12: Feeding Hatred
Après ce jour, Helga, comme je l'avais pensé, s'est montrée serviable et d'une efficacité redoutable, pour quelque mission que ce soit. Bien sûr, sa présence n'est pas passée inapperçue de Dietrich quand il est revenu d'une longue mission d'espionnage pour nous voir prendre le thé ensemble. Oh, je n'étais pas dupe. Je voyais la haine dans le regard d'Eishexe chaque fois qu'elle me regardait, je voyais ces regards langoureux qu'elle lançait à Mein Herr à la moindre occasion. Ce que j'ignorais était si son attirance était purement physique, ou si, comme moi, elle était également éprise de la puissance que dégageait littéralement Cain comme autant de phéromones. En rétrospective, je crois qu'elle ignorait mon rôle exact et l'ampleur de ma tâche. Mais passons. Je disais donc que la présence de cette nouvelle recrue n'était pas passée inapperçue de Dietrich. Pour info, car je ne crois pas l'avoir mentionné précédemment, mon cher petit Terran avait grandi dans l'absence d'une quelconque présence féminine outre nos victimes, ou parfois nos contractants. Je crois même que si je devais faire un portrait de famille de son point de vue, je serais la "figure maternelle" et Mein Herr serait la "figure paternelle". Aussi donc n'a-t-il jamais véritablement eu conscience des différences entre hommes et femmes. Je n'avais pas perdu mon temps à tenter de lui enseigner des concepts qu'il n'aurait sans doute, de toute façon, pas compris avant d'être adulte, comme par exemple la galantrie. Il connaissait les différences physiologiques de base, mais pour lui tous sont égaux outre Mein Herr et moi: ils sont tous inférieurs, au mieux bons à le divertir pendant quelques temps. Me voir prendre le thé avec elle, en silence, dans le salon principal, lui a fait perdre ses moyens. Il en était complètement dérouté. Ainsi ce jour-là ai-je eu droit à un spectacle tout à fait rarissime alors qu'il est entré dans la pièce: l'incompréhension, la peur... et une touche de panique se sont livré bataille dans ses grands yeux couleur café alors qu'il s'est approché de moi avec hésitation. Comme un enfant craintif devant un étranger. C'est sans doute à ce moment que j'ai véritablement pris conscience de mes pulsions sadiques...
"Isaak? C'est qui cette fille?"
Une touche d'inquiétude et de jalousie? De mieux en mieux... Helga a relevé la tête, elle l'a vu. Elle l'a regardé un moment, puis ses yeux m'ont jeté un rapide regard que je n'ai pas pu déchiffré, et elle lui a souri. Pour ma part, je cachais un large sourire sadique et amusé, décidant de garder le silence en observant ce qui se produirait. Elle s'est levée et s'est approchée de lui.
"Bonjour, toi! Quel magnifique enfant tu es... Quel est ton nom, mon petit?"
Helga était tombée dans le piège de son physique, comme tant d'autres avant elle, mais mon jeune petit Dietrich était à ce point dépassé qu'à ce moment-là, même moi j'aurais eu peine à croire qu'il avait torturé, démembré et assassiné plus d'un millier de personnes si je ne l'avais pas déjà vu à l'oeuvre.
"Je... je suis Dietrich. Dietrich von Lohengrin..."
Et le petit mignon s'était même mis à bégayer. J'ignore encore à ce jour comment j'ai réussi à me retenir pour ne pas éclater de rire. J'ai regardé avec un amusement toujours grandissant alors que Helga se lovait contre lui et qu'elle regardait, avec un minimum de subtilité, sa gorge parfaite.
"Tu habites ici, dis-moi? Pourtant je ne vois pas de marques... Suis-je donc la seule à porter attention à un si joli garçon?"
J'ai alors choisi d'intervenir, avant qu'elle fasse l'erreur de profiter de sa déroute et qu'elle plante ses crocs dans ce qui m'appartient.
"Tout simplement parce que je ne suis pas du genre à ruiner mes jouets, Eishexe. Après tout le mal que je me donne pour qu'il conserve son physique angélique, pourquoi voudrais-je lui laisser de disgracieuses marques qui pourraient faire échouer de futures missions?"
"Missions!?"
"Eishexe?"
L'étonnement, la curiosité et la compréhension chassèrent le brouillard dans les yeux de Dietrich, qui se détendit et regagna son accoutumée nonchalance. Helga, elle, me dévisageait comme si une deuxième tête m'était poussée.
"Dietrich, voici notre nouvelle recrue, Helga. Je pourrai te briefer plus tard, si tu veux. Eishexe, voici Marionettenspieler, le plus haut gradé de l'Orden après moi-même. Je te prierais de garder en tête qu'il a été placé sous mon aile par Mein Herr lui-même et qu'il a très bien gagné la place qu'il occupe."
Dietrich s'était alors appuyé sur le dossier de ma chaise et avait tendrement passé ses bras autour de mon cou en ronronnant presque à mon oreille.
"Est-ce de la fierté à mon égard que j'entends dans ta voix, Isaak?"
Il a toujours été extrêmement friand de mon attention et de ma reconnaissance. Sans un mot de plus, j'ai alors pris congé, Dietrich sur les talons. Il m'a suivi en silence jusqu'à ma chambre. Même si le début de mon récit pourrait tendre vers le contraire, j'ai tendance à être pudique et à ne pas chercher à exhiber mes prouesses au lit devant n'importe qui. Je n'ai jamais aimé ou eu confiance en Helga. À vrai dire, elle est sans doute la source de mon malaise devant les femmes en général. Bref... Dès que la porte s'est refermée derrière lui, je l'ai violemment plaqué au mur et je me suis attaqué à son cou en lui arrachant ses vêtements. Un cri de douleur lui a échappé et en relevant les yeux, je me suis rendu compte que je n'en était pas la seule cause: Mein Herr était derrière lui, à moitié sorti du mur. Mes lèvres ont quitté la douce peau de mon délectable protégé et j'ai regardé avec fascination alors que Mein Gott le forçait à avancer vers moi. Je reculais au même rythme et bientôt je me suis retrouvé assis sur mon lit, la bouche de Dietrich sur mon sexe alors que Mein Herr le prenait sans ménagement. Du coin de l'oeil, j'ai vu la porte s'ouvrir, mais au même moment Mein Herr a lancé Dietrich sur mon lit et une de ses mains, poisseuse sans doute du sperme du garçon, écartait davantage mes cuisses. Ses doigts m'ont pénétré sans douceur et je l'ai senti mordre l'intérieur de mes cuisses ma hanche... puis un de mes tétons... Sa main s'est retirée et il m'a pénétré d'un coup sec. À côté de moi, Dietrich était inconscient, s'étant cogné la tête sur le mur quand Mein Herr l'a lancé. Dans le cadre de porte, Helga me fusillait du regard, bouillonant de rage. Et je ne tins plus. Sous le regard amusé de Mein Herr, j'ai éclaté de rire.
