~ Protection Rapprochée ~
Chapitre 10 : L'approche du fauve.
_Ichigo, ça commence!
La voix de Kensei parvint jusqu'aux oreilles du jeune homme sortant à peine de la douche ce soir-là. Il fit glisser la paroi séparant la cabine de douche du reste de la salle de bain, et tenta un pied sur le carrelage gelé qui lui envoya des frissons jusque dans la colonne vertébrale. La buée dans l'espace confiné rendait l'atmosphère moite, insupportable, Ichigo en avait même du mal à respirer. Avançant sur la pointe des pieds jusqu'au miroir au dessus du lavabo, il y passa sa main pour en retirer la buée trop épaisse, découvrant son visage rougit sur la surface brillante.
_J'arrive! lança-t-il en saisissant une serviette qu'il passa sommairement dans ses cheveux avant de se l'attacher autour de la taille.
Ses yeux se fixèrent un moment dans le miroir de la salle de bain. Ses joues quelque peu rougies et son torse imberbe couleur miel étaient fort plaisants à regarder, remarqua-t-il avec un petit sourire en coin intéressé. Qui ne serait donc pas séduit par son corps de minet, hein?
Ou plus précisément : pourquoi Kensei ne le remarquait-il pas?
Il ne pouvait pas croire que cet homme restait insensible à ses charmes!
_Y'a failli avoir un but! retentit à nouveau la voix de Muguruma de l'autre côté de la porte.
Kurosaki inspira profondément; c'en était trop cette fois-ci il ne pouvait plus rester sans rien faire! A force de le côtoyer, de vivre avec lui, de sentir son odeur, de voir son corps à demi-nu chaque matin, d'entendre sa voix, d'entendre ses soupirs pendant son sommeil il était prêt à imploser! Son être ne pouvait plus contenir en lui ce trop plein de sensations accumulées depuis qu'il vivait dans la suite du garde du corps.
C'était ce soir ou jamais qu'il avouerait à Muguruma Kensei qu'il était attiré par lui, un point c'est tout!
Prenant son courage à deux mains en s'observant quelques instants de plus dans la glace, le rouquin resserra le nœud de sa serviette de bain autour de sa taille et sortit de la pièce, le pas conquérant et les yeux déterminés. Il passa une main dans ses cheveux rapidement, s'assurant qu'il n'avait pas l'air ridicule avec ses cheveux ébouriffés.
Le garde du corps était paresseusement assis dans le canapé du salon, face à la télévision, les pieds reposant sur la table basse, une cigarette à la main et les yeux braqués sur le petit écran. A cette simple vision, le roux sentit son estomac se contracter et la nervosité grandir en lui... Aurait-il assez de courage pour faire ce qu'il avait l'intention de faire ce soir?
Bon sang...
Il ne se permit pas plus de réflexion et fonça vers le canapé.
_Ah te voilà! jeta le plus âgé en tournant son visage vers lui. Regarde moi ça, cinq minutes de jeu et déjà trois occasions pour...
Mais plutôt que de s'asseoir religieusement à ses côtés comme s'y attendait Kensei, Ichigo prit place sur ses cuisses, à califourchon, son dos légèrement cambré de façon à toucher de son torse celui de Muguruma. Ses mains sur les épaules musclées, l'orangé approcha sa bouche pour prendre contact avec celle de son vis-à-vis dans un baiser sec et claquant. C'était spontané, c'était du suicide, c'était complètement dingue...!
Kensei resta pétrifié.
_Désolé, susurra Kurosaki, laissant ses mains caresser le torse puissant par dessus la chemise noire de l'argenté. Je ne peux plus me retenir maintenant...
Sa voix tremblait très légèrement, d'appréhension. Il ne parvenait même pas à le regarder en face alors qu'il lui avouait ce qu'il avait sur le cœur, là tout d'un coup si brutalement. Il avait conscience que c'était peut-être trop violent pour l'homme face à lui, mais c'était vital, il avait besoin de l'avouer.
_Ça fait des jours que je fantasme sur toi à en mourir, j'ai envie de toi. Prends-moi ici et maintenant, et fais ce que tu veux de moi!
Kensei sentit un courant électrique traverser son corps de part en part. Ses yeux s'écarquillèrent progressivement et il dévisagea le jeune homme, sa bouche esquissant des débuts de mots qu'il ne parvenait pas à articuler clairement. La surprise était telle qu'elle avait glacé son sang et empêchait dorénavant son corps de se mouvoir, son cerveau de penser, son être de respirer.
_Quoi? demanda le roux, s'inquiétant de la longueur du silence laissé par le garde du corps.
Il fallut plusieurs minutes à Muguruma pour reprendre le sens de la réalité, et avant de pouvoir dire la moindre chose. Sa gorge était subitement devenue sèche et il se sentait suer à grosses gouttes, Ichigo lui faisait un effet... Ses mains appuyaient sur les reins du jeune homme - inconsciemment bien entendu - ses cuisses s'étaient enfoncées dans le cuir du canapé et son souffle s'était accéléré comme si... comme si...
Les yeux gris étaient quelque peu humides alors qu'ils dévisageaient le visage juvénile en plein désarroi face à lui. L'orangé se demanda bientôt s'il n'avait pas eu une crise cardiaque et n'était pas mort sur le champ. Mais en réalité, il n'en était rien!
Les deux mains puissantes qui ne quittaient plus les reins de Kurosaki reprirent leurs pressions sur lui et le corps du roux bascula en avant, son front rencontrant celui de son partenaire :
_Ichigo... Moi aussi j'te veux!
La façon dont il avait énoncé cette phrase était si sexy, si chaude, sa voix si sensuelle avait fini de réveiller les hormones en folie furieuse du jeune homme à la chevelure rousse. Ce n'était pas comme si elles n'étaient pas déjà réveillées, mais à présent c'était pire que tout.
_Oh Kensei..., gémit ce dernier en s'écrasant contre sa bouche de tout son poids, glissant ses mains dans les cheveux gris de l'homme musclé.
Une langue très puissante s'enfonça loin dans sa bouche, jusqu'à en perdre le souffle, accaparant sa propre langue dans un balais rapide, exténuant mais oh combien jouissif. Le corps à corps qu'ils avaient entamé lui faisait tourner la tête, complètement. Kensei embrassait à la perfection... Les deux hommes pouvaient clairement sentir les mamelons durcis d'Ichigo se frotter contre les pectoraux saillant de Muguruma, chatouillant le désir exacerbé du jeune orangé.
_Cette serviette me barre la route on dirait, murmura-t-il en dégageant d'une main la serviette de bain enroulée autour des hanches d'Ichigo d'un air mutin.
L'étoffe mouillée tomba au sol dans un souffle, dévoilant sans aucune pudeur l'érection particulièrement prononcée du jeune homme qui se pinçait les lèvres. La façon dont les yeux gris perçants observaient son membre allait certainement le faire venir dans la seconde.
_Ah... Ne me regarde pas comme ça! implora-t-il
Puis, il se sentit soudain basculer sur le côté et renversé sur le canapé, par des mains puissantes. Un corps affamé grimpa sur le sien, se mouvant étonnamment doucement, sensuellement sur le sien. Il n'en pouvait vraiment plus! Il voulait retirer les vêtements de son partenaire, laisser courir sa langue sur chaque parcelle de sa peau, voir son désir, il voulait sentir sa peau s'électriser sous son touché, il voulait le faire devenir fou...
Ses mains agrippèrent le tee shirt que Muguruma portait pour le tirer jusqu'à sa tête, de façon à le lui enlever. Ses mains se mirent à parcourir immédiatement le corps parfaitement musclé qui le faisait baver d'envie, son dos reposant toujours douloureusement sur le canapé qui devenait étonnamment dur au fil des minutes.
Dur comme du béton même...
_Mmm... Kensei... Oui...
Il sentait sa bouche partout sur lui... Ses doigts se glissèrent sous l'élastique de son caleçon... Un souffle chaud caressait son cou... Son corps brûlait de désir. Il le sentait, il le sentait...
Bam!
_Aïe!
Ichigo ouvrit grand les yeux alors que son cœur avait accéléré à une vitesse hallucinante. La première chose qu'il vit fut une très grande étendue blanche éclairée par une lumière artificielle. Et la première chose qu'il sentit fut son dos qui reposait contre une surface très dure qui d'ailleurs le faisait souffrir...
_Aïeuuuh..., répéta-t-il en constatant qu'il était tombé du canapé et qu'il se trouvait maintenant par terre.
_Je ne sais pas à quoi tu rêvais mais ça avait l'air très agréable! lança une voix moqueuse derrière lui.
L'orangé eut immédiatement un coup au cœur – ainsi qu'un coup au caleçon. Quoi? Il avait encore rêvé de lui et Kensei s'apprêtant à faire l'amour et il en avait rêvé tout haut alors que le dit-partenaire de ses rêves était dans la même pièce?
ARG! Le rouge lui montait aux joues maintenant et une honte incroyable le submergeait.
Il serra les dents, priant de toute son âme pour ne pas avoir gémit des « oui, c'est bon Kensei! » ou des « j'ai envie de toi, Kensei » pendant ce stupide rêve cochon...
Il ne savait plus où se mettre.
_Je... j'ai dit quelque chose? demanda-t-il en se relevant, une mine innocente affichée sur le visage lorsqu'il se tourna en direction de son logeur.
_Non. Disons juste que tu poussais des soupirs heureux et que tu te trémoussais comme un ver sur le canapé en serrant ce pauvre coussin dans tes bras. Une petite amie en ce moment?
_QUOI?
La question du garde du corps manqua lui faire rater un battement de cœur. Le roux s'approcha de la table du salon à laquelle Kensei était attablé, occupé à déguster son petit-déjeuner. Il était presque 5h30 ce matin-là et Muguruma travaillait... Cependant, l'homme l'observait avec un sourire en coin, s'amusant visiblement beaucoup de la situation dans laquelle se trouvait son colocataire.
Et Kurosaki n'arrivait pas à croire qu'il avait encore fait un rêve cochon en pensant à lui...
« Je crois qu'il va vraiment falloir que je me trouve quelqu'un parce que là je deviens pathétique! » pensa-t-il en se baffant mentalement. Oui, un amant, et très rapidement! Avant qu'il ne finisse par devenir somnambule et ne viole Muguruma pendant son sommeil.
Bon sang, la honte!
_Je plaisantais, reprit Kensei en posant une main sur son épaule. Tout le monde sait bien que dans ce métier il n'y a pas de place pour le batifolage, les rendez-vous amoureux et tutti quanti! Mais tu es jeune après tout...
_N'importe quoi! bougonna l'autre en détournant des yeux coupables. Comme si j'avais besoin d'une fille!
Kensei sourit, se levant de sa chaise pour empoigner sa veste en cuir restée dans l'entrée. Il l'enfila sans quitter l'orangé des yeux, observant son profil boudeur, il aimait le taquiner :
_Il n'y a pas de mal à rêver à ce genre de choses, tu sais...
_Taisez-vous! s'écria-t-il, tentant de se calmer alors que la situation empirait et qu'il s'enfonçait dans la pire honte de sa vie.
Le propriétaire des lieux sourit de plus belle et ouvrit la porte pour sortir. Mais avant de la refermer, il s'autorisa une dernière réplique :
_Ne fais pas trop de bêtises aujourd'hui, repose-toi. Et n'oublie pas de passer un coup de fil à Kuchiki!
_D'accord, répondit le plus jeune sans aucun enthousiasme.
La porte claqua et un soupir à fendre l'âme déchira le nouveau silence de l'espace luxueux. Ichigo se sentait étrangement seul; comme une âme en peine, seul avec ses problèmes à la noix, seul avec ses sentiments et ses désirs inavouables.
Comment avait-il pu être aussi nul pour craquer sur un type pareil? Il cacha son visage entre ses mains de façon désespérée. Kensei était le dernier homme en qui il devait s'attacher de cette façon, surtout qu'il ne s'agissait que d'une attirance physique et sexuelle rien de plus. Jamais il ne serait amoureux de ce type, il en était hors de question!
De rage contre sa personne, il se recoucha sur le canapé, les bras croisés et les sourcils froncés. Il allait s'endormir à nouveau, décida-t-il, sans rêver de son logeur si possible, et à son réveil il appellerait Kuchiki. Mais son corps ne semblait pas apte à trouver le repos... Il était même plutôt aux aguets.
_Recouche-toi tout de suite! ordonna-t-il férocement en relevant sa tête pour s'adresser à la braguette de son pantalon gonflée.
Il se devait de l'admettre, il n'en pouvait plus de se réveiller tous les matins avec son sexe incroyablement dur à cause de ses rêves érotiques bidons. Car bidons ils l'étaient; lui et Kensei ça n'arriverait jamais...
_Bon sang, mais qu'est-ce qu'il est bon..., murmura-t-il en plissant les yeux, ne pouvant retirer de sa mémoire la façon dont Kensei le caressait et le touchait dans son rêve.
C'était encore mieux qu'un fantasme réalisé. Dans ses rêves, Kensei était l'amant parfait, celui qui savait où et quand toucher pour satisfaire complètement son partenaire. Il était impossible qu'il soit aussi parfait dans la réalité...
_Ce n'est qu'une invention de ton subconscient, Ichigo! se reprit le jeune homme. Il est hétéro et le restera, point!
Furieux contre lui-même - encore un peu plus - il se tourna violemment de l'autre côté du canapé et ferma les yeux, priant pour tomber dans un sommeil profond tout de suite.
Et si possible, il souhaitait éviter de faire des rêves ridicules, mais en général, nous ne sommes pas maître de notre sommeil. Et le rouquin s'endormit, bougeant plutôt vivement sur le canapé qui l'accueillait, sans toutefois rêver immédiatement.
Puis il tomba dans un sommeil quelque peu agité où Kensei réapparaissait à nouveau, le narguant; et où Grimmjow apparaissait également, lui souriant à pleines dents, ses yeux turquoises le dévorant. Et bientôt, les deux hommes se bousculaient pour atteindre le jeune homme, en en venant presque aux mains alors que le réveil de l'orangé sonnait bruyamment, le réveillant en sursaut.
_Merde..., bougonna-t-il en tâtonnant pour trouver le réveil, faisant taire les couinements stridents.
C'était comme si ce rêve et son sommeil avaient duré deux pauvres petites secondes, alors qu'il s'était rendormi pendant trois heures; et le roux avait horreur de cette sensation.
Il s'étira, ouvrant les yeux lentement, ne pouvant encore croire que son cerveau puisse délirer de la sorte. Il n'y avait pas une possibilité pour qu'il ARRETE de rêver de Kensei?
_Bon sang..., grogna-t-il, qu'est-ce qu'il me prend de faire des rêves aussi bizarres!
Il se frappa la tête du plat de sa main, se demandant vraiment quel était son problème et s'il ne devait pas consulter un psy en voyant ses rêves devenir de plus en plus étranges... Non seulement Kensei lui faisait des choses agréables et absolument perverses dans tous ses rêves, mais en plus de ça maintenant, Grimmjow y était entré lui aussi, se battant comme un chiffonnier avec Muguruma pour avoir le jeune rouquin.
_Faut vraiment que j'arrête de regarder des dramas à la noix moi...
Mais pour l'heure, il avait plus important à faire. Il se positionna contre le dossier du canapé, frottant son visage et plus particulièrement ses yeux pour se réveiller. Ses orbes ambrées tombèrent sur le téléphone, posé négligemment devant lui, n'attendant plus qu'on compose un numéro.
_Ouais je sais, je dois appeler Kuchiki, lança-t-il au combiné, agacé.
Il soupira, qu'allait-il donc bien lui dire à Kuchiki? Désolé je ne peux pas travailler pour vous, le mec qui me loge est plutôt baraque et je n'ai pas envie de le contredire alors qu'il m'a conseillé de ne pas travailler pour vous? C'était ridicule et quelque peu insultant pour le brun.
Le rouquin hésitait beaucoup. Et s'il ne faisait pas comme Kensei le lui avait demandé? Et si au final, il contactait Byakuya pour accepter sa proposition, comment Muguruma réagirait-il? Sûrement serait-il furieux...
Kurosaki savait bien que les conseils du garde du corps étaient précieux mais dans cette situation il avait plutôt l'impression que Kensei cherchait à l'obliger à ne pas travailler pour Kuchiki pour une raison qu'il ignorait. Et cela ne lui plaisait pas trop.
_Je vais faire comme il me l'a demandé, comme ça au moins il n'aura rien à me reprocher, se décida-t-il en empoignant le combiné et en composant le numéro que Sasakibe lui avait fait parvenir.
La première tonalité qui résonna à ses oreilles le rendit légèrement nerveux. Il devait l'admettre, parler à Kuchiki Byakuya était quelque peu stressant; il n'aimait pas plus que ça l'homme en lui-même mais s'il devait le faire pour le travail il était prêt à lui parler en personne.
_Bonjour, bureau de Kuchiki Byakuya?
Une voix féminine lui répondit, amenant le jeune homme à hésiter avant de répondre. Ce fut à ce moment précis qu'il comprit qu'il allait devoir dire « non » à Kuchiki Byakuya...
_Bonjour, Kurosaki Ichigo. Je souhaiterais parler à Kuchiki Byakuya, s'il vous plait.
_Un moment je vous prie!
Le jeune homme soupira. Avec un peu de chance, l'homme était en réunion ou bien en déplacement ou alors il ne pouvait tout simplement pas lui parler maintenant. Ce qui arrangerait sûrement l'orangé qui se rendit alors compte qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait bien dire au noble...
_Kuchiki Byakuya à l'appareil, je suis content de vous entendre Kurosaki, avez-vous étudié ma proposition?
Le rouquin en resta sans voix. Le ton si autoritaire, la voix si profonde et sombre l'avaient surpris tout à coup et il resta muet comme une carpe. D'autant plus que Kuchiki avait débité sa phrase à une vitesse hallucinante, ne laissant aucun répit à son interlocuteur pour déchiffrer toutes les informations fournies...
_Allô? tenta le brun de l'autre côté de la ligne.
_Euh... désolé, oui je l'ai... étudié. Et euh...
_Je souhaitais vous engager car j'ai trouvé que vous aviez fait un bon travail. Je me sens en confiance avec vous, Kurosaki, sans parler du fait que je vous dois la vie.
_Je... je vous remercie de la confiance que vous m'accordez, répondit le jeune homme en prenant son courage à deux mains, mais... mais je suis encore tout nouveau dans ce métier et il me semble que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre.
_...
Le silence de Byakuya le rendit un peu plus nerveux encore. Lui en voudrait-il de faire un tel choix? Et surtout : le roux n'était-il pas en train de gâcher la chance de sa vie là, tout de suite? La chance de pouvoir travailler pour un homme important et de pouvoir plonger dans ce métier tout comme Muguruma l'avait fait lui aussi?
Il savait que Kensei avait été engagé par l'Impératrice peu de temps après être entré chez Yamamoto, peut-être Muguruma lui donnait-il ce conseil pour l'empêcher de faire comme lui? Regrettait-il d'avoir obtenu ce poste si tôt...?
Ichigo l'ignorait.
_Je vois. Donc vous refusez ma proposition.
_C'est que...
_Est-ce une question d'argent, car nous pouvons trouver un arrangement et...
_Non, non! le coupa précipitamment le jeune homme qui ne savait plus par quel bout prendre cette conversation. Ce n'est pas ça le problème. Je me juge seulement trop immature dans ce métier pour une telle responsabilité. Quand j'aurais fait mes preuves et que je me sentirais prêt alors je serais sans doute apte à dire oui à une proposition similaire. Mais pas maintenant, je suis désolé.
_Je vois.
Le manque d'émotions de Kuchiki heurta quelque peu Ichigo dans sa fierté. Il avait pourtant pensé que la reconnaissance de cet homme allait au-delà d'une simple question d'argent ou de contrat... Surtout que Kuchiki se contenta ensuite de lui souhaiter bonne chance pour la suite de sa carrière, sans éprouver le moindre regret au fait qu'il lui ait dit non. Cet homme, au final, avait-il vraiment souhaité que le jeune homme le protège? Au vu de sa réaction ça restait à prouver...
Ichigo passa sa journée seul devant la télévision. Ce n'était pas vraiment ce qu'il avait souhaité mais suite à son séjour à l'hôpital il fallait mieux qu'il prenne une journée de repos. De plus, s'il avait fait quoique ce soit ce jour-là, Kensei lui aurait certainement tiré les oreilles pour avoir été si peu prudent. Et il ne voulait pas mettre en colère l'homme qui le logeait et lui donnait des conseils pour sa carrière.
C'est avec un grand étonnement d'ailleurs que Muguruma constata - en rentrant ce soir-là – que l'orangé était resté bien docilement chez lui. Il jeta un œil amusé au corps du jeune homme étendu sur le canapé et avança lentement dans sa direction. Il soupira, se rendant compte que lui n'aurait pas pu rester ainsi enfermé dans une suite devant la télévision, il serait devenu dingue!
_Je crois que je me suis fondue dans le cuir du canapé, j'y suis greffé pour la vie! bougonna le rouquin d'une voix monotone.
Le commentaire de Kurosaki étira un sourire au garde du corps qui prit place à ses côtés. Ichigo avait la mine fatiguée, il était quelque peu pâle et semblait moue, mais à part ça il ne semblait pas si mal que cela. Et le garde du corps se réjouit de l'entendre faire des traits d'humour.
_Qu'as-tu fait de ta journée?
Il soupira, tâtonnant de sa main droite pour attraper la télécommande du téléviseur pour changer de chaine :
_J'ai appelé Kuchiki..., répondit-il, comme si cet acte seul justifiait d'être une loque devant un écran de télé.
_Oh? Et...?
_Et rien du tout. Il m'a juste souhaité bonne chance et c'est tout. Rien de plus.
L'orangé haussa les épaules en pleine incompréhension face à la réaction de Byakuya, et il y avait de quoi, pensa Muguruma en soupirant à son tour. Le manque de dialogue avec Kuchiki Byakuya était un réel problème, l'homme était connu pour être trop secret et donc très difficile à protéger. Kensei le savait plus que bien, Kuchiki avait eu pas mal de problème avec des gardes du corps très talentueux qui avaient travaillé pour lui.
_Bien, donc c'est un sujet clos, j'imagine? demanda-t-il en déposant une main amicale sur l'épaule du roux.
_Oui, je pense, répondit-il toujours absorbé par l'écran.
Oui, il l'était, et le roux avait plus qu'envie de le clore. Il avait su que c'était trop précipité et Byakuya lui avait laissé l'impression de s'en contre ficher royalement! Le jeune homme ne savait plus quoi penser.
Kensei remarqua qu'il était perturbé et réfléchit un instant, bien qu'il ne puisse pas grand chose à cette situation...
_Ça te dirait de venir avec moi, ce soir?
Le cœur de Kurosaki eut un raté soudain. Ses yeux glissèrent sur le visage du plus âgé qui l'observait avec bienveillance.
Venir avec lui? Comment ça? Où ça? Pourquoi? Est-ce que c'était un... rendez-vous?
_La fille de l'Impératrice sort en boite avec des amis ce soir, et on m'a expressément demandé de l'y accompagner. Je retrouve mon ami Love là-bas, tu sais celui dont je t'ai parlé qui assure la protection d'Ukitake Jyuushiro. Tu pourrais le rencontrer si tu viens.
Non, ce n'était définitivement pas un rendez-vous! Et encore moins une sortie à deux... Il s'agissait encore de boulot et toujours de boulot! se lamenta le jeune homme.
_Oh euh... oui, pourquoi pas? Mais je ne vais pas vous gêner...?
_Ma foi non. La fille de l'Impératrice a accepté que je l'accompagne et que je reste à l'intérieur de la boite, mais ça sera mon bras droit : Mashiro, qui assurera la protection rapprochée une fois à l'intérieur.
_Oh..., je vois.
Un court silence s'installa, l'orangé était très mal à l'aise. Il aurait d'ailleurs bien voulu se baffer, là tout de suite devant Kensei, pour avoir pensé une seule seconde que cet homme puisse l'inviter à sortir!
« Baka Kurosaki! »
Il faisait vraiment pitié...
_Ichigo voici Aikawa Love!
Un homme à la peau noire, massif et imposant, prit place dans le canapé pourpre, autour de la table qu'avaient investit Kensei et Ichigo. L'homme en question portait des lunettes et une coiffure quelque peu spéciale. Les clients de la boite de nuit l'observaient d'un œil étonné, alors que l'homme portait un survêtement vert des plus ignobles qu'il ne semblait pas avoir remplacé depuis une dizaine d'années.
Kensei serra amicalement la main de son ami, tentant un sourire de bienvenue, ses yeux toujours sur la piste de danse où Mashiro s'amusait avec la fille de l'Impératrice et ses amies. Ichigo lui, s'était passablement ennuyé depuis plus d'une heure qu'ils étaient arrivés ici. Kensei n'avait pas dit le moindre mot et ils s'étaient contentés tous les deux d'observer les personnes présentes et surtout de surveiller la fille de l'Impératrice. L'ambiance n'était pas vraiment au beau fixe, c'était comme si Muguruma était... stressé!
_C'est toi le fils Kurosaki? Je serai ravie de te prendre dans mon équipe après demain.
A son plus grand bonheur, Love engagea la conversation avec lui, brisant ce silence glacial.
_J'en serai ravie aussi! Je vous remercie, avoua le jeune homme en inclinant sa tête de manière polie.
_J'ai confiance en Kensei, ajouta Love avec un sourire en coin. Donc je sais que je peux avoir confiance en toi.
_Juste une chose, Love, le coupa alors Muguruma sans quitter des yeux la piste de danse. Ichigo bosse chez Yamamoto et je préfère ne pas le mettre au courant qu'il va bosser avec toi.
Ichigo se redressa, fronçant les sourcils à cette nouvelle.
_Quoi? Pourquoi? demanda Love, lui aussi très étonné par ce qu'il venait d'entendre.
_Fais-moi confiance, se contenta-t-il de répondre, ignorant royalement le regard interrogateur de Kurosaki.
Ichigo ouvrit la bouche pour protester mais Kensei lui coupa l'herbe sous le pied en se levant en premier. Il partit en direction du bar en laissant les deux hommes seuls, comme de vieilles chaussettes. L'orangé resta hautement surpris, ne quittant pas l'homme des yeux alors que celui-ci demandait qu'on lui serve un verre. Le roux fronça les sourcils. Ce n'était pas le genre de Kensei de boire pendant qu'il était en mission...
_Il y a une soirée spéciale V.I.P ce soir, commenta Love en tournant ses yeux sur la piste. Un paquet de célébrités sont là, et un joli paquet de gardes du corps présents. Et Kensei n'est pas vraiment apprécié de ces gens-là...
_Pardon? demanda le jeune homme en écarquillant les yeux de stupeur.
Il se retourna alors dans une autre direction, remarquant pour la toute première fois de la soirée que des hommes de grandes tailles, tous habillés en sombre se trouvaient dispersés de ci, de là de la salle, leurs regards braqués sur la piste de danse. Certains étaient assis religieusement à côté de jeune femmes ou de gens jeunes hommes habillés élégamment - sûrement leurs employeurs - alors que d'autres, seuls ou en groupe en train de discuter, observaient Muguruma accoudé au bar.
_Pourquoi est-ce qu'ils ont l'air si... antipathiques? questionna Kurosaki.
Love haussa les épaules :
_Jalousie. Pure jalousie...
Le rouquin inspira profondément et reporta son attention sur Kensei. Il ne pouvait voir que son dos voûté au-dessus du bar, au-dessus de son verre, mais il pouvait ressentir tout le poids qui pesait sur ses épaules alors qu'il avait pu apprécier les regards glacials que ces gens, que ses collègues posaient sur lui. Ça devait être invivable d'être tant jalousé, d'avoir été gâté par la vie, d'être talentueux et de n'en retirer que de la haine.
C'était injuste.
_Oï Ichigo!
Mashiro sortit de la foule, le visage rouge et essoufflée d'avoir dansé au milieu de ce monde :
_Va me remplacer s'il te plait! Je n'en peux plus!
_Quoi? Mais ça va pas! se révolta le jeune homme en sursautant sur sa banquette. Je ne sais pas danser!
_Allez, juste quelques minutes... Tu y vas, tu danses prêt d'elle sans la coller ou quoi et c'est tout! Sinon Kensei va me tuer! Pitié!
La jeune fille joignit ses mains pour faire une prière, implorant des yeux le jeune homme bien trop gentil pour dire non. Il céda... Après tout, il pouvait bien aller quelques minutes sur la piste histoire de prendre la suite de Mashiro non? De toute façon, lorsqu'il serait garde du corps, ce serait une chose qu'il devrait faire, qu'il le veuille ou non. On ne fait pas toujours ce qui nous plait.
Trainant les pieds, et après avoir reçu les encouragements de Love, le roux se fraya un chemin à travers les corps serrés qui bougeaient au rythme de la musique. On lui marcha plusieurs fois sur les pieds avant qu'il n'atteigne un groupe de jeunes filles qui se démenait sur la musique. Reconnaissant la fille de l'Impératrice, il garda sa place et se mit à bouger lentement au son de la musique électro. Il ne la quittait pas des yeux, tout du moins il tentait de ne pas la quitter des yeux et c'était très difficile! On le bousculait/écrasait/piétinait à droite et à gauche même s'il restait parfaitement immobile.
Il n'avait aucune envie de danser et se trouvait parfaitement ridicule, mais il n'avait pas le choix.
Quelques minutes passèrent pendant lesquelles il pria très fort que Mashiro revienne le plus vite possible pour reprendre sa place. Il eut le temps de reconnaître quelques personnes importantes, comme cette top-modèle dont il était certain, était une cliente de Yamamoto... Mais de quel membre de l'agence ça il l'ignorait. Mais alors qu'il soupirait d'ennui, et qu'il se creusait la tête pour tenter de se remémorer qui parmi les membres du top 5 protégeaient des top modèles, deux mains se posèrent sur ses hanches, lui déclenchant un violent frisson dans le bas du dos.
_T'es nul pour danser, va falloir secouer tout ça..., souffla l'inconnu dans son cou.
_...
Merde!
Bon sang!
Au secours!
Qu'est-ce qu'il fout là?
Le corps pétrifié en reconnaissant la voix qui s'était adressé à lui dans le creux de son oreille, Ichigo ne se retourna pas. Il n'osa pas se retourner pour rencontrer le regard de celui qu'il avait pris pour un inconnu. Ses mais puissantes étaient posées sans pudeur sur ses hanches, les caressant par moment, descendant jusque sur ses fesses pendant quelques instants, au fil de la musique. Il tentait de danser en le suivant, alors que l'homme derrière lui avait plaqué son bassin contre ses fesses.
Bon sang...
Il ne pouvait tout simplement pas résister, il ne pouvait pas s'arrêter, lui qui crevait d'envie d'avoir enfin un contact intime avec Kensei... Il ne pouvait refuser un contact intime avec une autre personne!
_J'étais sûr que ça t'plairait! murmura l'autre dans le creux de son oreille, soufflant un tas de sensations agréables dans le corps de Kurosaki.
Les mains de l'homme glissèrent autour de sa taille et ses bras s'enroulèrent autour de lui complètement, comme s'il ne voulait pas le laisser partir, comme s'il voulait le posséder. Un parfum piquant, fort et très masculin piqua les narines de l'orangé qui sentit sa tête tourner. Mais cette odeur était exquise, si exquise qu'il laissa sa tête aller en arrière, reposer sur l'épaule de son partenaire. Il plissa les yeux, refusant de regarder la réalité, refusant d'ouvrir les yeux pour voir le visage de celui qui l'enlaçait avec tellement d'envie.
Il sentait ses cuisses se presser contre son postérieur, ses mains caresser le bas de son ventre, son nez fureter dans son cou. Bordel c'était tout ce dont il avait besoin! C'était tout ce dont il rêvait depuis des jours : flirter.
Et même si ce n'était pas avec Kensei, il s'en fichait!
_T'as pas envie de m'embrasser, juste un p'tit peu?
La question brutale lui fit rouvrir les yeux. Elle était étonnante venant de lui, très étonnante. Ichigo n'aurait jamais pensé qu'il était le genre d'homme à demander avant d'embrasser quelqu'un, ou même qu'il s'inquiétait des désirs d'autrui...
Il étira un sourire, trop désireux de profiter jusqu'au bout de cet échange si sensuel qu'il avait tant désiré avec un autre homme, mais qui finalement lui apportait tant satisfaction sans Kensei.
Il se retourna lentement, ondulant toujours au fil de la musique, croisant enfin le regard bouillant de désir de celui qui était venu l'alpaguer sur cette piste. Dès que leurs regards s'accrochèrent, Ichigo sentit son estomac faire un looping, et son cœur s'emballer. Il était beau... Il était beau comme un dieu - ou plutôt comme un diable - sentait affreusement bon, et le regardait avec tant d'ardeur...
Le jeune homme se mordilla la lèvre inférieure, passant ses bras autour du cou de son partenaire.
_Et toi? souffla-t-il contre la bouche de l'homme. Tu as envie de m'embrasser?
_D'te dévorer ouais!
_Pourquoi je te croirais? demanda-t-il, méfiant, en haussant les sourcils.
En réalité, Ichigo voulait juste le taquiner, jouer avec lui pour tester ce qu'il désirait réellement. Il avait la tête qui tournait tellement qu'il finit par se demander s'il n'avait pas bu, et s'il n'imaginait pas tout ça. Vu les rêves qu'il faisait en ce moment, il soupçonnait très fortement son subconscient d'être à l'origine de cet échange des plus savoureux.
_A cause de ça...
Il rapprocha tout à coup le corps de l'orangé contre le sien, amenant leurs bassins à se rencontrer. C'était si soudain que Ichigo écarquilla ses yeux de stupeur. C'était vraiment trop... excitant!
_Et c'est pas une matraque que j'ai dans mon pantalon...
Le rouquin capta à nouveau les yeux de son partenaire, traduisant en un regard ce qu'il attendait de lui, ce qu'il voulait qu'il fasse. Mais il ne pouvait pas attendre plus longtemps. Rapprochant son visage, il coinça la lèvre de son partenaire entre les siennes, la suçotant quelques instants, ne pouvant réfréner l'envie de lui montrer à quel point lui aussi était d'humeur à ce genre de jeu coquin. Et là, au milieu de la foule, dans cette ambiance électrique, c'était encore mieux, et plus étourdissant.
_Qu'est-ce que tu essayes de faire, hein? Me rendre fou ou simplement rendre Kensei jaloux? demanda Kurosaki, frôlant ses lèvres une fois de plus, sans les toucher. Hein? Dis-moi Grimmjow?
Le bleuté étira un sourire sadique dont il avait l'habitude, ses mains descendant maintenant effrontément sur les fesses d'Ichigo. Que cherchait-il à faire? Lui-même n'en avait aucune idée... Mais ça avait été tellement tentant ce soir qu'il n'avait pu réprimer son envie de foncer dans l'arène.
_Qu'est-ce que tu racontes, Kurosaki? J'suis juste venue avec ma cliente, qui est là-bas. Et j't'ai vu au milieu d'la foule, j'ai pas pu résister...
_Tu veux dire que je te plais?
Jaggerjack laissa échapper un rire :
_Sinon j'serai pas en train de bander, ducon!
Le roux sentit un feu ardent s'allumer dans son bas ventre. Bon sang, s'il n'avait pas eu Kensei avec lui il aurait embarqué Grimmjow et lui aurait sauté dessus! Dans les toilettes, dans un taxi, chez lui n'importe où! Il détestait ce type certes, mais il n'y avait qu'un pas entre la haine et le sexe...
_Mais j'croyais pourtant que toi et Muguruma...
_Non, rien du tout! le coupa l'orangé. Il ne s'est jamais rien passé, et il ne se passera jamais rien.
_Oh? On s'est pris un vent? taquina-t-il en souriant largement, prenant plaisir à découvrir ça.
Ichigo haussa les épaules et adopta une moue déconfite :
_Je suis tellement triste que je pourrais m'envoyer en l'air avec n'importe qui...
Les mains sur ses fesses renforcèrent soudain leur poigne sur le postérieur du jeune homme, le rapprochant encore un peu plus vers Grimmjow dont tous les muscles étaient tendus.
_Ça tombe bien, moi aussi...
_Tu t'es fait rejeter? Ou largué? demanda l'autre, étonné.
_Mm... Non. Mais je peux toujours m'envoyer en l'air avec n'importe qui...
Et sur ces mots, il enferma ses lèvres entre les siennes, accaparant la bouche du jeune homme, coupant son souffle par la brutalité de son geste. Ichigo étouffa un cri de surprise, fermant les yeux pour se fondre dans le fou désir qui ne cessait de se déverser en lui telle une cascade sans fin, tel un fleuve en crue. Grimmjow n'était peut-être pas celui qu'il avait attendu, mais peu lui importait; Kensei ne l'embrasserait sûrement jamais de cette façon, qu'y avait-il de mal à se consoler dans les bras d'un autre...?
_Ichigo, je peux savoir ce que tu fais?
Le rouquin sentit une main taper furtivement sur son épaule, le sortir de sa torpeur, l'extirper de son plaisir sans nom. Le baiser se cassa sous son impulsion et Grimmjow s'écarta de lui, relevant ses yeux pour observer la personne qui était venue perturber leur échange. Une nervosité grandissante, sans nom, gagna le corps de Kurosaki soudain alors qu'il découvrait derrière lui un Kensei planté, l'observant de son regard se sentit immédiatement très mal...
Pourquoi paraissait-il si... furieux?
_Je...
_Hé laisse-le tranquille! Ichi et moi on fait des choses qui te regardent pas alors la ferme! jeta Grimmjow en attrapant le roux par les épaules pour le coller contre lui.
Kensei fronça les sourcils hargneusement, les yeux braqués sur la main qui retenait Ichigo. Son souffle était quelque peu saccadé et son visage contracté par une quelconque colère dont Ichigo ne parvenait pas à saisir la source.
_Justement ça me regarde! Ichigo est sous ma responsabilité ce soir. Se mettre dans une telle situation en publique c'est ouvertement effronté et je n'accepte pas qu'une personne sous ma responsabilité face une telle chose!
Le roux se sentit tout à coup parfaitement honteux. Autour d'eux, tout le monde les observait, la fille de l'Impératrice également, chuchotant des paroles au creux de l'oreille de Mashiro tout en observant le roux sans gênes.
_Y'a pas de mal! reprit Jaggerjack. Ichi bosse pas pour toi, tu l'emploies pas en quoi ça t'gêne, hein?
_Ça suffit, Ichigo, on rentre!
Le garde du corps attrapa le roux par le bras et l'attira vivement vers lui. Mais un cri sonore, sortant du plus profond des poumons du jeune Kurosaki stoppa le geste de Muguruma :
_NON!
Un silence se fit, seulement perturbé par la musique très forte qui n'avait pas cessé. Les gens commençaient à se disperser à droite et à gauche, tout en échangeant leurs impressions tout bas sur la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Kurosaki éprouvait une telle honte qu'il ne pouvait plus se supporter. De la honte oui, il en était submergé, mais pas une once de regret.
Il ne regrettait pas ce qu'il venait de faire. Ça faisait si longtemps qu'il ne s'était pas sentit si bien dans les bras de quelqu'un, et même s'il avait fallu que ce soit ceux de Grimmjow - ce type qu'il détestait - ça n'avait pas d'importance. Il ne pouvait aller contre le sentiment qu'il avait éprouvé en jouant ce jeu avec lui. Enfin quelqu'un qui n'avait pas émit de jugement sur ce qu'il était réellement... gay.
_Non? répéta Kensei, le visage trahissant la surprise la plus totale.
_J'ai dit non! reprit l'orangé. Désolé... je... je préfère rentrer tout seul, ailleurs!
Le rouquin n'arrivait pas à croire ce qu'il était en train de dire, il baissa les yeux précipitamment. Comme dans son rêve, il refusait de croiser les yeux de son logeur, il refusait de voir en face ce qu'il éprouvait. Cherchait-il à heurter Kensei pour le punir de ne pas avoir vu ses sentiments? Lui disait-il cela pour se punir lui-même d'avoir rêvé ainsi de lui...? Il n'en savait fichtrement rien du tout.
_Rentre avec moi, Ichi. Ce type est un gros intolérant! intervint Grimmjow en désignant Kensei du menton et en le défiant du regard.
La main du turquoise prit celle du rouquin sans que ce dernier n'esquisse un seul geste. Les yeux de Muguruma suivirent le geste de Jaggerjack qui l'agaça d'autant plus.
_Je ne crois pas que tu sois bien disposé à quémander la confiance d'Ichigo. Il va rentrer avec moi, chez moi. Car c'est là qu'il habite et là qu'il restera.
L'ambiance était électrique entre les deux hommes, et bien qu'il avait déjà vu venir ce genre de disputes, Ichigo n'avait rien fait pour les empêcher. Et même, il attisait lui-même le feu et déclenchait ces guerres tout seul.
_Alors Ichi, tu choisis quoi vu qu'on arrive pas à s'mettre d'accord?
_Fais ce que tu veux Ichigo. Mais si tu choisis ce type, tu ne remettras plus jamais les pieds chez moi.
Merde!
Bordel!
Au secours!
C'est quoi cette situation de merde?
