CHAPITRE 12 – Pile & faceLILY / ELINOR


- Note: vous vous souvenez qu'on a laissé Lily et James au restaurant, a la fin du chap 10? Ben c'est là qu'on les retrouve!

Le rabibochement des fiancés Ellie/James (fin chap 11) a eu lieu une semaine avant "aujourd'hui", entre les chapitres 9 & 10.

M'suivez? Non? C'est pas grave ^^

(& merci a Baboom)


LILY


JAMES RIAIT A GORGE DÉPLOYÉE, riait d'elle ouvertement, et Lily lui jeta un regard qui se voulait mauvais, mais qui était contredit par le sourire amusé qui étirait ses lèvres:

– Continues à te moquer de moi, et je ne te raconte pas LE pire moment de solitude de ma courte vie, menaça-t-elle d'une voix faussement agacée.

Ils étaient assis sur une balustrade bordant la falaise qui surplombait la plage, d'où ils finissaient d'énormes glaces en conclusion de leur copieux repas. Lily et James s'y étaient installés après avoir décrété qu'il faisait décidément bien trop beau pour retourner travailler, avoir requalifié leur déjeuner en déjeuner d'affaire (bien que leurs rires récurrents témoignaient de l'absence de qualité professionnelle de leur réunion), et avoir dépêché un hibou à Mrs Casino l'informant du retour tardif de Lily. Cette dernière, ravie de l'attitude de Lily, lui avait donné son entière bénédiction.

James cessa de rire, se redressa, et joignit les mains en signe de supplication.

– OK, désolé, répondit-il. Ça ne se reproduira plus.

– C'est ce que tu as dit les huit premières fois, accusa Lily, l'air clairement peu convaincue.

– Non mais là, je suis vraiment désolé. Réellement. Sincèrement.

– D'avoir raté ce que je viens de raconter, ou d'en rire ?

James hésita une seconde, mais la sagesse et l'envie de connaître ce qui arrivait en tête du classement de Lily le dissuada de la taquiner.

– De rire, évidemment.

Elle lui donna un petit coup sur le bras.

– Menteur.

Il sourit, et elle ne put s'empêcher de l'imiter.

– Allez, Evans, raconte, s'il te plaît.

Lily considéra l'éventualité de le faire languir, mais il semblait si pendu à ses lèvres, qu'elle ne put s'empêcher de donner au public ce qu'il réclamait.

– OK. Alors, on arrive enfin au numéro un. LE pire de mes moments de solitudes. La crème de la crème. Le top du top. Le...

– Accouche, Evans, avant que je ne m'endorme.

– Bon. J'avais seize ans, et j'étais à la piscine de mon quartier, et je nageais sur le dos, dans le couloir près du rebord. Et bref, à un moment, il y a ce groupe de beaux bruns ténébreux super musclés qui longent le bassin, et parmi eux Jason, ce beau gars que j'avais déjà remarqué et qui était le dog-sitter de ma voisine. Alors moi, ni une ni deux, je me mets à nager énergiquement pour les épater. J'étais sur le dos, et j'essayais d'afficher un air sexy en même temps – ne rigoles pas ! Bref, je fais plusieurs longueurs… ils me regardent… Jason s'arrête carrément pour me regarder…. je suis trop fière… et là, y'a Marlène qui déboule soudain et qui me fait de grands signes. Alors au début, je ne comprends pas, je m'arrête, je regarde partout autour de moi pour voir ce qui cloche… puis sur moi…. Et là, j'ai compris.

– Non, dit James, se retenant de toute évidence difficilement de rire.

– Si. Le haut de mon maillot de bain s'était fait la malle et gisait au fond de l'eau. S'ils me regardaient, c'est parce que je nageais seins à l'air. La honte. Je ne suis pas sortie de chez moi pendant une semaine.

– Oh, merde.

James éclata de nouveau de rire. Lily tenta une fois encore de garder son sérieux, d'avoir l'air outrée, mais le fait était que le rire du jeune homme était terriblement contagieux et elle finit par riez elle même.

– Tu l'as dit. Marlène ne me lâche pas, avec cette histoire. Je me souviens que lorsque je suis rentrée chez moi, j'étais tellement rouge que ma mère a pensé que j'avais attrapé un coup de soleil.

– Oh, merde !

Il rit de plus belle.

– Hey ! Arrête de rire, toi !

James essuya une larme et regagna progressivement son souffle. Lily finit sa glace le temps qu'il se remette de ses émotions. Son regard se perdit facilement dans les profondeurs bleues, elle se mit à penser à ses parents, et ne fut tirée de ses pensées que par la sensation que quelqu'un la regardait avec insistance. Et, en effet, en tournant la tête, elle constata que James la fixait en silence. Mais cette fois, son air sérieux n'était pas feint.

– Quoi ? aboya-t-elle en rougissant un peu.

Il sourit tristement, avant de se tourner également vers la mer. D'un coup, l'ambiance devint beaucoup moins légère.

– Rien. Je me disais juste que si j'avais su plus tôt qu'il me suffisait de te présenter des excuses pour que tu arrêtes de me haïr, je l'aurais fait plus tôt.

Lily roula des yeux.

– Je ne te haïssais pas.

– Mais tu n'en étais pas loin.

– Disons que je n'appréciais pas ta compagnie. Du tout.

– Et c'est le cas, maintenant ?

– N'exagérons rien, Potter, tout ne peut pas changer en deux heures. Même si c'est vrai qu'il y a de l'amélioration.

James se mit à l'observer une fois de plus, avant qu'elle ne perde patience.

– Quoi ?

– Tu me donnes pourtant l'impression d'être comme une pièce qu'on lance. Tu es pile ou face. Tu aimes ou tu détestes. Tu es en colère ou joyeuse. Tu ris ou tu me cries dessus.

Lily fronça les sourcils.

– J'ai une palette d'émotions un peu plus large que ça, tu sais. Et par ailleurs, il n'y a pas que ces deux résultats possibles : les pièces retombent parfois sur la tranche.

– C'est rare.

– Mais pas impossible.

– C'est mon cas ? s'enquit-il.

Lily eut un sourire en coin.

– De toute évidence. Le jury est en train de délibérer. Même si j'avoue que le coup du restaurant et de la glace jouent définitivement en ta faveur.

James eut un sourire de petit écolier, joyeux, simple et étrangement naïf. Il paraissait sincèrement content de la réponse. Lily jeta un coup d'œil à sa montre avant de se lever. Ils avaient plus qu'abusé de la bénédiction de Casino.

– C'était un agréable déjeuner d'affaire, Monsieur Potter, dit-elle d'une voix guindée. Comme bilan de cette entrevue, je dois dire que nous n'avons absolument pas avancé sur votre affaire, j'ai pris trente kilos, et je dois retourner au travail, à présent.

– Vraiment ?

Il paraissait déçu. Lily se leva.

– Oui, vraiment. Je ne peux pas passer toute la journée avec toi. On se voit demain matin, donc ? Il faudra que tu m'indiques comment me rendre chez toi.

Le visage de James s'éclaira quelque peu.

– Je te confirme le tout par hibou.


LORSQUE LILY ARRIVA quelques minutes plus tard à Pré-au-Lard après avoir pris congé de James, un sourire flottait encore sur ses lèvres, et c'est l'air rêveur qu'elle marcha vers La Bonne Fée. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas ri aussi librement, qu'elle ne s'était pas sentie aussi légère, qu'elle n'avait pas une après-midi aussi relaxante, qu'elle n'avait pas aussi bien mangé. Elle repassait les meilleurs rires de leur déjeuner en revue, avec cette inexplicable satisfaction et cette jeune et douce nostalgie qu'un moment passé agréablement pouvait procurer. Contrairement à d'habitude, sa bonne humeur ne se dissipa pas en s'approchant de son lieu de travail, et seule une présence inhabituelle devant la boutique la tira de ses pensées.

Lily dut cligner des yeux plusieurs fois, tant la combinaison au décolleté tapageur et en léopard jaune fluo de la jeune femme brune devant La Bonne Fée était aveuglant. Le manque de sobriété se retrouvait également dans son visage beaucoup trop maquillé, ses longs ongles rouges et ses escarpins à talons hauts assortis. Lily n'aimait pas juger hâtivement, mais l'apparence vulgaire de la jeune femme engendra une immédiate aversion.

L'inconnue, qui, jusqu'alors, était appuyée sur la vitrine, se redressa en voyant Lily, comme si elle attendait sa venue. Cette dernière fronça les sourcils ? Était-ce une cliente ? Elle avait plus l'air d'une péripatéticienne que d'autre chose, mais, après tout, La Bonne Fée était une agence bas de gamme et ils avaient eu dans le passé des clients à l'apparence encore moins engageante. Elle mit donc sa répulsion de côté, et se força à afficher son sourire le plus professionnel.

– Bonjour. Je travaille à La Bonne Fée. Puis-je vous aider ? offra-t-elle en arrivant à sa hauteur.

Un immense sourire ravi étira les lèvres de la femme lorsque Lily s'adressa à elle, et cette dernière eut l'étrange impression que la jeune femme la… reconnaissait ? Elle n'aurait su décrire pourquoi ces grands yeux bleus lui inspiraient cette sensation.

– Oh, je cherchais simplement des informations, répliqua la femme.

– Pour quel événement ?

– Un enterrement de jeune fille.

Elle sourit, comme amusée par quelque chose.

Lily fronça les sourcils. Un enterrement de jeune fille ? L'inconnue était-elle une strip-teaseuse ? Cherchait-elle à se faire embaucher ? Ça expliquerait au moins la tenue.

– Nous ne recrutons pas, en ce moment, répondit la rousse sur un ton faussement navré.

– Recruter ?

– Vous n'êtes pas une, hum, danseuse professionnelle ?

L'inconnue éclata de rire.

– Non, professeur de yoga principalement. Mais je ne pense pas que votre agence d'événementiel ait besoin de ce genre de services.

Lily masqua son étonnement du mieux qu'elle put. Elle s'était trompée… C'était donc une cliente ? Heureusement qu'elle ne semblait pas avoir compris le sous-entendu.

– Entrez, je peux peut-être vous renseigner.

La femme regarda sa montre.

– A vrai dire, je suis un peu pressée. Je me suis arrêtée simplement car mon regard a été attiré par vos maquettes, que je trouve très réussies. Mais vous pourriez peut-être m'envoyer une brochure, et, si je trouve quelque chose d'intéressant, je vous recontacterai.

– Bien sûr, dit Lily en farfouillant dans son sac à la recherche d'une plume et d'un morceau de parchemin. Est-ce que je…

– Tenez. Ce sera plus simple.

La jeune femme lui tendit une carte de visite. Lily cligna des yeux, étonnée par la rapidité de cette dernière, qui semblait l'avoir gardé dans sa manche.

– Merci, reprit-elle sur un ton méfiant. Je vous envoie de la documentation dès que je regagne mon bureau.

– Merci beaucoup, euh…

– Miss Evans. Lily Evans.

La jeune femme sourit.

Bien sûr. J'attends votre hibou, donc. A bientôt.

Lily la regarda partir, avec l'impression étrange que quelque chose lui avait échappé.

Lorsqu'elle pénétra dans l'agence, Shashi – dont le bureau était le plus proche de la porte – ne put s'empêcher de la rejoindre à la porte et de l'interroger sur l'inconnue.

– Tu la connais?

– Non, pourquoi? C'est une cliente potentielle.

– Ah bon ?

– Oui, moi non plus, je ne l'aurais pas cru vu son apparence.

– Tu es certaine de ne pas la connaître ?

– Oui, pourquoi ?

– C'est étrange… Elle est restée pratiquement une demi-heure devant la vitrine, et elle a refuse d'entrer lorsqu'on le lui a proposé ni qu'on la renseigne sur quoi que ce soit. Elle t'attendait, ou quoi ?

Lily fronça les sourcils. C'était étrange, en effet. L'inconnue l'attendait-elle ? Elle jeta un coup d'œil à la carte.

H. Callender

Professeure de Yoga à domicile

Diffuseuse d'ondes positives

12, Matersoon Groove

Ipswich, Suffolk

Callender ? Elle fronça les sourcils. Callender… Le nom ne lui évoquait absolument rien. Elle passa en vain en revue le nom de ses connaissances commençant par un H. Callender...

– Dis, Lily? tenta Shashi le plus aimablement possible.

Lily sursauta, puis lui jeta un regard méfiant.

– Oui?

– Tu sembles avoir une chance incroyable, en ce moment. Et comme tu es déjà sur le mariage de Mr Potter…

– Je n'ai pas encore dit oui, interrompit la rousse.

– Mais tu vas le faire, n'est-ce pas? J'ai entendu dire que tu as eu un déjeuner professionnel avec Mr Potter. Ça a duré toute l'après midi, c'est parce que tu vas dire oui ?

Au fond d'elle, Lily savait qu'elle avait déjà accepté. Elle n'était pas stupide. Juste méfiante des intentions peu honorables de James.

– Probablement, admit-elle.

– Dans ce cas, tu pourrais peut-être me laisser cette cliente ?

Shashi lui adressa un sourire plein d'espoir. Lily se retint d'éclater d'un rire sans joie. Elle n'avait pas oublié leur petite séance de bizutage du début de la semaine, et trouvé la femme culottée de lui demander le moindre service.

– Ce n'est pas moi qui assigne les missions, rétorqua-t-elle.

– Oui, mais entre nous, Mrs Casino est terrifiée que tu refuses la proposition de Potter. Je suis certaine que si tu me recommandais, elle n'oserait pas trop te contredire.

Woaw, pensa Lily. Elle ne savait pas posséder ce genre de pouvoir.

– Je vais y réfléchir, mentit-elle en replaçant soigneusement la carte dans son sac.

Lorsqu'elle retourna à son bureau, Mrs Casino était heureusement déjà partie en week-end, pour le grand plaisir de Lily. Elle put ainsi tranquillement s'occuper de ses courriers sans qu'une voix désagréable se plaigne des allers et venues de son hibou. Elle envoya une brochure à la mystérieuse Miss Callender, une lettre à Doc pour lui expliquer pourquoi elle ne l'avait pas rejoint pour déjeuner, un appel au secours à Dorcas (car elle n'avait aucune idée de comment se vêtir pour le lendemain), une lettre à James lui demandant de repousser l'entrevue du lendemain pour après le déjeuner (qui serait probablement vécu comme un supplice, et Lily préférait ne pas prendre de risques).

Sa conscience professionnelle finit toutefois par resurgir, et elle finit de trier la boîte d'archives entamée le matin, avec la réconfortante idée qu'elle ne ferait plus ceci avant bien longtemps.

Lorsqu'elle émergea de son travail une heure plus tard, ses collègues, profitant de l'absence du chef, étaient déjà partis, non sans s'être montrées inhabituellement agréable avec Lily. Cette dernière n'était pas dupe, mais tenta de surmonter sa rancœur, et se montra également aimable.

Elle fit le tour des bureaux pour vérifier que les lumières étaient éteintes, et fut surprise de tomber nez-à-nez avec Nathaniel, qu'elle croyait parti depuis longtemps, dans la salle de pause.

Sans un mot, elle tourna les talons, prête à repartir, mais il l'interpella avant qu'elle ne referme la porte.

– Lily, attends.

Elle lui jeta un regard inquisiteur.

– Oui ?

Il passa les mains dans les cheveux.

– Il faut qu'on parle.

Elle fronça les sourcils.

– Je n'ai rien à te dire.

Pas après qu'il ait diffusé la rumeur comme quoi elle ne serait sortie avec lui que pour son argent. Pas après qu'il ait failli briser sa carrière. Sans la proposition de Potter, Nathan, dans sa rage, aurait mis un terme définitif à tous ses espoirs de carrière dans ce domaine. Aucune autre agence ne lui aurait donné sa chance si elle s'était faite remerciée de la boîte la plus minable.

– Sérieusement ? s'indigna-t-il, agacé. Tu crois honnêtement que tu as le droit d'être énervée, là ?

– Honnêtement ? Oui.

– C'est moi qui me suis fait trahir dans l'histoire ! C'est toi qui a embrassé Potter ! Trois fois ! Comment as-tu pu me faire ça ?

Lily soupira. Il voulait visiblement plus se disputer que discuter. Elle en avait déjà assez de cette histoire. Peut-être qu'il ne souhait qu'entendre des excuses ? Après tout, elle lui en devait.

– Je suis désolée, tenta-t-elle diplomatiquement. Ce n'était pas respectueux. Je ne voulais pas te blesser, j'ai agi sans réfléchir. Je suis vraiment, vraiment désolée, Nathan.

– Ce n'est pas assez, répondit-il.

– C'est-à dire ?

– Tu m'as humilié. Tu m'as trahi. Tu penses que de simples excuses vont balayer ce qui s'est passé samedi dernier ?

– Qu'est-ce que je peux faire de plus que de te présenter des excuses ?

Elle n'allait pas se mettre à genoux, quand même.

– Je ne sais pas, mais ce n'est pas assez.

– Qu'est-ce que je peux faire pour apaiser ta rage ? s'exaspéra-t-elle. Pour soulager ta colère ? Qu'est-ce qu'il te faut pour que ce soit assez ?

Nathan la toisa du regard.

– Je ne sais pas, admit-il d'une voix douce. J'ai beau te punir, ce n'est pas assez. Ce n'est pas assez par rapport à ta trahison. J'ai envie que tu souffres. J'ai besoin que tu comprennes.

La main de Lily glissa imperceptiblement vers sa baguette, prête à la saisir au cas où. Elle ne reconnaissait ni son ex-petit-ami, ni son adorable collègue dans ce jeune homme aveuglé par la rage.

– Mais ce qui me tue le plus, continua-t-il avec dégoût, c'est tu n'as pas vraiment l'air désolée. Tu étais en colère en début de semaine, hors de toi hier, et aujourd'hui… quelque chose à changé. Je t'ai vue, lorsque tu es revenue. Tu souriais. Tu n'as pas arrêté de sourire depuis ton retour. Que faisais-tu avec Potter ?

Lily se pinça les lèvres.

– C'était un rendez-vous professionnel.

– Je ne te crois pas.

Elle haussa les épaules.

– Tu n'as pas à me croire. Je n'ai rien à te prouver.

– Vous vous êtes béqueté de nouveau, c'est ça ? Peut-être même que tu l'as laissé aller plus loin ? Après tout, pourquoi tu te retiendrais, maintenant qu'on est plus ensemble ? Tu ne te retenais déjà pas lorsqu'on était ensemble.

Son ton haineux la prit tant de court, que la jeune femme resta interdite plusieurs secondes avant de décider que répliquer était inutile. Elle rouvrit la porte sans un mot. Il était inutile de perdre du temps à répondre.

– Tu ne vois pas qu'il joue avec toi ? persista-t-il, irrité par son manque de réaction.

Lily perdit patience, et se retourna, les yeux flamboyants. Mais dans les yeux de son ex-compagnon, en dehors de la colère, elle pensait déceler autre chose. De la... douleur? Elle l'avait vraiment blessé, dans son cœur et dans son orgueil. Peut-être qu'elle pourrait faire l'effort de s'excuser une dernière fois.

– Nathan, reprit-elle lentement, comme si elle essayait de l'hypnotiser. Je suis désolée. Profondément désolée. Tu ne méritais pas ce que j'ai fait, ni de l'apprendre comme ça. Je n'ai pas eu un comportement correct avec toi, je l'admets. J'en suis désolée. Je ne voulais pas que les choses finissent comme ça.

– Je ne voulais pas que les choses finissent tout court ! s'écria-t-il.

Lily le regarda en silence. Il serrait les poings et les dents, à la recherche de son calme perdu.

– J'y croyais vraiment, à nous deux, reprit-il d'une voix tremblante. Je t'aime. J'aurais été là pour toi. J'aurais tout fait pour toi.

Elle soupira.

– C'est mieux comme ça, Nathan. Tu trouveras quelqu'un de mieux.

Il secoua la tête.

– Tu es celle que je veux, Lily. Mais je n'arrive pas à te pardonner. Je...

– Je dois y aller, coupa-t-elle. Je suis désolée.

Elle se retourna, mais il lui attrapa le bras avec force et la tira vers lui. Il paraissait de nouveau furibond.

– Attends. Je n'en ai pas fini, avec toi.

– Lâche mon bras, ordonna-t-elle calmement.

– Pas tant que tu n'auras pas compris.

De sa main libre, elle saisit sa baguette et la pointa entre les deux yeux du jeune homme.

– Lâche-moi, répéta-t-elle d'une voix plus menaçante. Je n'ai pas envie d'écouter ce que tu as à me dire.

Il n'eut pas besoin de se le faire répéter une troisième fois. Le regard affichant un mélange de colère et de frustration, il libéra son bras et fit quelques pas en arrière.

– Tu sais quoi ? Je ne sais même pas pourquoi je perds encore mon temps avec toi, cracha-t-il.

Sans un mot, Lily tourna les talons et quitta l'agence.


L'AIGUILLE s'enfonça cruellement, et impitoyablement, dans le bras de Lily, qui avait eu le malheur de bouger.

Une fois de plus.

Ouch ! s'écria-elle pour la énième fois.

– Bouge pas, lui répéta inlassablement Dorcas.

Elle ajustait une veste de tailleur à l'aide de quelques coups d'aiguille, non sans lâcher des commentaires désapprobateurs sur la nouvelle perte de poids de son amie. Lily se renfrogna, et tenta de ne pas bouger. Elle avait l'impression d'être sortie d'une séance d'acupuncture.

Lily avait demandé à Dorcas de l'aider à choisir une tenue pour son entrevue du lendemain, et cette dernière ne se l'était pas fait répéter deux fois. Elle avait débarqué à l'appartement de son amie, son matériel de couture ainsi qu'une vingtaine de tenues sur les bras, et elles avaient passé la plus grande partie de la soirée à essayer des vêtements.

– Voilà, terminé, ma belle.

Dorcas recula pour admirer son œuvre.

– J'aime beaucoup cet ensemble, ajouta-t-elle d'un air satisfait.

Lily se regarda sous toutes les coutures sur le miroir flottant en face d'elle, avant de secouer la tête.

– Tu l'as vachement raccourcie, quand même! dit-elle en tirant sur la mini-jupe, qui dévoilait ses longues jambes fines.

– Pas plus que celles que tu as l'habitude de porter, contra Dorcas.

– Oui, mais là c'est une occasion spéciale. Je dois être irréprochable.

– Quoi, tu as l'impression d'être vulgaire, habillée comme ça ?

Lily se regarda dans le miroir. Vulgaire avait pris une autre définition depuis sa rencontre avec Miss Callender.

– Tu es mignonne, assura Dorcas.

Lily portait un blazer jaune, une jupe courte verte et une blouse blanche. Pour tout autre client, elle ne se serait pas posé la question, mais elle savait que Miss Bell n'était pas une cliente comme une autre. Elle ne voulait lui donner aucune matière à reproche.

– Je ne veux pas qu'elle ait une mauvaise première impression de moi.

Dorcas eut l'air perplexe.

– Pourquoi est-ce qu'elle aurait une mauvaise impression de toi ? Tu es toute mignonne…

– Parce que…

Lily soupira, puis se dirigea de nouveau vers l'armoire, à la recherche de quelque chose de plus sobre et plus long que la jupe.

– Connaissant James, poursuivit-elle en rosissant, ça ne m'étonnerait pas qu'il lui ait avoué que l'on s'est embrassé plusieurs fois. Il n'a aucun instinct de survie. Je n'ai pas envie qu'elle me perçoive comme une menace.

Dorcas leva les sourcils, interloquée.

– « James » ? répéta-t-elle, incrédule.

Les oreilles de Lily devinrent proprement écarlates.

– Je voulais dire Potter.

Mais Dorcas n'était pas décidée à laisser passer ce lapsus si révélateur :

– Depuis quand est-ce que tu l'appelles par son prénom ? insista-t-elle.

– Depuis jamais, répliqua aussitôt son amie. Ça m'a juste… échappé.

Dorcas resta silencieuse, mais son perçant regard ne la quitta pas tandis que Lily farfouillait dans la garde-robe de Marlène, désespérée de trouver une tenue adéquate pour l'entrevue du lendemain. Que Lily utilise naturellement le prénom de James était significatif, elle qui, quelques jours seulement auparavant, refusait même de le prononcer. Une autre citation de Shakespeare lui vint à l'esprit: « une peine désespérée guérit dans les langueurs d'un désespoir autre. Infecte ton regard d'un venin nouveau, et le premier perdra de sa force maligne. »

– Lily ? reprit-elle prudemment.

– Hmm?

– Je me demandais… tu n'es pas obligée de répondre, bien entendu, mais ça m'intrigue… à quel point ta relation avec James a-t-elle évoluée depuis la dernière fois que l'on s'est vus ?

Les mains de Lily s'immobilisèrent. Loin d'être embêtée par la question, elle médita quelques secondes sur la question qu'elle ne s'était jamais posée. Elle avait senti bien entendu que James lui était moins insupportable qu'auparavant, mais à quel point… ? C'était une question légitime, et elle n'avait aucune réponse à y apporter.

– Je ne sais pas, admit-elle avec franchise.

Elle leva des yeux presque apeurés vers Dorcas, qui, la curiosité l'enjoignant à creuser la question, choisit ses mots avec précaution :

– De toute évidence, tu ne le déteste plus. Je me trompe ?

La rousse secoua la tête.

– Après tout ce qu'il a fait pour Marlène ? Non, non, je ne le déteste plus. Au contraire, je lui en suis reconnaissante.

– Donc, tu l'aime bien ?

Lily fronça les sourcils.

– Je n'irai pas jusque là, non, dit-elle lentement. Mais…

Elle se passa nerveusement une main dans les cheveux.

– Je ne sais pas, à vrai dire. Peut-être que je l'apprécie un peu. Je ne sais pas. Je suis un peu confuse en ce moment.

Elle marqua une pause, et le déjeuner du midi lui revint à l'esprit.

– Je suis confuse, admit-elle. Passer du temps avec lui fait remonter plein de souvenirs, des bons et des mauvais, et du coup je n'arrive pas à démêler le passé du présent, et je ne sais pas vraiment comment me comporter avec lui la plupart du temps. Je ne sais pas ce que je ressens pour lui, si j'aime le détester, ou si je déteste l'idée de l'aimer. Et il a tellement de facettes qu'il me prend de court, je ne sais pas quelle attitude adopter. L'instant d'avant, il m'énerve et je veux lui jeter un maléfice, et l'instant d'après…

Elle eut un petit sourire attendri. Finalement, la métaphore de James n'était pas si loin de la vérité.

– J'ai l'impression que je peux tout lui dire. Il est gentil, et charmeur, et impertinent et égoïste à la fois. Il me donne mal à la tête. Surtout quand il fait semblant d'avoir des sentiments pour moi. Parfois, j'ai l'impression qu'il m'apprécie sincèrement, d'autres fois je ne suis qu'un bout de viande alléchant. Et mon propre comportement ne m'aide pas à y voir plus clair. Je ne sais pas vraiment quoi faire du fait que je l'ai embrassé. Par deux fois, c'est moi qui ai initié le geste, et ça mélange encore plus les choses dans ma tête.

– Dans quel sens ?

Lily haussa les épaules.

– Je sais encore moins clairement ce qu'il m'inspire, si c'est possible d'être plus confuse. Souvent, il m'irrite, mais parfois… c'est peut-être parce que je me sens seule, ou que je viens de rompre avec Nathan et que mon égo a besoin d'être rassuré, mais je me sens de plus en plus… attirée par lui.

Dorcas n'en crut pas ses oreilles.

– Attirée ? répéta-t-elle d'un ton clairement incrédule.

– Physiquement seulement, précisa Lily.

Dorcas ne put s'empêcher de sourire.

– Ne te moque pas ! s'exclama Lily en virant au cramoisi. C'est mortifiant pour moi de penser à Potter de cette façon. Je n'ai pas arrêté de penser à notre… hmm, petite interaction.

– Et cette attirance est seulement physique? insista Dorcas.

– Oui ! s'exclama Lily.

Elle resta de nouveau pensive quelques instants.

– Je crois, amenda-t-elle d'une voix plus incertaine. Je ne suis pas certaine… C'est pour ça que je pense que le passé se mêle au présent. Je me sens comme une petite fille à côté de lui. C'est un peu comme si tout ce que j'ai jamais ressenti pour lui, et considéré comme affaire classée, remontait à la surface.

Elle soupira, et se tourna vers Dorcas, l'air désespéré.

– Qu'est-ce que tu en penses ?

Dorcas lui jeta un regard à la fois compatissant et indéniablement amusé.

– A vrai dire, je suis contente que tu ressentes tout ça.

Lily en tomba des nues.

– Mais... pourquoi ?

– Parce que c'est la preuve que ton cœur est en bonne santé. Parce que c'est la preuve que tu passes à autre chose. Parce que ce sont des problèmes de cœur ordinaired'une jeune femme de 20 ans ordinaire. Et parce que ça a toujours été très mignon de te voir perdre les moyens face à James.

– Ce n'est pas exactement pareil, protesta Lily.

– Non. Tu es plus mature. James aussi. Vous avez beaucoup changé. Les circonstances sont différentes.

– Tu trouves que j'ai beaucoup changé ?

– Lily… il y a quelques mois encore, tu ne m'aurais jamais demandé de l'aide pour choisir ta tenue, et tu te serais encore moins confiée a moi. Je te trouve bien plus ouverte, moins sur la défensive, moins solitaire. Et je trouve que cette amélioration s'est surtout accentuée depuis que James est dans les parages. Il bouscule tellement ta vie que tu es obligée de sortir de ton cocon pour te défendre. Tu t'exprimes plus. Tu cries plus. Tu parles plus.

Lily ne se retrouvait pas vraiment dans ce portrait, mais décida tout de même de laisser Dorcas finir.

– Mais pour répondre à ta question, je pense juste que le fait que tu sois attirée par James est normal puisqu'il est attirant, et que son sex-appeal est décuplé par le fait qu'il est très sûr de lui. Or, tu aimes ce genre d'homme, ne le nie pas. Mais je ne pense pas non plus que tu te serves de James pour te remettre de tes déceptions. Je pense que tu as utilisé Nathan à cet effet, mais que James… c'est différent. Tu contrôles moins, et parfois pas, ce qui t'arrive. Et c'est une excellente chose.

– Je ne vois pas vraiment en quoi, marmonna Lily.

– Pour le moment. Mais plus tard, tu comprendras ce que je veux dire. En attendant… tu devrais peut-être continuer sur cette pente un peu folle et sortir, profiter de l'été, et pourquoi pas avoir quelques flirts ?

Lily en resta bouche bée.

– Marlène, sors de ce corps.

Elles éclatèrent toutes deux de rire.

– Je ne te parle pas forcément de sexe, Lily. Je sais que tu n'es pas du genre à te donner facilement.

Lily rougit. Elle n'en était pas si sûre. Son sourire s'évanouit dès que Dorcas tourna la tête.

Les trois amies avaient une approche différente des relations intimes.

Pour la romantique Dorcas, c'était l'affaire d'un couple marié et aimant. Elle avait patienté de rencontrer son époux pour sauter le pas, et n'avait jamais regretté de ne pas avoir connu d'autre homme. Au contraire, qu'Andréa ait cette exclusivité était une fierté pour elle.

Pour la frivole Marlène, c'était l'affaire de l'envie du moment. Elle ne sacralisait aucunement l'acte, multipliait les expériences, n'avait que peu de tabous. Elle ne croyait pas au prince charmant, et croyait au contraire qu'il était nécessaire de se bâtir une expérience pour ne pas avoir de regrets lorsqu'on rencontre le bon.

Pour la fragile Lily, c'était bien compliqué. Elle n'avait connu que deux hommes, et avait cédé à chaque fois pour de mauvaises raisons. Jamais par envie, jamais par amour, toujours par désespoir. Elle n'avait en conséquence jamais eu d'expérience réellement satisfaisante. A chaque fois, c'était par peur de se retrouver seule, et elle se sentait souvent pathétique d'utiliser sa sexualité pour combler ce manque chez elle. Et ça, elle ne pouvait l'avouer à Dorcas.

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était aussi réservée avec son amie sur ce sujet, quand elle avait moins de pudeur vers Marlène. Peut-être parce qu'elles avaient deux ans d'écart, ou parce qu'elle avait tant d'admiration pour la couturière, ou parce que cette dernière l'avait toujours maternée… quoi qu'il en soit, Lily était toujours extrêmement vigilante à ne pas décevoir Dorcas.

Cette dernière, occupée à sélectionner de nouveaux vêtements, ne se rendit pas compte de la gêne de Lily, qui décida prudemment de changer de sujet.

– Au fait, qu'est-ce que c'est que ça ?

Elle pointait un large classeur que Dorcas avait posé sur le bureau de Marlène en entrant.

– Oh, je me suis dit que tu aimerais peut-être en savoir un peu plus sur Elinor Bell, alors je t'ai apporté compilé quelques articles qui ont parlé d'elle récemment. Certains sont en danois et en allemand, en revanche, mais si tu lances un sort de traduction sur une loupe, tu pourras les comprendre. Tu es tellement stressée, que peut être que connaître ton sujet t'aidera à mieux appréhender demain.

Lily se plongea avec curiosité dans les articles, pour en ressortir quinze minutes plus tard plus angoissée que jamais.

– J'ai l'impression d'avoir à faire à Miss Parfaite, commenta-t-elle, alors que la couturière raccourcirait les jambes d'un pantalon large jaune canari. Présidente du Comité organisateur du Bal des Débutantes, du Club de Littérature Anglais, membre de l'Association de Défense des Valeurs Vraies, auteure de l'Almanach des Nobles Lignées édition 19XX, éditorialiste pour le magazine Société Policée. En plus de ça, elle c'est une sculptrice et une peintre reconnue. Et j'ai l'impression qu'elle connaît tout le monde, c'est incroyable.

Lily se tut, et regarda une fois de plus la photo de la jeune blonde, un nœud au ventre. Dire qu'elle était intimidée était un joli euphémisme.

– Et pour ne rien gâcher, elle est très jolie.

Même sur papier glacé, la beauté de ses traits aristocratiques était indéniable.

– Il me semble qu'elle est ¼ vélane, précisa Dorcas.

– Par contre, je suis étonnée que tous les articles sans exceptions fassent ses éloges. Il n'y a pas réellement d'attaque frontale contre elle, comme subissent les célébrités d'habitude, juste quelques piques de Skeeter de temps en temps. Et malgré la profusion d'articles sur elle, ce sont toujours les mêmes photos qui reviennent… elle contrôle parfaitement son image.

– Les Bells sont une famille discrète mais plutôt influente. Sa mère à des parts dans plusieurs magazines, dont Sorcière Hebdo. Donc elle a un droit de véto sur ce qui se publie. Et même si ce n'était pas le cas, personne n'oserait publier quoi que ce soit de trop virulent sur la fille de Brutus Bell.

– Qui est-ce ?

Dorcas adopta un ton inhabituellement grave.

– Officiellement, un homme d'affaire. Mais il est soupçonné dans seize affaires de meurtres. On n'a jamais réussi à prouver quoi que ce soit.

Lily déglutit.

– Qu'est-ce que Potter fait avec une famille pareille ?

– J'en sais rien, et il n'a pas voulu me le dire. Il parle très peu de sa fiancée, pour tout te dire.

Lily se replongea dans les coupures. Quelque chose la chiffonnait, et elle mit plusieurs minutes à mettre le doigt dessus.

– Maintenant que j'y pense, reprit-elle, tu avais l'habitude de nous agacer Marlène et moi avec les histoires de cœur mouvementées de Potter, ses frasques et ses ruptures. Je n'aurais jamais cru que sa nana serait une femme aussi distinguée.

– Oh, James ne sort avec Elinor Bell que depuis Noël dernier, l'informa Dorcas. Bell vivait au Danemark ou en Allemagne avec son mari – oui, elle est divorcée – et n'est revenue en Angleterre que l'année dernière. La nana dont tu parles, c'est Emily Love. Fais d'ailleurs très attention à ne jamais parler d'elle.

– Qui est-ce ? s'enquit Lily.

Le visage de Dorcas s'assombrit.

– L'ex de James. La seule avec qui il est resté plus de quelques jours.

– Sérieusement? s'exclama Lily.

– Ils sont restés quatre ans ensemble. Passaient leur temps à casser et à recoller les morceaux. Lors de la dernière rupture d'il y a sept mois, tout le monde s'attendait à ce qu'ils se remettent ensemble, mais il a étonné tout le monde en se fiançant avec Bell. C'est leur plus longue séparation, mais ça ne m'étonnerait pas qu'ils finissent par se mettre ensemble un jour. Elinor Bell ou non.

Lily ne put s'empêcher de ressentir un pincement au cœur à l'idée que James puisse être intéressé par une autre femme, bien qu'elle fût incapable de déterminer la nature de ce pincement. Était-ce de la colère, car finalement cela confirmait le fait que James ne faisait que s'amuser avec elle, et qu'elle n'était qu'un passe temps ? Ou de la déception, justement parce que cela confirmait le fait que James ne faisait que s'amuser avec elle, et qu'elle n'était qu'un passe temps ?... ou de la jalousie ? Comment qualifier ce malaise?

– Ne lui parle jamais d'Emily, répéta Dorcas. Ni de bavboules.

Lily fronça les sourcils.

– Pourquoi ?

– Parce qu'Emily est championne de bavboules pour la troisième année consécutive.

Lily cligna des yeux. Puis elle pouffa de rire intérieurement. Bavboules. C'était tellement... ringard. Elle n'avait soudainement plus la force d'être jalouse.

– Elle est rousse ? s'enquit-elle

– Comment l'as-tu deviné ? s'étonna Dorcas.

– James m'a dit un jour préférer les rousses, dit Lily d'un ton pensif.

Cette fois-ci, Dorcas, ravie et amusée, ne lui fit pas remarquer l'emploi du prénom.


- ELINOR


ELINOR ARRIVA AU MANOIR une dizaine de minutes avant Lily, apprêtée de façon si magnifique qu'on aurait pu la croire sur la route d'un gala. Elle portait une longue toge blanche savamment drapé autour de sa silhouette massive, des bagues à chaque doigt, et ses cheveux d'ordinaires lisses retombaient jusqu'au bas de son dos comme une cascade d'or bouclée. Mais ce qui le frappa immédiatement dans son apparence était son expression peu amène, si différent de la bonhommie qu'elle dégageait ordinairement. Ellie tenait apparemment à faire comprendre qu'elle ne comptait aucunement faciliter l'entretien avec l'organisatrice imposée par James.

James soupira, mais accueillit sa fiancée avec chaleur, feignant de ne pas avoir remarqué la lueur défiante de ses yeux.

– Tu es magnifique, ma belle, dit-il en déposant un bref baiser sur la joue.

Elinor le fusilla du regard.

– J'ai l'air d'une baleine échouée, corrigea-t-elle froidement.

James fit un pas en arrière, et l'observa de bas en haut en se grattant le menton.

– C'est pas faux, concéda-t-il finalement.

Elinor croisa les bras.

– Mais ce n'est pas parce que tu as la circonférence d'une baleine échouée que tu n'es pas magnifique, précisa-t-il en l'entraînant doucement vers le salon.

– Bien rattrapé.

James ricana.

– Merci d'être venue, Ellie. Ça veut dire beaucoup pour moi…

– Il ne me semble pas avoir eu le choix, dit la jeune femme d'une voix pincée.

James se massa nerveusement la nuque.

– Oui, bon… J'ai peut-être été plus dur que nécessaire, mais tu es têtue comme une mule, parfois.

Elinor l'observa quelques instants, avant de sourire tristement.

– Tu dois vraiment bien l'aimer, pour t'opposer à moi autant.

Elle paraissait anxieuse. James posa une main rassurante sur son bras, qui avait doublé de volume ces derniers mois.

– Ça ne changera rien à ce qu'on a prévu, dit-il doucement.

– J'espère bien ! glapit Ellie.

Elle marqua une pause.

– Le seul avantage avec cette Evans est qu'on aura plus à faire semblant d'être fous amoureux l'un de l'autre. C'était amusant au début, mais à la longue… je m'en suis lassée.

– C'est si terrible que ça de m'embrasser et de me tenir la main ?

Ellie ricana.

– Non, au contraire. J'aime bien t'embrasser...

Elle se pencha vers lui, et James l'embrassa tendrement quelques instants. Lorsqu'il se redressa, Elinor garda les paupières closes quelques instants, puis esquissa un sourire et s'installa confortablement sur son sofa préféré.

– En revanche, jouer la mijaurée toute la journée est épuisant.

Elle battit des cils et adopta un ton très aigu :

– « Oh, James et moi envisageons de remplir cette maison de rires d'enfants, n'est-ce pas, chéri ? »

James rit.

– « Mon amour, rien ne pourrait me combler plus. »

– Je n'arrive pas à croire que Carla ait pu avaler cette comédie.

Ellie replaça une mèche derrière son oreille.

– Qu'est-ce que tu lui as dit au sujet de notre… arrangement ?

– Rien. Elinor… Ce n'est pas parce que je suis attiré par Lily que j'en perds la tête et que j'en oublie mes responsabilités.

– Tu dis ça maintenant, mais je commence à te connaitre un petit peu, James. Assez pour savoir que cette fille n'est pas comme les autres. Tu n'as jamais accordé autant d'importance à aucune de tes maîtresses, auparavant. Tu ne t'es jamais opposé à moi.

– Evans n'est pas ma maîtresse.

– Ta « courtisane », toutes mes excuses. Ou préfères-tu que je l'appelle ta Régulière ?

– Elle n'est rien de la sorte, s'agaça James. Nous ne couchons pas ensemble.

Cette information suscita un vif intérêt chez Elinor.

– Vous ne couchez pas ensemble ?

– Nous ne couchons pas ensemble.

– Et tu penses sérieusement que je vais te croire ?

– Je pense que tu devrais me croire sur parole.

Elinor resta silencieuse un moment, puis ne put s'empêcher de pauser la question qui flottait dans l'air.

– Comment se fait-il que tu ne couches pas avec elle ?

Il parut soudain mal à l'aise.

– Elle… euh, elle ne m'aime pas vraiment.

Elinor fronça les sourcils, surprise.

– Tout le monde t'aime bien, dit-elle sur un ton presque indigné.

James haussa les épaules.

– Elle n'est pas tout le monde. Et elle ne m'aime pas. Elle m'apprécie à peine.

Elinor fronça les sourcils

– Et… essaies-tu de t'attirer ses bonnes grâces en l'aidant dans sa carrière ? Si elle est vraiment wedding planner, je veux dire.

– Elle l'est vraiment.

– Essaies-tu de gagner son affection de cette manière ? insista Elinor.

– J'essaie juste d'accélérer les choses, c'est tout. Je suis certain qu'elle m'appréciera si elle me connaît mieux. Et elle me connaîtra mieux en passant du temps avec moi.

Elinor afficha un air clairement ennuyé.

– Si tu veux qu'elle t'apprécie, achète-lui des bijoux. Toutes les femmes aiment les bijoux.

Elle porta d'un air absent la main sur la toute nouvelle parure en diamant qui lui ornait le cou.

James secoua la tête. Ce collier lui avait vraiment coûté très cher.

– Dans ce cas, Evans n'est pas comme toutes les femmes. Elle semble n'en avoir rien à faire de mon argent.

Elinor leva un sourcil surprit. Puis sourit.

– Elle parait être une fille décente.

– C'est toi qui m'as dit de me trouver une fille décente.

– Je t'ai surtout dit d'arrêter d'aller voir à gauche et à droite, et de choisir une fille avec qui tu pourrais t'amuser sans collectionner les différents types d'herpès possible, corrigea-t-elle froidement.

Et surtout, s'il concentrait ses aventures sur une seule fille, ce serait bien plus gérable. Une Régulière qui savait sa place valait mieux que dix amantes cupides.

– Eh bien, Evans correspond totalement à la description.

– Je t'ai également dit de choisir une Moldue, qui ne constituerait jamais une menace pour moi.

– Eh bien, Evans l'est. En partie.

Elinor fronça les sourcils.

– En partie une Moldue ou en partie une menace ?

– Moldue, Ellie.

Il n'était pas assez stupide pour lui dire qu'elle était entièrement née Moldue. S'il y avait une chose qu'Elinor méprisait encore plus que les sang-mêlés et les Moldus, c'étaient bien les nés-Moldus. Et si l'information tombait entre les mains de Mr ou Mrs Bell, il y aurait des complications.

Elinor parut singulièrement choquée par la révélation

– Tu ne m'avais pas dit ça, hier.

– Parce que ça n'a aucune importance, répondit James d'un ton sans réplique.

Elinor lui jeta un regard mauvais.

– Pas la peine d'être désagréable, grommela-t-elle avec humeur. Je n'ai jamais dit que ça posait un problème.

James soupira, puis se pencha pour lui prendre la main.

– Désolé.

L'Elinor douce et gentille qu'il avait eue jusque là lui manquait. Il espérait qu'une fois toute sa colère évanouie, sa fiancée cesserait d'être aussi irritante.

– Je ne me sens vraiment pas rassurée par l'importance que tu donnes à cette femme.

– Je l'aime bien.

– Et… est-ce qu'après notre mariage, elle sera encore dans les parages ? Lorsqu'il n'y aura plus rien à organiser…

James cligna des yeux, mais ne répondit rien.

– Elle ne sera jamais un problème, ne t'inquiète pas, dit-il sur un ton vague.

Elinor secoua la tête, soudain très lasse.

– Tu n'y as pas réfléchi, n'est-ce pas ?

James préféra changer de sujet.

– Si tu veux savoir si tu seras toujours la femme numéro un dans ma vie, et si je ne t'abandonnerai jamais, eh bien la réponse est oui.

Elinor sourit, et lui serra tendrement la main.

– C'est tout ce que je voulais entendre.

James sourit.

– Tu as faim ?

– Vu que tu penses que je suis grosse, je vais éviter de manger plus, railla sa fiancée.

– Je ne pense pas que tu puisses devenir plus grosse, dit James. Sérieusement, on ne se voit pas pendant un mois, et tu doubles de volume.

Ellie lui jeta un regard torve.

Quoi ? Qu'est-ce que j'ai encore dit ? s'exaspéra James.

– Rien, rien… Je suis bien pressée que tout cela finisse, soupira-t-elle en se servant un verre d'eau.

James posa tendre la main sur celle d'Elinor, qui reposait sur son ventre.

– On sera tranquille dans quelques semaines. Sois patiente.

Un elfe de maison apparut depuis le salon, avec des rafraîchissements et des fruits frais qui furent accueillis en cet étouffante fin d'après-midi de juillet.

– Quand est-ce qu'elle est censée arriver ? s'enquit Ellie.

– Très bientôt, dit James après avoir jeté un œil à sa montre.

Et en effet, à dix-sept heures pile, ils entendirent la cheminée du hall d'entrée s'animer. James sauta presque sur ses pieds et se précipita dans l'entrée, tandis qu'Elinor se redressait avec lenteur, prête à recevoir leur invitée.


ELINOR LES ENTENDIT APPROCHER, longtemps avant qu'ils n'atteignent le salon. Deux voix qui gagnaient en puissance au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient, et dont l'écho se réverbérait sur les marbrures du hall d'entrée du manoir des Potter. La voix grave était celle que l'on entendait le plus fréquemment. Enjouée, insouciante, comme à son habitude. Toutefois, elle était de temps à autres relayée par une voix féminine plus douce, moins assurée, moins ferme.

Elinor se leva délicatement, et se plaça devant le tableau grandeur nature accroché au-dessus de la cheminée éteinte, qu'elle feignit d'étudier avec le plus grand intérêt bien qu'elle en connaisse les moindres coups de brosse. Le tableau représentait Mrs Potter à l'aube de son mariage, et ses yeux doux semblaient jeter un regard bienveillant dans la salle. Il s'agissait là d'une ancienne tradition que de suspendre un portrait de l'actuelle matriarche dans la salle de séjour. Le portrait de Mrs Potter avait remplacé celui de la mère de Mr Potter, et Elinor était impatiente de remplacer celui de la mère de James par le sien. Elle avait d'ailleurs passé de longues heures devant la psyché de sa chambre à étudier son plus beau profil, et à déterminer si sa figure était plus à son avantage débout, vaillante et fière, ou assise dans un grand fauteuil, intimidante et puissante.

Mrs Potter était très jolie, et cette beauté se retrouvait facilement chez son fils. Ils avaient le même long nez, les mêmes yeux couleur noisette, et les mêmes longs doigts fins. Cependant, c'était de son père que James avait hérité la majorité de ses traits de caractère : sa malice indomptable (qui, se rassurait parfois Elinor, s'était tout de même apaisée chez Mr Potter Senior, ce qui lui laissait beaucoup d'espoir sur une éventuelle évolution de James), son hallucinante insouciance, et sa fâcheuse tendance à tout mettre en œuvre pour parvenir à ses fins… y compris engager sa maîtresse au vu et au nez de tout le monde, en dépit des convenances. Elinor une gorgée d'eau pour apaiser la colère qui la saisissait à la gorge. Elle avait besoin de rester calme. Elle ne devait pas montrer l'étendue de sa frustration à Evans. Montrer ses émotions à l'ennemi, c'est lui montrer sa faiblesse, et Elinor se devait de montrer à cette opportuniste qu'elle ne se laisserait pas faire.

Le duo de voix se tut à quelques mètres de la porte d'entrée, et seul le bruit des talons de chaussures de la femme, qui résonnaient régulièrement sur le sol, l'informait de leur approche. Elinor feignit de ne pas les sentir entrer dans le salon les sentir s'immobiliser dans son dos.

James émit un grognement pour attirer son attention.

Elinor l'ignora.

Il soupira.

– Ellie, ma chérie, notre invitée est arrivée.

Elinor compta intérieurement jusque six, puis sourit intérieurement. C'était parti pour le spectacle. Elle était douée pour en mettre plein la vue et intimider, le savait, et était décidée à en abuser. D'un geste parfaitement étudié, maintes fois répété, elle se tourna gracieusement vers les nouveaux arrivants. Sa main se posa d'un geste qui se voulait innocent sur son ventre, mettant en évidence les incroyables joyaux incrustés dans la bague ornant son auriculaire, et dont les facettes furent reflétés de mille feux la lumière du soleil. Comme pour une pub de shampoing, ses longs cheveux blonds décrivirent un arc parfait avant de redéfinir de parfaites boucles de part et d'autres de son visage, magnifié par un savant maquillage qu'elle avait mis une longue heure à appliquer. Lentement, théâtralement, elle souleva ses lourdes paupières, bordés d'interminables cils courbés, qui découvrirent une paire d'yeux d'un bleu si clair qu'on pouvait presque voir à travers. Elinor croisa brièvement le regard de James, qui semblait s'empêcher de rouler des yeux tant la mise en scène était théâtrale et exagérée, avant d'enfin se tourner sur son invitée.

Les deux jeunes femmes se regardèrent.

Et une surprise sans bornes naquit simultanément sur le visage de l'une comme de l'autre.

Elinor reconnut instantanément la jeune femme au bras de Nathaniel Smith sur la photo de Sorcière Hebdo. Que le monde est petit, pensa-t-elle en détaillant sa riva de bas en haut. Miss Lily Evans était aussi jolie qu'Elinor l'avait redouté depuis la première évocation de son existence, quatre semaines plus tôt. À voir l'enthousiasme de James, elle s'attendait à voir une pimbêche méprisante et gloussante du style d'Emily Love, le style de femme que semblait affectionner James. Quelle ne fut pas sa surprise de recevoir une jeune femme de tout ce qu'il y avait de plus charmant, apprêtée d'une tenue sobre qui ne parvenait pas à vieillir les traits fins de son visage. Ses grands yeux en amandes affichaient un choc évident, qu'Elinor comprit comme de l'ébahissement face à tant de beauté.

Pour être totalement franche avec elle-même, Elinor apprécia Lily dès l'instant où son regard se posa sur la cadette. Elle aurait souhaité le contraire, mais quelque chose chez cette jeune femme lui plaisait.

– Miss Evans, je suppose ?

Lily ouvrit la bouche, et mit quelques secondes à émettre des mots d'une voix tremblotante

– Vous êtes…

Elinor jeta un regard surpris à James avant de rediriger son attention vers Lily. Était-elle idiote ? Qui d'autre pouvait-elle bien être, la reine d'Angleterre ?

– Elinor Bell, future Potter, l'informa-t-elle en fronçant les sourcils.

Lily semblait gelée, et mit quelques secondes à émettre les politesses d'usage. Son manque d'éloquence inhabituelle surprit James et rendit Elinor perplexe, le premier méprenant son trouble pour de l'intimidation et la seconde pour de la jalousie mal dissimulée.

– Viens, Evans, assieds-toi, l'invita James d'une voix plus douce que d'ordinaire.

Comme un robot, Lily prit place sur le fauteuil qu'il lui désignait, situé en face du canapé où s'était réinstallée Ellie et où James vint également s'affaler en jetant négligemment une jambe par-dessus l'accoudoir.

Elinor plissa les yeux, avant de saisir son verre et de tourner le regard vers le jardin où s'affairait l'elfe de maison, comme si elle avait déjà décidé que Lily était indigne de son attention.

James se pencha brièvement vers Ellie, et lui murmura si bas à l'oreille que Lily n'avait aucune chance de saisir ses propos.

– Arrête de l'ignorer, intima-t-il dans un souffle.

De mauvaise grâce, Ellie se tourna vers Lily qu'elle détailla grossièrement de haut en bas plusieurs fois, avant d'adresser à James un sourire entendu.

– Elle a quelque chose, c'est indéniable.

– Je trouve aussi, concéda prudemment James.

– Quelque chose de cette fille là… comment s'appelle-t-elle déjà ? La petite championne qui te faisait tourner la tête…

Elinor fit semblant de chercher le nom, ignorant royalement le regard de son fiancé qui s'était considérablement durci. Lily ne semblait toujours pas se remettre de sa rencontre avec Elinor, et paraissait à peine consciente de ce qui se passait autour d'elle.

– Ah oui, Emily, s'exclama Ellie en claquant des doigts.

James la fusilla du regard, avant de reporter son attention sur un gnome qui émergeait de la terre.

– Vraiment ? dit-il au bout d'un silence, d'une voix dénuée d'émotion.

– Sans aucun doute. Tu ne trouves pas ?

– Non, pas vraiment.

– Même si je dois avouer qu'elle est peut-être plus jolie qu'Emily.

– Je trouve aussi, répéta James après une courte pause.

– Et un peu plus grasse, aussi, ajouta Ellie après réflexion.

James vit du coin de l'œil les joues de Lily se colorer, mais décida de ne pas céder à la provocation.

– Emily est si maigre que ce n'est pas bien difficile.

– C'est vrai, concéda Ellie en haussant les épaules.

Elle évaluait toujours Lily de ses grands yeux bleus et très clairs. Au vu de la grimace qu'elle arborait, elle ne trouvait pas la jeune femme très appétissante.

– Elle a de beaux cheveux, au moins, lâcha-t-elle finalement. Je croyais que tu avais surmonté cette obsession pour les rousses, lorsqu'on s'est mis à sortir ensemble.

– C'est un trait de famille contre lequel je suis parfaitement impuissant, dit James d'un ton philosophique.

Ellie eut un petit rire.

– C'est vrai… ta mère aussi est une rouquine. Ta grand-mère aussi, il me semble.

– Et je veillerai à ce que mon fils épouse une rouquine, et que le fils de mon fils épouse une rouquine.

– Eh mince, moi qui croyait être parvenue à changer la tradition. Et s'il s'agit d'une fille, elle devra épouser un rouquin aussi ?

– Non, les filles Potter sont immunisées contre cet envoûtement.

Sans aucun signe avant-coureur, Lily se leva brusquement de son fauteuil, attirant l'attention de ses aînés.

– Je dois y aller, bafouilla-t-elle en agrippant nerveusement son sac. Miss Bell, je suis désolée… C'était un plaisir, vraiment…. Et désolée… Merci.

Elle se dirigea à grand pas vers le hall d'entrée, et James s'élança à sa poursuite. Ellie soupira, puis les suivit d'une cadence moins pressée.

– Hey, Evans, attends ! s'écria James d'une voix alarmée.

– Pas besoin de me raccompagner, siffla Lily sans se retourner.

Elle cherchait dans son sac de la poudre de cheminette. James lui saisit le bras et la força à se tourner vers lui.

– Evans … sérieusement, qu'est-ce qui se passe ?

Lily regarda la main posée sur son bras, regarda James, regarda Ellie qui s'était péniblement trainée derrière James et arrivait vers eux, regarda le ventre extrêmement tendu d'Ellie, et d'un coup, comme mue de sa propre volonté, la main de Lily se leva et elle administra une gifle retentissante à James.

– ESPECE DE SALE PETIT CON ! vociféra-t-elle.

Ouch, ça fait mal ! protesta James. Qu'est-ce qui te prends, bordel ?

Lily pointa Ellie du doigt.

– Tu oses me poser la question ?

– Evans… Ce n'est pas du tout ce que tu crois.

– Ce n'est pas ce que je… Elle est enceinte ! tempêta-t-elle, des larmes de rage perlant aux coins de ses petits yeux. Elle est enceinte ! Non mais putain de merde, t'es vraiment trop con !

James fronça les sourcils.

– Je croyais que tu le savais… Je veux dire, tout le monde le sait…

– Tu crois réellement qu'on se serait ne serait-ce que serré la main, si j'avais su qu'elle l'était ?

Elinor fronça les sourcils. Ainsi, il s'était passé quelque chose entre eux ?

– Et alors ? maugréa James. Qu'est-ce que ça a à faire avec le fait que tu doives organiser le mariage ?

Lily le gifla de nouveau.

Ouch ! protesta de nouveau James, en reculant pour se mettre hors de portée. Mais c'est quoi ton problème, à la fin ?

– Tu m'as embrassé, tu as embrassé Marlène, tu en as surement embrassé des dizaines d'autres, tu m'as dit avoir des sentiments pour moi, tu me demandes d'organiser ton mariage, tu projettes de me séduire...

Elinor fronça les sourcils. Certes, elle était consciente des intentions de James, mais ça ne restait pas très agréable à entendre.

– ... ET TOUT CELA PENDANT QUE TA FIANCÉE EST ENCEINTE ? continua de beugler Lily. ET TU OSES ME DEMANDER CE QU'EST MON PROBLÈME ? C'EST QUOI TON PROBLÈME A TOI ? HEIN ?

– Evans…

– LA FERME ! beugla-t-elle en le repoussant sans ménagement. On a passé trois heures ensemble hier, pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ? Hein ? Hein ? HEIN ? HEIN ?

Mais…

– LA FERME, J'TE DIS ! Je savais que tu avais une conscience capricieuse, mais comment peux-tu lui manquer de respect de cette manière ? Et comment oses-tu m'obliger à participer dans ce délire ? Parce que je savais que ça allait être bizarre de travailler avec toi, je sais que tu n'as pas les mêmes limites que les autres, mais ça !

– Ellie sait que je t'aime bien, dit James en haussant la voix pour ne pas se faire de nouveau interrompre. Et figures-toi qu'elle s'en accommode très bien. Cela ne lui pose pas de problème ! N'est-ce pas, Ellie ?

– Tant que vous restez discrets, et que vous ne vous pelotez pas devant moi, précisa Ellie d'une voix indifférente.

Et tant qu'il continuait à la couvrir de cadeaux.

De cadeaux chers.

– Tu vois ? dit James avec enthousiasme.

Lily secoua la tête, incrédule.

– Vous êtes vraiment un couple tordu… Je me tire d'ici.

Elle recommença à farfouiller son sac.

– Attends…. Evans ! Puisque je te dis que ça ne dérange pas Ellie ! On n'est même pas vraiment dans une relation !

Lily cligna des yeux.

– Tu t'apprêtes à la marier ! Comment pourrais-tu ne pas être dans une relation ?!

– Je l'épouse seulement parce qu'elle est enceinte ! s'exaspéra James.

– Encore heureux que tu prennes tes responsabilités !

– En réalité, coupa tranquillement Ellie, James prends bien plus que ses responsabilités dans cette affaire. Il n'est même pas le père.

Lily en resta bouche bée. Ellie en profita pour s'interposer entre eux.

– James… et si tu allais dans la cuisine nous chercher quelque chose à manger ?

– Betsy a apporté plein de choses à manger.

– J'ai envie de biscuits. Tu veux bien m'en apporter ?

– Dis à Betsy d'y aller.

Ellie roula des yeux.

– James, tu es un peu lent à la détente, parfois… aussi amusant que ce fut de te voir malmener par Miss Evans, je pense qu'il est temps que nous ayons une petite discussion entre femmes, et pour cela, j'ai besoin que tu t'en ailles très loin.

James recula de quelques pas.

– Encore plus loin, s'exaspéra Ellie.

James recula de nouveau.

– Pour l'amour du ciel, James, disparais de ma vue !

Il jeta un regard incertain à Lily.

– Tu penses que ça va aller.

– Je ne vais pas la manger.

– On sait jamais, vu l'appétit que tu as en ce moment…

Elinor plissa des yeux. James eut un mouvement de recul.

– Je sais me défendre, Potter, dit Lily avec assurance.

James lui jeta un dernier regard inquiet, avant de s'éclipser à l'étage supérieur.

Elinor attendit que James disparaisse totalement avant de reprendre la parole.

– Que faites-vous ici, Miss Evans ? J'aimerai comprendre. Pourquoi avez-vous accepté de venir ?

La question prit Lily de court.

– Je… Potter a proposé à mon agence d'organiser mon mariage, et a exigé que je sois la wedding-planner. Comme j'avais des réserves, il m'a proposé de venir vous rencontrer pour me faire une idée. Je ne savais pas…

Sa voix s'éteignit. Elinor l'observa quelques instants. Pourquoi la jeune femme paraissait-elle aussi bouleversée et contrariée de découvrir sa grossesse ? Elle l'avait frappé, avait hurlé, s'était indignée… Comment expliquer cette réaction, s'il ne se passait pas quelque chose ? James lui aurait-il menti ? Evans serait-elle réellement sa Régulière, comme elle le redoutait ?

– Pourquoi l'avez-vous frappé ? interrogea-t-elle.

Lily rougit.

– Je suis désolée.

– Vous avez bien raison de l'être. Je ne pense pas que vous apprécieriez qu'il en fasse de même. Ce n'est pas un comportement que je tolère, par ailleurs. Surtout sous mon propre toit.

Le rougissement de Lily s'accentua tant qu'Elinor se demanda si elle n'allait pas bientôt cracher du feu.

– Désolée, répéta-t-elle. J'ai juste été…Je ne sais… je me suis sentie ridicule et humiliée.

– Humiliée ?

Ce n'était pas bon, ça. Lily acquiesça.

– Il aurait dû me le dire, que vous étiez enceinte, poursuivit-elle avec colère.

Elinor pinça les lèvres.

– Qu'est-ce que ça change, si votre présence n'est que professionnelle ?

Lily ne sut que répondre.

– Donc. Vous êtes venue, vous avez vu. A vous de me dire si le poste vous intéresse toujours. Que vous soyez là ou non, ce mariage aura lieu. A vous de voir si vous êtes assez professionnelle pour mettre vos différents avec mon fiancé de côté.

Piquée au vif, Lily fronça les sourcils.

– Bien sûr que je suis professionnelle. C'est juste que… ça ne vous dérange pas, que je travaille pour vous ?

– Ça devrait me déranger ?

Lily ne répondit pas immédiatement, et Elinor crut déceler une lueur de culpabilité dans son regard.

– Ça n'a aucune importance, vu que j'allais partir, marmonna-t-elle finalement.

– Avant de refuser, considérez votre position, ce que James a à vous proposer, et ce que vous pourriez en tirer. Je ne pense pas qu'il serait très sage de refuser une telle opportunité.

La rousse fronça les sourcils.

– Pourquoi me dites-vous ça ?

– J'étais très satisfaite du travail de mon ancienne wedding-planner, qui est également une chère amie, mais me voilà coincée avec vous. Je vois bien que vous ne laissez pas James indifférent. Il adore les rousses. Et je n'ai accepté votre candidature que parce qu'il a longuement insisté. Mais, bien que j'adorerai vous mettre mal à l'aise jusqu'à ce que vous renonciez, je ne peux pas prendre le risque que vous me soyez imposée dans une situation encore moins avantageuse pour moi. Quitte à vous avoir dans les pattes le temps que James se lasse de vous, je préfère vous avoir en tant qu'employée sur laquelle je pourrais garder un œil dessus. Voilà pourquoi je pense qu'il serait mieux pour tout le monde que vous acceptiez cette offre.

Lily ferma les yeux, et médita quelques secondes.

– Est-ce que vous allez me mettre des bâtons dans les roues ? demanda-t-elle.

– Je compte m'amuser un peu, mais je ne suis pas assez stupide pour saboter mon propre mariage. J'espère que vous êtes talentueuse. Alors, votre réponse ?

Lily soupira. Avait-elle eu le choix un instant avec ce mariage?

– Très bien, grommela-t-elle. J'accepte.


- LILY


ELINOR SE TAPOTA pensivement la joue pendant plusieurs secondes, avant de se tourner vers Lily, comme si elle se rappelait subitement de sa présence.

– Venez, intima-t-elle.

Sans attendre de voir si Lily la suivait, elle traversa le grand hall d'un pas étonnamment rapide pour une femme enceinte jusqu'aux yeux, et pénétra dans le jardin. Lily hésita quelques secondes, puis lui emboîta le pas.

Le jardin des Potter était immense, fleuri, magnifique, mais la jeune femme était trop préoccupée pour y accorder le moindre intérêt. Elinor était enceinte. Enceinte… comment James avait-il pu lui mentir à ce sujet ? Ou plutôt, comment avait-il pu omettre de lui en parler ? Contrairement à ce qu'il clamait, ce n'était pas une information publiquement connue, ou Dorcas lui en aurait parlé. Enceinte….

Contre James, elle était tout bonnement furieuse. Envers Elinor… elle se sentait honteuse. Elle avait initié à deux reprises un baiser avec l'homme d'une femme enceinte, s'était laissé faire une troisième fois. C'était juste… horrible, tellement indigne de la personne qu'elle souhaitait être. Et même si Elinor n'avait pas été enceinte, Lily avait quand même embrassé James en sachant pertinemment qu'il était fiancé. Et jusqu'ici, le fait que ce soit déplacé ne l'avait jamais vraiment travaillé. Elle l'avait su dès le début qu'il était pris, et pourtant… Il était juste si facile d'oublier la présence d'Elinor, si facile de ne pas y penser. C'était comme si la blonde femme n'était jusqu'alors qu'une idée abstraite qu'on pouvait rejeter sans culpabilité dans un coin de l'esprit.

James passait son temps à flirter librement et de façon éhontée, ne parlait jamais de sa future épouse…ne parlait jamais vraiment de lui, réalisa soudain Lily. Tout ce qu'elle savait de lui, c'était au travers de ses amis, des informations de Dorcas, des récits de soirée de Marlène, des discussions avec Doc. Ils n'avaient réellement discuté que trois fois : lorsqu'il l'avait raccompagnée après le Bal de l'Equinoxe, lorsqu'il lui avait rendu visite une semaine plus tard juste avant de se battre avec Nathan, lorsqu'il l'avait invitée à déjeuner la veille. Toutes ces fois-là, ils avaient parlé de tout, sauf de lui. Toutes ces fois là, ils avaient fini par parler d'elle. Toutes ces fois là, ils avaient fini par parler de ses sentiments à lui.

Ses pseudo-sentiments.

J'ai réfléchi à ce qui s'est passé la dernière fois, une fois sobre, et… tu as peut-être raison, j'ai peut-être un tout petit faible pour toi.

Ses réels sentiments ?

J'ai essayé… J'ai essayé tout ce qu'il y avait à essayer. Sortir avec d'autres filles, voir mes amis, voyager… à ton avis, pourquoi n'ai-je pas essayé de te contacter tout ce temps ? J'ai vraiment essayé de t'oublier… et j'ai échoué.

Si ça, ce n'était pas une déclaration, elle n'y connaissait rien.

Mais il avait embrassé Marlène. Mais il était fiancé.

Mais elle était enceinte !

Bordel…

Il l'aimait bien, ou non? A quoi jouait-il?

Elle ne savait pas, elle ne savait plus…

Elle ne savait même pas si elle devait y croire… Certes, elle savait qu'elle ne le laissait pas indifférent, c'était indéniable. Quand il se trouvait devant elle, et qui la regardait comme si elle était la plus belle chose du monde, et qu'il échouait misérablement à minimiser l'attraction qu'il avait pour elle, et qu'il tentait maladroitement d'attirer son attention, et qu'il affichait un air si satisfait lorsqu'il la faisait rire, elle ne pouvait s'empêcher de croire que peut-être, peut-être bien qu'il était sérieux. Et quand il n'était pas là, elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce jour où elle les avait surpris, Marlène et lui, en train de se bécoter comme si leur vie en dépendait.

Oui, mais il l'avait aussi embrassée elle, comme si sa vie en dépendait.

Merde, merde, merde ! Elle n'y comprenait décidément plus rien.

Elinor s'arrêta devant un salon de jardin couvert par un grand parasol, non loin de la maison, arrachant Lily de ses pensées. Une carafe d'eau se matérialisa à leur approche.

– Asseyez-vous, ordonna-elle en désignant une chaise.

Lily ne sut jamais pourquoi elle obtempéra aussi rapidement. Elinor servit deux verres d'eau et lui en tendit un.

– Buvez.

Lily hésita. Elinor eut un petit sourire sarcastique.

– Si je vous voulais du mal, Miss Evans, vous seriez déjà morte, répliqua-t-elle froidement.

Le cœur de Lily rata un battement. « Il est soupçonné dans seize affaires de meurtres. » Qu'en était-il de la fille ?

Elinor but une gorgée de son verre, puis reprit celui de Lily dont elle but également une gorgée. Lily la regarda, fascinée malgré elle. Elle était vraiment très belle.

– Buvez, vous êtes pâle.

Lily porta le verre à ses lèvres. Elle hésita une brève seconde, puis but.

Une eau délicieuse et ordinaire.

Elinor eut, l'espace d'un bref instant, un sourire attendri, et prit place en face d'elle.

– Bien. J'ai pensé qu'il serait peut être mieux que nous parlions toutes les deux dans un premier temps, histoire que l'on s'apprivoise l'une l'autre. James semble convaincu par vos capacités, mais moi je ne vous connais pas et je suis persuadée que vous êtes une sale petite croqueuse de diamant parmi d'autre. Et je n'aime pas vraiment les sales petites croqueuses de diamant, surtout celles qui tournent autour de mon fiancé.

Lily en resta bouche bée.

– Je… ce n'est pas du tout le cas, parvint-elle bafouiller.

– Vraiment ?

– Ma présence est strictement professionnelle. C'est Potter qui m'a demandé d'organiser votre mariage, pas le contraire.

Elinor pencha la tête sur le côté.

– Miss Evans, il est important que vous sachiez que j'accorde beaucoup de valeur à l'honnêteté.

– Voilà une chose que nous avons définitivement en commun.

Elinor la jaugea du regard. Lily ne put s'empêcher de baisser les yeux. Lorsqu'elle les releva timidement, Elinor avait fait apparaitre un rouleau de parchemin qu'elle parcourait des yeux, en en marmonnant des bribes.

– Vous avez seulement vingt ans ? demanda-t-elle sans lever les yeux.

– Oui, acquiesça Lily.

Elinor griffonna quelque chose.

– C'est votre vraie couleur de cheveux ?

La rousse ouvrit des yeux ronds. Elinor essayait-elle de la déstabiliser avec ces questions?

– Euh… oui.

Elle y arrivait parfaitement.

– Vous avez des origines Moldues, c'est ça ?

– Oui, répliqua Lily, sur la défensive.

– Votre père, ou votre mère ?

– Les deux.

Elinor resta silencieuse un peu plus longtemps, sa plume écrivant frénétiquement Dieu savait quoi.

– Combien mesurez-vous ?

– Un mètre soixante-treize.

– James a dit qu'à vue d'œil, vos mensurations sont 95 C pour la poitrine, 80 pour la taille, et 90 pour les hanches.

Lily devint écarlate.

Qu'est-ce que… ? Ce pervers n'attendait rien pour attendre. Comme elle ne répondait pas, Elinor leva les yeux de son rouleau.

– J'ai besoin de savoir si vous pourrez effectuer les essayages des robes de mariée à ma place, précisa-t-elle sur un ton clairement irrité. Dans mon état, je ne pourrais pas les enfiler, mais je compte regagner la ligne avant le grand jour. Alors ?

Lily serra les poings sous la table.

– Oui, répondit-elle, les joues en feu.

– Je vois que vous n'avez eu que des O aux ASPIC… impressionnant.

De nouveau, Elinor lui adressa un sourire chaleureux. Mais lorsque Lily le lui rendit, son visage se ferma. Que cette femme est lunatique ! se dit Lily. Jamais elle n'avait eu affaire à une personne d'humeur aussi capricieux, changeant, imprévisible !

Elle posa le parchemin sur ses genoux et retourna à ce qui semblait être devenu son activité favorite : fixer Lily.

– Présence « strictement » professionnelle, donc ?

– Oui, répéta Lily.

– Donc, il ne se passe rien entre James et vous ?

– Non.

– Êtes-vous intéressée par lui ?

– Non !

– James dit que vous n'êtes pas sa maîtresse. Est-ce vrai ?

– Oui.

– Couchez-vous avec lui ?

– Non !

– Même occasionnellement ?

– Non !

– S'est-il déjà passé quoi que ce soit avec lui ?

Lily cligna des yeux. Elinor plissa les siens.

– J'attends, s'impatienta-t-elle.

Elinor était une parfaite Reine des Glaces, que même la chaleur ambiante ne faisait fondre. Ses yeux étaient perçants, son ton exigeant. La jeune femme avait déjà confessé son crime lorsqu'elle s'était emportée contre James, mais la blonde voulait l'entendre de nouveau.

Lily se sentait intimidée comme jamais.

– On s'est embrassés, avoua-t-elle. Et…euh, c'est arrivé trois fois.

Elle était à présent quitte avec James, presque mot pour mot.

– Je croyais que vous étiez fiancée à Nathan, fit remarquer Elinor sur un ton accusateur.

Lily fronça les sourcils. « Nathan » ? Elinor et Nathaniel se connaissaient-ils ? Elle n'osa pas poser la question.

– Non, je ne le suis pas. Je ne l'ai jamais été. Et nous ne sommes même plus ensemble.

Les lèvres d'Elinor s'étirèrent en un sourire.

– Très sensée, en effet, commenta-t-elle d'un ton approbateur.

Lily eut l'air surpris. Elinor but une nouvelle gorgée, les yeux toujours rivés sur Lily.

– Quelque chose me dit que James n'y est cependant pas étranger. Célibataire, donc ?

– Oui.

Elinor but une gorgée, la sonda encore de ses beaux yeux bleus pendant une minute entière, le visage impassible, comme si elle se demandait ce qu'elle devait penser de la wedding-planner.

– James m'a dit que vous ne l'aimiez pas beaucoup, reprit-elle enfin.

Sa voix était de nouveau glaciale.

– Ah… Non, non. C'est juste qu'on a eu nos différents. On a une histoire compliquée.

– Vous êtes déjà sortis ensemble ?

Lily ne put empêcher un sourire amer.

– Non, jamais.

– Mais lui aimerait bien.

Lily garda une fois de plus le silence.

– Donc, vous n'êtes pas intéressée par lui…

Elinor paraissait toujours très peu convaincue.

– Non.

– Il fait pourtant tout cela afin que vous vous intéressiez à lui, insista Elinor.

Une nouvelle fois, Lily se tut. Après tout, ce n'était pas une question.

– Comment vous sentez-vous, par rapport à ses efforts ?

Flattée ? Troublée ? Décontenancée ? Quelque chose lui disait qu'aucune de ces réponses ne plairait à Elinor.

– Impuissante. J'aimerai qu'il en soit autrement. Qu'il ne tente pas tous ces efforts.

– Pourquoi donc ?

Lily leva un sourcil.

– Ça ne vous dérange pas, vous, qu'il s'intéresse à moi ?

Elinor parut sincèrement surprise.

– Pourquoi cela me dérangerait-il ?

– Eh bien, peut-être parce que vous êtes fiancés ?

– Oh, ça…

Elinor eut un geste impatient.

– J'ai déjà la plupart de son temps, son argent et son statut. Croyez moi, je ne saurais pas quoi faire de son cœur. Et de toute manière, je n'en veux pas.

– Mais…

Ses épaules s'affaissèrent.

– Je ne comprends pas...

– C'est simple. Je veux vraiment que James soit heureux. Il y a certaines choses que je peux faire pour cela, d'autres que je ne peux pas. Tout comme il y a des choses qu'il ne peut pas faire pour moi, malgré qu'il en fasse beaucoup. Dans un sens, par rapport aux envies de James, je me sens aussi impuissante que vous.

Lily acquiesça. Ce n'était pas simple du tout, mais ne commenta pas.

– Que ressentez-vous pour lui ? questionna Elinor.

Lily réfléchit quelques secondes.

– De la gratitude.

Devant l'air déconcerté de son aînée, elle ajouta :

– Il a aidé une amie à moi à surmonter une épreuve difficile.

Elle repensa aux deux semaines entières que James avait passé avec Marlène jour et nuit, au fait qu'il l'avait mise sous la tutelle de ses parents, qu'il avait été là.

– Et il m'a aidée également. Professionnellement. Il n'y a rien de… err, romantique entre nous. Du moins de mon côté. Je ne suis vraiment, vraiment pas intéressée par James.

– Vous en êtes sûre ?

Lily afficha un air étonné.

– Eh bien, oui…

– Pourquoi ?

Lily en resta de nouveau bouche bée.

– Vous ne le trouvez pas beau, peut-être ? maugréa la blonde.

Elinor paraissait à présent… indignée. Lily cligna des yeux. Elle était décidément difficile à suivre.

– Si, si, il est beau.

Lily n'était pas aveugle, non plus. Ou stupide. Ou de mauvaise foi.

– Pas assez intelligent, peut-être ?

– Si. Écoutez, Miss Bell, je…

– Et mon fiancé est en plus de tout ça riche, gentil et à l'écoute, coupa Elinor d'un ton hautain. Donc excusez-moi de ne pas vous croire lorsque vous prétendez ne pas être intéressée par lui, sachant que vous êtes célibataire.

Lily fronça les sourcils.

– Je ne vais pas céder à ses avances. Croyez-moi.

– Comment pouvez-vous en être sûre ?

Oui, comment pouvait-elle en être si sûre ?

Il était déjà indéniable qu'elle le trouvait attirant physiquement, ou elle n'aurait jamais été capable de l'embrasser trois fois.

Elle n'avait jamais eu envie d'embrasser Doc.

Elle n'avait jamais été capable d'embrasser Severus.

Elinor avait raison. James était charmeur et charmant, quand il le voulait. Dangereux.

Lily poussa un soupir.

– Parce que je n'en ai aucune intention. Je ne pense pas que je suis trop bien pour Potter, mais je pense que je suis trop bien pour être la maîtresse de qui que ce soit. Et c'est ce qui m'attendra si je cède à ses avances. Ce mariage est réel, vous êtes réelle, cet enfant est réel, et je n'ai juste aucune place dans le tableau. Et surtout, pour la énième fois, je-ne-suis-pas-intéressée-par-Potter !

Elinor eut l'air surpris par son éclat de voix. Mais finalement, son expression se radoucit.

Ces enfants sont réels. Au pluriel.

– Pardon ?

– J'attends des jumeaux.

Cerise sur le gâteau, pensa amèrement Lily.

– Je vous aime bien, Miss Evans, dit finalement Elinor.

Hein ?

– Hein ?

Avait-elle mal entendu?

Elinor sourit.

– Vous êtes intelligente, honnête et sincère. Je vous crois lorsque vous me dites ne pas en avoir l'intention. Mais je pense que vous aller céder à son charme. Lorsque James décide de séduire quelqu'un, il y arrive. Même moi, il m'a séduite, pourtant je n'étais pas un cœur à prendre. Ni jeune. Ni impressionnable. Et, pour tout vous dire, je me fiche un peu que vous cédiez à ses avances, tant que vous restez discrets. Ce qui m'importe, en revanche, c'est que vous disparaissiez lorsque le mariage aura eu lieu.

Elle claqua des mains, et une bourse apparut de la jonction de ses mains avant de s'écraser lourdement sur la table en faisant sonner les pièces qu'il contenait.

Très lourdement.

– Je serai plus que ravie de vous y encourager. Car, comme vous l'avez si bien dit, vous n'avez aucune place dans le tableau.


JAMES LES REJOIGNIT dans le salon de jardin quelques minutes plus tard, les bras chargés de victuailles. Il trouva une Lily plongée dans ses documents, et une Elinor tricotant paisiblement des petites chaussettes, un air de satisfaction peint sur le visage. Le jeune homme prit place aux côtés de sa fiancée, qui posa une main possessive sur sa cuisse. Lily s'assit en face du couple et extirpa un dossier de son cartable.

– Pour commencer, j'aimerai réunir quelques informations basiques afin de constituer votre dossier.

– Bien entendu, dit James.

– Très bien… Commençons par votre état civil. Noms, prénoms et dates de naissance, s'il vous plait.

– James Potter, né le 30 mars 19XX.

– Elinor Marvella Bell, née le 18 septembre 19XX.

Tout en notant les réponses, Lily calcula rapidement dans sa tête. Ainsi, Elinor allait avoir vingt-sept ans cette année ! Elle paraissait beaucoup plus jeune.

– Profession ?

Elinor roula des yeux, comme si c'était une question stupide. Et ça l'était. Il suffisait de voir la taille de ses bijoux pour comprendre qu'elle n'avait jamais passé un coup de balai de sa vie.

– Médicomage, répondit James.

Lily tenta de ne pas laisser la grande surprise qui l'envahit se refléter sur son visage. Potter avait un métier ? Première nouvelle!

Quoique... maintenant qu'elle y pensait, Dorcas avait peut-être dit quelque chose à ce sujet.

– Err.. Oui. Donc. L'adresse… Potter, j'ai la tienne. Miss Bell ?

– Shortbourne Mansion, Shortbourne.

Lily retint un froncement de sourcil. Shortbourne était un village connu pour le nombre étrangement élevé de Cracmols qui y vivaient. Il était étonnant qu'une famille de Sang-Pur comme les Bell y habitent.

Elle posa encore quelques questions, avant de passer à un autre questionnaire, cette fois centrée sur le mariage.

– Avez-vous pensé à une date de mariage ?

– En septembre. A mon anniversaire.

Lily en resta bouche bée, et cette fois son trouble fut perceptible. Elle disposait ainsi environ deux mois seulement pour organiser un mariage.

– Il y a un problème ?

– Non, Miss Bell, nia-t-elle prudemment.

Elle tenta de se calmer. Elle avait budget illimité. Elle y arriverait.

– Aviez-vous déjà convenu d'un lieu ?

– Nous pensions le faire ici, dans le parc de la maison.

Lily cligna des yeux, et se rendit compte pour la première fois qu'elle ne voyait pas les délimitations de ce qu'elle avait naturellement pris pour un jardin. Fleurs, installations et arbres se partageaient l'espace. Un parc donc. Normal.

– Avez-vous déterminé le nombre de convives ? reprit-elle. Les faire-part sont l'une des premières choses dont je dois m'occuper, surtout avec une échéance aussi courte.

– Environ 400 à 500 personnes, je pense. Je dirais à Carla de vous transférer la liste des invités, même si elle risque de faire des complications.

– Carla ?

– Votre prédécesseur. Elle n'est pas très contente de s'être fait remplacer. Elle est très vindicative, par ailleurs, à votre place je me méfierai.

Lily déglutit, et se força à ne pas paniquer. Un problème à la fois.

Quelques minutes plus tard, elle entama un troisième questionnaire.

– Avez-vous déjà réfléchi au genre de mariage que vous souhaiteriez avoir ?

– Je veux un mariage unique, différent et inspiré.

Lily se retint de rouler des yeux, tant elle avait entendu le même argument des dizaines de fois, et écrivit les trois derniers mots sur son calepin. UNIQUE. DIFFÉRENT. INSPIRÉ.

– Souhaitez-vous effectuer tous les passages d'un mariage ?

– C'est-à-dire ?

– L'ouverture du bal dansant par les mariés, la danse père-fille, mère-fils, le jet de bouquet, la coupure de la pièce montée ?

Elinor lui jeta un regard presque scandalisé.

– Bien sûr ! s'exclama-t-elle avec véhémence. Sinon, ce ne serait pas un mariage.

Lily raya le mot « DIFFÉRENT. »

– Est-ce que vous souhaitez un enterrement de vie de jeune fille ?

– Oui, dit aussitôt James.

– Non, répliqua Elinor au même moment.

Ils se regardèrent.

– Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, étant donné comment la fête de nos fiançailles a dégénéré.

– Heidi, Remus et Sirius seront séparés, ça devrait aller, répliqua James. Allez, ma puce !

– Je pense surtout qu'il y aura des dégâts dans deux endroits différents, mais que ce sera tout aussi explosif.

– Depuis quand tu t'inquiètes de la partie ménage ? Tu sais même pas ce qu'est une serpillière.

Elinor se mordit la lèvre mais ne répondit pas. Le jeune homme soupira.

– On règle ça à pile ou face ? proposa-t-il.

Elinor acquiesça. Sous les yeux ébahis de Lily, James sortit une pièce, la lança, et la rattrapa sur le dos de la main, qu'il recouvrit avec l'autre.

– Pile, choisit Elinor.

James découvrit sa main. C'était face.

– J'ai gagné, dit-il avec un air satisfait.

Elinor adopta une mine boudeuse.

– Oh, allez, Elinor, ce sera drôle, tenta de l'amadouer James.

Il l'embrassa sur la tempe. La jeune femme se radoucit.

– C'était marrant, la dernière fois.

– Si tu le dis.

– C'est toujours comme ça que vous réglez vos désaccords ? interrogea Lily. A pile ou face ?

– Parfois, oui, acquiesça James. Comme on est tous les deux des gens extrêmement capricieux et têtus, c'était le moyen le plus rapide d'arriver à un compromis.

– Avez-vous déjà choisis vos témoins ? Je pourrais peut-être travailler avec eux et coordonner l'organisation.

– Moi, c'est Sirius, dit aussitôt James.

Super, pensa intérieurement Lily. Sirius était à peine plus raisonnable que James.

– Heidi, probablement, répondit Elinor sur un ton abattu.

Lily fronça les sourcils.

– Qui est-ce ?

– Ma meilleure amie. Mais je vous prie de la mêler le moins possible aux préparatifs.

Lily pria pour ne jamais avoir cet air résigné en parlant de Marlène ou de Dorcas un jour.

– Hmm. Bon. Revenons au mariage. Avez-vous pensé à une couleur pour le thème ?

– Nous étions partis sur du framboise… quelque chose de très fleuri.

– Ah bon ? s'étonna James.

Elinor l'ignora.

– Mais j'aimerai beaucoup que vous partiez sur une idée totalement différente de ce qu'avait fait Carla. Je veux du nouveau, rien que du nouveau.

– Je croyais que tu étais satisfaite de son travail jusque-là ?

– J'ai envie de quelque chose de plus frais, à vrai dire. Quelque chose qui me ressemble.

Lily pinça les lèvres. Elinor faisait visiblement tout pour lui compliquer la tâche.

– De quelle manière souhaitez-vous infuser votre personnalité dans la cérémonie ?

Ellie leva un sourcil.

– Avez-vous ne serait-ce qu'une vague idée de la manière dont je peux rendre mon mariage original et différent, ou va-t-il falloir que je fasse tout moi-même ? maugréa-t-elle.

– Non, bien sûr.

Lily maintint son sourire de façade, mais barra d'un trait sec le mot « INSPIRÉ », qu'elle remplaça par « PÉTASSE. »

– Justement. Afin de vous proposer quelque chose qui vous ressemble, j'aurais souhaité en savoir plus sur vous… savoir qui vous êtes.

– C'est une question assez large.

– Oui. C'est vrai. Vous m'aideriez à y répondre en me disant… je ne sais pas, la cuisine que vous aimez, des anecdotes sur votre histoire, vos intérêts culturels… je ne sais pas. Tout ce qui peut m'aider à cerner vos personnalités.

– J'aime… la cuisine classique, je suppose.

Soudain, elle n'était plus loquace, la brave bête. Lily décida qu'il était temps de ramener James dans la conversation.

– Commençons par le commencement. Comment vous êtes-vous rencontrés ? s'enquit Lily. Potter ?

James et Ellie se jetèrent un regard incertain, avant que cette dernière n'entame les explications.

– Disons que nous nous connaissions déjà de vue. Mais la première fois où nous nous sommes rencontrés, c'était à un bal donné par mes parents.

– Ma mère avait déjà l'idée de nous présenter l'un à l'autre, poursuivit James. Elle voulait jouer les entremetteuses…On s'est entendus mieux qu'elle n'aurait pu l'espérer. C'est d'ailleurs elle qui nous a présentés, et j'ai très vite été littéralement fasciné par Elinor.

– C'est vrai, approuva cette dernière, il ne me quittait pas des yeux. Et je n'en étais pas mécontente car on m'avait tellement parlé de lui que j'avais hâte de le rencontrer. Je n'ai pas été déçue par ce bel homme… De bonne famille, beau, intelligent… Tout ce que je n'aurais jamais pu espérer chez un homme.

– Et Ellie était facilement la plus jolie fille de la soirée, dit James avec un sourire. Je l'ai tout de suite remarquée, avec ses longs cheveux blonds, ses yeux bleus impressionnants. Et très intelligente, cultivée, admirée. J'étais intrigué, j'avais envie d'en savoir plus sur elle.

– Moi je voulais surtout le charmer, à vrai dire. Même si c'était bien difficile d'entrer dans une phase de séduction, avec mon père qui me surveillait…

– Mr Bell est un homme très difficile à approcher…

– Et il était d'ailleurs de méchante humeur ce jour-là…

– Mais je pense que nous étions destinés à nous rencontrer. D'ailleurs, quand nos regards se sont croisés…

– Il y a eu comme une effroyable révélation. Tout est devenu limpide. Une évidence. Je savais. Il savait. Je savais qu'il savait, et il savait que je savais. Même si je n'osais pas encore me l'avouer.

– J'avais enfin trouvé celle que je cherchais désespérément depuis si longtemps, approuva James. Elle m'est tout de suite devenue précieuse. Son beau sourire, je ne voulais jamais le voir disparaitre.

– Nous nous sommes éclipsés chacun notre tour et nous sommes retrouvés plus tard dans le plus grand secret.

– Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé par la suite.

– Ce n'était pas si terrible, protesta Elinor.

– Parle pour toi. Tu étais à l'aise. Moi, j'avais les jambes en coton. J'étais très intimidé, déjà sous son emprise…

– Il avait beaucoup de mal à parler, c'est vrai, dit Elinor avec un sourire tendre.

– C'était la première fois que je me retrouvais dans une situation aussi… embarrassante. Je ne pouvais ni parler, ni bouger, ni me défendre. À proprement dire pétrifié.

– Le charme opérait entre nous.

– Il faut dire que tu es très intimidante quand tu le veux.

– Et James… il m'a dit des choses qui ont bouleversé ma vie. Il a su trouver les mots, réveiller quelque chose en moi. J'étais consciente de sa réputation de beau parleur, mais… je sentais que je pouvais le croire, même si ce qu'il me disait m'effrayait.

– Je considérais n'avoir rien à perdre en lui disant ce que j'avais sur le cœur. Et j'avais besoin qu'elle croie en ma sincérité. Et je suis parvenue à la convaincre.

– J'ai su immédiatement, reprit Elinor avec un petit sourire entendu. J'ai su que j'avais trouvé l'homme que je cherchais…

– Et Ellie… elle m'a surprise par son intelligence, et sa réactivité. Et c'est là que j'ai su que mon salut se trouvait elle.

Ils se regardèrent.

– Et le mien en James.

Tendrement.

– Alors quand nous sommes sortis de la bibliothèque, tout était très clair, murmura ce dernier sans la quitter des yeux. Je savais que je ne pourrais vivre qu'en épousant Elinor. Que je mourrais si elle ne devenait pas ma femme.

– Il m'a d'ailleurs demandé en mariage très vite après cela.

Lily fronça les sourcils. Elle ne comprenait plus rien. Le couple, indéniablement amusé, semblait partager une blague sous les airs sérieux de leur récit qui échappait totalement à la jeune femme.

– Vous êtes tombés amoureux, juste comme ça ?

Elinor et James levèrent simultanément un sourcil.

– T'as rien écouté ou quoi, Evans ? s'impatienta James. Ellie et moi ne sommes pas dans une relation. Je ne l'aime pas. Enfin, si, je t'aime bien, Ellie, mais… je ne t'aime pas. Tu comprends ?

– Bien sûr, mon cœur.

– Moi, en revanche, je ne comprends pas… Ce que vous venez de me raconter…

– S'est réellement passé, dit James.

– Et c'est comme cela que nous avons abouti sur un mariage arrangé.

– Et ce, vous devrez faire croire à tout le monde, y compris aux parents et amis de James. Et tâchez d'être convaincante. Face aux journalistes, vous pouvez ajouter quelques détails pour rendre l'histoire plus réaliste…

Lily eut soudain mal à la tête.

– Tu peux dire par exemple que j'ai posé un genou à terre en faisant ma demande…

– Qu'il m'a dit n'avoir jamais rencontré de fille comme moi.

– Que je voulais ne plus passer un seul jour sans me réveiller à ses côtés.

– Que je n'ai pas hésité à dire oui.

– Et qu'il a pleuré d'émotion quand j'ai accepté, quelque chose dans le genre.

James fronça les sourcils.

– James Potter ne pleure pas.

– James Potter a pleuré pas plus tard qu'hier.

– James Potter coupait des oignons.

– James Potter ne sait même pas où se trouve la cuisine.

– James Potter est un homme, un vrai.

– James Potter lisait un roman.

– Oui, ben… désolé, mais Anna Karenina c'est très triste, comme livre.

Lily afficha un air stupéfait.

– Je n'aurais jamais imaginé que tu serais le genre de personne à lire.

Elinor rit.

– Vous plaisantez ? C'est un véritable rat de bibliothèque. Vous devriez voir le nombre de livres qu'il possède. Sa lubie du moment sont les livres Moldus à l'eau de rose.

– Mais… pourquoi toute cette mascarade ?

– La vérité – et ses parents ne veulent pas que ça se sache –, c'est qu'Ellie s'est faite engrosser par…

Elinor le frappa derrière la tête avec son éventail.

– Ouch ! C'est vrai !

– Je t'ai dit de ne pas l'annoncer comme cela.

– Dans les grandes lignes, c'est totalement vrai.

– Dans les petites lignes, c'est un peu plus romantique.

– Je ne vois pas ce qu'il y a de romantique dans le fait de se faire prendre derrière un… Ouch !

Ils se chamaillèrent ainsi pendant de quelques minutes sous le regard médusé, puis clairement amusé de Lily. Visiblement, les deux s'entendaient à merveille. Ils étaient également très à l'aise, se touchaient naturellement, se prenaient la main, s'échangeaient des regards complices. Elinor était également beaucoup plus douce, lorsqu'elle s'adressait à James.

Lily baissa pudiquement les yeux vers ses notes. Un seul mot avait survécu à ce début d'entretien.

UNIQUE.

Mais avec un tel budget, un tel jardin, elle ne pourrait assurément que réussir.

Finalement, les fiancés regagnèrent leur sérieux et se tournèrent vers Lily, qui décida de poursuivre son questionnaire.

– Avez-vous des requêtes particulières pour le mariage ? s'enquit-elle aimablement.

Elinor eut un sourire malicieux.


Bla Bla de l'auteur :

Hello tout le monde !

Je vous préviens, cette note est longue comme le cou d'une femme Padaung !

Tout d'abord, merci d'être fidèles au poste ! Comme d'hab je suis complètement en retard, et comme d'hab je n'ai absolument pas fait ce que j'ai annoncé. En fait le chapitre Lily/Ellie/Emily était réellement trop long (et constituera les chapitres 12 à 14). Il faisait l'équivalent de la longueur de trois chapitres et demi de ceux que j'écris d'habitude (Bon, d'un autre coté, j'ai quand meme disparu + de 6 mois, j'ai eu largement le temps d'écrire beaucoup). Donc j'ai pris le parti de couper en trois.

Ensuite, il restait un bout du chapitre 11 du PDV d'Elinor (d'où le fait qu'il y ait et Lily et Ellie dans ce chapitre), et je me suis dit que ce serait dommage de le gaspiller. Donc, je l'ai rajouté, en modifiant évidemment ce que j'avais écrit pour que ça se fonde dans le chapitre.

Il ne me restait plus que du travail de relecture (qu'est ce que ça me barbe de faire ça en plus ^^) pour pouvoir poster en temps et en heure… et c'est ce moment précis que mon ordi a choisi pour me planter totalement. La mise a jour a été fatale à mon fidèle Guilbert.

Paix à toi, Guilbert.

Bon, j'ai fini par me débrouiller en travaillant inévitablement plus lentement ! Mais bon ! Yé souis de retour !

J'ai beaucoup de reviews a répondre, du chapitre 10 et 11, ce que j'ai fait ci-dessous. Merci a vous d'avoir pris le temps de commenter (hé oui, chers lecteurs, adorables misenfavoristeurs, géniaux followers, je vous aime aussi, mais j'aime les magnifiques reviewers un poil plus ^^)

Juste avant, je me suis permise de piocher et répondre à des questions/remarques dans les reviews, qui pourraient intéresser tout le monde.

« Tu penses boucler ta fic en combien de chapitres dis moi? » A la base, en 15 chapitres. Mais je pense m'être un peu emportée… j'ai les intrigues détaillées jusqu'au chapitre 20 pour l'instant, où j'arriverais a peu près aux deux tiers. Donc environ 25 chapitres. (comment ça, je sais pas compter?!)

« Alors déjà on dit pas "je m'excuse" (on s'excuse pas soi même) mais "excuse moi" (ou "je te demande de m'excuser" ou encore "veux tu m'excuser") mais venant de James ça m'étonne pas trop x) (l'est trop arrogant et égocentrique lol) »: Ouais, euh… je l'ai fait exprès. Hum. Je le savais. Je voulais voir si.. euh, si vous, vous le saviez. Ahem. Non, plus sérieusement, j'ai appris quelque chose, et du coup je laisse l'erreur parce que j'ai la flemme de corr, ahem... pour que d'autres apprennent. Mea culpa !

« Sache que j'ai été surprise de voir la relation de Lily et Nathan se finir aussi brutalement » : Hahaha…. Que dire, à part que si vous pensez que Nathan est parti de l'histoire, c'est que vous n'avez jamais eu le malheur de rencontrer quelqu'un comme lui (et vous avez bien de la chance.) Il faut savoir aussi que : 1) Lily est tellement « déprimée » que, comme l'a dit James, elle aurait pu mettre des mois à le quitter 2) et donc en serait sortie encore plus fragilisée, donc il aurait fallu plus de temps pour se remettre 3) j'avais prévu dans tous les cas d'impliquer James dans leur rupture. 4) et je voulais également que Nathaniel soit complètement frustré que son couple meure aussi brusquement !

« J'aurais bien frappé Nathan à la place de James. » Oh, moi aussi….Je propose qu'on mette des cagoules Pokémon et qu'on l'attende en bas de chez lui pour le frapper !

« Je n'aime pas trop Elinor » : Alors bizarrement, ça me fait plaisir. Si Elinor est amie avec Heidi, ce n'est pas par hasard. Elle n'est PAS gentille (mais moins futée et donc manipulatrice qu'Heidi), et ne le sera probablement jamais. C'est une peste, mais une peste qui a ses propres problèmes. En revanche, il lui arrive d'être chouette de temps en temps, surtout avec James qu'elle adore parce qu'il l'est aussi avec elle. Le but du chapitre 11 était principalement de montrer qu'elle était autre chose qu'une princesse capricieuse, pas de vous la rendre sympathique.

« On sait que James est égoïste, mais pourquoi veut il absolument que Lily tombe amoureuse de lui alors qu'il est fiancé et qu'il a promis à sa fiancée qu'il l'épouserai coûte que coûte ? »: Bon, j'ai déjà introduit le principe des maitresses Régulière si ça peut aider pour un début de réponse, mais je peux pas vraiment répondre à cette question avant deux ou trois chapitres… Juste une piste : dans ce chapitre, Elinor lui demande ce qu'il a prévu dans le cas où il réussirait a séduire Lily, et James a esquivé… voilà. Je pense que d'ici le chapitre 15 ou 16, vous comprendrez son « raisonnement ». N'oubliez pas également que James est idiot hihi

« Lily me déçoit vachement ! Elle accepte de sortir avec un mec qui l'insupporte et surtout elle s'abaisse à coucher avec lui alors qu'elle ne le veut clairement pas tout ça pour pas être seule et avoir quelqu'un qui s'occupe d'elle... c'est si pathétique ! » : Ouais. Hum. Bah oui, je peux pas dire le contraire, c'est complètement vrai, et elle en est pas fiere. Je pense juste qu'elle n'est ni parfaite, ni tres en forme depuis le début de l'histoire, qu'elle est humaine, et qu'elle a fait beaucoup d'erreurs pour des raisons que je commencerai a expliquer plus précisément au chapitre 13. Lily, c'est un peu moi, un peu de beaucoup de mes amies, un peu de... un peu de tout le monde, en fait. C'est une héroïne qui n'est pas infaillible du tout . Ne soyez pas dure avec elle ^^

Avant dernière chose : j'arrive pas a trouver un prénom pour l'ex de Lily… Des suggestions ? Un prénom British que vous trouvez approprié pour un crétin (du genre de Fox. En pire.) ?

Voila ! Si vous avez reviewé entre les chap 10 et 11, j'ai pris la peine de répondre ! Merci beaucoup ! Si vous n'avez pas reviewé (vilains ^^), n'hésitez pas si l'envie vous prend !

RAR des chapitres 10 & 11:

Merci à Echco !: Eh bah, tu es bien la première à sympathiser avec Elinor ! :) le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle ne fait pas l'unanimité ! merci de toujours continuer à suivre l'histoire !

Merci à CFLM angel! : Oh la la c'est bien gentil ! Quelle satisfaction pour un auteur d'avoir ce genre de retours ! J'ai un grand sourire ! Merci ^^

Merci à Chevalier du cat!: Yeaah pas assez de James/Lily, mais y'a une bonne raison à cela… Mais c'est normal, c'est le premier (et dernier, parce que c'est relou), chapitre ou ni Lily ni James n'interviennent réellement ! Eh oui, je suis bien de retour, avec plein de chapitres pré-écrits donc il y aura des MAJ plus souvent ! Merci de continuer a lire ! 3

Merci à clem2605! : Rhaaa, la flemme, une maladie que je connais bien hihi ! Mais ne t'inquiète pas, je ne fais pas la courses aux reviews même si c'est toujours super plaisant d'en recevoir ! Elinor, comme je l'ai dit plus haut, n'est pas un personne que je cherche particulièrement a vous faire aimer. Elle est pas gentille, elle est pas douce, et elle est arrogante et capricieuse ! Mais elle a d'autres coté aussi que vous découvrirez par la suite. Et oui, elle a un peu une vie cacatique, et James lui apporte un peu cette sécurité qu'elle n'a jamais eue. Quant à savoir s'il la trahira malgré qu'il ait promis de ne pas le faire… yé pé pas lé dire, disolé ! :) Merci pour ta review

Merci à Misss!: alors Elinor, disons qu'elle est un peu comme de l'herpès : elle part, elle vient, et elle sera agaçante à chaque fois ! (yeah, je suis douée pour les comparaisons flatteuses). Oui, pas de JiLy mais chapitre incontournable (j'ai vraiment essayé de ne pas l'écrire pourtant). C'était un risque et je savais que j'aurais des réactions mitigées. C'était pour vous donner une idée de ce que je garde en tète a chaque fois que je fais apparaitre Elinor. Merci pour ta review et désolée pour le retard!

Merci à Sheshe13 !: yep, de retour ! Ce chapitre, on l'aime ou on l'aime pas, mais il était plus ou moins inévitable ! Et oui, a ce stade de l'histoire j'ai fait un pause info car il y aura beaucoup d'événements par la suite ! PTL, je comprends pas pourquoi je bloque autant, sachant que je sais exactement comment je veux terminer cette fic, mais bon… je ne la laisserai pas sans fin, dans tous les cas ! Merci pour ta review ! (Jai pioché plusieurs questions dans tes reviews, d'illeurs

Merci à feufollet! : Ok, je sais pas comment je me suis débrouillé pour rougir autant en étant mate de peau, mais je t'assure que je suis écarlate ^^ et j'ai un grand sourire idiot sur le visage ! Merci en tout cas de partager ton ressenti ^^ et je suis vraiment contente, & satisfaite de t'avoir amusée! ^^ merci a TOI, au final ! « J'aurais bien frappé Nathan à la place de James. » - Je t'en prie, ne te retiens pas ^^ je peux même t'aider :) / Bah le problème de Nathan, c'est qu'il n'est pas méchant mais détestable quand même paradoxalement ! Bref, une nuisance ^^ / Et Lily et James sont PARFAITS ensemble, mais totalement dans le déni. Mon role, en tant qu'auteur sadique, c'est de leur faire ravaler leur fierté et tomber dans les bras l'un de l'autre ! / Je me marre toujours en écrivant les parties de James (Lily est un peu déprimée dans la première partie, donc forcement... c'est moins drole ^^) et BIEN SUR qu'ils vont bien ensemble (meilleur couple de la saga d'après moi) ! Ma fic serait ratée avant la fin s'il y avait pas une certaine alchimie entre eux :) Le passage du scrabble m'a bien fait rire aussi (je suis folle surement de rire à ce que j'écris moi-même mais bon) ! Merci beaucoup pour tes reviews !

Merci à Lounils !: Merci beaucoup ! ça va peut être te faire plaisir que ta review fait partie de celles qui m'ont donné envie de reprendre ! J'y pensais déjà, mais il me manquait un petit coup de pouce et tu m'as écrit ! Donc merci beaucoup !

Merci à valentine2905! :merci beaucoup ! j'espère que la suite t'a plu aussi ^^

Merci à NinonDG! : le « gné » m'a fait trop rire ^^ T'inquiète, la flemme, je connais (mais je me soigne… ahem, j'essaie). Merci beaucoup de ta review J

Merci à Alexiola !: ) OK, je suis un peu comme la tante Marge dans HP3, mes chevilles et ma tète gonflent, je vole, je vole librement dans le ciel, avec les mouettes et les corbeaux waouw…. :) (j'vais arrête les champi, c'est plus possible là!). Mais honnêtement, merci pour ce retour positif, je suis trop contente ! / Comme dit plus haut, Nathan n'en a pas fini… Il n'est pas « méchant » de base, mais peut le devenir s'il est frustré… et là, il est VRAIMENT frustré ! donc, a suivre ! / Alors, j'ai un peu peur de dire quoi que ce soit sur Elinor et James, mais disons que tu as mis le doigt sur quelque chose… Il sera dans tous les cas difficile de saisir la nature de leur couple, le vrai sens de leur lien, avant 5 ou 6 chapitres ! ^^ Je suis agréablement surprise que ce soit ton couple préféré. Merci pour ta review !

Merci à Xila : Trop contente que ça te plaise, même si du coup je redoute un peu ton ressenti pour la suite ! C'est toujours stressant, quand on a reçu ce genre de commentaire, d'écrire, car on a la rage de réussir, on veut être à la hauteur, mais on est pas parfait donc… merci beaucoup, en tout cas !

Merci à Nina! : Woaw, quel enthousiasme! honnêtement je suis grave contente que ça te plaise autant, je le prend comme une petite victoire héhé :) merci! Ne t'inquiète pas, tu n'es pas maladroite et je comprends exactement ou tu veux en venir. Perso, je trouve que j'ai encore du chemin a parcourir pour que mon James corresponde a celui de JK (même si je suis agréablement surprise que tu penses le contraire), même si j'essaie de le faire le plus fidèle possible! Mais c'est super difficile d'écrire un personnage aussi insouciant, capricieux et imprévisible (même pour moi, et pourtant, je suis l'auteur^^), et encore plus difficile de le faire murir! aaargh ^^ En plus que je suis pas du tout comme James dans la vie, je ressemble plus à Lily, donc ça m'est d'autant plus compliqué de le gérer! ^^ Mais j'adore le défi quand même! / Je pense pas que James soit le genre a conter fleurette, c'est pas son genre, il a pas le temps, et il est trop "sauvage" pour ça, mais je pense qu'il est le genre de personne qui veut au fond vraiment tout offrir a la personne qu'il aime (un peu comme tout le monde quand on est amoureux. ). Il veut le meilleur pour Lily, mais il ne l'offrira pas de manière classique, non! haha voila, c'est mon tour d'avoir l'impression de ne pas etre claire dans mes explications! Bref ^^ Merci encore!

Merci à Clem 2605!: Woaw! Ta review m'a vraiment surprise, quelle capacité d'analyse! Pour deux ou trois choses, tu n'es pas très loin de la vérité, du coup j'ose même pas commenter ton commentaire de peur de me trahir ^^ Jvais brouiller les pistes : James et Ellie vont se marier, et Lily va finir avec le colonel Fitz. Voila, voila (comment ça, c'est pas crédible ?) / Juste par rapport à Ellie, j'ai montré dans le chapitre 11 qu'elle a l'embarras du choix (Arthur, Jonathan, James... et même ce degueu de Jacob) mais elle a choisi James pour des raisons pratiques et rationnelles, même si son cœur est ailleurs! En fait son choix est moins simple que je le sous entend, mais vous en saurez plus prochainement! Merci a toi!

Merci a damL48! : merci beaucoup, sincèrement, pour ta review ! Hélas, je suis une auteur très irrégulière dans les mises a jour ! J'espère que les suites t'ont plu

Merci à Red Old Typewriter! : Bon, franchement, a ce stade et a cause de tes compliments, mes chevilles ont tellement gonflé que je suis dans l'espace là… sérieusement, c'est juste… woaw, merci ! Très encourageant, très gratifiant, woaw ^^ / J'ai des avis mitigés sur leur séparation, mais je suis plutôt contente que ce se soit passé comme ça ^^ que James en soit la cause n'est pas fait par hasard, hein ^^ Merci en tout cas pour la review (et ton pseudo est gé-nial ^^)

Merci à Nikki Micky! : yeah, mais Nathan va revenir, encore et encore, désolée de te décevoir ! saleté, va ! « j'adore sa stupidité » à ça m'a fait tellement rire ^^ Sirius et les autres Maraudeurs reviennent a partir du chapitre 14, et crois moi, y'aura des révélations *musique de suspens*. Emily aussi va bientôt etre introduite ! patience ! Merci beaucoup pour ta review !

Last but not the least, merci à Sunshiine! : yeah, je trouve aussi que Lily est courageuse, même si ce n'est pas l'opinion de beaucoup de personnes. « impossible n'est pas Potter » ? tu ne crois pas si bien dire ! et puis, ça aide visiblement d'être beau et riche ^^ Merci beaucoup

Voilà voila!