Voici un nouveau chapitre, avec un rapprochement conséquent entre les deux hommes, mais pas de lemon pour l'instant^^ On reviendra aux motivations des meutres un peu plus tard.
Mille merci pour vos adorables commentaires :)
BBitch, oui, c'était pas recommandé de lire en mangeant XD Pour les séries, c'est notamment Esprits criminels, certains épisodes m'ayant parfois tout particulièrement dérangée. Merci pour ton commentaire :)
anonyme, oui, il était temps qu'il commence à l'oublier. Ravie que tu apprécies, merci!
ooOoo
Je barbotai dans la baignoire remplie d'une eau presque trop chaude, les yeux fermés, tentant vainement de me débarrasser des images éprouvantes de la journée. Après notre macabre découverte nous avions prévenu les forces de l'ordre, qui se virent contraintes de retirer enfin leurs œillères. Avec ces quelques hommes supplémentaires et une fouille cette fois tout à fait officielle, nous avions découvert un véritable charnier. Autant de corps que de jeunes filles disparues dans la région, j'en étais malade. Certaines, là depuis des mois, n'avaient plus guère rien d'humain, pourtant je m'obligeai à toutes les examiner, notant les mêmes similitudes que sur Eleanor.
Identifiées grâces à leurs quelques effets personnels, elles avaient été toutes conduites à l'hôpital pour plus amples examens avant de pouvoir les rendre à leur famille, qui pourraient enfin leur offrir un sépulture décente et commencer leur lourd travail de deuil, dont je ne connaissais que trop bien les effets.
Les Outbridge étaient depuis lors rechercher activement par toutes les polices. Selon Holmes, ignorant encore être en cavale il ne leur faudrait pas longtemps pour être pris. Je l'espérais de toute mon âme tant je voulais les voir répondre de leurs crimes. A ce stade pourtant je ne pouvais plus faire grand-chose, à part attendre et espérer me débarrasser au mieux de ces visions d'horreur qui commençaient déjà me hanter.
J'esquissai un petit sourire en entendant Holmes entrer dans la pièce. J'étais dans une position terriblement vulnérable ainsi exposé, pourtant pas un instant je n'envisageai me dérober, bien au contraire. Je le sentis s'asseoir sur le rebord de la baignoire, tout près de moi.
« John, vous allez bien ? »
Je hochai misérablement la tête, ne me sentant pas capable de parler à cet instant.
« Ce n'est pourtant pas l'impression que vous donnez. »
J'ouvris enfin les yeux, constatant à mon grand étonnement qu'ils étaient embués de larmes. Immédiatement je me sentis gêné de faire preuve d'une telle faiblesse.
« Pardonnez-moi, murmurai-je. Je ne comprends pas, ce n'est pourtant par la première fois que nous assistons à pareil dénouement. Je suis même forcé d'admettre que nous avons déjà vu pire… Et pourtant je ne parviens à me raisonner. »
Mon compagnon eut un sourire compréhensif et porta la main à mon visage, essuyant du bout des doigts les larmes qui avaient débordé.
« C'est bien normal. Vous vous souvenez bien sûr qu'il s'agit de votre première enquête depuis la mort de votre épouse. Il semble que cet évènement vous ait rendu plus sensible. »
Nulle moquerie dans ses propos, il n'y avait que de la douceur. Cela me fit un bien terrible.
« Que vous le vouliez ou non il vous faudra du temps pour vous en remettre tout à fait, reprit-il. Mais je suis là pour vous.
- Merci Sherlock. »
Je soupirai avant de continuer d'une voix peu assurée.
« A cause de Mary justement, de ce que j'ai vécu, j'ai d'autant plus de peine pour ces pauvres familles. Je pensais comprendre ceux qui restent par le passé, il s'avère qu'il n'en était rien. Perdre un être cher… C'est une douleur indescriptible. Et je plains ces gens de tout mon cœur.
- Ils surmonteront ce drame, comme vous y parvenez petit à petit. Mary serait fière de vous. Et puis dites-vous que ce que nous avons fait aujourd'hui contribuera à les aider.
- J'aimerais me réjouir du fait que nous avons réussi à empêcher de nouveaux drames. Mais c'est absurde ! Même si eux sont arrêtés et mis hors d'état de nuire, combien attendent dans l'ombre de prendre la relève ? Cela semble sans fin. Ce que nous faisons semble tellement inutile ! »
Le silence régna alors un instant dans la pièce tandis que chacun se penchait sur mes propos, en appréhendant la pertinence.
« Nous pourrions voir les choses ainsi, acquiesça le détective. Pourtant je me sens utile et vous devriez en faire de même ou vous en deviendrez fou. »
Ne sachant comment réagir, je me contentai de l'observer tandis qu'il déboutonnait la manche de sa chemise, pour rouler le tissu jusqu'à son coude. J'en compris très vite la raison quand il plongea la main sous l'eau pour la poser sous mon torse.
« Je veux que vous cessiez de vous torturer de la sorte, reprit-il d'un ton autoritaire. Cela n'en vaut pas la peine et vous ne le méritez certainement pas. Vous êtes le meilleur des hommes, le reste importe bien peu au regard de cela. »
Il se pencha alors vers moi et m'embrassa doucement, sa main ne cessant sa caresse de ma poitrine. Immédiatement dans cet échange je me sentis un peu mieux et dus résister de toutes mes forces à mon envie de le prendre dans mes bras.
« Je ne veux rien d'autre que votre bonheur », souffla-t-il en s'écartant à peine de moi, quoi que ses doigts ne m'aient pas quitté.
Sa caresse commençait à faire son petit effet sur moi. Je me sentais détendu, presque bien étant donné les circonstances. Une part de moi culpabilisait à me laisser ainsi aller alors que tant de gens autour de nous étaient en train de vivre l'enfer, mais mon compagnon, se montrant plus entreprenant, régla bien vite la question pour moi. Il avait raison après tout, j'avais agi au mieux aujourd'hui, je n'avais pas à rougir de mes actes. M'empêcher à présent de vivre, d'éprouver du plaisir, n'arrangeait en rien la situation de qui que ce soit. J'avais assez souffert, je souffrais encore, pour ne pas avoir à me torturer davantage sans réelles raisons. Comme il l'avait prévu, il n'y avait pas mieux placé que Holmes pour me sortir de mes tourments.
Ses doigts chatouillèrent mon ventre, titillèrent mon nombril, pincèrent ma hanche, m'arrachant mille grognements de satisfactions. Enfin, cette main tendre et câline se posa sur ma virilité. Je hoquetai autant de surprise que de plaisir en constatant que c'était ce que j'attendais depuis l'entrée de mon compagnon dans cette pièce. Fermant vivement les yeux, je m'accrochai des deux mains au rebord de la baignoire et pendant ce temps la caresse s'intensifiait, faisant monter des vagues de chaleur en moi. Je me laissai lentement submerger, me prenant à souhaiter que ce moment ne s'arrête jamais, que je ne revienne jamais à la réalité et toutes ses difficultés. C'était si bon que rien d'autre n'importait.
Et l'orgasme me cueillit finalement, trop tôt à mon goût, mais avec une telle force que je n'aurais pu en supporter davantage. Mon cri me parut indécent, de même que la façon dont tout mon corps s'arqua vers l'homme occupé à me faire tant de bien, et reprendre mes esprits ensuite fut plus long que prévu. Je me contentais de flotter dans cet état de léthargie si caractéristique où rien ne semblait pouvoir m'atteindre. Oubliés ces meurtres horribles et tous les précédents, oubliées ma douce Mary, ne demeurait que Holmes, ainsi que ce bonheur qu'il savait si bien m'offrir.
Débarrassé de ma lassitude et de ma peine, ce fut finalement la fatigue qui me gagna. Tout à coup je ne me sentais tout bonnement plus la force de faire le moindre mouvement pour regagner ma chambre. Je dus formuler cette remarque à voix haute sans m'en rendre compte étant donné la façon dont mon ami prit les choses en main. Me prenant dans ses bras sans se soucier que je ne le mouille, il m'aida à me mettre debout, à sortir de la baignoire et entreprit de me sécher consciencieusement. L'esprit lointain, je le laissai faire, éprouvant un plaisir inattendu à me faire ainsi materner. Une fois qu'il m'eut enfilé ma robe de chambre, il me conduisit hors de la pièce, jusqu'à mon lit. Le laisser agir pour des choses pourtant élémentaires avec quelque chose de rassurant et d'infiniment plaisant. Je fus frappé lors d'un bref instant de lucidité par l'ascendant qu'il semblait avoir pris sur moi en si peu de temps. Je ne m'en offusquai pourtant pas plus que cela, je n'en avais pas la force.
Je me retrouvai allongé sur mon matelas, pas gêné d'être une nouvelle fois aussi près de mon compagnon alors que j'étais à nouveau nu. Et tandis qu'il remontait les couvertures sur moi, mes yeux papillonnaient. Trop d'émotions pour la journée, j'étais à bout. Pourtant au tout dernier instant, après qu'il m'eut sagement embrassé et qu'il se dirigeait vers la porte, j'eus la présence d'esprit de me secouer pour l'appeler.
« Restez ! m'écriai-je. Le lit est bien assez grand pour nous deux. »
Dans l'obscurité qui régnait je ne pouvais le voir mais son petit rire ne m'échappa certainement pas.
« J'apprécie la proposition, dit-il d'un ton qui confirmait ses propos. Mais croyez-le bien, si je vous rejoins je ne pourrais vous laisser profiter de ce sommeil dont vous semblez tant avoir besoin. Dormez ! Nous en reparlerons demain. Bonne nuit John.
- Merci pour tout Sherlock, soufflai-je malgré ma déception. »
Je dormais avant même que la porte ne se referme derrière lui.
TBC…
