J'ai enfin pu venir en ligne! Et maintenant, LA scène tant attendue! La plus longue, la plus émotive et aussi possiblement la plus OOC...

PrOmEsSeSpRoMeSsEsPrOmEsSeS

Le rire cristallin du jeune Turk s'éleva dans le soir naissant alors qu'ils sortaient d'un de ces « cinémas » dont plusieurs parlaient. Pour la troisième escale de leur sortie, Rufus se disait que tout se passait encore mieux qu'il ne l'aurait cru possible, du moins jusqu'à présent. Leur premier arrêt avait été, malgré l'aberration première du blond lorsqu'il avait planifié cette sortie, dans un fast food. Ça n'avait pas été mauvais, et encore moins pour l'humeur du rouquin, mais disons simplement que l'héritier Shinra n'allait pas recommencer de si tôt. Ensuite était venue une activité qui lui avait été proposée par Rude, qui était débarqué pendant qu'il parlait de ses projets avec Reeve: une guerre de airsoft. Très distrayant, malgré le fait que tous ceux qui s'étaient mis sur le chemin de l'un ou l'autre d'entre eux s'était promptement vu criblé de petites balles de plastique. Puis Rufus était sorti vainqueur en tirant son subordonné dans le dos. Ils avaient ensuite été voir une comédie populaire au cinéma. Et maintenant ils se tenaient sur la rue juste devant l'immeuble qu'ils venaient de quitter. Leur prochain arrêt marquerait plus que probablement la fin de leur joyeuse sortie, et c'en était le point culminant qui faisait faire des vrilles d'anxiété aux tripes du blond. Comme l'avait si bien dit Reeve la veille, il n'était qu'un être humain comme les autres. Malgré sa fortune, son passé, son futur, sa position présente, son entourage... il restait un homme. Une voiture s'arrêta et Tseng en descendit pour leur ouvrir la porte. Malgré sa surprise, Reno grimpa à l'intérieur sans dire un mot, suivi par son patron. Comme pour se rassurer, le blond tâta l'une des poches arrières de son pantalon. Satisfait que ce qui devait s'y trouver était toujours là, il relaxa un peu dans son siège.

« Et qu'est-ce qu'on s'en va faire comme ça, dans la voiture de Tseng? », demanda Reno, d'excellente humeur et surexcité.

Rufus le regarda en haussant un sourcil. « Et qu'est-ce qui te fait dire que c'est bien la voiture de Tseng? », lui demanda-t-il doucement, d'un ton léger qui ne trahissait rien de ses inquiétudes.

Reno fit la même tête, Rufus ne put s'empêcher de rigoler mentalement à cette pensée, que ferait Sherlock Holmes au moment d'exposer les détails d'une enquête résolue. « C'est facile! Elena n'est pas du genre à posséder une voiture, plutôt demander à quelqu'un d'autre de la conduire où elle doit aller. Cissnei ne sait pas conduire une voiture, alors je doute qu'elle en aie une. Je sais d'expérience que Rude a un jeep. Les voitures de la Shin-Ra sont soit des limousines, soit des véhicules difformes, sals et très utilisés. Il ne reste plus que Tseng, et je le vois très bien avoir une voiture comme celle-ci et avoir une de ces têtes d'épouvantail dès qu'il voit un grain de terre dessus. »

Si Tseng avait été affecté par cette déclaration, il n'en fit pas mine.

Rufus, lui, pouffa un instant de rire. « Excellentes remarques, Reno. » Le rouquin le fixa un long moment d'un regard absent, et le blond, remis de son léger moment de délire (qui l'avait, étrangement, libéré un peu de son stress), haussa un sourcil, un peu consterné par le regard fixe de son subordonné. « Qu'y a-t-il? »

Reno ne bougea pas, mais un léger sourire effleura le coin de ses lèvres. « Rien, rien, c'est juste que... Je ne pensais pas que le Vice Président avait la faculté de rire... Pas que ça me déplaise! Au contraire, je trouve que votre rire a un très beau son. J'aimerais l'entendre plus souvent, mais j'imagine que dans notre environnement de travail, c'est pas vraiment possible pour "celui que personne n'a jamais vu saigner ni pleurer", hein? »

Une expression de surprise s'afficha clairement sur le visage de l'héritier Shinra qui, décidément, avait laissé son masque apathique dans son bureau ce jour-là. Elle fut cependant rapidement remplacée par un sourire tendre et sincère. « On a toute la vie devant nous, Reno. Ce n'est certainement pas la dernière fois que nous serons en privé, comme ça. »

La voiture s'arrêta avant qu'ils puissent dire quoi que ce soit d'autre, et Tseng leur ouvrit la porte, les laissant sortir. Reno écarquilla les yeux en voyant l'endroit où ils s'étaient arrêtés. Il s'agissait d'un restaurant exotique et très dispendieux. Il suivit son patron à l'intérieur, et on les mena à une table tenue à l'écart par des rideaux. Ils prirent place et on leur donna les menus.

Reno n'en croyait tout simplement pas ses yeux. Tout l'après-midi avait été plus qu'agréable, quoique surprenant, et voici que maintenant son patron l'emmenait dans l'un des restaurants les plus chers de la ville, où il s'adonnait justement qu'ils avaient une table réservée à l'écart des autres. Et le Vice Président, assis juste devant lui, portait autre chose que son éternel habit blanc. Et plus que tout, un jeans et des baskets. Il n'en revenait toujours pas. Et apparemment, les surprises ne s'arrêteraient pas là.

« Tu peux commander ce que tu veux, Reno. Je t'ai invité et donc, je paie, » dit-il doucement, sans lever les yeux de son menu.

« Vous aviez absolument tout prévu à l'avance, n'est-ce pas? », demanda-t-il en un murmur.

« Seulement les activités, mais c'est Reeve qui a fait les réservations, et je ne savais vraiment pas comment tu allais réagir. Je ne sais pas pour toi, mais... » commença-t-il, levant les yeux et souriant doucement à son fiancé, « ...moi je suis satisfait de notre premier rendez-vous jusqu'à présent. »

Reno cligna des yeux avec un air stupéfait. « Rendez-vous...? »

Rufus ricana un peu en posant le menu. « Tu ne croyais tout de même pas que je voulais me marier sans avoir eu au moins la chance d'avoir un rendez-vous avec toi? Nous allons vivre le reste de nos vies ensemble, Reno, et je veux que nos bons souvenirs commencent aujourd'hui. C'est pourquoi je ne te cacherai absolument rien ce soir et je te dirai tout. »

« Qu'est-ce que vous voulez dire? »

« Il y a deux jours, mon père le Président m'a téléphoné. Il m'a dit que j'étais plus qu'en âge de me marier et que si je ne me trouvait personne d'ici à son retour, il me forcerait à épouser la première fille riche qui se présentait. Tu te souviens de ce que je t'ai dis la première nuit? »

L'évènement revint à l'esprit du rouquin, qui n'y pensait plus du tout, et sa main monta d'elle même pour tracer le contour de ses lèvres, qui le démangeaient un peu au souvenir de celles de son patron, et il hocha distraitement la tête, se demanda où il voulait en venir.

Rufus tourna la tête et se frotta la nuque. Un geste tout à fait à l'envers du comportement habituel du Vice Président. « C'était bel et bien une déclaration, Reno. Tu m'as toujours fasciné et attiré et j'ai tout fait pour essayer de ne pas le laisser voir. Mais lorsque j'ai reçu le coup de fil de mon père, je n'ai pas été en mesure de penser plus loin. Je me fiche que tu sois mon subordonné. Je me fiche que mon père ne sera pas d'accord. Je me fiche de savoir que tu viens d'une classe sociale bien inférieure à la mienne et que tu ne sois ni riche, ni influent. Je me suis immédiatement dit: "Si je doit me marier, je veux que ce soit avec lui et avec personne d'autres." Je sais que mon comportement présent ne reflète pas mon attitude en tant qu'héritier de la Shin-Ra et que j'ai même peut-être l'air un peu stupide, à te faire ce discours romantique qui est totalement le contraire de ce que je suis habituellement, mais... c'est toi que j'aime, Reno. Depuis la première fois que je t'ai vu. »

Les yeux de Reno rivalisaient avec des assiettes en grosseur alors qu'il restait figé de stupeur sur sa chaise. Il regarda son supérieur sortir quelque chose de l'une de ses poches arrières (ça sentait le cliché à plein nez, mais son cœur ne voulait rien entendre et battait frénétiquement), s'approcher de lui, mettre un genou en terre et lui présenter la petite boîte ouverte qu'il traînait (apparemment) depuis le début. À l'intérieur se trouvait une magnifique bague qui brillait de mille feux sous l'éclairage, quoique tamisé, du restaurant.

« Oublie demain. Oublie les deux derniers jours. Oublie nos positions, le travail, toute la putain de Shin-Ra, même. Ne voit que moi, Rufus Shinra, l'être humain, qui m'agenouille devant toi avec les intentions les plus sincères. Je suis terrifié en ce moment, Reno. Je ne suis qu'un homme à qui on a imposé un grand titre, et je suis terrifié pour la première fois de ma vie en cet instant même, alors qu'aucun danger ne nous guette et que nous ne sommes qu'à quelques rues de la Shin-Ra. Je suis terrifié parce que je t'aime et que je redoute ta réponse. Mais oublie demain et les jours qui viennent de passer et répond-moi avec ton cœur. Veux-tu m'épouser? »

Reno resta figé, incapable de la moindre réaction. Car après tout, son patron s'agenouillait devant lui après une confession d'amour et le demandait officiellement en mariage. Le hamster qui courait dans sa tête n'arrivait tout simplement pas à garder le rythme nécessaire à ce qu'il comprenne tout, tout de suite.

Le blond pencha un peu la tête, regardant le sol. « Si tu refuses, je peux tout annuler ce qui a été prévu demain... »

Reno décida de lui couper la parole. « Alors quand vous m'avez tiré hors de la salle de bain cette fois-là...? »

« Je suis un paresseux et je n'avait pas envie de me rendre jusqu'à l'autre salle de bain pour m'occuper de l'érection que ta vue m'a donnée, » répondit le Vice Président, sans une once d'embarras.

« Et si je refuse, vous allez céder à votre père et accepter de vous marier avec la première poule de luxe venue? »

« Et je ne t'imposerai plus jamais la moindre restriction. »

Un court silence s'installa, puis Reno éclata de rire. Confus, le blond releva ses yeux bleu glacier vers son subordonné, qui attrapa la petite boîte dans un grand mouvement exagéré. « Idiot de Rufus! Si t'as l'intention de renoncer à moi aussi facilement, fallait pas me dire tout ça! Comment est-ce que je peux refuser une demande en mariage du futur dirigeant du monde, lorsque celui-ci, que toutes les rumeurs clament que personne ne l'a jamais vu saigner ni pleurer, avoue avoir la trouille d'être rejeté par un subordonné ringard comme moi!? Hein? C'est tout bonnement impensa- »

Il fut interrompu par une main qui s'ancra derrière son cou, l'attira vers le bas et deux lèvres qui se posèrent sur les siennes. Sans hésiter, il ferma les yeux et enfouit ses mains dans les cheveux de son supérieur, répondant passionnément au baiser. Ils brisèrent le contact de leurs lèvres en sursautant lorsque des applaudissements fusèrent autour d'eux (quand le rideau avait-il été tiré pour les révéler au reste de la salle?). Les serveurs, serveuses ainsi que les autres clients les acclamèrent chaleureusement, et on vint même leur porter une bouteille de champagne (cadeau de la maison) et deux coupes de cristal. Un sourire affecté étira les lèvres du Vice Président de la Shin-Ra, qui retourna prendre place en face de son fiancé en leur versant chacun du champagne dans leur coupe. Il leva ensuite la sienne, ses yeux plongeant dans ceux de son subordonné.

« À nous deux? », proposa-t-il.

« À nous deux! », acquiesça Reno, levant également sa coupe. « Et puisse le Président mourir de la plus humiliante et abjecte des façons malgré le service qu'il nous a rendu en te forçant à te marier! »

« Kanpai! », dirent-ils en cœur, souriants, avant de prendre une gorgée de champagne.

EmBûChEsEmBûChEsEmBûChEs

Et voila! Alors, c'était comment? Je sais, très OOC, mais bon... fallait bien que je fasse une scène du genre. Mais croyez-moi, j'ai pire en réserve pour la suite. Mwahahaha!