Chapitre 8 : « Vous m'avez offert l'endroit idéal pour mourir !»

Le maire d'Ode, un homme petit et trapu, avait les mains jointes dans le dos pour regarder ce qui se tramait dans sa ville. Comment avaient ils pu en arriver à cette situation ?
Ce n'était pas sa faute, il ne faisait que suivre les ordres, dirigeant les garnisons en accord avec le plan du commissaire des finances.
L'un des plus vieux dictons d'Iwa disait « La force d'un seul ne vaut rien face à mille. »
Iwa n'était pas craint pour sa puissance militaire mais pour sa stratégie, réputée dans le monde ninja comme la meilleure. En tant que représentants de l'ordre public, les ninja d'Iwa chargés de ce type de mission n'avaient aucun égal sur terre comme au ciel.
Vrai ou pas, ils n'attaquaient jamais seuls mais en grand nombre et sur le champ de bataille, beaucoup les avaient surnommés avec crainte « les invincibles ». Ils avaient pris l'habitude d'attaquer en très grand nombre une cible lorsqu'il s'agissait simplement de la neutraliser.
Toutefois, le spectacle à sa fenêtre n'avait rien de réjouissant : dire que tous ces gens allaient être envoyés en exil après un pseudo procès. Cela lui faisait drôle… comme si sa ville était devenu un véritable camp de concentration. Mais les ordres étaient clair : il n'avait pas le choix.
Shinobu et Eiji étaient restés dans les premiers rangs des prisonniers. Ils regardaient le maire à la fenêtre. La situation était vraiment désespérée.

Ils leurs avaient confisquaient leur équipement. Hinata et Kakashi étaient cette fois ci réellement prisonniers des ninja d'Iwa mais ils avaient choisis d'eux même cette condition.
Lorsque les ninja firent irruption au village, ils s'étaient déjà échappés mais à la vue du désastre, Hinata et Kakashi changèrent leur attitude et préférèrent rester pour aider de l'intérieur leurs « protecteurs ». Ou tout du moins en découvrir plus à leur sujet : la situation était vraiment étrange. Ils avaient eut l'impression d'être de nouveau en guerre. Les ninja avaient mit le feu aux maisons pour faire sortir leurs résidents et faciliter leur arrestation.
Basara s'était rendu sans opposer la moindre résistance pour éviter plus de dégâts. Il avait échoué dans sa mission de protection. Tous ses espoirs résidaient maintenant en un seul homme.
En voyant son geste, Kakashi se rendit le premier. Il avait assisté à la scène et admiré le courage de cet homme pour sauver son village. De toute façon il fallait bien retourner en ville et retrouver l'ambassadrice et le gamin.
Sur le chemin la colonne de prisonnier en rencontra une autre, qui provenait cette fois ci d'un village voisin. Après avoir formé une jointure, ils se rendirent à Ode puis, sur la place publique ou les prisonniers seraient jugés.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin en ville, Kakashi se maudit d'avoir fait ce choix : toute tentative d'évasion était vaine.

Yoshitaro émergea d'un sommeil sans rêve. Il était ligoté sur le toit d'un édifice gigantesque. Assit en tailleur, il observa son environnement et examina sa situation.
Elle aurait pu être pire.
Le soleil commençait à poindre à l'horizon ce qui mettait en relief, le triste spectacle visible dans toute la ville. Dans les grandes voies de la rue, des colonnes entières de prisonniers défilaient dans la rue, se dirigeant vers le centre ville. En tournant la tête, il assista à une scène qui avait du se répéter plusieurs fois au cours de la nuit : des ninja d'Iwa qui employaient des méthodes plutôt peu réglementaires pour déloger ou faire taire tout témoignage des entourages.
Les ninja d'Iwa, devenus pour l'occasion simples policiers s'étaient prémunis de tout un arsenal assez impressionnant : matraques, long bâtons de lancés quand il ne s'agissait pas de fouets à embouts de cordes en forme de crochet. Ce genre d'équipement n'avait laissé aucune chance face à la plupart des personnes arrêtées.
Quelques feuilles s'envolèrent du toit avec le vent. Après être passées devant le chuunin, Saï fit son apparition.
« Alors enfin réveillé, « Yoshitaro sama » ?
- Mais tu es quoi toi à la fin ?
- Qui sait, répondit Saï, Juste un ninja travaillant à son compte.
- Un ninja errant donc… Ton nom ?
- Appelle moi Saï-o- dono, ça me suffira.
- Tu peux rêver. Que me veux tu ?
- Ca serait plutôt à moi de te demander ce que Tu prépares, « Yoshitaro sama ».
- Je n'ai pas à te répondre.
- C'est moi ici ton geôlier. Tu n'as pas bientôt fini de poser des questions que tu sais d'avance que je ne te répondrai pas non plus… Soupira Saï. Au fait, inutile de crier. Nous sommes dans une autre dimension, plus précisément dans un dessin que j'ai réalisé qui nous permet d'apprécier pleinement le spectacle de dehors. D'ici personne ne peut t'entendre crier, « Yoshitaro sama »
- Je ne vois pas ce que tu veux dire. Et arrête de m'appeler « Yoshit… »
- Arrête de jouer les crétins, « Yoshitaro sama ». T'es mauvais dans ce rôle. Tes pitoyables tours sont en tout cas inutiles devant un Anbu. Je sais qui tu es en réalité.
- … Tu te décides à m'en dévoiler un peu plus sur toi.
- Ma patience a des limites. Souffla Saï d'un ton froid et détaché. J'ai les moyens pour te faire parler… alors si j'étais toi, je passerai à table assez vite. Je ne suis pas aussi sympa que j'en ai l'air…
- Je ne te dirai rien puisque je ne sais rien. On finira bien par me retrouver. Ne sous estime jamais un ninja d'Iwa…
- Même si je te disais que Tu as déjà perdu d'avance ? Je l'ai mis au courant. Votre plan a échoué.»
Une lueur passa furtivement dans les yeux du ninja d'Iwa qui les baissa de suite instinctivement... Cela n'échappa pas à Saï. Il ne faisait donc pas fausse route. Ce type ne paraissait pas ce qu'il était à première vue.
Yoshitaro baissa la tête. C'était la première fois que quelqu'un arrivait à lire aussi bien dans son jeu. Ce « Saï » semblait avoir de la ressource. Il était bien plus fort que lui, pourtant un chuunin de première classe.
Es ce qu'il bluffait avec son histoire comme quoi il aurait tout découvert ?
Si il disait vrai, cela pourrait poser quelques soucis. Quelque chose attira son attention à ce moment là.
« Il est trop tard pour sauver ces paysans, Saï. Et encore moins l'Imposteur. »
En regardant vers la direction, Saï se pinça les lèvres. Il était déjà à l'entrée d'Ode. Quel imbécile ! En espérant qu'il ait un plan pour une fois.
« Alors, comment disais tu « Saï »… a oui, « le plan a échoué » ou un truc dans le genre.
- Hum… nous verrons bien. Ne crois pas que tes soucis sont déjà finis pour autant.
- Soit, mais tu devrais peut être l'aider.
- Je ne pense pas. Tu n'apprécies pas ma compagnie « Yoshitaro sama » ?
- Qui sais ? Je pourrai m'en accommoder si tu me relâchais.
- Tu va rester avec moi pour le moment.» répondit il après un court silence.
Saï regarda de nouveau en direction de l'entrée de la ville. Il s'extirpa du dessin et le referma. Des dizaines de ninja commençaient à encercler l'ex genin. Ca commençait très mal.
Le ninja de Konoha sauta de toits en toits pour se diriger vers le centre ville afin d'assister pleinement au spectacle. là bas en attendant sa venue, il pourrait reprendre tranquillement son petit interrogatoire, mais cette fois ci plus sérieusement.

Naruto s'était présenté devant les portes d'Ode finalement avant le levé jour. Après avoir mûrement réfléchi à ce que Saï lui avait dit, il comprit que l'équipe de Kakashi avait été faite prisonnière.
Quel crétin ! Il venait sans un réel plan d'action et juste après une conversation avec Saï qui, comme à son habitude avait laissé beaucoup plus de mystères en suspens que de véritables réponses.
Mais bon, il n'était pas trop tard. Il espérait trouver un moyen au plus vite pour les sauver sans qu'il y ait trop de bagarre.
En fait il n'avait aucun plan d'action, tout simplement. Si ça avait été le cas, il se serait senti comme un ninja en mission.
« Jetez vos armes, on vous arrête pour avoir aider le gardien de la montagne à s'enfuir !
- … mais je suis peut être innocent ? Mouais… pas très convaincant tout ça pour le coup.
- Vous ! Un ninja errant sans maître n'est qu'un chemineau sans logis…
- Heu…, dit le « ninja », je ne suis pas un …
- Soit ! Nous t'arrêtons pour vagabondage.
- Et ben, au moins, ces gens savent ce qu'ils veulent. » Se dit Naruto. Mais il eut à ce moment là une idée de génie. Puisque ces gens veulent absolument le traiter en tant que ninja, ils allaient être servis…

Prenant son visage le plus ferme et le plus sérieux, Naruto laissa les deux hommes s'approcher pour le saisir. Naruto retourna leur prise contre eux même avant de les saisir au collet. Il commença à les étrangler doucement dans l'arrondi de ses bras.
« Arrêtes ! Tu es en état d'arrestation !
- Silence !
- Misérable ! Tu défies la police !
- Ah ! la ferme, imbéciles ! vous ne pouvez traiter pas des ninja comme de simples paysans ou des villageois. Capturer un ninja dans le cadre d'une rafle ? c'est absurde ! Vous n'avez pas le droit !
- Même si tu fus ninja autrefois, tu n'es aujourd'hui rien de plus qu'un vagabond sans logis puisque tu te refuses de porter ton bandeau. Arrêtez le ! »
L'exilé sourit intérieurement de la remarque : ces mecs allaient vraiment finir par l'énerver. Toutefois, cela faisait longtemps que personne n'avait cherché à le défier.
Naruto relâcha ses deux otages à bout de souffle sur les cotés pour stopper ses premiers opposants. Leurs mouvements étaient mal coordonnés par rapport à ceux qu'il avait combattu pendant la guerre. Ce n'était que pour la plupart que des bleus. Naruto se contenta juste de les repousser ou d'en assommer les plus hargneux le reste du temps.
Les ninja dans son dos choisirent ce moment pour le charger. Ils furent stoppés pareillement.

Arriva enfin le moment qu'il attendait depuis le début : les policiers lancèrent leurs crochets. Il les esquiva tous sauf un en particulier pour le laisser lui saisir l'avant bras. Naruto l'arracha des mains de son propriétaire puis retourna l'arme contre celui qui lui avait ordonné le silence tout à l'heure, peut être bien l'orfficier chargé de son arrestation. Le fouet s'enroula autours de son cou. Naruto n'eut plus qu'à le traîner jusqu'à lui.
Ses hommes stoppèrent l'attaque devant la prise d'otage avant même que leur chef ne leur en intime l'ordre. Naruto avait bien vu l'astuce.
« Bien… conduit moi au maire. Normalement si je me souviens bien, c'est lui qui ici est chargé du maintien de l'ordre public si je ne me trompe.
- hurn… pourquoi devrais… pourquoi devrais je faire ça ?
- je n'ai opposé aucune résistance. En tant que ninja traité comme un vulgaire chien, j'ai été contraint de me défendre.
Conduis moi à lui. Et vite !» grogna Naruto avec l'accent suffisamment menaçant pour le convaincre.
Devant la mine déconfis de ses propres troupes, hésitant entre attaquer et ne rien faire, il leur intima par un signe de la main de baisser leurs armes pour laisser rentrer Naruto dans la ville.
Un peu en retrait du pont, Gaï et Lee observaient la scène. Devant l'hésitation de Gaï pour intervenir, Lee parla.
« Naruto s'acharne on dirait…
- Mais combien de temps pourra t'il tenir ?
- Le commissaire des finances a mis en alerte de nombreuses garnisons. Il a même fait pression pour appeler des ninja de Konoha. Il est prêt à tout.
- Ce pauvre fou d'Uzumaki ne sait pas dans quoi il s'embarque…
- nous devons y aller senseï, notre défi attend.»
Gaï soupira. De toute façon il ne pourrait rien faire. Il n'avait pas le temps à se consacrer pour un condamné à mort.

Akamaru observa la scène attentivement dans les hautes herbes. Mais que faisait cet imbécile ?
De toute façon ils ne pourraient rien contre lui. Là-bas, il serait complètement encerclé, et il lui serait impossible de fuir.
Il se rendait à sa propre exécution.
C'est ainsi que Naruto réussit à se rendre à la mairie d'Ode, avec la meilleure garde du pays pour un seul homme.
Etait il suicidaire ?
Il sentit l'odeur de Saï qui à ce moment là lui fit signe de le suivre dans la ville. Après tout, ces humains étaient vraiment bizarres.

Toute la place publique s'écarta devant Naruto qui tenait encore sous son pouvoir le commissaire, précédé par ses ninjas.
Parmi les prisonniers, le groupe de Kakashi reconnurent sans trop de peine ce qui se passait. Il n'y avait qu'un seul imbécile au monde à pouvoir faire autant de bazar pour une arrestation. Tout le monde avait les yeux rivés sur lui, avec un profond ressentiment de colère et d'interrogations diverses.
Saï suspendit son interrogatoire devenu un peu plus musclé –histoire d'avoir de l'exercice- pour pouvoir observer la scène. Ce Yoshitaro avait vraiment une tête à claque. Il laissa son prisonnier observer la scène pour peut être lui donner des informations indirectement. Akamaru était resté en arrière et écoutait tout ce qui se passait dans le contre bas d'une ruelle.
Naruto ne se laissa pas déstabilisé pour si peu. Il avait été dans des situations bien plus désastreuses. Mais à partir de maintenant, tout se jouait et il faudrait jouer cartes sur table. Aux quatre coins de la place, Naruto ressentait quand même étonnement beaucoup d'ondes négatives à son encontre. -qui ne venaient pas seulement des gardes-. L'équipe de Kakashi devait être dans le coin.
Au moins il les avait presque retrouvés.

Le maire se tenait debout devant la porte d'entrée avec un air sombre et déterminé. En guise d'autorité, il avait un bâton qui l'aidait à rester debout à l'occasion.
« Comment oses défier la Loi ? Te rends tu compte de ce que tu fais ? Rend toi ou le châtiment sera la mort sans aucune autre forme de procès.
- Aucun ninja ne peut accepter l'exil !
- Tu revendiques les droits d'un ninja, repris le maire d'un air amusé. Un simple crève la fin comme toi ? Elle est bien bonne celle la. Mais puisque tu insistes, je vais t'expliquer pourquoi nous avons organisés cette rafle. »
Il marqua une pause puis reprit.
« Le commissaire des finances a lui-même ordonné l'application de cette rafle pour tous les bons a rien … y compris les ninja sans maître ou errants.

En des temps troublés, il est impératif que nous arrêtions toutes les personnes pouvant nuire à l'ordre public afin de préserver la paix. Akamaru n'y fait pas exception et il doit être puni.
Quelqu'un l'a aidé à s'échapper. Afin que ce cas de figure ne se reproduise à l'avenir, nous avons procédé à l'arrestation de toutes les personnes suspectes de l'aider par l'avenir.

Cela nous permet aussi de pallier le manque de main d'œuvre… d'une pierre deux coups. »

Naruto était intrigué et surpris par tant de dévouement à son travail : le maire avait réussi à remonter dans son estime. C'était donc juste qu'un pion dans cet immense échiquier, pas le véritable danger : il ne faisait que suivre les ordres. Il ne pouvait donc agir sur lui.
Le problème c'est que tout ce qu'il avait dit tenait debout.
Lors des rencontres inter villages cachés, il fut bien décidé d'une loi autorisant ce genre de chose afin de ramener l'ordre. Il ne pouvait argumenter contre le Ruban Rouge et dénoncer le complot dans ces conditions, puisque le maire était un homme intègre, appliquant à la lettre ce qu'on lui disait de faire. Juste un homme de paille en fait.
Naruto commença à se demander si il pourrait revoir tout au moins une fois Hinata ou si ils seraient ensemble dans les mines. Peut être qu'il arriverait à raisonner le maire pour laisser au moins les villageois et l'équipe de Kakashi…
Il ne fallait pas rêver non plus.

Le maire crut avoir gagné en voyant la détermination baisser dans les yeux de Naruto. Celui-ci n'écoutait déjà plus son argumentaire. Enorgueillit par sa quasi victoire, il commis une erreur ...
« Tu as beau avoir été un ninja inférieur assez connu, tu n'es plus qu'un Imposteur qui ne vaut pas mieux qu'un vagabond. »
Naruto fut de nouveau interpelé par cette phrase mais il réussit à le cacher. Cependant, il avait beaucoup de mal à contenir sa colère. Puis une idée germa… Naruto pouvait peut être gagner grâce à ça.
Oui. Finalement le « plan » allait peut être marcher, il ne suffisait plus qu'utiliser sa colère mais de manière intelligente pour une fois.
Saï sourit en voyant la petite étincelle dans l'œil de Naruto : le complot avait déjà échoué. Akamaru entendit les muscles des lèvres de l'ami de son maître se contracter l'espace d'un instant juste avant de reprendr :
« Je veux le nom du commissaire des finances et celui des responsable de garnisons appelés pour cette rafle.
- En quel honneur ?
- En tant que ninja en mission par le 7ème Hokage lui même, ce sont eux qui doivent en personne me congédier. Un magistrat ou representant du peuple ne peut agir à leur place. Sauf si vous me donniez leur nom. L'honneur et le protocole l'exigent.
- Très bien : Tajeshi Osenawa Iruka Nozumaru, Ryo Sentetsu et Pierrot le fou, tous les quatre capitaines des garnisons les plus proche de ma ville. Le commissaire des finances qui a ordonné l'arrestation est Kazuo Oirike.
- Bien, sourit Naruto, je ne vous connais pas et je n'ai jamais donné mon nom à personne ici…
Alors comment connaissez vous mon nom de code « Imposteur », connu uniquement au village caché de Konoha, lorsque j'étais encore en service ?»

Tout le monde fut surpris par cette révélation. Pourquoi un surnom aussi dégradant ?
Lorsqu'il prononça ces mot, Shinobu et Eiji furent surpris et ressentirent un sentiment de honte. Cet homme semblait avoir tellement souffert par le passé, et on continuait à le poursuivre comme si il n'était qu'un moins que rien. Ils se surprirent tous les deux à admirer son courage. Mais Shinobu ne s'y trompait pas : si il persistait dans la voie de la provocation, il mourrait.
Hinata pleurait à chaude larme, Kakashi était resté figé de colère. Ils avaient déglutit de travers lorsque il le dit, puis se sentirent très mal à l'aise. C'était vrai, tout ce qu'il avait dit était vrai : on l'avait surnommé « imposteur » à la suite d'une affaire ou l'on crut qu'il avait trahi le village.
Saï resta de marbre mais eu un léger sourire en voyant le visage sombre et fermé de son otage : Yoshitaro riait jaune. Si Naruto mourrait, il aurait de gros problèmes.
Naruto cachait difficilement sa joie : le prochain coup serait décisif. Il devrait jouer le tout pour le tout maintenant.

Le maire déglutit de travers. Il tenta tout de même de sauver les apparences. Après tout, cet imbécile avait réussit lui-même à se piéger en rentrant de lui-même dans la ville. Rien était encore jouer : il pouvait encore étouffer l'affaire en le tuant tout de suite.
Le maire d'Ode était dévoué à sa tache depuis maintenant plus de 5 ans dans cette ville paumée. Tous ces hommes étaient qu'à lui, rien qu'à lui et ne pouvaient que suivre ses ordres. Il ne suffisait que d'un signe pour ordonner son exécution. Ce gamin ne savait vraiment pas à qui il s'adressait.
Cet « Imposteur » restait quand même un danger à ne surtout pas négliger…
« Assez tergiversé ! Lâche mon officier et rends toi ! Vite.
- Hé, hé… j'ai enfin compris tout le plan… » dit Naruto en relâchant sa prise. Il avait remarqué un nombre important de paysans dans les prisonniers. Tout s'expliquait enfin.
Son regard changea encore : il était temps de redevenir un peu sérieux.
L'officier heureux d'être enfin dégagé, recula par terre et demanda à ses hommes de faire de même. Cet homme allait mourir : c'était certain.
Ses amis virent le changement s'opérer dans ses yeux. Hinata ressentit la peur s'infiltrer dans son cœur. Son chakra commençait à augmenter et elle n'était pas la seule à le ressentir.
Etait ce vraiment Naruto ?
Et es ce que l'accident de la guerre allait de nouveau se produire ?

A Konoha, quelqu'un qui portait la même apparence que Naruto ouvrit les yeux. Il avait bien plutôt bien dormi. C'était le réveil qui était assez bizarre.
Yoko rentra précipitement dans la chambre : elle l'avait aussi ressenti. Sa sœur était trempée de sueur.
« Déjà ? Mais que se passe t'il au Pays du riz ?
- … Rien. Mon frère ne fait que s'amuser.
- Quoi, il « ne fait que de s'amuser »? Mais que fait cet idiot ? tu te rends compte de la gravité de la situation ?
- Il n'y a pas à s'inquiéter, grande soeur. Si tu veux être rassurée, prend contact avec l'un de nos agents pour connaître la situation actuelle d'Ode. Dit lui de s'occuper en même temps des traîtres.
- Je… je ne comprend rien. C'est comme si il attirait tout le …
- Yoko, je te l'ai dis. Répéta Kyo. Il n'y a pas à s'inquiéter. Ce n'est pas pour maintenant. Je vais y aller moi-même et je l'empêcherai de nuire au cas ou.
- Si tu le dis…
- Je ne mourrai pas aujourd'hui. Sourit il. Maintenant va te préparer et concentre toi sur ta mission d'aujourd'hui. »
Lorsque sa sœur ressorti, Kyo était resté assis sur son lit. Il se tordait le ventre : la douleur était insupportable. Ce n'était vraiment pas prévu au programme.
Après tout il n'avait pas grand-chose à faire pour ce matin, autant aller y voir soi même ce qui se passe. A vrai dire, le second du Ruban Rouge crevait d'envie d'y aller depuis sa conversation d'hier soir dans la forêt.
Il prit sur la table de nuit un gant rouge et en l'instant d'un battement de cil, disparut de la chambre pour laisser place à un lapin blanc.
Apparut en sommet d'une colline, Kyo se rendit compte qu'il était encore trop loin d'Ode. Comment aller se débrouiller son frère aujourd'hui ? Depuis le temps qu'il ne s'était pas battu. Avec un peu de chance et en courrant un peu, il se mit en route pour Ode… le sourire aux lèvres.

Naruto se mordit le doigt avant de former une petite série de signes à très grande vitesse. Il dessina dans l'espace avec l'emprunte de sang de son index le symbole du « wu » (néant). L'ex genin termina enfin sa technique en frappant de la paume de sa main gauche, le symbole resté en suspension dans l'air :
« Kyoshise No Jutsu !

A moi, Tsuetattoi Kawazu no jutsu ! (Technique du bâton sacré de la grenouille) »
Une explosion gigantesque résonna dans toute la ville. Akamaru ressentit la présence de la créature avant même que le nuage de fumé soit dispersé. Une grenouille en armure rouge de la taille d'un homme était apparue à coté de Naruto. La foule fut effrayée par ce spectacle.
Naruto tendit le bras en avant pour obtenir l'arme invoquée, présentée respectueusement dans la langue du batracien. Le bâton en bois avait une apparence de couleur rouge et ressemblait vraiment de loin à une arme ordinaire.
La grenouille ayant remplit son office disparut.

« Tu nous tiens tête jusqu'au bout ? Alors pas de quartier » Dit le maire en levant la main gauche. C'était le signal convenu : lorsqu'il l'abaisserait, la vie de Naruto prendrait fin. Il était temps de mettre un terme à ce cirque.
Des ninja sortirent de toute part, cette fois ci armés jusqu'aux dents. Tout le monde remarqua leur bandeau aux armes de Konoha. Certains portaient des arcs, d'autres des lances. Beaucoup étaient en train de formuler les techniques. Hinata et Shinobu se couvrirent les yeux : elles ne voulaient pas voir le massacre.
Saï fut surpris par un tel nombre de ninja en provenance du pays du feu. Il n'arriverait jamais à repousser un tel nombre d'assaillant. C'était impossible !
Le groupe de Kakashi déglutit mal : si Naruto n'arrêtait pas ses conneries, il mourrait.

Naruto rigola de bon cœur au nez et à la barbe du peloton d'exécution. Le maire fut intrigué par son attitude. Une sorte de démence ?
« Ha, ha ! Dans sa hâte de m'éliminer, le Ruban Rouge perd le sens de l'honneur on dirait !
Tel les pires des imbéciles, vous vous servez abusivement du pouvoir de l'OS 5 pour faire votre sale boulot ! Et les magistrats et commissaires qui vous suivent sont tout aussi stupides !
- Quoi ? Comment oses tu ?
Naruto hurla toute sa colère :
«Silence ! Vous m'avez offert l'endroit idéal pour mourir ! »

Cette déclaration glaça le sang de tout le monde, Hinata la première. Sa mine était encore devenue plus pâle qu'à l'habitude. Kakashi était resté bouche bée.
Il allait vraiment mourir ?
Akamaru fut moins surpris, trop préoccupé à ressentir une forte concentration de chakra qui se déplaçait dans leur direction. A en juger par son odeur, cette chose devait avoir un lien très profond l'unissant avec Naruto…
Le chien ne savait pas comment se l'expliquer mais cette odeur lui était familière. Il serait très vite fixé sur l'identité du nouveau venu.
Bien qu'il n'appréciait guère l'humain, après réflexion, le chien décida d'aller prévenir Saï du problème. Ce serait un jeu d'enfant pour lui de tromper les ninja d'Iwa.
Et puis depuis le temps qu'il leur faisait le coup…

Le maire de la ville rongeait son frein : Uzumaki ne voulait vraiment pas se rendre et la situation devenait orageuse. La foule de prisonniers devenait difficilement contrôlable.
« Vous avez bien entendu. Repris Naruto de sa voix la plus forte histoire d'en rajouter une couche. Je tuerai jusqu'à ce que ma lame ait bue suffisamment de sang pour rester noir !
J'érigerai une montagne de cadavres ! »
Il marqua une pause.
« Imaginez les rumeurs… « Uzumaki Naruto dit «l'Imposteur », le célèbre ermite de Konoha, a été arrêté pendant une rafle puis, retrouvé à l'agonie au milieu d'un monceau de cadavres ! »
Il marqua une nouvelle pause, laissant le temps au maire d'imaginer la suite de l'histoire. Celui ci déglutit. Naruto ajouta :
« Quand votre ville ne sera plus qu'un charnier, des inspecteurs officiels de l'Organisation Secrète des 5 viendront enquêter.
Et ils deviendront très sérieux quand ils découvriront les cadavres des ninja de Konoha.
Ils sauront tôt ou tard que l'organisation qui se fait appelée Ruban Rouge, s'est servi abusivement de son pouvoir pour monter un plan de politique agricole illégale puis de m'exiler dans un second temps.
Et que vous, maire de la ville d'Ode ainsi que le commissaire des finances, vous êtes complices de tous ces méfaits !

Vous vous targuez de sagesse en arrêtant les ninja en cavale au cours de vos rafles ! Mais savez vous seulement combien de ninja sans village protecteur errent dans vos pays depuis la fin de la guerre ?
Des dizaines de milliers !

Savez vous un peu maintenant le nombre que vous devez rajouter depuis que l'OS 5 a « rallié » à sa cause la plupart des pays limitrophes ?
Les hommes prêts à se révolter contre l'OS 5 sont légion. Nombreux d'entre eux ont d'ailleurs fondés un nouveau village caché que beaucoup appellent maintenant « le village des bannis. »
Le maire ferma les yeux, signe qu'il connaissait ce village. Il ne fut pas le seul.
« Quand ce fameux village apprendra la nouvelle de ma mort, sa population prendra peur en pensant que l'OS 5 a décidé d'en finir avec eux. Ils en déduiront qu'ils sont les prochains sur la liste, et ils prendront les armes !
Si ce village caché se sent contraint par la menace de s'unir avec les autres opposants au pouvoir, le pays du riz déjà très affaibli devra leur faire face en plus d'avoir une insurrection sur les bras. En d'autre terme, un chemin à emprunter pour courir à la ruine.

Pas étonnant que le problème de ces « ninja errants » comme vous les appelez tracasse tant les conseillers de Konoha. Si ce scénario se produisait, le pays du feu serait le prochain à brûler puisque le siège de l'OS 5 y tient une conférence très importante dans quelques jours.
Ils en sont si inquiets qu'ils n'en dorment plus de la nuit !
En plus de ça, le commissaire des finances du han de Diaro se met à souffler sur les braises pour allumer un gigantesque brasier tout ça dans le seul but de m'envoyer en exil et de se débarrasser des gens qu'Akamaru protège ?

Mettez les tous au pied du mur avec votre stratégie stupide et je vous laisse imaginer ce qui se passera…
Aucun ninja errant n'acceptera de travailler dans vos mines en tant qu'esclave !

Ils se battront tous, à mort ! »
Ces mots pétrifièrent son auditoire. Il venait d'annoncer l'aube d'une nouvelle guerre !
Hinata se dégagea de ses liens sans trop de difficulté de ses liens pour libérer Kakashi. Il fallait maintenant agir maintenant pour sauver son mari.
En se déplaçant dans la foule agitée, Kakashi fut le premier à observer le changement qui s'opérait autour de Naruto : son corps commençait à s'entourer d'une sorte d'aura bleutée qui disparaissait puis réapparaissait quelques secondes plus tard. Il ne ressentait pas l'aura maléfique de Kyuubi.
Cela lui laissait bizarrement l'impression d'une lampe qui clignotait juste avant de s'éteindre à jamais.

De l'autre coté de la foule, Shinobu ne savait plus quoi faire depuis que le blondinet avait annoncé les enjeux de cette affaire. Elle n'ignorait pas l'existence de ce fameux village. Cet imbécile voulait mettre le feu aux poudres. L'ambassadrice cherchait un moyen pour s'échapper en profitant de l'agitation grandissante de la foule.
Mais elle était toujours bridée par la présence d'Eiji. Malgré elle, Shinobu du en convenir que cette histoire la dépassait.
Eiji ne savait plus quoi penser de Naruto. D'un coté, il le détestait mais de l'autre, l'enfant de Kiba avait très peur pour lui. Quelle triste fin tout de même. Il aurait aimé le tuer de ses propres mains.
Il fut tiré de ses sombres pensées en voyant passer une ombre à quatre pattes familière de toits en toits.

Comment se faisait il que le chien de son père n'avait pas quitté la ville ?
Akamaru disparut après avoir donner l'information : Saï à la nouvelle laissa perler une goutte de sueur à son front... Que faisait il ici ?
Si il trouvait Yoshitaro en sa possession, le ninja ne donnait pas cher de sa peau. Saï rangea à sa ceinture le dessin ou était retenu son prisonnier. L'agitation et la tension du « publique » devenaient de plus en plus difficiles à contrôler. Tant pis : il fallait se cacher. Son idée d'aider Naruto à s'enfuir était devenue trop risquée.
Lui aussi avait des gens à protéger, et seul l'homme qui était en sa possession pouvait renverser le cours des choses. Un sourire se dessina sur ses lèvres : il avait quand même un peu trop changé à son goût.

Après avoir repoussé une première missive de ninja, Hinata et Kakashi continuaient à avancer plutôt régulièrement parmi les rangs d'ennemis. Le copy ninja avait relevé son bandeau pour pouvoir utiliser le sharingan au cas où. Ce n'était pour la plupart que des bleus envoyés, sans doute qu'Iwa mobilisait ses véritables éléments à des missions plus importantes que chiens de gardes. Ou peut être un piège…
En dehors de ce léger mauvais pressentiment, la plupart du temps, Kakashi et son amie « traitaient rapidement la demande pour passer à la suivante ».
Une silhouette verte apparut devant eux pour leur barrer le passage.
« Stop !
- Lee, qu'est ce que tu fais ici ? dit Hinata.
- Que viens tu faire ici? Demanda a son tour Kakashi assez méfiant
- Je n'ai pas le temps pour les questions. Laissez le agir : tout va bien se passer.
- Quoi ? Tu n'y penses quand même pas !
- Calme toi Hinata chan…
- Non je ne me calmerai pas ! Tu l'as entendu comme nous, il est prêt à mourir !
- Lee, intervint Kakashi, laisse nous passer. Si tu veux nous aider, fait le maintenant ou nous serons obliger de te considérer comme un obstacle.
- Ne vous inquiétez pas. Sourit Lee après un instant. Ayez confiance en lui. J'ai compris son plan. Tout va s'arranger.
- Mais ? reprit Hinata, vraiment folle d'entendre son raisonnement.
- Laissez le accomplir son devoir. Il ne fait juste qu'appliquer à la lettre le Kanjo.»
Bizarrement, le ton froid de cette dernière phrase calma les deux autres protagonistes pendant un petit instant.
Hinata ne dit rien sur le moment, trop occupée à sécher de nouveau ses larmes. Lee avait raison : ils arriveraient en retard pour le sauver. Ces ninja étaient sans expérience véritable du combat mais beaucoup trop nombreux. Jamais ils n'arriveraient à temps pour le sauver.

Satisfait de la réponse muette des deux proches de Naruto, Lee disparut dans une nappe fumée pour rattraper son retard sur son maître. Lee lui avait faussé compagnie en prétextant avoir oublié quelque chose d'important dans leur planque de cette nuit.
Il le rattraperait très vite.
Cela suffirait pour le moment, de toute façon Kyo n'allait pas tarder à arriver. Naruto ne savait pas à quoi il s'exposer en provoquant ainsi sa colère.
Kakashi espérait vraiment que ce que Lee avait avancé n'était pas une ruse. Au quel cas, il le tuerai.
Son bandeau de nouveau rabattu, le chef de la mission et Hinata se laissèrent capturer sans opposer de résistance, à la grande surprise et satisfaction de l'ennemi.

Du toit d'une maison un peu en retrait, Kyo observait, accroupi, ce formidable canevas d'émotions et inquiétudes. Lee avait fait un travail formidable avec Kakashi et Hinata. Il observa du coin de l'œil le petit manège d'Akamaru et du ninja de Konoha. Kyo nota que ce dernier portait un dessin avec une tête qu'il connaissait même un peu trop bien.
Vivement que nous soyons tous réunis songea Kyo. Mais pour le moment, il se contenterait d'admirer son frère à l'œuvre.
Ce qu'il allait réaliser aujourd'hui resterait gravé dans l'histoire de cette ville, peut être même dans celle du pays. Que les générations suivantes l'eussent racontée comme un exploit ou une tragédie, ce Han se souviendrait de lui comme un exemple à suivre.
Cette arme était vraiment fabuleuse. La douleur dans sa poitrine en était un signe avant coureur
Il nota aussi la présence de Shinobu et du fils de Kiba. Le second du Ruban Rouge admira son visage… après avoir longuement hésité entre l'enlever maintenant lui-même ou pas, il renonça à cette idée. Cela serait un peu de mauvais goût vis-à-vis de Gaï et Lee.
Quel beau visage tout de même. Vivement qu'ils fassent connaissance.

La tension dans toute la ville était réellement devenue insupportable. Partout des groupes isolés de prisonniers se révoltaient contre leurs geôliers, carrément dépassés par les événements.
Le corps de Naruto continuait à luire de plus de plus.
Kakashi retenait de nouveau Hinata, qui voulait y retourner. Elle le savait qu'il allait faire une connerie. Elle pleurait. Elle ne voulait pas le perdre ! Jamais !
« Naruto ! Ne me laisse pas !» hurla t'elle entre deux sanglots
L'interpellé regarda derrière lui en direction de la voix où elle provenait ? Hinata ? Kyo serra les dents : il ne fallait surtout pas le déconcentrer.
Naruto ne pu que distinguer le visage et les yeux de sa femme.
Elle est vraiment très belle ce matin. Songea t'il
Il savait maintenant qu'il pouvait partir le cœur léger si le sort en décidait que cela se termine mal...
« Je t'en prie ! Rends toi Naruto. Reste avec moi ! » Exigea t'elle d'un ton où se mêlait dans les sanglots la douleur.
Naruto lui sourit, puis lui tourna de nouveau le dos. Peut être était-ce un adieu muet…
En voyant Naruto décontenancé un instant, le maire chercha un moyen pour reprendre la situation en main. Ce ninja errant était vraiment imprévisible. Qui aurait cru que malgré la situation à son désavantage il ne se rendrait pas ?
Il décida de jouer son dernier atout. Tant pis : une menace est une menace. En exil, il aurait de toute façon trouvé un moyen pour poser problème.
« Tu parles beaucoup mais peux tu seulement ériger ta montagne de cadavre ? Voyons ce que vaux ton arme contre des centaines de ninja prêts à te tuer à mon signal.
- Encore et encore la même erreur… soupira intérieurement Naruto.
- Haha ! Quel spectacle en perspective ! »
Lorsqu'elle vit de nouveau son dos, Hinata voulu de nouveau crier mais un Kakashi l'empêcha d'ouvrir la bouche.
La foule entière respecta sa douleur en stoppant toute agitation, sans doute sans s'en rendre vraiment compte. Il était trop tard, et elle donnait l'impression vue de loin, d'être résignée par avance des événements qui allaient se produire désastreux dans les deux cas.
« C'est déjà trop tard, Hinata, beaucoup trop tard… » Pensa Kyo.

Naruto laissa une goutte de sueur tomber au sol. Il n'avait plus le choix maintenant.
L'ancien ninja tapa du sol de son bâton pour libérer une lame incurvée du sommet de l'arme.
Saï reconnut cette technique : était ce du bluff ou allait il réellement l'utiliser ici ?
Naruto n'avait pas le temps de s'enorgueillir de l'effet qu'il laissait à son public à la vue de sa nouvelle arme. La douleur montait crescendo à mesure qu'il s'approchait du moment de lancer l'assaut.
Hinata usa de son byakugan pour tenter de comprendre ce phénomène : c'était des nappes entières de chakra que Naruto se faisaient drainer par son arme. Et pas qu'une petite quantité à première vue ! Kyo savait aussi ce qu'il préparait. Un peu déçu par son choix, il allait pouvoir passer à l'action contre Saï. Ca l'occuperait un peu et ça serait déjà ça de fait.
Kakashi ainsi que la plupart des autres protagonistes n'y comprenait absolument rien : qu'es ce que Naruto préparait comme technique ?
Remis de sa surprise, le maire ne se laissa pas déstabiliser par quelques effets pyrotechniques. Il était temps d'en finir.
« Soit ! Je t'aurais prévenu, tuez le ! ».
Avant que son ordre ne soit exécuté, Naruto se mit en garde puis fit tournoyer son arme au dessus de sa tête avant de frapper une nouvelle fois le sol cette fois ci mais cette fois du coté de la lame nue.
« Rasengan !»

Les vitres se brisaient, le bois se fendait et le sol tremblait sous la pression du frottement du chakra de Naruto entre le sol et l'air. Brusquement un vent violent et froid se leva à travers la cité, forçant la quasi-totalité de ses habitants à se baisser pour ne pas être emporter.
La technique enveloppait maintenant la totalité du corps de Naruto. Le rayon d'action du rasengan le forçait à pénétrer toujours plus dans le sol en gagnant toujours plus en volume. Aucune arme ne pouvait maintenant l'atteindre : c'était comme un système de défense et d'attaque à la fois qu'il avait emprunté à Gaara -et Neji par la même occasion-.
L'ancien genin subissait déjà ses effets secondaires. Il avait envoyé dans l'arme trop de chakra et son corps ne résisterait pas longtemps à ce rythme.
Naruto stoppa net son attaque, ce qui dispersa tout à coup dans un vacarme assourdissant toute l'énergie qui était contenu dans la technique. Chose incroyable personne ne fut toucher par les éclats.
Kyo remarqua cette décision et compris pourquoi. Le rayon d'action de sa technique était maintenant largement suffisant pour sa petite démonstration. Son but était de bluffer le maire afin qu'il relâche les prisonniers … pas de détruire la ville ni de blesser quelqu'un. Il souffla un bon coup en mettant sa main sur son ventre : la douleur allait enfin cesser.
Sans se reposer sur ses lauriers, il profita de la fumée pour aller s'occuper de Saï, qui avait complètement baissé sa garde. Il était resté trop sur ses gardes. Le ninja brun ne sentit qu'à peine le tranchant de la main sur ses cervicales.
Akamaru préféra ne pas intervenir : il avait quelque chose d'autre à faire autre que d'assurer les gardes de quelqu'un d'autre.

Lorsque le nuage de fumé se dissipa, Naruto se tenait debout en s'appuyant sur son naginata tout en s'efforçant de cacher au maximum sa fatigue.
Un rayon de soleil mit en évidence les dégâts qui en disaient suffisamment long sur ce qui s'était passé : un trou dans le centre même d'Ode d'environ 5 m de profondeur. Avec un rayon de 7 m, il serait difficile à reboucher.
De l'eau commençait à s'y déverser. Le rasengan avait sectionné des canalisations d'eau. Naruto avait eu largement le temps néanmoins de remonter tranquillement le trou avant d'être noyé sous les flots.
A la vue des capacités effrayante de Naruto, le maire en était tombé à la renverse sur les escaliers de son lieu de travail. Sa ville, sa si précieuse ville avait été saccagée en a peine 10 minutes par un seul homme. Il se sentait impuissant. Pourtant personne n'avait été touché, chose surprenante.
Avec un peu de chance, personne n'oserait l'attaquer après la démonstration de sa puissance. Dans l'immédiat, son agilité était devenue limitée pour un petit moment.
A première vue, sa petite ruse avait parfaitement fonctionné, les ninja et le maire n'opposerait plus aucune résistance.

Naruto reprit de la voix la plus puissante qu'il pu :
« Mon arme peut à tout moment broyer vos chairs et vos os pour me fournir ma montagne de cadavres.
Qu'en dites vous, monsieur le maire, êtes vous prêt à tenter l'expérience ? »
Le maire ne répondit rien, resté bouche bée devant cet immense trou, véritable trace de son exploit dans l'avenir.
Il avait réellement perdu.-
« Une rafle générale pour saisir un seul homme ?
Quel imbécile vous faites. Relisez le code ninja et le Kanjo…
Cette entreprise était aussi insensée que de prendre dans ses bras un tigre dans ses bras pour traverser une rivière en pleine crue.

Telle est la leçon du Kanjo : aujourd'hui Kage, demain simple vagabond. Croyez vous vraiment que rien n'est immuable ?
Dans l'avenir repentez vous de votre conduite stupide en commençant par libérer tous les prisonniers en guise de pénitence.»
Le maire ne répondit rien, honteux de sa propre conduite. Le sentiment d'impuissance qui l'envahit fut très profond. Il aurait du mal à s'en remettre.
La foule était plongée dans un silence à la fois mêlé de stupéfaction et de soulagement, encore effarée par le dénouement de cette affaire. Personne n'avait était blessé ou même tué. Le maire fit signe à ses hommes de s'activer pour les libérer.
Shinobu sourit : ils étaient libre. Déjà les geôliers avant même qu'on leur en intime l'ordre les avaient relâchés.
Hinata fut la première à applaudir l'exploit de Naruto bientôt suivi par la foule entière. Un dénouement heureux à toute cette affaire.

Jiraya, son second maître lui avait d'abord appris à invoquer l'arme puis le Dernier, comment s'en servir ainsi que les techniques avancées du combat à la lance. Il n'avait montré aujourd'hui qu'une infime partie des possibilités de cette arme. Cela faisait maintenant un certain moment que Kyo n'avait pas admiré ce formidable instrument de contrôle du chakra, l'arme idéale en tout points de vue pour un ninja au chakra quasi illimité comme Naruto…
Depuis sa création, rares étaient ceux qui avaient réussi à la maîtriser.
Parfait équilibre entre la défense et l'attaque, c'était une arme à la fois redoutable et quasi impossible à manier pour des humains normaux.
« Le naginata de la grenouille ». Ainsi l'avait rebaptisé Naruto.
Son frère s'était acquitté d'un lourd tribu pour obtenir le droit d'ainsi la nommer. En d'autre terme, cette arme était devenu la défense ultime de Naruto.
Le second du Ruban Rouge doutait même que Naruto connaissait la totalité des secrets de cette arme.
Cependant en échange de son apprentissage, le Dernier lui fit promettre deux choses dont une assez particulière. Il lui avait fait promettre que partout où il serait obligé de combattre, Naruto serait tenu écrire en lettres de sang le testament de l'Akatsuki. Ce fascinant maître d'armes jusqu'à son dernier jour avait mené ses troupes à l'assaut contre la Station. Kyo en gardait un douloureux souvenir aussi. Il gratta son ventre.
Naruto avait encore un peu manqué à sa promesse aujourd'hui. Une nouvelle fois… –un trou ça se rebouche -. Mais il serait idiot de lui en vouloir. A moins d'être complètement stupide et de vouloir à tout prix déclencher une nouvelle guerre.
Kyo admira sa sage décision d'utiliser cette arme même si ce n'était que pour faire une démonstration de ses pouvoirs. Ce ne fut pas un véritable combat après tout même si la Station avait encore tremblée sur ses fondations aujourd'hui.
Toutefois, malgré tout le respect qu'il portait à son frère, ce n'était pas un visage joyeux qui se dessinait sur le visage de Kyo. Le Ruban Rouge devait laver cet affront : ils n'avaient pas été battu directement certes, mais son frère avait deviné qu'ils se cachaient derrière et les avait dénoncé publiquement. C'était une question d'honneur.
Un sourire se dessina lentement. Il savait comment faire.

Eiji n'était pas partit à la rencontre de Naruto, hésitant complètement sur quelle conduite suivre. Il ressentait à la fois un sentiment profond de haine qui se mêlait à l'incrédulité la plus totale face à cet homme. Comment pouvait il être aussi fort ? Eiji se sentait infiniment petit face à lui. Il serait les poings de colère.
Soudain il sentit la présence d'Akamaru derrière lui. La foule s'était écartée à son passage.
La première idée du gardien de la montagne avait été d'aller rejoindre Naruto. Mais bizarrement, il se sentit attiré par le fils de son maître.
Ils échangèrent tous les deux le même regard. Après une vague hésitation, Eiji se suspendit à son cou. Akamaru ne su pas comment réagir. Le long moment d'analyse de la situation passé, le chien fit monter Eiji sur son dos avant que les ninja d'Iwa se soient suffisamment approcher pour l'attraper. Par moment ces humains étaient vraiment stupides.
Heureux malgré tout d'avoir le fils de son maître sur son dos, ils repartaient ensemble dans la montagne. Le chien aurait beaucoup à lui raconter. Ce petit homme lui rappelait vraiment Kiba petit.

Naruto s'était retourné pour voir la foule l'applaudir. Cela lui rappela de bons souvenirs comme sa victoire contre Neji lors de l'examen chuunin. Les gens le reconnaissaient si rarement.
Il était vraiment fatigué : il n'avait jamais pu maîtriser toute la force de l'arme.
Ses jambes vacillaient de plus en plus mais une main le retint pour la forme dans sa chute. Cela aurait était dommage qu'il perde de sa superbe comme ça.
« Hinata… murmura t'il en voyant son visage…
- Oui… oui, approuva t'elle les yeux dans les yeux, c'est moi, tout va bien maintenant, tu ne risques plus rien.
- Content de te l'entendre dire ».
Il soupira : Hinata l'avait carrément laissé tombé pour retrouver son mari.
Kakashi et Shinobu arrivèrent au même moment depuis deux directions différentes. Le chef d'équipe fut soulagé de le voir ainsi que Shinobu en bonne forme. Il était juste victime d'une fatigue passagère et était très heureux du dénouement de cette affaire.
Il se demanda alors ou était passé Eiji. Shinobu lui dit discrètement qu'elle l'avait vue repartir dans la montagne avec le chien. Kakashi eut un râle dans la gorge assez amer : la mission était toujours d'actualité.
« Kakashi senseï, Shinobu ? Vous êtes tous les deux là ? » Dit Naruto. Il venait de se rendre compte qu'il n'était pas tout seul au monde avec sa fiancé.
Kakashi soupira : il était redevenu idiot…
« Calme toi crétin, t'en a déjà assez fait pour aujourd'hui. N'ouvre plus la bouche sinon je m'occupe moi-même de ton cas.
- Je pense que nous devrions quitter la ville assez vite, rappela Shinobu après un raclement de gorge. Je ne pense pas que nous soyons encore les bienvenus.
- Pas si vite ! » Cria une voix un peu en retrait.
Naruto le reconnut tout de suite sans problème: l'individu qui l'avait interpellé se tenait à coté du maire. Sa voix lui était devenue si familière. Mais il ne connaissait pas son visage. Il portait comme toujours un voilage noir pour ne laisser transparaître que ses yeux et un gant rouge à la main droite.
A ses pieds gisait Saï, apparemment gravement sonné. Quatre ninja d'Iwa se tenaient derrière lui.
« Hum… tu t'es enfin décidé à apparaître… Kyo.» déglutit Naruto.
Que voulait il ?
Interloquée, la foule de nouveau silencieuse se demanda ce qu'il allait de nouveau se produire.

Trois des hommes s'avancèrent. Celui au milieu prit la parole en premier.
« Je suis Tajeshi Osenawa
- Iruka Nozumaru
- Ryo Sentetsu
- Tu vas devoir payer pour cet affront, Uzumaki Naruto. Dit Kyo les bras croisés avec un accent mêlé de fausse embarras. Bats toi encore une fois s'il te plait contre ces trois hommes.
- Assez touchant, tu étais venu assister à mon exil ?
- Pas tout à fait, je n'étais absolument pas au courant de ce que préparaient mes hommes.
- Difficile à croire » S'exprimé Hinata. Elle avait compris au premier coup d'œil que lui et son mari avaient un lourd contentieux. Kakashi qui commençait à cerner un peu mieux l'attitude bizarre de Lee : il avait enfin retrouvé ce que c'était ce fameux Ruban Rouge. Ce Kyo en portait un lui aussi, il était facile de deviner le possible lien entre les deux hommes.
Par contre, il fut déçu par l'attitude de son élève dans un premier temps. Cet idiot était retombé dans son calme décidément pas naturel. Kakashi rêvait même qu'il allait lui sauter au cou…

« Je te crois. Soufla Naruto comme si la situation était la plus naturelle au monde.
- Merci. Comme je viens de te le dire, je ne peux pas te laisser partir. En te défendant de nos accusations, tu as été obligé de mentionner le nom de notre organisation.
Afin de laver le nom du Ruban Rouge de tout soupçon, ces trois hommes vont devoir se battre contre toi afin de faire taire les rumeurs. »
En dépit d'une certaine irritation dû à son attitude qu'elle jugeait un peu trop cavalière, Hinata ne parvenait à ressentir une quelconque haine contre ce "Kyo".
Elle aimait beaucoup son style bizarrement.
Shinobu observait aussi ce nouveau venu : il lui était familier. Sa posture, sa démarche, elle était sûre que c'était un ressortissant du pays de la foudre. Son coeur semblait se dérober en imaginant que c'était son fils derrière le voile.
Peut être qu'elle rêvait un peu trop. Kyo la regarda un tout petit instant avant de se reconcentrer sur les « négociations ».
Naruto cracha par terre – à la grande satisfaction de Kakashi de voir le naturel revenir doucement au galop.-
« Tu rigoles j'espère ? Des hommes du Ruban Rouge qui enfreignent leur promesse ?
Vous deviez me laisser tranquille à partir du moment que…
- Nous ne te combattrons pas en tant que membres du Ruban Rouge. Coupa Tajeshi. Nous te provoquons en duel, comme n'importe quel ninja.
- Afin de solliciter un duel, il faut une raison. Si vous ne vous battez pas en tant que membre du Ruban rouge, vous n'en avez aucune.
- Maudit soit tu Uzumaki ! Bat toi espèce de pleutre ! » Intervint Ryo, sans doute le plus jeune.

Hinata sentait l'embarras de son mari. Ce n'était pas tant le problème de risquer sa vie, mais il devrait les tuer tous les trois. Le duel à mort prenait tout son sens dans ce but.
Naruto ferma les yeux et réfléchit encore une fois. Kakashi interpréta aussi à sa manière la raison de son refus. Naruto avait bien grandi. Malgré la situation, cela lui faisait chaud au coeur de revoir dans ses yeux cette petite flamme se rallumer à la vue d'un nouveau défi.
Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu cette petite flamme, prélude à une bourde. Malgré tout, il n'arrivait pas bien à saisir les relations qu'entretenait cette fameuse organisation Ruban Rouge avec Naruto.
C'était quoi cette histoire de promesse de non agression ? Naruto aurait à en répondre très vite.
« Je refuse, dit une nouvelle fois Naruto avec le plus grand sérieux.
- Quoi ? Dirent en même temps les trois hommes.
- En tant que ninja d'Iwa, vous ne pouvez lancer un défi car vos enseignements militaires vous l'interdisent. Toutes vos stratégies au combat repose sur le combat en groupe. Un ninja d'Iwa n'agit jamais seul car il irait contre les règles établies par son pays.
Ce n'est pas pour rien que l'on vous a surnommé les invincibles.

En faisant court, vous devez vous battre à plusieurs en tant que ninja d'Iwa ce qui n'est pas réglementaire à un duel.
Si vous vous battiez en tant que Ruban Rouge, je pourrai vous affronter dans un combat honorable, et avec un véritable prétexte.
Voilà pourquoi je ne puis accepter votre défi en tant que ninja d'Iwa.»

Kakashi et son équipe reculèrent à une distance suffisante pour ne pas gêner le duel qui allait être livré d'une manière ou d'une autre.
Tous furent surpris par une telle déduction venant de sa part. Hinata eut de nouveau peur : ces trois hommes étaient les capitaines des garnisons appelées pour gérer la crise. 3 jounin : La différence de niveau s'en ressentirait avec ceux qu'ils avaient eux même combattu depuis le début de la journée.-
Il fallait qu'il arrête de les provoquer. Ces hommes étaient réellement forts.
Kakashi fut surpris par un tel changement dans le comportement dans son ancien élève. Le Naruto qu'il connaissait en était tout à fait incapable. Il avait l'impression que ces hommes qui allaient l'affronter et lui-même n'étaient que des pantins. Au fond, on aurait dit qu' il ne faisait que jouer à une pièce de théâtre avec ce fameux "Kyo", avec tout un lot de règles à ne pas enfreindre, des gestes à faire ou ne pas faire.
Qu'y avait il de si important entre une organisation secrète et lui pour qu'ils s'embarrassent de tant de bonnes manières ?
Kakashi haïssait cette impression d'être manipulé.
Naruto continuait à jouer son rôle en tant que parfait comédien malgré le regard inquisiteur de son senseï.
« ...Ou est il embarrassant pour vous de vous battre devant tant de témoins ? C'est vrai que les ninja d'Iwa sont plus fort pour poignarder leurs adversaires dans le dos.
- Salaud !
- L'usage exige que les duels se passent un par un. Vouloir m'affronter ensemble est typique de ces foussards du Ruban Rouge.
A vous de choisir. » Finit il en regardant droit dans les yeux Kyo.
Kyo aurait affiché un sourire de façade si il avait pu lui montrer son visage. Mais le second se contenta juste de leur montrer qu'il serrait discrètement le poing.
Son frère les avait emmené doucement là ou il voulait pour retourner la situation en son avantage de nouveau.
Il avait vraiment gagné en ruse et en sagesse ces quatre dernières années. Lorsqu'ils devraient de nouveau s'affronter dans quelques jours, Kyo redoutait déjà l'issu du combat.

Ryo après un juron attaqua le premier. Naruto se mit en garde, prêt à tout.
Le jounin sauta dans les airs avant de lancer une grande quantité de shuriken. Naruto dévia avec sa lance les projectiles avant de sauter lui aussi pour se rapprocher de son adversaire. Il tenait le bâton à deux mains pour atteindre la gorge de Ryo. Après avoir recraché du sang dans les yeux du vainqueur, il retomba avec un sourire lourdement sur le sol. Il ne l'entendit jamais arriver, endormit par le chant de l'air qui sifflait à ses oreilles.
Lorsque à son tour Naruto reposa le pied par terre, Nozumaru et Tajeshi s'avencèrent en même temps. Nozumaru frappa du pied le sol, pour signaler sa position à Naruto en tant que prochain adversaire. Il était armé d'un katana.
L'exilé changea sa garde en plaçant la lame le plus loin devant lui, afin qu'elle puisse lui indiquer les mouvements de l'ennemi.
Nozumaru « fit » un mouvement imprudent en attaquant. Il bloqua la lance qui contre attaqua de suite en s'heurtant contre la lame du katana à quelques centimètres de son coeur. Naruto serra les dents pour tenter de briser sa défense. Nozumaru avait placé ses mains aux deux extrémités du sabre, lui-même tenu à la verticale.
Au bout d'un certain moment, alors que les deux lames frottaient l'une contre l'autre, Nozumaru eut un sourire étrange. Il lâcha son arme, déséquilibrant Naruto vers l'avant. L'exilé fit la grimace en comprenant que trop tard le piège. La lame plongea droit dans la poitrine du ninja. Le jounin bloqua alors à deux mains l'arme pour empêcher Naruto de s'en servir pendant que le sol se colorait doucement à la couleur de son propre sang. C'était son cadeau d'adieu à ce monde.
Maintenant que Naruto était désarmé et aveugle, Tajeshi saisi son Kunaï puis se glissa discrètement dans le dos pour achever le travail. Ayant senti un appel d'air suspect, Naruto lâcha sa lance pour pouvoir faire face à l'ennemi. L'ancien genin s'accroupit pour esquiver l'attaque qui visait sa carotide. Il saisi au même moment un autre kunaï resté négligemment sur la ceinture de son adversaire. L'ancien genin de Konoha n'eu plus qu'à déchiqueter de gauche à droite l'abdomen de Tajeshi.

La foule était restée médusée devant ce remarquable épilogue. Après avoir nettoyer le sang poisseux de ses yeux, Naruto observa les trois hommes gisant par terre, non sans un profond sentiment de tristesse, mêlé à la colère.
Ainsi commenta t'il :
«Donne à l'ennemi ton sang pour lui prendre son arme puis laisse ton camarade l'achever ».
Le plus haut niveau de l'Art du combat à plusieurs selon l'Académie d'Iwa : le piège de la lame nue.
Quand ils se battent en groupe, les ninja d'Iwa n'ont pas d'égal sur terre comme au ciel.
- Oui. Le sabre est l'ensemble, et non pas un seul, continua Kyo qui rejoignait le raisonnement de Naruto. Remarquable en effet.
- Ces hommes se sont battus comme n'importe quel ninja sans affiliation particulière. Ils ont fait un sublime combat, conclut Naruto en faisant disparaître son arme.
- N'étant pas toi-même ninja, il est inutile qu'ils se fassent seppuku en pénitence pour avoir perdu face à un vagabond. Soignez les blessés et libérez les prisonniers comme cet homme l'a exigé.» Conclut Kyo en croisant les bras dans ses manches.
Il s'était adressé au maire qui acquiesça, heureux que l'on lui retrouve un quelconque intérêt.
« Aussi, récupérez Saï avec vous. Je pense que vous lui devez beaucoup car c'est en partie sa faute si notre plan a échoué. »
Naruto alla récupérer son ancien coéquipier, appuyé contre l'épaule du ninja qui escortait Kyo. Il n'avait aucune blessure apparente. Peut être se réveillera t'il avec tout au plus un sacré maux de tête. C'était la première fois que Naruto le vit être battu aussi vite.
Après un dernier regard en guise de comme un accord, Naruto repartit avec son groupe en direction de la sortit de la ville, avec Saï sur son épaule.
Il était encore fatigué de ce début de journée mais personne n'aurait accepté de le porter. Saï souffrait comme lui d'une très mauvaise image de marque. Il en était venu avec le temps à le comprendre parfaitement… et à l'accepter malgré ses mauvaises manières.
Hinata sourit en voyant cette scène de liesse : ils étaient peut être devenu vraiment amis.
Presque toute la ville avait assisté à ses exploits. Ils laissèrent passer le vainqueur avec un silence religieux.

Dans sa tête pendant qu'ils sortaient de la ville, Kakashi se repassait sans cesse la scène au ralenti avec Lee. Pourquoi était il venu leur demander de ne pas se porter au secours de Naruto. Pourquoi aussi n'avait il pas saisi cette occasion pour se débarrasser de lui ?
C'était vraiment étrange. Peut être moins que ce fameux Kyo.
La mission était loin d'être terminée. Ils réentendraient parler du « Ruban Rouge » avant la fin de celle-ci.
Cette histoire ne faisait que de commencer.
Kyo sourit. Peut être que cette histoire n'était pas si catastrophique que ça. Malgré une défaite complète de son organisation face à un seul homme, il avait récupéré Yoshitaro, revu son frère à l'action et surtout Shinobu.
Il était presque heureux.