Disclaimer : Rien n'est à moi (sauf quelques personnages que vous verrez apparaître au fur et à mesure), tout est à J.K. Rowling.

Pairing : Je ne sais pas encore. A priori, aucun qui ne concerne Harry. Un léger soupçon de DM/HP, mais vraiment en arrière-fonds.

Résumé : La guerre avait tout détruit, le monde sorcier n'existait plus. Il avait perdu tant d'amis qu'il n'attendait plus que sa propre mort. Enfin, tout ça c'était jusqu'à ce qu'Hermione ne lui explique son plan complètement fou. TIME TRAVEL.

Avertissement :Plusieurs choses ne collent pas aux livres de notre chère J. Ainsi la scolarité d'Harry et la poursuite de la guerre ne sont pas les mêmes que dans les romans. De même, les âges des personnages ne sont pas toujours respectés (Lucius a bien six ans de plus que les Maraudeurs mais Narcissa a le même âge qu'eux et non pas cinq ans de plus). Mais, SURTOUT, l'époque est différente c'est-à-dire que j'ai situé le présent d'Harry dans notre présent à nous. Son voyage dans le temps se passe donc dans les années 1984 et non pas en 1974. Plusieurs petites autres choses que je vous laisse le plaisir de découvrir au fur et à mesure.

Précisions : Il y a quelques termes qui apparaissent dans ce chapitre que je vais expliquer rapidement. Ainsi, Imbolc est une fête celtique (irlandaise notamment) très ancienne et qui célèbre la fin de l'hiver, la transition entre cette saison et le printemps, une sorte de purification entre les deux. C'est aussi une célébration de la déesse Brigid qui est la grande patronne des arts, de la médecine, de la Magie et de la guerre et qui est notamment invoqué lors des naissances. Aujourd'hui, on peut dire que Imbolc est devenue la Chandeleur (c'est assez grossièrement expliqué).

La Beltaine est une autre fête celtique (l'une des plus grandes avec Imbolc et Samain) et célèbre le début de la saison claire (en rupture donc avec la saison sombre –Halloween etc. représenté par la célébration du Samain-). Elle est célébrée le 1er mai et honore la nature de manière générale. C'est une fête très joyeuse qui marque la reprise de la chasse, de la cueillette etc.

Enfin, Peter décrit ses qualités un peu plus loin dans le chapitre. Je me suis inspirée des caractéristiques associées au signe du rat dans l'astrologie chinoise et j'espère que cela vous permettra de mieux comprendre pourquoi il est tenté de céder aux Mangemorts. Sur ce, bonne lecture !

Et surtout, un ENORME remerciement à ma beta, 0xymore ! Des remerciements aussi à tous ceux qui ont eu la gentillesse de me laisser une petite review et à qui j'aurai oublié de répondre…Disoulé :s

Et aussi surtout, un énorme désolé pour le retard. J'ai malheureusement beaucoup d'autres choses à côté et je n'ai pas énormément le temps d'écrire. Mais hors de question que j'abandonne )

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Chapitre 11 : Sentiments révélés

I ain't lookin' to compete with you
Beat or cheat or mistreat you
Simplify you, classify you
Deny, defy or crucify you
All I really want to do
Is, baby, be friends with you

No, and I ain't lookin' to fight with you
Frighten you or tighten you
Drag you down or drain you down
Chain you down or bring you down
All I really want to do
Is, baby, be friends with you

I ain't lookin' to block you up
Shock or knock or lock you up
Analyze you, categorize you
Finalize you or advertise you
All I really want to do
Is, baby, be friends with you

I don't want to straight-face you
Race or chase you, track or trace you
Or disgrace you or displace you
Or define you or confine you
All I really want to do
Is, baby, be friends with you

I don't want to meet your kin
Make you spin or do you in
Or select you or dissect you
Or inspect you or reject you
All I really want to do
Is, baby, be friends with you

I don't want to fake you out
Take or shake or forsake you out
I ain't lookin' for you to feel like me
See like me or be like me
All I really want to do
Is, baby, be friends with you

(Bob Dylan – All I really want to do)

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Le repas se fit dans une ambiance étrange. A la table des professeurs, Reece et McGonagall observaient avec préoccupation leurs étudiants. Si Reece ou quel que soit son nom piochait aléatoirement dans les plats qui se présentaient devant lui et grignotait, McGonagall buvait son café tout en scrutant attentivement les tables de Griffondor et Serpentard. Leurs raideurs étaient telles qu'elles finirent par attirer l'attention de toute l'école et les étudiants les dévisagèrent tout en murmurant discrètement sur les possibles raisons d'un tel comportement. Les Maraudeurs étaient étrangement silencieux et se fichaient éperdument de l'attitude bizarre de leurs professeurs et ne s'intéressaient qu'à Regulus, Narcissa et Severus. Les trois Serpentards tentaient de faire comme si de rien n'était mais leur vigilance ne cessa pas de tout le repas et ils n'échangèrent pratiquement aucun mot.

- Quand est-ce qu'on s'y met ? Chuchota Peter.

Sirius jeta un rapide coup d'œil au reste de sa famille et se pencha vers son ami.

- Je propose qu'on les surprenne dès la fin du repas. On les suit et on les coince dans une salle de classe.

James acquiesça toute en dégustant sa tourte.

- Qu'est-ce que vous préparez encore ? Grogna Lily en se rapprochant du groupe.

Les quatre garçons se tendirent aussitôt et bégayèrent des explications vaseuses que Lily balaya d'un geste de la main.

- Je vous préviens, si jamais vous compter faire encore une de vos blagues débiles, je n'hésiterai pas à prévenir Reece qui se fera un plaisir de vous sanctionner.

Un silence inconfortable accueillit son avertissement ce qui rendit Lily encore plus circonspecte. Remus baissa les yeux et trifouilla son assiette.

- Ils sont au courant Lil's, marmonna-t-il.

Lily se figea comme si elle avait mal entendu.

- Quoi ? Susurra-t-elle froidement.

Remus n'osa pas répéter et James, Sirius et Peter se concentrèrent sur leurs nourritures sans dire un mot.

- Remus…tu n'as tout de même pas…Enfin !

- On a…Remus n'osa pas répondre tant il craignait de subir le courroux de la jeune fille. On a surpris votre conversation d'il y a trois jours devant la salle de classe de Reece…

Lily se tut. A ses côtés, Aaliyah et Deirdre étaient silencieuses et écoutaient discrètement la conversation. Lily se rapprocha dangereusement des Maraudeurs.

- Qu'est-ce que vous comptez faire ? Si jamais vous gâchez tout avec Reece je vous jure… ! Pire que ça, si jamais vous faites quoi que ce soit à Severus et ses amis…

- Lily…Lily calme-toi, on ne compte rien faire. Rien faire de mal en tout cas. Expliqua calmement Remus. Sirius veut juste parler à sa famille. Il pense que c'est l'occasion de mettre les choses au point avec eux…

Lily parut se calmer et réfléchir à ce que Remus venait de lui dire.

- Est-ce que tu es sincère Sirius ? Demanda-t-elle, plus calme.

Sirius acquiesça mais ne put croiser son regard. Il avait la gorge nouée. Lily s'installa plus confortablement aux côtés des Maraudeurs et pencha la tête vers Sirius et James.

- Ecoutez-vous deux, je sais que vous devez être perturbés, c'est un gros morceau à avaler. Mais…Severus et ses amis ne doivent pas être vos boucs-émissaires. Promettez-moi que vous ne ferez rien d'inconsidéré et que vous les traiterez bien.

Elle les observait avec attention. Sirius promit sans même réfléchir tandis que Remus et Peter hochaient la tête. James mit quelques secondes de plus avant d'enfin promettre à son tour. Lily parut rassérénée et les quitta pour retourner vers Aaliyah et Deirdre. Du coin de l'œil, James s'aperçut qu'elle tentait d'esquiver les interrogations de ses deux amis.

Sirius accueillit la fin du repas avec soulagement et se redressa prestement comme s'il était monté sur ressort. Il s'empressa de quitter la salle, James, Remus et Peter sur ses pas. La moitié des étudiants étaient encore installée quand ils sortirent. Les trois Serpentards sortirent à leur tour dix minutes plus tard et les Maraudeurs les suivirent quelque temps avant d'enfin trouver un endroit propice à leur discussion. Lily les regarda partir, un peu anxieuse.

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- POTTER ! Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Hurla Severus.

James grimaça mais ne répondit rien. Il se doutait que la fureur du Serpentard venait surtout du fait qu'ils les avaient pris par surprise et comme ils n'avaient jamais été amis…et loin de là ! Sirius était toujours aussi tendu mais ne regardait pas Severus. Il se contentait de fixer, hagard, son frère et sa cousine.

- 'Cissa…Reg'…Je…

Sa voix était si hésitante qu'elle coupa court à toutes les velléités de Severus. Sirius ne s'était jamais montré aussi faible devant eux. Narcissa et Regulus qui le connaissaient bien le dévisagèrent sans un mot mais se détendirent légèrement. Au contraire, Severus sembla s'attendre à un autre mauvais coup et était prêt à saisir sa baguette pour se défendre. Remus prit la parole comme il voyait que Sirius ne parvenait pas à continuer.

- Nous ne sommes pas venus nous battre, expliqua-t-il en levant ses mains en signe de paix. Sirius a plusieurs choses à vous dire…des choses personnelles et il aimerait beaucoup que vous acceptiez de l'écouter. Est-ce que vous êtes d'accord ?

Regulus et Narcissa échangèrent un regard avant d'accepter d'un simple signe de tête. Sirius expira fortement de soulagement. James lui serra fortement l'épaule en signe d'encouragement, lui murmura une discrète phrase de soutien et quitta la pièce. Peter analysa le comportement des deux Black et comme il parut juger que tout allait bien il suivit James.

- Severus…Peut-être voudrais-tu nous accompagner dehors ? Demanda gentiment Remus.

Severus ne répondit rien mais il sortit avec Remus, le dos raide. Ce dernier ferma la porte et se cala contre le mur. Severus était trop bien conscient qu'il était le seul Serpentard parmi eux et son sens de l'autoprotection le fit se mettre un peu en retrait de manière à pouvoir observer les trois garçons et agir rapidement en cas d'attaque.

Il ne se laisserait pas abattre par trois crétins.

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- Que veux-tu Sirius ? Attaqua Regulus. Tu cherches une quelconque rédemption ?

Sirius fit le tour de la pièce sans répondre. Il n'y avait pas de tension entre eux trois mais le silence était des plus inconfortables. Finalement, il s'installa sur une chaise, non loin des deux Serpentards. Il prit sa tête entre ses mains et soupira.

- Avant toute chose il faut que vous sachiez…que vous sachiez que je suis au courant de tout. Murmura-t-il.

Narcissa fronça des sourcils, noblement.

- Et qu'est-ce tu es censé savoir ?

- Que vous ne voulez pas rejoindre les rangs de Voldemort. Regulus et Narcissa grimacèrent à l'entente de son nom. Que Reece a une fausse identité. Que vous voulez le harceler pour en apprendre plus. Qu'on vous harcèle pour que vous soyez marqués. Que…

Sirius en perdît ses mots et finit par se taire. Regulus et Narcissa s'étaient tendus aussitôt qu'ils avaient entendu les propos de Sirius. A l'image de son frère, Regulus passa une main nerveuse dans ses cheveux et se mordit les lèvres. Narcissa n'osait plus regarder personne et son regard s'était fixé sur un coin du mur de la classe.

- Qu'est-ce que tu veux qu'on te réponde Sirius ? Tu veux qu'on t'accueille comme un saint ? Un sauveur ? Qu'on loue ta grandeur d'âme qui va nous permettre de nous sauver des griffes du Seigneur des Ténèbres ?

Sirius ne broncha pas mais son regard se teinta.

- Non mais…Je ne veux pas me battre contre vous…

C'était touchant de voir Sirius aussi sincère pour une fois nota Regulus. Il adorait son frère mais il pouvait être un tel crétin la majorité du temps. Il avait cependant le cœur moins lourd de voir que son aîné avait quand même pris quelques minutes pour réfléchir à la situation.

- Je me rends compte que…que si jamais on continue sur…Enfin si on ne change pas, on va devoir se battre et…Le regard hanté Sirius se redressa brusquement. Vous êtes ma famille ! Je vous aime plus que tout, plus que ma propre vie ! Je ne veux pas avoir à choisir entre vous et James que je considère tout autant comme mon frère que vous !

Narcissa eut un rire cynique.

- Et que veux-tu qu'on fasse Sirius ? Est-ce que tu penses réellement qu'on a le choix ? Tu sais qui je vais épouser, tu connais Bellatrix, tu connais la majorité des membres de la maison Serpentard ! Que crois-tu qu'il se passera si on se rebelle publiquement contre le Lord ?

Sa voix se brisa.

- On n'a pas tous la chance d'avoir un super protecteur Sirius. Tu as Potter, tu as même Dumbledore ! Mais nous…qui on a ?

Narcissa trouva que la conversation avait assez duré et se dirigea vers la sortie.

- Et Reece ? S'écria Sirius, dans un dernier espoir. Je sais qu'il ment sur sa véritable identité et qu'il peut être dangereux mais justement ! On sait qu'il se bat contre Voldemort, il pourrait vous aider !

Ce fut au tour de Regulus de soupirer, dépité.

- Je ne veux pas passer d'un Seigneur à un autre. Rien ne dit que Reece va réellement nous aider. Il pourra se servir de nous comme bon lui semble et on ne pourra rien faire contre lui.

Narcissa confirma.

- Maître différent mais toujours esclave.

Sirius ouvrît la bouche pour répliquer mais Regulus l'interrompît.

- Non, ça ne sert à rien Sirius.

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Le silence et la tension rendait l'attente inconfortable et chacun guettait le moment où l'autre craquerait. Severus était comme un chiot apeuré face à trois bulldogs remarqua James. Il avait l'impression d'être dans une autre dimension. Quelques mois auparavant, ils se seraient disputés et attaqués sans préavis et c'était surréaliste de voir qu'ils pouvaient aujourd'hui rester dans la même pièce sans s'agresser. James décida qu'il était un Griffondor et qu'il devait se comporter comme tel aussi il prit son courage à deux mains –ou sa stupidité ? Il ne saurait dire- et s'approcha de Severus, les mains bien en évidence pour lui montrer qu'il ne comptait pas l'attaquer.

- Rogue, commença-t-il, je…je voudrais m'excuser pour…la dernière fois.

Le Serpentard avait la main sur sa baguette et les sourcils froncés.

- Qu'est-ce qu'il te prend Potter ? Tu deviens bipolaire ou quoi ?

James grimaça et s'ébouriffa les cheveux. Il ne savait pas comment continuer.

- Je ne sais pas…je…

Il se tut et baissa les bras. Il voulait désespérément Lily. Si désespérément qu'il était prêt à faire la paix avec Rogue. Mais comment le lui dire alors qu'il savait pertinemment que le Serpentard était lui aussi amoureux de la rousse ? Peter coupa court à ses interrogations.

- Rogue, on est au courant de tout. Il laissa un moment au garçon le temps de se reprendre. On sait par rapport à Voldemort et Reece.

Severus se tendit encore plus et sa main se resserra plus fermement encore sur sa baguette.

- On est pas là pour se battre, grogna Peter dans un mouvement d'humeur, on est du même côté.

- Ce serait bien la première fois tiens, gronda Severus.

Les quatre garçons se tenaient là sans trop savoir comment réagir et Severus avait du mal à penser correctement. Est-ce que les Maraudeurs étaient réellement devant lui en train de lui dire qu'ils étaient tous du même côté ? Il ne pensa même pas à leur demander comment ils pouvaient savoir pour Reece et Voldemort et éclata simplement de rire. C'était nerveux, il ne pouvait pas se retenir.

Quelques secondes plus tard, Regulus et Narcissa sortirent et Severus les suivit, les épaules tressautant toujours. Sirius rejoignit ses amis mais son air hagard et ses épaules basses les empêchèrent de poser trop de questions.

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- Alors ? Comment ça s'est passé ? Demanda Lily.

Ils étaient tous dans la salle commune de Griffondor et avachis sur les canapés. Sirius couina et se cacha derrière un coussin.

- Pas très bien je suppose…

Lily s'installa à côté de James qui dut se retenir de ne pas se coller à elle discrètement. Le silence se fît.

- Ecoute, Sirius…J'ai peut-être une idée, hésita Lily. Vous savez tous qu'on a décidé de harceler Reece, elle roula des yeux face au souvenir, vous pourriez…participer…

James se redressa et posa des yeux interrogateurs sur son amie.

- Sirius, tu veux te rapprocher de ta famille non ? Pour le moment, tu ne disposes pas de beaucoup de moyens…La meilleure façon de te lier à eux, c'est de les aider. Quand on en saura plus sur Reece, peut-être…et bien peut-être que tu auras pu convaincre Regulus et Narcissa de te rejoindre…

Sirius la dévisagea sans mot dire mais parut réfléchir à sa proposition.

- Est-ce que tu penses réellement que ça changera quelque chose ? J'ai l'impression que quoi que je dise, quoi que je fasse, la situation sera toujours la même…

- Je sais que ça doit être dur, toutes ces nouvelles en si peu de temps mais…C'est comme pour Voldemort, si on ne fait rien parce que la situation semble immuable, on sera vite réduits en esclavage ! Si tu veux changer les choses Sirius, alors bouge-toi !

Le caractère fougueux de Lily venait encore de ressurgir. James retint un sourire et sentit son cœur s'accélérer. Elle était vraiment jolie.

- Lily..heu…

James se sentit un peu maladroit. Il regardait Lily et sans même s'en rendre compte, il avait commencé à parler. La jeune rousse se tourna vers lui et ses yeux si verts et profonds et expressifs et…James se ressaisit, le regard interrogateur se de Lily posé sur lui.

- Je voulais te dire…Je…Je suis désolé. Pour tout ce que je t'ai dit et que j'ai fait…J'ai été idiot, je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai aussi essayé de…m'excuser auprès de Rogue…Je ne sais pas s'il m'a cru, compris ou même écouté mais…enfin je l'ai fait…

Et dans un geste machinal, il passa une main dans ses cheveux. Lily pinça ses lèvres dans un mouvement inconscient d'anxiété. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais la referma aussitôt. James devina qu'elle devait être perturbée.

- Je te remercie, dit-elle finalement. Je sais que venant de toi, c'est un grand pas et que cela a dû te coûter de le faire. J'apprécie ta démarche mais…Ecoute, ça fait cinq ans que tu as ce comportement ! Même si je connais la valeur de tes excuses, il va falloir faire plus que cela pour que je te croie. Et je ne te parle même pas de Severus…

James acquiesça.

- Avec ce que l'on a appris, je comptais de toute façon…Arf, soupira-t-il, je ne sais pas ce que je comptais être précisément mais je sais qu'il faut que je change. On doit s'allier pour trouver qui est vraiment Reece et je sais que si je garde le même caractère, on n'arrivera à rien...

Lily hocha la tête.

- Tu sais…James, c'était toujours étrange pour elle de l'appeler par son prénom, quand tu ne joues pas au crétin arrogant pour plaire à toute l'école, tu es plutôt sympathique. Tu n'es pas stupide alors je ne comprends pas pourquoi…pourquoi tu es un tel imbécile parfois.

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Harry s'allongea sur le canapé de son salon, la tête sur l'accoudoir, son bras sur ses yeux de façon à les couvrir. Il avait un début de migraine qui le rendait plutôt susceptible et il avait décidé de venir se réfugier dans son appartement pour avoir un peu de calme. Soudain, quelques légers coups retentirent.

- Eden ? Tu es là ?

Harry soupira et se redressa. Merlin, il venait à peine de s'installer !

- Eden ? Tout va bien ?

Il reconnut la voix de Kessy et se décida à lui ouvrir.

- Bonjour Eden. Je ne t'ai pas vu au repas de ce midi et je sais que c'est le weekend, mais je me suis demandé si tout allait bien.

- Entre, invita Harry. J'ai juste un début de migraine et je voulais me reposer un peu.

- Oh…tu veux que je m'en aille ?

- Non…Non c'est bon, tu peux rester.

Même si cela faisait moins d'une semaine que Kessy était présent, Harry et lui s'étaient beaucoup rapprochés et ils en étaient venus à se parler aussi familièrement que de vieux camarades. Le fait que les deux flirtaient de façon éhontée les y avait grandement aidés.

Harry se réinstalla sur son canapé et Kessy prit place à ses côtés. Sa tête se posa contre le dossier et il ferma les yeux.

- Est-ce que ça a un rapport avec tes élèves ?

La voix de Kessy –et son si délicieux accent, Gaïa soit louée pour avoir permis la création d'un tel homme !- était largement moqueuse. Harry soupira lourdement.

- Est-ce que c'est si évident ?

- Je ne suis là que depuis une semaine mais j'ai bien l'impression que tu es…disons…poursuivi par certains de tes étudiants.

- Oui. Je sais. Harry passa une main dans ses cheveux. Ils ont appris certaines choses sur mon passé et ils veulent à tout prix en savoir plus.

Kessy inclina la tête dans un mouvement interrogateur.

- Et pourquoi tu ne leur réponds pas ?

- Mon passé n'est pas très joyeux. Je n'aime pas en parler même avec des amis alors avec des élèves…

Kessy acquiesça mais n'ajouta rien. Harry n'ouvrit pas non plus les yeux et ils restèrent ainsi, silencieux, pendant quelques minutes.

- Tu veux un massage ?

La voix de Kessy était chaleureuse. Elle lui rappelait celle de Drago quand son masque de froideur se rompait, qu'il craquait enfin pour le plaquer contre un mur, lui murmurant tout ce qu'il comptait lui faire quand ils seraient enfin seuls, dans leur chambre, complètement dévêtus. Drago lui manquait tellement. Il aurait aimé qu'il soit là. Il savait toujours comment le réconforter, comment le faire sourire même dans les pires moments.

Son père et sa mère le harcelaient. Severus et Sirius ne cessaient de le dévisager et il sentait leurs regards se poser sur lui à chaque instant. Il ne pouvait faire un pas sans les sentir derrière lui, à espionner chacun de ses mouvements, interpréter chacune de ses paroles. Ils étaient si peu discrets que la maison Serpentard en venait elle aussi à l'espionner, cherchant à deviner pourquoi les Maraudeurs et quelques membres de leur maison étaient aussi étranges. Harry ne pouvait plus rien faire sans que chacun de ses gestes ne soient rapportés à qui de droit. Dumbledore, Voldemort…

Il était évident pour Harry que s'il commettait la moindre erreur, Voldemort serait immédiatement mis au courant. Et si sa véritable identité venait à être dévoilée, Harry se savait perdu. Il devait mettre fin d'une manière ou d'une autre à la petite enquête de sa famille.

Si Drago avait été là, il l'aurait conseillé. Il aurait trouvé un plan, lui aurait lancé une vacherie et lui aurait fait l'amour le plus passionnément possible. Harry avait besoin de lui. Maintenant.

- Eden ?

Il se ressaisit.

- Oui. Oui s'il te plaît. Je crois que j'en ai bien besoin.

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- Tu as tout ce qu'il te faut Abraxas ?

Le blond acquiesça.

- Malgré tout…Je pense qu'une dizaine d'hommes en plus serait nécessaire.

Voldemort le dévisagea. Malgré l'évident dégoût qu'il éprouvait pour ses soi-disant amis, il savait aussi qu'il devait soigner leurs egos et les remettre chacun à leur place –donc à ses pieds- sans non plus trop émoustiller leur susceptibilité. Il n'avait pas été sans remarqué le courroux croissant du Lord et il avait bientôt paru évident que s'il ne faisait rien, ce dernier finirait tôt ou tard par craquer. Or, Abraxas représentait un allier financier et politique de poids dont Voldemort ne pouvait pas se passer pour le moment.

- Très bien, acquiesça-t-il. Dix hommes en plus, choisis par tes soins.

Abraxas le remercia gauchement et, d'un pas raide, sortit de la salle. Et tandis que Voldemort le regardait partir, il se jura qu'il aurait sa tête avant le début du mois de Janvier.

Il n'était pas un homme de compromis.

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Peter suivait d'un pas pressé ses amis, trop inquiet pour eux pour réellement les arrêter. James et Sirius avaient suivi Severus au détour d'un couloir et si Peter avait d'abord cru qu'ils comptaient leur jouer un mauvais tour, il s'était ensuite aperçu qu'ils ne le filaient que parce que lui-même espionnait Reece. Les trois garçons ne s'étaient pas reparlés depuis leur précédente confrontation une semaine et demie plus tôt et Peter n'en était pas plus malheureux. Il ne savait plus où donner de la tête entre leur technique de harcèlement de Reece et leurs relations tendues avec les autres Serpentards.

Trop pris par ses pensées, Peter finit rapidement par perdre la trace de ses deux amis et il se retrouva seul, dans un couloir dont il ne se rappelait même plus l'existence, en compagnie d'un tableau d'une jeune vierge innocente dévisageant d'un air éperdu d'amour un blondinet assis sur un trône d'épées et de celui d'un vieux majordome, le visage aigri et le souffle court. Il aurait aimé avoir la Carte des Maraudeurs avec lui…

James et Sirius, sans s'en rendre compte, le laissait toujours sur le côté. Que ce soit comme aujourd'hui, lors d'une filature de dernière minute, ou lors d'une fuite désespérée après une blague ratée, Peter finissait toujours par devoir se cacher et se protéger tout seul des autres élèves, les deux Sang-Purs s'étant mutuellement protégés. Il ne comptait plus le nombre de gargouilles derrière lesquelles il s'était caché après que les professeurs aient tenté de les arrêter et que James et Sirius l'aient abandonné pour un quelconque passage secret qu'il ne connaissait pas. Encore moins le nombre de fois où il avait dû se transformer pour passer inaperçu. Remus était différent dans le sens où il se complaisait dans sa marginalité. James et Sirius l'aimaient comme des frères mais respectaient son aura de distance, de froide intelligence et ils n'essayaient même plus de lui faire comprendre que sa crainte de se faire des amis à cause de sa malédiction était infondée. C'était ce qui faisait de Remus, le Griffondor si sympathique et si mystérieux qui intriguait tout le monde. Peter, lui, n'était qu'un élève banal sans qualité exceptionnelle comme celle de James en métamorphose ou de Sirius en Sortilège. A côté de boute-en-train comme eux, Peter était le vilain petit canard.

- Eh bien Pettigrow ? Tu es tout seul aujourd'hui ?

La surprise de ne pas être seul, lui fit faire volte-face. Avec une horreur non feinte, il vit Bellatrix et Nye Goyle non loin. Peter était un bon élève mais qui n'allait pas au-delà de onze de moyenne. Contre deux sorciers accomplis en matière de défense contre les forces du mal, il savait qu'il n'aurait aucune chance. Il n'était ni assez rapide, ni assez doué pour savoir comment les ensorceler tout en sortant du combat sans être gravement blessé. Sans trop savoir s'il devait ou non s'estimer heureux, il se rendit compte que les deux Serpentards n'étaient pas d'humeur belliqueuse.

- Qu'est-ce que vous me voulez ? Souffla-t-il tout en essayant de se donner une certaine contenance.

Bellatrix ricana mais Nye ne fit que sourire.

- Tu n'en as pas marre d'être toujours l'oublié de service ? Attaqua-t-elle vicieusement. Tu profites des miettes de la célébrité de Potter et de mon idiot de cousin en espérant qu'elle rejaillisse sur toi. Tu ne voudrais pas plutôt être reconnu pour ce que tu es, un sorcier compétent ?

C'était déconcertant de voir à quel point Bellatrix pouvait viser juste en quelques phrases seulement, se dit-il avec un certain détachement.

- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Tu comptes me proposer grandeur et pouvoir, richesse et reconnaissance ? L'agressa-t-il avec une rudesse non feinte.

Le sourire de Goyle se fit encore plus grand et les yeux de Bellatrix pétillèrent d'excitation.

- Exactement.

- Hein ? Balbutia-t-il très intelligemment.

- Nous ne sommes pas Potter et ses amis, Pettigrow. Nous savons reconnaître la juste valeur des gens, susurra-t-elle enjôleuse. Si tu rejoins notre camp, un autre monde s'ouvre à toi…Imagine…

- D'une voix encore plus caressante, Nye continua.

- Imagine simplement, tu marches fièrement dans les couloirs de Poudlard et personne n'ignore qui tu es. Potter et Black te parlent avec animation et vous échangez ensemble, en riant. Tu es comme un frère pour eux, et même plus. Chaque décision qu'ils prennent, ils t'en informent. Imagine, tout le pouvoir que tu pourrais avoir…Les soirées de la haute bourgeoisie, Yule chez les Malfoy, Imbolc chez les Black et Beltaine chez les Lestranges ? Tu aurais ce que jamais Potter et Black n'ont eu…Quelque chose qui n'appartiendrait qu'à toi…

Peter déglutit.

- Allons, ça ne te tente donc pas ?

Bellatrix était le diable en personne.

- Et…Qu'est-ce…qu'est-ce que…que je devrais faire ? En échange ? Murmura-t-il, les yeux fixés sur ses chaussures.

Le sourire vainqueur de Bellatrix était encore plus douloureux pour Peter que d'avoir posé la question.

- Quelques menus services. Rien de bien méchant. On pourrait avoir besoin que tu nous expliques comment échapper aux profs par exemple ou que tu nous dises ce que Reece sait…Vous semblez plutôt liés tes…amis et lui.

- Vous êtes complètement fous…Qu'est-ce qui peut bien vous faire croire que je vais accepter ?

- Allons Pettigrow, ne fais pas ton effarouché. On ne te demande pas de tuer quelqu'un. Ce n'est qu'un simple échange d'informations. Rien de dangereux.

- Je..je…

Mais que diable était-il bien sensé pouvoir répondre à ça ? Son cœur battait comme un fou au fond de sa poitrine et il commençait presque à voir des étoiles noires. Nye s'approcha de lui, posa sa main sur son épaule dans un geste que Peter supposa rassurant mais qui, au contraire, ne fit que l'inquiéter davantage et interrompit le fil de ses pensées.

- Pettigrow…Ton problème est que tu réfléchis trop. Mais soit, on va prendre ça en considération. On va te laisser quelques jours pour que tu puisses prendre un peu de recul. On reviendra vers toi plus tard.

Le Griffondor hocha la tête avec frénésie au point qu'il sentit ses cervicales craquer douloureusement. Bellatrix eut un sourire narquois mais n'ajouta rien et Peter se retrouva rapidement seul. Il dut s'accouder contre le mur le plus proche pour retenir ses jambes tremblantes et reprendre une respiration un tant soit peu normale. Ses pensées étaient toujours aussi embrouillées et il décida de marcher un peu. On lui avait déjà fait de telles propositions mais elles ne venaient d'aucun Mangemorts reconnus et puissants. Il pouvait refuser plus facilement. Mais là…Bellatrix et Nye ne lui laissaient que quelques jours et sa réponse, si elle était négative, ne serait pas aussi facilement acceptée.

Il ne se passa qu'une demi-heure avant que Peter ne fasse une autre rencontre impromptue et son cœur faillit ne pas résister à l'assaut d'émotions qu'il ressentit en voyant Eden Reece en face de lui. Il était toujours aussi perturbé et marcher ne l'avait absolument pas calmé. Au contraire, ses nerfs étaient de plus en plus tendus et il frôlait l'hystérie.

- Professeur ! Je..Heu…Non…Vous… !

- Vous ! S'exclama Reece presque en même temps que Peter commençait à bégayer. Non ! Pas encore ! D'abord Rogue puis Potter et Black ! Maintenant vous ! Ne serais-je donc jamais tranquille ? Rumina-t-il.

Mais Peter était si bouleversé par sa confrontation avec Bellatrix et Nye qu'il ne prêta aucune attention aux dires de son enseignant. Il continuait tant et si bien à bégayer des mots sans queue ni tête qu'il finit par réduire Reece au silence et à susciter sa curiosité.

- Monsieur Pettigrow ? Tout va bien ?

Peter fit alors la seule chose qui lui sembla logique et adaptée à la situation : il tenta de fuir. Mais Reece était bien plus rapide que lui et sa main sur le col de sa chemise le tenait bien trop fermement pour qu'il puisse réellement courir loin de lui. Il couina faiblement, d'un cri de souris piégée, et se débattit comme il put. Reece le traîna alors sur quelques mètres, l'installa sur une chaise, le lâcha puis lui fit avaler quelque chose et ce ne fut que plusieurs et longues minutes plus tard, que Peter se calma complètement.

Il était à l'infirmerie. Madame Pomfresh le dévisageait d'un air inquiet, plusieurs potions à la main et Reece était à ses côtés, une main sur son épaule, le visage grave.

- Peter ? Est-ce que vous allez bien ?

Il acquiesça honteux, les yeux sur ses chaussures.

- Vous m'avez donné une potion calmante ? Murmura-t-il.

- Oui. Vous sembliez en avoir grand besoin. Il y eu une minute de silence. Peter, écoutez-moi, je ne sais pas ce qui s'est passé mais si vous voulez en parler, je suis là. Madame Pomfresh est là aussi et même le professeur Dumbledore si vous le souhaitez. Je pense que vous avez besoin de vider votre sac et si vous ne voulez vous confiez à aucun d'entre nous, nous pouvons faire appel aux services d'un psychomage.

Peter n'osa même pas répondre et Reece se contenta de son silence. Pomfresh les laissa seuls pour aller s'occuper de ses autres patients.

- On…On m'a proposé…quelque chose, chuchota-t-il. Quelque chose de très tentant mais de très effrayant. Rien que l'idée me met dans un état…Il soupira.

Ses mains tremblaient encore un peu. Un peu gauche, il les tint fermement serrées l'une contre l'autre tout en espérant que Reece ne l'ait pas remarqué. En réalité, maintenant qu'il y réfléchissait un peu plus calmement, ce n'était pas tant la proposition de Bellatrix qui l'avait mis dans cet état que le fait d'avoir réellement pu considérer d'accepter sa proposition. De devenir un traître. Cumulés aux informations de ces deux dernières semaines, Peter avait complètement craqué. Cela faisait trop pour lui.

Reece s'installa sur une chaise juste en face de lui. Le lit d'hôpital sur lequel il était installé était un peu plus grand que la chaise si bien qu'en étant assis dessus, il dominait Reece de plusieurs centimètres. Peter apprécia l'idée de dominer la situation, d'être le maître de la conversation bien qu'il se douta que Reece l'ait fait exprès.

- Depuis que je suis tout petit, j'ai toujours été d'une nature assez timide et réservée. J'ai deux grands frères moldus pour qui tout réussit, ils ont fait de grandes études, ont un travail qui rapporte et des épouses magnifiques. Moi j'étais l'accident. Mes parents n'avaient pas prévu d'avoir un troisième enfant, surtout douze ans après le dernier. Mais ils m'ont gardé. Ils m'ont aimé et chéri et mon enfance a été paisible. Mais même sans le dire à voix haute, je savais que mes parents ne cessaient de me comparer à mes deux frères. Je n'étais pas aussi doué en sport, pas aussi intelligent, encore moins débrouillard qu'eux…Et finalement, j'ai reçu ma lettre de Poudlard. J'ai pensé que…Peut-être…et bien que c'était là le moyen que j'avais de me démarquer de mes frères. Mais quand je suis arrivé ici en première année…Il y avait James, Sirius, Bellatrix était déjà là, Narcissa aussi, Arrington Plumpton aussi doué en Quidditch que son père et aussi populaire que lui…Je me suis rendu compte que je ne pourrai jamais rivaliser avec eux.

Il sentit ses yeux s'humidifier.

- Je ne sais pas par quel miracle j'ai pu devenir ami avec James, Sirius et Remus. Je pensais avoir enfin trouvé ma place mais…Je suis toujours dans leurs ombres. Je ne leur ai pas dit mais mes deux dernières petites amies ne sont sorties avec moi que pour pouvoir se rapprocher d'eux. Je sais que je ne suis pas le plus beau, encore moins le plus intelligent ou le plus drôle mais…J'ai d'autres qualités ! Je suis fidèle ! Je suis passionné ! Je ferai tout pour avoir ce que je pense mériter ! Et je pense que j'ai droit à une femme qui m'aimerait pour ce que je suis et un poste à la hauteur de mes compétences ! Je ferai tout pour protéger mes amis parce que, de toute ma vie, ce sont les seuls à m'avoir accepté. Je suis celui qui arrive à calmer Sirius et James quand ils se fâchent, c'est moi qui sait comment faire rire Remus chaque matin après la pleine lune…sans moi, ils n'auraient jamais été aussi bien renseignés sur Poudlard et ses élèves…J'ai des ressources !

Peter sécha rageusement les quelques larmes qui pointaient au coin de ses yeux.

- Mais parfois, j'ai l'impression que je ne suis pas reconnu à ma juste valeur. Que Sirius et James ne voient pas toutes mes qualités ! Et ces derniers temps…mes doutes reviennent de plus en plus souvent. Et tout à l'heure…Tout à l'heure…Bellatrix et Nye sont venus me proposer ce que j'ai toujours rêvé. Je sais qu'ils parlent bien, qu'ils sont persuasifs mais…ils m'ont dit ce que j'ai toujours voulu entendre…

Il se tut. De toute manière qu'est-ce que Reece pourrait y comprendre ? Ce n'était là que des atermoiements d'adolescents mal dans sa peau. Il devait probablement se dire que ça passerait avec le temps, qu'une fois adulte, il en rirait en compagnie de ses amis. Peter était déjà prêt à reprendre ses affaires et à partir mais Reece l'empêcha de se lever. Son regard était grave et cela glaça Peter au plus profond de son être. Reece l'avait écouté jusqu'au bout, il le prenait au sérieux.

- Peter…Je comprends ce que vous ressentez mais cette voie-là, ce n'est réellement pas celle que vous voulez prendre. Ce qu'ils vous ont promis. Poudre aux yeux. Ils vous utiliseront jusqu'à que vous ne leurs soyez plus d'aucune utilité puis ils vous jetteront. Je sais qu'il s'agit là de deux de mes étudiants et que je ne devrais pas être aussi partial mais il s'agit aussi de deux Mangemorts qui d'ici un an, une fois diplômés de Poudlard, seront de redoutables sorciers œuvrant pour Voldemort. Si vous acceptez leur offre, parce que je suis certain que ce qu'ils vous ont proposé n'est pas gratuit, vous acceptez de collaborer avec le Seigneur des Ténèbres. Vous acceptez qu'ils tuent des gens, les torturent sans pouvoir rien n'y faire. Vous acceptez qu'ils s'en prennent à vos amis sans que vous n'ayez ne serait-ce que la possibilité d'ouvrir la bouche pour les défendre. Si vous prenez ce chemin, il n'y aucun retour en arrière possible.

- C'est facile à dire pour vous. Si vous étiez à ma place, il vous aurait suffi de leur lancer un sortilège pour qu'ils vous laissent tranquille. Non, en fait, si vous aviez été à ma place, ils ne seraient même jamais venus vers vous. Vous auriez été un James ou un Sirius.

Reece eut un rire cynique.

- Je ne crois pas non. J'en suis même certain en fait, parce que l'on m'a déjà fait ce genre de proposition.

Peter haussa les sourcils, sceptiques.

- Vraiment ? Murmura-t-il.

- Oui, confirma-t-il. Et je n'avais que onze ans. L'homme qui a tué mes parents m'a proposé de le rejoindre. Il m'a promis richesse et pouvoir. Célébrité et puissance. Je n'étais qu'un petit garçon qui n'avait jamais réellement été aimé par quelqu'un. Mon tuteur était sympathique mais je n'étais pas son fils, ajouta-t-il comme s'il se rappelait qu'il fallait que son histoire colle avec celle que les autres connaissaient. J'y ai sérieusement réfléchi…J'ai même été tenté d'accepter, juste pour avoir la paix.

- Et qu'est-ce que vous avez fait ?

- J'ai refusé. Il fit une grimace. Mais, il a tenté de me tuer juste après.

- Vous voyez ! S'exclama Peter après un soufflement insolent. Si je refuse, ils essayeront aussi de me tuer. Vous l'avez dit vous-même, ce sont des Mangemorts ! Comment je pourrais ne serait-ce que penser à leur dire non ?

- Parce que, contrairement à moi, vous n'êtes pas seul. Vous avez des amis qui seront là pour vous. Peter, vous avez un complexe d'infériorité assez proéminent. Mais ce n'est pas parce que vous n'avez pas les mêmes qualités que vos amis, que vous êtes moins bien qu'eux. Ils seront là pour vous épauler et vous protéger comme vous le faites déjà. Et sachez, que les autres professeurs et moi-même empêcheront quiconque de s'en prendre à vous.

Peter avait désespérément envie d'y croire. Il détourna son regard de son professeur.

- Peut-être. Je vais réfléchir.