Posté le : 4 Avril 2011. Nervous Breakdown ? Yes. Pitié, une review de soutien.
Note catastrophe catastrophée : Comment ça farte me demande Noweria avec aplomb. Je lui réponds que tout va très mal : on a essayé de commettre un attentat contre ma personne. Une mémé m'a kidnappé. Je vois de là votre sourire et votre fou rire ! Non mais calmez-vous ! Et pour les sceptiques sachez que je suis TRES sérieuse. Voici mon histoire (générique des Experts "Baba O'Riley") Bon, ce matin, je traînassais dans mon lit en rêvant que j'étais devenue un homme avec une superbe érection matinale. Je passais ma main sur mon entrejambe avec une moue déçue puis j'ai pris mon bol de céréale et hop la dou-douche ! Toujours pas de pénis. Et je m'habille, me maquille tout ça tout ça (Beh, oui, je peux pas aller à la fac sans ravalement de façade sinon je resterai célibataire jusqu'à ma ménopause ! Bande d'ignards !). Après avoir longuement hésité entre un pull auburn et un pull chocolat, je me suis enfin retrouvée totalement habillée. J'ai checké mon sac tribal : notebook réparé ? pris. porte-monnaie ? pris. bloc-note ? pris. stylo noir ? pris. fasciule d'histoire ? pris. vibromasseur ? pris. Donc tout allait très bien. Les oiseaux chantaient devant chez moi, j'avais de l'avance, les chats déchiraient les sacs poubelle abandonnés et je souriais de toutes mes dents en évitant une fiente de pigeon. Le rêve. J'arrive à mon arrêt de bus et j'attends près du panneau d'affichage et là, c'est le drame... Une mamie mystique m'interpelle avec ses longs doigts fins et me demande de l'aider. Je n'aurais pas dû : elle ressemblait à la sorcière dans Blanche-Neige version asiatique. Donc elle me demande - dans un français approximatif mais décryptable - qu'elle attend le bus et veut que je l'aide à monter lorsqu'il arrivera. En somme, dans mes cordes. Et là, ma niaiserie et mon innocence me perdront. La vieille m'a chopé et m'a fait un truc trop bizarre qui a bloqué mes chakras et je me sentais toute flagada puis elle voulait me faire avaler un truc. Oo. Avec le peu de force qui me restait je me suis cassée et j'ai réussi à fuir. YEAH ! Bilan : je suis arrivée 30 min en retard à mon partiel blanc et mon motif n'a pas été retenu comme valable. Pourquoi l'administration ne veut pas admettre qu'il est fréquent de se faire agresser par des personnes âgées ?
PLUS JAMAIS JE NE FERAI CONFIANCE A MAMIE NOVA !
Post-It mpreguiens : J'essaierai de reprendre les réponses aux reviews à partir de ce chapitre. Désolé. Foutu notebook. Ah oui, j'allais oublié ! J'ai posté mon mpreg en reprenant tous les clichés des mpreg mais en essayant d'en faire quelque chose de sérieux. Le titre c'est "Ecouter les senteurs du ciel". Ouh, la belle figure de style qui sent l'arnaque...
Mot de la Bêta : On passe de Charybde en Sylla, ma parole… 8D [Dairy : Rooooh, la Bêta est au taquet ! Elle fait des références aux chapitres précédents. J'aime quand tu suis mes délires.]
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~ Episode 4/4 de la série de chapitres. Enjoy, sweet reader.
Baba O'Riley
Single 12: « Flavor »
"Flavor" – Girls In Hawaii. 2005. Piste de 3 min 37. Grattement incessants d'une guitare électrique, montant en intensité. Une voix surgissant du néant de la gamme. Des mots s'imbriquant les uns dans les autres comme les rouages d'une mécanique. Le vol de l'ange Gabriel jusqu'aux bras de son confrère, Satan, à la senteur des abymes bouillants de la passion.
Suddenly, you spread from my hands
Far away, you've drummed in my mind
That's the only thing we can decide
Rest is down, somewhere the sirens are
We arrived in the room of nowhere
Smells of gasoline, taste of chemistry
« J'ai l'impression qu'il y a une immédiateté, une fraîcheur qui parle à beaucoup de gens […] Quand tu as une bonne idée mélodique, tu fonces dedans, ce qui renforce la spontanéité », Denis Wielesmans – membre du groupe.
« Je n'ai pas de talon d'Achille en musique car mes parents m'ont plongé tout entier dans le Styx du rock'n'roll, me noyant dans le do-ré-mi-fa-sol-la-si-do », F.M. – extrait d'une histoire loufoque, créée vers trois heures du matin (sans prétention aucune).
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Les doigts d'Harry se baladèrent le long du torse de Draco.
Par moment, il ne touchait pas sa peau. Il préférait faire survoler sa main à quelques centimètres de ses muscles et voir le magicien se tendre afin d'entrer en contact avec lui. Draco avait les yeux hermétiquement clos et sa respiration était profonde. D'un geste leste, Draco saisit le poignet d'Harry et le contraint à déposer sa paume sur ses pectoraux.
- Masse-moi, j'ai dit.
- Impatient ? chuchota Harry en se plaçant à califourchon sur lui.
- On ne m'a jamais massé de toute ma chienne de vie, avoua Draco, les yeux troublés par l'alcool. Je suis frileux en caresses, alors, apprends-moi.
- Tu donnes beaucoup d'ordres.
- Je garde de profondes séquelles de mes années sadomasochistes.
Harry baisa la naissance de son torse et rit quelques instants.
Il traça pleins et déliés sur son ventre et remonta suavement en empruntant les traits marqués par son corps. Draco gémissait au moindre effleurement, ses sens exacerbés par le champagne, le whisky et autres boissons ingurgités au Néon.
Les muscles de Draco se contractèrent lorsqu'Harry plaça ses mains sur ses épaules.
Le jeune artiste traça des arabesques et, doucement, son amant se détendit. Afin de titiller davantage ses sens, Harry souffla sur ses tétons et se ravit du gémissement que laissa échapper Draco. Cela pouvait presque être une plainte : peut-être qu'il était sensible, après tout ?
- Tu t'es fixé pour mission de me réaligner les chakras ? maugréa Draco dans un sourire narquois.
D'un geste spontané, Harry pianota sur sa peau comme on le faisait aux enfants pour qu'ils éclatent de rire. Draco était incontestablement chatouilleux. Il eut un sourire désarmant, rejetant sa tête en arrière sur l'oreiller. Ses mains s'agrippèrent aux poignets d'Harry.
- Arrête ça. Je déteste quand on me fait ça !
- Vraiment ? Tu ris pourtant, constata le jeune homme en cessant toutefois son manège. Tu aimes ?
- Oui, je t'aime.
Harry arbora un sourire charmeur et approcha son visage du sien.
- Je sais très bien que tu m'aimes. Théodore m'a dit que si tu ne m'aimais pas, jamais tu ne m'aurais adressé la parole. Je te demandais juste si tu aimais ce massage.
- Eh bien, tu as les doigts magiques de tout artiste qui se respecte. Maintenant, caresse-moi le ventre. Blaise m'a dit que tu avais récemment appris le tantra. Blaise ne peut jamais fermer sa grande gueule.
-Il aimait bien me sucer, compléta Harry en baladant ses mains sur son abdomen. Mais ce soir, on l'oublie. On oublie tout. Juste nous deux, complètement ivres dans ton lit à se toucher, se sentir, se découvrir…
Harry captura ses lèvres et Draco répondit à son baiser.
Il plaça son bras autour de son cou dans un geste purement possessif. Draco saisit ensuite son menton entre ses doigts et approfondit le baiser, ne voulant surtout pas le lâcher.
- J'ai voulu sortir une stupidité du style « Tu embrasses comme un Dieu » mais c'était trop faible pour qualifier ce baiser, murmura Harry en faisant balader ses mains sur ses hanches.
- Tu peux me dire des choses modestes. Je ne me renfrognerai pas pour si peu…
Draco débarrassa le visage d'Harry de ses mèches brunes et se perdit dans ses yeux verts. Enfin, ils étaient verts et quelque chose d'autre, de plus sombre, plus intriguant, plus inqualifiable…
Sa main pressa sa joue mal rasée.
- Quand je te goûte, j'ai encore l'impression de sentir les baisers qu'un autre t'a donnés…
- Je n'ai embrassé personne d'autre que toi ce soir, confirma Harry.
- Et demain ?
- Demain appartient à ceux ayant dessaoulé et à Monsieur-Tout-Le-Monde se rendant au bureau. Mais Monsieur-Tout-Le-Monde n'est pas gay, hein ?
- Monsieur-Tout-Le-Monde est lesbienne, répondit Draco en un sourire sardonique. Baise-moi la bouche.
- Tu es vulgaire quand tu es ivre ?
- Seulement quand je suis sobre. Là, je suis plutôt bien élevé.
- Plutôt oui, chuchota Harry en l'embrassant doucement.
Il sentit la langue de Draco jouer avec la sienne, la cajoler, la repousser, la titiller…
Le baiser se fit soudainement autoritaire, violent, exigent. Brusquement, Draco emboîta leur bassin et il pressa leur érection l'une contre l'autre. Harry frémit de bien-être et soupira contre ses lèvres. Il le mordit légèrement, juste de quoi laisser une marque.
- Tu embrasses définitivement comme un Dieu, admit Harry.
- Ah, tu admets enfin la vérité universelle, s'amusa son amant en se frottant lascivement contre son sexe.
- Personne ne m'avait jamais embrassé comme ça. Personne.
- Pas même Blaise ?
- Surtout pas Blaise.
Blaise était assis sur un banc d'un square, à l'ombre d'un gigantesque hêtre.
Il entendait, au loin, les piaillements incessant de petits oiseaux et les pigeons tournaient autour de lui tels de charognards affamés. D'ordinaire colérique, il se serait levé pour les chasser. Mais Blaise n'en fit rien.
Il resta là, assis, à regarder le monde passer.
Sur ses genoux il y avait un gigantesque bouquet mixte d'Acanthe et d'Adonis [1] – signifiant « Rien ne pourra nous séparer » et « Mon cœur blessé se ferme » en langage des fleurs. Blaise avait voulu faire un bouquet raffiné, à l'image de sa pensée, bien que personne ne l'en eût cru capable.
Il passait pour le type ayant la finesse d'esprit d'une tranche de saumon gras. Le type trop ambitieux, quitte à bouffer ses amis. Le type colérique et vaniteux qui perdait tout, petit à petit.
C'est vrai, il était ce mec-là, mais aussi un autre. Un autre plus profond, plus taciturne, plus réservé et sensible parfois. Faire semblant d'être un dur le protégeait des autres et aussi de lui-même. Il ne voulait pas se montrer faible et souffrir après.
Non, c'est lui qui faisait souffrir les autres et, aujourd'hui, il s'en mordait les doigts. Blaise se rongea nerveusement les ongles et retira vivement sa main en pensant à ce que dirait Harry. Il aurait eu droit à un cours entier sur la gangrène.
Pourtant, Harry n'était plus là.
Il était dans son chez lui, à ce fameux Baba O'Riley. Son loft londonien était un peu plus vide.
Théodore n'était toujours pas passé récupérer ses derniers dossiers.
Draco refusait d'entendre parler de lui parce qu'il s'était joué de lui.
Sa mère avait repoussé son arrivée à Londres à cause d'un dernier empêchement.
Alors Blaise se retrouvait seul dans une immense ville que des milliers de gens auraient rêvé parcourir, la honte et un bouquet de fleurs sur les genoux.
Le square bordait une des rives de la Tamise. Blaise s'approcha du muret de pierre et sentit la giboulée de Mars fondre sur ses joues râpeuses. Cela allait faire six jours qu'il ne s'était pas rasé. Il était en plein deuil amoureux.
Il devait oublier Harry qui s'en était allé et Théodore qui n'avait jamais pu s'installer dans son cœur.
Dans un mouvement ample, il jeta le bouquet de fleurs à l'eau. Elles flottèrent un long moment à la surface, se laissant voguer par le léger courant, tourbillonnant au gré du vent. Des pétales se détachèrent et allèrent un peu plus loin, traçant leur propre chemin. Les prismes brillant du gigantesque fleuve leur rendirent luminescence et élégance.
Les Adonis pour Théodore commencèrent à boire la tasse tandis que les Acanthes d'Harry tentait tant bien que mal de se débattre des flots.
Mais elles sombrèrent ensemble à l'approche d'une petite embarcation.
Une vague les engloutit.
Blaise déposa ses coudes sur le muret de pierre et fixa longuement l'endroit où s'était trouvé le bouquet quelques instants auparavant. Voilà, pensa-t-il, c'en est fini. Puis il se rendit compte qu'un pétale était encore accroché à un recoin de sa veste.
Blaise la prit entre ses deux doigts et la laissa s'envoler.
- C'est dommage. C'était de très belles fleurs.
Blaise tourna sa tête vers le côté et vit un jeune homme en fauteuil roulant, la main posée sur le muret.
Il avait de beaux cheveux blonds.
Pas du blond d'Astoria – sa première petite amie, encore moins de celui de Draco – un démon dans un costume d'ange, et encore moins du blond de la folle du Baba O'Riley qui lui avait demandé s'il savait ce qu'était des Nargoles.
Non, c'était d'un blond particulier, qui jouait avec la lumière sans pour autant faire faux ou vulgaire. Un blond tendre et des yeux noisette, presque banals.
Le jeune homme devait avoir quelques années de moins que lui, trois ou quatre, tout au plus. L'inconnu regarda le fleuve puis reporta son attention sur Blaise, qui n'avait pas bougé.
- J'ai eu des Adonis une fois. Elles sont mortes au bout de trois jours seulement, continua-t-il. Je ne sais jamais quoi faire des fleurs. Il faut avoir de la patience pour ces choses-là.
- Ouais, sûrement, grogna Blaise en sortant son briquet et en l'allumant puis en l'éteignant dans des intervalles très courts. Vous m'avez vu les jeter à l'eau ?
- Oui, je n'ai pas pu m'empêcher de vous regarder. Cela m'a rappelé ce qu'on fait dans certains pays où on dépose des fleurs à la mer et elles sont censées symbolisées deux âmes qui s'unissent pour l'éternité.
- Je serai vexé qu'on me considère comme une plante, ajouta Blaise. Je ne pense pas être fait de sève ou de chlorophylle.
- C'est juste, prononça l'homme avec une pointe de malice, cela doit être terrifiant tout de même d'être lié à quelqu'un toute sa vie et de ne rien pouvoir y faire. Je sais que je n'aimerai pas ça.
- Moi non plus.
Puis il y eut un silence.
- Blaise, dit-il en lui tendant une main.
- Aleksei.
Aleksei portait des vêtements plutôt simples, et par deux fois le regard de Blaise s'arrêta sur les roues de son fauteuil roulant.
- Un accident de la vie, informa Aleksei avec un faux sourire. Ça peut arriver à tout le monde. Enfin, on ne pense pas ça avant que cela nous tombe dessus.
- J'ai eu un accident de la vie aussi, sauf que je n'ai pas perdu mes jambes.
- Une histoire d'amour qui finit mal ?
- Qui ne se finit jamais, rectifia Blaise en s'appuyant contre la rambarde de pierre.
- Vous aimez encore cette femme ?
- C'était un homme, rit Blaise. Enfin, ils étaient plusieurs. C'était une espèce de triangle, carré ou… pentagone amoureux. On a tous été pris dans cette spirale et je ne savais pas comment m'en sortir. Finalement, ils ont coupé les ponts avec moi et j'essaie de passer à autre chose.
- D'où le jeté de fleurs dans la Tamise ?
- Ouais, voilà, je voulais marquer le coup, me dire que tout était bien fini. Enfin, vous voyez ce que c'est l'amour ?
- Pas réellement…
- Comment ça ? Vous n'êtes jamais tombé amoureux ?
- Je m'interdis d'aimer qui que ce soit. Depuis mon handicap, je… enfin, je ne vais pas vous embêter avec ça.
- Je suis le seul emmerdeur sur cette planète, rassura Blaise. Vous pouvez tout me dire, je ne serai pas ennuyé pour si peu.
Aleksei le remercia d'un sourire.
- Mes parents se demandent pourquoi je n'ai plus personne depuis tout ce temps. Pour eux, je reste le même garçon mais personne ne comprend que cet accident m'a profondément changé. Je n'arrive pas à surpasser ça. Je n'arrive pas à me dire que… voilà, la vie continue. Je me suis beaucoup apitoyé sur mon propre sort ces dernières années. J'en ai même oublié l'essentiel. Je revis tout juste. Mais l'amour c'est encore trop…
- Douloureux ? Moi, à votre place, j'en profiterai. Je ne suis pas le type le plus courageux ou… celui avec le plus de ténacité et j'en passe. Mais je sais que ça me remettrai un coup de jus et je me dirai « Bordel, t'as failli y passer. Profite, on ne sait jamais ». J'ai une peur folle de mourir, pas vous ?
- Plus vraiment, nuança Aleksei. J'ai appris à me faire à l'idée.
- Et avant de mourir, vous n'avez pas envie d'être avec quelqu'un qui vous aime ?
- Pour quoi faire ? La personne souffrira de me voir partir : je ne suis pas un égoïste. Je ne veux pas faire souffrir quelqu'un. Je ne crois plus en cette connerie qu'on appelle l'amour. Je n'y ai jamais cru de toute manière. C'est un mot inventé par et pour les riches, les célébrités, les cons et les salopards.
- Non, les salopards ne croient pas en l'amour, contredit Blaise. J'en sais quelque chose.
- Vous en êtes un ?
- J'essaie de ne plus en être un. Peut-être que si je retournais à l'église…
Aleksei éclata de rire et déposa un appareil photo dans le fond de son sac à dos.
- Je n'ai pas pu m'en empêcher de vous photographier en train de jeter ce bouquet. Je ne suis pas un pro et ce n'est pas du tout ma passion mais parfois… j'ai envie d'immortaliser des moments comme ceux-là.
- Je hais être pris en photo.
- Vous voulez que je la supprime ?
- Non, ça peut aller. Du moment que je ne la vois jamais. Je dois retourner travailler – ce sont des temps durs en ce moment…
- Ah ? Vous travaillez dans les finances ?
- Non, je suis agent immobilier spécialisé dans les logements de luxe. Ça marche plutôt bien : les riches se multiplient à une vitesse phénoménale. Vous êtes riche ? Je peux vous dégoter un endroit exceptionnel en trois coups de fil si…
- Non, je ne suis pas riche, coupa Aleksei entre deux rires. Je fais un peu d'infographie depuis chez moi pour gagner de l'argent. Il n'y a pas de quoi s'acheter un duplex près de Soho.
- J'aurais bien fait de vous mon futur client.
- Tant pis. De toute manière, je dois vous laisser. Je prenais des photos pour une nouvelle pub de pastilles contre la toux. Au revoir.
Les mains gantées d'Aleksei se baladèrent sur ses roues et il fit demi-tour. Il s'éloigna peu à peu le long du sentier couvert par les arbres nus.
Blaise décida finalement de le suivre. Il trottina les mains dans les poches de son manteau et se posta juste devant la chaise roulante.
- D'après une enquête de probabilité sortie il y a peu, nous avons une chance sur dix d'avoir une mésaventure en sortant de chez soi. Une chance sur quinze de se salir en mangeant. Une chance sur cinquante de croiser quelqu'un qu'on connaît. Une chance sur cent de partager un sourire avec un inconnu. Une chance sur mille de lui adresser la parole et de faire connaissance. Une chance sur un million qu'il nous plaise. Une chance sur un milliard de l'inviter à dîner…
- C'est vrai tout ça ?
- Non, plaisanta Blaise. Je viens de l'inventer.
- Vous avez un sacré culot tout de même.
- Un déjeuner ? Un petit-déjeuner ? Une collation de onze heures ? Un goûter ? Un thé ? Un brunch ? Un souper ? Un apéritif ? Un…
- Va pour le dîner, concéda en un large sourire Aleksei. Je mettrai mes plus belles roues.
A suivre
[1] Acanthe et Adonis : Fleurs magnifiques. Pour plus d'informations, voir Google image. (Note à moi-même : qu'est-ce que j'avais galéré pour trouver les fleurs idoines...)
Merci de m'avoir lu jusqu'ici et à bientôt j'espère.
Dairy's Scribenpenne.
