Devinez qui qui est encore malade, au moins ce n'est pas pendant les fêtes.
Bonne lecture!
So take it in, don't hold your breath *
The bottom's all I've found
We can't get higher than we get
On the long way down
Robert DeLong - Long Way Down
Chapitre 12 Trois cent soixante degrés
Je ne peux pas y échapper, je me suis trouvé une nouvelle Rita mais en plus chiant parce que celui là ne m'offre même pas de beignet aux haricots.
Kinoto est vraiment bizarre et même Daikoku finit par me faire remarquer mon choix étrange en compagnons. Je ne peux même pas lui expliquer ce que ce gamin me veut, puisque je ne le sais pas non plus. Au moins Kinoto est silencieux, et il se contente de m'accompagner entre mes différentes activités de la journée sans aller au delà. Que ce soit aux repas, ou à la salle de soin, ou entre les entraînements de Nonô. Je me demande si ce gamin a une vie, vraiment. Au moins il me laisse à l'entrée et je n'ai pas à endurer sa compagnie, enfin… je crois. Des fois j'ai l'impression d'être observée et l'augmentation du contrôle de mon chakra et donc de ma sensibilité ne font que confirmer ça. Saleté de gamin.
Le pire c'est que je ne peux même pas dire d'où il sort, il a l'air d'être un nouveau de l'orphelinat mais quelque chose cloche. Je pense immédiatement à demander à Mère un soir même mais celle-ci me dénie la requête.
"Ignore-le juste, tu ne veux pas savoir." Je grogne intérieurement, évidemment que si et plus le temps passe et plus ça devient suspicieux. Au moins ça me met les choses au clair. Nonô est toujours une connasse frigide, je ne peux toujours pas lui faire confiance, il faut trouver par moi-même.
Je l'aurais pas dit mieux.
Plusieurs jours passent et la routine avec Kinoto qui me suit partout continue mais aujourd'hui Nonô n'est pas à la salle de soin et semble avoir annulé notre entrainement. Je décide d'aller la voir à son bureau et… enquêter un peu. J'esquive Kinoto en passant par la sortie intérieure et on va voir si Nonô est effectivement absente. Les lumières sont éteintes, je n'entends rien et je ne sens personne non plus.
La porte de son bureau est ridiculement facile à crocheter avec une aiguille et un bout de cuillère tordu. Je n'allume pas la lampe et utilise la lueur de la lune pour étudier la photo que j'avais vu sur le bureau de Mère. Il ne me faut que quelques secondes pour retrouver celui que je cherchais, Kinoto est bien sur la photo, c'est l'un des enfants que je n'avais pas reconnu. Ses yeux sont cachés par ses cheveux mais sa coupe ébouriffée et sa peau pâle sont caractéristiques. Où était-il pendant tout ce temps, pourquoi réapparaître maintenant? Mes suspicions prennent un tournant un peu effrayant lorsque j'entends quelqu'un ouvrir la porte.
Mon souffle se coupe et je repose précipitamment la photo là ou je l'ai prise avant de m'apercevoir que c'est Kinoto, ce n'est pas un soulagement.
"Tu n'as pas le droit d'être ici." Il murmure d'une voix aussi plate comme crêpe qui a un peu trop traîné. Mon esprit fonctionne à toute allure et mon souffle se relâche.
"Important"
Je le fixe silencieusement et il ne répond pas.
"Positif, secret, important" Je m'avance vers lui pour pouvoir mieux voir son visage, il ne montre toujours aucune émotion, je lui prend la main et me délecte de l'étincelle de surprise dans ses yeux.
"Ami, secret, silence" Je souris innocemment et Kinoto cligne des yeux une fois avant de hocher la tête et de me laisser passer, je me retiens de courir et retourne doucement à mon dortoir, il ne faudrait pas réveiller les autres nonnes. Je décide d'attendre demain pour assumer mes actes.
Les autres filles sont endormies et je me sens un peu malade. Je n'ai pas entendu Kinoto arriver du tout, il était aussi silencieux que… Pas de jugement précipité j'essaie de me convaincre que j'ai simplement baissé ma garde et que ça ne se reproduira plus.
Le lendemain… il n'arrive absolument rien. Kinoto vient me suivre comme à son habitude mais Mère ne vient pas me convoquer pour me poser des questions. Soit elle a décidé de garder ça secret pour l'utiliser contre moi plus tard -ce qui n'est pas très plausible, elle n'a pas besoin d'excuse pour ne rendre la vie dure si elle veut. Soit… Kinoto a gardé le secret et je ne sais pas du tout quoi en penser. Il m'accompagne en salle de soin sans un mot et je passe une bonne partie de la matinée à fabriquer des bandages. Ça arrive que ce soit calme comme ça, le peu de patients qu'on a sont KO et il n'y a pas grand chose à faire. Ce serait le bon moment pour échapper à sa surveillance.
Je mime le geste de manger à Satoshi et celui me fixe pendant quelques secondes pour hoche la tête.
"Essaie de revenir avant ce soir, on doit encore se préparer la salle d'opération."
Je me glisse par la porte de derrière et pars pour la cafétéria, à mon soulagement, je ne vois pas l'ombre de mon stalker habituel. Après avoir pris un bol de soupe je me dirige vers la personne que je voulais voir.
Je pose ma main sur l'épaule de Daikoku pour le saluer, il lève la tête et la hoche en réponse, je m'assois à côté de lui et lui fais signe.
"Question, important"
Il lève un sourcil mais j'ai son attention.
"Qui, K-I-N-O-T-O, toi, connaît"
Je ne m'attendais pas à l'expression mi-honteuse mi-effrayée qu'il me sort.
"Je… je ne peux pas trop en parler, c'est…"
Je continue de le fixer et il soupire.
"Kinoto est… son prénom c'était Kazu, il a été trouvé dans la rue et ramené comme pas mal d'autres. Il est parti pendant quelques mois et il vient de revenir en Kinoto. Je ne sais rien d'autre…" Il regarde autour de lui et se mord la lèvre.
"Je ne devrais pas te le dire mais… trois autres qui avaient tendance à traîner seuls sont aussi… partis et ils ne sont pas revenus. C'est pour ça que je… Je ne voulais pas qu'il t'arrive la même chose, mais je ne sais rien d'autre."
Il ne dit plus rien et je pose une main sur son épaule et hoche la tête.
"Merci"
Je garde une façade calme alors que Daikoku reprend sur un sujet moins sensible et je réfléchis à toute allure. Des orphelins qui disparaissent est plutôt alarmant, connaissant Mère, c'est probablement Danzo derrière ces disparitions. J'ose croire qu'elle ne laisserait pas ses orphelins devenir des spécimens de Orochimaru -a moins qu'elle ne soit pas au courant. Dans tous les cas, c'est pas bon, je ne peux en parler à personne. Il faut au moins que Toshio… je vais essayer de lui en parler.
Après le repas, je vais chercher mon ardoise et approche mon frère -qui aide à nettoyer la salle du repas- en lui demandant sur le bout d'ardoise de discuter seule à seul. Il me regarde brièvement d'un air froid, en colère et me tourne le dos pour retourner en cuisine. Je suis complètement sur le cul. Ça fait mal, ça m'énerve, ça me fatigue et… ça me terrifie, si Toshio ne veut plus de moi je… Je n'ai plus la moindre raison de continuer.
Même s'il veut pas de toi toi tu l'aimes toujours et tout ce qui importe tu peux toujours l'aider de loin. Il reviendra à la seconde où il aura besoin de toi, je te le garantis.
Je devrais retourner en salle de soin mais c'était calme aujourd'hui, Satoshi ne m'en tiendra probablement pas trop rigueur si je rentre plus tard. Puis Nonô est encore occupée aujourd'hui, je n'ai pas eu la confirmation d'un entraînement pourtant tout ce dont j'ai envie c'est de frapper quelque chose.
Je retourne à ma chambre pour repose l'ardoise et ma main passe sur ma sacoche d'armes un peu abandonnée. Ce serait tentant de me lâcher les nerfs avec, puis il ne faudrait pas que je manque de pratique. Lorsque je sors dans la cour cependant, je me souviens d'un léger problème. Le garçon aux cheveux noirs et aux yeux vides est toujours à mes basques.
"Toi, partir"
Kinoto me fixe de son air vide et ma frustration monte en flèche, je m'éloigne de lui en marchant plus vite mais il refuse toujours de me lâcher, ça me met particulièrement sur les nerfs maintenant.
Je me retourne sans prévenir pour lui faire face et pointer mon doigt contre son torse.
"Arrête, suivre, moi, problématique"
"Les amis font des choses ensembles" Kinoto répond comme si c'était la chose la plus naturelle au monde et avec toujours aucune expression.
"Faux, négatif, amis, espace, respirer" Je soupire et abandonne la bataille perdue d'avance et laisse ma main retomber. Je n'ai plus envie de lutter, je veux juste me débarrasser de toute cette frustration et...je ne vois qu'une solution à ce problème, lui casser la gueule dans un entrainement amical.
Quoi de mieux pour te débarrasser de tes envies de violence que plus de violence.
"Combat, ami, entraînement, ?" Les yeux de Kinoto s'ouvrent un tout petit peu plus et il me fixe d'un air nouveau.
On dirait que tu as vraiment son attention pour une fois.
Kinoto ne bouge pas et je décide de le traîner par la main jusqu'au portail ouvert, je prends plus trop la peine de partir discrètement, vu que je travaille un peu plus officiellement pour Mère, évoquer le nom de la directrice suffit à me balader un peu partout sans questions et j'en abuse absolument.
Il a encore neigé la nuit dernière et nos pas laissent une traînée facilement traçable, cela dit deux amis qui se baladent dans la forêt pour jouer n'a rien de suspicieux. La petite clairière où je m'arrête est assez grande, je peux presque apercevoir sous la neige le rondin que j'avais utilisé pour entraîner mon shurikenjutsu, ça sera pour une autre fois. Je me tourne vers mon "ami".
Kinoto a toujours cette expression surprise, comme si je l'avais surpris à faire quelque chose qu'il ne devrait pas, il refuse encore de bouger et je croise mes bras.
"Combat, ami, entrainement." Je redemande sans réaction de sa part. Il est peut-être temps de sortir mon arme secrète.
"Combat, entraînement, ami, K-A-Z-U"
Ses yeux s'écarquillent pendant un très court instant puis il me fixe d'un air particulièrement effrayant, froid et colérique. Enfin aussi colérique qu'un enfant de son âge a le droit de l'être.
Bingo.
"Ne m'appelle pas comme ça."
Je lui lance un très léger sourire narquois.
"Combat, entraînement, ami"
L'expression de Kinoto se relaxe un peu et il hoche la tête l'air exaspéré et mon sourire devient plus amical alors que je jette mon sac à bandoulière sous un arbre.
Il se penche en avant pour me saluer avant de prendre une stance que je ne connais pas. Je prends celle classique de l'Académie que Nonô m'a enseigné, je ne le salue pas, on m'a jamais indiqué que c'était nécessaire.
Un court silence et il ne fait rien, à moi de commencer alors, je lui fonce dessus. Il y a de bonnes chances que Kinoto soit meilleur que moi et je veux essayer de le prendre par surprise pour lui porter au moins un coup. Il ne montre qu'un clignement d'yeux en réaction et il esquive mon poing avec agilité, je tente un coup de pied et celui-ci est paré. Kinoto est moins rapide que Uta ou Nonô mais il a l'habileté qui lui permettrait de combattre mes deux professeurs et survivre. Je vaux pas grand chose en comparaison mais au moins je peux me montrer créative vu que Kinoto semble décidé à ne pas passer à l'offensive. Avec un coup de chaussure je lui envoie de la neige dans la figure et en profite pour lui mettre un coup de poing sur le ventre, touché. Il se plie légèrement en eux mais ne fait pas le moindre son. Je m'arrête à quelques mètres de lui.
Prends moi sérieusement j'essaie de lui dire avec mon expression, je n'espère pas gagner mais l'adrénaline coule dans mes veines comme de l'électricité. Je peux enfin porter un coup contre quelqu'un, j'ai enfin un adversaire à ma taille.
Son expression reste absolument la même et c'est son tour de passer à l'attaque.
Le coup de pied le plus évident est assez facile à esquiver mais son coude contre ma joue est trop rapide pour que je l'esquive, je ne laisse pas la douleur me distraire et passe en contre attaque mais il évite mon genou avec l'aisance de l'expérience. Alors que son pied allait toucher mon torse, je parviens à le parer mais je sens la puissance de son action raisonner dans ma cage thoracique, il tape beaucoup plus fort que moi. Kinoto fait une pirouette pour reprendre de la distance et m'observe avec attention. Je m'en sors pas si mal, à part ma joue lancinante je ne sens pas d'autres blessures. Je suis tentée d'aller chercher les armes de ma sacoche pour m'entraîner sur une cible mouvante mais je retiens mon geste, il ne vaut peut-être mieux pas lui donner une raison d'utiliser des armes supplémentaires qu'il sait utiliser mieux que moi.
Je lui fonce à nouveau dessus un léger sourire sur mon visage. Il se contente d'esquiver avec plus attention cette fois, la neige ne marchera pas deux fois alors je redouble d'efforts. Après quelques coups bloqués je me glisse dans la neige devant lui et je parviens à le surprendre avec un mouvement improvisé avec coup de pied au visage, et immédiatement, il ignore totalement la douleur qu'il a probablement dû ressentir de mon coup et contre-attaque, me coupant le souffle avec un coup de genou dans le ventre. Je tombe sur le sol sous la violence du coup et Kinoto reste debout à attendre.
C'est très Pavlovien de sa part, Kinoto sait mieux se battre que moi mais il ne fait que me rendre les coups que je lui donne pour essayer de m'encourager à cesser le combat. La base du conditionnement de Pavlov. Mais contrairement à ses espérances, à chaque fois que je parviens à le toucher c'est une victoire qui vaut la peine de souffrir ensuite, Nonô s'est assurée que la douleur n'était plus une barrière pour combattre de toutes mes forces.
Je me relève, essoufflée et je me remets en position. Je ne serais pas capable de vaincre Kinoto, pas au combat et ce n'est pas Nonô, il ne viendra pas panser mes bobos après m'avoir massacrée mais une partie complètement folle de moi s'en fiche. J'ai besoin de continuer, d'exprimer mon mécontentement envers le monde entier. Je m'élance avec moins d'aisance qu'auparavant et il se défend plus ardemment cette fois-ci. J'accumule probablement pas mal de bleus pendant les minutes qui suivent et éventuellement, alors que je parviens à lui porter un coup à la jambe, il me le rend avec un solide coup de pied dans le dos. Je tombe au sol et la neige amortit ma chute. Après celui-la je ne me relève pas, me retournant sur le dos et respirant l'air froid à pleins poumons. Je me sens calmée, épuisée, je n'ai juste plus envie de continuer.
"Fini?" Il demande avec la même voix inexpressive, cependant je peux entendre un léger essoufflement dans sa voix, une satisfaction comme une autre.
Un léger rire étouffé m'échappe, ça fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de rire et Kinoto me regarde avec ébahissement.
"Positif" Je lui réponds entre deux éclats silencieux, ça fait un bien incroyable de relâcher un peu de pression hors de l'orphelinat, je n'avais pas réalisé à quel point j'étais stressée, tendue par tout ce qui m'entoure. Entre, le départ de Jiraiya, l'Académie, Nonô, l'entraînement, la salle de soin et mon frère, j'ai emmagasiné plein d'émotions négatives que ça fait plaisir de sortir. Kinoto ne s'en rend probablement pas compte mais il m'a permis de sortir, de souffler, d'évacuer la pression, après tout le garder dans le coin ne serait pas si mal. Espion ou pas.
Je regarde le ciel gris et après quelques secondes une main vient entraver mon champ de vision, c'est la main de Kinoto qui m'aide à me relever. Je ne m'attendais pas à un geste amical près que je l'ai basiquement forcé à se battre. J'accepte la main sans hésitation.
"Merci"
On retourne à l'orphelinat en montant sur l'un des murs du terrain -je suis négativement surprise de l'habileté de Kinoto à monter sur le mur sans ses mains- et on passe à la salle de soin pour piquer un peu de pommade et retourner dehors pour l'utiliser. Satoshi semble heureusement occupé ailleurs.
Dehors, Kinoto m'aide à appliquer de la pommade sur ma joue et mon ventre, les autres bleus partiront d'eux mêmes. Évidemment, j'insiste pour m'occuper de lui aussi, il ne proteste pas. Je finis d'appliquer la pommade sur sa joue et m'assois à côté de lui.
"Combat, garder, secret,?" Je lui demande avec hésitation, s'il a gardé le secret avant pourquoi pas maintenant? Qu'il le garde au moins secret des nonnes et de Mère si pas Danzo, je n'ai pas besoin de plus d'attention que j'ai déjà de cet homme à travers Kinoto. Il ne faut pas que j'oublie qu'il peut facilement devenir un ennemi. Kinoto me fixe et referme la pommade.
"Positif" Il me fait signe et je lui fais un sourire hésitant.
"Merci, ami" J'ajoute en me levant, il va bientôt être l'heure du couvre-feu et je devrais tourner en salle de soin pour préparer la salle de bain en salle d'opération pour un de nos patients, ce sont Mère et les apprentis qui s'en chargeront demain.
Kinoto hoche simplement la tête, j'ignore son expression satisfaite, et je retourne à la salle de soin pour trouver un Satoshi fumant.
"Où étais tu passée? Je t'ai cherché partout!" Après ces mots il reprend.
"Attends tu t'es battue? Laisse-moi…"
"Je vais bien" Il fronce ses sourcils à mon refus et soupire d'épuisement.
"Dans ce cas, au travail, et la prochaine fois que tu arrives en retard comme ça tu prépareras la salle toute seule. Je ne veux plus passer vingt minutes à te chercher dans tout l'orphelinat."
Je hoche la tête et me remets en tenue, la soirée ne fait que commencer.
~ 0 ~
Je ne revois plus Toshio qu'entre deux couloirs de l'orphelinat, je ne tente plus de l'aborder depuis la dernière fois. Je sais qu'il s'est fait quelques amis de son côté, au moins il n'est plus seul.
Kinoto continue de me suivre de manière régulière mais je ne lui en tiens plus trop rigueur. Je le vois moins comme une gêne qu'un bonus dans ce monde de brute. Je sais qu'il n'a pas dû avoir de véritable enfance avec Danzo et j'essaie de lui en offrir une, en lui offrant des sucreries -qu'il n'a apparemment jamais goûté-, lui montrant des paysages que je trouve beaux. Et j'en profite moi aussi, quelque chose que je ne m'étais pas vraiment autorisée avant. Au final je découvre que les poèmes sont un peu plus son truc que l'art ou la nourriture. Il a fini de lire tous ceux de la bibliothèque de l'orphelinat et il faut que je pense à demander à Daikoku s'il pourrait m'en ramener de celle de la librairie du village.
Je sais qu'il y a des rumeurs moqueuses que le garçon bizarre sort avec moi mais honnêtement je n'ai que faire de l'opinion de gamins sur ce genre de choses. Je me doute déjà pas que ma mésentente avec mon frère a fait le tour de l'orphelinat mais je n'ai pas d'énergie à mettre dans la mise en place d'une bonne réputation, on verra ça à l'Académie.
C'est assez triste à dire mais si tout se passe bien, d'ici la fin de mes études à l'Académie, je ne verrais ces enfants que dans la salle de soins où je pense continuer à travailler. Ça ne me rapporte pas tant d'argent pour le moment -j'ai insisté pour me faire payer comme les autres- mais Mère m'a promis que lorsque je saurais faire la technique de la paume mystique chez les humains, je recevrais plus d'argent.
Ça n'empêche pas qu'il me faut un mois entier de plus pour savoir passer le chakra Yin dans mes bras sans m'épuiser puis une fois que j'y parviens, j'apprends à ne pas éviscérer tout ce que je touche avec la technique. Mère me dit qu'il me manque de la pratique mais je ne pensais pas qu'il me faudrait autant de contrôle pour pratiquer ce jutsu sans risques.
Contrôle parfait, tu te souviens?
~0 ~
"Et tu as fini par t'habituer à lui tu dis?" Je hausse les épaules, refermant le livre que je viens de terminer.
Depuis mon dernier interrogatoire, Daikoku agit un peu plus amicalement, je me demande pourquoi. Il est plus ouvert me demandant comment je vais, si j'ai besoin d'aide et je ne vois pas de raisons de ne pas lui rendre la pareille.
"Amical, aide, bonne, personne" Je considère que Kinoto est celui qu'il faudrait que j'aide, et en parlant de ça...
"Amener, livres, poésie, ?"
"Je n'aurais pas cru que c'était ton truc la poésie." Je secoue la tête.
"K-I-N-O-T-O, aime, poésie" Daikoku me lance un sourire que j'aime pas tellement.
"Pour Kinoto, hein? On pourrait presque croire que tu es amoureuse…" Je suis encore incapable d'empêcher mon visage de rougir de surprise mais je donne un coup de poing à l'épaule de Daikoku.
"Faux, toi, garçon, bête, K-I-N-O-T-O, ami" Daikoku rit à ma réaction, je connais bien sûr les rumeurs des filles de notre dortoir, je n'aurais jamais cru que Kinoto avait un fanclub si on peut appeler ça comme ça. Et il est juste beaucoup trop jeune pour moi, malgré mon âge physique je ne me sentirais jamais capable d'avoir une relation avec une personne ayant moins de 18 ans, et encore. Pas parce que j'ai un code moral particulièrement ancré mais parce que c'est juste dégeu à imaginer.
"Toi, aime, Y-U-I, silence"
C'est au tour de Daikoku de prendre une expression embarrassée. Depuis qu'il a pris l'habitude de venir me rendre visite en salle de soin pour poser des questions aux apprentis medics, il n'a pas pu s'empêcher de me m'interroger sur Yui. Même si je travaille avec elle, je ne la connais pas bien, vu qu'elle fait souvent les gardes de nuit -Mère prétend qu'elle préfère travailler la nuit- je ne la vois que certains soirs et on ne parle pas tellement. Je sais juste qu'elle aime les fleurs, c'est elle qui en met sur les tables de nuit des patients de longue durée, c'est certainement pas le truc de Satoshi.
Je repose le livre sur la pile et m'allonge sur le tatami, les yeux fermés, j'ai fait le tour du programme des quatre années ou plutôt "classes" de l'Académie -ils sont plus classés par talent que par âge. Je ne connais bien sûr pas encore toute la théorie de toutes les matières par cœur mais la vue d'ensemble me permettra déjà de prendre de l'avance pendant mon temps libre. Je suis motivée, j'ai envie de réussir au plus vite mais… Mon frère me manque, je ne sais pas quoi faire pour revenir en arrière, il est toujours autant en colère contre moi et refuse encore de m'adresser la parole.
Je sens quelqu'un de nouveau entrer dans la pièce, il me faut quelques secondes pour reconnaître à qui appartient cette aura, j'ouvre les yeux et une main apparaît dans mon champ de vision. J'attrape cette main et Kinoto m'aide à me relever. Daikoku l'observe avec prudence mais le salue quand même poliment.
"Promenade, au revoir" Je ne sais pas si Daikoku y croit vraiment, il a dû remarquer comment nous disparaissons dans la forêt pour revenir contusionnés. Il n'a pas commenté cependant, n'a pas posé de questions non plus et j'en suis reconnaissante, je lui lance un sourire et pars avec Kinoto.
Il est déjà habillé pour se balader dans la neige mais moi pas alors je passe à mon dortoir pour récupérer des vêtements chauds. J'essaie de lui raconter l'incident qui est arrivé ce midi où Kinoto n'était pas là. Deux gamins se sont disputés et ça a engendré une énorme bataille de nourriture.
Kinoto semble intéressé mais particulièrement distrait, je me demande où il était toute la matinée.
"Où, toi, matin, ?"
"Promenade" Il me répond avec un petit sourire suffisant, j'ai la possibilité de voir de plus en plus d'expressions sur son visage, ce doit être bon signe. Cela dit sa réponse est plus que suspicieuse, on sait tous les deux que c'est un mensonge. Je ne l'interroge pas plus, ça a toujours été un non dit de ne pas poser trop de questions entre nous, ça nous convient mieux ainsi. On monte dans les arbres pour s'éloigner de l'orphelinat. Lorsqu'on arrive dans notre habituelle clairière je décide de l'interroger sur d'autres compétences.
"Savoir, faire, technique, soin ?" Il secoue la tête.
"Négatif"
Dommage mais d'un autre côté, ça me fait plaisir d'avoir un arsenal de techniques différent du sien. J'aimerais pouvoir le combattre un jour sans qu'il aie besoin de se retenir, il n'a encore jamais utilisé d'armes ou de ninjutsu, or je suis plutôt sûre qu'il doit connaître les deux.
"Savoir, faire, technique, ninjutsu, ?"
Je l'observe hésiter, il n'est probablement pas autorisé à les partager avec qui que ce soit.
"Technique, facile, Académie"
Ce serait bien s'il pouvait m'en apprendre d'autres plus intéressantes mais si je connaissais les trois techniques indispensables pour graduer ce serait déjà incroyable.
"Positif, tu connais celle de substitution?"
Je hoche la tête, Uta me l'a enseignée, même si j'ai un peu perdu la main avec.
"De métamorphose?" Je secoue la tête et m'éloigne un peu pour le laisser faire sa démonstration. Il fait les signes du chien du sanglier et du mouton avant de se transformer en moi dans un nuage de fumée. C'est donc à ça que je ressemble vu de l'extérieur, je me rapproche et l'observe de tous les côtés, et c'est tellement précis. Je reconnais mon visage rond enfantin, mes yeux sombres et même mes cheveux qu'il faut que je pense à recouper.
C'est assez incroyable de pouvoir faire ça avec le ninjutsu. Je le touche au bras pour voir la stabilité de la technique et je peux la sentir tout autour de lui, comme une barrière cachant son corps. Il annule la transformation, me fixant patiemment. Je fronce mes sourcils et me recule un peu pour me concentrer et essayer de me transformer en lui. Je ferme les yeux et fais les signes qu'il a montré. Je peux sentir le chakra prendre forme mais… Je n'arrive pas à me souvenir de l'apparence exacte de Kinoto et je suis obligée de la modifier un peu. Il me regarde sans expression mais son sourcil est très légèrement froncé d'un coté.
"Tu m'as donné des formes trop... féminines et je suis un peu plus grand que ça" L'aurais-je vexé? Je recommence après l'avoir mieux observé, il porte un pull noir et une veste bleue marine par dessus, son pantalon est noir et il porte des sandales fermés bleues.
La transformation a l'air un peu mieux cette fois.
"Tu as oublié mes sourcils, et mon nez est… différent, recommence" Il soupire avec dépit.
En rétrospective ce serait peut être mieux de s'entraîner devant un miroir.
Après quelques minutes de transformations incessantes il admet mon succès, je lui lance un grand sourire avec son propre visage, il n'a pas l'air d'apprécier ça.
"Cette technique requiert de reproduire une personne que on a rencontré à la lettre, il faut être capable de faire la métamorphose correctement sur quelqu'un que l'on vient de rencontrer. Un défaut est aussi la perte de contrôle à la moindre inattention ou rupture du flux du chakra."
Pour prouver son point il me met une pichenette au front et cela suffit à rompre ma transformation.
"Essaie quelqu'un d'autre, quelqu'un que tu connais bien, sur le bout de tes doigts."
Je pense immédiatement à Toshio et entame la transformation, je me souviens très bien de son apparence habituelle, après pas plus de deux minutes ou Kinoto m'observe de tous les côtés ma transformation cesse sans prévenir après quelques secondes et je tente de la renouveler.
"C'est pas mal, il faudrait que tu puisse la garder pendant plus longtemps, il faudra t'entraîner de ton coté."
Je laisse tomber ma deuxième tentative et acquiesce avec un soupir, c'est plus difficile que je le pensais. Puis je lui lance un sourire de défi.
'Combat, ami, ?" Il me rend un sourire bien moins grand mais il a l'air d'être tout aussi content que moi de participer et nous nous mettons en position.
~ 0 ~
"Tu as réussi! Bravo Machi-kun." Mère me tapote la tête et je peux pas m'empêcher de sourire de fierté. Oh ma technique de la paume mystique n'est pas parfaite, je ne vais pas pouvoir ressouder des os ou refermer des plaies ouvertes de sitôt mais c'est déjà un début. Un début qui m'a pris énormément de travail mais j'ai réussi, je ne peux que progresser maintenant!
Je continue d'y travailler pendant une bonne partie de la matinée, étudiant les différents animaux que Mère me ramène, dont des poissons. Je dois réussir à les faire respirer en dehors de l'eau, j'y passe tout le reste de la matinée, poisson après poisson incapable de les sauver. Je me sens pas mal douloureuse à un moment sans savoir pourquoi et Mère finit par venir m'arrêter et m'explique ce qui ne va pas.
"Il ne faut pas pousser comme ça, laisses le temps a tes vaisseaux de chakra de guérir de la tension que tu leurs fait subir."
Apparemment mes vaisseaux sont toujours en train de se construire et les surchauffer va juste les abîmer voire les détruire de manière irrémédiable. Je prends donc son conseil à la lettre lorsque je revois Kinoto cet après-midi là.
Au lieu de m'aider avec mon ninjutsu comme il l'a fait ces derniers jours je lui propose une partie de cache-cache après lui avoir expliqué que je suis interdite de ninjutsu. il n'a pas l'air très motivé à l'idée.
"Mais c'est pour les enfants…"
"Enfant, positif, toi, moi, enfant" Je parviens à le convaincre que ce serait une bonne manière de travailler à la fois nos talents de dissimulation et de traque. Je suis la première à me cacher, j'ai une minute entière mais il me trouve presque immédiatement, apparemment je respire trop fort.
Lorsque c'est son tour, il me faut au moins cinq minutes pour trouver sa position, même avec ma sensibilité au chakra. Il était dissimulé et s'est transformé en souche, il a fallu que je marche dessus pour remarquer que le chakra venait de la branche.
"Triche, moi, pas, ninjutsu"
"Tu n'as pas dit que c'était interdit" Son sourire suffisant est plus large que d'habitude et malgré ma frustration je suis contente de voir qu'il fait des progrès dans ses émotions.
"Tu as entendu ça?" Il me murmure d'un coup alors que je regarde autour de nous, je n'entends rien mais il a une meilleure ouïe que moi. Je me concentre sur ma sensibilité au chakra, et en effet on dirait que nous ne sommes pas seuls.
Immédiatement, on monte dans un arbre pour voir ce qu'il se passe. Je peux sentir des présences devant nous, je ne suis toujours pas capable de voir mieux qu'un brouillard de chakra à plus de deux mètres mais je connais leurs direction générale. On avance dans les arbres silencieusement, s'approchant d'eux pour les observer. Je suis celle qui sursaute à leurs vue, ils portent un uniforme ninja que je ne reconnais pas, leurs bandeau indique Kiri, ils sont bien armés, de kunais et d'épées dont je ne reconnais pas le type, pas de bonnes intentions donc. Kinoto me tapote l'épaule, il n'a pas bougé d'un centimètre.
"Faux, ninja, pas, chakra, trop, bruyant, bandit" C'est vrai qu'ils ne sont pas très discrets, et à y regarder avec attention, ils n'ont pas l'air très agiles non plus, avançant sur le chemin sans faire gaffe à leurs alentours. Cependant ce sont six adultes, plus grands, plus forts et plus nombreux que nous, je voudrais éviter prendre de le risque. C'est à mon tour d'attirer l'attention de mon camarade.
"Danger, retraite, prévenir, supérieur, N-O-N-O" Kinoto me fixe comme si j'avais poussé un troisième œil, au début il était très difficile à lire mais en passant autant de temps avec lui, c'est plus facile.
"Moi, engage, toi, prévenir, supérieur" Je fronce mes sourcils.
"Danger, pas, abandonner, ami" Même s'il est secrètement un super ninja, je suis supposée être une adulte, même si c'est que mentalement, je ne peux pas en bonne conscience l'abandonner ici à combattre autant d'ennemis seul. Kinoto me fait un très léger hochement de tête en acceptation et s'avance toujours dissimulé devant les faux ninjas et je le suis.
De nulle part, Kinoto sort une sorte d'épée sans pointe dont je ne connais pas le nom, il faudrait que je jette un œil aux armes utilisés par les ninjas la prochaine fois. Heureusement que j'ai gardé mon sac d'armes avec moi, je sors un simple kunai pour l'instant. Kinoto saute en premier sur le dernier ennemi lui coupant la gorge sans hésitation, mes yeux s'écarquillent. Si j'avais eu le moindre doute sur sa nature de ninja avant, je n'en ai certainement plus. Il vient tuer quelqu'un, de lui retirer la vie est-ce que ça vaut le coup? Et si...
Plus tard! Concentre-toi sur ce que tu dois faire! Tu veux l'aider non?
Oui, je dois restée concentrée sur mes objectifs. Pendant que les faux ninjas se retournent tous vers Kinoto, je m'attaque à celui en tête de file. C'est le plus grand, peut-être le chef du groupe mais je n'hésite pas à sauter, lui tombant sur les épaules. Il est déséquilibré et n'a pas le temps de réagir, j'en profite pour lui envoyer une vague de chakra yin dans la tête, probablement plus que nécessaire mais mon contrôle est moins bon dans le cœur de l'action. Je sens une vague douleur dans mon bras, il y avait probablement une bonne raison pour laquelle je n'étais pas supposée utiliser de chakra.
Généralement ça a pour effet de faire perdre conscience aux animaux sur lesquels je m'entraîne, et heureusement ça a l'air d'avoir le même effet sur lui. Tout cela n'a pas pris plus qu'une seconde et Kinoto s'occupe déjà d'un deuxième ennemi, je n'y prête pas plus d'attention, essayant d'incapaciter un deuxième faux ninja de la même manière mais je n'ai pas le temps d'atteindre sa tête. Lorsuqu'il me voit, il fait un geste de son bras pour m'envoyer au sol. Je me relève et prends une position de combat et je commence à échanger des coups avec lui. Il est vraiment lent mais il sait se défendre un minimum et mettre de la force dans ses coups. Je lui envoie soudainement un kunai au visage et alors qu'il esquive l'arme volante je lui donne un bon coup de pied pile entre les jambes, c'est le meilleur moyen de mettre KO n'importe quel adulte mâle. Alors qu'il se plie en deux de douleur je lui envoie aussi une décharge de chakra yin sur le front et il tombe sans plus bouger.
Je sors un autre kunai, prête à rebondir pour m'apercevoir que Kinoto a déjà fini les quatre autres ennemis. Je prends une inspiration calmante et j'essaie de me remettre du choc. Kinoto n'aurait pas besoin que je craque stupidement et que je l'accuse de meurtre, ça gâcherait tout le progrès qu'il a fait.
"Ce ne sont que des bandits. Je vais aller faire..." Il referme sa bouche et me fixe pendant quelques secondes silencieusement puis essuie simplement son arme avec un bout de son tshirt.
"2, Ennemis, vivants" Je lui fais signe, je ne sais pas combien de temps va durer leurs assoupissement pour être honnête et je ne veux pas prendre le risque de les laisser là. S'ils se réveillent Kinoto va... je ne veux pas qu'il tue aussi ceux que j'ai épargné.
Le garçon a l'air hésitant, et perdu, il fixe les bandits puis moi et je tiens toujours et je ne sais pas quel est le problème. Je ne l'ai jamais vu aussi confus, est-ce ses premiers meurtres? Il a eu l'air de le faire si naturellement mais là il n'a pas l'air complètement perdu. Je me mords la lèvre alors que son regard se porte sur les bandits vivants.
"Emmener, bandits, village, interrogation"
Kinoto relève les yeux vers moi puis hoche lentement la tête, nous n'avons pas de corde mais je sors du fil de pêche que j'utilise pour m'entraîner aux kunai de mon sac et je laisse Kinoto leurs attacher les chevilles et les poignets, je ne sais pas comment faire ça correctement. On réalise assez vite que les porter est impossible et on les empile tous les deux l'un sur l'autre.
"Bouge pas et surveille les bandits... Je vais chercher du renfort." Je fixe les bandits et hoche la tête sans regarder Kinoto. Je ne veux pas qu'il sente plus de malaise émaner, il n'a besoin de mes yeux accusateurs. Je le sens juste alors qu'il part dans la forêt.
Lorsque son aura a disparu au loin, je m'autorise enfin à m'écrouler contre un arbre et commence à hyper-ventiler. Kinoto a tué des gens, il les a tués sans le moindre scrupule, j'ai envie de vomir.
Ils sont encore là, je peux les apercevoir de là où je suis. Ils ne nous ont pas attaqués, ils se sont juste défendus. On ne connaît même pas leurs intentions -bien qu'il soit dur d'imaginer qu'ils peuvent en avoir eu de bonnes déguisés en ennemis ici.
Kinoto a tué quatre personnes grâce à ses capacités et je ne peux plus sentir leurs… Si, je peux en sentir un, l'un d'entre eux est encore en vie. Je me relève et trébuche vers l'un des corps. Je ne peux rien faire pour lui, Kinoto l'a éventré. J'observe l'homme se vider de son sang, il ne respire quasiment plus et à moins d'un miracle il n'a aucune chance de s'en sortir ici. Je l'observe avec la curiosité morbide d'un enfant.
Ce n'est pas pareil que la salle de soin, la mort est inévitable mais tu sais que tu as fait de ton mieux. Ce n'était pas pareil au village de Chômei, les gens par terre étaient… Je ne les ai pas vus, j'étais trop préoccupée par la survie, je voulais juste sauver mon frère et survivre. Ici… Ici ils sont morts pour rien, rien du tout.
Le chakra de l'homme commence à disparaître et je le ne lâche pas du regard, alors que la vie quitte ses yeux, je serais le dernier souvenir qu'il aura de ce monde. Je me demande s'il avait de la famille, des amis, il était peut-être marié, il avait peut-être un enfant, il aurait pu avoir un avenir, c'était peut-être pas son choix d'être ici. Il l'a peut-être fait sous la menace, pour survivre, pour ne pas… Un sentiment étrange m'étreint et je ferme les yeux avec force. Lorsque je les ouvre le monde entier est brumeux et je suis persuadée de n'avoir rien vu d'autre que ces cadavres.
C'est incroyablement naïf de ta part, as-tu oublié que les ninjas tuent? Que ça fait partie de la profession?
Mes yeux sont encore humides quand j'entends et sens plusieurs personnes atterrir derrière moi dans un bruit sourd. Je me retourne de frayeur avant de reconnaître le bandeau de Konoha sur les quatre ninjas. Je reconnais l'un de ces hommes. Namikaze, encore lui. Génial. Exactement ce dont j'avais besoin, quelles étaient les chances que ce soit lui? Je vois ses yeux s'écarquiller à ma vue, je baisse la tête et m'empresse de sécher mes larmes avec ma manche.
"Machi-chan? Kinoto-kun nous a expliqué ce qu'il s'est passé, tu n'es pas blessée?" Je dois toujours avoir les yeux rouges mais je relève la tête fièrement et secoue la tête, si je n'utilise pas de chakra mes vaisseaux n'auront pas à subir plus de pression, la douleur passera.
"Je vais te demander de lâcher ce kunai." Je cligne des yeux, je n'avais pas réalisé que je le tenais encore en main, j'obéis à son ordre sans problème. Je ne sais pas ce qu'il va se passer maintenant.
"Vu que tu vas bien je vais te demander de me suivre. Il ne va rien t'arriver de mal, d'accord?"
Je ne comprends pas ses tentatives de me rassurer, il doit penser que je suis sous le choc, le suis-je? Mon esprit est plutôt clair, limpide même, je n'ai jamais vu le monde aussi clairement que maintenant.
Tuer ou être tué.
*Prends tout en toi, ne retiens pas ta respiration
Le fond est tout ce que j'ai trouvé
On ne peut pas aller plus loin qu'on arrive
Sur le long chemin de la descente
Un peu une fin en cliff-hanger mais rien de si excitant que ça (pour l'instant). Okay, un peu plus de build-up était prévu pour Kinoto mais euh du coup ça viendra plus tard. J'ai fini décrire cet arc mais oh boy qu'on a en a pas fini avec tout ce bazar de Danzo, c'est juste le début.
C'est moi ou les chapitres deviennent de plus en plus long par accident? Désolée? J'essaie de faire une transition progressive mais je pense quand même m'arrêter éventuellement à 10 000 mots par chapitre, pas plus.
Doucement mais certainement je rattrape mes chapitre écris alors il est possible que les délais entre les chapitres augmentent bientôt.
Bye!
