CHAPITRE 12 : Happy Together

Me and you and you and me
Moi et toi et toi et moi
No matter how they toss the dice, it has to be
Peu importe comment ils lancent les dés, cela doit se réaliser
The only one for me is you, and you for me
Tu es la seule pour moi, et moi pour toi
So happy together
Si heureux ensemble

« Chut ! Faut pas qu'on nous entende ! »

Scorpius avait demandé quelques jours avant d'annoncer à tout le monde que Rose et lui s'étaient embrassés. Et de fil en aiguille, deux ans s'étaient écoulés. Des baisers, ils en avaient échangé plusieurs autres mais tous avaient été cachés, tus, dissimulés dans l'ombre. La situation pesait de plus en plus pour Rose qui aurait tant aimé pouvoir enfin la dévoiler au grand jour. Après tout, que pouvait-il y avoir de honteux dans leur relation ? Elle savait déjà que Albus ne serait pas un obstacle. Sa sœur Lily peut-être. Elle semblait avoir des vues sur Scorpius. Rose se faisait peut-être des idées mais elle n'était pas idiote. Elle savait reconnaître du désir dans les yeux d'une fille. Et ceux de sa cousine en étaient pleins.

Pour l'heure, ils étaient dissimulés dans une alcôve, serrés l'un contre l'autre à attendre qu'un groupe de Serdaigle finisse de passer. Qu'est-ce qu'ils pouvaient s'attarder ceux-là ! Ceci dit, ce n'était pas tellement pour déplaire à la jeune fille. La place était très limitée et elle sentait le torse de Scorpius contre le siens, son genou glissé entre ses jambes, sa main sur sa hanche, son index délicatement glissé dans la ceinture de sa jupe.

Rose sentait un chatouillement envahir son bassin. Elle avait envie de se presser davantage contre son petit ami, de l'embrasser. Doucement, ses lèvres se refermèrent sur le lobe de son oreille. Elle sentit Scorpius frissonner contre elle.

« Attends. »

Il glissa un coup d'œil dans le couloir.

« C'est sécurisé. Allons-y. »

Il la prit par la main et rompant le charme de l'interdit du moment, l'entraîna derrière lui. Leurs rendez-vous en cachette tenaient de plus en plus de la relation interdite. Ils échafaudaient des plans pour se voir comme s'ils étaient dans l'illégalité, comme deux parias.

Ils coururent jusqu'au sixième étage où se trouvait une salle de classe que plus personne n'utilisait. Scorpius referma la porte derrière lui et d'un coup de baguette magique, la verrouilla.

« Oh ce que ça pue ici. »

Une odeur de moisi et d'humidité planait dans les lieux. Les tables et les chaises étaient recouvertes d'une pellicule de poussière. Rose ouvrit la fenêtre et inspira profondément une grande goulée d'air. Pendant ce temps, Scorpius était arrivé derrière elle, avait posé les mains sur ses épaules et commençait à la masser doucement.

« J'ai attendu toute la journée de pouvoir te voir enfin.

_ Tu ne crois pas qu'il serait temps de dire qu'on est ensemble. Ça fait deux ans maintenant, je crois qu'on peut dire qu'on sait ce qu'on veut. »

Il pinça les lèvres.

« Je ne sais pas. »

Rose soupira, exaspérée.

« Mais c'est ça ton problème Scorpius. Tu ne sais jamais. Tu as peur de quoi à la fin ? Que ta réputation de Malfoy coureur de jupon soit entachée ?

_ Non.

_ Tu as honte de moi alors. Est-ce que je ne suis pas assez jolie pour sortir avec toi ?

_ Bien sûr que non !

_ Pas assez intelligente alors.

_ Arrête. »

Elle en avait assez. A quoi est-ce que ça rimait ?

« J'en ai marre. Alors soit on arrête tout maintenant, soit on va dire aux autres qu'on s'aime et qu'on est ensemble. Je suis sûre que ça n'étonnera personne. »

D'ailleurs elle avait déjà mis Elisabeth dans la confidence. En tant que meilleure amie, elle avait estimé qu'elle pouvait lui en parler. Evidemment, la jeune Gryffondor avait promis de jouer la surprise le jour où ils l'annonceraient officiellement. Et Rose savait qu'elle pouvait compter sur elle.

Elle s'éloigna de la fenêtre. Sa bonne humeur était retombée. Elle se sentait en colère.

« J'aimerais passer à autre chose. La clandestinité c'était marrant au début. Mais là ça commence à bien faire. Et puis l'année prochaine, ce sera la dernière que l'on passera à deux à Poudlard et j'aimerais pouvoir te tenir librement par la main. »

Scorpius baissa la tête puis, avant qu'elle ne puisse continuer sur sa lancée, il s'approcha d'elle, lui prit les mains.

« On le dira. D'accord ? Je t'aime Rose, plus que tout au monde mais tu sais, ma vie n'est pas simple entre ma famille et tous les petits problèmes que je peux rencontrer rien que parce que mon nom est Malfoy.

_ Je sais.

_ Je t'aime. N'en doute jamais. »

Et pour appuyer ses dires, il pose ses lèvres sur les siennes, l'embrassant avec une passion que Rose ne lui avait encore jamais connue. Transportée par la flamme qu'il transmettait, elle glissa les mains dans ses cheveux, lui rendit le baiser, glissa ses mains sous chemise. Elle le sentit tressaillir au passage de ses doigts, s'amusa à taquiner les muscles. Le garçon avait toujours été très chatouilleux et elle ne se lassait pas de le provoquer.

Leurs lèvres se séparèrent. Scorpius glissa vers son cou, mordillant délicatement la chair tendre. Un frisson remonta le long de la colonne vertébrale de la jeune fille. Elle se sentait sur le seuil d'une nouvelle vie, comme sur le point de franchir un cap. Dans sa tête, tournait sans cesse la même idée. Il était le bon, il était celui avec qui elle avait envie de franchir de pas, avec qui elle voulait devenir une femme.

« S'il te plait, faisons-le. »

Scorpius eut un moment d'hésitation.

« Faire… ça ?

_ Ben oui espèce de gnou, pas du tricot !

_ Mais tu en es sûre ? »

Se mordillant la lèvre inférieure, elle acquiesça. Il ne répondit pas. Il n'en avait pas besoin. Il avala sa salive puis entreprit avec une infinie douceur, de déboutonner son chemisier. Rose sentit la fébrilité s'emparer d'elle. Elle avait envie d'arracher ses vêtements et de se jeter sur lui mais elle avait également envie de savourer chaque seconde. Après tout, c'était sa première fois. Elle agrippa le bord du bureau contre lequel elle se trouvait tandis que les mains du jeune homme empoignaient ses seins au-travers de son soutien-gorge. A plusieurs reprises, ils s'étaient laissés aller tous les deux à quelques caresses réciproques mais ils n'avaient jamais osé aller plus loin. Aujourd'hui, Rose le savait, ils iraient jusqu'au bout. D'un mouvement des épaules, elle se débarrassa de son chemisier, espérant de tout cœur que le sort que son petit ami avait jeté sur la porte n'était pas raté et que personne n'allait faire irruption et les surprendre dans une position délicate.

Scorpius semblait se moquer de ces détails. Il recula d'un pas pour retirer sa chemise qu'il laissa tomber à même le sol puis il revient auprès de Rose, laissa ses mains parcourir ses épaules, son flanc, se rejoindre dans son dos pour dégrafer le soutien-gorge. Ainsi libérer, la jeune femme se sentait tout un coup un peu honteuse. Aucun garçon n'avait jamais posé les yeux sur sa poitrine. Aucune fille non plus d'ailleurs. Elle craignit un instant une remarque désobligeante sur la taille qu'elle trouvait par trop imposante mais il ne dit rien. Il les embrassa avec une certaine tendresse, joua doucement du bout de la langue avec les tétons puis il traça un chemin de baiser jusqu'au nombril. Là, il s'attaqua aux boutons de la jupe qu'il laissa glisser au sol. De deux coups de talons, Rose retira ses chaussures. Avait-elle eu raison de choisir une petite culotte en tissu ? N'aurait-elle pas dû prendre du satin pour être encore plus désirable ?

Mais là encore, il ne fit pas la moindre remarque, tout en l'embrassant à la naissance des cuisses, Scorpius déboutonna son propre pantalon. Lorsqu'il se releva pour mieux s'en débarrasser, elle put voir son sexe gonflé au-travers de son caleçon. Mue par une soudaine impulsion, elle y posa la main, le caressa au travers de la toile. Il respirait bruyamment, en rythme avec la grosseur qui s'amplifiait de plus en plus entre ses jambes. Puis Rose baissa le caleçon suffisamment pour libérer le sexe tendu. Elle le prit entre ses mains, le toucha, la flatta, et lui imprima un mouvement de va et vient. Pendant ce temps, Scorpius avait glissé quelques doigts sous l'élastique de la culotte et avait cherché l'entrée de son intimité. Rose eut un sursaut, presque une décharge électrique lorsqu'elle le sentit s'infiltrer en elle pour la caresser.

Elle inspira profondément, ferma les yeux et les rouvrit immédiatement. Scorpius baissa sa culotte et termina de se déshabiller lui-même. Comprenant que le moment approchait, crevant à la fois de peur et d'envie, elle se hissa sur le bureau derrière elle et écarta les jambes. Il s'agenouilla devant elle, écarta doucement ses lèvres du bout des doigts et déposa un simple baiser sur le clitoris. Rose n'y tenait plus, un gémissement monta dans sa gorge. Bien entendu, elle avait déjà exploré son propre corps mais jamais aucune de ses caresses ne lui avait prodigué autant de plaisir.

Scorpius l'embrassa tout en tâtonnant d'une main vers son pantalon. Avait-il tout prévu ou bien était-ce simplement le fruit du hasard ? Il trouva son portefeuille et en tira une petite pochette d'aluminium dont il déchira le rebord. Rose n'était pas une idiote, elle avait déjà vu des préservatifs mais jamais encore un garçon n'en avait enfilé un pour elle. Elle l'observa se protéger, empoigner son sexe et se redresser.

Elle serra entre ses doigts les rebords du bureau alors qu'il se glissait entre ses jambes. Elle inclina la tête en arrière, curieusement, elle n'avait pas très envie de le voir faire.

Le vent qui soufflait dehors venait caresser son corps nu, intensifiant encore son désir mais la faisant aussi, paradoxalement, frissonner. Rose sentit le sexe de Scorpius caresser le sien comme pour demander sa permission de l'embrasser et tout à coup, il se positionna à l'entrée de son intimité pour s'y glisser. Elle ouvrit grand la bouche. Une foule de sensation s'empara d'elle à commencer par un sentiment de culpabilité, une douleur très vive lorsque son hymen se déchira. Ses yeux s'emplirent de larmes.

« Hé ! Ça va ? »

Scorpius s'était immobilisé, la tenant par les hanches et à moitié en elle. Elle acquiesça vivement.

« Tu es sûre ? »

Pour toute réponse, elle referma les jambes sur lui, l'invitant à entrer plus profondément en elle. Déjà, la douleur disparaissait. Et déjà elle se transformait en une chaleur étrange qui lui envahissait le bas-ventre comme un chatouillement de plus en plus intense qu'elle ne parvenait pas à satisfaire. Il entra en elle et elle sentit son pubis effleurer le siens, sa chair embrasser la sienne. Elle était incapable de se desserrer son étreinte sur le rebord du bureau. Le latex du préservatif lui prodiguait une drôle de sensation, cependant pas désagréable. Il était en elle. Ils étaient en train de faire l'amour, ils étaient unis l'un à l'autre. Alors Scorpius se mit à bouger tout doucement, gagnant peu à peu en vitesse. Rose sentait ses coups de butoir jusqu'au plus profond de son âme. Le chatouillement était maintenant devenu une vague de plaisir, une onde qui avançait et reculait en rythme en elle. Elle sentait le souffle de son amant s'écraser sur sa poitrine, se mêler à celui du vent qui n'avait de cesse de la caresser.

Et la jouissance explosa, mille fois meilleure que toutes celles qu'elle s'était offertes elle-même, presque douloureuse, presque insupportable. Elle cria, le poussant à aller encore plus vite, plus loin, plus profondément. Scorpius lui-même fut incapable de se retenir plus longuement. Elle sentit ses doigts s'enfoncer dans la chair de ses fesses, il donna de grands coups de bassin, gémit à son tour avant de, finalement, s'immobiliser, le souffle court.

Le vent caressait leurs corps nus encore unis pour quelques secondes. Lorsque Scorpius se retira, Rose eut froid. Elle frissonna, resserra les jambes. Qu'avait-elle donc fait ? Avait-elle eu raison de lui donner son enfance ? Elle ramena ses jambes contre elle, sentant la chaleur de son sexe comblé, légèrement irrité par le frottement du latex. Scorpius se débarrassait maintenant du préservatif. Il avait eu du plaisir, elle le voyait. Elle l'observa faire un nœud au bout de la protection puis il s'approcha d'elle, posa ses mains sur ses épaules. Ses paumes étaient chaudes et réconfortantes.

« Tu vas bien ? »

Elle acquiesça. Elle avait les larmes aux yeux mais était bien incapable de dire si c'était de joie ou de tristesse d'être finalement devenue une femme.

« Il fait froid, rhabille toi. »

Elle se laissa glisser au bas du bureau et enfila ses vêtements. Elle se sentait mieux maintenant. Non, elle ne regrettait pas, pas une seconde.

Après s'être rhabillés, ils quittèrent la salle de classe et se dirigèrent vers la salle commune de leur maison où Albus et Elisabeth semblaient les chercher.

« Vous étiez passés où ? gronda son cousin.

_ On était… »

Scorpius prit la main de Rose dans la sienne.

« On était ensemble. On est ensemble. »

Albus ne sembla pas comprendre immédiatement puis sa bouche s'ouvrit toute grande pour se refermer sans avoir prononcé un mot.


Chanson des Turtles