Titre : Blind me

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, basée sur l'histoire originale

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient, sauf le personnel médical et la fille d'Hilde, Zelie !

Pairing : Heero x Duo (1x2), Trowa x Quatre (3x4)

Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell, Quatre R. Winner, Wufei Chang.,

Notes : bonjour à tous. Comme promis, le dernier chapitre de cette fic que je suis heureuse d'avoir pu mener à son terme. Je remercie toutes les personnes qui ont suivi mon histoire, celles qui m'ont encouragé par des reviews ou des mps, celles qui m'ont mis dans leurs listes. J'espère que ce dernier chapitre sera à la hauteur de vos attentes.

Un merci particulier à Geularde, pour ta review sur mon dernier chapitre mais aussi pour chacune elle et pour ton soutien, et je te souhaite bien du courage pour tes partiels.

Merci également à toi, Gallyfylbers pour tes reviews et tes encouragements.

Encore un très grand merci à ma très chère Yuy, j'espère vraiment que cette fic en réponse à ta demande correspond à ce que tu attendais ou au moins, qu'elle s'en approche le plus possible ^^.

Merci aussi à vous qui êtes passé à un moment lire ma fic et m'avez laissé un ou plusieurs comm, et comme je n'ai plus de nouvelles depuis quelques chapitres, j'espère que vous avez quand même continué votre lecture jusqu'à la fin : à Bernie Calling, Hayami.M, Hissha, Camille, Caro06, Maman bouba, Zephis, Meanne77, Laku-san, Utopia Salad, Sortilege, Celine, Lectrice anonyme, cherry fantasy, Nass, Calamithy, Lana, Kasu, kk, Cheery-kun, Hayata, Azaryelle, Ellen, Ombre pluie, et entre nos mots.

Un grand merci, donc, une bonne lecture pour la dernière fois sur cette fic et peut-être à bientôt sur d'autres projets…

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Chapitre 12 : Blind me

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Hôpital militaire de Sank,
Service d'ophtalmologie
Séjour de courte durée, chambre 12

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- Alors comme ça, tu as refusé d'ouvrir les yeux après ton opération ? attaque directement Duo en entrant dans la chambre d'Heero.

- Je n'ai pas refusé d'ouvrir les yeux, se défend celui-ci en tournant son visage vers lui.

- C'est ce qu'on m'a dit, pourtant, 'ro… Sinon, tu serais pas ici alors que normalement, tu peux rentrer chez toi après une nuit en observation, et simplement revenir le lendemain pour refaire le pansement.

- J'ai ouvert les yeux et j'ai confirmé que je voyais.

- Mais tu n'as pas laissé le médecin les examiner…

- Il aurait fallu que je le regarde.

- Et… ?

- Je ne voulais pas.

- Pourquoi ? Il n'est pas si mal, pourtant… C'est un quadra sexy, tu sais !

- J'ai le droit de choisir ce que je veux revoir en premier après près de trois mois d'obscurité, non ?

- Bien sûr que si, 'ro, reconnaît-il en s'approchant de lui. Mais ce n'est pas prudent. T'as passé l'âge de faire…

- T'es rentré, le coupe-t-il gentiment.

- Euh… oui…

- Je vais pouvoir laisser le Dr Ephray m'examiner, conclut-il en ôtant le bandeau préventif et les coques qui couvrent ses yeux.

Après un bref clignement d'œil de la part d'Heero, leurs regards plongent l'un dans l'autre.

Impossible de dire combien de secondes ou de minutes passent ainsi dans une immobilité quasi parfaite, si ce n'est le mouvement des paupières, jusqu'à ce que Heero ne craque le premier, contre toute attente.

Il n'a tout simplement pas pu se retenir de sourire en voyant Duo progressivement rougir sous l'intensité de son regard, bien qu'un peu trouble et embué.

Et le voyant enfin après ce qui lui semble être une éternité, il est tout aussi incapable d'empêcher ce premier sourire de s'élargir.

Duo finit lui aussi par réagir : il fait un pas jusqu'au fauteuil près du lit d'Heero sur lequel il se laisse tomber, sans jamais perdre le contact visuel.

Et sans cesser de rougir.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Il n'est pas en sucre, certes, mais l'émotion est bien trop forte pour le laisser de marbre, et il se sent fondre comme neige au soleil face à ce regard tant espéré, attendu, désiré.

Ce regard qui en dit tellement, qui en exige tellement, qui résume tout ce qui s'est passé entre eux.
Ces yeux qui le perdent, car il ne sait pas quoi dire, quels mots doivent être prononcés.

Que doit-il faire, alors qu'il ne s'est même pas approché pour saluer correctement Heero, redoutant ce moment gênant où on ne sait pas si on doit s'embrasser comme des amis ou comme des amants, parce qu'on est autant l'un que l'autre, aux dernières nouvelles, mais qu'on ne sait pas si on va pouvoir rester les deux…

Mais là, Heero ne le regarde plus de la même façon qu'avant.

D'ailleurs, les émotions qui les traversent tous les deux sont si fortes que Quatre parvient à les ressentir, depuis le couloir.

- Qu'est-ce qui se passe là-dedans, Winner ?

- Rien qui nous concerne, pour le moment.

- Alors cesse de sourire aussi bêtement.

- Oui, mon colonel…

Loin de penser à Quatre ou n'importe lequel de leurs amis à ce moment-là, Duo n'a de yeux que pour Heero.

- Tu me vois… murmure-t-il un peu bêtement.

Mais comme c'est plus une affirmation qu'une interrogation, ça passe encore.

- Hn. Tes yeux m'ont manqué, Duo.

- Que mes yeux ?

Un peu d'humour et de taquinerie pour alléger la tension grandissante et l'intensité de l'instant…

- Tu connais la réponse.

- Tu me l'as clairement dit, une fois. Mais ce sont mes yeux, mon regard qui te manquait le plus.

- Même si je n'avais pas recouvré la vue, je sais maintenant que je n'aurais pas laissé leur souvenir s'effacer.

- Je n'aurais pas non plus oublié l'éclat des tiens. Mais je suis heureux de le retrouver.

- Merci d'avoir été mes yeux, ces derniers mois, Duo.

- J'espère que tu n'en auras jamais plus besoin, mais si ça devait arriver, je recommencerais sans hésitation. Je te les prêterai encore avec plaisir !

- Je te les rends, mais il y a une chose que je veux garder.

- Laquelle ?

- Ton cœur.

Duo se mord la lèvre.

- Je te le confie sans hésiter.

- J'en prendrai soin. Comme tu le fais avec le mien.

- Oui…

Ils se regardent encore un moment en silence, comme s'ils cherchaient à rattraper tout ce temps où ils n'ont pas pu échanger de cette simple façon.

Il y a tant de choses qui ne se disent, ne se lisent, ne s'expriment qu'à travers le regard, fenêtre de l'âme…

- Duo… finit par reprendre Heero d'une voix basse et rauque.

- Oui ?

- On a bien fait l'amour, il y a deux nuits ?

- Euh… oui…

- Tu t'en souviens ?

- Évidemment !

- Tu regrettes ?

- Bien sûr que non, quelle idée ! s'indigne-t-il.

- Alors pourquoi es-tu encore si loin de moi ?

- Euh…

- Approche.

Duo ne peut que déglutir, tressaillir… et obéir à cette voix qui commande d'abord aux sens, à son désir et ensuite, invitant son cerveau à agir selon elle.

Il se souvient aussi que c'est avec cette même voix, ce même ton, enflammant son corps entier encore plus qu'il ne l'était déjà, qu'Heero lui a soufflé un « viens » incendiaire au creux de l'oreille.

Alors qu'il venait lui-même au creux de son corps…

C'est en mordant une énième fois sa lèvre que Duo quitte le fauteuil pour s'asseoir sur le lit, tout près d'Heero.

Mais visiblement pas encore assez, puisqu'Heero lui saisit très doucement le poignet pour l'attirer vers lui, contre lui.

- A ton avis, ça a marché ?

- Quoi ? murmure Duo.

Il a bien du mal à réfléchir et à penser à autre chose que les bras d'Heero l'entourant, son visage si près du sien, et ses yeux qui lui hurlent tant de choses…

- La greffe.

- Je ne suis pas médecin, 'ro… D'ailleurs, je devrai déjà les avoir appelés…

- Mes yeux n'ont pas changé ? demande-t-il en ignorant volontairement la deuxième partie de la réponse de Duo.

- Je ne me souviens pas les avoir jamais vus d'aussi près, tu sais… Et je ne crois pas que tu m'aies jamais regardé comme ça non plus…

- Pas quand tu pouvais le voir.

- Alors tu as vraiment cherché à me le cacher !

- Pas forcément.

- Comment ça, pas forcément ?

- J'étais aveugle bien avant d'être blessé.

- Tu n'étais pas conscient de tes sentiments ?

- J'ai mis du temps à mettre un nom dessus.

- Quand as-tu compris ? veut savoir Duo.

Il fait un effort pour rester concentré sur la conversation, parce qu'entre le regard d'Heero et sa main, avec laquelle il s'est mis à parcourir son dos en de légères caresses, il a bien du mal à ne pas se laisser gagner par une douce torpeur.

- Je t'ai senti tomber amoureux de moi. J'ai compris que c'était exactement ce qui m'était arrivé.

Duo appuie son front contre le sien en souriant, alors que la main libre d'Heero trouve une des siennes et que leurs doigts s'entremêlent doucement.
Il a besoin de couper un peu le contact visuel, trop de choses passent dans cet échange, il s'y perd alors qu'il y a malheureusement des priorités.

- Il faut que le Doc t'examine, 'ro… Tu risques de compromettre la réussite de ta double greffe.

- Quelques minutes supplémentaires n'y changeront rien.

- Tu sais bien que si. Une seconde peut parfois tout changer…

- Ne bouge pas, Duo.

- 'ro…

- Un instant encore.

- On aura tout le temps après, tu sais…

Heero recule son visage pour pouvoir le regarder dans les yeux, à nouveau.

- Je sais.

Là, Duo craque totalement devant ce regard qui lui a tant manqué et qu'il a sérieusement cru ne jamais revoir.

Il dégage sa main pour pouvoir enfermer Heero dans une puissante étreinte, le serrant fort contre lui.

Heero ferme les yeux et lui rend son étreinte un long moment, avec la même force, la même tendresse, le même soulagement, avant de s'écarter pour le regarder.

Il a bien du mal à ne pas le faire, après avoir cru, lui aussi, qu'il n'en aurait plus jamais l'occasion.

- J'ai changé ? demande doucement Duo, comme pour ne pas briser le charme et l'intimité de cet instant.

- Tu ne me regardes plus comme avant.

- C'est une bonne chose, non ? Ou tu penses encore que ça n'aurait pas dû arriver ?

- Il est bon que certaines choses changent.

Duo sourit d'une oreille à l'autre, soulagé.

- Bon, j'appelle le Doc, maintenant, que je puisse te ramener à la maison.

- Attends, le retient-il encore alors qu'il tente de se lever.

- Heero, ça suffit, t'es pas…

Les deux doigts qu'Heero posent sur ses lèvres l'interrompent.

Et se souvenant de ce qui a suivi ce geste les dernières fois, le cœur de Duo rate un battement alors que ses joues rosissent délicieusement, comme un ado…

Attendri au possible, Heero caresse doucement ses lèvres des siennes avant de l'embrasser plus franchement.

Un baiser passionné qui ravit définitivement le cœur de Duo, son âme et son souffle aussi, au passage.

- C'est exactement comme ça que j'imaginais ton visage après t'avoir embrassé, murmure Heero après s'être légèrement reculé.

- Et… tu aimes ?

- Hn. Autant que j'aime t'embrasser, ajoute-t-il contre ses lèvres.

Avant de les ravir à nouveau dans un long et tendre baiser, où il fait passer ce qu'il aurait voulu dire mais qu'il ne parvient pas encore, même s'il en crève d'envie.

Duo le comprend car il partage la même petite appréhension, bien qu'ils n'aient, ni l'un, ni l'autre, le moindre doute sur l'amour qui les lie déjà.

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Maintenant que tu m'aimes, je m'aime
Je n'aurais jamais cru dire ça un jour
Je n'ai jamais pensé que ce serait toi.

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- T'es cruel, 'ro… Mais ça ne marche pas. Me frustrer ou me tenter ne m'empêchera pas d'appeler le Doc, je suis vraiment inquiet…

- Appelle-le.

Duo s'écarte et le regarde avec un certain doute.

- Ta capitulation me semble un peu rapide et louche… t'as quelque chose derrière la tête !

- Plus vite je serai sorti d'ici, plus vite je pourrai procéder à d'autres vérifications.

- Hein ?

- J'ai eu l'occasion d'imaginer beaucoup de choses, dernièrement, explique-t-il en glissant son regard brûlant sur le corps de Duo, à présent debout face à lui.

- T'es conscient que tu pourrais me faire jouir rien qu'avec ta façon de me regarder ? C'est une arme dangereuse qu'on a restauré, je suis pas certain qu'on ait bien mesuré le risque et les conséquences…

Heero se contente de lui adresser un sourire torve.

Duo soupire, mais c'est son propre sourire qui prédomine.

Le temps d'ouvrir la porte pour inviter leurs amis à se joindre à eux, et demander à Trowa d'aller chercher le Dr Ephray, Heero a retrouvé une expression neutre.

Qui, bien évidemment, ne trompe personne…

Certainement pas Quatre, qui a bien du mal à contenir le flot d'émotions qu'il perçoit : joie, amour, soulagement, désir…

Le bonheur, tout simplement.

Ils sont tous heureux de revoir les yeux d'Heero et surtout, l'échange de regards entre Duo et lui.

A les voir tous les deux assis l'un à côté de l'autre, sans se toucher, mais parvenant difficilement à ne pas se regarder, être témoins de cette intimité nouvelle, cet aspect de leur relation qui n'aurait certainement pas été possible sans cette épreuve leur fait presque bénir l'accident d'Heero.

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Quatre mois après sa greffe, Heero a définitivement et complètement recouvré la vue, et affiche de nouveau une acuité visuelle de plus de 10 dixième à chaque œil.

De nouveau entièrement opérationnel, le Colonel Yuy a repris ses fonctions, ses hommes, ses missions.

Elfy a été confiée à une autre aveugle, mais Heero et Duo la voient régulièrement au parc près de leur résidence, car la jeune femme vit dans le même quartier.

C'est Giovanni qui a arrangé ça.
Il a offert un bébé labrador à Heero et Duo pour compenser le départ non négociable d'Elfy, et aussi en guise de cadeau pour leur emménagement officiel ensemble.

Ils n'ont pas changé d'appartement, Duo s'est simplement installé dans la chambre d'Heero, qui a ainsi retrouvé son bureau.

Trop de choses importantes se sont passées dans cet endroit pour qu'ils pensent seulement à déménager.

Un jour, certainement, mais dans un premier temps, ils voulaient tous les deux voir leur amour grandir et s'épanouir dans ce même lieu où celui de Duo pour Heero est né.

Ou plutôt, où il a germé, car d'après Quatre, la petite graine était déjà semée.
Il restait juste à voir si elle allait donner quelque chose un jour, ou si elle allait à jamais rester stérile…

Un soir, après qu'ils aient fêté leur première année en couple, Heero rejoint Duo dans leur chambre et avec un sourire coquin qu'il n'a que pour Duo, il lui tend un foulard en soie aussi bleu que ses yeux.

- Honey ? interroge Duo en délaissant son livre pour prendre le tissu.

Heero se penche vers lui, l'écrasant presque de son poids, de sa présence, mais l'enveloppant aussi et surtout de son parfum, de son odeur.

- Blind me, souffle-t-il au creux de son oreille.

Duo lui rend son sourire alors qu'Heero se relève pour plonger son regard dans le sien.

- Yes, my Lord…*

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* Fin *

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Note : Blind me : « aveugle-moi »

Yes, my Lord, « oui, mon seigneur/mon Maître », en référence direct à Black Butler, parce que quand Sebastian le dit, on a juste envie de se coucher sous lui !

Merci d'avoir lu ce dernier chapitre.

Bonne continuation à vous et au plaisir de vous retrouver, sur vos fics ou les miennes.

Et aussi, excellente année 2012 à tous !

Lysa