoindre la cafétéria. »
Eren laissa échapper un soupir de soulagement. L'apparition du Capitaine lui parut comme une délivrance.
« Tu ne peux pas t'empêcher d'être aussi tatillon », souffla Hanji. « J'allais aborder les études d'Ilse Langner !
- La dingo qui a eu l'idée merdique de suivre en filature des goules pour sa thèse de doctorat ? » dit-il en haussant un sourcil.
« Nous avons pu récolter des informations précieuses grâce à son témoignage ! » défendit Hanji. « Grâce à elle on a apprit que les goules pouvaient parfaitement vivre en communauté, s'entraider, …
- Et qu'elles avaient un sacré appétit », termina-t-il. « Vu ce qu'il reste d'elle, on ne peut pas dire qu'elles ont lésiné sur ses restes.
- Une grande femme ! » l'ignora ouvertement Hanji. « Ses écrits resteront pour longtemps une référence pour la recherche ! »
Eren n'aurait jamais cru se retrouver dans une situation aussi insolite. Se retrouver au milieu d'une chamaillerie entre deux Capitaines réputés au sein des Traqueurs… Cette division était décidément composée de gens assez spéciaux.
« Eren », l'appela son supérieur. « On y va. Les autres sont déjà au réfectoire. »
Eren se leva et suivit l'homme à l'undercut qui s'était déjà faufilé vers l'extérieur. Avant de passer le pas de la porte, il se tourna vers Hanji qui était occupée à ranger certaines affaires.
« Vous ne venez pas avec nous ?
- C'est adorable mais ne t'en fais pas pour moi ! Je dois encore vérifier quelques petites choses pour les expériences de demain ! J'ai du mal à relever la tête quand je suis plongée dans mes travaux ! Je grignoterais quelque chose un peu plus tard !
- Comme vous voudrez », dit Eren en haussant les épaules.
Alors qu'il allait enfin rejoindre l'autre Traqueur, Hanji l'interpella une dernière fois.
« Eren ! Sois bien à jeun pour demain matin, je compte te faire encore quelques prélèvements et des radios. On démarrera ensuite quelques tests pour voir comment ton métabolisme réagit. Cela te convient ?
- Comme vous voudrez », dit-il. « Si cela peut vous aider dans vos recherches, je vous suivrais. »
Le regard de la scientifique s'illumina sur ces dernières paroles. Eren se sentit mal à l'aise en remarquant ses yeux brillants et les joues rougies.
« J'ai hâte que nous commencions nos expériences », gloussa-t-elle. « Je voudrais tellement en connaître un plus sur toi… »
Trop figé par cette réaction assez dérangeante, le Capitaine aux cheveux d'ébène le ramena à la réalité et le fit sortir de sa stupeur.
« Tu en as encore pour longtemps ? » s'énerva-t-il. « On n'a pas que ça à foutre.
- J'a… j'arrive », balbutia-t-il avant de le rattraper.
Eren le rattrapa, essayant de suivre la cadence des pas rapides de son ainé.
« Vaux mieux que tu évites de l'encourager à parler des goules », dit le Capitaine. « Hanji est vraiment chiante quand il s'y met. »
Eren fut un peu déboussolé des deux genres employés pour désigner l'autre Capitaine. Décidément, il avait une façon bien particulière de désigner son homologue.
« Ca reste tout de même… intéressant », tenta-t-il de rassurer. « Le Capitaine Zoé est quelqu'un de très enthousiaste …
- Jolie façon de dire qu'il te gonfle », lâcha le Capitaine.
Eren se tut, prit de court par ces propos. En d'autres circonstances, cette réplique l'aurait bien fait rire. Mais pas sûr que se moquer d'un de ses supérieurs soit très bien vu.
Ils rentrèrent ensemble dans le réfectoire où les autres membres de l'escouade étaient déjà attablés. Divers plats avaient été réchauffés et disposés sur la table. Le Capitaine prit une assiette et commença à se servir avant de s'installer. Eren l'imita, un peu hésitant. Tout le monde resta silencieux.
« Je vous ai connu plus bruyants », dit leur supérieur entre deux bouchées. « Vous avez quelque chose à me dire ?
- Rien de très important Caporal », répondit Eld. « Il semblerait qu'il y ait quelques tensions au sein de la MAG. Apparemment, les politiques reprocheraient aux Traqueurs de ne pas suffisamment obtenir de résultats sur les chasses.
- Il paraitrait même que les nouvelles recrues de cette année démarreraient un peu plus tôt leur apprentissage », continua Gunther. « Elles viennent à peine de se remettre des dernières attaques, ce n'est pas trop précipité ?
- Ces gamins en ont déjà bien chié », dit Auruo plus sur le ton de la compassion que de la moquerie.
- C'est vrai Caporal ? » demanda Petra. « L'affectation des apprentis dans la division sera bien avancée ?
- Les décisions prises au sein de la division ne me concernent pas », répondit le capitaine. « C'est le rôle d'Erwin, pas le mien. Et si jamais c'était bien le cas, c'est que cela devait être la meilleure décision à prendre. Erwin n'est pas du genre à se laisser bêtement influencer par les politiques et pense à beaucoup plus de choses que nous.
- C'est vrai que la situation est un peu spéciale », dit Eld. « Les derniers événements forcent nos dirigeants à faire des choix dans un temps très limité. Et malgré cette vague d'attaques qui nous rappelle à quel point nous sommes vulnérables face à ces monstres, une sorte de miraculé sorti de nulle part vient renverser la donne. »
Eren se raidit en sentant tous les yeux se braquer sur lui. Il détourna le regard, embarrassé.
« Excuse-moi mais j'ai encore du mal à réaliser ce qu'il se passe », reprit Eld en se tournant vers l'adolescent. « Qu'est-ce que cela fait d'être une goule, Eren ? »
Ce dernier marqua une pause, essayant de rassembler ses esprits.
« Malheureusement je ne m'en souviens plus trop », avoua-t-il. « Tout est encore très flou dans ma tête et moi-même j'ai encore du mal à croire à ce qu'il m'arrive. En regardant les images de moi-même, quand j'attaquais ces goules, j'avais l'impression de voir quelqu'un d'autre…
- Vous êtes au courant de tout ça il me semble », coupa le Capitaine. « On doit se tenir au rôle qui nous a été attribué. Tout ce qui est interrogatoire, c'est l'affaire d'Hanji. »
Eld se tut, se contentant de se resservir une autre portion de viande.
Eren scruta de temps à autres l'ensemble des membres de l'escouade. Leur attitude était plutôt sérieuse et réservée. Se comportaient-ils vraiment comme ça en temps normal ? Ou bien est-ce sa présence qui provoquait une certaine gêne ?
Eren se dit qu'il valait mieux ne pas trop cogiter. Il avala une bouchée de pâtes, essayant d'ignorer cette atmosphère pesante.
Ses pensées bifurquèrent alors rapidement sur ses amis rescapés. Est-ce qu'ils allaient effectuer vraiment leur apprentissage ? Même si la plupart d'entre eux ne souhaitaient pas intégrer les Traqueurs, est-ce qu'ils accepteront d'être employés aussitôt dans d'autres divisions ?
Une boule se forma dans sa gorge en songeant à Mikasa et Armin. Que faisaient-ils à présent ? Continuaient-ils leur dernière formation en tant que milicien, ou étaient-ils toujours réfugiés à l'Ecole ?
Ses deux amis lui manquaient. Eren espérait au moins que tout allait mieux de leur côté.
-oOoOoOo-
Livaï avait hâte de retourner dans ses quartiers. La journée était loin d'être satisfaisante, entre escorter le gamin et nettoyer le bordel des travaux. Il souhaitait retrouver sa bulle et se replonger dans quelques dossiers qui trainaient. Pas qu'il aimait la paperasse, mais il avait horreur de remettre les choses à demain.
Il devait également terminer de planifier les tâches de chacun de ses subordonnés. Il fallait à la fois s'assurer qu'Eren soit constamment encadré, que cela soit pour les expériences, l'entrainement ou tout simplement pour le surveiller au cours de la journée.
D'ailleurs, on ne pouvait pas dire que les autres Traqueurs étaient particulièrement loquaces ce soir. L'arrivée de leur nouveau coéquipier devait jeter un froid, ce qu'il comprenait. A force de rester sur le terrain, analyser les individus devenait une sorte de déformation professionnelle. Lui aussi était comme ça la plupart du temps. Enfin, même s'il trouvait ironique qu'Eren fasse partie des rares individus auprès desquels il avait rapidement relâché sa garde.
Le repas venait de se terminer. Il aurait bien voulu savourer un peu de thé noir, mais apparemment personne n'avait songé à équiper le réfectoire d'une bouilloire. Sans doute qu'il devra en ramener une lui-même, même si les procédures de sécurité requièrent une inspection minutieuse de la machine avant qu'elle pénètre dans l'enceinte. Cela pouvait en devenir grotesque.
Il se dévoua pour raccompagner Eren jusqu'à sa chambre. Ou plutôt sa cellule, de son point de vue.
Il avait encore du mal à réaliser que ce gamin pouvait être une de ces créatures. Malgré ce qu'il avait pu apprendre de lui, ce gosse ne semblait pas avoir changé par rapport à leurs précédentes rencontres. Il gardait toujours ce regard vif et sérieux. La seule chose de différente était cet air paumé plaqué sur son visage. Normal, vu les circonstances. Ou sinon c'était un excellent acteur.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans le laboratoire, Hanji n'occupait plus les lieux. Peut-être s'était-il éclipsé pour il ne savait quelle autre affaire.
Livaï répéta les mêmes opérations qu'Hanji pour accéder aux sous-sols. Une fois arrivés devant la grille, Livaï l'ouvrit pour inviter l'adolescent à rejoindre ses quartiers.
« Nous allons commencer les exercices physiques demain matin », prévint-il. « Exceptionnellement, Hanji te réveillera demain. Les autres jours, un membre de l'escouade viendra à tour de rôle te chercher à sept heures tous les matins. Fais en sorte de te tenir paré.
- Entendu, acquiesça Eren. Je serais prêt à cette heure. »
Au moins, le gamin savait être conciliant. Cela rendait les choses moins chiantes.
« Très bien. Dans ce cas, profite bien de ta nuit car ce qui va suivre risque de ne pas être de tout repos. »
Il referma la grille tandis que l'adolescent continuait de le fixer.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as quelques choses à demander ? »
Eren se tendit, l'air embarrassé.
«Accouche », s'impatienta-t-il. « Je n'ai pas envie d'y passer la nuit.
« Je me suis juste interrogé sur la façon dont les autres vous nomme », finit-il par lâcher. « Tout le monde vous appelle Caporal Livaï. Je me demandais pourquoi…
- Il s'agit juste d'un surnom qui me colle au cul depuis ma première année à la milice », répondit-il. « Un jour j'ai lâché que je trouvais le titre de 'Capitaine' pompeux et ils se sont tous mis à m'appeler comme ça. »
Les yeux du garçon s'écarquillèrent, visiblement surpris de ce type d'anecdote.
« Vous préférez alors que je vous appelle Caporal ? »
Livaï continuait de le regarder avec indifférence.
«Comme tu veux », fit Livaï. « Du moment que tu suis les ordres et que tu restes respectueux, le reste je m'en contrefous.
- Très bien, Caporal Ackerman ! » s'exclama Eren en se redressant tout en faisant le salut de la milice avec tout le sérieux du monde.
- Capitaine Ackerman ou Caporal Livaï », maugréa-t-il. « Sinon je vais finir par croire que tu te fous de ma gueule.
- Désolé », s'excusa Eren en se raidissant soudainement.
« Et arrête d'en faire des caisses », poursuivit-il. « Cela va vite devenir chiant de travailler avec toi si tu gardes en permanence un balai coincé dans le cul. »
Eren hocha la tête, les joues rougies d'embarras. Décidément, Livaï se disait que ce monstre n'était qu'un gamin…
« On se retrouve demain », conclut Livaï en tournant la tête.
Il eut à peine le temps d'arriver au niveau des escaliers que la voix d'Eren se fit de nouveau entendre.
« Bonne nuit à vous, Caporal ! »
Livaï s'arrêta brièvement, sans trop prendre la peine de se retourner.
« C'est ça », dit-il d'un air exaspéré. « Bonne nuit à toi aussi gamin. »
Livaï remonta vers le laboratoire et scella l'ouverture, laissant Eren seul dans sa nouvelle cellule.
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Fyuu, l'accouchement de ce chapitre était assez chaud… J'ai dû repasser plusieurs fois sur les dialogues car jamais totalement satisfaite… On va dire qu'il y a des périodes avec et sans n_n'.
Alors, vos impressions :
- Les « retrouvailles » et discussions Eren/Livaï ?
- Le retour de notre Hanji national(e) ? :p
- Le camp ?
- La mini parenthèse sur le passé de Livaï ?
- Des prognostics sur les entrainements/expériences ?
Aussi, je m'accorderais des mini vacances la semaine prochaine et risquerais de mettre un peu de temps pour publier le prochain chapitre. Cela ne devrait pas prendre un mois, mais le respect du délai de 15 jours risque d'être tendu (possible, mais tendu…). Mais je tâcherais de me faire pardonner par la suite, vu que je vais commencer à m'amuser avec Eren (alias « mon-souffre-douleur-préféré »).
Au plaisir de lire vos avis et théories dans les reviews !
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Réponses aux reviews :
Layla : Hellow ! Oui, 'OC' se dit bien dans ta phrase, et je suis contente que tu aies l'impression de retrouver les personnages « originaux » dans cette histoire (j'essaie de les respecter au mieux, mais c'est assez difficile comme exercice n_n'). Et pour le dernier échange entre Livaï et Eren du chap.10 : je n'ai pas pu m'en empêcher, c'était trop tentant (fangirl mode x'D). Tu veux les voir succomber sans qu'ils tombent dans les bras l'un de l'autre : ce n'est pas un peu paradoxal ? 8D En tout cas, je crois qu'on risquera de me maudire tellement je vais jouer avec vos nerfs à propos de ces deux là (j'anticipe :p). Qui peut succomber à Eren ? Remarque, on peut tourner la réciproque pour Livaï (enfin.. dans ces bons jours, ce qui est rare 8D). A la prochaine n_n
Sushiie : Merci pour tes encouragements ! La scène du tribunal, ou l'épisode fangirl-issime ! \o/ Pauvre Eren, et il n'est pas à bout de ses surprises (rire démoniaque). Enfin, je ne le qualifierais pas forcément d'ange non plus : il a quand même déjà usé de l'arme blanche (pour la bonne cause certes, mais quand même 8'D). Et oui, il met vraiment Livaï sur un piédestal (même s'il se fait bien martyrisé :p). Et puis après tout, entre un mec qui te fout une bonne misère mais qui te donne le bénéfice du doute et d'autres types qui te craignent tout en souhaitant t'envoyer à la dissection… Perso, j'ai déjà fais mon choix (et puis on ne peut pas dire que le Eren original était rancunier non plus XD). Pour le comportement de Livaï : tu devrais avoir un peu plus d'infos sur ce chapitre. Et bras levés pour Hanji (mon perso number one :-3). A bientôt n_n
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Merci à Going-to-Hell-for-Shipping pour la révision !
