Disclamer : Harry Potter appartient à JKR, mais cette histoire est à moi.

Correction chapitre : AnitaBlake93100


Chapitre 11

Harry était de très bonne humeur. Il venait de faire la rencontre de Nagini, le familier de Voldemort. Nagini était un serpent femelle de grande taille qui connaissait un nombre hallucinant de gros mots et qui avait un humour très particulier pour un reptile. Harry était tombé par hasard sur le reptile alors qu'il fuyait son oncle qui voulait l'obliger à faire des exercices de danse, parce que selon lui, tout elfe qui se respectait se devait d'être capable de danser n'importe laquelle danse. Chose qu'Harry trouvait complètement stupide. En fait, Harry ne détestait pas vraiment la danse.

La vérité était qu'il était en discorde avec elle depuis quelques années. Plus particulièrement depuis qu'il s'était fait humilier par sa cavalière lors du bal du tournoi des trois sorciers organisé par Dumbledore. En effet, après avoir écrasé les pauvres orteils de sa cavalière,Sho Chang, pour la dixième fois de la soirée, cette dernière avait perdu patience et lui avait fait une scène épouvantable devant toute l'école en le traitant d'empoté et de danger public des pieds qui ne savait pas distinguer sa droite de sa gauche. Harry n'oublierait jamais les éclats de rire qui avaient suivi les mots de la jeune sorcière. Des semaines après le bal, il avait eu à subir les moqueries des élèves, surtout de Malfoy junior. Cette saleté de fouine l'avait charrié avec ça pendant des mois. C'était un miracle s'il ne lui avait pas refait le portrait.

Mais bon, c'était du passé tout ça maintenant. Pour en revenir à la danse, lorsqu'Ohtar lui avait parlé de lui donner des cours, Harry s'était dit que peut-être, maintenant qu'il était devenu un elfe, ses compétences en la matière s'étaient miraculeusement développées. Qui sait, il était peut-être devenu un as de la danse, un génie en somme. Cependant, après seulement dix minutes de pratique qu'il avait passé à bousiller méthodiquement les doigts de pied de son oncle, Harry avait baissé les bras. Il avait refusé de faire un pas de plus et était allé bouder dans son coin. Après que ses capacités de chant se soient améliorées, le jeune elfe s'était vraiment attendu à que cela soit de même avec la danse. Eh bien, non ! C'était loupé ! Il dansait aussi bien qu'une arrière, arrière-grand-mère aveugle, unijambiste et tremblotante comme une feuille. Harry avait même pensé que cette dernière se débrouillerait bien mieux que lui.

_ Tu es vraiment comme ta mère sur ce point-là, lui avait dit Ohtar en allant s'asseoir auprès de lui et en lui passant un bras autour des épaules pour le rapprocher de lui.

_ Ma mère n'était pas douée pour la danse, avait demandé Harry avec intérêt.

_ De toi à moi, c'était la plus mauvaise danseuse qu'il m'a été donné de rencontrer. Mais ne le répète surtout pas à ton idiot de père, il risquerait de mal le prendre, lui avait-il confié.

_ Pourquoi le prendrait-il mal ?

_ Il faut savoir que même si ta mère avait autant de talent dans cette discipline qu'une géante des montagnes avec deux pieds gauches, elle adorait cette pratique. Ta mère aimait vraiment danser. Et comme elle avait une affection particulière pour les danses de couple et que ton père refusait catégoriquement qu'un autre homme touche ta mère, cette dernière avait pris l'habitude de l'entrainer dans les clubs moldus pour s'amuser. Je me rappellerais toujours de la tête que faisait ton père en revenant de ces sorties en amoureux.

_ Il ressemblait à quoi ? Avait voulu savoir Harry très intéressé d'en apprendre un peu plus sur ses parents.

_ Eh bien, il avait le visage marqué par la souffrance. À chaque fois qu'il revenait d'une de ces sorties, il affichait une horrible grimace qu'il essayait avec de grands efforts de faire passer pour un sourire ravi (et cela, dans le seul but de ne pas peiner ta mère), étirait toujours ses lèvres ; alors qu'il boitait comme un petit vieux sorcier de deux cents ans. Tandis qu'à l'opposé, ta mère, elle, elle était rayonnante de bonheur. La pauvre femme croyait dur comme fer qu'elle était une très bonne danseuse. Croyance entretenue par ton père qui prenait un malin plaisir à donner des leçons parfois très douloureuses à ceux qui osaient dire le contraire. Mon frère refusait de reconnaitre le moindre défaut à ta mère. Il préférait de loin, jour après jour, se faire broyer les orteils que de faire de la peine à Promesse.

_ Je ne l'imaginais pas comme ça, avait dit Harry avec admiration. Il devait énormément l'aimer pour faire autant d'efforts.

_ Oh ça ! Pour l'aimer, il l'aimait à la folie même. Il faut que tu saches que nous les elfes, nous sommes exclusifs et excessifs en amour. Nous ne tombons pas facilement amoureux et ne le faisons qu'à de très rares occasions, mais quand cela arrive, c'est pour toujours. Peu d'entre nous réussissent à survivre à la mort de l'être aimé. Quand ton père a appris la mort de ta mère, la seule chose qui l'a empêché de la rejoindre sur l'instant, c'est toi et son désir de te revoir.

_ Pourquoi aurait-il fait une pareille chose ? Y a-t-il une malédiction qui nous fait mourir au décès de la personne que l'on aime ? avait demandé Harry en pinçant ses lèvres.

_ Non pas vraiment. Nous ne sommes pas comme ces stupides et pathétiques Veelas, avait rétorqué Ohtar avec beaucoup de mépris.

_ Alors quoi ? Pourquoi mon père aurait dû se donner la mort ?

_ Comme je te l'ai dit, nous ne tombons pas souvent amoureux. Notre durée de vie nous empêche de nous attacher de cette façon à une autre personne. Nous ne sommes pas faits pour l'amour exclusif et la monogamie, si je peux dire. Nous sommes des polygames par nature. Pour tout te dire, chez la majorité de nos semblables l'amour est considéré comme une malédiction. Toutefois, une petite minorité voit en lui une bénédiction. C'est le cas de ton père et de tes grands-parents. Tu dois savoir que lorsque l'un d'entre nous est touché par l'amour, c'est comme un raz de marée. L'elfe est complètement noyé par ses sentiments qui deviennent alors très excessifs. Étant donné que nous ne sommes pas faits pour éprouver des émotions aussi fortes pour un seul être, nous ne parvenons pas à le gérer et prenons tout de façon dramatique et disproportionnée.

_ Dans quelle mesure ?

_ Prenons en exemple un moldu et un sorcier, car leurs réactions sont très similaires en ce qui concerne les sentiments. À la minute où ils tombent amoureux, ils éprouvent l'envie de passer le maximum de temps auprès de l'être aimé et de partager des choses avec lui.

_ Ce qui est parfaitement normal.

_ Cependant, cela ne les dérange pas de rester éloignés de leur compagnon durant une certaine période ou de voir leur aimée se tenir près d'une autre personne, prendre la main de cette dernière, leur faire une accolade ou même rire ensemble.

_ Je ne vois pas le problème là-dedans. Je pense que dans toutes relations, il est préférable de laisser un peu de distance à l'autre pour qu'il puisse respirer, sinon cela viendrait à nuire au couple. Enfin, c'est ce que je pense même si je n'ai encore jamais eu de relation de ce type, lui dit Harry.

_ Et c'est exactement ce que penserait n'importe quel sorcier ou moldu. Or, pour un elfe ce n'est pas la même chose. Voir la personne aimée agir de cette façon est insupportable pour l'un d'entre nous. Un elfe amoureux est très dangereux, car il devient d'une jalousie maladive, agressif et possessif. Il ne supporte pas que l'on s'approche de sa compagne ou de son compagnon à moins de quinze centimètres. Et surtout, il n'accepte pas une rupture. Il trouvera préférable d'assassiner l'être aimé que de le voir partir loin de lui ou dans les bras d'un autre.

_ Purée ! C'est tout de même abusif, avait dit Harry. Néanmoins, cela ne me dit pas pourquoi mon père aurait voulu mettre un terme à sa vie après la mort de ma mère.

_ Je t'ai dit que nous sommes très excessifs en amour, et cela, dans tous les sens. Tout comme il lui est impossible de laisser partir l'être aimé, un elfe amoureux ne peut pas supporter la souffrance infligée par la perte de celui-ci. Pour échapper à cette dernière, il choisira de se donner la mort à son tour que de vivre une minute de plus avec une telle douleur au cœur.

_ D'une façon étrange, je trouve cela beau. Mais d'un autre côté, je trouve cette conduite complètement absurde, avait déclaré Harry. Et après ça, vous avez le culot de prendre de haut les veelas, avait-il ajouté avec incrédulité. Eux au moins, ils ont une excuse pour mettre fin à leur vie. Ils n'ont pas le choix et en plus, eux, ils préfèrent mourir que de faire du mal à ceux qu'ils aiment s'ils viennent à les quitter.

_ Je comprends ta réaction, car tu as été élevé par des moldus et vécus avec des sorciers. Mais pour un elfe qui n'a pas eu la même éducation que toi, c'est autre chose.

_ Éducation, c'est vite dit pour le peu que l'on m'a appris et inculqué.

_ Je suis désolé pour ce que tu as dû vivre durant tout ce temps, lui souffla Ohtar en le prenant dans ses bras, mais c'est fini maintenant. Allez ! Il suffit de broyer du noir min ai ore, retournons à notre danse, avait ensuite dit Ohtar.

_ Oh non ! avait gémi Harry en se relevant de mauvaises grâces.

Suite à cette discussion, les deux elfes avaient repris les leçons. Cependant, Harry qui n'avait pas apprécié les chorégraphies qui étaient un peu trop sophistiquées pour lui ; avait profité de la distraction de son oncle qui venait de recevoir une missive pour s'éclipser de la salle de cours. Quand son oncle lui avait dit qu'il allait lui apprendre à devenir un vrai elfe, Harry avait naïvement pensé qu'il s'agirait de leçons sur la magie, le combat et sur le maniement des armes.

Le jeune elfe n'avait jamais songé qu'il allait devoir apprendre à bien se maintenir à table et en société aussi. Malheureusement, il semblerait que pour son Oncle, savoir bien s'habiller, se tenir à table et surtout danser étaient des choses indispensables au statut d'elfe. Quand Harry lui avait dit qu'il ne voyait pas en quoi savoir ce genre de stupidités allait lui servir dans le futur, Ohtar avait été choqué que son neveu ait pu oser dire une telle absurdité.

_ Sais-tu ce que tu es mon neveu ? lui avait-il demandé avec frénésie suite à cette aberrante déclaration.

_ Un elfe noir, avait innocemment répondu Harry.

_ Exactement mon petit Lómion ! Tu es un elfe noir. Et pas un simple elfe noir, mais un Drow, qu'importe ce que cela puisse être.

_ Qu'y a-t-il d'aussi génial à être le dernier représentant de son espèce sur cette planète ? avait demandé avec morgue Harry.

_ Si j'ai bien compris et d'après tes dires, ton père t'a parlé des clans des elfes noirs.

_ Oui en effet.

_ Mais t'a-t-il expliqué ce qu'étaient ces clans et leurs fonctions ?

_ Heu, non.

_ Il faut savoir qu'il y avait quatre clans en tout, avec à la tête de chacun, une matrone féroce qui avait sous ses ordres, un Seigneur de clan. Et au-dessus des clans, il y avait leur roi. Le dernier en date était le roi Ulric. D'après ce que j'ai pu apprendre sur lui, c'était un très bon roi qui faisait tout pour que les elfes de la surface acceptent les elfes souterrains.

_ Je sais déjà que les elfes noirs étaient classés en clans.

_ Mais sais-tu pourquoi ils étaient divisés en castes au contraire des elfes de la surface ?

_ Parce que c'était plus pratique pour se retrouver, avait lancé Harry au hasard.

_ Non.

_ Pourquoi donc alors ?

_ Comme tu le sais, les elfes noirs viennent d'un peuple très axé sur le combat et la guerre. Dès qu'un de leur enfant était en mesure de se tenir debout, on lui remettait une épée entre les mains.

_ N'avaient-ils pas peur qu'ils se blessent avec ?

_ Si cela arrivait, il comprenait la leçon.

_ C'est barbare.

_ Mais c'étaient des barbares, lui avait dit Ohtar avec fièvre ! Donc, je disais qu'un elfe noir recevait une arme dès ses premiers pas. Oui, leurs progénitures apprenaient à marcher en même temps qu'à se servir d'une épée.

_ C'est très précoce.

_ Certes, mais d'une efficacité redoutable. Cela faisait d'eux de redoutables guerriers. Tout comme chez les sorciers, les enfants elfes commencent à apprendre à utiliser leur magie à leur onzième anniversaire. Cependant, contrairement aux enfants des sorciers et à ceux des elfes de la surface, les enfants du peuple souterrain avaient une plus grande facilité à pratiquer. Cette facilité leur venait de la discipline qu'on leur avait inculquée durant leur formation aux maniements des armes et aux combats au corps-à-corps depuis leur plus jeune âge. Cette discipline leur offrait une capacité de concentration plus élevée que celles des autres enfants. Donc, un apprentissage plus rapide et efficace de leur magie.

_ Qu'est-ce que cela à avoir avec les clans ?

_ Sais-tu comment tes semblables choisissaient leur clan ?

_ Non, pas vraiment. Cependant, je me dis que logiquement ils devenaient membres du clan duquel ils voyaient le jour.

_ En fait, c'est un peu des deux ?

_ Je ne comprends pas.

_ Comme expliqué plus tôt, les elfes noirs étaient composés de quatre clans. Chaque clan avait une fonction bien définie.

_ Qui étaient-ils et quelles étaient leurs fonctions ?

_ Pour commencer, il y avait les Vipères. Ce clan réunissait les sages et les inventeurs. C'étaient des elfes spécialisés dans l'empoisonnement, mais aussi dans la recherche de nouvelles armes et de nouveaux sortilèges. Les Vipères étaient aussi les gardiens des prisons et les garants de la paix des clans. Pour les missions qui demandaient beaucoup de délicatesse et dont le simple meurtre ne suffisait pas, c'étaient eux qu'on envoyait. Ils s'infiltraient alors chez l'ennemi pour y semer la zizanie tout en empoisonnant lentement les têtes pensantes afin de créer des révoltes.

_ Pas très reluisant, avait dit Harry.

_ À l'évidence, mais pourtant efficace. Ensuite viennent les Exécuteurs, les assassins et espions souterrains. Ils étaient responsables de la traque et de la mise à mort des ennemis des clans. Leur position faisait qu'ils subissaient un apprentissage bien plus poussé et bien plus dur que celui du reste des clans. C'était des tueurs qui ne connaissaient pas la pitié et qui échouaient rarement à exécuter leur mission. Ils étaient si doués, que quand ils en avaient après quelqu'un, la personne n'avait aucune chance de s'en sortir vivante. D'après les histoires les plus effrayantes, les Exécuteurs avaient la capacité de faire revenir les morts à la vie pour ensuite les envoyer tuer leurs propres familles. En somme des guerriers incroyables, impitoyables et effrayants. C'était aussi le clan qui avait la maîtrise la plus parfaite de la magie noire, blanche et du sang. Il est aussi dit que les Exécuteurs étaient des animagus naturels. Ils pouvaient prendre la forme de quatre animaux différents. D'après les rumeurs, lors des guerres ils se changeaient en meute de loups et dévoraient leurs ennemis.

_ Je n'aurais pas aimé raconter l'un d'eux, avait soufflé Harry en frissonnant ?

_ Moi de même. Le troisième clan était celui des Guérisseurs, les médicomages des clans. On peut dire qu'ils étaient les plus pacifiques de tous. Leurs tâches étaient de soigner, mais aussi de ravitailler les clans.

_ Enfin, un clan qui ne donne pas la chair de poule, avait dit Harry avec du soulagement dans la voix.

_ En effet, cependant ne te fie à leur apparent antimilitarisme, car comme tous ceux de leurs espèces, les Guérisseurs étaient aussi féroces que les autres sur un champ de bataille. Maintenant soit attentif à ce que je vais te dire sur le prochain et dernier clan.

_ Pourquoi ?

_ Car je vais répondre à la question sur le comment était réparti les elfes noirs dans les clans.

_ Tu as toute mon attention.

_ Le dernier clan s'appelait la Trinité. C'était en son sein qu'étaient envoyés et entraînés tous les jeunes elfes avant qu'ils ne soient placés dans un clan ou un autre selon leurs aptitudes. En son sein, les enfants apprenaient la magie, le combat à mains nues ainsi que le maniement des armes. Les enfants faisaient leur entrée à la Trinité à l'âge de onze ans et y sortaient à leur dix-huitième anniversaire. Durant leur apprentissage, ils étaient évalués selon leur capacité et en fonction d'elles. Ensuite ils étaient placés dans l'un ou l'autre des clans. Parfois, les jeunes retournaient dans leurs clans respectifs, mais le plus souvent, ils étaient répartis dans un autre. Seuls les enfants des chefs de clans et des matrones ne quittaient jamais leur clan d'origine.

_ Pourquoi ?

_ Parce que, contrairement aux autres jeunes, ils subissaient un entrainement spécial avec des professeurs particuliers.

_ Je vois. On dirait une usine de fabrication de produit à la chaine comme chez les moldus. J'ai l'impression que tu me parles de la fabrication de machine dépourvue d'émotions.

_ Et tu n'as pas tort en somme.

_ Donc, si j'avais était élevé au sein de mon peuple, j'aurais été séparé de ma famille.

_ Effectivement.

_ À ton avis, dans quel clan aurais-je été envoyé si j'avais été élevé sous-terre ?

_ Franchement, je ne sais pas. Je n'ai aucune idée de comment se faisait les sélections.

_ C'est vraiment dommage, regretta Harry. Tu crois que si je fais appel à la mémoire des ancêtres de ma mère, je pourrais le savoir.

_ Je ne sais pas, min ai ore. La mémoire des ancêtres ne peut que te fournir des informations dont tes ancêtres avaient connaissance, rien de plus.

_ C'est vraiment dommage, avait soupirait Harry de dépit.

_ Ne soit pas triste, min ai ore, je suis certain qu'un jour ou un autre tu auras la réponse à cette question.

_ Comment peux-tu en être sûr ?

_ Je le sais, c'est tout, avait répondu Ohtar d'une voix mystérieuse.

Ce fut après cette conversation qu'Harry avait quitté la salle de danse en catimini. Et alors qui se baladait sans but précis dans les couloirs du manoir de Voldemort, Harry avait été attiré par des sifflements de colère et d'agacement. Curieux comme pas permis, Harry avait suivi les sifflements décidé à trouver l'origine de ces derniers. Prenant bien soin de ne pas se faire voir ni entendre par l'un des Mangemorts trainant au manoir, il avait rasé les murs jusqu'à la source du bruit. En parvenant au bout du couloir qui menait à l'endroit d'où provenait ce dernier, Harry s'était fait la remarque que les membres de sa famille semblaient être tous nés avec un intérêt malsain pour l'espionnage.

Après s'être fait cette réflexion, le jeune elfe avait jeté un rapide coup d'œil derrière lui pour s'assurer que personne ne l'avait suivi. Rassuré sur ce fait, le sourire malicieux d'un garnement prêt à faire une grosse bêtise s'était dessiné sur sa bouche. Ensuite, après avoir pris un grand bol d'air, il s'était élancé en avant comme un diable sortant de sa boîte en oubliant toute prudence avec un ''TADAM !'' retentissant au bout des lèvres.

L'elfe n'avait pas vraiment été surpris par ce qu'il avait découvert, car il avait compris bien avant d'en avoir le visuel que tous les jurons qu'il entendait venaient d'un serpent, car ces derniers avaient été émis en fourchelang. Qui se serait douté que ces bestioles avaient un langage aussi fleuri ? Eh bien, certainement pas lui ! Tout en notant la variété des injures utilisées par le reptile, le jeune elfe s'était demandé où la petite bébête (enfin, petit c'était vite dit dans la mesure où il s'agissait du familier de Voldemort) avait-elle appris autant de grossièretés. Voldemort serait-il un adepte des jurons ? Voilà quelque chose sur quoi méditer, s'était dit Harry.

Cependant, il n'avait pas eu le temps de s'y attarder, car il fut dérangé par les sifflements orageux du familier dudit mage. En effet, quand Harry s'était dévoilé théâtralement devant le reptile, il avait dérangé ce dernier qui tenait étroitement entre ses anneaux, un succulent mangemort tremblant de peur. Pourquoi ce mangemort se trouvait-il inséré dans les anneaux du serpent ? Eh bien! Il se trouve que ce dernier était sur le point de prendre son repas et que le mangemort était ledit repas.

L'arrivée dramatique de Harry avait été si inattendue que la pauvre bête avait, sans le vouloir, relâché sa prise sur sa proie. Résultat, cette dernière en avait profité pour prendre la tangente. Et en quelques secondes seulement, il n'était resté de lui qu'une chaussure perdue durant sa lutte pour la sauvegarde de sa vie. Le serpent s'était alors lancé dans une litanie d'obscénités à faire rougir un Don Juan des temps modernes. Voilà comment Harry a fait sa première rencontre officielle avec Nagini.

La fuite du sorcier avait mis le serpent de très mauvaise humeur et lui avait fait ressentir énormément de dépit. Le reptile avait ressenti cette perte comme une terrible injustice, car s'était la deuxième proie qu'il perdait en moins de quelques minutes. À vrai dire, avant de s'en prendre au mangemort, le familier du mage avait d'abord jeté son dévolu sur une délicieuse petite souris bien dodue avec laquelle il avait passé une demi-heure à jouer à cache-cache. Au moment où il avait jugé s'être suffisamment amusé avec elle et quand il s'était décidé à la croquer, le mangemort, tout comme Harry, l'avait dérangé et la souris en avait profité pour s'envoler.

Furieuse de voir s'échapper son casse-croûte, Nagini avait trouvé que ce n'était que justice que le mangemort prenne la place de la souris. Elle était en train d'expliquer au mangemort de façon très détaillée, la manière dont elle allait réparer sa bêtise quand Harry était apparu. Et même si le mangemort n'avait pas semblait comprendre ce que lui disait l'énorme serpent, la peur que Harry avait pu lire dans son regard, lui avait permis de comprendre que, oui, le sorcier avait eu parfaitement conscience de ce qui était sur le point de lui arriver. Ce dernier devrait donc remercier l'intervention d'Harry qui venait de lui sauver la vie.

Sans faire grand cas des injures de Nagini, le jeune elfe s'était approché d'elle et lui avait demandé dans un parfait fourchelang, quel goût avait la chair humaine. Le reptile avait été si surpris par la question qu'il en avait oublié momentanément sa colère et la perte de son repas. Après être parvenu tant bien que mal à se remettre de sa stupeur, Nagini avait encore rouspété pour la forme avant de se tourner vers le jeune elfe qui avait été partagé entre le rire devant le comportement du serpent, et l'embarra face aux mots choisis pour illustrer son mécontentement. Finalement calmée, elle s'était ensuite approchée d'Harry dans l'idée d'en faire son prochain repas. Cependant, au moment elle allait refermer sa gueule sur l'elfe, elle avait senti l'arôme de son maître sur le gêneur.

L'odeur de Voldemort était ancrée sur le jeune elfe d'une façon tellement étrange que Nagini avait vite oublié ses projets. À la place, elle avait sorti sa langue et du bout de celle-ci, elle avait goûté le parfum de l'inconnu. Harry avait eu un sourire amusé devant les chatouilles que lui avait procuré la langue du serpent. Après de longues minutes d'inspections, Nagini lui avait demandé qui il était pour son sorcier et pourquoi il portait son odeur.

_ Je suis un invité de ''ton sorcier'' pour une durée indéfinie. En ce qui concerne ta seconde question, je ne sais pas pourquoi je porte l'odeur du vieux serpent. Pour tout te dire, je ne savais pas que je portais son odeur. Si je l'avais su, je me serais déjà débarrassé de lui. Et pour finir, toi et moi nous avons déjà eu l'occasion de nous rencontrer. La rencontre fut cependant très brève et les présentations n'ont pas vraiment été faites dans les formes, lui avait confié Harry en lui grattant les écailles.

_ En es-tu certain ? Parce que si c'était le cas je me serais souvenu d'un être tel que toi. Je peux t'assurer petite friandise, que je n'oublie jamais une odeur. Et la tienne m'est inconnue, lui avait rétorqué Nagini, certaine de ce qu'elle avançait.

_ Mais oui, nous nous sommes déjà vus, je te l'assure, avait insisté Harry. Seulement, depuis cette rencontre, j'avoue avoir un peu, enfin, beaucoup, changé, avait terminé Harry en souriant mystérieusement.

_ N'essaye pas de me tromper, petite friandise, car même une personne sous Polynectar ne peut changer pas son odeur. Cela est tout bonnement impossible, l'avait contredit Nagini fière et certaine de son savoir.

_ Impossible sans doute pour le commun des mortels, mais certainement pas pour moi. Saches que ce qui est impossible ne s'applique pas à moi. Je suis une exception en tout, on me l'a toujours dit, lui avait déclaré alors Harry avec assurance et arrogance.

_ Je commence à comprendre pourquoi tu es lié à mon sorcier, avait murmuré Nagini avant de reprendre un peu plus haut : Qui peux-tu bien être pour affirmer ce genre de débilités, avait tout de même voulu savoir Nagini, affreusement mécontente que l'on puisse remettre son savoir en doute.

_ Ne me dit pas que tu ne reconnais pas l'ennemi numéro un de ton sorcier : moi, le célèbre et l'unique Harry James Potter, lui avait dit avec suffisance ledit Potter en bombant le torse.

_ Ne me mens pas, petite friandise ! s'était exclamé Nagini avec humeur. Je connais très bien Potter pour avoir assisté aux échecs successifs qu'a subis mon sorcier en tentant de lui mettre la main dessus afin de lui ôter la vie. À croire qu'une si petite créature est invincible et invisible pour parvenir à mettre en déroute tous les plans si ingénieux de mon brillant sorcier.

_ Si Voldy chou n'est jamais parvenu à me vaincre ou mettre la main sur moi, c'est parce que je suis bien plus intelligent et plus puissant que lui, voilà tout, avait rétorqué l'elfe avec effronterie. Et je t'assure, je suis bien Harry Potter.

_ Non seulement tu persistes dans ton mensonge, mais tu oses aussi insulter mon sorcier, avait dit Nagini qui commençait à perdre patience !

Déjà que la femelle serpent n'en avait pas beaucoup en réserve, il manquait plus que le jeune importun vienne lui faire perdre le peu qui lui restait.

_ Oui, car ce n'est pas un mensonge, dans un cas comme dans un autre, avait répliqué Harry. C'est la vérité, voilà tout.

_ Si tu es bien celui que tu prétends être, comment expliques-tu ton changement d'odeur et de physique, car ce n'est pas une potion ou un charme qui en sont responsables ? Je ne détecte ni l'un ni l'autre sur toi.

_ C'est parce que je viens de recevoir mon héritage magique, lui révéla Harry en souriant. Je suis un elfe, avait-il ajouté en montrant toutes ses dents.

_ Oh, cela change tout, avait dit Nagini. Je m'excuse d'avoir mis ta parole en doute, lui avait ensuite dit le serpent. Cela fait longtemps que je n'ai plus été en présent d'un représentant de ton espèce. Cela dit, le seul que j'ai connu n'avait pas la même apparence que toi.

_ Ce n'est rien. Moi-même je ne me serais pas cru si j'avais été à ta place. Sinon, ça a quel goût la chair humaine et où as-tu rencontré un elfe ?

_ Pourquoi veux-tu savoir ? Tu serais intéressé d'en goûter ?avait demandé sérieusement Nagini. Pour ce qui est de ma rencontre avec cet elfe, elle remonte au temps où je n'étais encore qu'un jeune serpent. J'avais été blessée par les branches d'un arbre. J'étais mourant quand l'elfe m'a trouvé et soigné avant de me relâcher. Je ne l'ai jamais plus revu après cela. Ni lui ni aucun autre représentant de son espèce.

_ Beurk, certainement pas ! s'était écrié Harry avec dégoût. Je suis simplement curieux. Sinon, tu as eu une sacrée chance ce jour-là.

_ Si je devais comparer avec l'un des animaux que mangent les sorciers, je dirais le cochon, avait répondu Nagini à la question sur la saveur que pouvait avoir l'humain. Et effectivement, j'ai eu énormément de chance de l'avoir croisé.

_ Tu en as beaucoup mangé ? Des humains, je veux dire.

_ Il m'arrive d'en soustraire un de temps en temps au troupeau de mon sorcier. Ils sont tellement nombreux, que la disparition soudaine d'un d'eux ne doit pas se remarquer. En tout cas, je n'ai jamais entendu quelqu'un partir à la recherche de ceux que je gobe, lui avait avoué posément Nagini. Sinon, où te rendais-tu avant de venir faire fuir mon petit encas ?

_ Je n'ai pas de destination précise, lui avait dit Harry. Je viens de fuir un cours épouvantable de danse ! Je me demande à quoi ça sert d'apprendre ce genre de futilité. Ce n'est pas comme si j'allais m'en servir après ou que cela allait m'être utile dans l'avenir ! Moi ce que je veux apprendre, c'est la magie et le combat !

_ Je me suis aussi toujours demandé où se trouvait l'utilité d'une telle pratique. Durant une certaine période, mon sorcier en était friand de ces stupidités.

_ Quoi ? Voldemort sait danser ?

_ Oui, et d'après ce que disaient les femelles qui ont eu le privilège de pratiquer avec lui, il serait très bon, parait-il.

_ Je n'arrive pas à croire que cet épouvantail de mage soit en mesure de danser, s'était exclamé Harry qui n'en revenait pas.

_ Si tu veux mon petit elfe, je veux bien t'en faire la démonstration. Je t'apprendrais avec grand plaisir, c'était soudainement élevé la douce et mélodieuse voix de Voldemort sortie du néant.

Ce fut ainsi que sa rencontre avec Nagini prit fin. Suite à l'intervention du mage noir, Harry fit un bond d'au moins cinq centimètres tellement il fut surpris par sa soudaine apparition.

_ Mais putain de merde! T'es pas bien ! T'as failli me faire avoir une putain de crise cardiaque ! On ne t'a jamais dit qu'il ne faut pas apparaître derrière les gens comme ça ! lui cria Harry de sa voix chantante.

_ Tu es bien trop jeune et qui plus est un elfe, pour que cela ne t'arrive, lui répondit Voldemort qui, alors même qu'il répondait, jetait des regards vigilants de tous les côtés à la recherche de l'empêcheur de tourner en rond d'Ohtar.

_ Ce n'est pas une raison pour agir comme un voleur ou un assassin en se faufilant sournoisement derrière les gens ! Et puis, qui te dit que les elfes ne sont pas sujets aux crises cardiaques, hein ?

_ Je le sais, voilà tout.

Après avoir constaté l'absence d'Ohtar, Voldemort eut un sourire éblouissant en voyant que la voie était libre. Content d'enfin avoir du temps à lui et qui plus est, seul avec le petit elfe, Voldemort se demanda comment optimiser cet instant unique, précieux et qui sera certainement très rare dans l'avenir.

LDD

Sariour était comme tous les représentants de son peuple, un être d'une très grande beauté. La première fois que son père, le Seigneur du clan des Exécuteurs lui avait adressé la parole, il avait été l'elfe le plus heureux de la terre. Cela faisait des années qu'il travaillait comme un acharné avec le secret espoir qu'un jour, le regard de son père se poserait sur lui. Sariour était le troisième fils du Seigneur Loki, le chef du clan des Exécuteurs. Et comme tous ses frères, il ne voyait son père que deux fois dans l'année : le jour du grand rassemblement des clans.

C'était durant ce rassemblement que le roi ainsi que tous les chefs de clans et leurs familles étaient conviés. Ce jour était aussi celui des évaluations. Le jour où les fils des seigneurs passaient les examens pour les classes supérieures. En effet, chez les elfes noirs, le concept de famille n'était pas le même que chez les Noldors, les Sindars et les Sylvains. Alors que les trois peuples plaçaient leur progéniture avant tout et seraient capables du pire pour les protéger, les elfes noirs ne voyaient en eux qu'un outil utile.

Quand un enfant venait au monde chez les souterrains, il était confié à une garderie qui prenait en charge le chérubin jusqu'à ce qu'il soit en mesure de tenir une arme. Lorsque cet instant arrivait, les enfants étaient alors confiés à une autre garderie que s'occupait de les éduquer aux maniements des armes et aux rudiments des combats à mains nues. Et enfin, quand il atteignait l'âge de onze ans, la Trinité prenait la suite. Peu d'elfes noirs connaissaient leurs parents, car tout lien avec eux était coupé le jour même de leur naissance.

Seuls les enfants du roi, des seigneurs et des matrones avaient connaissance de leur filiation, car leur éducation était autre. Quand un seigneur ou une matrone avait une descendance, la réplique du schéma cité au-dessus était appliquée à une petite échelle. Si l'enfant était unique, il était formé depuis son plus jeune âge à prendre la place de son père ou de sa mère. Néanmoins, si le Seigneur ou la Matrone avait plusieurs enfants, une compétition était organisée au sein de la fratrie. Tous recevaient la même éducation, cependant, un seul d'entre eux était désigné successeur à la fin.

Pour connaitre qui sera le futur seigneur ou la future matrone, des examens étaient mis en place. Ils se déroulaient une fois par an. Ils avaient pour but de mesurer la force, l'intelligence et la magie de ces derniers. Et au dix-huitième anniversaire du plus jeune de la fratrie, un combat était organisé entre les frères et le meilleur d'entre eux était désigné successeur. Les autres se voyaient attribuer des places de conseillers, de simples soldats ou bien une autre place de ce genre. Toutefois, les héritiers royaux avaient une autre éducation. En effet, c'étaient les parents qui s'occupaient de l'éducation de leurs héritiers, et cela, jusqu'à leurs onzièmes anniversaires. Après quoi, tout comme les autres jeunes, ils étaient envoyés à la Trinité où il suivait une fois de plus un autre entrainement. Une formation bien plus poussée et bien plus dure que tous ceux donnés aux autres enfants.

Maintenant que cela est dit, revenons à Sariour, qui, pour ceux qui l'auraient oublié, est l'espion du clan des Exécuteurs chargé par le roi Ulric de découvrir si un Drow est vraiment apparu chez les sorciers. Donc, Sariour avait été très heureux le jour où son père lui avait adressé la parole pour la première fois. C'était l'année de ses six ans lors de l'examen de fin d'année. Le petit elfe devait se mesurer à son frère ainé de sept ans plus âgé que lui. Ce fut durant un combat aux couteaux et à la magie noire qu'il se fit remarquer pour la première fois.

Le jeune elfe de six printemps avait, avec une aisance qui dénotait avec son jeune âge, battu son grand frère en quelques minutes seulement. L'exploit avait été vraiment extraordinaire, du fait que le frère en question était le favori pour la succession. Et pour la première de leurs vies à tous, leur père était descendu sur le ring. Et chose étrange, il avait posé la main sur l'épaule de Sariour, l'avait regardé droit dans les yeux et lui avait dit :

_ Je suis fière de toi fils. Je sens que tu vas devenir une force très utile au clan. Continu sur cette voie. À l'année prochaine.

Ensuite, il était parti en laissant une fratrie jalouse et envieuse derrière lui.

Depuis ce jour-là, Sariour avait été mis de côté par ses frères qui lui en avaient voulu d'avoir réussi ce qu'aucun d'eux n'était parvenu à faire. Mais loin de s'en offusquer ou de déprimer, le jeune elfe s'était plongé comme une bête féroce dans les études. Il était rapidement devenu évident pour tous que c'était lui qui allait devenir le prochain Seigneur. De ce fait, les instructeurs avaient tous sans exception, centré leurs efforts sur le jeune elfe en négligeant ceux de ses deux grands frères. Ce favoritisme n'avait fait que renforcer la jalousie de ses ainés.

Et le jour de son dix-huitième anniversaire, la veille de l'examen final, celui qui devait désigner l'héritier du clan, ses frères avaient comploté pour l'empêcher de se présenter à l'examen. Ce qui a fait que son ainé, celui qu'il avait vaincu à ses six ans, avait été désigné successeur. Le Seigneur clan en avait été fortement mécontent, mais c'était la loi. Comme Sariour ne s'était pas présenté à l'examen et n'avait pas passé les épreuves comme ses frères, il avait été disqualifié. Et même si la tromperie de ses frères était connue de tous, personne n'y pouvait rien, car chez les elfes noirs, la fourberie et la tromperie étaient monnaie courante. Et ces tares étaient encouragées et appréciées.

À moins que son frère ne périsse au combat ou qu'il ne se fasse tuer autrement, Sariour avait perdu la place d'héritier. Le père, le fils, les enseignants avaient été anéantis par cela. Et après une longue période de deuil suite à cela, où seuls les fils ainés souriaient, le roi avait eu l'idée d'utiliser cette histoire pour faire de Sariour un espion parmi les espions. Il lui avait de ce fait ordonné de se lier d'amitié avec tous les fils des autres Seigneurs de clans en faisant en sorte que l'on sache qu'il ne portait pas toute sa loyauté au sien et qu'il en voulait au roi de ne pas être intervenu devant l'injustice de la situation alors qu'il était le seul qui aurait pu le faire. Ulric l'avait encouragé à vendre ses services à qui le voulait bien. Cette stratégie n'avait pas tardé à payer.

Rapidement, plusieurs héritiers qui avaient échoué à l'examen pour la succession avaient pris contact avec lui sous les demandes de leurs parents. Ce fut de cette façon qu'il avait obtenu des laissés passés dans plusieurs clans. Il était devenu comme un membre honoraire de certains d'entre eux qui ne faisaient même plus attention à lui. Ce fut grâce à cela qu'il avait été en mesure d'apprendre l'existence de la réunion visant à destituer le roi ainsi que de surprendre la conversation entre les deux conjurés qui visaient à l'anéantissement de son clan.

Après avoir reporté la conversation au roi. Maintenant, l'elfe était en chemin pour le monde des sorciers où il espérait trouver le fameux Drow et accessoirement l'héritier au trône souterrain. Si ce qu'il avait lu était vrai, cet elfe serait l'enfant de sa défunte sœur et reine. Et il avait grande hâte de faire sa connaissance.

En effet, sa sœur cadette avait été la compagne de leur roi. Sariour, contrairement à ses abrutis de frères et aux autres héritiers des clans, avait lié une amitié forte avec ses deux sœurs et il avait gardé contact avec sa cadette quand elle avait été donnée en mariage au roi Ulric par leurs parents. Un mariage qui lui avait apporté beaucoup de bonheur avant son assassinat. L'espion se promit que si l'elfe qui venait de s'éveiller était bien l'enfant de sa tendre sœur, il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le protéger. Et si pour cela il devait tuer le frère de son souverain, ainsi soit-il.