Auteur : Nakano Hana

Traduction : Ariani Lee

Bêta-lecture : Shangreela


Plus Loin Que Dans Mes Rêves

Chapitre 11 : Le grand gala


Zexion : Non, ne me jette pas ce regard méprisant !

C'est toi qui as voulu me jouer un tour.

Il a fallu que tu viennes mêler ton prince à nos affaires !

Hé bien, tout ça me convient très bien !

Ça me convient parfaitement !


Au château, les serviteurs s'agitaient dans tous les sens pour préparer le grand bal qui aurait lieu ce soir-là. Tout le monde était surexcité et faisait ses pronostics sur la future fiancée ou le futur promis du prince. La reine Ella se préparait aussi et était en train de fouiller dans ses placards à la recherche de la robe qu'elle avait prévu de porter à cette occasion.

Axel sourit en écoutant sa mère pérorer à l'infini sur les invitations et les décorations et tripotant le bracelet noir et blanc qu'il avait au poignet. Il regardait distraitement par la fenêtre, l'esprit ailleurs, et il attendait avec impatience l'arrivée des invités. D'un invité en particulier…

- Axel ? Chéri, es-tu bien sûr d'être prêt pour ce soir ?

Le rouquin se sortit de sa rêverie et sourit à sa mère qui posait sur lui un regard inquiet.

- Oui, maman. On peut y aller. Tu n'as qu'à terminer ce qu'il te reste à faire et on pourra ensuite aller saluer tout le monde.

Il était un peu inquiet à propos de Demyx, cependant. Depuis ce fameux jour, dans la forêt, il ne l'avait plus vu au château ni dans aucun des endroits qu'il fréquentait d'habitude. Sa famille était même venue demander de ses nouvelles mais malheureusement, personne au château ne l'avait vu. S'il n'était pas de retour ce soir-là, Axel prévoyait d'organiser une battue pour essayer de le retrouver.

- Non, Axel. Je te demande si tu es prêt à faire ça. Je sais que tu voulais vraiment retrouver Roxas, et tout ceci est tellement soudain…

Axel s'immobilisa un instant en voyant le regard triste de sa mère. Puis il secoua la tête et sourit.

- Ça va, maman. Je vais bien. Roxas m'a promis qu'il serait ici ce soir, alors il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais retourner faire un tour et voir si je ne trouve pas Demyx avant que ça commence.

Sur ces mots, il se glissa hors de la pièce et gagna le hall. Ella soupira et secoua la tête, soucieuse. Axel soutenait qu'il avait retrouvé Roxas, mais il était rentré très tard, les mains vides et complètement seul. Cela l'inquiétait. Qu'est-ce qui avait pu lui faire croire ça ? Son fils s'illusionnait-il donc à ce point ? Peut-être aurait-elle dû lui prendre un rendez-vous avec le médecin royal… Peut-être avait-il eu un accident pendant qu'il chassait, et qu'il ne s'en était pas inquiété…

Elle s'assit et se regarda dans le miroir, déterminée. Elle attacha à son cou un pendentif en émeraude.

- Hé bien, d'une façon ou d'une autre, il choisira quelqu'un ce soir ! Il est temps que ce royaume ait à nouveau un roi !

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Roxas hurla et frappa contre les barreaux de toutes ses forces – ce qui revenait à dire pas grand-chose.

- Laissez-moi sortir, Zexion, espèce de salaud !

Sa voix était rauque et faible, il n'avait pas mangé grand-chose depuis le début de sa captivité. Mais il était déterminé à sortir de là, il trouverait bien un moyen. Il fallait qu'il voie Axel…

Zexion s'arrêta devant la cage, lui jeta un regard noir puis donna un coup de pied dans les barreaux. Roxas glapit quand la structure trembla tout autour de lui, lui faisant perdre l'équilibre. Le prince grogna et l'assassina du regard, mais ça avait quelque chose de pathétique.

- Oh, la ferme! Tiens-toi tranquille, Roxas, tout ça sera bientôt terminé ! Ricana le sorcier en accrochant les clés de sa cage à un clou, près de la porte.

- Va te faire foutre ! Laisse-moi sortir tout de suite !

Le cygne se démena encore plus, en dépit des raideurs dont ses ailes et son dos étaient perclus. Tout son corps tremblait et lui faisait affreusement mal, mais il ne pouvait pas abandonner !

Zexion l'ignora, endossa sa cape, prit son vieux grimoire et de se diriger vers la porte. Avant de la fermer derrière lui, il adressa à Roxas un rictus amer et menaçant.

- Si tu avais simplement fait ce que je demandais, nous aurions pu éviter tout ça. Tu aurais pu avoir tout ce que tu voulais, tout ce que tu avais à faire était de te soumettre… Mais ça me convient parfaitement ! Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai une voiture à prendre. Passe une bonne soirée, Roxas.

Et sur ces mots, il claqua la porte, laissant le malheureux cygne seul dans le donjon. Roxas regarda la porte avec colère mais rapidement, des larmes lui montèrent aux yeux, et il baissa la tête, désespéré. Il s'appuya contre les barreaux glacés et sanglota :

- Axel… Je suis tellement désolé…

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À l'extérieur, Lexaeus et Xigbar regardèrent le sorcier s'enfoncer dans la forêt et échangèrent des regards inquiets. Il y avait déjà plusieurs jours qu'il avait entraîné Roxas dans le donjon, et sans la clé, ils n'avaient aucun moyen d'entrer et de s'assurer qu'il allait bien !

- Il faut qu'on fasse quelque chose ! Grommela Xigbar.

Il donna un coup de pied dans un galet qui faisait quatre fois sa taille et tressaillit de douleur.

- Mais quoi, Xigbar ? Demanda la vieille tortue en secouant la tête avec lassitude.

- J'en sais rien ! Mais on ne peut pas le laisser là comme ça ! Le gosse était décidé à…

La grenouille se retourna et vit que Marluxia n'était plus avec eux. Regardant autour de lui, elle le trouva de l'autre côté des douves, à ce même endroit qu'il avait lui-même tenté d'atteindre par le passé.

- Hé, cervelle d'oiseau ! Arrête de t'amuser ! C'est sérieux ! Roxas a besoin de notre aide !

- Xigbar, tu avais raison! Il y a quelque chose qui brille ici! Dit le rouge-gorge en ignorant complètement ce que le batracien venait de lui dire. Xigbar grogna et se rapprocha en sautillant, suivi par Lexaeus, afin de regarder ce qu'il faisait. L'oiseau était en train d'arracher des touffes de mauvaises herbes avec son bec et ses serres et finit par dégager du sol un grand anneau argenté.

- Je crois que je sais ce que c'est ! Dit-il avec un sourire triomphant. Si vous pouviez venir me donner un coup de main, on tient peut-être le moyen d'aider Roxas !

Lexaeus et Xigbar échangèrent de brefs regards interrogateurs, puis la grenouille secoua la tête et sauta sur une herbe haute qui ploya sous son poids et sur laquelle il s'installa.

- Xigbar, qu'est-ce que tu fais ? Demanda la tortue qui le regardait faire.

- A quoi ça ressemble, Lexaeus ? Je vais aller là-bas voir si je peux l'aider !

Il préparait son nouveau tir de catapulte improvisée, espérant qu'il aurait plus de chance cette fois-ci. Son ami secoua la tête.

- Tu n'y arriveras jamais comme ça. Pas avec ces deux-là dans les parages.

Lexaeus désigna d'un petit signe de tête les deux alligators qui émergeaient lentement de l'eau et suivaient le moindre de leurs gestes avec intérêt.

- Tu veux que je les distraie un peu ? Proposa la tortue.

Xigbar jeta un œil aux sauriens, déglutit et soupira. Il secoua sa tête verte.

- Et si moi, j'attirais leur attention et que toi, tu allais là-bas donner un coup de main ? Tu es plus fort que moi, de toute façon…

Il semblait un peu triste, néanmoins, de savoir que vu sa taille, il ne pouvait être bien utile. La tortue lui donna un petit coup de tête et lui sourit.

- Ne t'inquiète pas, Xigbar. Tu es d'une grande aide. C'est toi qui remonte le moral à Roxas, la plupart du temps.

Le batracien soupira encore.

- Je suppose que tu as raison. Maintenant, va aider ce bouffon gazouillant avant qu'il ne se froisse encore un muscle.

Depuis l'autre côté des douves, le rouge-gorge cria :

- Je t'ai entendu !

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Zexion tira prudemment le chauffeur inconscient jusqu'à un arbre contre lequel il l'adossa. Il avait sans problème arrêté le fiacre et calmé les chevaux, et c'est avec un sourire malin qu'il ouvrit le grand grimoire qu'il avait apporté. Il le feuilleta un instant avant de trouver la bonne page. Il s'agissait d'un vieux sortilège, que même son père n'utilisait qu'avec de grandes précautions…

Il invoqua une masse de magie sombre et la laissa tournoyer et pulser dans les airs. Articulant soigneusement la formule inscrite da ns le livre, il s'adressa au magma ténébreux et lui ordonna de prendre forme. Après un instant, une silhouette émergea de l'ombre, celle de son fidèle serviteur magique… Il avait l'apparence d'un homme grand sans aucun trait ou signe distinctif, dépourvu d'âme et de volonté. C'était son pantin favori.

- Vous m'avez appelé, Maître ? Demanda la silhouette sombre en posant sur Zexion un regard morne et sans vie.

Le sorcier eut un sourire mauvais.

- Il y avait longtemps, Vanitas. Je t'ai appelé ce soir afin de mettre un terme à ce jeu ridicule avec le prince de Kisyria. Ce soir, son royaume m'appartiendra, une fois pour toutes.

Il tira d'une de ses poches une petite fiole, et de la fiole quelques cheveux blonds. Il les tendit à Vanitas, qui leva sa main froide pour les recevoir et ne posa aucune question.

- Maintenant, exécute mes ordres ! Prends la forme du prince et retourne son bien-aimé contre lui !

Son serviteur hocha la tête, ferma ses yeux morts et attendit, tandis qu'une lumière rouge et brillante l'enveloppait. Après une minute, la lumière disparut et Vanitas fit un pas en direction du sorcier. Il avait désormais l'apparence de Roxas, des épis blonds aux magnifiques yeux bleu azur.

Le rictus de Zexion s'élargit et se fit triomphant. Il aurait pu se contenter de tuer le garçon, ce qui aurait été beaucoup plus simple. Il n'avait eu aucun mal à l'enfermer et il était bien trop faible pour lutter. Mais cette méthode était largement et délicieusement plus personnelle, et il voulait que Roxas souffre. Il voulait qu'il connaisse la véritable douleur, qu'il ait le cœur brisé avant de mourir.

Et puis, s'il ne se montrait pas à la hauteur de sa réputation, les gens penseraient qu'il s'était ramolli. Personne ne le craindrait s'il ne punissait pas correctement ceux qui se dressaient en travers de son chemin. Il devait s'assurer qu'aucune personne s'étant opposée à lui ne s'en sortirait sans châtiment, et ce petit prince gâté s'était moqué de lui depuis le début…

– Excellent ! Maintenant, allons-y.

S'installant dans le fauteuil du conducteur et tirant sur le capuchon de son manteau noir, il fit signe à Vanitas de monter dans le fiacre.

– Voici tes instructions…

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Après avoir passé un moment à dépoussiérer et à creuser, Lexaeus et Marluxia découvrirent que l'anneau était en fait attaché à une petite trappe en bois qui s'ouvrait à même le sol, oubliée depuis longtemps à force de ne pas servir. Quand ils furent parvenus à dégager l'entrée, ils découvrirent un étroit passage de pierre qui menait dans les profondeurs du château. Le rouge-gorge se percha sur la carapace de Lexaeus pour se reposer, tandis que la tortue suivait lentement le long et sombre passage sous le sol…

Quand ils en atteignirent enfin le bout, les animaux furent heureux de découvrir qu'il menait presque directement aux donjons. Marluxia colla son oreille à plusieurs portes, s'efforçant d'entendre le moindre bruit derrière elles, mais Lexaeus se contenta de marcher jusqu'au bout du couloir et d'écouter à la toute dernière porte. En y pressant sa tête, il put entendre le bruit de doux sanglots provenir de l'intérieur.

– Je pense qu'il est là-dedans !

Marluxia vola jusqu'à lui et ensemble ils parvinrent à ouvrir la porte, l'oiseau se battant avec la poignée tandis que Lexaeus utilisait sa force pour pousser. Une fois à l'intérieur, ils découvrirent une pièce froide, vide, et sombre, à peine meublée d'une table et d'une chaise en bois. Il y avait également une torche qui brûlait dans un coin. Et une cage…

Lexaeus s'en approcha aussi rapidement qu'il le put, appelant doucement le garçon. Marluxia remarqua immédiatement les clés accrochées sur le mur et vola les prendre, avant de chercher celle qui ouvrirait la cage. Roxas releva sa tête, qu'il avait appuyée contre les barreaux, et cligna des yeux de surprise, faisant couler de nouvelles larmes.

– L-Lexaeus ? Marluxia ? C-comment avez-vous fait pour entrer ?

En dépit de sa fatigue, Roxas remua nerveusement en attendant qu'ils déverrouillent la cage. Il était impatient de sortir de la et de s'en aller de cet endroit sombre et horrible…

– Pas le temps de t'expliquer ! Tu vas devoir te mettre en route très vite si tu veux pouvoir arriver jusqu'au château !

Marluxia lança les clés à Lexaeus qui les saisit entre ses dents, enfonça la bonne dans le cadenas et s'efforça de la faire tourner.

– Je ne suis pas sûr de pouvoir le faire, Marluxia. Mais ailes sont si raides, ça me fait mal de les bouger… -

Il sautilla hors de la cage et s'étira, grimaçant de douleur.

Marluxia attrapa sa tête et la tourna pour qu'il le regarde en face.

– Il faut que vous essayiez, Roxas ! Quoi qu'il arrive, il faut que vous essayiez ! Ça pourrait bien être votre seule chance de sortir d'ici !

– Mais s'il ne me laisse pas entrer ? Qu'est-ce que je –

– Nous n'avons pas le temps, mon garçon ! J'ai la désagréable impression que Zexion va causer des ennuis, ce soir ! Je volerai près de vous, mais il faut vous mettre en route aussi vite que possible, vous comprenez ?

Roxas hocha la tête et ils se hâtèrent de remonter le passage qui menait à la trappe. Les deux oiseaux étaient prêts à prendre leur envol mais à la sortie, ils se retrouvèrent nez à nez avec deux énormes mâchoires, grandes ouvertes et prêtes à se refermer sur eux.

Les alligators, qui n'avaient jamais réussi à attraper aucun d'entre eux, n'étaient pas des lumières mais ils les avaient vus emprunter la trappe et tendu une embuscade. Roxas glapit, incapable de s'arrêter en plein élan. Il ferma les yeux et banda tous ses muscles, se préparant à atterrir droit dans la gueule béante du vicieux saurien….

- Roxas, attention !

La voix le tira de sa stupeur et il releva la tête. Quelque chose de petit et de vert frappa l'alligator en pleine gueule, le dégageant du chemin du prince à la dernière seconde. Une fois en l'air, ce dernier regarda en arrière pour voir ce qui l'avait sauvé et poussa un cri d'horreur :

- XIGBAR !

Heureusement, Marluxia attrapa la petite grenouille avant que celle-ci se fasse happer par les mâchoires qui claquaient, mais Roxas voyait bien que quelque chose n'allait pas. Tandis que Lexaeus fonçait sur les alligators pour les distraire de son mieux, le rouge-gorge déposa Xigbar du côté sûr des douves et l'étendit doucement sur l'herbe. Le garçon redescendit rapidement vers eux et regarda son ami avec inquiétude.

La grenouille grognait de douleur, une main crispée sur son œil droit, du sang coulant entre ses doigts. Quand il découvrit son œil, les deux oiseaux s'écarquillèrent. Le globe oculaire avait été arraché de son orbite par les crocs de l'alligator et une longue estafilade sanglante s'étirait en travers. Roxas s'agenouilla à ses côtés, horrifié, sanglotant, pendant que Marluxia s'éloignait pour trouver de quoi arrêter l'hémorragie.

- Tout est ma faute ! S'écria le cygne. Je suis tellement désolé, Xigbar…

La grenouille leva vers lui un regard faible, lui adressa un sourire douloureux et leva sa main propre pour lui caresser la joue.

- Ce n'est qu'une égratignure, ne te laisse pas impressionner, gamin. En plus, j'en ai un autre !

Il retira sa main de la tête de Roxas et s'en servit pour pointer du doigt son œil encore valide, qui papillotait bizarrement.

- Ces fichus crétins écailleux ne sont pas près de m'avoir ! Vous ne m'aurez jamais !

Il adressa cette dernière partie directement aux alligators en brandissant dans leur direction un poing tremblant et en riant. Roxas rit aussi, tristement, et lui donna un petit coup de tête en guise de câlin.

- Tu m'as sauvé la vie… Merci du fond du cœur…, murmura-t-il.

Marluxia revint un instant plus tard, suivi de Lexaeus qui transportait des branches, des brindilles, des feuilles et un certains nombre d'autres bricoles qu'ils avaient dénichées dans la forêt. Le rouge-gorge s'installa à côté du blessé, puis adressa à Roxas un sourire réconfortant.

- Il va se remettre, mon garçon. Il ne va pas mourir je vais m'occuper de lui et m'assurer que son œil soit soigné comme il faut, dit fièrement l'oiseau. Je suis le meilleur médic de mon unité, vous savez.

Roxas sourit faiblement.

- Merci, Marluxia. S'il te plait, prends bien soin de lui.

Le rouge-gorge lui lança un regard compatissant, puis tendit à Xigbar une feuille à presser contre son orbite vide pour ralentir le saignement.

- Mais cela signifie que je ne peux vous accompagner. Êtes-vous sûr que tout se passera bien, Roxas ?

Le garçon hocha la tête.

- Je n'ai pas le choix. C'est maintenant ou jamais.

Après leur avoir assuré qu'il serait de retour très vite, Roxas lança un dernier regard reconnaissant à Xigbar avant de décoller et de prendre le chemin du château, espérant qu'il pourrait y parvenir avant de mourir de fatigue…

Les animaux le regardèrent s'éloigner et Lexaeus soupira doucement.

- J'espère que tout ira bien.

Marluxa sourit.

- Ne t'en fais pas. C'est un brave petit, il est fort. Il s'en sortira très bien.

Le rouge-gorge se pencha et tapota gentiment la tête de Xigbar en affichant un sourire malin.

- Bien joué, Xiggy. C'était tout à fait mignon…

La grenouille poussa un grognement indigné et repoussa son aile. De son œil valide, il observa l'ombre qui disparaissait dans le ciel nocturne.

- Ouais, si tu le dis…

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Une douce musique emplissait la salle de bal, et toutes sortes de nobles y dansaient et conversaient sous les chandeliers étincelants. Tout le monde était élégamment vêtu, et Vexen dirigeait l'orchestre aligné sur un côté de la salle avec aisance et maîtrise. Il souriait et saluait d'un hochement de tête les dames qui l'admiraient en passant.

Tandis qu'Axel et sa mère se mêlaient à la foule, le rouquin restait concentré sur la recherche de Roxas. Celui-ci aurait déjà dû être présent, mais la voiture qu'il avait envoyée n'était pas encore revenue…

- Axel, chéri, voici la princesse Larxène de Belbei. C'est celle de nos invités qui a fait la plus longue route pour venir ici, et elle a hâte de faire ta connaissance.

Axel soupira d'exaspération et se retourna vers sa mère. Elle tenait la main d'une grande blonde qu'elle amenait vers lui. La femme avait une très étrange coiffure, ses cheveux relevés tels des antennes au sommet de son crâne, et ses yeux brillaient dangereusement tandis qu'elle approchait. Elle le détaillait de la tête aux pieds comme s'il avait été un morceau de viande.

- Formidable, encore une malade, grommela-t-il.

- Je suis ravie de vous rencontrer, prince Axel, dit-elle en plongeant dans une révérence vertigineuse. Sa longue robe bleu roi la faisait paraître plus grande encore qu'elle ne l'était, et Axel s'inclina roidement en retour. Mais un groupe de personnes qui murmuraient derrière lui attira son attention et il se détourna aussitôt de la princesse furieuse.

- Est-ce bien la personne que je crois ? Disait un invité avec anxiété.

- C'est impossible ! Comment a-t-il survécu ? Répondit un autre d'une voix effrayée, tandis que la personne dont ils parlaient passait à proximité.

- C'est peut-être un fantôme ! Si nous l'apaisons, il s'en ira sûrement !

Axel se fraya un chemin dans la foule en se montrant aussi poli que possible, jusqu'à ce qu'il finisse par rejoindre sa « cible », manquant de peu la percuter la tête la première. Deux yeux bleus le regardèrent en clignant de confusion, et Axel recula pour bien le voir. Roxas se tenait là, vêtu d'un élégant costume noir et or qui lui seyait à la perfection. Il était vraiment là.

- Te voilà, Roxas ! Je commençais à craindre que tu ne viennes pas ! Dit Axel en le serrant dans ses bras et en lui ébouriffant les cheveux. Pardon, j'ai bien failli te rentrer dedans.

La confusion du jeune prince laissa rapidement la place à un sourire.

- Ce… Ce n'est rien, répondit timidement Roxas avant de se dégager de son étreinte avec une facilité déconcertante.

Ils restèrent debout face à face et en silence pendant un bref instant, puis Roxas tendit sa main et prit celle d'Axel. Celui-ci s'émerveilla de la douceur de sa peau. La sensation était un peu… différente… c'était surprenant, chez quelqu'un qui avait vécu dans les bois pendant des mois…

- Voudrais-tu m'accorder cette danse ?

Axel se sortit de sa torpeur, adressa à Roxas un sourire éclatant et, ignorant les regards curieux braqués sur eux, il répondit :

- Avec joie.