CHAPITRE XI

Je balançais une balle de tennis contre le mur de ma chambre. Le rebond régulier résonnait dans les murs mais je n'en avais rien à foutre...

Je me faisais l'effet d'un fou, pris dans ses obsessions. Ça tournait en boucle dans ma tête et le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'aimais pas ce qui s'y trouvait...

Elle était en pleurs, complètement démunie, fragile, sur le seuil de ma porte. Les yeux rougies, les traits tirés, les cheveux décoiffés et sans éclat. Elle se tenait légèrement courbée. Tout le poids du monde semblait peser sur ses épaules.

Et pourtant je la trouvais toujours aussi belle. Mon cœur s'ouvrirait toujours en deux dès qu'elle serait là. C'était un sentiment puissant. Et je n'étais pas prêt à le perdre.

La douleur ressentie lorsqu'elle m'avait planté au beau milieu de la rue avec l'autre connard s'évanouit aussitôt et je me plantais devant elle. Elle était revenue.

« Tu as mis 4 heures de trop » soufflai-je tout en la fixant sévèrement.

Elle inspira bruyamment, sans pour autant lever les yeux.

Je pris son visage entre mes mains et ses yeux mouillés me fixèrent douloureusement.

« A moins que tu ne viennes juste récupérer ta valise? » ajoutai-je en souriant légèrement.

« Je suis désolée...je ne savais plus où j'en étais... je me sens vraiment nulle... Je m'en veux... » répondit-elle, larmoyante.

« Où est l'autre? »

Elle baissa les yeux.

« Il ne part pas à Portland à cause de ce matin, alors il ne veut plus me parler » m'apprit-elle d'une voix honteuse.

Je ne pus retenir un ricanement.

« Je ne vais pas pleurer sur lui ».

D'un mouvement de tête, Bella se dégagea de mon emprise.

« Arrête Edward, j'ai vraiment merdé et je m'en veux... Je me suis plantée de A à Z. Il faut que j'essaie d'arranger les choses, alors n'en rajoute pas ».

« Tu penses encore à lui! » m'énervai-je.

Bella se mordit la lèvre comme pour confirmer mes paroles et j'esquissai un geste pour lui tourner le dos.

« S'il te plaît! » me supplia t-elle, « pas maintenant, je suis ici pour te voir toi, te parler à toi, si tu ne veux pas que je reste, ok, mais arrête ça, c'est un ami, et ce n'était pas malin de partir avec lui, je suis tellement désolée, mais je voulais juste parler... »

« Avec quelqu'un qui te comprendrait? » la coupai-je amèrement.

« Oui » murmura t-elle.

Une douleur sourde se manifesta au creux de mon estomac et alla battre contre mes reins.

« Ce n'est pas ce que tu penses » ajouta t-elle rapidement. « On partageait le même boulot, la même galère. Tu sais que je le considère comme un ami et rien d'autre et il le sait. On a vécu des choses ensemble...On...Et puis...tu ne veux jamais en entendre parler, alors ok, mais je n'ai jamais rien voulu te cacher, au contraire ».

Et je savais qu'elle avait raison. Quand j'étais venu la voir, elle avait tout fait pour que j'apprenne à le connaître et je n'avais fait aucun effort.

Mais ce qu'elle me demandait était impossible. Et elle le savait.

Ce mec voulait toujours Bella et je lui avais fait payer, à elle.

Sa relation avec lui ne pouvait pas durer de toute façon, il avait envie d'elle et elle était avec moi...

Je déglutissais difficilement, je n'avais pas été vraiment attentif quand elle était partie, ne pensant qu'à sa distance. Mais c'était un mal pour un bien. Je me défonçais pour elle, pour nous. De toute façon, j'avais beau écouter son mal être, elle le partageait quand même avec l'autre.

Quelque part, je ne pouvais pas m'empêcher d'en vouloir à Bella. Elle avait absolument tenu à partir et s'était heurtée à des difficultés qui l'avaient de suite abattue. Elle s'était complaint dans ses malheurs alors qu'il aurait fallu qu'elle se batte, malgré les difficultés du journal, malgré Irina et Garrett.

C'était une chance pour elle et j'avais l'impression d'avoir été le seul à tout faire pour que ça devienne réalité. J'étais prêt à m'installer sur Seattle en dépit des opportunités moindres, de la froideur de la ville, des 3 heures de route qui me sépareraient de Bella.

Et maintenant que c'était fini, je la retrouvais distante, son estime pour elle-même au plus bas et avec des réactions déconcertantes.

Avant ces 4 mois, elle ne serait jamais allée jusque là. Me laisser pour l'autre.

Comment avait-on pu louper ce putain de réveil!

« S'il ne t'avait pas laissée, tu serais venue me voir? ».

Je ne reconnaissais pas ma voix, elle était presque désespérée.

Avant que je ne puisse observer sa réaction, elle se jeta dans mes bras.

« Tu es malade! » Souffla t-elle dans mon cou, « comment tu peux dire ça? »

A ses mots, la réponse m'apparut clairement. J'avais besoin qu'elle me rassure, j'avais besoin de savoir où j'allais, j'avais besoin de lui dire.

Je la tirais gentiment par les cheveux jusqu'à ce que son regard rencontre le mien.

« Je t'aime Bella Swan » dis-je d'une voix légèrement étranglée.

Et là je l'ai vu, la peur et le trouble envahir ses traits et dilater ses pupilles.

Ce fut bref mais assez flagrant pour que le trou dans mon estomac reprenne sa place.

« Moi aussi Edward » murmura t-elle.

La larme qui glissa sur sa joue à ce moment là ne m'assura que d'une seule chose. Ses sentiments n'étaient pas aussi forts que les miens. Et si ça ne changeait pas très vite, je ne le supporterais pas longtemps.

Ma balle de tennis finit par dézinguer ma lampe. Je jurai bruyamment avant de me laisser tomber sur mon lit.

Je me sentais complètement paumé.

Depuis que Bella avait pris de l'importance dans ma vie, elle avait fait éclater en mille morceaux mon schéma de pensée, mes objectifs principaux, même si j'avais toujours réussi à retrouver un chemin. Là, je ne savais plus.

J'avais envie de chialer. Encore une chose que je connaissais depuis Bella et que je détestais chez moi.

A quoi ça servait de se crever le cul pour quelqu'un qui partait se réfugier chez son père au lieu de rester avec moi.

Quelle merde!

La sonnerie de mon portable me sortit de mes sombres pensées. C'était elle.

« Je ne te réveille pas? »

« Non. » répondis-je sèchement.

Déstabilisée, Bella garda un instant le silence avant de chercher ses mots.

« Euh... je voulais savoir...comment tu allais...mais si tu veux, je te rappelle demain ».

Son ton incertain et timide me radoucit malgré moi.

Montre-toi patient Edward, elle l'a assez fait pour toi.

« Ça se passe comment avec ton père? » demandai-je gentiment.

Un long soupir me répondit.

« Ça se passe...Il ronge son frein pour ne pas me faire trop de reproches. Il veut que je rentre pour trouver du boulot au lieu de rester ici...Heureusement Billy et Sue temporisent... »

Bella vivait très mal la déception de son père. Elle avait absolument tenu à aller le voir pour ne pas trop l'affoler. Il faut dire que Charlie m'avait appelé plusieurs fois, très inquiet par l'attitude de sa fille. Elle était complètement démoralisée.

Elle n'avait pas voulu que je vienne avec elle. Elle était passée plusieurs fois au journal avant de s'envoler sur Forks. Félix ne voulait toujours pas la voir et moi j'avais repris le boulot, comme un con.

« Rentre Bella, on se fait un petit weekend tranquille et je t'aide à actualiser ton CV. Il faut qu'on parle de ce qu'on va faire. J'ai déjà repéré une offre de pigiste sur Seattle. Tu sais qu'on peut pas dire qu'il y ait beaucoup d'offres en ce moment ».

Alors que je m'attendais à ce qu'elle tergiverse encore, elle s'empressa d'abonder dans mon sens et de s'excuser encore pour son attitude.

Un douce chaleur réchauffa mon cœur.

« C'est bon Bella, tu n'as pas à t'excuser, pas avec moi. J'aimerais seulement que tu me laisses t'aider, qu'on en parle. J'ai besoin de toi avec moi, ici, pas à Forks. »

« Ouais...je rentre ce week end, je dois voir tes parents demain et donner la tente à ton père »

Carlisle me demandait depuis des mois de la lui rendre en prévision d'une de ses escapades avec Esmée. Au moins, il arrêterait de me prendre la tête sur ce point, à défaut du reste...

« Merci de me bouger les fesses » murmura Bella.

« Montre-moi que ça en vaut la peine » chuchotai-je avant de raccrocher.

J'avais une terrible envie de me changer les idées. A cette heure-ci, une seule personne pourrait être disponible sans me poser trop de questions.

Je fouillai donc dans mon répertoire et appelai Démétri.

….

Jasper me frappa dans le dos tout en partant dans un grand éclat de rire.

Un superbe bout de salade était coincé entre les dents de la serveuse et aucun d'entre nous ne lui avait signalé, préférant profiter des larges sourires qu'elle adressait à Jazz.

Nous étions attablés dans un restaurant sur Broadway pour fêter la fin des vacances, à cinq blocs de l'appartement de Ben et Angela.

Cette dernière avait préféré rester chez elle, Tanya devait passer la voir.

Ils étaient tous bronzés et détendus. Bella et moi faisions tâches dans le paysage.

Je balançais des billets sur la table.

« On se reprend une bouteille de vin? C'est moi qui offre » clamai-je.

Les froncements de sourcils d'Emmet ne m'échappèrent pas.

« On a déjà pas mal bu Edward et on bosse demain » soupira Alice.

Putain! On aurait dit notre mère.

Des regards bizarres m'englobèrent. Jasper me serra l'épaule et fit signe à notre serveuse de nous amener l'addition.

« Allez on dégage ! ».

Je n'ai pas besoin d'être materné, ni que l'on me dise quoi faire merde!

Bella ressurgit à mes côtés, son portable à la main.

« Jacob et Léa vous embrassent! On s'en va déjà? »

Sa petite main vint directement se poser sur ma cuisse.

« Oui », sourit Rosalie, « mais ton copain veut apparemment continuer à faire la fête. Et vu que tu n'as pas à te lever demain, tu peux l'accompagner ».

Bella lui adressa une grimace menaçante tandis que je m'amusais à lui faire des cornes avec ses cheveux.

Elle donnait le change devant les autres, parfait, moi aussi je pouvais jouer le jeu...

La serveuse débarqua à ce moment là pour nous présenter la note. Alice récupéra mes billets et prit les choses en main.

« Ça va Edward? » me chuchota Bella à l'oreille.

« A ton avis? »

Devant son air blessé, je l'embrassai rapidement, sentant le regard des autres sur nous, et me levai pour me diriger vers les toilettes.

Évidemment, elles étaient occupées.

Jazz vint se placer dans mon dos.

« Un restaurant à au moins 100 dollars le menu et que deux toilettes » râlai-je.

« Edward, qu'est-ce que t'as? ».

La voix calme de Jasper m'exaspéra, je n'avais aucune envie d'en parler. Je me retournais pour me confronter à son air soucieux. Des petits plis inquiets encadraient ses yeux. Ses cheveux châtains clairs paraissaient presque blond sous la lumière artificielle.

« Je n'ai rien, c'est bon ».

« Vraiment? Bella et toi vous avez l'air pas bien »

« Tu t'attendais à quoi? Elle a été virée et vous célébrez la fin de vos vacances ».

« Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je te parle de toi et elle ».

«Et ben tu te trompes, je peux aller pisser? »

J'allais lui tourner le dos quand une idée me frappa.

« Au fait, ton pote magique, tu le vois bientôt? »

Jasper fronça les sourcils.

« Non ».

« Si tu pouvais le contacter et lui demander de me dépanner. Juste un peu d'herbe, ça ira ».

« Ouais, je lui dirai » me répondit-il d'un air ennuyé.

« Un peu plus d'enthousiasme surtout! » rigolais-je en lui tapotant l'épaule. « Ça va, je ne t'ai pas demandé une cargaison à la Pablo Escobar non plus! »

Une fille, qui squattait l'une des toilettes, sortit enfin avec un sourire d'excuse.

Je m'empressais de prendre sa place pour échapper à Jasper et à sa morale de merde.

Monsieur allait me prendre la tête avec son fameux « un temps pour tout », ou encore « à consommer pour les grandes occasions ». Comme s'il pouvait avoir une maîtrise parfaite sur tout. J'aimerais l'y voir à ma place.

Le temps avait fait son œuvre. La drogue était devenue pour nous une notion de plus en plus lointaine et occasionnelle. Ça faisait un moment que je ne prenais plus rien, pour Bella, certes, mais avant tout pour moi.

Je souriais intérieurement en pensant à tous les autres défauts qui continuaient à me coller à la peau: étouffant, égoïste...La liste était longue.

Arrête Edward, reprends-toi merde, n'en rajoute pas!

Tout en rejoignant les autres, je me disais qu'au point où j'en étais, j'avais besoin d'un peu de réconfort en prévision de toutes les futures prises de tête qui m'attendaient. Et j'en sentais une belle pour ce soir...

Après s'être tous séparés devant le restaurant, Bella m'attrapa la main tandis que l'on décidait de marcher un peu. Il faisait doux, c'était agréable.

Je sentais les effets de l'alcool redescendre lentement et m'allumais une cigarette.

Soudain, Bella se mit à chanter « Hay un amigo en mi » dans un espagnol très approximatif, tout en esquissant deux trois pas de danse.

Alice l'avait trainée il y a trois ans dans un stage de Flamenco et, depuis, elle fantasmait sur les danseurs.

Devant mon air surpris, elle fit claquer ses doigts en lançant un « olé »

« Ben quoi? C'est la seule chanson que je connaisse en espagnol »

« Toy Story? »

« Oh ça va, monsieur je connais très bien l'Espagne et je me la pète ».

« Arrête, tu ne sais pas danser »

« Ah oui, parce que toi oui peut-être? »

« Non, mais je n'essaie pas de démontrer le contraire. »

Elle se mit alors à agiter ses fesses devant moi tout en tapant des mains. Et j'éclatais de rire, incapable de me retenir.

Le maître mot de Bella était « bizarre » depuis qu'elle était rentrée. Difficile à suivre.

Je savais qu'elle essayait de détendre l'atmosphère entre nous afin d'éviter toute conversation sérieuse.

Est-ce que c'était le vin, ou le fait qu'elle avait toujours su me faire rire, mais ça marchait.

J'aimais retrouver ma petite puce insouciante, bien que certainement un peu bourrée. J'avais toujours admiré sa joie de vivre alliée à sa fragilité. Elle était tellement facile à vivre en temps normal.

Son déhanché maladroit et son rire spontané me la ramenaient, pour quelques instants.

« Hay un amigo en mi » continuait-elle à chantonner.

Je l'attrapai par derrière et lui tapai les fesses.

« Allez ma petite danseuse de flamenco, il est temps de rentrer ».

« Oh oui et tu mets le petit boléro que t'avait ramené Alice » s'excita t-elle.

« Uniquement si tu es sage »

« Allez, je t'ai appris les pas de danse pour un homme ».

« D'accord, si tu mets les boucles d'oreilles assorties et rien d'autre » contrai-je, incapable de ne pas rentrer dans son jeu.

« Ok, alors tu plaques tes cheveux en arrière ».

« Je suis moche Bella avec cette coiffure ».

« Moi j'aime bien » insista t-elle d'une voix enjôleuse.

Un taxi déboula à ce moment là et je levai le bras pour le stopper.

….

Un film policier passait sur la vieille télé que Bella avait installée dans sa chambre.

Bien calé dans ses bras, je suivais à peine l'intrigue, trop occupé à profiter de ses doigts qui massaient mon cuir chevelu tout en réfléchissant au meilleur moyen d'aborder le sujet qui fâche.

Une fois arrivés à son appartement, Bella s'était renfermée d'un coup sur elle-même.

Elle semblait avoir tellement besoin d'affection que je n'avais pas pu la laisser comme ça. Je m'étais donc contenté de la prendre dans mes bras pour que l'on aille se coucher.

Pourtant, l'énorme malaise qui planait entre nous m'empêchait de me détendre complètement. Je n'arrivais plus à fermer ma gueule.

« Ma puce », tentai-je sur un ton affectueux, « j'aimerais qu'on parle ».

Bella se raidit instantanément et se redressa, me forçant à m'éloigner d'elle.

« On a dit pas ce soir Edward » me dit-elle exaspérée.

Putain, je la saoulais en plus!

« Mais quand alors? » éclatai-je malgré moi, « Ça fait deux jours que tu es là, que tu me réponds oui à tout mais que tu ne fais pas grand chose, à part traîner dans ton lit.

Je comprends que tu ne sois pas bien, mais au lieu d'accepter que l'on prenne un peu de temps tous les deux, tu te barres chez ton père et tu reviens encore plus déprimée qu'avant ».

« Je te signale que c'est toi qui a foutu nos vacances en l'air » me lança t-elle avec amertume. « Alors ne me reproche pas maintenant de ne pas vouloir m'amuser avec toi alors que j'ai été virée ».

Mon sang ne fit qu'un tour.

« Tu reviens encore là-dessus? Putain mais c'est pas vrai, j'ai toujours tout faux avec toi! Combien de fois je dois m'excuser pour ce qui s'est passé à San Diego! J'ai merdé, excuse-moi d'avoir bossé pour nous, excuse-moi d'avoir loupé ce putain de réveil! »

« Arrête de dire pour nous! » cria t-elle en se prenant la tête dans les mains « Si tu détestes tant l'idée de partir, rien ne t'y oblige plus maintenant ».

Vas-y Bella, dis-moi que tu ne veux plus partir avec moi.

Je m'efforçais de rester stoïque, attendant qu'elle poursuive.

Bella inspira un grand coup pour se calmer.

« C'est uniquement ma faute pour cette réunion. Je ne te reproche rien...Je...Laisse-moi souffler...laisse-moi me reprendre ».

Nous nous observâmes quelques secondes, les yeux dans les yeux. Ses joues semblaient rougies, ses mains crispées sur la couette. Il fallait que je calme le jeu.

« Bella, je comprends que tu sois perdue...Mais tu as refusé de prendre quelques jours avec moi. Tu...tu ne me parles pas et je ne sais pas quoi faire. Quoique je dise, ça ne va pas. Mais je n'ai pas trois mille ans devant moi. J'ai repris le boulot je te signale. Banner s'interroge. J'ai des objectifs à atteindre. Il faut bien que l'on voit si on part pour Seattle. Je ne vois pas ce qu'il y a de si extraordinaire là dedans! ».

« Il y a que je me prends plein de reproches dans la gueule, que j'ai du mal à digérer ce qu'il s'est passé et que tu me demandes d'être là, sûre de moi »

« C'est pour ça que tu coures chez ton père? Tu espérais qu'il te console mieux que moi? Ne me reproche pas de ne pas l'avoir fait ».

Elle baissa la tête et murmura quelque chose que je ne compris pas.

« Bella! Il faut qu'on s'organise non? Plus vite tu l'auras fait, plus vite tu passeras à autre chose. Je croyais que l'on était d'accord? »

« Je ne sais pas...Je n'ai pas envie de parler de ça maintenant. Tu n'as qu'à dire non pour Seattle ».

PUTAIN!

Je me redressai sur mes genoux et agitai mes mains en signe d'incompréhension. Elle m'observait attentivement, légèrement apeurée.

« Tu te fous de moi! Je ne peux pas dire non comme ça! La boîte a un gros contrat avec la Chine et on a des gros problèmes avec la réglementation. La douane nous fait chier. Je bosse comme un malade sur ce truc depuis des mois ».

Des images de mon boulot, de l'équipe, de Banner et des heures tardives à me triturer le cerveau affluaient à mon esprit. La simple idée de me retrouver dans cette ambiance dans quelques heures me fatiguait d'avance.

« Tu crois qu'ils vont réagir comment quand je vais leur dire que je ne veux plus aller sur Seattle pour l'instant, mais que, peut-être, quand ma copine sera enfin décidée, il faudra m'y envoyer en urgence!» ironisai-je avec acidité.

« Un non définitif Edward », contra t-elle, « Je sais que rester à New York est plus intéressant pour toi ».

Ses paroles me calmèrent instantanément et je me laissais retomber sur les fesses. Je fronçais les sourcils et cherchais à attraper son regard. La lumière de la télévision rendait son teint verdâtre. Elle semblait désemparée.

« D'où tu sors ça? »

« Rien, j'imagine...Tu aimes New York, tu es sur un gros contrat, tu n'es plus obligé de partir. Tu n'as voulu aller à Seattle que pour moi. Il n'y a plus d'urgence maintenant ».

« Tu me fais quoi là? Oui j'aime New York mais j'aime surtout être avec toi. Combien de fois il faut que je te répète qu'on ira ensemble où tu veux. Je commence à fatiguer. J'en ai marre de te voir douter de tout. Tu ne veux plus te rapprocher de ton père? ».

La douleur crispa un instant son visage mais elle n'ouvrit pas la bouche.

Devant son silence butée, je me pinçais l'arrête du nez d'une main tout en expirant bruyamment.

Reste calme, elle ne va pas bien!

« Bella, tu me rends fou, qu'est-ce que tu veux à la fin? »

« Je ne sais plus...Je... Je déçois tout le monde en ce moment. Je ne sais même pas si mon père veux toujours de moi dans les parages ».

Ok, Charlie n'avait vraiment pas dû être tendre...Ça m'étonnait de lui.

« Et c'est tout? »

Elle acquiesça.

« C'est ça le truc? Tu n'osais pas me dire que tu préfères attendre un peu? ».

« Je préfère que tu penses à toi, à ton contrat et que tu arrêtes de me mettre la pression pour chercher du boulot. Je me débrouillerai ».

« Bella, je tiens quand même à te le redire pour que les choses soient bien claires, je suis prêt à démissionner, ça ne me pose aucun problème. On peut se refaire ailleurs, toi et moi. Mais si tu préfères, on reste à New York »

Elle se recroquevilla sur elle-même et fixa le duvet. Elle était complètement paumée. Je ne pensais pas Bella capable d'être encore si peu sûre d'elle et ça me faisait mal. D'autant qu'elle semblait ne pas avoir envie de s'appuyer sur moi.

Montre-lui qu'elle peut Edward. Prends sur toi.

J'attrapai sa petite main et m'adressai à elle tendrement.

« Bella, tu ne déçois personne, moi tu ne me décevras jamais. On s'inquiète, c'est tout. Je sais que ce n'est pas évident ce qui t'arrive, mais tu as juste commis une erreur et tu l'as payée plus que ce que tu méritais. Tu es douée Bella, et forte et intelligente. Je déteste te voir te laisser aller. Je n'ai peut-être pas été très rassurant pour toi mais j'ai flippé. J'ai été con mais une chose est sûre, c'est toi qui reste la plus importante, quoiqu'il arrive. Et si tu préfères rester ici, alors on reste ici, le temps que tu veux. Je ne regretterai jamais rien si on reste tous les deux ».

Au fur et à mesure de mon discours, Bella redressa la tête et me contempla d'un air ému.

Elle finit par se jeter sur moi et m'embrassa durement. Ses bras m'enserraient de toutes ses forces.

« Tu dis ça maintenant mais les choses changent » souffla t-elle.

« Bella... » gémis-je.

« S'il te plaît Edward. Je te crois. Juste...fais-moi l'amour...S'il te plaît. » murmura t-elle contre mes lèvres.

Comment résister à ça? J'en avais besoin autant qu'elle. Se déconnecter de tout...

Sa chemise de nuit vola au-dessus de ma tête et ses cuisses brûlantes enserrèrent ma taille.

Je me tortillai pour enlever mon bas de pyjama et ma bite rencontra sa chair tendre.

Elle se frotta vivement sur moi avant de m'emprisonner dans sa moiteur. J'amorçais un mouvement pour m'allonger mais ses mains s'accrochèrent à ma nuque avant de glisser dans mon dos. Sa langue s'entortillait avec la mienne et ses seins doux et chauds frottaient ma poitrine. Elle semblait vouloir se coller toujours plus à moi, ne faire qu'un, ses doigts réchauffant petit à petit mon corps.

Mon sexe comprimé en elle devint plus dur. Tout en suçotant son cou, je sentis son désir couler sur moi, me permettant de la pénétrer un peu plus.

J'attrapai fermement ses hanches et elle se dressa sur moi de façon à pouvoir faire tourner son bassin autour de mon pénis. Je finis par l'accompagner de lents coups de reins, frustré de ne pouvoir la posséder entièrement.

Pourtant, elle était tellement belle avec ses yeux brillants, ses lèvres entre ouvertes et son déhanchement langoureux qu'un éclair d'extase me parcourut, vibrant jusqu'à mon sexe.

Bella s'allongea alors en arrière, en appui sur ses mains et je l'imitai.

Tout en fixant, fasciné, ma verge couverte de son excitation progresser entre ses lèvres durcies, le plaisir monta par vagues. Je n'allais pas tarder à venir.

« Bella! »

Tremblante, elle stimula son clitoris, alors que je passais mon bras autour de sa taille, et explosa autour de moi, entraînant ma propre délivrance.

Quelques minutes plus tard, cherchant le sommeil alors que Bella s'était éclipsée pour lire un peu, je me répétais que tant que le sexe entre nous serait aussi bon et ne deviendrait pas un simple « passage obligé », tout n'était pas perdu. Ce n'était qu'une mauvaise période. Un moment à passer.

Mais tandis que ces pensées commençaient à apaiser les battements de mon cœur, je réalisais qu'à peine notre étreinte terminée, l'incompréhension avait immédiatement repris sa place entre nous.

….

Je regardais longuement Bella endormie pendant que que je rassemblais mes affaires pour aller courir. Alice m'avait encore fait faux bond, prétextant un mal de cheville.

Je n'avais pratiquement pas dormi. Je ne comprenais plus rien.

Dans une semaine, nous fêterions nos un an. Et il n'y avait rien à célébrer. Je ne savais même pas où elle serait.

Bella m'avait fait découvrir que j'avais du cœur mais pas d'estomac. Je n'osais pas affronter la réalité. C'était la putain de crise. Et avec toute cette merde, j'étais convaincu d'une chose, quoique je puisse faire ou dire, elle n'était plus la même.

Et merde!

J'en avais marre de me fustiger, marre de me prendre la tête, de ne jamais me sentir à la hauteur.

Une foutue envie de passer une nouvelle soirée avec Dém et de tout oublier surpassa soudain le reste.

Je détestais être comme ça. J'étais complètement à côté de la plaque.

Ravalant la bile qui me montait à la gorge, je relevais la capuche de mon sweat, mes écouteurs bien en place dans mes oreilles et sortais de l'appartement pour me retrouver à trottiner dans le petit matin.

« With a heavy heart », de Does it offend you, yeah rythmait mes petites foulées et je bousculais un passant sans même m'excuser. Ce dernier gesticula comme un taré mais je ne l'entendais pas.

La colère et la douleur brûlaient ma poitrine.

Non, décidément, ces derniers temps, je ne m'aimais pas beaucoup.

….

Assis à mon bureau, je fixais mon dossier sans le voir. Je le connaissais par cœur pour y avoir travaillé dessus comme un acharné ces derniers mois. L'absence de Bella avait été mon moteur. Il fallait que je réussisse, que je fasse mes preuves, pour la rejoindre.

Il fallait croire que j'avais réussi, plus que bien même.

Évidemment, il n'était plus question de partir maintenant, il n'était plus question de rien du tout.

Toute mon énergie et ma hargne s'évaporaient lentement alors que je relisais les réglementations chinoises en vigueur. Je réalisais que ma motivation était morte avec le renvoi de Bella.

« Edward Cullen! »

Banner semblait morose. Sans trop me poser de questions, je le suivis dans son bureau.

Je m'assis automatiquement tandis qu'il me mettait au courant des dernières avancées avec la douane, le nez collé à son immense fenêtre.

Banner se tenait toujours très droit, les bras derrière le dos.

« Monsieur Cullen, je voulais également vous reparler de votre décision de ne plus partir sur Seattle ».

Il se retourna vers moi puis s'installa lentement dans son immense siège en cuir.

J'admirais sa retenue, son flegme, sa prestance. Son air autoritaire et élégant imposaient le respect. Il savait mener une équipe, être un patron.

Il était exactement le genre d'homme que mon père rêvait de me voir devenir.

« Comme vous le savez, je suis heureux de vous garder dans nos bureaux.

Vous avez fourni un excellent travail et c'est avec plaisir que je vous informe que vous dirigerez l'équipe pour l'implantation en Chine de la SARL Briefing. Kate est au courant, mais je ne saurais trop vous conseiller de marcher sur des œufs ».

Je ne pus retenir le soupir d'exaspération que me provoquait la nouvelle.

Kate travaillait depuis des années avec Briefing et elle prenait très mal le fait qu'un jeune merdeux comme moi, après même pas deux ans dans la boîte, prenne en main leur accompagnement sur le marché chinois.

Banner émit un ricanement sec.

« Et bien Edward, je vois que cette promotion vous enchante ».

« Non, pardonnez-moi Monsieur, mais je suis juste un peu fatigué » m'empressai-je de répliquer.

« Effectivement, vous avez une tête à faire peur. J'apprécie grandement votre envie de retourner au travail en sautant la case vacances, mais je vous enjoins à quitter votre bureau dès ce soir et à ne revenir que dans deux semaines ».

Alors que j'allais ouvrir la bouche en signe de protestation, il me fit signe de me taire.

« Vous en avez besoin. Vous n'êtes pas un surhomme. Le dossier est bouclé de toute façon. Il ne reste que des détails qui ne nécessitent plus votre présence parmi nous et je n'ai pas envie de me faire taper sur les doigts par la DRH. Vous devez prendre vos jours de congés ».

J'allais sortir de son bureau quand il m'interpella d'une voix emplie de sympathie:

« Cela vous permettra peut-être de réfléchir à votre avenir dans l'import-export. Vous êtes un bon élément Edward, mais cela ne suffit pas toujours pour tenir. Il faut le petit truc en plus ».

Banner n'avait jamais fait preuve d'autant de sollicitude envers moi. Soufflé, je ne pus que lui adresser un hochement de tête avant de refermer la porte de son bureau.

Je n'arrivais pas à me défaire de ses paroles et je passais le reste de l'après-midi à entrevoir une tout autre solution à nos problèmes. Beaucoup plus radicale.

A peine sorti du boulot, j'appelai Bella.

« Je suis en vacances forcées! » annonçais-je gaiement.

« Il y a un problème? Oh mon Dieu...Je suis désolée! Edward, excuse-moi... » s'affola t-elle immédiatement.

Mais qu'est ce qu'elle avait putain?

« Bella! » La coupais-je, « c'est bon. Il m'a juste collé mes jours de repos, obligation légale et nécessité de me reposer, c'est tout. Calme-toi. »

« Oh, j'ai eu peur qu'il y ait un problème ».

« Ça n'aurait pas été si grave ».

« Ne dis pas ça ».

« Pourquoi? Moi je suis prêt à tout envoyer bouler. Et puis l'argent n'est pas un problème. Et même si tu ne veux pas l'entendre, je parle pour nous deux. Tu le sais » dis-je sincèrement.

« Je sais » souffla t-elle.

Un long silence s'ensuivit avant qu'elle ne m'explique d'une voix un peu trop aiguë qu'elle allait retrouver James et Laurent.

« Ah oui merde! J'avais oublié. Tu veux vraiment y aller? » Je voulais vraiment la voir ce soir.

« Oui, surtout que Irina et Félix risquent de passer. Je ne veux pas rater une occasion de les voir enfin ».

Ok, c'était définitivement mort pour ce soir...

« Ce sont des cons Bella de ne pas vouloir te voir. Tu ne devrais plus rien attendre d'eux ».

« Tu viens avec moi? » me demanda t-elle sans même relever mon ton hargneux.

« Hum, je ne préfère pas non. Je vais sûrement appeler Dém ».

« Encore? » S'étonna t-elle.

Une vague d'énervement me traversa.

« Et bien tu vois, j'ai fini par t'écouter. Je sors de mon côté, tu ne vas pas t'en plaindre? ».

« Non, tu fais ce que tu veux, pas de soucis... » me répondit-elle sur la défensive.

Je n'avais pas envie de m'étendre là-dessus, j'avais beaucoup mieux à lui dire. Tant pis, ça n'attendrait pas ce soir.

« Bella, maintenant que je suis forcé de prendre des vacances et que tu veux prendre un peu de temps, je me disais qu'on pourrait repartir à San Diego et finir ce qu'on a mal commencé? »

« Je ne sais pas Edward, on en reparle plus tard? » me dit-elle d'un ton hésitant.

Ok, j'avais envie de boire...

….

Le bar était blindé. Il s'étalait sur deux étages. C'était le dernier endroit à la mode de Manhattan. L'ambiance, qui se voulait feutrée avec ses canapés et chaises en velours, ses murs sombres et ses appliques, contrastait avec les clients bruyants et colorés qui s'excitaient autour de leurs verres.

Il se situait à deux blocs du journal de Bella. Je savais qu'elle allait retrouver les autres dans le coin et je n'avais pu m'empêcher de vouloir me poser pas loin, juste au cas où.

Collé au bar, Démétri était déjà bien parti. Je ne tardais pas à le rejoindre.

« Putain Ed, deux fois en deux semaines! Je vais finir par croire que la vie de couple parfait ne te va plus et je ne vais pas chialer pour toi. J'ai assez mal pris que tu me zappes d'un coup, même pour Bella ».

Je ne répondais rien, me contentant de finir mon verre. Il m'avait déjà pris la tête avec ça la semaine dernière. Il considérait que j'en faisais trop pour une fille qui ne me le demandait pas. Je lui avais vite fait fermer sa gueule.

« Tiens, y'a Victoria qui nous rejoint ce soir, elle était contente de savoir que tu venais ».

« Toujours aussi chiante? » demandai-je en faisant signe au barmaid de nous servir la même chose.

« Pareil, mais toujours aussi belle et célibataire, elle a même essayé de m'avoir il y a deux jours. Mais je sais me faire désirer. » m'apprit-il avec un clin d'œil.

Comme si j'en avais quelque chose à foutre...

A peine quelques minutes plus tard, Victoria fit son apparition, entourée de plusieurs autres potes, et se glissa à côté de moi.

Elle n'avait absolument pas changé.

« Ton regard est toujours aussi beau » ronronna t-elle « je n'ai jamais retrouvé des yeux comme les tiens. Je n'ai jamais pu leur dire non, surtout quand on était en Thaïlande, tu te rappelles? ».

Si je me rappelle? Mes yeux t'ont fait avaler les pires merdes et traîner dans les pires endroits... Je n'aurais jamais dû partir avec elle.

Je lui offrais mon sourire de tueur avant de me pencher vers elle:

« Ressasser ces genres de souvenirs ne me donne pas vraiment envie de parler avec toi » balançai-je.

Elle se fendit d'un sourire entendu, ses lèvres à quelques centimètres des miennes. A cette distance, ses tâches de rousseur paraissaient énormes et floues...

Une putain d'envie de l'embrasser me prit. Juste quelques secondes, juste pour voir.

« Edward, je recommande une tournée » beugla Démétri.

Merde Cullen, qu'est-ce que tu fais?

Je me redressai rapidement et marmonnai à Démétri que j'allais pisser.

Victoria me lança alors un regard brûlant en mimant le refrain de la chanson des Black Keys, « I'll be your man », que venait d'enclencher le barman pour une blonde qui minaudait devant lui.

Planqué dans les toilettes High Teck, je m'aspergeais d'eau, sentant l'alcool qui suintait par tous les pores de ma peau.

T'es une merde mon vieux. Règle au moins tes problèmes avant de faire une connerie.

Au lieu de rejoindre les autres au bar, je décidais de m'isoler un peu au première étage.

Bizarrement, ce dernier était à moitié désert. Tout le monde se concentrait en bas.

Je m'assis à la table la plus proche et fouillai ma poche pour sortir mon portable. Aucun message.

Putain, j'avais besoin d'une clope!

Je me frottais énergiquement le front pour tenter de reprendre mes esprits quand je remarquai cette salope d'Irina en train de siroter son cocktail en face d'un mec brun, les épaules carrées, les cheveux courts. C'était Félix.

Ils semblaient très proches l'un de l'autre. Évidemment, ils n'étaient pas allés voir Bella.

Qu'est-ce qu'ils foutaient là tous les deux?

Je me levai d'un coup et me dirigeai vers leur table.

Irina capta immédiatement mon regard et ses lèvres rouges s'étirèrent en un sourire légèrement pervers.

« Edward », roucoula t-elle, « Quelle surprise! Tu n'es pas avec Bella? ».

Félix se retourna brusquement vers moi mais je ne m'occupais pas de lui, me contentant de sourire méchamment à celle qui collait des cauchemars à ma copine.

« Bonsoir Irina, je suis étonné que tu t'intéresses à Bella vu que tu n'as pas pris la peine de la voir depuis que tu l'as virée, même pas ce soir, alors qu'elle doit t'attendre ».

Du coin de l'œil, j'aperçus l'autre trou du cul se tasser dans son siège.

Irina dégagea ses cheveux dans un geste étudié et m'offrit une mine contrite.

« J'aime beaucoup Bella et je suis désolée de la situation, mais je n'ai pas vraiment eu le temps. Et ce soir, j'avais à faire ».

Connasse! Elle se foutait vraiment de sa gueule. Je m'exhortais mentalement à rester calme.

« Je vois ça. Tu a l'air de savoir ce que veut dire aimer les gens » lançai-je avec ironie, « Mais Bella est malade de l'erreur qu'elle a commise, par ma faute je dois dire. Elle te respectait beaucoup, tu aurais pu faire un geste ».

« S'il y a eu erreur c'est votre problème. Elle n'a pas fait des étincelles à Portland et la décision est venue de Garrett, pas de moi » contra t-elle mielleuse.

Elle fit signe à Félix de se pousser. « Viens-donc t'asseoir cinq minutes ».

Avant que je n'aies le temps de réagir, Félix se leva et me lança un regard noir.

« Je vais faire un tour »

Je lui barrai le passage tout en le toisant.

« Tu t'en vas déjà? Juste pour savoir c'est quoi ton excuse à toi pour ne pas répondre à Bella? Tu n'as pas dû être flamboyant toi non plus sur Portland pour te retrouver coincé à New York. Alors c'est un peu facile d'ignorer ma copine pour ton incompétence ».

« Lâche-moi Edward » lança t-il menaçant, « Tu ferais mieux de t'occuper d'elle au lieu de m'emmerder. Tu n'étais pas là quand elle était pas bien, tu n'avais qu'à raccrocher ton téléphone et passer à autre chose ».

Quel con! J'avais envie de le frapper. Le visage de Bella, me reprochant d'être trop impulsif, envahit aussitôt mon esprit.

« Réfléchis avant d'agir Edward! ».

Le son de sa voix résonna dans ma tête et je m'écartais de lui pour le laisser passer.

Je m'en voulais d'avoir abordé le sujet devant Irina. Elle semblait boire du petit lait.

Je serrai les poings et me forçai à garder une voix calme en m'adressant à Félix.

« Bella t'aime beaucoup. Un minimum ce serait que tu lui répondes, au moins pour l'écouter, puisque tu sembles toujours avoir été là pour elle ».

Au lieu de me répondre, il se contenta de me bousculer avant de nous planter là.

Très mature ce Félix, il avait pas loin de la trentaine pourtant.

D'un coup, je le trouvais bien moins menaçant.

Qu'est-ce qu'il foutait avec Irina, un soir de semaine, à presque 11 heures du soir ?

« Assieds-toi Edward ».

Je m'exécutai, réticent, et remarquai la petite robe noire d'Irina, très coûteuse. Elle avait beau être élégante, il n'y avait rien à faire, elle avait toujours l'air vicieux.

Ses talons claquaient sur le plancher vitrifié, ponctuant chacun de ses mouvements tandis qu'elle tentait d'attirer l'attention du serveur. J'étais persuadé qu'elle devait se la jouer dominatrice au pieu.

« Depuis combien de temps tu couches avec Félix? » l'attaquai-je.

« Je suis fiancée Edward. » me répondit-elle faussement offusquée.

« Et alors, ça ne t'a pas empêché de me faire délicatement comprendre que tu partagerais quelques heures avec moi ».

Dans un sourire, elle porta son verre à ses lèvres.

« C'est tout moi, la délicatesse incarnée » s'amusa t-elle avant de poser sa main gauche, parfaitement manucurée et ornée d'un putain de caillou, sur la table.

« Quoiqu'il en soit, je ne m'en fais pas pour Bella. Elle est douée, je lui ai assuré que le journal lui servira de référence. Elle retrouvera du boulot, même si c'est dur en ce moment, elle est jeune ».

Elle croisa lentement ses jambes avant de continuer.

« Je ne suis pas le diable malgré ce que tu penses, le journal va mal, et j'ai réussi à sauver le maximum de personnes ».

« Et à t'assurer que l'une d'elles reste bien sur New York au lieu de dégager » complétai-je acide.

Irina laissa échapper un petit gloussement avant de prendre une gorgée de sa mixture. Tous ses gestes criaient son besoin de supériorité.

« Arrête d'essayer de trouver une explication cachée, Bella était la dernière arrivée, point.

Et puis tu devrais être ravi, elle n'a plus à voir Félix et toi tu n'auras plus à me voir ».

Elle me narguait la conne. Je remarquais alors que son rouge à lèvre débordait légèrement, la bretelle de sa robe menaçait de glisser à chaque instant sur son épaule.

Elle était clairement en chasse, et si Félix n'y était pas encore passé ce soir, ce n'était plus pour dans longtemps.

De manière presque irrationnelle, j'en voulais d'autant plus à Bella de se rendre malheureuse pour ces cons.

« Bien, je te laisse, l'autre doit vouloir revenir et c'est avec plaisir que je te dis adieu ».

Elle m'adressa un hochement de tête aguicheur et je dégageai pour rejoindre Dém au bar. Dans les escaliers, je croisais Félix et lui fis mon plus beau sourire d'enculé.

Le reste de la nuit se prolongea dans le flou total. Je déconnais avec tout le monde, même des inconnus.

Je me souvenais des rires bruyants, de la chaleur, des coups de coude, d'un sentiment d'euphorie exacerbée, de m'être incrusté à beaucoup de tables, d'avoir parlé avec beaucoup de monde, même au téléphone, et d'avoir évité Victoria toute la soirée.

…..

Une main fraîche caressant mon front et l'odeur forte du café me tirèrent de mon coma.

Ma sœur chérie me regardait avec son petit air mutin alors que je clignais difficilement des yeux.

Je me redressais lentement, la tête lourde et le cœur au bord des lèvres. Mes habits de la veille puaient le tabac et collaient ma peau moite.

« Ton canapé c'est l'enfer » dis-je d'une voix cassée.

Putain, je n'y étais pas allé de main morte hier soir!

Je me raclai la gorge tout en m'étirant.

« Tu n'avais qu'à rentrer chez toi ».

« Trop loin » répondis-je en me saisissant du mug de café qu'Alice me tendait. Je passais ma main libre dans mes cheveux emmêles avant de me gratter la barbe. J'étais une vraie merde ce matin...

« Où est Jasper? » demandai-je soudain.

« Déjà parti bosser. Mais il t'a pris en photo bavant sur l'oreiller et il doit l'avoir déjà envoyée à Emmet ».

Génial! Ils allaient se foutre de ma gueule pendant un moment...

« Tu ne devrais pas y être toi d'ailleurs? » s'inquiéta ma sœur.

Je levai un sourcil interrogateur.

« Au boulot! »

« En vacances » marmonnais-je.

« Vraiment? » me demanda t-elle avant de s'asseoir à côté de moi.

« Banner m'a demandé de prendre les jours que j'avais posés » expliquai-je.

J'avalais une gorgée de café avant de poser mon regard sur ma sœur. Elle était si jolie. Son teint caramel rehaussait le vert profond de ses grands yeux. Le bonheur transparaissait dans le moindre de ses traits. Je n'arrivais toujours pas à réaliser qu'elle allait se fiancer.

Tout en l'entourant de mon bras, je l'embrassais sur la joue. Elle plissa rapidement le nez.

« Mon jumeau adoré, tu sais que je t'aime, mais je préfère que tu ailles te laver avant toute démonstration d'affection, tu sens mauvais! ».

Je la libérais en grognant et me rallongeais sur la canapé, la tasse de café posée sur mon ventre. J'avais un putain de mal de crâne.

Tout en tapant ses mains sur ses cuisses, Alice se leva.

« Bon, j'y vais. J'ai de l'aspirine au besoin. Et j'envoie un message à Bella pour lui dire que tu comates chez moi ».

« Non » m'exclamai-je.

Elle me lança un regard étonné.

« Je l'appellerai ».

Alice se contenta de hausser les épaules avant de prendre son sac et ses clés.

« Jasper et moi on s'est séparé au moins 2 fois, souviens-toi » lança t-elle d'un coup.

« Pourquoi tu me dis ça? ».

« Oh pour rien... » Elle passa une petite veste légère, l'air songeur. « Ça me fait chier de me dire que c'est Em qui a le mieux su gérer de nous trois. Mais finalement j'avais raison, on est capable de vraiment s'engager et ça en vaut la peine ».

Immédiatement, une boule obstrua ma gorge.

« Va travailler Alice! »

« Je reviens à midi, je veux que tu sois là à mon retour, j'ai des choses à te dire ».

Son petit rire cristallin agressa mes tympans et elle s'éclipsa, légère comme l'air.

Après quelques contorsions douloureuses, je récupérai mon portable pour voir que mon père avait essayé de m'appeler. Tanya également.

Merde!

Je n'avais aucune envie de rappeler Carlisle. Il allait encore me parler du boulot.

Quant à Tanya, ça faisait déjà plusieurs fois qu'elle tentait de me joindre quand elle devait se sentir seule, et ça, malgré mon absence de réponse.

Par contre, impossible de me souvenir si je lui avais parlé hier soir...

J'envoyais un message à Bella, qui me demandait si j'allais bien, l'informant que je la verrais ce soir, chez elle.

En proie à de trop nombreuses questions, je replongeais dans un sommeil agité.

….

Après avoir verrouillé ma voiture, je m'engageais dans la rue de Bella quand mon BlackBerry se manifesta.

Tiens, tiens, Madame Renée ex-Swan ex-Dwyer...

La curiosité me poussa à décrocher.

« Edward » s'exclama t-elle comme si nous étions les meilleurs amis du monde.

« Je t'appelle parce que Bella ne répond pas à mes coups de fil en ce moment ».

Comme souvent Renée...

« Vous voulez encore me dire qu'elle a disparu? » raillai-je.

Un rire nerveux me répondit.

« Euh...oui...mais tu as une mémoire d'éléphant dis-moi...Je suis confuse pour ça, mais bon, je n'étais pas dans mon état normal...J'avais d'ailleurs dormi dans un hôtel miteux...ma carte de crédit ne passait plus...Heureusement un gentil monsieur m'avait aidé, contrairement à ma propre fille... »

« C'est bon Renée », la coupai-je, « je vous taquinais ».

Un gloussement hystérique résonna à travers la ligne.

« Bref, je voulais savoir si vous alliez enfin venir me voir. Je ne sais pas si tu auras un peu de temps, mais comme Bella est maintenant sans emploi, peut-être que vous pourriez venir dès maintenant au lieu d'attendre fin Août ».

« Attendre fin Août? »

« Oui, Bella semblait plutôt d'accord pour venir. Elle m'a appelée de chez son père. J'ose espérer que tu viendras avec elle. Elle t'a dit que tu étais invité? »

Bien sûr, dans un monde parallèle...

« Oh certainement », répondis-je poliment, « mais laissez-moi en parler avec Bella et on vous rappelle? »

Évidemment, pourquoi m'aurait-elle parlé d'une visite chez sa chère maman alors qu'elle n'était pas foutue de vouloir partir avec moi quelques jours...

Plus déterminé que jamais, je pénétrais dans l'appartement de Bella.

Elle m'attendait dans son petit salon, sur son canapé, en train de bouquiner.

Lorsque son regard croisa le mien, je la sentis autant décidée que moi. Elle déposa son livre à côté d'elle et croisa les bras.

« Tu t'es bien amusé hier soir? » me demanda t-elle doucement.

Je m'avançai vers elle et tentais de sonder son esprit. Impénétrable.

« Si on veut, d'ailleurs j'ai croisé Félix et Irina »

« Oui, je sais. Félix m'a appelée »

« Ah ouais, finalement. Tu sais qu'il... ».

« Ça n'a aucune importance. Je me fous complètement d'eux » me coupa t-elle froidement.

Sa bouche se pinça légèrement, comme pour réfréner ses véritables pensées. Son regard paraissait triste mais résolu.

Je soufflais bruyamment tout en enfonçant les mains dans mes poches.

« Ok, qu'est-ce que tu as à me dire ? ».

« Tu t'es trompé Edward, tu m'as envoyé un SMS par erreur ».

Le sang quitta d'un coup mon visage. Merde, avec qui j'avais communiqué hier soir?

« Je ne sais pas à qui tu voulais envoyer ton message », poursuivit-elle, « mais apparemment les choses paraissaient beaucoup plus simples avec elle qu'avec moi ».

Des images de ma conversation avec Tanya me revinrent immédiatement en mémoire. Je l'avais appelée et même envoyé des textos.

Qu'est-ce que j'avais bien pu lui dire putain...

Coincé dans ma poche, mon portable me démangeait. Il fallait que je regarde.

« Ne prends pas la peine de regarder tes messages. Je ne t'en veux pas, je comprends ».

Dire que j'étais déconcertée par sa réaction était un doux euphémisme. Bella avait toujours su se montrer plus mature que moi, mais de là à ne même pas chercher à en savoir plus...

« Pourquoi je ne te retrouve pas comme avant Bella? » soufflai-je, « Qu'est-ce que tu as? »

« Je ne sais plus où j'en suis Edward » dit-elle d'une voix triste.

« Je vois ça. Mais moi, je ne peux pas continuer comme ça. »

« Je sais » concéda t-elle.

J'attendais qu'elle continue mais elle se contenta d'éviter mon regard, se tortillant sur son canapé.

« Parfait, alors puisque tu es incapable de me parler, c'est moi qui vais le faire ».

Elle resta obstinément muette, me laissant le champ libre.

« D'abord, je ne sais pas ce que j'ai balancé hier soir et à qui mais j'étais bourré. Et mal ».

Bella me suivit lentement du regard tandis que je m'asseyais à même le sol. Je sentis tous les os de mon corps craquer, accompagnant mon sentiment d'abattement.

« Je suis très mal Bella en ce moment ».

Elle ferma les yeux un instant, enregistrant certainement l'information.

« J'ai fait comme j'ai pu Bella. Je fais comme je peux. Mais j'ai l'impression en ce moment que quoi que je fasse, ça ne va pas.

Je ne suis pas assez à l'écoute, trop directif. Mais j'essaie de t'aider, juste que tu te boostes, que tu te battes pour notre projet. Mais tu ne te bats même plus pour toi ».

Bella triturait le bras du canapé à présent. J'avais envie de la secouer. Mais à quoi bon? Je me contentais donc de la piquer avec mes mots, de soulager mon cœur.

« Depuis Portland, quelque soit les efforts que je fais, je passe à côté et c'est de pire en pire.

Avant, je savais que tu tenais à moi, tu faisais preuve de combativité, tu me disais que tu ne me laisserais pas, mais maintenant j'ai juste l'impression de t'emmerder. Tu ne fais plus rien pour que ça marche. Et ne me dis pas que c'est parce que tu ne vas pas bien, c'est plus que ça, c'est toi et moi. Tu n'as jamais été comme ça avec moi.

Tu te rends compte que ta mère m'a appelé, à moi, pour me dire que l'on était attendu en Floride depuis un moment. Et tu ne me l'as pas dit, tout comme tu ne me dis pas que Alice cherchait pour toi du boulot dans l'Oregon.

Et moi, comme un con, je pense encore à essayer de te faire plaisir. C'est fou, je croyais que ma copine serait heureuse de partir en vacances avec moi pour oublier tout ce qui avait foiré, comme elle en rêvait il y a encore à peine quelques semaines »

Je me pris la tête dans les mains avant de me relever et de tourner en rond, sentant la tension crisper tout mon corps.

« Je n'aime pas ce que je deviens, je déteste être comme ça, surtout que j'ai la désagréable impression que tu te fous de ma gueule! »

Bella sursauta violemment au son de ma voix.

« Est-ce que tu veux toujours être avec moi? Est-ce que je te conviens? » l'agressai-je.

« C'est moi qui ne te conviens pas » murmura t-elle.

« Ah c'est nouveau ça, tu ne me l'avais jamais sortie celle-là! » explosai-je « Ne te cache pas derrière ce genre de conneries Bella, tu sais très bien ce que je ressens pour toi.

Alors c'est simple, soit tu n'es pas amoureuse de moi, donc il n'y a rien à faire, soit c'est que tu n'es effectivement vraiment pas foutue de prendre la moindre décision. Mais explique-moi! »

« Ce n'est pas ça Edward, comment tu peux croire que je ne t'aime pas, pour Alice je... »

« JE ME FOUS D'ALICE! » hurlai-je.

Bella se redressa d'un bond et commença à s'éloigner de moi. Je la rattrapai immédiatement pas le bras, la forçant à se rasseoir. Je n'arrivais toujours pas à attraper son regard. J'étais fou.

« Tu m'aimes? Vraiment? J'ai du mal à y croire tu vois en ce moment.

Alors c'est simple, je vais te laisser l'espace que tu désires tant. Je pars, comme ça tu auras tout le temps de réfléchir et de savoir ce que tu veux ».

Retiens-moi Bella.

« Avec toi j'ai appris à me remettre en question. Et c'est très bien. Mais là Bella, c'est à ton tour. Je n'en peux plus de le faire à ta place. Par contre, tu as intérêt à être honnête avec moi, je ne veux pas que tu me sortes des trucs vagues comme -on verra, -je ne sais pas, ou encore -ce n'est pas le moment. Sois on se décide à partir ensemble, peut importe mon boulot, soit on en reste là ».

Ne me laisse pas partir comme ça...

J'attendais qu'elle réagisse, j'espérais qu'elle me dise quelque chose, n'importe quoi...mais rien. Elle se contentait de fixer un point derrière moi, le cul toujours collé à son putain de canapé.

« Tu n'as vraiment rien à me dire? » Insistai-je.

« Tu as tout dit je crois » se contenta t-elle de marmonner.

« Et c'est tout? Tu vas me laisser comme ça? »

Seul le silence me répondit.

Putain! Elle me rendait malade! J'avais envie de frapper dans quelque chose.

Alors je fis la seule chose qui me soulagerait. Lui faire mal.

« Tu as raison, je me trompe depuis le début. Ce n'est pas moi qui ne suis pas à la hauteur, c'est toi » crachai-je « Tu es vraiment mon seul échec ».

Le teint rougi de Bella s'accentua à mes paroles. Ses grands yeux brillants semblaient manger son visage. Elle accusait le coup, j'avais atteint mon but.

« Si c'est ce que tu ressens, alors effectivement, il faut mieux que tu partes » me dit-elle dans un murmure, la tête penchée sur ses mains jointes.

« C'est vraiment ce que tu veux? » insistai-je sèchement. « Tu veux que je parte? ».

Elle hocha doucement la tête.

Va te faire foutre Isabella Swan!

« Et bien tu l'as » crachai-je avant de la planter là.

Je dévalai l'escalier et me retrouvai dans la rue, sourd et aveugle à l'agitation autour de moi. Mon seul but, trouver ma voiture.

Je m'étais bien planté. Elle ne voulait pas réfléchir. Elle savait très ce qu'elle voulait. Elle voulait juste que je dégage.

« Salope » criai-je en balançant un coup de pied dans la portière de ma Volvo.

« Oh mon vieux, on se calme! » Balança un homme qui passait à côté de moi.

Je reprenais pied dans la réalité et inspirai un grand coup. Après avoir ouvert ma portière, je m'effondrai sur mon volant. Mes yeux étaient secs, mon corps raide et douloureux. Je ne sentais plus mon cœur.

Barre-toi Cullen!

Je démarrai la voiture et m'échappai dans la nuit noire.


Bonsoir!

J'ai eu de gros problèmes internet ce dernier mois (plus rien!) Je suis rentrée chez moi et ça remarche enfin...pour l'instant.

Donc je vais reprendre mon dernier chapitre avant l'épilogue et me dépêcher de le poster tant que je peux. Au pire, je le ferai de chez quelqu'un d'autre.

Grâce au dernier chapitre on comprendra un peu mieux Bella (ou pas), et puis on aura le fin mot de l'histoire...

Merci encore pour vos messages (j'essaierai d'y répondre)

Et grand merci à Sandrine pour son avis.

Et bonne soirée!