Voilà la dernière partie...
Bonne lecture !
Scène 4, partie 6 : (anything hurts less than) quiet
L'été arriva et puis passa.
Ventus passait le moins de temps possible avec Sora. Il ne souhaitait pas le voir, pas penser à ce qui les liait, à tous ces nœuds de problèmes, aux paroles cruelles de Vanitas, qui le terrifiaient.
Son excuse était valable.
« C'est que, tu comprends, Terra et Roxas sont rentrés pour les vacances. J'aimerais bien profiter un peu de mon meilleur ami et de mon frère. »
Sauf qu'il n'avait jamais été très proche de Roxas, et que Terra se plaignait également de ne pas le voir aussi souvent qu'auparavant. Il le croyait avec Sora.
Ven n'avait l'impression de pouvoir respirer que dans la Zone. Même Terra et Aqua ne comprenaient pas tout à fait. Ils le pensaient heureux, à peu près autant qu'eux, ou davantage.
L'été passa et ils entrèrent en Terminale. Nouvelles classes, et une masse conséquente de travail. À ce moment, Ven trouva d'autres excuses; leurs horaires différents, trop de choses à réviser, la fatigue...
Ils se voyaient toujours, mais Ven évitait que ce soit seul à seul. Il ne pouvait pas toujours y échapper, cela dit. Ça aurait fait suspect. Ça se passait plutôt pas trop mal. Il trouvait qu'il faisait bien illusion. Il écoutait Sora parler, il riait à ses blagues. Ce n'était pas si difficile de faire semblant d'aller bien.
Il savait qu'il n'arriverait pas à éviter Sora continuellement. Ils étaient liés, il ne pourrait pas passer toute sa vie à lui mentir... Mais même lui ne connaissait pas la vérité sur ce qu'ils étaient, au juste. Il se trouvait toujours aussi confus qu'au premier jour.
Qu'est-ce qu'il voulait ? Et qu'est-ce que Sora voulait ? Comment s'en assurer, lorsqu'ils se trouvaient pris au piège d'un avenir décidé pour eux ?
Dans la Zone, on lui conseillait de tout lâcher.
Presque tout le monde tenait ce discours, hormis Demyx. Seulement, Demyx n'aidait pas tellement, en lui répétant simplement que ça allait s'arranger, comme si les soucis allaient se régler comme par magie ! Il ne pouvait pas savoir, Demyx. Il attendait toujours son âme-soeur, persuadé que tous ses problèmes s'envoleraient par magie au moment où il poserait les yeux sur lui. Même s'il en aimait d'autres en l'attendant, il croyait dur comme fer à son conte de fée. Parce que c'est ce qui est censé se passer, pas vrai ?
Un trimestre passa ainsi.
Un jour, il pleuvait, et Ven relisait sa dissert' de philo chez Sora en attendant que l'averse se calme, pendant que ce dernier jouait à la console.
« Sora ?
-Huuuum ?
-Est-ce que tu m'aimes ? »
Le garçon leva ses yeux bleus vers lui, derrière ses mèches châtain. Un faux sourire. Ventus les reconnaissait, depuis le temps.
« Bah, on est âme-soeurs, non ? Tu le sais très bien. »
Ça voulait dire non.
Il n'attendit pas la fin de l'averse avant de s'en aller.
« Non mais merde, Ventus. Tu cherches là, aussi ! Tu peux pas ignorer nos conseils et puis venir chialer dans nos pattes quand ça va pas ! »
Sauf que les conseils de Vanitas se résumaient souvent à « largue-le ». Cela dit, Ven ne savait pas vers qui d'autre se tourner. Parce que ses parents pensaient que tout allait bien, et Terra pensait que tout allait bien, et Aqua pensait que tout allait bien. Au moins, Vanitas et Demyx pouvaient comprendre, un peu, que ça n'aille pas.
Qu'il avait un peu le cœur brisé.
C'était pas une expression, au final.
« Allez, tu t'es peut-être trompé ! s'exclama Demyx. Il peut pas mentir, vous êtes liés.
-C'est ça le problème ! se récria Ven à travers ses sanglots. On est liés, alors il est obligé de dire qu'il m'aime ! »
Et il pensait l'aimer, sûrement. Mais ce n'était pas vrai, parce qu'il n'avait pas dit « oui, je t'aime pour ce que tu es », ou quelque chose de semblable. Il avait dit « on est âme-soeurs, non ? ». Et ça puait l'obligation. La dictature de l'amour, comme disaient certains dans la Zone.
Sans s'en rendre compte, il se retrouva dans les bras de Demyx à sangloter comme un enfant. Il se sentait ridicule. C'était une étreinte amicale, et beaucoup moins bien qu'avec Sora, mais ça restait agréable, la chaleur de quelqu'un qui se trouvait là pour lui. En face, Vanitas fronçait le nez.
« Je t'avais dit. T'as pas besoin de ce connard.
-Si, parvint à gémir Ven. Si, parce que moi, je l'aime pour de vrai. »
Et il fallait que l'univers s'écroule pour qu'il l'admette enfin.
Paradoxalement, à partir de là, les choses parurent s'arranger un peu.
Oh, ça faisait mal, terriblement mal, mais, soudain, Ventus acceptait la situation. Il ne se posait plus de questions, le stress ne le rongeait plus comme une gangrène. Sora ne l'aimait pas, mais lui si. C'était douloureux, mais calme, dans son esprit. Ses pensées ne bourdonnaient plus.
Il préférait prendre conscience de ça plutôt que de porter cet espèce de poids sur les épaules, celui du regard des autres et celui de son propre conflit interne.
Quand bien même, il se demandait vraiment comment se tirer de là. Un jour viendrait, de plus en plus proche, où il faudrait qu'il en parle avec Sora. Mais est-ce que son ami parviendrait à ouvrir les yeux sur la situation ?
Et puis, il ne voulait pas le perdre. Demyx disait qu'on se remettait d'une peine de cœur, mais Ven était persuadé du contraire. Comment une souffrance aussi profonde, aussi ancrée en lui, pourrait-elle jamais s'effacer ?
Et cette histoire d'âme-soeur, alors ? Est-ce que c'était vrai, au final ? Si Sora ne partageait pas ses sentiments, sans doute que non... Alors, quoi ? Il s'agissait réellement d'une manipulation du gouvernement, comme le clamaient haut et fort certains membres de la Zone ? Ou est-ce qu'il s'agissait simplement d'une erreur des Moires, cette fois-ci, une de leurs rares anomalies ?
Trois fois en un siècle, peut-être quatre.
Non, il n'allait pas bien, mais à présent, il savait. Il comprenait. Et sa relation avec Sora lui semblait soudain plus saine, étrangement. Même physiquement, il y voyait plus clair, et il parvenait à s'admettre son attirance pour son ami, sans que tout ça ne lui paraisse immensément compliqué. Il ne paniquait plus lorsque Sora le touchait, intentionnellement ou non, et il parvenait à se laisser aller dans le contact, à le prendre pour ce que c'était, une démonstration d'affectation et rien de plus.
Il aurait voulu plus. Il en rêvassait un peu, parfois, avec un sentiment d'amusement amer. Il imaginait comment ce serait, d'envoyer valser son image de gentil garçon et puis de plaquer Sora contre un mur pour l'embrasser sur la bouche, ou l'inverse. Il en avait envie, maintenant. Il en avait toujours eu envie sans réussir à se l'avouer, de ça et de plus encore...
Il pourrait avoir plus. Il savait très bien que, s'il prenait l'initiative, Sora ne le repousserait pas. Puisque ça devait se passer ainsi. Il le savait et il ne tentait rien. Il se souvenait d'un baiser fort désagréable, du malaise ressenti, et il ne voulait pas faire subir encore pire à son âme-soeur.
Il ne l'évitait plus. Il ne mettait plus cette distance étouffante entre eux. Il pleurait souvent, le soir, quand personne ne le voyait, ou bien lorsqu'il se rendait dans la Zone. Il ne serait jamais avec Sora. Ou bien si, et ce serait encore pire, parce que ce serait un mensonge, vu que Sora ne l'aimait pas.
Il se sentait perdu.
Pour ne rien arranger, il reçut un appel de Roxas. Son frère ne l'appelait jamais. Plus maintenant, depuis qu'ils ne vivaient plus sous le même toit. Ils n'avaient jamais été proches, et ça aussi, peut-être, il le devait à Sora, maintenant qu'il y pensait.
Il avait passé toute son enfance avec son âme-soeur. Il ne parvenait même pas à se souvenir de sa vie avant lui. Son existence commençait avec Sora, et il n'y avait jamais eu de place pour ce grand-frère peu bavard, qui les regardait jouer de loin, d'un œil sombre.
« Ventus ! J'ai besoin de toi plus que jamais ! »
Bah bien sûr... Plus que jamais, c'était pas grand-chose, pour eux. Ven se mit à sourire, presque amèrement.
« Bonjour mon frère chéri, ironisa-t-il, je vais bien, merci de t'en inquiéter.
-Hm, pardon, bonjour, répondit Roxas d'un ton nerveux. Excuse, mais c'est plutôt urgent. C'est à propos de mon âme-soeur, tu vois ? Axel. Les parents doivent t'avoir dit.
-Ah. Je t'écoute. »
Oui, Ven était au courant. Ses parents ne parlaient plus que de ça, et de la décision, soi-disant idiote, de leur fils d'attendre quelques jours avant de revoir son âme-soeur, pour apprendre à se connaître via SMS. Ventus n'en pensait pas grand-chose. Il espérait juste que tout se passerait bien pour Roxas.
Mais pourquoi est-ce qu'il se tournait vers lui ? Vu son ton alarmiste, ce n'était pas simplement pour lui annoncer la grande nouvelle.
« Ben... J'hésite. Ça s'est passé comment, pour toi ?
-Comment ça ?
-Me le fais pas dire à voix haute ! Tomber amoureux, patate ! »
Ouch. Ça lui fit un coup désagréable, comme chaque fois que quelqu'un évoquait Sora. Et puis, tomber amoureux ? Il ne savait pas. Ça s'était fait à son insu, alors qu'il était trop occupé à se soucier du regard des autres.
« Si tu es désagréable, je raccroche » rétorqua Ven.
Il ne se sentait pas d'humeur pour ça, vraiment. Il regretta aussitôt ses paroles, mais... Eh bien, l'agacement l'emportait, cette fois.
« Bon, désolé, ça te va ? Pardon mec mais je suis en détresse, là, un peu. »
Silence. Ils ne se parlaient jamais. Ils ne s'entraidaient jamais. Et la seule fois où il venait vers lui, c'était pour ça ?
« Je sais pas quoi te dire, moi... »
Il aurait réellement, sincèrement aimé répondre à ses questions, lui être utile, au moins une fois dans sa vie.
Il se sentait nul. Très, très nul, et au fond du trou, et il se demandait s'il n'allait pas fondre en larmes. La dernière chose dont ils auraient besoin tous les deux, franchement.
« S'il te plaît, Ven ! lui fit Roxas d'une voix implorante. C'est tout nouveau, pour moi. Je sais pas comment faire, tout ça, les trucs de couple. Et... »
Mais Ven non plus, il ne savait pas.
« Tu pourrais me raconter comme ça s'est passé, pour lui et toi ?
-Tu crois vraiment que je m'en souviens ? J'avais quatre ans quand je l'ai rencontré. C'est trop particulier pour que tu puisses en tirer quoi que ce soit. »
Ce qui n'était pas un mensonge. Mais qui n'aidait pas.
« T'es pas mon frère, t'es adopté.
-Je t'aime aussi Roxy.
-C'est ça. Bisous.
-Bisous ! »
Pfff...
« T'as pas oublié de faire tes papiers d'inscription pour la fac, dis ? plaisanta Ven.
-Non, non...
-T'as pas l'air dans ton assiette.
-J'ai pas oublié. Je les ai remplis. Je savais pas comment te le dire. »
Ventus cligna des yeux. Sora s'exprimait vite, avec nervosité. Ça ne lui ressemblait pas.
« Comment ça ?
-Euh, tu sais, je vais étudier l'anglais.
-Oui, je suis au courant, quand même.
-Beh euh. Ça se pourrait que j'ai demandé à faire ma première année en Erasmus ? »
Oh.
Ah.
« Tu... Tu vas partir à l'étranger ?
-En Angleterre, précisa Sora avec un petit sourire d'excuse. T'es pas fâché ? »
Fâché, ce n'était pas le mot. La terre s'ouvrait sous ses pieds. Pas de Sora pendant un an. Autant dire une éternité.
« Bah, eh, tu fais ce que tu veux, non ? Je veux dire, si tu veux vraiment y aller, pourquoi je te retiendrais ? »
Pas de Sora et pas de sourire et de bavardage et personne pour jouer avec ses cheveux et pas de Sora.
« Je sais ! Mais euh, j'avais peur que tu le prennes mal. C'est long un an. Enfin, dix mois. Je veux pas... Pas que tu penses que...
-Eh. Je veux juste que tu sois heureux. »
Ven se sentait horrible. Il se donnait envie de mourir. Il mentait. Un an. Comment est-ce qu'il pouvait se réjouir de ça ?
Mais il ne pleura pas, au moins. Déjà ça de gagné.
« J'en ai marre de tes conneries, Ventus, râla Vanitas. Genre il te ment et toi tu dis rien ?
-Pour sa défense, faut dire que je suis pas très honnête avec lui non plus.
-Rapport à quoi ?
-Oh, j'sais pas, à cet endroit ?
-T'as le droit d'être là.
-Et il a le droit de partir ! »
C'était dingue. Il parvenait à défendre Sora, à croire en ce qu'il disait, lorsqu'il le défendait contre Vanitas. Et pourtant, il lui en voulait pour les mêmes exactes raisons que son ami pointait du doigt. Il n'en revenait pas de se montrer aussi égoïste ! Oh, il faisait bien semblant, mais au fond de lui, il se noyait dans sa détresse...
Mais voilà encore une preuve que Sora n'éprouvait aucun sentiment pour lui, non ? Il ne pourrait pas supporter une telle séparation, autrement. Ven le savait, parce qu'il n'allait certainement pas le supporter, lui. Il avait l'impression que son cœur allait cesser de battre au moment où l'avion décollerait.
Vanitas haussa les épaules.
« Écoute, j'sais pas quoi te dire. Arrête de nous pleurer dessus si t'écoutes pas ce qu'on a à dire.
-Pardon. Je sais que j'suis pénible. J'ai juste besoin de quelqu'un à qui parler.
-J'sais. Mais ça me soûle, ton histoire. C'est à s'arracher les cheveux. »
Il jeta un coup d'oeil vers son propre compte à rebours, et Ven se sentit soudainement coupable. Il faisait peur à son ami, avec tous ses problèmes.
« Désolé.
-C'est rien.
-Tu sais, Vani, tu peux me parler aussi, si ça va pas. Pour n'importe quelle raison.
-Je sais.
-Vraiment. Ça me ferait plaisir.
-Je sais. »
Il ne comptait pas là-dessus, évidemment. Mais Ven voulait juste s'assurer qu'il soit au courant.
Ventus regardait par la fenêtre son vieux télescope qui prenait la poussière. Il aimait toujours autant les étoiles. L'an prochain, il partait en licence de sciences et biologie, où ils proposaient une matière d'astronomie.
Mais le télescope... Il n'osait pas y toucher sans Sora. Ses parents râlaient un peu, pensant qu'ils l'avaient achetés pour rien, que leur fils s'était lassé. Mais non. Il aurait tellement aimé regarder à nouveau les étoiles...
Il sourit. Et puis, pourquoi pas ? Tout se passerait bien.
Il prit son téléphone.
« Ouais, So' ? Ça te dit de venir dormir à la maison ce week-end ? La météo dit que le ciel sera clair, on peut dépoussiérer notre vieil ami. »
« Ça m'avait trop manqué ! » avoua Sora avec un sourire de contentement.
Ven ne put que rire, contaminé par sa bonne humeur. Il faisait beau et il avait le cœur léger, quoiqu'avec un léger pincement. Triste mais heureux quand même. Toujours abîmé, mais après tout, il allait devoir s'y habituer... Et ce soir, il ne devait pas penser à ça. Il ne devait penser qu'aux étoiles et à la présence de Sora à ses côtés. Comme avant.
Le seul bémol, qui avait failli lui faire annuler la soirée, avait été sa mère. Elle ne comprenait pas pourquoi Ven faisait tout un foin pour qu'ils ressortent le vieux matelas gonflable. « Enfin, voyons, tu ne vas demander à Sora de dormir sur ce truc, vous êtes bien assez grands ! » Après, elle avait essayé de lui faire parler de sexe, demandant s'ils l'avaient déjà fait ou non, si ça se passait bien, et Ven n'avait répondu à rien, se contentant de réclamer obstinément le matelas.
Elle allait lui en vouloir de se montrer aussi borné, de ne pas daigner lui expliquer ou se confier à elle... Et elle ne pensait pas à mal. Elle s'imaginait sûrement qu'ils avaient déjà fait ça, l'après-midi, la porte fermée, et que voilà. Mais ce n'étaient pas ses affaires.
Il avait peur que Sora songe à la même chose. Mais lorsqu'il verrait le matelas, il comprendrait, non ? Et il serait peut-être soulagé, puisqu'il ne l'aimait pas.
Ils réglèrent les coordonnées du télescope à leurs points d'observations préférés, les anneaux de Saturne et certaines constellations. Même Sora, qui oublierait sa tête si elle n'était pas accrochée à ses épaules, s'en souvenait encore, et Ven manqua d'en pleurer de joie.
Ils parlèrent de tout et de rien en même temps, comme si le monde extérieur n'existait plus, comme si rien n'avait plus d'importance. Et ça n'aurait pas dû en avoir, le reste, tout ce qui n'était pas eux. Ça n'en avait pas, avant, mais ils avaient dû grandir...
Puis, assis sur le carrelage frais de la terrasse, ils regardèrent le ciel à l'oeil nu. On distinguait nettement moins les étoiles, comme ça, à cause de la pollution lumineuse, mais ce n'était pas mal non plus. L'immensité du ciel, de l'univers au-dessus d'eux, se faisait davantage sentir. Cette même étendue qui, enfants, leurs faisaient se dire « wouaaah » tandis qu'ils consultaient les livres d'images sans lire les textes descriptifs. Ils faisaient partie d'un tout beaucoup plus vaste, fascinant, qui leur donnait le vertige et les attirait.
Ven se sentait à sa place dans l'univers. C'était tout bête, vraiment, et tellement compliqué, de juste faire abstraction des mauvaises choses !
« On regarde quoi, maintenant ?
-Orion ? proposa Ven.
-Allez. »
Il s'accroupit pour régler les roulettes de l'appareil sur les coordonnées de la nébuleuse, entendant vaguement Sora s'asseoir dans l'herbe juste à côté, et sentit son regard le fixer. Il releva des yeux intrigués vers son ami.
« So' ? »
Il ne répondit pas, continuant de le fixer avec une gravité qui ne lui ressemblait pas, parce que rien ne paraissait jamais grave aux yeux de Sora. Et il était beau, comme ça. Il paraissait plus mature. Il était beau tout le temps, en fait, et Ven se demanda comment il avait pu en douter tout ce temps tellement ça crevait les yeux.
Il dut voir quelque chose dans son expression, comme une autorisation, puisqu'il rapprocha alors son visage du sien.
Ventus se recula précipitamment, son cœur loupant un battement, et puis se mettant à accélérer de façon déraisonnée. Non. C'est pas vrai, pas encore !
Il ne voulait que passer une soirée comme avant, sans se soucier de leurs sentiments, sans se sentir piégé par ce lien qui les liait ! Sans parvenir à s'en empêcher, il laissa échapper un sanglot, et puis des larmes et se détourna. Il préférait ne pas voir la réaction de son âme-soeur face au rejet.
« Ven ? »
Sa voix sonnait angoissée, presque catastrophée. Évidemment. Ven tenta de s'essuyer les yeux, mais d'autres larmes venaient prendre la place des anciennes. Il lâcha, pitoyable :
« Pourquoi tu gâches toujours tout ?
-J'suis désolé... Je pensais pas... Je comprends pas. »
Bien sûr. Comment est-ce qu'il pourrait comprendre ?
Bon sang, la douleur... Il avait l'impression qu'on lui arrachait le cœur. Et il ne pouvait pas s'empêcher de pleurer, pas regarder Sora en face, pas comme ça. Il l'avait déjà vu pleurer avant, évidemment, mais jamais par sa faute. Et jamais pour ça. Ça n'aurait pas dû le rendre triste. Et bien sûr, qu'il mourrait d'envie d'embrasser Sora, mais pas de cette manière ! Pas avec ce contexte et ce compte à rebours qui avait pris la fuite depuis longtemps, et pas si Sora ne l'aimait pas !
Il sentit alors des bras autour de lui et s'en voulut de se sentir aussi rassuré par la chaleur de l'autre. Il ne devrait pas en profiter ainsi, et pourtant... Il posa sa tête contre son épaule et se laissa aller. Les larmes ne semblaient pas prêtes à s'arrêter. Il ne parvenait pas à les stopper, et sans doute qu'il ruinait le t-shirt de Sora, là. Bah, bien fait pour lui, après tout !
« J'suis désolé » répéta Sora, et Ven ne parvint soudain plus à lui en vouloir.
Il paraissait sur le point de pleurer, lui aussi, et son ton empreint de stupeur.. Il ne devait pas s'y attendre. Bien entendu, pourquoi son âme-soeur le repousserait-il ?
S'il savait.
« Faut qu'on... qu'on parle » parvint-il à marmonner à travers sa gorge enrouée.
Il sentit son ami hocher la tête contre ses cheveux et résista à l'envie de se blottir davantage contre lui. Qu'est-ce qu'il allait pouvoir lui dire ? Comment justifier tout ça, toutes ces années d'attente pour rien du tout ? Il allait devoir lui faire prendre conscience de la situation, et Sora n'allait pas saisir son propos, parce qu'il vivait depuis toutes ces années selon la perspective de qu'on lui avait inculqué toute sa vie !
Doucement, lorsqu'il parvint finalement à tenir ses flux lacrymaux tranquilles, il se détacha de l'autre et croisa son regard, un mélange d'inquiétude et de peur et de tristesse. Ils se levèrent pour entrer dans la maison, où heureusement tout le monde dormait, et marchèrent en silence dans l'escalier sombre, jusqu'à la porte, que Ven referma en silence. Sa chambre, baignée de clair de lune, avec le matelas gonflable au pied de son lit.
Ce foutu matelas. Il le vit et se remit à pleurer, sans réussir à s'expliquer pourquoi, silencieusement pour ne pas réveiller ses parents. Ce putain de matelas !
Il sentit la main de Sora saisir la sienne et le guider avec douceur jusqu'au matelas, puis s'asseoir en tailleur en face de lui.
« Pardon, fit-il encore. Mais, Ven, j'y comprends rien... Je... Je veux pas te forcer à quoi que ce soit, mais... »
Il s'interrompit, plein d'incompréhension, blessé. Ventus sécha encore ses propres larmes, inspirant profondément pour se calmer. Ridicule. Il se trouvait ridicule.
« So', écoutes... J'pense pas que ce soit une bonne idée.
-De... ?
-Je pense pas que tu voulais réellement m'embrasser et je pense pas que tu m'aimes pour de vrai. »
Il avait eu du mal à le dire, et maintenant, une fois les mots sortis, il respirait un peu mieux, comme si ça lui obstruait la gorge depuis une éternité.
« Mais bien sûr que si ! Comment tu peux penser le contraire ? Ven, enfin, on est â-
-Arrête de dire ça ! Écoute-moi ! »
Zut. La tête lui tournait. Il inspira fort à nouveau. Ça n'allait pas. Il ne voulait pas faire ça. Il ne voulait pas le perdre.
« C'est juste... Tu vois, tout le monde attend qu'on soit finalement ensemble, et la plupart des gens pensent qu'on l'est déjà... Et depuis qu'on est tout petits, ils n'attendent que ça ! Même à l'école primaire, on nous charriait déjà ! Est-ce que tu te rends compte ? Quand on est gosse, on pense pas à tous ces trucs ! Moi en tout cas, j'y pensais pas...
-Moi non plus, murmura Sora. J'veux dire, je savais bien que ça arriverait un jour...
-Oui. Vu que tout le monde nous répétait que ça allait arriver. Et ça t'a jamais dérangé, je le vois bien. Mais moi, quand on nous embêtait avec ça, je...
-Mais c'était pas méchant.
-Quand même. »
Sans doute pas, non, ça ne partait pas d'une mauvaise intention, tous ces camarades de classe qui les taquinaient, juste parce qu'ils le pouvaient. Mais leurs tons pleins de moqueries, et puis le nombre de remarques... Ça s'accumulait, et rien que d'y repenser, Ven sentit l'angoisse lui étreindre la gorge de nouveau.
« J'veux dire, non, mais, ça pèse, tu vois ? Ça et la famille, les parents, qui faisaient des projets d'avenir à notre place... J'ai... J'ai mis du temps à me rendre compte de ce qui clochait, mais c'est toutes ces attentes ! J'me sens piégé.
-Par moi ?
-Non. Oui. Je sais pas. »
Sora eut un mouvement de recul. Ven regretta aussitôt ses paroles. Même dans le noir, il sentit toute la peine qu'il venait de causer à son âme-soeur.
« C'est pas ta faute ! se reprit-il. C'est ce compte à rebours. C'est le...concept.
-Le concept ?
-Les âme-soeurs, tout ça. C'est comme si on avait pas le droit de décider tout seuls. »
Il guetta la réaction de l'autre, compta ses respirations. Il ne voyait son visage qu'en nuances de gris et bleu lunaire. Sa main se trouvait toujours dans la sienne, et elle tremblait très légèrement.
« Ok, finit par lâcher Sora. Je... Je me rends pas compte de tout, mais je vois que ça t'a fait souffrir. J'ai jamais vu les choses comme ça... Mais, Ven, merde, même au-delà de ça, et nous deux, alors ? T'aime pas être avec moi ? »
Ventus hocha la tête. Ça lui faisait mal, de lui faire du mal. Et, quelque part, égoïstement, ça lui faisait du bien. De tout dire, d'enfin avoir une chance qu'il se rende compte, et d'un peu lui communiquer toute la détresse qu'il causait indirectement, sans le faire exprès. Toujours sans le faire exprès.
« Si, bien sûr que si ! Tu te souviens, quand on était enfants ? On était inséparables. On pensait à rien. Littéralement à rien. Ça me semblait tellement naturel, à l'époque, d'être avec toi ! Et puis on a eu d'autres amis... On a commencé à faire des choses l'un sans l'autre. En y repensant, je crois que ça m'a un peu brisé le cœur. »
Un petit rire de sa part, autant de nostalgie que d'autodérision. Un silence en face de lui.
« Qu'est-ce que tu racontes ? souffla alors Sora. C'est toi qui a commencé, en traînant avec Terra.
-Quoi ?
-Tu me parlais toujours de lui. J'étais jaloux, tu peux pas imaginer ! »
Ça le sécha tout net sur place.
« Vraiment ? Je pensais pas. J'étais jaloux de Riku et Kairi, moi !
-T'es ami avec eux aussi » répliqua-t-il naïvement.
Un sourire hésitant vint fleurir sur les lèvres de Ventus.
« Tu sais très bien que c'est pas la même chose... »
Et Sora ne nia pas. Il devait le sentir aussi, que l'amitié qui les liait tous les trois excluait un peu Ven. Ils l'appréciaient aussi, mais leur lien ne tenait aucune comparaison.
« On pouvait pas non plus vivre dans une bulle toute notre vie, fit observer son âme-soeur d'un ton dubitatif.
-J'suppose que non. Seulement, avant, c'était comme ça et... c'était bien. Avec le recul, je... j'pense que c'était malsain. Les parents auraient jamais dû nous rendre aussi dépendants l'un de l'autre. J'ai eu du mal à m'habituer à te partager. Beaucoup de mal. »
Il le formulait en mots pour la première fois, mais il y avait souvent songé, en ressassant tout ce qui clochait, tout ce qui n'allait pas dans sa vie, dans ses sentiments. Et même en le sachant, il n'arrivait pas à regretter son enfance avec Sora, leur cohésion d'alors. S'ils avaient pu rester des enfants pour l'éternité...
« Je saisis l'idée » murmura son ami.
Sa phrase resta en suspend entre eux. Ventus hésita à parler de l'adolescence, de sa confusion devant ces sentiments qui devaient changer, l'évolution de l'amitié enfantine jusqu'à l'amour, l'attirance physique, et tout qui allait trop vite autour d'eux, qui ne leur laissait pas le temps. Il ne parvint pas à l'exprimer. Ça restait trop intime, il se sentait toujours mal à l'aise à l'idée de lui parler de ce genre de choses. Ils n'abordaient jamais ce sujet.
« C'que j'essaie de dire, au final... poursuivit-il sans avoir aucune idée des mots qui sortiraient de sa bouche, c'est que depuis le début on nous force à être ensemble. So', tu t'es jamais dit que, peut-être, tu te persuadais qu'on devait s'aimer, juste parce que tout le monde nous as toujours dit qu'on devait s'aimer ?
-Bah, évidemment qu'on doit s'aimer... répondit-t-il, hésitant. C'est écrit.
-C'est ça le souci ! Tu vois pas le problème ? Une fois, tu m'as sorti que... que tu m'aimais puisqu'on était âme-soeur. Et ? C'est tout ? Est-ce que tu m'aimes parce que c'est le Destin ou bien est-ce que tu m'aimes pour... moi ? »
La fin se résumait à un murmure, plus faible que les battements de son cœur. L'obscurité aidait beaucoup. Dans cette semi-luminosité, tout paraissait moins réel, moins grave. Comme s'il ne risquait pas, d'un seul mot mal placé, de perdre celui qu'il aimait pour toujours. Il vidait son sac, parce que c'était maintenant ou jamais, et que jamais lui apparaissait comme un gouffre sans fond de détresse infinie.
« Tu me fais mal à la tête ! avoua Sora avec un rire gêné. Honnêtement ? Bordel, Ven, j'en sais rien. Les questions que tu me poses, ça m'a jamais effleuré.
-Je m'en doutais bien.
-Mais c'que j'sais... »
Il se pencha vers lui, et l'estomac de Ven se contracta d'appréhension. Il se tenait prêt à reculer, mais Sora ne fit qu'appuyer son front contre le sien. Ça le fit soupirer de soulagement et de surprise. De bien-être, aussi. Le contact restait agréable, même dans cette appréhension douloureuse.
« J'sais juste que je veux plus jamais te faire pleurer ! Et je sais pas si c'est le Destin ou autre chose, mais écoute, j'me sens affreusement mal depuis tout à l'heure. Je pensais pas que c'était possible d'avoir mal comme ça. J'ai trop peur que tu veuilles plus jamais me voir, et j'ai jamais, jamais pensé à ça de ma vie, et ça me terrifie ! Et je sais pas si c'est le compte à rebours ou autre chose, mais j'ai envie de passer tous les jours de ma vie avec toi, et ça c'est pas quelque chose qu'on peut me forcer à ressentir, si ? Et aussi, ça fait vraiment des années que j'ai envie de t'embrasser, mais je ferais jamais, jamais quelque chose que tu veux pas que je fasse ! Tout à l'heure dans le jardin, je pensais que toi aussi... J'me suis trompé. Écoute, j'suis désolé. Je sais pas pourquoi je t'aime, mais c'est comme ça, je t'aime, et j'ai pas envie de réfléchir plus loin que ça ! »
Il reprit sa respiration après sa longue tirade. L'esprit de Ven était vide. Il mourait d'envie de le croire. Il pensa à tous les gens de la Zone, ceux qui croyaient en l'amour et ceux qui n'y croyaient pas. Il pensa à son frère, perdu lui aussi dans ces histoires. Il pensa à Terra et Aqua qui n'avaient pas eu besoin de minuteur pour comprendre qu'ils éprouvaient des sentiments. Il pensa à tous ces gens pour qui le compte à rebours fonctionnait. Seulement trois erreurs en un siècle. Il songea que lui, il aimait Sora.
Le compte à rebours était une indication, pas une obligation. Une flèche pointée vers un individu, qui indiquait simplement que, s'il le souhaitait, cette personne qu'il rencontrait pourrait devenir le chose la plus importante de son existence. Il pensa au petit garçon avec qui il avait joué au pirate, plus de dix années auparavant.
Ç'avait toujours été lui.
« J'ai été si bête...
-Ven ?
-J'te demande pardon, So'. On s'en fiche, des autres. Ça les regarde pas.
-Ça veut dire... ? »
Il sourit. Ça lui apparaissait comme une évidence, à présent, tout ce qu'il s'empêchait de voir jusque là. Il pressa sa main dans les siennes.
« J'veux être avec toi. Tout le temps. Tous les jours. »
Il entendit l'autre rire, de surprise et de bonheur.
« Ok, fit-il. Ok. Eh, tu sais quoi ? L'an prochain. J'vais annuler ma candidature, pour l'Angleterre ! J'vais rester ici. C'est mieux qu'on rest-
-So'. Non. »
L'autre sembla surpris. Et Ven n'en revenait pas de prendre cette décision. Il avait rêvé que son âme-soeur revienne sur sa décision, lui dise qu'il ne partait plus, et à présent que ça arrivait... Il secoua doucement la tête.
« C'est ce que tu as envie de faire. T'as toujours voulu découvrir des trucs, des gens. Tu vas être comme un poisson dans l'eau, là-bas !
-Mais t'es plus important que ça !
-Et je serais encore là quand tu reviendras. J'attendrais. Sérieusement. Je le pensais, quand je t'ai dit que je voulais pas te freiner. »
Il savait que Sora prendrait la même décision pour lui. Il le connaissait suffisamment bien pour en être persuadé. La séparation lui faisait peur, un peu, encore. Mais ça irait. Ils tiendraient.
« Tu sais, annonça Sora en se reculant, j'ai encore un peu envie de t'embrasser.
-Juste un peu ?
-Ah, mais, prend pas ça pour une obligation ! Pardon, j'suis con, j'ai pas réfléchi ! On peut attendre, ça m'va ! Je... »
Cette fois-ci, ce fut Ven qui l'embrassa, et c'était un vrai baiser.
Cette nuit-là, ils n'eurent pas besoin du matelas installé par terre. Ils ne firent pas l'amour, mais restèrent dans les bras l'un de l'autre, malgré la chaleur de l'été. La simple idée de se séparer ne serait-ce que d'un pouce leur paraissait trop insurmontable.
« Qu'est-ce que tu fous là, alors ? » gronda Vanitas.
Ventus se contenta de soupirer tristement. Il s'y attendait. Il avait prévu un argumentaire, mais l'oublia au moment d'ouvrir la bouche.
« On est amis, non ? marmonna-t-il. Et puis, même si je suis avec mon âme-soeur, ça change rien. Marluxia et Larxène...
-On a pas besoin de gentil garçon parfait, ici, trancha durement l'autre garçon. La Zone, c'est pas pour les gens qui ont leur vie en ordre. »
La violence de sa haine lui coupa le souffle, si bien que ce fut Demyx qui le défendit. Demyx qui ne s'énervait jamais, peu importe la situation, et qui se retrouvait à présent à froncer les sourcils.
« Vanitas, arrête ! T'es qui pour juger de ça ?
-Non mais merde quoi, on peut pas le garder juste parce qu'il est sympa, non plus !
-Et pourquoi pas, hein ? La Zone t'appartient pas, tu sais ? T'as rien à décider. »
Il les dévisagea tour à tour, le visage plein de colère. Ven savait très bien qu'il allait réagir comme ça, en lui disant qu'il avait finalement décidé de rester avec Sora. Vanitas méprisait tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à une vie bien rangée. Et Ven aurait voulu l'aider, vraiment, à passer outre tout ça. Peut-être qu'avec le temps, il s'assagirait, mais en attendant...
Il le regarda se lever sans pouvoir rien faire.
« Vous m'avez soûlé. »
Et il s'en alla. Ven le regarda s'éloigner pour la dernière fois. Il savait qu'il ne le reverrait plus jamais. La main de Demyx se posa sur son épaule, chaleureuse et rassurante.
« L'écoute pas, va ! T'es toujours le bienvenu ! Ce sera le seul à te dire le contraire, ici.
-J'crois pas. Mais merci, Dem.
-De rien. Tu restes toujours mon pote ! »
Un an plus tard...
Devant le hall des arrivées, Ventus se rongeait les ongles, nerveux. Est-ce qu'il avait manqué à Sora autant que Sora lui avait manqué ? Est-ce qu'ils parviendraient à se retrouver comme avant ?
Son âme-soeur était parti effectuer sa première année d'étude à l'étranger. Lui, il était allé en licence de biologie, et il adorait ça. Il s'était fait des amis, tout un tas de personnes qui lui avaient paru comme une bouffée d'air frais.
Oh, Sora lui avait manqué ! Terriblement. Il y avait eu des soirs où son absence lui avait paru insupportable, où il aurait fait n'importe quoi pour se trouver à ses côtés, et il s'était retenu à plusieurs reprises de cliquer sur le bouton de confirmation d'achat pour des billets d'avion hors de prix.
Mais malgré tout... Ça leur avait fait du bien. À tous les deux.
Ils n'avaient jamais pu vivre sans l'autre, auparavant. Ventus avait trouvé le temps de travailler sur lui-même, de découvrir qui il était vraiment, sans la présence de son âme-soeur. De se retrouver. S'il devait le refaire, il recommencerait. Il avait tellement appris !
Et il n'était plus le même, plus tout à fait. Est-ce que Sora le reconnaîtrait ? Est-ce qu'il n'allait pas s'étonner de ses nouvelles expressions, de sa nouvelle sensation de liberté ? Est-ce qu'il l'aimerait toujours ?
Ses pas dans le hall de l'aéroport se stoppèrent lorsqu'il aperçut la silhouette caractéristique de son petit ami, ses cheveux en bataille, ses yeux bleus qui sondaient la foule à sa recherche. Alors, ses doutes s'envolèrent.
Il se mit à courir, sans réfléchir, sans prendre garde aux personnes qui les entouraient, et lui arriva dessus comme un boulet de canon. Sora poussa un cri de surprise, la première fois qu'il entendait sa voix pour de vrai depuis si longtemps ! Et Ventus, entre deux rires, trouva le souffle pour l'embrasser.
« Plus jamais ! marmonna-t-il contre ses lèvres. Plus jamais on fait ça ! »
Sora resserra son étreinte autour de lui. Il sentit son sourire contre son cou, respira son odeur encore familière.
« T'inquiètes ! La prochaine fois, je t'emmène avec moi.
-Encore heureux ! »
Il ne comptait plus jamais le lâcher.
Hum.
Avec le recul, je ne sais pas si c'est une fin satisfaisante. Je sais que certains pressentaient un bad end, mais boaf, je pouvais pas leur faire subir ça, à ces pauvres petiots ! Du coup ouais, je sais pas ce que vous en pensez. N'hésitez pas à commenter !
Pour ce qui est de la prochaine partie, ce ne sera pas pour tout de suite, j'ai envie de me concentrer sur d'autres fics avant, mais promis, ça viendra !
À plus !
