Bonsoir!

L'hiver est là, avec son grand manteau de neige, ses flocons tout blancs et ses bourrasques glaciales... et, comme l'hiver, je fais mon grand retour! Non, vous ne rêvez pas! Je suis bel et bien là, avecla suite de cette histoire... qui, je l'espère, vous plaira!

Je voulais vous présenter mes plus plates excuses pour le retard dont j'ai fait preuve: c'est inexcusable et je suis désolée. Mais vous savez... école, devoirs, exams (qui se sont très bien passés d'ailleurs, merci à tous ceux qui s'ent sont inquiétés! ça m'a fait plaisir... ), danse (trois cours par semaine), musique, concerts... J'en pouvais plus! Alors, à la veille des vacances d'hiver, et au lieu de réviser mon espagnol (heum... c'est pas très sérieux, tout ça, Syriel...), voici un nouveau chapitre!

Ce chapitre... tragique, comme les précédents. Plein de larmes comme les précédents. Qui finit en queue de poisson... comme les précédents. (me tuez pas, pitiéééé!) Avec cependant une touche de suspense destiné à tenir le public (et donc vous!) en haleine. (et tant pis si ça marche pas...) Personnellement, je dois dire que je l'aime bien. La Mort y est plus présente et plus machiavélique que dans les précédents ; le Démon de plus en plus enclin au suicide et l'Ange désespéré... Bref, un cocktail qui vous plaira, je l'espère...

Enfin, en cette veille des fêtes de fin d'année, je voulais juste vous souhaiter une très JOYEUX NOËL un peu en avant, parce que je sais pas si j'aurais le temps de mettre sur pied un nouveau chapitre avant le 24 fatidique... Considérez donc ceci comme un cadô de Noël avant l'heure...

Je dédie ce chapitre à tout mes lecteurs, qu'ils reviewent ou non, qu'ils soient ici par hasard ou qu'ils me connaissent de longue date, et je remercie tout spécialement Kattia Black pour ses giiiiigantesques commentaires qui doivent au moins remplie 3 pages A4 (lol), ainsi qu'une étoile que j'ai rencontrée il y a pile une année sur un autre site de fanfictions. (Sibylle, si tu me lis... JOYEUX NOËL!!! ) Pour finir ce loooong bla-bla, merci encore à vous, lecteurs, qui me lisez et me soutenez. Et joyeuses fêtes!!!

Réponses aux reviews :

PotterXmalfoy : merci à toi pour ta review, nouvelle lectrice ! Ca me fait toujours chaud au cœur de voir que de nouvelles personnes lisent ma fic... Je suis heureuse que ça te plaise, en tout cas ! Désolée de t'avoir fait attendre, d'autant plus que tu me semblais très impatiente de lire la suite... -- Snuuuuf... Alors voilà. j'espère qu'elle te plaira ! Je sais, je sais : Scellia est une sale garce qui mériterait qu'on la coupe en rondelles (beurk !) mais... malheureusement, j'ai pas prévu de vengeance sadique pour elle. Désolée... Ne t'inquiète pas : Harry ne tuera pas son Ange, et la Mort aurait ce qu'elle voudra... enfin, en quelque sorte ! Allez, je te laisse lire la suite ! À bientôt !!!

Agua : salut, toi ! C'est con que tes alertes ne se soient pas déclenchées... ma pauvre, que de frustration ! Enfin... ce chapitre est en ligne, après tout ce temps. J'espère donc que l'impatience ne t'auras pas fait perdre l'esprit... Et puis, pour les mouchoirs en papiers... tu devras sûrement les ressortir, parce que l'histoire ne s'améliore pas ! Drame, quand tu nous tiens... ! lol J'espère que ça te plaira... Bigs bisouxxx...

Lilian Evans Potter : merchi pour ta review ! Je suis heureuse que tu ne te lasses pas de mon histoire... j'espère que tu trouveras la suite tout aussi bien ! Bonne lecture...

Maud : salut ! J'ai bien prie en compte tes demandes et... je continue cette histoire ! Alors, heureuse ? lol Ben voilà... j'espère que tu liras ce chapitre avec autant de plaisir ! Laisse-moi un petit mot ! Bizzz...

Kattia Black : salut à toi, groupie number 1 ! (non, sans blague, arrête de m'envoyer des fleurs : ça commence à devenir gênant... lol) J'espère de tout cœur que ton déménagement s'est bien passé, que tu aimes ta nouvelle maizon... et que tu ne vas pas me tuer direct à cause de mon retard de publication. C'était-pas-ma-faute-je-te-jure-je-peux-tout-t'expliquer ! Et pose ce couteau, s'il te plait, tu me fais peur !!! lol

J'espère aussi que tu es pas en rupture de stock de mouchoirs, parce que ce chapitre est loin d'être gai, tout comme les précédents. Les histoires de couples qui s'entredéchirent, ça m'a toujours fascinée, moa. (sadic sur les bord ?! naaaaan... )

Ca m'a bien fait rire quand tu m'as écrit que tu trouvais la Mort drôle... jamais je n'avais envisagé ce personnage de cette façon. Je devrais p'têtre penser à écrire ses aventures, qui sait ? (mais avant, je finis cette fic... arfarf...)

Mais naaaaan, tes immenses reviews ne me fatiguent absolument pas, rassure-toi ! ça me flatte énormément, au contraire (et comme tu le sais, c'est pas très bon pour mon égo, tout ça...). Tant que tu me permets de poser ma question-de-la-mort-qui-tue-et-que-tu-détestes, je te laisse poster de gigantesque reviews ! Encore une fois désolée de t'avoir fait attendre, pour cette suite... mais j'étais vraiment surmenée entre l'école, mes cours de danse, la musique (je fais de l'accordéon... ), les concerts, les devoirs... et tout le reste ! J'ai cru que j'allais devenir totalement timbrée ! (c'est peut-être déjà le cas, d'ailleurs... XX...)

J'espère aussi que tes amies ne sont pas devenues folles à cause de tes harcèlements incessants ! (tu m'as écrit que tu devais récupérer Internet d'ici 4 à 6 jours... j'espère que tu liras ce chapitre depuis chez toi ! )

J'aimerais beaucoup voir ce dessin tiré de ma fic que tu m'as promis... ça me plairait bien ! Je dessine aussi à mes heures perdues, et je me suis essayée à croquer l'Ange et le Démon, mais... les personnages masculins sont nettement plus complexes à dessiner que les filles, je trouve...

Bah ! comment tu sais que je suis à Serpentard, moa ?! Je croyais bien cacher mon jeu, pourtant ! Mais c'est vrai que tous les tests et questionnaires que j'ai fastidieusement rempli m'ont envoyé dans cette sombre et mystérieuse maison... Je suis p'têtre une future génie du Mal, qui sait ? lol (moi ?! naaaan... j'arrive même pas à écraser une mouche alors devenir une despote assoiffée de pouvoir, pas question ! je laise ça aux vrais professionnels... comme Tom ! )

Allez, mon p'tit ange, je vais te laisser... Je te dédie ce chapitre, j'espère que tu l'aimeras, et... JOYEUX NOËL !!! Bisouxxx baveux et plein de neige...

Verschwinden : merci pour ton p'tit mot ! Ne te questionne plus à propos de la suite : la voici ! J'espère qu'elle te plaira... et que tu n'as pas l'âme trop sensible ! Sympa d'avoir donné ton avis sur le poème : je suis sûre que Kattia Black sera ravie d'entendre que tu as aimé ! Bonne lecture et à très bientôt j'espère...

KoolCat : et oui, tes prières ont bien été... lues ! Car voici la suite et j'espère que tu apprécieras ! Merci encore pour ta review, c'était gentil... et non, ne t'inquiète pas : ton état mental ne m'est pas du tout indifférent. Je rencontre aussi ce genre de blems avec ma chère conscience... Te laisse pas faire, montre-lui qui c'est le patron ! lol Bonne lecture, en espérant que tu me laisseras un p'tit mot...

Alexiel : merci à toi ! Je vois que tes avis sont mitigés : faire mourir l'Ange et le Démon ou les séparer à jamais... Mmmmh... je dois dire que le dilemme est de taille. Mais je te répondrais de façon sibylline en te disant que je n'ai choisi aucune de ces deux options... Et pour le savoir, il faudra encore patienter quelques chapitres ! En attendant, j'espère que celui-ci te plaira... Bizzzoux et à bientôt !

Lice-Chan : tu m'aimes plus ?! Naaaan... pourquoi tu m'aimes plus ?! Moi qui avais tout planifié : fiançailles, mariage, bébés, vie à deux... (heuuuu... Syriel, tu t'égares, là... oups ! lol) J'vais essayer de me faire pardonner avec ce chapitre, alors... j'espère que ça te plaira... et que tu ne seras pas trop traumatisée ! Mais que veux-tu : c'est plus fort que moi, j'adore faire souffrir mes personnages... et mes lecteurs, par la même occasion ! C'est le privilège de l'auteur, que veux-tu ! Allez, lis la suite et dis-moi vite ce que t'en penses ! Et ne boude pas... ! Bizzz...


XI. Le Serpent :

Le Démon fuyait loin des cieux qu'il haïssait.

Il ne voulait plus jamais revoir l'Ange ; il le détestait.

Etait-ce bien le cas ? Son cœur en doutait.

Il aurait tant voulut pardonner.

Mais la Mort approchait.

Les éclairs tombent, de plus en plus rapprochés. La pluie lui bat les tempes ; l'air s'insinue dans sa chair ; les bourrasques meurtrissent son torse. Plus rien n'a d'importance. Il veut mourir. Ne plus penser, ne plus réfléchir. Il regrette. Mais l'Ange n'a eu que ce qu'il méritait. Il l'a trompé ; il a menti… rien ne peut effacer ce qu'il a fait. Pourtant… il paraissait si sincère, si tendre... Etait-ce vrai… ? Le Démon ne sait plus. Son esprit est figé dans une prison de glace, incapable de se dégager. Une seule pensée l'occupe : mourir.

Car ainsi, il pourra enfin être en paix avec lui-même. Sa longue errance sera enfin terminée. Il rejoindra tous ceux qu'il a perdus et pourra oublier. Tout sera fini, il n'y aura plus rien. Juste l'immensité silencieuse et de la mort, après une existence de drames. Plus jamais il ne reverra l'Ange, plus jamais. Son cœur se déchire à cette pensée. Tout est si embrouillé dans sa tête, mais c'est trop tard, à présent. Draco lui a dit de partir, de ne jamais revenir.

« Pars et ne reviens jamais ! »

Le Démon court dans les rues de Paris. Ces rues, hier soir encore, il les parcourait avec l'Ange ; elles lui semblaient accueillantes et chaleureuses. Maintenant, ce ne sont plus que de grandes immensités désertes, balayées par le vent et la pluie. Tout est froid, tout est gris. Plus de raison de vivre.

Le Démon marche. Vers le repos éternel…


Une cape noire s'envole, silencieusement. Une faux d'argent brille crûment ; sa lame recourbée étincelle, redoutable. D'un pas rapide, l'ombre se faufile dans les rues, invisible et dangereuse. Elle suit le Démon, impatiente d'assister à sa fin. Jamais elle n'a fait cela pour un mortel. Cette mort sera différente de toutes celles qu'elle a connu durant sa longue, très longue vie. Oui, ce sera différent.

Elle le suit à la trace, ses pas presque dans les siens ; elle traverse sans s'en écarter les grandes flaques sombres qui inondent les trottoirs. Elle ne veut pas le laisser s'échapper et ne craint pas la suite des événements. L'Ange viendra. Il viendra… et ils connaîtront ensemble un tragique trépas qui conduira leurs âmes dans son royaume.

Alors elle pourra repartir, de là où elle vient, en paix…


L'Ange se laisse lentement glisse au sol, contre un mur. Il a peur. Il a froid. Il regrette. Jamais il n'aurait dû lui mentir. Le Démon a eu confiance en lui, il s'est donné corps et âme, et Draco l'a trahi. Oh, bien sûr, ce n'est pas de sa faute, enfin, pas vraiment. D'une certaine façon, il est coupable. Il aurait dû… il aurait dû lui parler de Scellia tout de suite, quand il en était encore temps. À présent, c'est trop tard...

Il revoie encore son expression de jalousie. Sa bouche tordue en un rictus de colère et de dégoût… ses yeux lançant des éclairs de rage… et ses mots… ses mots si durs qui l'ont transpercé de part en part. Le tic-tac d'une lointaine pendule le tire de ses songes. Il relève la tête. L'horloge récite une lente litanie, une poésie amère et cruelle. Cette morbide chanson a étrangement la voix de Scellia, sa fiancée. La responsable de tous ses malheurs. Il se penche un peu, ramassant au sol la lettre qu'elle lui a écrite. Ses yeux lisent malgré eux les mots fatidiques.

« Reviens, mon amour. Parce que… je t'aime. »

Draco sourit alors avec amertume. Jamais Scellia ne lui a dit qu'elle l'aimait, pas même lorsqu'il l'a demandée en mariage. Jamais. Cette lettre n'est qu'une mascarade cruelle qui a détruit la seule chose qui comptait encore pour lui. Mais il reste encore une chance. Une seule.

L'Ange se relève. Il part à la recherche du Démon…


Harry s'arrête. Il touche au but, il est tout proche. L'endroit est là devant lui, magique.

De longues avenues goudronnées, sombrant sous l'eau, où ce matin encore les voitures klaxonnaient à tout rompre. Le ciel sombre comme un tombeau, illuminé par saccade d'éclairs vengeurs. La place pavée, détrempée, déserte. Les escaliers, glissants. Et devant… deux tours, fières et droites. Une architecture gothique, témoignage des brillants temps de jadis. Une rosace époustouflante de beauté, tout en rouge et bleu. Une voûte superbe, culminant à quelques trente-cinq mètre de hauteur…

Géante au corps de pierre, la cathédrale. Notre-Dame de Paris.

Le Démon a un sourire triste. C'est là qu'il est venu, le jour de son arrivée dans la cité. Dans ce lieu saint, il a su retrouver un semblant de paix… pour un temps trop court, cependant. Cet endroit est sacré, magique. Il a le pouvoir d'apporter le calme. Il s'y sent bien. La cathédrale parle dans le langage muet des pierres. Il la comprend ; il la connaît. Il y est souvent revenu. Tous les jours, en fait. Avait de le rencontrer. Et à présent, sa visite revêt une importance particulière.

Le Démon monte lentement les marches. C'est là qu'il va se tuer…


L'ombre le suit discrètement. Elle a été surprise, très surprise en reconnaissant le lieu. Elle ne s'y était pas vraiment attendue. Etrange. Pourquoi un démon irait-il trouver la mort dans un lieu saint ? L'ombre hausse les épaules. Aucune importance. Elle n'a pas pour fonction de se préoccuper des dilemmes des mortels, et elle ne compte pas s'interroger davantage. La seule chose qui compte, c'est les deux âmes qui lui seront bientôt données. Elle en frémit d'avance.

Gourmande, elle passe une langue écarlate sur ses lèvres sèches et suit des yeux la silhouette mince qui grimpe les escaliers. Redressant sa faux, elle monte à sa suite. En arrivant en vue de l'édifice religieux, elle frissonne ; un étrange pressentiment la taraude. Anxieuse, elle poursuit sa route.

Ce n'était qu'une impression.


L'Ange court sous la pluie battante. Un sentiment d'urgence l'oppresse, l'empêchant presque de respirer. Il faut se hâter ; chaque minute compte. Car bientôt, ce sera peut-être trop tard. Mais où est-il ?! Inquiet, Draco scrute les rues désertes. Personne. Les gens sont tous chez eux, à attendre la fin de la tempête. La panique submerge l'Ange. Son esprit vole de place en place, de boulevard en boulevard, de rue en rue. Harry n'est nulle part. Absent, comme… gommé du monde. Il se concentre davantage, plus déterminé que jamais à l'idée de le retrouver. La magie fait son œuvre : elle le guide, lui ouvre la voie. Un chemin de feu vert et brillant. Enfin il l'aperçoit. Ou plutôt… non, pas lui. Pas vraiment lui.

Son esprit. Il voit l'esprit du Démon. Un visage pâle, très doux, à la peau si blanche qu'on la croirait sortie d'un rêve. Des yeux d'émeraude, incroyablement tristes. Quelques mèches sombres, nuage de ténèbres. Une âme qui souffre, qui désespère. La vision s'éloigne ; un décor se découpe lentement. Draco plisse les yeux, cherchant à voir l'endroit où se trouve son amant. Il a une exclamation de surprise, lorsqu'il le reconnaît.

Notre-Dame.

La façade lui apparaît clairement. L'édifice est impressionnant, teinté d'un étrange sentiment mystique. Et sur la grande tour gauche se tient une petite silhouette. Une minuscule ombre.

- Et merde !

Le Démon va faire le grand saut.

L'Ange se précipite ; la peur lui donne des ailes. Le Démon va sauter…


Le Démon scrute le vide. Les larmes lui brouillent la vue. Au bord du gouffre, il attend. Il attend… quoi, au juste ? Peut-être attend-il que l'Ange vienne vienne le sauver, comme hier soir ? Il aimerait tant que cela soit vrai. Il pourrait… il pourrait courir vers lui, se jeter dans ses bras, pleurer sans retenue. Il s'excuserait de toute la peine qu'il lui a faite ; il s'excuserait pour les coups, les injures et les accusations… Il enfouirait la tête au creux de son cou, et ne penserait plus à rien. Il écouterait ses paroles réconfortantes en se laissant bercer. Si l'Ange était là…

Mais Draco n'est pas là. Il ne sera plus jamais là. Harry essuie d'un geste las les larmes qui l'aveuglent, mais elles continuent de couler. Si l'Ange était là… il ne serait pas sur le point de sauter.

Le Démon s'approche de l'abîme noir. Il va mourir. Bientôt…


L'ombre se rapproche du Démon. Il est si proche de la fin… mais il ne se décide pas. Il ne saute pas. Qu'importe ! Elle va l'y aider. Calant la grande faux contre son épaule, l'ombre se rapproche de sa proie. Elle tremble. Elle ne le sait pas. Elle a peur, tout d'un coup : mauvais pressentiment. Elle hausse les épaules. Les lieux saints ne lui ont jamais inspiré confiance ; elle ne s'y est jamais sentie à l'aise. La Mort n'aime pas se sentir surveillée par une puissante qui la dépasse...

Impatiente, elle se penche à l'oreille du Démon. Un frisson le submerge. Terrifiant. Mais il ne semble pas prêt à sauter. Peut-être a-il besoin… qu'on l'aide un peu ? Elle n'est pas contre le fait de lui rendre ce service. Pourquoi ne pas… accélérer les choses ? Pourquoi ne pas forcer la main au destin ? Elle se rapproche davantage ; ses crocs effleurent la nuque de sa proie. Bouche collée à son oreille, elle susurre les terribles mots qui accéléreront sa chute vers l'abîme.

Le Serpent distille à nouveau son poison...


Draco se précipite. Le souffle court, il franchit d'un bond les flaques. Il arrive à une porte de bois imposante.

Vite. Il la pousse, de toutes ses forces. Elle s'ouvre.

Vite.

Il pénètre dans la cathédrale, et remonte en courant la nef centrale. Dans le cœur, des cierges sont allumés ; on chante un cantique.

Vite.

Quelques fidèles se retournent, surpris. Le curé interrompt son geste. Un groupe de religieuses pousse une exclamation outrée.

Vite.

Il s'excuse d'un sourire d'avoir troublé l'office, sans s'arrêter. Pas le temps. Il connaît le chemin ; il est déjà venu.

Vite.

L'Ange disparaît derrière des colonnades. Un rideau, une ouverture dans la pierre. Un passage.

Vite.

Il s'y engouffre sans ralentir. Des escaliers, par dizaines, par centaines. Anciens chemins utilisés par les francs-maçons pour construire l'immense titan de pierre. Il déboule à l'extérieur de l'édifice, sur un petit chemin qui serpente entre les tuiles.

Vite.

Un seul faux pas peut se révéler fatal ; il n'y songe même pas.

Vite… vite… vite… c'est comme une musique lancinante. Il court sur les toits, contourne les sculptures, évite les sinistres gargouilles. Les tuiles sont glissantes et il manque plusieurs fois de basculer dans le vide.

Vite.

Enfin il les voit, les deux tours de la face ouest. Immuables, immobiles, redoutables. Et, au sommet de celle de gauche, deux ombres. Le Démon… et la Mort. Draco pousse un cri de désespoir.

L'Ange se précipite. Il faut qu'il arrête la Mort, qu'il arrête le Serpent...


Le Démon agit comme dans un rêve. Une voix enivrante, caressante, creux de son oreille. Des mains effleurent son dos, avec une douceur ferme et persuasive. Il ferme les yeux. Que voulait-il faire, déjà ? Tout es si embrouillé…

« Pourquoi ne sauterais-tu pas… ? »

Très bonne question, il l'avait d'ailleurs envisagé...

« Qu'as-tu à espérer de la vie ? Plus rien du tout. Tu es fini. Tu as perdu tes amis, ta famille et plus personne ne pense à toi. Tous les gens que tu as sauvés… tu n'es plus rien. Ton nom sombrera dans l'oubli. Tu as tout perdu, mon ami. Et tu l'as perdu, lui... »

La voix a raison. Il n'est plus rien, rien. Et Draco… Draco lui a échappé, comme tout le reste !

« L'Ange ne reviendra plus. Il ne veut plus de toi. Il n'a jamais voulu de toi, d'ailleurs. C'est toi qui t'es accroché à lui. Il ne t'aime pas. »

Le Démon secoue la tête. Ce n'est pas vrai, non. Ce ne sont que des mensonges…

« Mais non, persuade la voix. Il ne t'aime pas. Résigne-toi. Tu verras comme il est dès lors comme il est facile d'abandonner la Vie, et de rejoindre la Mort. Rejoins-moi, Harry. Viens avec moi… »

Le Démon acquiesce. C'est vrai, pourquoi se battre ? Il a passé sa vie à lutter pour survivre. À lutter pour lui, mais aussi pour les autres. Il est fatigué, à présent. Terriblement fatigué. La voix est si tentante… Pourquoi ne pas obéir et se laisser aller ?

Le Démon va rejoindre l'autre côté du miroir, là où le monde appartient pour toujours à la nuit et où les esprits ne sont pas des légendes…

L'ombre sourit. C'est si facile, avec les mortels ! On aurait presque pitié d'eux.

« Oui… viens. Enlace ma taille, enfouit ta tête au creux de mon épaule... Viens, viens dans mon monde. Je te donnerais l'amour que l'Ange ne t'a pas accordé... Laisse-moi te guider. Tu verras, tout est si facile… Viens avec moi, Harry… »

Le Démon fait soudain volte-face. Les yeux fermés, il ne se rend pas compte de la proximité de l'ombre. Un cou de vent rejette en arrière sa lourde capuche noire. Elle balaie la figure de Harry, le forçant à ouvrir les paupières. Il reste médusé, à la fois horrifié et envoûté.

Une peau pâle, livide, comme de la neige ; elle semble avoir la dureté du marbre, avec par endroit des plaques d'écailles luisantes. Ornements magnifiques et repoussants. Des yeux millénaires au regard noir où dansent quelques flammes dorées. Les cheveux sont longs, sombres, étrange mélange de rouge sang, d'anthracite et d'argent. Ils tombent en cascade, tantôt brillantes et lisses, tantôt graisseuses et emmêlées. La bouche est large, bien dessinée, sublime. Mais le sang séché qui la recouvre lui ôte toute beauté, de même que les dents pointues qu'elle abrite. La créature est double, à la fois affreuse et splendide.

Le Démon reste saisit, mais la voix reprend :

« À présent, tu connais mon vrai visage. Peu ont eu ce privilège. Cela coûte cher, sais-tu ? Tu vas devoir me payer de ta vie... »

Une lueur farouche brille dans les yeux de l'ombre. Elle resserre la prise de ses mains sur la faux d'argent, prête à frapper. Harry est au-delà de la terreur ; il est simplement subjugué. Tout ce que lui dira la voix, il le fera.

« Je serais douce, ne t'inquiète pas. Je te conduirai à ta dernière demeure le plus paisiblement possible. Tu ne souffriras pas. Et tu ne seras pas seul : je ferais venir pour toi une personne qui t'est chère. Très chère. Avant cela, tu dois me répondre… veux-tu venir, ou non ? »

D'un geste vague de la tête, il acquiesce. Oui, il ira. L'ombre sourit :

« Laisse-moi te montrer la voie qui conduit à la lumière. Laisse-moi être celle qui prendra ton dernier souffle… »

Elle écarte les bras. Le Démon hésite. Les lèvres écarlates s'agitent, remuent ; leurs contours désirables et horrifiants luisent dans la pénombre.

« Viens… »

Harry avance d'un pas ; les mains griffues de l'ombre enserrent son dos. Les serres transpercent la peau. Le Démon frémit, mais approche encore. Il est tout prêt, si prêt que sa bouche effleure les lèvres repoussantes de l'ombre.

« Vas-y. Embrasse-moi… viens prendre ton dû, et pars avec moi… »

La Mort sourit ; elle a gagné. Ce baiser sera l'erreur fatale qui coûtera la vie au Démon…


Se précipitant sur la tour, l'Ange aperçoit l'ombre avec horreur. Le Mal, le Serpent... Le Démon s'abandonne à l'étreinte démoniaque. Le cœur de Draco manque un battement. Il court sur le toit ; la pluie lui cingle le visage. Il arrive enfin à leur hauteur.

- Arrêtez… !

Le Démon se retourne ; il échappe à l'ombre. Celle-ci retrousse les lèvres. Sa proie lui a échappée, mais l'Ange est venu...

Un baiser mortel allait être donné.

Le cri de l'Ange avait éveillé le Démon.

La Mort, satisfaite, se délectait d'avance.

Tout deux ils tombaient dans son piège.

La victoire était proche.


Voili, voilou... déjà la fin... la suite avant Noël, si j'ai le temps! Mais je ne promets rien! Un petit mot pour me donnez votre avis? Cette fois, je vous faire grace de la question-de-la-mort-qui-tue-et-que-personne-ne-peut-supporter... faut croire que j'ai un coeur, moi aussi...!

À très bientôt et bisouxxx baveux à tous/toutes!!!!