Et voici le dernier chapitre... avant l'épilogue, vous ne vous débarrasserez pas de moi aussi vite :P Je crois que je n'ai jamais traduit de chapitre aussi rapidement, mais je dois avouer qu'il est tellement bien que je n'ai pas vu le temps passer. Mon passage préféré est dans ce chapitre, d'ailleurs. Enfin bref, je vous laisse face à la bête, vous savez ce que vous avez à faire hein :P

Enjoy! :)


Chapitre 11 – Boom!

Début juin, le capitaine Gates appela Beckett dans son bureau.

-Oui, chef ? demanda-t-elle sur le pas de la porte, passant sa tête à l'intérieur.

Le capitaine lui fit signe d'entrer et, après avoir fermé la porte derrière elle, Kate s'assit sur le fauteuil en face du bureau. Sa supérieure écrivit encore quelques mots sur le papier qu'elle avait devant elle, puis posa son stylo et leva la tête vers Kate. Une étrange expression était peinte sur ses traits, ce qui mit Kate sur ses gardes.

-Je viens juste de recevoir un appel de votre Dr Schmidt, commença-t-elle.

Les sourcils de Kate se rejoignirent sous l'effet de la confusion.

-Je ne comprends pas, chef, dit-elle avec prudence, sachant très bien qu'elle s'aventurait en terrain miné.

Gates clarifia la situation :

-Il m'a recommandé de vous renvoyer chez vous pour que vous vous reposiez pendant les deux dernières semaines de votre grossesse.

Kate inspira profondément, prête à répondre, mais Gates la coupa d'un geste de la main.

-Je sais comment vous vous sentez, lieutenant. Je sais que vous ne supporterez pas de rester chez vous si longtemps. J'ai déjà entendu toutes vos excuses auparavant. Néanmoins, ceci est un ordre, lieutenant. On dirait que vous allez exploser d'un moment à l'autre.

A ces mots, les deux femmes posèrent les yeux sur le ventre de Kate. 38 semaines. Elle était à deux semaines du terme. Elle avait prit énormément de poids depuis sa baby shower du mois dernier; même ses vêtements de grossesse commençaient à être trop serrés. Kate soupira –elle savait que Gates avait raison. En plus, elle serait certainement plus utile à la maison qu'au commissariat.

Au travail, elle devait s'asseoir à son bureau et regarder le tableau blanc. Au lieu de partir à la chasse aux suspects, elle regardait ses mails et passait des coups de fil à Lanie. Bien sûr, elle épluchait les relevés financiers et téléphoniques pour le trio, mais elle ne pouvait aller nulle part. Même Castle continuait à aller sur le terrain, et elle devait rester sur sa chaise, tournant d'un côté et de l'autre en regardant le plafond.

A la maison, cependant, elle pourrait être beaucoup plus productive. Elle pourrait ranger tous les vêtements de bébé qui s'étaient accumulés pendant ces huit derniers mois. Elle pourrait regarder les derniers épisodes de Temptation Lane ou lire le dernier livre de la série Alex Cross de James Patterson. Elle pourrait se tourner les pouces sur son canapé moelleux plutôt que sur sa chaise inconfortable. Elle pourrait manger des pancakes à la myrtille à la place des vieilles cacahuètes qu'elle avait dénichées au fond d'un de ses tiroirs.

Elle savait que Gates avait raison. Elle ne voulait juste pas l'admettre. Que ce soit à la maison, au bureau ou n'importe où, elle était une bombe prête à exploser –elle pouvait s'asseoir et attendre, mais c'était presque la seule chose qu'elle pouvait faire. Finalement, elle soupira.

-OK, marmonna-t-elle.

Gates lui offrit un petit sourire.

-Oh, et avant que vous ne partiez, lieutenant, dit-elle en prenant une enveloppe sur son bureau.

Kate pinça les lèvres et jeta un regard à sa supérieure. Gates roula des yeux et ajouta :

-C'est kitch, mais je voulais que vous l'ayez.

Elle lui tendit avec un sourire. Kate se détendit dans sa chaise et ouvrit l'enveloppe. A l'intérieur, il y avait une carte, décorée d'éléphants roses et de paillettes. Il y était écrit 'Félicitations', avec une mère et un petit éléphant enlacés. Elle était signée de la signature élégante de Victoria Gates. Elle avait signé pour elle et son mari; néanmoins, ses enfants avaient écrit leurs noms respectifs avec application. Ils avaient sept ans, à présent, et étaient adorables.

Elle se demanda à quoi ressemblera Johanna quand elle aura sept ans ?

-Merci, capitaine, souffla Kate, remettant la carte dans l'enveloppe.

Elles échangèrent un nouveau regard. Ces derniers mois, leur relation s'était améliorée. Bien sûr, elles se disputaient encore, se jetaient des regards noirs et se crachaient dans le dos quand elles étaient énervées, mais c'était plus une forme de bataille fraternelle que de vraie haine, désormais. Le capitaine Gates était l'une des seules femmes du commissariat à avoir des enfants –et maintenant que Kate était sur le point de la rejoindre, elles comprenaient mieux à quel point ce métier était dur pour une mère.

-De rien, lieutenant, répondit-elle en chaussant ses lunettes. Maintenant, je vous veux hors d'ici dans moins de cinq minutes, si vous ne voulez pas rester à faire de la paperasse un mois après votre congé maternité.

Kate se leva et se dirigea vers la porte, non sans dire dans un souffle :

-Oui, chef.


-Viens, Castle, lança Kate en sortant du bureau de Gates.

Il était assis dans sa chaise à elle, tournant de droite et de gauche en fixant le plafond, la bouche ouverte. Les gars étaient en train d'interroger leur suspect et Castle leur avait dit qu'il préférait rester en arrière et éplucher une nouvelle fois ses données financières.

Pieu mensonge.

-Pourquoi ? demanda-t-il en la regardant.

Elle vit ses doigts tressauter sur l'accoudoir de la chaise –ces derniers temps, il n'arrêtait pas de toucher son ventre, juste pour sentir Sparky bouger, même en sachant qu'elle avait tellement grandi qu'elle pouvait à peine remuer les pieds. C'était bizarre, mais, comme souvent avec Rick, empreint d'une douceur que Kate adorait secrètement. Au travail, pourtant, elle lui interdisait de tels gestes, ce qui frustrait Rick autant que cela amusait Kate.

-Parce que, répondit-elle en prenant des dossiers sur son bureau, se penchant sur lui au passage.

Elle éteignit son ordinateur et se redressa, le regardant.

-Gates m'a congédiée. Apparemment, le Dr Schmidt lui a dit que je devrais rester à la maison me reposer pour les deux dernières semaines de ma grossesse.

Elle baissa les yeux et serra les lèvres.

-Et si je suis congédiée, tu l'es toi aussi.

Il fit la moue.

-C'est quoi cette tête, Castle ? demanda Esposito en arrivant à leur hauteur.
-Il est déçu parce que Gates me renvoie à la maison pour me reposer et qu'il doit venir lui aussi, répondit Kate.
-Ca craint, mec, dit Ryan en arrivant derrière son partenaire.

Kate lui jeta un regard noir, et Ryan détourna nerveusement les yeux. Elle se mordit l'intérieur de la joue, essayant de cacher son sourire. Elle adorait faire marcher Ryan, c'était tellement facile –presque plus facile qu'avec Castle.

-Vous avez obtenu des aveux de votre suspect ? demanda Kate en prenant ses derniers papiers.

Les garçons hochèrent affirmativement la tête et Ryan se saisit d'un dossier qui se tenait de l'autre côté de son bureau.

-On allait tout rassembler pour clore l'affaire.
-Très bien, répondit-elle.

Elle ferma sa sacoche et regarda son mari. Il la regardait toujours avec ses yeux de chiot maltraité. Elle connaissait très bien cette expression : quand il devait écrire et qu'il ne pouvait pas l'accompagner sur les scènes de crime, quand il avait voulu l'emmener à Paris, deux ans plus tôt, et qu'elle avait refusé parce qu'elle voulait garder des jours de congés pour Noël, quand il avait voulu lui acheter des boucles d'oreille en diamant à 10 000$ juste parce qu'elle avait flashé dessus.

-Viens, Castle, répéta-t-elle.

Elle s'attendait à ce qu'il proteste. Mais, à son grand étonnement, il n'en fit rien. A la place, il se leva, lui prit sa sacoche et dit 'Eh bien, allons-y, Milady' en lui offrant son bras. Elle roula des yeux, se mordit la lèvre et lui prit le bras.

-Tu as faim ? demanda-t-il tandis qu'ils se dirigeaient vers l'ascenseur, laissant les gars sourire stupidement derrière eux.
-Je mangerais bien un hamburger, répondit-elle négligemment, sachant pertinemment qu'il n'aimait pas qu'elle mentionne la junk food –c'était mauvais pour le bébé.

L'ascenseur s'ouvrit avant que Castle ne puisse répondre. Ils s'avancèrent à l'intérieur de la cabine vide et les portes se fermèrent. Elle se laissa aller contre la poitrine de Rick, qui passa immédiatement un bras autour de ses épaules.

-Je t'aime, dit-elle dans sa chemise, mais tu ne reviendras pas ici tant que je ne pourrais pas y revenir moi-même. Sinon, ce serait totalement injuste.

Il lui embrassa le nez.

-Je ne viendrais pas, promis-t-il en lui donnant l'un de ces sourires qu'elle adorait.

Soudain, les lumières dans l'ascenseur s'éteignirent et l'appareil fit un drôle de bruit. Kate s'éloigna de Rick et ils échangèrent un regard étonné.

-Est-ce que… commença-t-elle
-Oui, répondit-il en appuyant sur tous les boutons, l'ascenseur vient juste de s'arrêter.

Il essaya de regarder à travers les interstices dans la porte, appuya sur le bouton d'ouverture, sans résultat. Kate le regardait, les lèvres serrées et les bras croisés.

-J'ai un mauvais pressentiment… dit-il en la regardant.

Elle roula des yeux et se rapprochant, lui mettant la main sur l'épaule.

-Ca va aller. On à juste à appeler…

Elle prit une brusque inspiration. Il la vit se pencher en avant, les mains sur les genoux.

-Cas', bégaya-t-elle. Rick… je crois…

Elle prit une profonde inspiration et le regarda, effrayée.

-Je crois que je viens de perdre les eaux.
-Quoi ?

Il s'approcha et s'accroupit devant elle, notant la tache qui se formait sur le sol.

-Mais tu as deux semaines d'avance, Kate !

Elle le regarda d'un air assassin.

-Et alors, Castle ? Je ne peux pas le contrôler. Johanna arrive, et elle arrive maintenant. Alors maintenant, sors nous de cet ascenseur avant de devoir la délivrer toi-même !

Kate respirait rapidement. Il l'appuya contre le mur de l'ascenseur, puis, doucement, l'assit sur le sol. Dès qu'elle fut à terre, il attrapa son téléphone et appuya sur la touche de numérotation abrégée. Esposito répondit presque immédiatement.

-Qu'est-ce qu'il se passe, Castle ?

La voix d'Esposito était confuse.

-Kate est en travail, dit-il rapidement, et l'ascenseur est en panne. On doit absolument sortir d'ici. Maintenant.
-OK, lui répondit Esposito après un instant d'hésitation.

A ce moment là, les portes de l'ascenseur se rouvrirent. Néanmoins, le sol du commissariat, au lieu d'être à son niveau habituel, arrivait au milieu de la cabine –seule la moitié supérieure donnait sur la salle, le reste étant bloqué par le conduit de la machine.

-Oh mon Dieu, souffla Rick.

Le commissariat était en effervescence. Ryan apparu devant eux et dit :

-Je viens juste d'avoir la maintenance au téléphone. Ils vont arriver dans une seconde. Courage.
-Dis-leur de se grouiller ou je les tue ! rugit Beckett.

Ryan la regarda, les yeux écarquillés.

-Et je suis sérieuse. Il y aura du sang, des putains de couteaux et des machettes, Ryan. Alors fait-les se magner !

Castle s'était agenouillé à ses côtés et lui caressait doucement l'épaule. Il jeta un regard apeuré à Ryan, et mima un 'Au secours' avec ses lèvres, de sorte à ce que Beckett n'entende rien, mais que Ryan comprenne. L'irlandais hocha la tête et disparu.

Ils pouvaient entendre des gens s'approcher de l'ascenseur à moitié visible, se demandant qui produisait ces cris étouffés. Ils entendirent le capitaine Gates sortir de son bureau et dire à tout le monde de retourner au travail s'ils ne voulaient pas finir à la circulation. Le bruit diminua, sans disparaître complètement.

-Kate, dit-elle en se matérialisant dans l'espace donnant sur le Precinct, ils arrivent dans peu de temps. Courage, lieutenant. Ne vous avisez surtout pas d'avoir ce bébé dans un ascenseur.

Kate laissa échapper un petit rire. Rick lui essuya doucement la sueur de son front et de ses joues. Il ne pouvait pas dire si elle était juste en nage ou si elle pleurait.

-J'ai… chaud, Castle, lui dit-elle quand la douleur qu'elle ressentait la quitta assez longtemps pour lui permettre de former une pensée cohérente.

Elle haletait, essayant de faire rentrer de l'air dans ses poumons. Le mur de l'ascenseur était froid contre son dos, au contraire du corps de Castle serré contre elle.

-Respire lentement, Kate, lui chuchota-t-il dans l'oreille. Tu hyperventiles.

Kate l'écouta, mais cela n'aidait pas. Elle continuait à respirer aussi rapidement que possible. Son cœur battait rapidement –encore plus rapidement que la première fois où elle et Rick s'étaient embrassés, des années avant. Elle sentait de la sueur couler le long de son dos comme la pluie le jour où Rick l'avait fait danser sur le parking de l'Old Haunt, criant à toute la ville qu'ils allaient devenir parents. Mais, à ce moment là, quand elle ouvrit la bouche, à la place de remerciement, ce fut un grognement qui s'en échappa. La douleur était de retour, et elle était forte. Elle attrapa le bras de Castle et le serra aussi fort qu'elle le put. Rick gémit mais elle ne l'entendit pas.

Finalement, Ryan réapparut en haut de l'ascenseur.

-Courage, Beckett, lui lança-t-il.

Elle se tordit de douleur et se détourna. Rick croisa son regard.

-Les portes vont se refermer, et quand elles se rouvriront, vous serez au niveau du 12th. Ils vont mettre les ascenseurs hors service après ça, donc vous allez devoir prendre les escaliers.

Rick hocha la tête, et Kate n'écouta pas, essayant de respirer normalement. Les portes se fermèrent à nouveau et les lumières se rallumèrent.

-Crie, Kate, murmura Rick dans son oreille.

Il savait qu'elle essayait de cacher sa douleur à ses collègues.

-Allez, chérie. Crie.

Elle baissa la tête et agrippa sa chemise. Elle hurla dans le tissu pendant le bref moment où les portes étaient closes. Il enroula ses bras autour d'elle et la serra fort, essayant d'étouffer sa douleur.

Deux longues secondes plus tard, les portes s'ouvrirent sur le commissariat. Immédiatement, Ryan et Esposito se ruèrent dans la cabine. Lanie était derrière eux, jetant des regards noirs aux autres détectives. Ensemble, ils relevèrent Kate sur ses pieds. Elle sortit de l'ascenseur soutenue par les gars. Une fois arrivée dans l'entrée de l'étage, Esposito et Ryan abandonnèrent les bras de Kate et coururent dans les escaliers, allant chercher une voiture. Lanie était derrière Kate, lui touchant le bras pour lui montrer qu'elle était là. Kate regarda ses collègues médusés d'un regard noir. Ils sursautèrent tous et retournèrent rapidement au travail.

-Allez, Kate, chuchota Castle dans ses cheveux.

Elle approuva faiblement, essayant de se tenir droite, échouant misérablement. Elle se reposait lourdement sur son mari, qui la portait presque.

-Quand on sera dans la cage d'escalier, je te porterai, Kate.

Il savait qu'elle ne voulait montrer aucun signe de faiblesse devant les autres policiers, mais dans la cage d'escalier, ils seraient seuls tous les deux.

Elle hocha la tête.

Les portes de l'ascenseur se refermèrent avec un 'ping !' inhabituellement joyeux.


Un moment plus tard, Kate était allongée dans un lit d'hôpital.

Elle se souvenait des sirènes de la voiture d'Esposito, qui se disputait avec Lanie à propos de la meilleure route à prendre pour arriver à destination aussi vite que possible. Elle se souvenait de Ryan qui allait chercher Alexis, Martha et Jim. Elle se rappelait avoir eu la nausée pendant que la voiture serpentait dans le trafic. Mais, plus que tout, elle se souvenait de ses hurlements sur Castle.

Elle était encore en train de lui hurler dessus en ce moment même.

-Mon Dieu, Castle, c'est pire que de se faire tirer dessus, siffla-t-elle tandis qu'il entrelaçait leurs doigts.

Elle se tortilla quand les infirmières essayèrent de lui faire une intraveineuse.

-On ne couchera plus jamais ensemble. Jamais.

Tout se passait dans un brouillard de blanc et de bips. Le Dr Schmidt fit irruption dans la pièce, bloc note en main, toujours souriant.

-Mr Castle, Mme Beckett, les salua-t-il.

Il se mit de l'autre côté du lit, en face de Rick. Il échangea quelques mots que Kate n'essaya même pas d'entendre avec une sage femme.

-Comment allez-vous, Mme Beckett ? lui demanda-t-il en croisant son regard. Vous êtes un peu en avance, à ce que je vois.
-J'irais mieux quand les médicaments commenceront à agir, confessa-t-elle, le visage tordu de douleur.

Le docteur hocha la tête.

-Oh, ils ne devraient pas tarder à faire effet, maintenant, la rassura-t-il. Vous n'êtes pas assez dilatée pour commencer à pousser, mais on va attendre encore un quart d'heure et on vérifiera à nouveau. OK ?

Kate, malgré sa connaissance du travail acquise grâce aux cours de préparation à l'accouchement, ne put s'empêcher de s'exclamer :

-Un quart d'heure ? On doit attendre encore un quart d'heure ?

Le docteur Schmidt lui envoya un sourire compréhensif et se tourna vers Rick. Ce dernier lui sourit à son tour, caressant les cheveux de Kate avec sa main libre, l'autre tournant au violet sous la force de sa femme qui s'y accrochait désespérément. Le praticien les laissa quelques minutes, puis d'autres visiteurs prirent sa place. Esposito et Lanie se précipitèrent dans la pièce. Lanie se dépêcha auprès de son amie, lui disant à quel point elle était fière et quelle mère formidable elle serait. Esposito semblait mal à l'aise, aussi partirent-ils relativement vite.

Quelques secondes plus tard, Alexis fit irruption dans la pièce et se plaça à côté de son père, le prenant brièvement dans ses bras, puis elle se pencha sur Kate, ses cheveux roux lui caressant l'avant bras.

-Hey, Lex, dit-elle, la douleur s'étant apaisée maintenant que les médicaments faisaient effet. Salut, Martha.

Martha lui prit sa main libre et la serra doucement.

-Comment vas-tu, ma chérie ?

Kate reçu la question avec un pâle sourire.

-Aussi bien que les contractions le permettent, répondit-elle avec un petit rire.

Alexis posa une main sur l'épaule de Kate. Elle leva la tête vers la jeune rousse, se souvenant brusquement de leur conversation à la brasserie le jour de sa baby shower, presque deux mois auparavant.

-Tu es prête à avoir une petite sœur ? souffla-t-elle
-Absolument, Kate, répondit Alexis avec un sourire.

Avant que qui que ce soit n'ai pu ajouter quoique ce soit, Jim Beckett entra dans la pièce, semblant aussi paniqué que le jour où Kate s'était faite tirer dessus.

-Katie, dit-il en se dirigeant vers le côté du lit où se trouvait Martha.

L'actrice se retira et se déplaça au pied du lit. Jim prit la main de Kate dans la sienne et chuchota

-Comment te sens-tu, Katie ?

Elle lui sourit faiblement, de la sueur coulant des mèches de cheveux que Rick n'avait pas recoiffées.

-Je vais… bien, papa. Je suis juste… fatiguée. Prête à avoir ce bébé.

Son père rit, sa chaleur emplissant l'atmosphère de la grande chambre impersonnelle.

-J'espère bien que tu l'es !

Il posa son regard sur Rick.

-Quand Katie est née, je me souviens des hurlements de sa mère, qui me tenait pour personnellement responsable de tous les problèmes possibles et imaginables. J'imagine que sa fille est pareille ?

Rick pinça les lèvres tandis que Kate tournait la tête dans sa direction, le regardant intensément.

-Souviens-toi que je sais où tu dors, lui dit-elle sévèrement.

Alexis regarda son père, une expression étrange sur les traits. Martha toussota, essayant de masquer son rire.

Après une petite pause, Rick secoua négativement la tête.

Quelques minutes plus tard, le Dr Schmidt revint. Il envoya toute la famille, excepté Rick, dans la salle d'attente. Ils sortirent dans un chœur de 'Bonne chance ! et de 'On vous aime, tous les deux !', et bientôt, il n'y eut plus qu'une armada de sages-femmes et le Dr Schmidt avec eux. Kate sentit son estomac se serrer tandis que la douleur revenait, plus forte que jamais. Elle grogna et enfoui sa tête dans l'épaule de Rick, essayant de réprimer ses cris.

Mon Dieu, avoir un bébé était douloureux.

-OK, vous m'avez l'air prête, Mme Beckett.

Une infirmière apporta une chaise pour le Dr Schmidt. Deux étriers furent fixés sur le lit, et un drap bleu fut placé dessus, de sorte que Kate ne voie pas ses jambes devant elle.

-A trois, je veux que vous poussiez, Mme Beckett, dit-il, la tête disparaissant sous le drap.

Kate regarda Rick.

Il lui sourit.

-Un.

Il leva leurs mains entrelacées, comme il l'avait fait quand ils avaient failli se faire exploser avec la bombe sale.

-Je t'aime, chuchota-t-il, les yeux brillants.

-Deux.

Kate hocha la tête puis reposa sa tête sur le lit, prenant une profonde inspiration. Elle déclara

-Je t'aime aussi, Rick.

Puis, elle lui serra la main plus fort que jamais et il lui rendit sa pression. Elle ferma les yeux et se prépara à la dernière syllabe.

-Trois.

Kate poussa. Elle sentit Rick lui ramener les cheveux en arrière de sa main libre. Elle serra les dents et essaya de ne pas crier, se rappelant ses cours qui disaient que, si une femme criait, elle ne poussait pas. Elle grogna bruyamment, et le Dr Schmidt lui dit de respirer et de prendre une petite pause.

La deuxième fois qu'elle poussa, elle entendit brièvement le bruit de la pluie contre les vitres. Elle entendait Rick lui murmurer des choses dans l'oreille, bien qu'elle ne comprenne pas ce qu'il lui disait. Elle se concentrait uniquement sur la manœuvre de pousser et relâcher, pousser, relâcher.

-Je vois la tête, annonça le Dr Schmidt, encourageant Kate à continuer.

Après un petit moment, il dit :

-Encore une fois, Mme Beckett, et vous pourrez rencontrer votre fille.

Rencontrer sa fille.

Kate allait rencontrer sa fille avec juste une poussée de plus.

Le moment suivant était juste une seconde de plus pour le monde. C'était juste une respiration de plus pour les personnes qui l'attendaient dans la salle d'attente. C'était juste une poussée de plus pour le personnel de l'hôpital dans la chambre de Kate. C'était une pression de plus dans la main de Rick. Mais, pour Kate, tout changea pendant ce moment. Soudain, elle n'était plus une femme. Elle était une mère.

Elle était une mère.

Sa mère ne lui avait jamais dit qu'avoir un bébé était douloureux. Sa mère ne lui avait jamais dit l'effet que cela faisait de voir son bébé pour la première fois. Sa mère ne lui avait jamais dit à quel point un si petit être pouvait être aussi parfait. Sa mère ne lui avait jamais parlé de l'amour qui frappait une mère en voyant ce petit visage pour la première fois.

Un vagissement retentit dans la pièce.

Kate soupira tandis que le personnel de l'hôpital se démenait dans tous les sens. Rick lui embrassait les joues, essuyant la sueur de son front avec ses mains. Elle abandonna sa main brièvement pour se remettre les cheveux en arrière. Les cris étaient forts et perçant, mais Kate n'avait jamais rien entendu de si beau.

En quelques secondes, Kate était devenue une mère.

Elle regarda Rick. Il la contemplait avec un regard qu'elle ne pouvait même pas décrire. Il souriait, ses rides de rires marquées autour de ses yeux. Ses dents étaient éblouissantes, même cotre le blanc de la chambre. Tous les adjectifs positifs pouvaient décrire les émotions sur son visage : bonheur, fierté, amour.

-Voulez-vous couper le cordon, papa ? demanda le Dr Schmidt à travers la pièce.

La poitrine de Rick se souleva sous l'hésitation. Ses yeux passèrent de la joie la plus totale à l'incertitude, attendant la permission de Kate, ne voulant pas la laisser seule une seconde. La jeune femme lui donna un petit sourire fatigué, puis hocha la tête en direction du médecin. Il l'embrassa sur les lèvres puis s'éloigna. Les cris, qui s'étaient calmés, revinrent en force avec le bruit des ciseaux. Kate reposa la tête sur le lit, fermant les yeux, sentant la fatigue prendre le dessus sur tous ses autres sens.

Quand Kate rouvrit les yeux, elle vit Rick tenant un petit tas de couvertures roses. Il s'approcha et lui donna doucement. Les cris cessèrent d'un coup.

-Félicitations, Mme Beckett, Mr Castle, dit le Dr Schmidt. Dites bonjour à votre fille.

Kate ne l'écoutait pas. Elle était trop occupée à regarder le petit visage parfait qu'elle tenait dans ses bras. Son nez ressemblait à un bouton –minuscule et rose et magnifique. Ses magnifiques yeux verts étaient grand ouverts, regardant autour d'elle avec intérêt, découvrant à quoi le monde extérieur ressemblait. Sa bouche était légèrement ouverte. Sa peau était rose, et le petit duvet de cheveux qu'elle avait était emmêlé.

Kate n'avait jamais rien vu d'aussi parfait.

-Bonjour, dit doucement Rick, se penchant aux côtés de Kate pour voir sa fille. Bonjour, Johanna, c'est papa.

Il regarda Kate et l'embrassa sur le nez.

-Dis salut, maman.

Kate perdit toute réserve et regarda à nouveau sa fille.

-Salut, Johanna, souffla-t-elle.

Le monde entier sembla disparaître quand les yeux de Johanna rencontrèrent ceux de Kate, ses petites oreilles entendant la voix de sa mère. Elle connaissait cette voix. Elle connaissait la voix de Kate.

-Elle me regarde, Rick, dit-elle, refermant un peu plus ses bras, essayant de tenir son bébé encore plus près d'elle. Mon Dieu, Rick, elle est parfaite. Elle est absolument parfaite.

Elle sentit les lèvres de Rick se presser contre son oreille.

-Je t'aime, lui murmura-t-il.

Kate regarda les yeux de Johanna se fermer doucement. Son bébé s'enfonça un peu plus dans ses bras, confortablement installé pour sa première sieste. Kate sentit sa gorge se serrer à cette scène. Les larmes brouillaient sa vision. C'était sa fille. Rick et elle avaient créé ce petit être parfait avec leur amour, leur passion et juste un peu de négligence –voire d'empressement- cette nuit, tant de temps auparavant. Maintenant, presque neuf mois plus tard, elle tenait la preuve matérielle de leur amour. Leur bébé. Comment Kate avait-elle pu être effrayé d'avoir cet enfant ?

Elle était parfaite.

Finalement, elle se tourna vers Rick.

-Je t'aime aussi.