Chapitre 12
Un nouveau code... Encore refusé !
Kiya tapa du poing sur la table d'agacement ! Mais qu'est-ce que Sony attendait d'elle au juste ? Cracker la Technoïd, et puis quoi encore ! Elle n'était pas un hacker, elle, juste une ancienne joueuse de foot qui entraînait ! Et même si le petit appareil qu'il lui avait donné faisait des merveilles, cela ne suffisait pas pour passer tous les pare-feu d'une entreprise comme la Technoïd. Il fallait une bonne connaissance informatique, chose qu'elle était loin de posséder.
« Alors ? Tu t'en sors ? »
Benett venait de la rejoindre dans sa cabine et s'assit sur ce qui lui servait de chaise de bureau.
« Non ! s'écria-t-elle. Je me suis encore fait bloquée ! Si tu veux mon avis, on perd notre temps à vouloir cracker la Technoïd. La seule chose qu'on obtiendra, c'est de se faire repérer.
- Pourtant il faut bien libérer Clamp. Essaye encore, tu trouveras bien la solution.
- Tu crois que je fais quoi depuis ce matin ? J'arrête pas d'essayer, je me fait bloquer à chaque fois !
- Et en forçant un tout petit peu plus ?
- On parle de la Technoïd là ! Forcer plus signifierait se faire repérer. Laisse tomber, Benett, je te dis que j'ai tout essayé. »
Le capitaine soupira et croisa les bras. Kiya éteignit son visionneur et enfuit son visage dans ses mains. Une légère migraine commençait à pointer le bout de son nez. Benett posa sa main sur son épaule, compatissant.
« Tu as fait du bon boulot, Kiya, lui dit-il en souriant. »
Elle haussa un sourcil de surprise.
« Tu te fiches de moi ? lâcha-t-elle.
- Mais non, tu as vraiment fait du bon boulot ! Bon je te laisse, faut que j'aille voir Sony. »
Et le capitaine sortit de la pièce, laissant la pauvre Kiya un peu perdue.
Il s'avéra que Benett était allé voir Sony pour lui demander de changer de plan, lui disant que c'était impossible pour Kiya de cracker le système informatique de la Technoïd avec ses maigres connaissances. Il chargea donc Artie, Benett, Corsos, Cuistot et Kiya de filer le faux Clamp et de lui coller un mouchard afin de découvrir à qui il devait livrer les échantillons du métafluide. Un programme très simple, en somme. Pourquoi Sony n'avait pas choisi ce plan dès le départ, franchement ?
Ils avaient décidé d'agir trois jours avant le match des Snow Kids contre les Lightnings. Cela leur laissait largement le temps de filer l'individu. Artie avait été posté devant l'hôtel des joueurs d'Akillian et surveillait les allées et venues matin et soir. L'assistant de Benett ne manquait pas d'ailleurs de se plaindre de ce travail qu'il trouvait trop ennuyeux, lui qui aimait tant l'action.
Fort heureusement, l'action tant espérée par Artie commença bien plus tôt qu'ils ne l'auraient cru. Le clone du professeur fit son apparition une fin d'après-midi, deux jours avant le match de quart de finale.
« Corsos ! lança Artie. Ça y est, le voilà ! Il sort par l'entrée principale.
- Ok, te fais pas remarquer surtout, lui répondit le bras droit de Sony Blackbone. »
Kiya se trouvait avec Corsos, dans une petite ruelle à l'abri des regards indiscrets. À l'aide de son visionneur, elle essayait de pénétrer dans les archives de diverses entreprises de construction pour obtenir quelques bribes d'informations sur les bureaux de la Technoïd.
« Je l'ai toujours en visuel, fit la voix d'Artie. Il a pris à droite en direction du secteur 2-A.
- Ok, là-bas, on lui posera un mouchard. »
Corsos lui fit signe de prévenir Cuistot de se tenir prêt. La jeune fille s'exécuta et envoyant un message au robot ménager. Artie dit à ce moment-là :
« Je vais le lâcher. Sinon, il va me repérer. »
Et il coupa son micro.
Kiya lâcha le visionneur et se rapprocha de Corsos. Il alluma son scanner et attendit que Cuistot ait posé le mouchard sur le clone. Cela ne tarda pas. Quelques minutes seulement après qu'Artie ait coupé son micro, Corsos reçut la transmission du signal du mouchard. La voix de Cuistot vint le confirmer :
« C'est-bon-Corsos-j'ai-posé-le-mouchard.
- Bien joué, Cuistot, se réjouit Corsos. Ça marche, je l'ai sur mon scanner. Benett, à toi de jouer maintenant. »
Benett se trouvait sur l'une des nombreuses routes du Génèse. Sur le scanner, on pouvait voir qu'il était sur l'une des avenues les plus passantes du Stade. Bizarre, se dit Kiya. Elle aurait plutôt imaginé une ruelle bien sinistre à l'abri de tous. Comme dans les films, quoi !
« Corsos, est-ce que tu me reçois ? J'ai repéré la cible, je l'ai en visuel. Clamp s'approche de son contact. »
Ah ! Les choses sérieuses commençaient. C'était le moment d'être attentive. Mais Artie arriva à ce moment-là, les vêtements en lambeaux. Kiya ouvrit des yeux ronds.
« Enfin-te-voilà, râla Cuistot qui était revenu quelques minutes plus tôt.
- Attends m'en parles pas ! »
Il pointa du doigt son t-shirt déchiré.
« J'sais pas qui a dit que les Wambas étaient un peu peuple pacifique mais c'est un gros mytho !
- Tu te balades avec un t-shirt Micro-Ice et une casquette Akillian et tu te réfugies dans un bar Wambas alors qu'ils viennent juste de perdre contre les Snow Kids ? lança Kiya. Artie, t'es un crétin !
- Chut, vous deux ! s'exclama Corsos. J'arrive pas à entendre Benett. »
La voix de Benett résonna à nouveau à travers le transmetteur.
« Il vient de donner quelque chose à son contact, disait-il. Le contact quitte les lieux. Il est partit dans votre direction. J'vous rejoins ! Terminé. »
Et en effet, quelques secondes plus tard, ils purent apercevoir le fameux contact.
« Qui est-ce ? interrogea Kiya.
- Baldwin en personne, répondit Corsos. C'est du lourd ! La Technoïd a sorti le grand jeu on dirait. »
Discrètement, la petite bande sortit de sa cachette et suivit Baldwin qui se dirigea vers un quartier d'affaire hautement sécurisé. Baldwin avança vers un immeuble imposant portant le sigle de la Technoïd. Il montra quelque chose à l'un des gardes qui gardait l'entrée, qui le laissa passer.
« Ça m'a l'air extrêmement bien gardé, commenta Corsos. Bizarre pour un simple immeuble de bureau.
- Venant de la Technoïd, tu t'attendais à autre chose ? railla Kiya.
- Je vais avoir besoin de tous les plans de cet endroit avec tous les passages possible, continua-t-il sans prêter attention à la jeune fille. Tu peux me trouver ça, le Cuistot.
- Je-m'en-occupe- ! lança-t-il avant de partir.
- Et nous, on va vite prévenir Sony. »
« Entrer en catimini dans le bâtiment de la Technoïd ?
- Oui !
- Les types qui veulent ta tête ?
- Oui, eux-mêmes.
- C'est de la folie ! »
Sony venait de leur annoncer qu'ils allaient profiter du quart de finale entre les Snow Kids et les Lightnings pour s'introduire dans le bâtiment de la Technoïd et libérer Clamp. Un plan qui avait littéralement secoué Kiya, Artie et Benett.
« Est-ce que tu es sûr de ton coup, Sony ? fit le capitaine. Si on se fait prendre, on est foutu !
- C'est la seule occasion que nous avons pour libérer Clamp, expliqua le chef des Pirates.
- Et les gardes ? intervint Kiya. Il doit y en avoir des centaines ! Et en plus, Clamp est dans une pièce cachée !
- C'est pour ça qu'on va passer par les conduits d'aération.
- Quoi ?
- Cuistot m'a fourni les plans de l'immeuble, je les ai transférés sur ton visionneur. Tu nous guideras. Benett, toi, tu seras chargé de pirater les caméras de surveillance afin qu'elles ne nous remarquent pas, Artie, tu surveilleras l'évolution du match. Nous avons exactement quatre-vingts dix minutes plus un quart d'heure de mi-temps pour agir.
- C'est court, soupira Artie.
- C'est pourquoi il faudra être très rapide. »
Là, c'était sûr. Ce séjour sur le Génèse Stadium était bien le plus horrible qu'elle ait jamais fait. Le premier, c'était lorsqu'elle avait participé à la Galactik Football Cup avec les Shadows. L'aventure s'était terminée pour elle en demi-finale, contre les Wambas. Malgré la victoire, elle était tombée malade la veille de la finale et n'avait pu y participer. Les Shadows avaient perd contre les Lightnings. Malgré cette triste fin, Kiya avait aimé cette aventure. Elle en avait appris beaucoup sur le monde du galactik football et sur elle-même.
La deuxième fois qu'elle s'était rendue sur le célèbre stade, c'était juste après son départ de la planète Shadows. Anéantie par le départ de son frère et son renvoi, seule, perdue, ne sachant quoi faire, elle avait vaguement espéré pouvoir retrouver Sinedd là-bas. Au lieu de ça, c'était des centaines de journalistes et des fans qui l'avaient attendu. Pour l'enfant qu'elle était encore à l'époque, c'en était trop. Elle s'était cachée et c'est à ce moment-là qu'elle fit la rencontre des Pirates qui avaient finalement accepté de l'amener sur Shiloë.
Aujourd'hui, Kiya se plaisait à dire que le Génèse et elle, c'était une histoire de « je t'aime, moi non plus ». L'endroit était absolument mythique et elle était encore impressionné par l'atmosphère qui s'en dégageait, mais elle ne manquait pas une occasion de l'égratigner.
Un bip sonore la tira brusquement de ses pensées. Elle se leva de sa couchette et appuya sur un bouton enfuit sous une montagne de papier.
« Surprise ! lui lancèrent les Pirates.
- Ça alors ! s'exclama-t-elle. »
Devant elle, l'écran du transmetteur s'était allumé et les visages de Stevens, Kare, Mary, Sue, Sasha, Mike, Jecht et Dan apparurent.
« Alors ? lança Stevens. Comment va notre princesse du galactik football ?
- Appelle-moi encore une fois comme ça et je te jure que tu souffriras à mon retour, répliqua Kiya.
- Essaye pour voir ! Tu pourras pas être pire que Ben. »
Elle éclata de rire.
« Qu'est-ce qu'il vous a encore fait ?
- Oh rien de bien méchant, reprit Dan. Il nous fait juste faire le tour de Shiloë une heure avant le lever du soleil, enchainer les séances de tir au but et de conduite de balle pendant plus de trois heures avant que l'on passe l'après-midi en match virtuel contre les grosses pointures. Ah et attention ! Les paramètres sont réglés au maximum.
- Et en plus on a qu'une heure de pause dans toute la journée, conclut Mary.
- Ah oui, dure… grimaça Kiya. »
Ben, malgré tout le respect qu'elle avait pour lui et malgré ses immenses compétences d'entraîneur, n'avaient pas vraiment de notion de repos du corps… ou alors il faisait comme s'il n'en avait pas.
« Enfin bref, continua la milieu de terrain, comment ça se passe pour toi ?
- T'assiste en première loge à tous les matchs de la Cup ? railla Sue.
- Si seulement ! soupira Kiya en s'écroulant sur une chaise. À la place, on va s'introduire dans le bâtiment de la Technoïd pour libérer quelqu'un.
- TROP COOL ! »
Kiya sursauta et regarda ses amis avec des yeux ronds.
« Mais vous êtes fous, s'écria-t-elle.
- Toi, tu es folle ! lança Jecht. Nous, on souffre le martyr et toi, tu joues les héroïnes ! C'est un peu plus excitants tu trouves pas ?
- Je risque ma peau !
- Mais nous aussi ! Ben veut notre peau !
- Je te donne ma place quand tu veux, Jecht.
- Ok, alors tu prends ma place en attaque ?
- Même pas en rêve ! »
Quelques éclats de rire fusèrent. Kiya fronça les sourcils.
« Et puis d'abord pourquoi tu me demandes ça ? D'habitude, on fait tout pour conserver sa place !
- Relax, Kiya, c'était du second degré, tempéra Mike.
- Ceci dit, reprit Stevens, autant aborder le sujet maintenant puisqu'on en parle. »
Kiya haussa un sourcil interrogateur. Tout d'un coup, ses amis lui parurent plus graves, plus sérieux. Sasha s'avança et dit :
« Avant toute chose, promets que tu ne t'énerveras pas et que tu y réfléchiras. D'accord ?
- Réfléchir à quoi ?
- Kiya, s'il te plait, tu y réfléchiras ?
- Peut-être… murmura-t-elle après un instant de silence. »
Sasha se tourna vers Stevens qui lui fit un signe de tête. Elle prit une grande inspiration et lança :
« Ben… Nous tous, nous souhaitons que tu intègres l'équipe. En tant que joueuse. »
Kiya ouvrit grand la bouche… pour la refermer aussitôt. Elle aurait dû s'en douter. Bien qu'il ne le lui ait jamais dit clairement, Ben avait toujours souhaité l'avoir dans l'équipe, en tant que joueuse. Mais il savait aussi que Kiya ne voulait plus rejouer.
« Il connait déjà ma réponse, répondit-elle. C'est non.
- Kiya, tu avais dit que tu réfléchirais ! s'exclama Sasha.
- C'est déjà réfléchi.
- Kiya, intervint Kare, ne sois pas ridicule ! C'est du gâchis de ne plus jouer avec le talent que tu as !
- Mais pourquoi est-ce que tout le monde me parle de mon talent ? J'ai quand même le droit de ne plus vouloir jouer ! Ce n'est pas un crime à ce que je sache ?
- Je t'en prie, lâcha Sue. Tu brûles d'envie de remonter sur un terrain ! On le voit bien avant chaque match ! Qu'est-ce qui t'en empêche ? »
Pour le coup, Kiya ne trouva rien à dire. Qu'est-ce qui l'en empêchait ? Rien si ce n'est elle-même et son obstination. Mais à part ça, rien ne l'empêchait de remonter sur un terrain, d'autant plus que Sue n'avait pas totalement tort.
« Je ne sais pas… dit-elle à voix basse. »
Elle leva les yeux. L'équipe la regardait, intriguée.
« Il faut que j'y aille.
- Eh ! Attends, Ki… »
*clic*
Le silence revint. Kiya soupira, quelque peu démoralisée.
Le grand jour était arrivé. Pour tous les amateurs de galactik football, c'était le match à ne surtout pas manquer : le quart de finale entre les Lightnings, champion en titre et les Snow Kids, surprise du début de la Cup. Le match allait se jouer à guichet fermé et les quelques centaines d'écran géants disposés un peu partout sur le Génèse allaient être pris d'assaut par les supporters qui n'avaient pas pu obtenir le précieux sésame pour assister au match.
Pour les pirates par contre, ce jour était tout autre. Depuis ce matin, Kiya avait le ventre noué. Il fallait dire que s'introduire de force dans le bâtiment de la Technoïd avait de quoi impressionner. Certes, elle était une pirate mais à la base, elle faisait uniquement partie du staff technique de l'équipe de football. En aucun cas, elle n'avait donné son accord pour participer à des missions de sauvetage !
Le plan avait été établi à la seconde près. Ils avaient toute la durée du match pour agir. Au-delà, les choses risquaient fort de se corser. Il fallait donc être particulièrement minutieux.
Une demi-heure avant le début match, ils s'étaient positionnés non loin du bâtiment, suivant via l'oreillette d'Artie, le cours des événements. La pression qui montait les aidait aussi à être sur leurs gardes. Soudain…
« Ça y est, on peut y aller, dit Artie. »
Rapidement, les pirates sortirent de leur cachette et « empruntèrent » un astrobus qui les mena directement à une porte dissimulée aux yeux de tous et située juste en dessous de l'entrée principale. Cuistot leur avait appris que c'était par là qu'entrait les gens… qu'il ne valait mieux pas apercevoir. De ce fait, elle n'était jamais gardée.
Ils sortirent de leur véhicule et se postèrent devant la porte. Artie vérifia le déroulement du match avec son oreillette.
« C'est bon, les gars. Le match vient juste de commencer, annonça-t-il. »
Benett sortit alors un petit appareil de sa veste et le connecta au panneau de contrôle. Il bidouilla deux-trois trucs et la porte s'ouvrit. Ils s'y engouffrèrent en vitesse. Kiya en profita pour sortir son visionneur et afficher les plans du bâtiment.
« Par-là se trouve le secteur de la sécurité, dit-elle en désignant une direction. »
Ils virèrent à droite puis à gauche avant de suivre un long couloir.
« C'est ici. »
Benett leva l'un des panneaux de fer et brancha son appareil.
« Dans quelques secondes vous serez totalement invisibles. »
Il pianota sur quelques touches et un voyant situé sur le panneau de contrôle s'éteignit.
« C'est bon. Maintenant vous pouvez y aller les gars, lança-t-il en levant le pouce. »
Ils ne se le firent pas dire deux fois. Ils prirent un ascenseur et montèrent jusqu'à l'étage où se trouvait la salle secrète. Arrivés à cet étage, ils ouvrirent la sortie de secours de l'ascenseur. Craignant que le bruit n'alerte les gardes, ils grimpèrent en vitesse. Une poignée de seconde plus tard, un garde vérifia la cage d'ascenseur. Ils attendirent avec un sang-froid plutôt impressionnant qu'il s'en aille et Sony ouvrit la bouche des conduits d'aération. Kiya monta la première, suivie par Sony, Artie et Corsos.
Ils avancèrent à quatre pattes dans le conduit poussiéreux. Fort heureusement, il était suffisamment large pour permettre aux Pirates de ne pas se sentir trop à l'étroit. Enfin… cela restait quand même un conduit d'aération.
« C'est ici, dit Kiya en s'arrêtant après une avancée beaucoup plus courte que ce qu'elle avait imaginé.
- Oui, c'est juste en-dessous, confirma Sony.
- C'est bien ce que je craignais, commença Corsos, il n'y a aucune bouche d'aération qui donne dans cette pièce.
- Dans ce cas, il va falloir en percer une nous-mêmes.
- Mais ça risque de faire un sacré boucan.
- Non, pas avec ça, fit le chef des Pirates en sortant une sorte de stylo-laser. Ça prendra juste un peu plus de temps. Artie, où est-ce qu'ils en sont ?
- Toujours zéro à zéro, répondit-il.
- Je ne te demande pas le score, espèce d'imbécile !
- Ah oui pardon ! Excuse-moi. Ça va bientôt être la fin de la première mi-temps. »
Sony émit un son à mi-chemin entre le soupir et le grognement. Kiya se recula légèrement pour le laisser couper la bouche d'aération tout à son aise. Elle prit alors l'initiative de se connecter aux caméras qui se trouvaient dans le bureau des gardes afin de les surveiller. Sony alluma son laser et commença à découper. Les quelques étincelles qu'il produisait éclairaient le conduit. Tout d'abord, il découpa un petit trou pour surveiller Clamp et la chambre.
« Oh nan ! C'est pas possible ! Allez les gars, il faut marquer ! »
Le cri d'Artie les fit sursauter.
« Non mais t'es pas bien ? s'écria Sony, furieux. Tu veux nous faire repérer à gueuler comme ça ?
- Oups ! Désolé Sony…
- Sony ! lança Kiya. Les gardes se doutent de quelque chose ! »
Sur l'écran de Kiya, l'un des gardes se leva et se dirigea vers la chambre de Clamp. Le bruit d'une porte qui s'ouvre alerta les pirates et Sony qui se baissa pour regarder. Heureusement pour eux, le garde ne resta que quelques secondes, bien plus préoccupé par le match que par d'éventuels visiteurs.
« On a eu chaud, c'est bon, il s'est tiré, soupira Sony tandis que Corsos fusillait Artie du regard. »
Sony reprit sa besogne. L'ouverture se formait petit à petit, lentement. Les minutes s'égrenèrent les unes après les autres. La mi-temps était passée et l'ouverture était toujours à moitié faite. Kiya commençait à s'inquiéter. Aurait-il assez de temps pour libérer Clamp ?
Enfin l'ouverture était finie ! Sony enleva le morceau de tôle et sauta dans la pièce, bientôt suivi par Corsos et Artie. Kiya, restée en haut les observa. Elle vit Artie plaquer une espèce de tube sur le cou de Clamp et aspirer le micro. Rapidement, ils aidèrent Clamp à se lever et le souleva pour l'aider à atteindre le trou. Kiya l'attrapa par les bras et le tira de toutes ses forces.
« Bon sang ! lâcha-t-elle. Vous êtes petit mais lourd ! »
Toujours en essayant de faire le moins de bruit possible, ils firent demi-tour et se retrouvèrent dans la cage d'ascenseur. Clamp s'effondra.
« Il est brûlant, fit Kiya en posant sa main sur son front.
- L'antidote… il me faut l'antidote… gémit l'ancien scientifique.
- Non, Sony ! C'est beaucoup trop risqué ! objecta Corsos. Il faut se barrer d'ici le plus vite possible.
- Ison… Je… Je vais mourir… »
Kiya vers Sony, inquiète. Il n'allait quand même pas le laisser dans cet état !
« Sony… commença-t-elle.
- Attendez, l'interrompit Artie. On va peut-être avoir un peu plus de temps que prévu ! »
Ils se tournèrent vers Artie, concentré par ce qu'il entendait dans l'oreillette. Kiya se rapprocha et tendit l'oreille. Apparemment, les Snow Kids avaient tout fait pour neutraliser l'attaque des Lightnings et avaient tenu jusqu'à la dernière minute des prolongations sur un score vierge. Warren avait bien tenté de marquer sur la fin mais D'Jok avait réussi à bloquer le ballon, gardant ainsi les cages de son équipe inviolées et déclenchant ainsi la séance de tir-aux-buts.
« Ce type est génial ! pensa-t-elle avec soulagement. »
« Ah c'est cool, ça ! s'exclama Artie. On va avoir droit à au moins dix minutes de rab !
- Qui a l'antidote ? demanda Sony à Clamp.
- B… Bleylock… »
Sans perdre une minute, les pirates descendirent dans l'ascenseur. Artie sortit son brouilleur et l'activa. Quelques minutes plus tard, ils entendirent des pas passés devant eux. Sony entrebâillât légèrement la porte de l'ascenseur pour vérifier que c'était bien Bleylock qui sortait de son bureau.
« Très efficace ce brouilleur ! se réjouit Artie. Il est…
- Dépêchez-vous, l'interrompit Sony. »
Ils sortirent de l'ascenseur en vitesse et pénétrèrent dans le bureau de Bleylock, impeccablement rangé. L'écran géant, fixé au mur était resté bloqué sur l'image de Micro-Ice et du gardien Lightnings. Sur le mur de droite, un immense portrait de Bleylock était accroché. Ce type s'aimait, c'était incroyable !
Les Pirates commencèrent à fouiller pendant que Kiya surveillait Clamp et le couloir. Tiroirs, placards, dossiers, corbeille… tout fut fouillé de fond en comble. Aucune trace de l'antidote.
« C'est pas possible ! Il doit bien être quelque part ! s'exclama Corsos.
- Vous croyez que Bleylock l'a emporté avec lui ? demanda Kiya. »
Aucune réponse ne lui parvint, comme s'ils ne voulaient pas entendre parler de cette possibilité. Mais voilà, les tirs au but duraient une dizaine de minutes, grand maximum et l'antidote était toujours introuvable. Et comme pour confirmer les craintes de Kiya, Artie s'écria :
« Ils ont gagné, Sony ! Les Snow Kids ont gagné !
- Mais alors ça veut dire que le match est terminé, lança Corsos. Sony, on peut pas rester plus longtemps ! Faut y aller ! Et tant pis pour l'antidote !
- Attends une seconde, dit le chef des Pirates. »
Il s'avança, intrigué vers le tableau. Mais quelque chose dans le couloir alerta Kiya. Des voix…
« Sony, Bleylock va bientôt revenir ! l'avertit-elle. »
Mais Sony ne semblait pas s'en soucier. Il le fixait avec beaucoup d'attention avant de s'exclamer :
« Le tableau ! »
Il le prit et le décrocha. Les Pirates eurent alors la surprise de découvrir une sorte de coffre-fort caché derrière. Coffre-fort qui contenait le fameux antidote. Sans plus tarder, Sony s'en empara et sortit de la pièce, talonné par ses acolytes. Ils se réfugièrent dans l'ascenseur, descendirent et se retrouvèrent dans le couloir où se trouvaient les ordinateurs responsable de la sécurité. Sony prévint Benett de leur arrivée et lui demanda de se tenir prêt à venir les chercher avec l'astrobus. Sitôt dit, sitôt fait. Ils étaient à peine sortis du bâtiment que Benett surgit face à eux.
« Tout s'est bien passé ? demanda-t-il.
- On te racontera plus tard, s'exclama Sony. Appuie sur le champignon, ils vont donner l'alerte. »
Sony avait à peine prononcé ces mots qu'une sirène retentit dans leur dos. Kiya, Sony, Corsos et Artie qui soutenaient Clamp, sautèrent dans l'astrobus et Benett accéléra brusquement. Ils allèrent si vite que plusieurs personnes en furent alertés. Mais heureusement, Benett connaissait suffisamment bien le Génèse Stadium pour leur permettre de se cacher.
Quand ils furent certains d'être à l'abri de tout regard, ils sortirent de l'astrobus. Sony allongea alors Clamp, au plus mal, et lui donna l'antidote. Il ne fallut que quelques minutes pour qu'il agisse et que le professeur reprenne des couleurs.
« Tu te sens mieux ? lui demanda Sony.
- Oui… enfin, je crois… Les Snow Kids ! s'exclama Clamp. »
Il tenta de se relever précipitamment.
« Doucement, lui intima Sony, tu étais encore mourant y'a pas cinq minutes.
- Ison, les Snow Kids, il faut les aider ! Ils sont en danger !
- Explique-toi. »
Clamp expliqua alors que le métafluide présent dans le corps des Snow Kids suivait le même développement que celui du Souffle d'Akillian mais qu'il le pervertissait et mettait ainsi en péril la santé des joueurs.
« Bleylock veut profiter de cette occasion pour récupérer le métafluide, expliqua Clamp. Il attendait qu'il se soit suffisamment développé dans le corps des joueurs pour le synthétiser. Et justement, il voulait agir après le quart-de-finale. Ison, tu te rends compte ! Si Bleylock a choisi ce moment c'est parce que le métafluide est devenu suffisamment fort. Il va finir par les tuer si on ne fait rien !
- Sans compter qu'il y a toujours le clone auprès d'eux, fit Benett. Il faut qu'on aille là-bas Sony. »
Il n'en fallut pas plus pour décider le chef des Pirates. Avec leur discrétion habituelle, les Pirates et Clamp prirent la direction du Génèse Stadium. La foule massive de supporter qui quittait le stade leur permirent de se camoufler et de rentrer sans trop se faire remarquer.
À partir de là, ce fut Kiya qui prit les commandes car s'il y avait bien un endroit qu'elle connaissait par cœur, c'était bien le stade. Elle les mena dans un labyrinthe de couloir et d'escalier où un tourbillon de supporter défilait.
« Voilà, c'est ici ! »
Ils se trouvaient devant une porte en acier, scellé par un scanner rétinien.
« C'est réservé aux joueurs et à leur staff, expliqua-t-elle. Mais heureusement que nous avons Clamp avec nous. Le scanner devrait pouvoir vous reconnaitre. »
Clamp approcha son œil du scanner. Un bref rayon lumineux apparut et la porte s'ouvrit. Les Pirates s'engouffrèrent dans le couloir complètement désert. Tant mieux ! Cela les arrangeait.
« Stop ! s'écria Kiya en s'arrêtant brusquement. C'est ici. »
Ils se trouvaient devant une porte où était inscrit en gros « Snow Kids ». Des éclats de voix leur parvenaient.
« … l'impression qu'ils sont à bout de force, fit la voix de Aarch. Je n'y comprends plus rien… Ils ne finissaient jamais leurs matchs dans cet état avant…
- Ils sont très malade, Aarch. »
Grâce à l'empreinte rétinienne de Clamp, la porte s'était ouverte et les Pirates étaient entré dans la cabine sous les regards médusés de Aarch et Dame Simbaï et celui effrayé du faux Clamp.
« Mais qu'est-ce que… C'est toi Clamp ? s'exclama Aarch en regardant tour à tour Clamp et son clone. »
Le clone se recula, conscient qu'il était dangereux pour lui de rester plus longtemps mais Clamp s'interposa. Les Pirates en profitèrent pour bloquer la sortie. Le clone était bloqué.
« C'est marrant, je me voyais quand même plus beau que ça, plaisanta Clamp. »
Corsos s'avança et menotta le clone. Sony se tourna alors vers Kiya.
« Va chercher les Snow Kids, lui dit-il. Dis leur de se changer immédiatement et de faire leurs bagages. Il faut qu'ils changent d'hôtel.
- Attendez ! répliqua Aarch. Est-ce que vous allez me dire ce qu'il se passe ?
- Plus tard, Aarch, l'important est de mettre les Snow Kids à l'abri, intervint Clamp. Kiya vas-y.
- Super ! J'ai toujours aimé annoncer les mauvaises nouvelles, soupira la jeune fille. »
Elle sortit de la cabine, les mains dans les poches et se dirigea vers le vestiaire. À l'intérieur, des cris de joie retentissaient. Kiya grimaça. Il venait de gagner un match important et elle allait leur annoncer qu'ils devaient partir parce qu'un malade voulait récupérer un fluide qui pouvait les tuer. Il y avait mieux pour fêter une victoire.
« Salut les Snow Kids ! lança-t-elle en ouvrant la porte. »
Elle avait décidé d'y aller de façon décontracté et de leur annoncer en douceur. Mais lorsqu'ils la vit, les Snow Kids s'arrêtèrent immédiatement de fêter leur victoire. Pour la douceur, on repasserait.
« Bravo pour votre victoire, continua Kiya sans faire attention au silence. Battre les Lightnings c'est quelque chose !
- Qui es-tu ? lui demanda sèchement Mei.
- Je te reconnais, fit Thran. On s'est vu sur Shiloë ! Tu es une Pirates, c'est ça ?
- Oh ! Tu te souviens de moi ? Je suis touchée. Eh oui, je suis bien une pirate. Je m'appelle Kiya.
- Kiya ? fit Tia. Comme la joueuse des Shadows ?
- Heu... Peu importe, répliqua la jeune fille, déstabilisée. Vous ne devez pas rester ici, vous êtes en danger.»
Les Snow Kids la regardèrent comme si elle débarquait d'une autre planète. Ils se regardèrent les uns et les autres.
« Allez on se bouge ! lança Kiya en frappant dans ses mains. La Technoïd est peut-être déjà en route.
- Excuse-moi mais je suis plutôt sceptique, dit Rocket. On t'a jamais vu, tu débarque comme ça et tu nous dis que la Technoïd en a après nous ? Mais qu'est-ce qui nous le prouve ?
- Thran vous a dit que j'étais une Pirate, ça devrait vous suffire.
- Ça ne prouve rien du tout ! intervint D'Jok en se plantant face à la jeune fille.
- Ben écoute, mon vieux, si tu veux avoir une preuve de ce que j'avance, tu n'as qu'à rester gentiment ici à attendre qu'ils t'enlèvent. »
La réponse était acerbe et direct mais Kiya commençait à perdre patience. Les Snow Kids se regardèrent, intrigués. Faisaient-ils confiance à cette fille qui disait être la Kiya des Shadows ou bien…
« Alors vous venez ? fit Kiya, appuyée contre la porte. »
Blabla :
Eh oui ! Je suis vivante !
Désolé pour cette longue absence. En théorie, je devrais vous fournir des explications plus ou moins convaincantes mais... je n'en ai aucune XD. Donc je me contenterai de vous présenter mes humbles excuses.
Vous voici donc avec le chapitre 12 qui se situe à peu près au milieu de la saison 1. J'espère que vous l'apprécierez ^^.
Je ne préfère pas vous dire quand paraitra la suite vu que c'est très aléatoire XD. J'ai beaucoup de chapitres d'avance donc elle pourrait arriver bientôt tout comme elle pourrait arriver dans longtemps...
Enjoy !
Sheena.
