Aloha chers lecteurs/lectrices ! Et bonne année à vous ! Que votre année 2016 soit remplie de bonheur et de réussite ! :D

Je vous poste aujourd'hui le neuvième chapitre de la fanfiction. Il n'est pas super mais j'espère qu'il vous plaira quand même.

Réponse aux reviews:

Lulu-Folle : Je suis contente que le chapitre t'ait plu ! J'espère que tu ne seras pas déçue par celui-ci et que tu continueras à lire ! Bonne lecture ! :)

YokoLucas : Merci pour ton avis ! Contente que la fiction te plaise ! :) Pourquoi je pensais que le chapitre précédent ne te plairait pas ? ... Parce que je ne l'aimais pas moi-même xD Bonne lecture à toi ! :)

PetiteDeesse : Je suis navrée de te dire que les réponses et le moment guimauve que tu attendais avec impatience ne sont pas encore arrivés x) ^^ (Par pitié, ne me tue pas ! *regard du chat botté* x) ). Il faudra patienter encore un peu, jusqu'au chapitre dix pour être exacte ^^ mais j'espère que ce chapitre ne te décevras pas et te plaira quand même ^^ N'hésite pas à laisser ton avis et bonne lecture à toi ! :)

Chapitre neuf : Préparation.

Vingt-trois Novembre 1986,

Colonie des Sang-Mêlés,

Long Island,

07h01.

Lorsqu'il les avait vu débarqués ainsi, sans prévenir, au beau milieu du salon, Dionysos avait failli en lâcher sa bouteille de soda. Non mais franchement, qu'est-ce qui les prenait ? N'avaient-ils pas d'autres choses à faire ? D'autres choses beaucoup plus intéressantes que de débarquer dans ce lieu maudit ?

« Bonjour, Dionysos, le salua le Dieu des Voyageurs en s'installant dans l'un des fauteuils présents et ne prêtant pas attention au regard noir que le Dieu du Vin lui lançait. Comment ça va, aujourd'hui ? »

« Si tu es venu pour te moquer de moi, Hermès, tu peux repartir tout de suite. Je ne suis pas d'humeur. », répondit sèchement Dionysos en se dirigeant vers la sortie, la bouteille toujours en main.

Mais alors qu'il s'apprêtait à franchir le pas de la porte, le deuxième visiteur du jour se mit en travers de son chemin, l'empêchant de continuer. Avec un grognement, Dionysos lui lança un regard noir.

« Alors quoi ? Vous préparez une farce dont je suis la pauvre victime ? J'ai des choses à faire, moi, des responsabilités. Je ne peux pas me permettre d'être blessé ou quoi que ce soit. »

« Nous aussi, nous avons des responsabilités, Dionysos. Déclara calmement le Dieu de la Mer, un étrange sourire aux lèvres. Et tu sais bien que les farces ne sont pas vraiment mon domaine. »

« Mais c'est celui du Messager. J'ai donc de bonnes raisons de me méfier, non ? »

A cette remarque, Hermès leva les yeux au ciel, en soupirant. Il ne pouvait même plus rendre visite à un ami sans que cela ne devienne suspect ! Cela en devenait navrant. Vraiment.

« Arrête un peu, tu veux ?, s'exclama-t-il d'un ton à la fois amusé et agacé, en se levant et en rejoignant les deux autres d'un pas assez précipité. On dirait vraiment que je passe mon temps à te persécuter. Si on est là, Poséidon et moi, ajouta-t-il en ignorant le « c'est presque le cas » du Dieu du Vin, c'est parce que nous avons un marché à te proposer. »

« Un marché ?! »

Dionysos s'était tourné vers Hermès, une expression de profonde indignation sur le visage, les yeux sortant presque de leurs orbites.

« Tu me proposes un marché ? Et après tu oses me dire que tu ne te fous pas de moi ? Arrête de plaisanter, Hermès ! J'ai déjà fait bon nombre de marché avec toi et à chaque fois, cela a mal tourné ! Je me fais avoir à chaque fois ! »

Son ton était énervé, son visage rouge, et ses membres tremblaient légèrement. Il en fallait de peu pour qu'il prenne sa véritable forme et détruise toute la colonie. Mais quel culot le Dieu des Voyageurs avait ! Comment osait-il venir le provoquer, lui, Dionysos, qui était déjà dans une galère innommable à cause d'une stupide nymphe des bois ? Ne pouvait-il pas le laisser purger tranquillement sa peine sans aggraver la situation ?

« Quand vas-tu cesser ce cinéma ?, répliqua Hermès en levant de nouveau les yeux au ciel, l'air profondément agacé. Tu savais très bien à quoi t'attendre en jouant avec moi, ne dis pas le contraire. De plus, ce n'est pas ce genre de marché que je te propose aujourd'hui. Ambre Jones, ça te dit quelque chose ? » reprit-il après un instant de silence alors que Dionysos lui lançait un regard suspect.

Ce dernier ne répondit pas tout de suite, préférant se tourner vers Poséidon, histoire de vérifier si toute cette histoire n'était pas une grande farce et qu'il n'allait pas encore une fois se faire avoir. Mais le Dieu de la Mer se contenta de l'observer à son tour, affichant un visage impassible, attendant certainement une réponse. Dionysos finit donc par abandonner tout espoir d'éclaircissement et, avec un soupir, marmonna :

« Ambre Jones, tu dis ? Ce n'est pas la demi-déesse dont tu es amoureux en ce moment ? »

Hermès se contenta de hocher la tête, l'air un peu rêveur, ce qui fit sourire Poséidon. Le Dieu des Voyageurs semblait avoir trouvé son âme sœur, il y avait aucun doute !

« Et … qu'est-ce que cette Amélia a à voir avec notre marché, si ce n'est pas indiscret ? » demanda Dionysos après quelques instants, voyant que ses camarades n'avaient pas l'intention de développer leur réponse.

« Assieds-toi, Dionysos. Ça risque d'être long. »

XxxXxXxXxXx

Vingt-trois Novembre 1986,

Hôtel Rodwenn Hill,

Chambre d'Ambre,

09h32.

Debout devant son miroir, encore vêtue de son pyjama et les cheveux ébouriffés, Ambre observait son reflet. Un visage ovale et pâle. Des yeux d'un bleu éclatant, un nez petit et fin, des lèvres fines d'un rose clair assez joli et des cheveux blonds bouclés qui lui tombaient au niveau des épaules. La jeune fille aurait pu se considérer comme jolie s'il n'y avait pas eu ces énormes cernes ainsi que cet horrible air fatigué qui ne la quittaient plus depuis trois semaines. Navrant. Elle avait pourtant tout essayé pour les faire disparaître, allant même à dormir plus de dix heures par nuit tous les deux jours et à s'étaler des couches d'anti-cernes au quotidien mais rien n'y faisait. Cela ne voulait pas disparaître.

Avec un soupir et la main légèrement tremblante, Ambre entreprit de soulever son T-shirt. L'hématome était toujours là, énorme, violacé, juste en-dessous de son nombril et recouvrant quasiment tout son bas ventre. C'était l'un des seuls souvenirs physiques qui lui restait du bal d'Halloween. La seule et unique fichue marque qui ne semblait pas décidée à partir et qui continuait à lui faire un mal de chien. Cet hématome et sa persistance avait grandement inquiété Hermès qui lui avait conseillé de se reposer et de se nourrir d'Ambroisie. Mais la jeune blonde était persuadée que même cette méthode s'avérerait inutile. Si Apollon, Dieu de la Médecine de son état, n'avait pas réussi à la faire disparaître, alors rien ne le pouvait.

« Elle continue à te faire souffrir ? », demanda une voix masculine et familière derrière elle.

Hermès venait d'apparaître dans la pièce, la faisant légèrement sursauter. Avec un petit sourire d'excuse, qu'Ambre capta grâce au miroir, le Dieu avança encore de quelques pas et vint se placer juste derrière elle, profitant de leur proximité pour lui déposer un bisou dans le cou. Ce geste fit rougir la jeune fille qui remit son T-Shirt en place et avança d'un pas, s'éloignant ainsi d'Hermès qui fronça légèrement les sourcils. Cela faisait maintenant deux semaines que la jeune fille se montrait assez distante avec lui, sans qu'il ne puisse obtenir la moindre explication et cela commençait sérieusement à l'inquiéter. Après tout, la première semaine qui avait suivie leur premier baiser, Ambre avait semblé heureuse, et leur relation amoureuse avait commencé. De manière assez timide, certes, mais elle avait existé. Puis, petit à petit, Ambre s'était éloignée, et c'est à peine si, aujourd'hui, la jeune blonde acceptait qu'il ne la touche.

Un silence s'installa pendant quelques minutes durant lequel aucun des deux ne prononça un mot. Puis, après avoir pris une profonde inspiration, Ambre se tourna vers Hermès et, la tête baissée pour être sûre de ne pas croiser son regard, elle bégaya :

« Je … Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, Hermès. »

« Qu'est-ce qui n'est pas une bonne idée, Ambre ? »

« Toi et moi. »

A l'entente de ces mots, Hermès se sentit blêmir. Son cœur manqua un battement et l'atmosphère lui sembla soudainement plus sombre, comme si toute lumière et gaieté avec disparue de ce monde.

« Quoi ? … Mais … mais pourquoi ? », prononça-t-il difficilement en regardant la jeune fille qui gardait la tête baissée.

Il ne voulait absolument pas croire à ce qu'elle venait de dire. Cela était impossible. Elle ne pouvait pas penser cela.

Ambre ne répondit pas et après quelques secondes d'attente, Hermès lui saisit doucement le menton, lui redressant la tête. Plongeant son regard dans le sien, il remarqua les nombreuses larmes qui dévalaient ses joues. La jeune fille semblait infiniment triste. Avec un soupir, et n'insistant pas pour obtenir d'autres informations, Hermès l'attira à lui et lui déposa un doux baiser dans les cheveux, enfouissant ensuite son visage dans ses derniers un court instant. Ambre se laissa faire et éclata en sanglots.

« Je t'aime. », lui murmura-t-il au creux de l'oreille, et en resserrant son étreinte, les yeux lui piquant à son tour.

« Je t'aime aussi …, répondit Ambre, alors que des milliers de larmes mouillaient la chemise du jeune Dieu. Mais … tu … tu sais très bien que c'est impossible. Tu devras repartir en août et … »

« … et je ne t'oublierai pas Ambre. Je viendrai te voir le plus régulièrement possible. Je te le promets. Je te le jure sur le … »

« Non. Ne fais pas cela. Je t'en supplie. Je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi. »

La jeune fille venait de se détacher de lui, et le regardait d'un air à la fois triste et affolé. Il ne fallait pas qu'il fasse une chose pareille. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose à cause d'une promesse qu'il ne pourrait certainement pas tenir.

Hermès l'observa pendant quelques secondes, lui caressant la joue dans un geste rassurant. Puis, prenant un air déterminé et plongeant son regard dans le sien, il déclara :

« Je le jure sur le Styx. »

Au loin, un coup de tonnerre retentit. Une main s'abattit sur la joue d'Hermès.

XxxXxXxXxXx

Vingt-trois Novembre 1986,

Quelque part dans un champ,

États-Unis,

18h30.

Hermès avait profité du fait que Lisa ait invité Ambre à une soirée bowling pour s'éclipser discrètement et finir ce qu'il avait commencé. Il fallait que tout soit fini aujourd'hui pour que ce qu'il avait prévu puisse se passer le vingt-cinq Novembre, le jour de l'anniversaire d'Ambre. Il ne lui restait que deux jours, mais le Dieu des Voyageurs restait confiant : encore quelques sorties nocturnes et tout serait prêt, il n'y avait aucun doute. Il avait confiance en ses complices.

« Je peux savoir ce que tu fais là ? », demanda une voix masculine derrière lui, d'un ton surpris, le faisant sursauter et le ramenant brutalement à la réalité.

« Je pourrais te retourner la question, Apollon. », s'exclama Hermès en se tournant vers ce dernier, tentant tant bien que mal de cacher sa surprise et de ne pas prendre un air déstabilisé.

Qu'est-ce que le Dieu de la Musique faisait-il ici ?! N'était-il pas censé être avec Matthew, en train de jouer tranquillement à Pacman, dans le Hall de l'hôtel ?

Il ne manquerait plus qu'il fasse tout capoter …, pensa Hermès en fixant son interlocuteur, les sourcils froncés, dans l'attente d'une réponse.

« Je te cherchais., finit par lui répondre son interlocuteur en s'approchant de lui. Je ne savais pas que tu aimais les promenades champêtres, Hermy. Espèce de petit cachottier ! », ajouta-t-il en esquissant un sourire narquois, visiblement très amusé.

« Comment m'as-tu trouvé ? », répliqua Hermès, pas amusé pour un sou et visiblement très agacé.

Apollon le fixa un instant, puis, devant son air impassible et froid, finit par soupirer :

« Tu as laissé George et Martha dans la chambre. Une assez mauvaise idée, si tu veux mon avis., dit-il en s'asseyant sur un plant de pommes de terre. Je n'ai eu qu'à promettre à George de lui ramener des rats et à Martha de ne rien te dire pour connaître ta position. »

« Alors, qu'est-ce qui t'amène ici ? T'as un rendez-vous galant avec Déméter ? », reprit-il alors qu'Hermès continuait à le fixer, l'air profondément contrarié par la situation et ne prononçant pas le moindre mot.

« Je suis avec Ambre, Apollon. », finit par dire le Dieu des Voyageurs d'une voix glaciale.

« Je sais, je plaisantais. T'as perdu ton sens de l'humour en chemin ou quoi ? »

« C'est à peu près cela, oui. »

« … Hermès, pourquoi es-tu en colère contre moi ? »

« Parce que tu as toujours la manie de surgir au mauvais moment ? »

« Au mauvais moment ? Quel mauvais moment ? T'es là, tout seul, au beau milieu d'un champ, au fin fond de la campagne américaine et tu me dis que je suis là au mauvais moment ?! »

Apollon s'était levé brusquement, faisant s'enfuir quelques oiseaux au passage, et regardait Hermès d'un regard noir. Non mais vraiment ! Qu'il le dise s'il ne voulait plus le voir ! Qu'il le dise s'il ne voulait plus être son meilleur ami ! Il prendrait les devants !

« Apollon, arrête de … », commença Hermès, d'un ton agacé en lui rendant son regard noir.

Mais le Dieu des Voyageurs n'eut pas le temps de finir. Au loin, un cri de rage se fit entendre, suivi d'une énumération de jurons en grec ancien, plus grossiers les uns que les autres. Intrigués, et oubliant leur dispute pour quelques instants, les deux Dieux tournèrent la tête dans la même direction, juste à temps pour voir la Déesse Déméter se jeter sur Apollon, visiblement hors d'elle.

« Non mais vraiment !, s'écria-t-elle en saisissant le Dieu du Soleil par les épaules et en le secouant comme un cocotier. Tu n'as pas honte ? On ne t'a donc jamais rien appris ? On ne t'a jamais dit qu'il ne fallait pas s'asseoir ni marcher sur les plantations ? Regarde le carnage que tu viens de me faire ! »

D'un geste, elle désigna l'espace autour d'Apollon. Le Dieu du Soleil avait écrasé tous les plants autour de lui dans un rayon de cinq centimètres.

« Oups. », fit le concerné en lançant un regard d'excuse à la Déesse après avoir constaté son méfait.

« Oups ? OUPS ? C'est tout ce que tu sais dire ?, s'exclama Déméter en voulant l'attraper de nouveau par les épaules mais fut empêcher par Hermès. Ces plants sont foutus ! Totalement détruits ! Tu viens de ruiner le travail d'un pauvre paysan ! Tu n'as pas honte ?! »

« Pas tellement. »

Apollon affichait son habituel sourire narquois et se retenait visiblement de rire. L'emportement de la Déesse l'amusait plus qu'il ne l'effrayait. Ce n'était que des plants de pommes de terre. Il suffisait d'en planter de nouveaux pour que cela repousse. Il n'y avait pas de quoi en faire tout un fromage !

« Tu penses que c'est si facile que cela ?, lui lança Déméter d'un air mauvais en essayant de s'approcher de lui, en vain. (Hermès lui faisait barrage, se tenant entre elle et son meilleur ami.) Eh bien, tu serais vite surpris, jeune homme ! Je vais en parler à ton père, tiens ! Le monde des Mortels n'a pas l'air de te rendre plus respectueux et je pense qu'une deuxième punition serait plus que bénéfique. »

« Quoi ? »

Le Dieu du Soleil se renfrogna et fixa la Déesse, un air totalement scandalisé sur le visage.

« Tu n'oserais pas ! »

« Oh que si, jeune homme ! » (Déméter aimait montrer qu'elle était plus âgée, aussi appelait-elle tout le temps ainsi Apollon, Hermès et tous ceux qui étaient nés après elle, excepté Zeus.)

« Mais … Mais … Hermès ! Tu ne peux pas la laisser faire ça ! »

Le Dieu des Voyageurs, qui s'était contenté jusqu'à maintenant d'observer la scène, un léger sourire aux lèvres, tout en empêchant Déméter de commettre un meurtre, regarda son meilleur ami, un air faussement navré sur le visage :

« Je suis désolé, Apollon, mais quand on fait une bêtise, on doit en assumer les conséquences. Je pense donc que l'idée de Déméter est assez intéressante. »

Apollon voulut dire quelque chose mais lorsqu'il ouvrit la bouche, aucun son n'en sortit. Choqué. Il était choqué. Hermès avait profité de l'attitude de Déméter pour le punir lui aussi. Car le Dieu du Soleil n'était pas dupe : son apparition avait profondément énervé le Dieu des Voyageurs qui avait cherché à le lui faire payer. Et Déméter lui avait lancé une perche qu'il s'était empressé de saisir.

« Bon … Déméter, finit par déclarer Hermès après un instant de silence tandis que la Déesse affichait un air triomphant et qu'Apollon continuait à le fixer, la bouche ouverte, comme en état de choc. Si on commençait à parler du pourquoi on est là ? »

Le Dieu avait longtemps hésité à poser cette question, la présence d'Apollon le gênant quelque peu. Mais celui-ci ne semblait pas prêt à partir et le temps pressait. Il était 18h45, il devait rentrer avant 20 heures et les explications prendraient sans doute beaucoup de temps. Il fallait donc commencer maintenant, sans plus tarder. Il ne voulait pas mentir à Ambre si celle-ci s'apercevait de leur absence.

« Oui, mais fais vite, s'il te plaît., répondit la Déesse d'un ton assez autoritaire en remettant une mèche blonde en place, tandis qu'Apollon, remis de ses émotions, regardait Hermès, les sourcils légèrement froncés et l'air soudainement intéressé par la situation. Ton père a prévu une réunion à 19h30 et tu sais comment il est lorsqu'on arrive en retard. »

« Ne t'inquiète pas, tu y seras à l'heure. »

Là-dessus, Hermès commença son explication, sous les regards plus qu'intéressés de ses deux interlocuteurs.

XxxXxXxXxXx

Vingt-trois Novembre 1986,

Hôtel Rodwenn Hill,

Chambre d'Apollon,

19h45.

« Dis, Hermy. Pourquoi est-ce que tu n'as pas voulu me mettre au courant de ton projet ? », demanda Apollon en refermant soudainement le livre qu'il avait entre les mains et en tournant la tête vers son meilleur ami.

Cela faisait maintenant plus d'un quart d'heure que les deux Dieux étaient revenus à l'hôtel. L'entrevue avec Déméter s'était très bien passée, la déesse ayant accepté d'aider Hermès avec plus de facilité que celui-ci ne l'aurait soupçonné. Ses talents d'orateur étaient décidément très efficaces ! Ou était-ce l'histoire d'Ambre qui attendrissait autant ses camarades ? Quoi qu'il en soit, le plan du Dieu des Voyageurs devenait de plus en plus abouti et cela l'emplissait d'une grande fierté ainsi que d'un bonheur considérable. Il serait prêt le jour J, il n'y avait plus aucun doute. Il pouvait désormais s'en sortir même si les deux rendez-vous de cette nuit ne menaient à rien. Mais tout de même, s'il pouvait avoir deux complices de plus, cela ne le dérangerait pas.

« Parce que … Ne le prends pas mal, Apollon, déclara Hermès en lui jetant un regard à la fois suppliant et malicieux. Mais tu es incapable de garder un secret. Si Ambre s'était doutée de quoi que ce soit, aurait remarqué mes absences et qu'elle t'avait interrogé pour obtenir des réponses, tu n'aurais pas su tenir ta langue et tu lui aurais tout révélé dans la minute. Et tu la connais. Elle n'aurait pas accepté ce que je suis en train de faire et m'aurait dit de tout arrêter. Mais je ne veux pas. »

Apollon garda le silence quelques instants, méditatif. D'un geste lent, il se redressa et s'assit sur son lit, le regard toujours tourné vers son ami. Ce dernier, Apollon devait l'admettre, n'avait pas tort. Le Dieu du Soleil ne savait pas garder un secret, il pouvait prendre n'importe quel événement de sa vie pour le démontrer. Aussi comprenait-il assez la décision d'Hermès. Mais au fond de lui, Apollon ne pouvait s'empêcher de ressentir un certain mécontentement. Il avait la désagréable impression que son meilleur ami ne lui faisait pas assez confiance. Et cela lui semblait intolérable. Il devait régler ce problème au plus vite, lui démontrer le contraire. Hermès pouvait compter sur lui, depuis toujours. Il fallait qu'il en prenne conscience. Et le plus rapidement possible. Avant que leur amitié ne soit terminée définitivement. Car depuis un certain temps, Apollon et Hermès s'éloignaient l'un de l'autre, lentement, certes, mais irrémédiablement. Et cela effrayait le Dieu du Soleil. Car même si leur relation était parfois houleuse – les deux amis ayant quand même connu bon nombre de dispute s – Apollon était très attaché au Dieu des Voyageurs. C'était son demi-frère, son meilleur ami, son frère. Il ne pouvait donc pas se permettre de le perdre.

« Tu sais, commença-t-il en se levant et en rejoignant Hermès, assis sur le lit d'à côté. J'aimerais beaucoup faire quelque chose. J'aimerais beaucoup prendre part à ce projet. Tout d'abord pour m'excuser et me racheter de mon comportement qui a été plus qu'ignoble ces dernières semaines mais aussi pour Ambre. C'est comme ma sœur, Hermy. J'aimerais bien l'aider. »

« Tu pourrais peut-être commencer par aller t'excuser ?, proposa Hermès d'une voix douce et calme en lui jetant un regard. Tu ne lui as plus adressé la parole depuis le premier Novembre. »

Apollon baissa la tête, visiblement honteux.

« Si tu savais combien je m'en veux. Murmura-t-il, soudainement intéressé par le sol de la chambre. J'avais l'intention de me rattraper dans deux jours, le jour de son anniversaire. J'ai même préparé un discours et je lui ai acheté des cadeaux. Et pourtant, tu sais à quel point je déteste avoir à me faire pardonner ! »

A l'entente de ces mots, Hermès sourit tendrement. Il connaissait effectivement Apollon par cœur et avait pleinement conscience du terrible effort que le Dieu du Soleil s'apprêtait à faire. Lui-même, en tant que meilleur ami et demi-frère, n'avait jamais eu le droit à des excuses de sa part !

« Tu veux vraiment aider ? » questionna-t-il après un instant de silence.

« Oui. »

Le ton d'Apollon était déterminé et sans appel. Le jeune Dieu avait maintenant le regard fixé sur lui, attendant la suite. Hermès esquissa un mince mais franc sourire.

« Très bien. Alors voici ce que tu pourrais faire … »

XxxXxXxXxXx

Vingt-trois Novembre 1986,

Quelque part en plein New York,

02h15.

Hermès et Poséidon se matérialisèrent non loin du club, dans une impasse où jamais personne ne mettait les pieds, surtout la nuit. Une certaine puanteur y régnait, un insoutenable mélange d'ordures en décomposition et d'excréments humains et animaliers. Après avoir lancé un regard de dégoût au rat qui essayait de grignoter les lacets de l'une de ses chaussures, Hermès regarda Poséidon qui hocha la tête, tout en se couvrant le nez et la bouche avec l'aide de sa main. Même si la ruelle était un endroit isolé – peut-être même le seul et unique de la ville – ils ne pouvaient pas l'attendre ici. S'ils le faisaient, la mission était perdue d'avance : jamais la déesse n'accepterait de les rejoindre dans un endroit pareil.

Avançant lentement, et tentant bien que mal d'éviter les sacs poubelles et autres déchets qui encombraient la majorité de l'espace, les deux Dieux se retrouvèrent bientôt au milieu d'une rue bruyante et pleine de monde. Malgré l'heure tardive, des centaines de personnes arpentaient les rues, par petits groupes, riant et parlant avec légèreté, une boisson alcoolisée entre les mains et ne prenant absolument pas attention aux deux inconnus qui venaient de sortir d'une ruelle malfamée. Plutôt heureux de cette ignorance – des regards méfiants auraient pu compromettre leur mission – Hermès soupira et jeta un coup d'œil à la devanture du club qu'ils visaient. Ce dernier semblait correspondre totalement à la personne qu'ils y étaient venus chercher : une façade d'un rouge vif assez voyant, incluant une sorte de baie vitrée par laquelle on pouvait apercevoir l'intérieur de l'établissement. Un établissement où régnait apparemment une ambiance assez tamisée, intime, et où les clients se déchaînaient de façon sensuelle et totalement libre, dansant et discutant avec n'importe qui. Un établissement assez libertin, comme le détestait Hermès.

« Ça a l'air bondé, là-dedans, dit-il à l'adresse du Dieu de la Mer en se tournant vers lui. Comment va-t-on faire pour la trouver ? »

Poséidon sembla réfléchir un court instant, le regard fixé sur un écriteau qui vantait les mérites de l'établissement. Puis, il se tourna vers Hermès et lança, d'un ton mi amusé mi désolé :

« J'ai bien peur que nous n'ayons pas d'autres choix que d'y entrer, Hermès. »

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L'atmosphère à l'intérieur était étouffante. Hermès n'y était que depuis quelques minutes et déjà, des gouttes de sueur perlaient au niveau de son front. Poussant un profond soupir de mal-être, le Dieu des Voyageurs retroussa ses manches et enleva le premier bouton de sa chemise en déglutissant difficilement. Il avait l'horrible impression d'étouffer et cela le stressait. Il fallait la trouver au plus vite. Plus vite il lui parlerait et plus vite il pourrait sortir de cet endroit de malheur.

D'un geste de la main, Poséidon lui fit signe de se diriger vers le bar. Mais alors qu'il hochait la tête pour signifier qu'il avait compris le message, Hermès se retrouva face à face avec une femme d'une cinquantaine d'années, maquillée et vêtue d'une robe de soirée. Elle le regardait de manière intéressé et ne cessait de toucher ses cheveux tout en se mordant la lèvre inférieure.

« Salut, mon chou, déclara-t-elle après quelques secondes, tout en continuant de barrer le passage au Dieu des Voyageurs qui tentait de s'enfuir. Tu sais que tu es très mignon ? J'adore les jeunes hommes comme toi. »

En entendant ces mots, Hermès se maudit intérieurement d'avoir pris une apparence si jeune, celle d'un jeune homme d'une vingtaine d'années. Sa priorité ayant été de pénétrer dans un club interdit au moins de vingt ans, il s'était contenté de se vieillir de quelques années, passant ainsi d'un adolescent de dix-huit ans à un jeune homme de vingt-quatre. Il n'avait pas pensé aux personnes présentes dans le club, qui cherchaient certainement une conquête, et n'avait pas cherché à se vieillir d'avantage. Il s'était même étonné que Poséidon prenne l'apparence d'un homme d'une soixantaine d'années, à l'apparence négligée et aux vêtements miteux. Il comprenait à présent – et trop tardivement – la décision plus qu'intelligente de son camarade. Poséidon s'était ainsi assuré d'avoir la paix et de ne pas être dérouté de sa mission par une quelconque mortelle. Personne ne viendrait draguer un semblant de sans-abri.

Tout en essayant de mettre une certaine distance entre son interlocutrice et lui-même, Hermès chercha rapidement le Dieu de la Mer des yeux, dans l'espoir d'obtenir une quelconque et secourable aide de sa part. Mais Poséidon, tranquillement accoudé au bar, une bière dans une main, se contenta de lui faire un clin d'œil en levant le pouce, visiblement très amusé par la situation. Hermès pouvait même deviner, de part son expression, que le Dieu se retenait de rire.

Lui lançant un regard noir, Hermès repoussa les mains de son interlocutrice qui s'approchaient un peu trop près de sa chemise et dit, d'un ton très froid :

« Je suis déjà avec quelqu'un et vous ne m'intéressez en aucun cas. Si vous voulez bien m'excuser. »

Mais la femme ne semblait pas décidée à le laisser partir. Elle l'attrapa par les épaules et se rapprochant de lui, lui murmura à l'oreille :

« Allons mon chou, votre compagne est-elle là ce soir ? Comme je vous ai vu arrivé tout seul en compagnie d'un de vos amis, j'en déduis que non. Cela ouvre donc de nombreuses possibilités … »

Ne faisant pas attention aux protestations du Dieu des Voyageurs, elle lui saisit le bras droit et l'entraîna de force vers le bar. En son for intérieur, Hermès bouillonnait. Il n'avait pas d'autres solutions que de se laisser faire et cela l'agaçait. Il connaissait bien ce genre de personnes et savait que la violence ou les mots forts ne résoudraient en aucun cas la situation : de nombreux hommes étaient présents dans le club, dont la majorité – Hermès s'en doutait aux pensées jalouses qu'il percevait – avaient une vue sur la jeune femme. S'il la rejetait un peu trop brusquement, il risquait de compliquer encore plus sa situation et de s'attirer des ennuis. Le mieux était donc de laisser faire et d'attendre que cela passe. Enfin, si toute cette histoire n'allait pas trop loin.

Tout en maugréant contre ce fichu Dieu de la Mer qui l'observait de loin, hilare, et qui n'était pas fichu d'intervenir, Hermès observa la foule, tentant de trouver celle pour qui il était là et ne prêtant absolument pas attention aux propos de la femme qui lui tenait compagnie. Et après quelques minutes, qui semblèrent égaler l'éternité pour le Dieu des Voyageurs – qui ne pouvait s'empêcher de se demander quand son calvaire se terminerait – une main féminine finit par se poser sur l'épaule de la femme et une voix, qu'Hermès connaissait bien, se fit entendre :

« Excuse-moi, ma chère, j'aimerais te l'emprunter. J'ai quelque chose de très important à voir avec lui. Tu permets ? »

Et sans attendre l'approbation de son interlocutrice, Aphrodite se saisit d'Hermès et l'entraîna dans un coin isolé, près de la porte d'entrée. Là, elle sauta sur place, l'air surexcité et s'exclama :

« Aaaaah Hermès ! Tu ne peux pas savoir combien je suis heureuse pour toi ! Tu as enfin trouvé le grand amour ! Celui avec un grand A ! Et sans que j'y sois pour quelque chose, en plus ! C'est formidable ! »

Sur ces mots, elle prit Hermès dans ses bras, visiblement pleinement heureuse de la situation. Hermès, quant à lui, hésitait entre prendre un air blasé ou remercier la déesse : les réactions excessives d'Aphrodite l'agaçait mais il était ravi que la déesse soit de son côté. Seuls les Olympiens savaient ce que la Déesse de l'Amour était capable de faire lorsqu'un couple ne lui plaisait pas ! Et Hermès ne voulait absolument pas qu'elle agisse de cette manière : il aimait Ambre, profondément, et pour toujours.

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« Hestia nous attend dehors. Elle ne veut pas mettre les pieds ici. », déclara Hermès en rangeant son téléphone portable dans sa poche.

Aphrodite leva les yeux au ciel, tout en suivant tout de même Poséidon et Hermès vers la sortie.

« Restera-t-elle à tout jamais vieille fille ? », s'exclama-t-elle sur un ton désespéré, alors qu'ils poussaient la porte, arrivant sur le trottoir, toujours aussi bondé.

« Il me semble qu'elle en a fait le vœu, Aphrodite., lui répondit Poséidon en scrutant les alentours à la recherche de la déesse du foyer. Venez, elle est là-bas. », ajouta-t-il en désignant le trottoir d'en face.

« Hermès ! Cela me fait plaisir de te voir ! Comment se passe ton séjour dans le monde des Mortels ? », s'écria Hestia en serrant Hermès dans ses bras, visiblement très enjouée.

La Déesse n'était pas sous sa forme habituelle, ayant décidé d'adopter l'apparence d'une jeune femme d'une vingtaine d'années, pour plus de sécurité. Lorsqu'elle relâcha le Dieu des Voyageurs, un grand sourire était présent sur ses lèvres et une lueur bienveillante ainsi qu'un éclat de joie se reflétaient dans ses yeux bruns. Hermès sourit. Il avait toujours apprécié Hestia : il s'agissait de loin de la plus aimable et de la plus attentionnée des déesses. Tout le monde l'aimait à l'Olympe et elle était également très écoutée par ses comparses. L'avoir de son côté serait donc une chance mais également un soulagement pour le Dieu. Il ne souhaitait pas avoir à la blesser ou à se disputer avec elle. Il la considérait comme sa sœur et il savait que cela était réciproque.

Prenant une longue inspiration et jetant un léger coup d'œil à Poséidon qui hocha la tête, un air rassurant sur le visage, Hermès ouvrit la bouche pour se lancer mais Hestia l'interrompit aussitôt, d'une voix douce :

« Je sais déjà ce que tu vas me demander Hermès. Et j'accepte. Je pense que ce sont toutes les deux de très bonnes idées et je suis assez fière de toi. Je ne m'imaginais pas pouvoir assister un jour à ce genre de choses. Tu oses enfin. Et c'est formidable. »

Hermès aurait pu se réjouir pleinement de la décision de sa tante, si un détail ne l'avait pas laissé interdit.

« Tu … Mais … Mais comment as-tu pu savoir à l'avance ce que j'allais te demander ? », bégaya-t-il, soudain affolé.

Y avait-il eu des fuites à l'Olympe ? Si c'était cela, il était fichu !

« Cela fait un petit moment que j'écoute votre conversation. »

La Déesse affichait un air à la fois honteux et malicieux, à l'instar d'une enfant de cinq ans qui venait d'épier une conversation intéressante, l'oreille collée à la porte. Cette image fit sourire ses trois acolytes. Soulagé, Hermès demanda quand même :

« Mais pourquoi as-tu attendu pendant tout ce temps, alors ? Si tu nous écoutais depuis le début, tu aurais pu simplement m'envoyer un message ou même me communiquer ta réponse mentalement. Pourquoi as-tu pris la peine d'attendre sur ce trottoir pendant ...( il jeta un coup d'œil rapide à sa montre:) … pendant plus d'une heure ?! »

« Pour le plaisir de vous voir, Hermès ! »