Épisode 9
Okay, les chapitres introspectifs comme ça c'est galère, mais je suis bien obligée d'en passer par là hein.
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Ils avaient foncé à l'hôtel et Viktor avait fait une valise à la hâte. Yûri et lui était à présent dans la hall du bâtiment.
Il tenta de rassurer le Japonais avant de passer la porte de l'hôtel pour rejoindre le taxi qui l'attendait à l'extérieur. Il lui assura qu'il serait avec lui même s'il ne l'était pas physiquement.
Dans le taxi, Viktor consulta sur son smartphone les horaires de vol puis acheta un billet à destination du Japon mais son esprit était ailleurs. Tout c'était passé si vite, dans l'urgence.
Il soupira.
C'était un cauchemar, même si heureusement Yakov avait accepté de prendre le Japonais sous son aile. Le Russe s'en voulait de partir au moment où Yûri avait le plus besoin de lui. Le timing ne pouvait pas être plus mauvais mais il devait croire en Yûri. Il devait lui faire confiance pour se qualifier pour le GPF, avec ou sans lui au bord de la patinoire.
Au début il avait refusé de laisser son petit protégé seul pour le programme libre du lendemain mais ce dernier avait insisté. S'il restait et que par malheur Makkachin mourrai, Yûri ne se pardonnerai jamais d'avoir retenu son coach en Russie. Viktor avait passé suffisamment de temps auprès des Katsuki pour connaître l'histoire du chien de Yûri, décédé l'an dernier et dont la mort avait marqué le garçon. Lui-même était actuellement très inquiet pour son eu un sourire teinté de tristesse en se remémorant la tête de Yûri quand il lui avait avoué le nom du chien qu'il avait eu : Viktor.
C'était la première fois que les deux hommes se retrouvaient ainsi séparés.
...
Assit dans l'avion pour rejoindre son chien en mauvaise santé, Viktor ne se sentait pas bien lui non plus.
Le voyage était long, et le cerveau de Viktor en profitait pour faire une petite introspection.
Son avenir, il ne s'était jamais vraiment penché dessus. Il n'avait pas vraiment eu besoin de le faire car il avait toujours eu des échéances nettes grâce aux dates de compétitions; des objectifs clairement définis.
La première fois qu'il avait du réfléchir à son futur, c'était peu avant d'aller frapper à la porte de Yûri.
Le patin était toute sa vie depuis sa plus tendre enfance et rien n'avait pu se mettre en travers de son chemin pour exprimer ce qu'il voulait sur la glace. Mais l'an dernier, l'inspiration lui fit défaut pour la première fois. La pression était devenue plus étouffante que motivante. Il n'arrivait pas à trouver la petite étincelle originale qui faisait la magie d'une chorégraphie.
Il avait décidé de prendre une saison comme coach de Yûri et d'aviser après. Il faisait d'une pierre deux coups : il prenait un peu de temps pour souffler et il apprenait à connaître celui qui avait volé son cœur lors d'un gala l'année précédente. Mais aujourd'hui la question de 'l'après' n'était toujours pas réglée.
Qu'allait-il faire après le GPF : Reprendre la compétition, rester en temps qu'entraineur de Yûri ?
Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il ne savait pas quoi faire. Une seule chose était sûre : il ne voulait pas d'un futur où le Japonais n'avait pas une place près de lui. Il avait besoin que Yûri fasse partie de sa vie, d'une façon ou d'une autre.
Il ne voulait pas abandonner sa carrière de patineur... C'était elle qui l'avait porté jusque là et il lui était dévoué corps et âme. Pour autant, il ne voulait pas perdre Yûri qui tenait également tout son être entre ses mains.
Allait-il devoir abandonner l'un de ses deux amours pour garder l'autre?
-"Monsieur, quelle boisson désirez-vous?" La voix douce de l'hôtesse le ramena sur Terre, enfin dans son siège d'avion plutôt.
...
-"Viktor! Makkachin va bien!" Furent les premiers mots que Mari lança en Anglais pour rassurer le Russe qui soupira de soulagement en arrivant à la clinique vétérinaire.
La sœur de Yûri discuta quelques instants en Japonais avec ce que Viktor supposa être le vétérinaire. Ce dernier leur fit signe de le suivre.
-"L'opération a été un succès, Makka-chan récupérera très rapidement. On peut aller le voir" l'informa Mari sur le chemin. Ils arrivèrent dans une pièce ou plusieurs animaux de tous poils étaient confortablement installés dans des cages individuelles. Le vétérinaire ouvrit celle du gros caniche qui dormait.
-"Makkachin!"
Viktor serra son chien contre lui et eu envie de pleurer. L'animal était encore un peu faible mais sa queue remuait frénétiquement au contact de son maître. Les êtres chers que l'on prend pour acquis peuvent nous être enlever du jour au lendemain. La simple idée que Yûri disparaisse de sa vie demain lui serrait douloureusement le cœur.
Il câlina Makkachin un peu plus fort dans ses bras et enfouit sa tête dans son épaisse fourrure afin de cacher ses yeux rougissant.
...
Lorsqu'il vit Yûri à travers les vitres grâce à l'aboiement de Makkachin, il su ce qu'il devait faire. Il devait profiter du temps qu'il avait en ce monde pour le passer avec lui. Toutes les autres options lui laisseraient un goût plus ou moins amer de regret.
Il avait décidé d'abandonner la compétition pour rester l'entraineur de Yûri. Il allait travailler sérieusement pour devenir un vrai coach. Après tout il avait déjà une magnifique carrière derrière lui, il pouvait la laisser briller dans l'histoire toute seule à présent.
Lui, il voulait continuer de voir Yûri danser sur la glace. Le japonais lui offrait un éventail de sentiments des plus variés et Viktor aimait ça. Sans compter les battements réguliers de cœur amoureux que Yûri avait animé et que Viktor ne savait pas comment arrêter. De toute façon, il n'aurait pas fait même s'il l'avait voulu.
...
Yûri avait passé ces dernières heures comme un zombie. La moindre petite chose lui rappelait Viktor, et chaque fois qu'il se souvenait que le Russe n'était pas là, c'était comme si une main aux griffes acérées venait se saisir de son cœur pour tenter de l'écraser. Il avait l'impression d'étouffer. Toutes les distractions du monde ne pouvait le détourner du fait que Viktor n'était pas là.
Yûri n'aurait jamais pensé ressentir physiquement des effets dû à une simple séparation. Il avait pourtant l'habitude de ça. Il avait beau aimer sincèrement sa famille, elle avait beau lui avoir parfois manqué lorsqu'il était à Détroit, ça n'avait rien à voir avec l'horrible morsure de l'absence qu'il ressentait actuellement.
Tout son être semblait se moquer de savoir combien de temps Viktor serait absent. Il n'était pas là, à porté direct, et cette idée semblait difficilement supportable.
Yûri se rendit à l'évidence : Viktor lui manquait. Et pas simplement comme un ami, même proche, peut nous manquer. Non, il lui manquait comme quelque chose d'indispensable à sa vie.
Il devait trouver un moyen d'étendre leur collaboration un peu plus longtemps.
La solution était simple : il lui suffisait d'être clair et de demander à Viktor de continuer à être son coach.
Mais c'était horriblement égoïste car ça revenait à demander au Russe de renoncer à sa carrière de patineur... et Yûri ne voulait pas de ça. Il voulait voir Viktor sur la glace, il savait que ce dernier voulait continuer de patiner.
C'était un dilemme qui déchirait son cœur.
Il décida de demander à Viktor de continuer à l'entrainer jusqu'à ce qu'il se retire. Le GPF n'étant pas la fin de la saison de patinage, il participerai aux autres rencontres internationales prévues cette année puis il prendrait sa retraite. Ainsi il se laissait encore quelques semaines pour voir l'avenir plus clairement dans ce lien qu'il nouait avec Viktor en dehors des interactions normales qu'on entretien habituellement avec son coach.
...
Apparemment les deux hommes avaient tous les deux profité de leur séparation pour faire le point.
Yûri exprima son souhait que Viktor reste son entraineur d'une façon si... japonaise. Comme une demande en mariage selon les codes du pays du soleil levant. Ce fut d'ailleurs la première remarque du Russe qui embrassa la main de son aimé.
Yûri ne s'offusqua ni de la remarque, ni du geste.
Viktor savait comment faire passer des messages à Yûri à présent : rien de direct mais des sous-entendu qui ne laissaient que peu de place à l'interprétation. Du moins c'était l'équilibre délicat qu'il avait trouvé pour parvenir à communiquer sereinement avec lui.
-"En espérant que tu ne t'arrêtes jamais" avait-il lancé, resserrant un peu plus son étreinte sur Yûri.
Le sous-entendu était énorme, surtout en sachant qu'il avait labellisé la demande de Yûri de rester son coach comme ressemblant à une demande en mariage. Le message était bien passé : le Japonais retenait difficilement ses larmes.
Chaque fois que Yûri faisait un pas vers Viktor dans leur relation, Viktor ne manquait jamais de faire de même, et de vouloir l'emmener plus loin encore.
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