Toute la salle restait silencieuse, personne n'osant prendre la parole. Les visages blancs crayeux et les traits tirés, chacun tenter d'assimiler ce que Justine venait de dire. Beaucoup restaient inertes, incapables de réagir et décourageaient. Antoine qui les avait accompagnés, semblait avoir complètement dessoûlé et faisait les cent pas dans la pièce, tentant de trouver une solution.

La rousse se laissa tomber sur le canapé, en lâchant un soupir, l'air épuisée. Dans le fond des murmures commençaient à monter, et c'est Nyo qui mit un mot sur ce que les autres commençaient à soupçonner.

"-En gros, vous avez étés balancés.

-Peut-être, je sais pas..."

Aussitôt chacun réagit, murmures inquiets, incompréhension et cris de rage se mêlant dans un immense brouhaha ou il devenait impossible de comprendre quoi que ce soit. De petits groupes formés par les équipes habituelles se séparaient pour parler entre eux sans écouter leurs voisins.

A nouveau ce fut une voix seule qui les arrêta tous. Lourde de fatigue et de sommeil, mais ferme. Tous se turent et se tournèrent vers François qui se tenait à la chambranle de la porte, les yeux plissés et les cheveux en désordre. Il s'avança au centre de la salle, avant de faire un tour sur lui-même en fixant toutes les personnes présentes dans les yeux.

"-C'est comme ça que vous pensez agir ? En hurlant comme des bêtes et en gesticulant dans tous les sens ? Si vous n'êtes pas capables de vous contrôler, alors partez.

Ils baissèrent la tête, honteux.

-Il faut rester unis, si vous ne pouvez pas l'être, alors ça ne sert à rien de venir. Rentrez chez vous, faites ce que vous voulez, mais seuls. C'est clair ? Bien. Il faut définir vos priorités, et une démarche à suivre. Je vous écoute.

-En fait...

-Raph a...

-Ils l'ont eu, je suis au courant. D'ailleurs le quartier tout entier serait au courant si on n'était pas au sous-sol.

-Il faut aller l'aider.

-Comment compte tu procéder ?

-Je ne sais pas...

-Très bien. Selon vous, à quel moment la garde sera la plus facile à passer et à fuir en sachant que Raph ne peut pas courir ?

-...

-Pendant la torture publique, on connaît mieux les rues qu'eux... Mais c'est risqué, ils ont des fusils d'assaut...

-Je vois... Comment éviter les armes...

-J'ai une solution.

Resté silencieux jusque là, le fossoyeur sortit de l'ombre et s'avança pour s'exprimer à son tour, sa pelle attachée dans le dos.

-Mais elle est très risquée pour votre frère.

Le réalisateur s'immobilisa devant son homonyme, le regardant droit dans les yeux.

-Excusez moi, vous êtes ?

-Je m'appelle François Theurel. J'étais fossoyeur jusqu'à peu. A présent je vis ici, j'aide comme je peux.

-Un fils de la mort... murmura-t-il, l'intérêt se peignant sur son visage malgré lui . Et quel plan proposez-vous ?

-En faire mon remplaçant."