Chapitre onze
L'opération 'aliéner la grande et toute puissante garce' a été un succès gargantuesque.
Dans des circonstances normales, vous auriez commencé votre campagne contre elle il y a des siècles, mais elle rend tout tellement facile !
C'est une chose d'être intelligent et de bien faire vos devoirs, mais elle fait étalage de ses connaissances. Elle agite frénétiquement sa main dans les airs à chaque cours, saisissant chaque chance de prouver sa supériorité.
Elle veut son étoile dorée et elle fera tout pour l'avoir.
Il semble que le fait que vous êtes meilleur qu'elle en magie la rend quelque peu… cinglée ?
Vous n'êtes pas le seul à noter ça.
Son attitude ne lui fait pas non plus gagner des points auprès des autres.
Une petite poussée ici et un petit coup de coude là, et tout le monde la déteste.
Bien sur, vous êtes sympa avec elle.
C'est vraiment amusant, vous balancez des crosses sur elle en privé – le faisant d'une manière qui vous fait passer pour une gentille personne qui est juste exaspérée par les tentatives constantes de domination d'une je-sais-tout – mais en public vous êtes le seul Gryffondor qui semble pouvoir ne serait ce que la tolérer.
Elle étudie ses livres comme une lunatique – dépensant chaque minute à essayer de trouver un moyen de contrer votre don avec la magie pratique.
Attendez, attardons nous dessus. Le mot 'don' implique que vous-même n'avez rien à voir avec vos capacités magiques.
Vous avez travaillé si dur pour arriver là où vous en êtes ! Bon, pas vraiment, mais être un prodige est surement une mauvaise chose… mais comment ?
Et vous vous tournez de temps en temps dans vos livres. Prenons les cours de sortilège par exemple. Votre nain de professeur a dit à tout le monde qu'ils étudieraient le sort de lévitation à la prochaine leçon, donc vous avez lu à ce sujet et l'avez travaillé.
Vous avez même maitrisé la variante que vous étiez supposé apprendre dans quelques semaines.
C'est appelé le sort de déplacement (ndt : à défaut d'un meilleur terme puisque lévitation est pris). L'incantation est 'Locomotor'.
Rien de très compliqué, juste de quoi vous permettre de contrôler les mouvements de l'objet volant. Presque le même sort en gros.
Bref, revenons à la chienne. Vous pouvez voir qu'elle a atteint le point de rupture.
En classe de métamorphose elle a terminé son travail plus tôt, donc elle a décidé d'aider sa voisine Parvati. Maintenant Parvati – pour une étrange raison – pense qu'Hermione la désignait il y a quelques semaines comme étant une 'stupide métèque'. Pas de votre fait bien sur. Nope. D'accord, peut être un peu.
Ce qui arrive ensuite est particulièrement net. Parvati, comme la stupide métèque qu'elle est, voit la proposition d'aide de la fille comme une insulte envers ses talents de sorcière et se remplit d'une fureur hypocrite.
"Comment ose tu me regarder de haut, Injraj pompeuse !"
bien sur vous ne savez pas ce que ça veut dire, mais elle a l'air très en colère. C'est un plus.
La fille ennuyeuse regagne son bureau, s'assied et regarde par la fenêtre pendant le reste du cours. Vous pouvez deviner qu'elle retient ses larmes.
"L'une des capacités les plus rudimentaires des magiciens est la lévitation, ou l'aptitude à faire voler des objets." dit le minuscule professeur.
Ça doit être encore cette loi d'égalité des chances qui entre en jeu encore. Ils engagent des attardés mentaux pour être garde chasse, les bègues pour la défense et les nerveux pour le brassage des potions. Donc pourquoi pas un nain pour les cours de sortilèges ?
"Avez vous tous vos plumes ?" continue l'homme.
Granger, parmi toutes les autres personnes (qui aurait deviné ?) prend sa plume et l'agite devant le professeur.
"Bien ! Maintenant, n'oubliez pas le joli mouvement de poignet que vous avons pratiqué, hmm ?" il tire sa baguette. "On tourne et on abaisse ! Maintenant, faites tous un essai; tournez et abaissez."
Tout le monde prend ça comme un signal pour commencer à massacrer le mouvement de baguette et vous restez là à vous demander comment ils le font. Le gars se tient là en le faisant et ils ne peuvent pas le copier ? Vous l'avez fait depuis un livre !
C'est franchement pénible.
Le professeur commence à radoter à propos de la théorie du charme mais vous n'y faites pas attention. À quoi bon ? Vous avez déjà fait ce charme et vous êtes quasiment sur l'avoir entendu dire le mot "buffle" il y a quelques instants. Qu'est ce qu'un buffle pourrait bien avoir à faire avec tout ça ?
Vous regardez auprès de vous, après avoir entendu le rouquin répéter l'incantation de la mauvaise manière et l'avoir vu agiter les bras dans les airs à essayer de faire le sort.
Pour une certaine raison le sort ne marche pas. Vous ne pouvez pas imaginer pourquoi…
Juste au moment où vous êtes sur le point de lui dire à quel point il est stupide, la chienne vous prend de vitesse.
Elle lui arrache la baguette des mains. "Non, non. Stop, stop, stop. Tu vas la planter dans l'œil de quelqu'un. En plus, ça se prononce Wing-gar-dium Levi-o-sa. Fait durer le 'gar' plus longtemps."
"Ben, fais le toi même, espèce de miss je-sais-tout, si tu es tellement intelligente ! Vas y !" rétorque-t-il, avant de se tourner vers vous avec un sourire.
Quoi, vous êtes supposé être impressionné par le fait qu'il est complètement inutile ? Bravo, garçon idiot ! Bravo !
"Wingardium Leviosa !"
La plume devant elle s'élève lentement jusqu'à toucher le plafond. Elle l'y garde un temps.
"Splendide, bien joué miss Granger ! Bien joué ! Cinq points pour Gryffondor !"
Elle tourne son attention vers vous et sourit. Elle semble faire ça chaque fois qu'elle vous 'surpasse' en cours.
Dans son moment de jubilation, sa plume commence à redescendre au sol. Vous y voyez une bonne occasion pour surenchérir.
"Locomotor." entonnez vous.
Au lieu de tomber, la plume s'arrête soudainement dans les airs. Lentement, vous oscillez vos bras comme si vous dirigiez un orchestre. En arrière, en avant. En arrière, en avant. À chaque mouvement de votre baguette la plume suit bien gentiment. Dans la foulée, vous faîtes faire une petite danse à la plume.
Après une minute ou pas loin, vous déposez bien gentiment la plume devant la fille bouche bée.
"Merlin, quelle performance merveilleuse ! Dix points pour Gryffondor !" crie le petit homme. Il commence ensuite à marmonner pour lui même, "Tout comme sa mère…"
Dès que le cours est terminé, vous passez la porte et laissez tout vos camarades derrière eux. Une chose à faire, des gens à tourmenter.
Après deux mois dans le château, vous ne pouvez toujours pas comprendre l'attrait du jus de citrouille. Vous prendriez un verre de jus d'orange chaque jour de la semaine plutôt que cette mixture extra douce.
Jus de citrouille, pâtisseries à la citrouille, tarte à la citrouille… citrouilles flottantes.
Ils font surement l'amour à leurs citrouilles.
L'idiot à côté de vous vous frappe dans l'épaule. Ça fait mal bordel. Abruti de brute.
"Harry ! T'as entendu ! J'ai fait pleurer ce castor !"
L'idiot éclate de rire.
Personne d'autre ne rit, mais il y a quelques sourires partagés.
L'idiot dit à tout le monde à table l'endroit qu'elle a choisi pour pleurer – des toilettes pour filles devant lesquelles vous êtes passé plusieurs fois auparavant – et recommence à rire. Probablement en train de penser à une blague de toilettes foireuse.
Il est temps.
Vous vous excusez calmement et sortez du grand hall.
Quelques corridors après le grand hall, vous passez le professeur Quirrel qui marche calmement vers le diner.
C'est parfait !
Ça ne faisait pas partie du plan au début, mais alors que les deux mois sont passés, toutes les pièces se sont mise en place.
Au début, il s'agissait de la mettre plus bas que terre. Ça a été fait plusieurs fois depuis.
Alors que vous continuiez à l'observer toutefois, vous avez commencé à apprécier à contrecœur ses talents en tant que sorcière et en tant que travailleuse.
Vous pourriez utiliser ça.
Tout le monde la déteste, vous vous en êtes assuré. Aucun amis.
Vous pourriez être son 'ami'.
C'est tout le stratagème que vous avez élaboré. Un peu comme le premier superman. Acheter des terres à bas prix, puis détruire toutes les autres terres et la votre est maintenant une propriété bord de mer. Vous pourriez vous faire des milliards !
Bon, ça ne correspond pas vraiment. À moins qu'Hermione ne soit un terrain et que vous comptiez la vendre.
Mauvaise métaphore.
Bref, vous avez fait en sorte que tout le monde la déteste, et maintenant vous allez être le 'bon gars' et être son ami.
Puis vous lui ferez faire vos devoirs.
Vous n'êtes pas vraiment certain de la façon dont vous allez exécuter la dernière partie, mais vous travaillez dessus. C'est en cours d'exécution…
La première partie est faisable au moins.
Quelqu'un de loyal pour vous, rien qu'à vous. Ça semble bien. Très bien même.
Ah, voilà les toilettes.
Vous regardez autour de vous pour voir si quelqu'un vous observe.
Le couloir est vide.
Vous vous faufilez par la porte.
Vous ne voulez pas être interrompu, alors vous mettez un petit sort de verrouillage sympa que vous avez appris. La porte ne s'ouvrira pas avant cinq minutes.
Qu'est ce que vous allez lui dire ? Tu veux être mon amie et faire mes devoirs ?
… Puis aller te pendre ou autre chose ?
Vous auriez peut être du vous exercer à ça avant.
Vous vous retournez et foncez tête baissée dans un objet plutôt large et puant, avant de retomber sur le cul.
… Bordel. Dans quoi avez vous foncé… ? MAIS QU'EST CE QUE C'EST QUE CE PUTAIN DE TRUC ?
Choisir le combat ou l'instinct de survivre.
Rester ou partir ?
Vivre, ou mourir avec la je-sais-tout ?
VIVRE !
Vous vous tournez rapidement vers la porte et tirez la poignée.
Fermé.
…Enfermé. Dans une pièce. Avec une… chose géante.
VOUS ÊTES ENFERME DANS UNE PIECE AVEC UN… PEU IMPORTE CE QU'EST CETTE MERDE !
Pendant que votre cerveau fonctionne en mode panique, la bête gigantesque devant vous se retourne et vous regarde — tout en se grattant la tête de confusion.
Vous le regardez.
Il vous regarde.
Vous vous regardez l'un l'autre un petit moment
Vous êtes tout les deux sortis de vos transes respectives par le son d'un grand cri et vous prenez tout les deux ce moment pour agir.
La chose balance sa massue vers vous, pendant que vous esquivez en roulant hors de portée de la massue.
La bête a sa massue fichée dans le sol.
À quel point cette saloperie est forte ?
Vous voyez une opportunité et sortez votre lame de sureté. Vous ne quittez jamais la maison sans ça.
La distance entre vous et ça est rapidement comblée et vous plantez la lame dans le côté de la bête. La lame entière disparaît jusqu'à la garde.
Puis la douleur. La pire douleur que vous ayez jamais éprouvé.
Vous vous retrouvez écroulé au sol dans un courant d'air.
Vous levez les yeux et voyez la bête vous regarder de l'autre côté de la salle et grogner.
Cette chose vous a envoyé à travers la salle ! À travers une putain de salle de vingt pieds !
Votre poitrine… chier… ça fait un mal de chien…
Vous vous remettez lentement sur vos pieds et la première chose que vous faîtes est de chercher votre lame.
Elle est toujours là. Enfoncée profondément dans le flan du monstre.
Super. Pas de lame. Non pas que le truc soit d'une véritable utilité ! Ça ressemble à un petit bobo pour lui.
Merde, qu'est ce qu'il fait maintenant ? Oh. Super, il essaie de relever sa masse encore. Donc il peut vous battre jusqu'à la mort. Super.
Donc, tout ce que vous avez c'est vos poings, votre baguette et l'aide d'une fille qui alterne entre pleurs et hurlements.
Merveilleux.
Alors. Les poings, la baguette et qu'est ce que vous avez dans vos poches ? Un porte-monnaie. Des sachets de bonbons. Des allumettes. Des— attendez ! Des allumettes !
Vous les prenez et les jetez sur le sol. Vous avez besoin de vous concentrer.
Des aiguilles. En fer. GROSSES ! Des grosses aiguilles !
… et bordel de merde ! Cette conne ne peut pas s'arrêter de hurler juste une minute !
"Granger, calme toi bordel, je gère !"
Elle ne s'arrête pas. Vous la giflez. Maintenant elle s'arrête.
"Je gère !" Répétez vous.
Vous métamorphosez rapidement les allumettes en une douzaine d'aiguilles relativement grosses.
Pas aussi grosses que vous l'espériez, mais c'est le mieux que vous puissiez faire pour l'instant.
"Locomotor !" criez vous.
Une seule allumette s'élève du sol. Pas la douzaine que vous VOULIEZ. Fais chier. Une pointe bien placée dans le cerveau pourrait le faire, non ?
Viser l'œil.
L'aiguille traverse les airs mais pas à la vitesse qui pourrait causer un quelconque dommage. Juste assez pour se ficher dans la bête et lui faire réaliser que vous êtes toujours en vie.
Vous le réalisez, bien sur, une seconde avant que ça ne touche le monstre, ce qui vous fait perdre votre visée.
La bête a maintenant une aiguille à travers les deux narines.
Il se retourne. Cette fois avec sa masse dans la main.
Merde.
Merde. Merde, Merde, Merde, Merde !
Vous tapez à nouveau sur Granger.
"Tu es un génie ou quelque chose dans le genre ! Pense à quelque chose !"
Elle ne répond pas.
Vous la frappez encore.
Ça le fait.
"Bordel Potter ! Ça fait mal !"
"J'en ai strictement rien à FOUTRE que ça fasse mal. Tu ne sens pas la douleur si tu es MORTE !"
Elle lève les yeux et voit la bête.
"Un Troll !"
C'est comme ça que ça s'appelle ?
"Comment on le tue !"
"…tuer ? On ne peut pas…"
"Mais si, on peut bordel. Cette chose m'a fait voler à travers la pièce comme si je n'étais rien ! C'est pas le moment de déconner Granger ! Maintenant réfléchis !"
"Je, euh… Les trolls ont une peau extrêmement épaisse, presque rien ne peux la percer."
"je le savais déjà, quoi d'autre !"
"Je ne sais pas, as tu essayé des sorts ?"
"Je n'en connais aucun de suffisamment puissant !"
Pourquoi diable Draco ne vous a pas encore apprit la magie noire !
À ce stade la bête a clairement perdu intérêt à vous regarder vous disputer et commence à marcher vers vous.
"Alors utilise en un autre ! Tu connais le sort de bloque-jambes ?"
Putain de sort inutile.
"Oui."
"Alors on le fait ensemble encore et encore. Peut être que ça marchera après un moment !"
"À trois ! Un, deux, trois ! Jambis Jeletremblus, Jambis Jeletremblus !"
Les sorts s'écrasent contre le tronc d'arbre qui sert de jambe au troll.
Rien pour l'instant.
Elle et vous continuez d'envoyer des sorts.
"Jambis Jeletremblus ! Jambis Jeletremblus ! Jambis Jeletremblus !"
Après un moment où l'animal semble complètement confus, il s'effondre soudainement sur le sol en un gros tas.
Vous êtes presque immédiatement aux côtés de la bête à retirer votre lame. Un instant plus tard vous plongez l'acier aiguisé encore et encore dans la tête du troll.
Déchirer, déchirer, déchirer. Poignarder, poignarder, poignarder. Déchirer, déchirer, déchirer.
Ça faisait si longtemps que vous n'aviez pas fait quelque chose comme ça… Bon sang, en y repensant, la dernière fois était avec cet oiseau rouge…
Vous êtes tellement plongé dans le travail de votre lame que vous êtes complètement choqué de trouver la fille vous éloigner de la bête.
"Il est mort ! Il est mort Harry ! Tout va bien ! On est en sécurité !"
Mais de quoi elle parle ? Attendez, quoi, elle est en train de vous réconforter ? Elle pense que vous êtes en état de choc !
Bon, vous espériez utilisez sa solitude pour gagner son amitié. Peut être qu'une expérience traumatisante marche tout aussi bien ?
Quelle merveilleuse pensée.
Vous êtes tout les deux maintenant assis contre le mur. Le même mur, en fait, contre lequel vous vous étiez écrasé il y a quelques minutes.
Elle caresse vos cheveux pour une raison connue d'elle seule. Ça doit être un truc de fille.
Ce n'est pas une… expérience déplaisante.
Mais hélas, tout n'est pas fait pour durer.
La porte s'ouvre soudainement et votre professeur favori entre.
"Potter ! Que signifie tout ceci ?"
Oh, et votre soirée commençait si bien.
Ndt : désolé pour le retard, mais une expression dans la fic m'a donné du fil à retordre. Pour l'incantation du sort de bloque-jambes, l'auteur l'a inventé à partir de ses vagues notions de français avec son bêta à partir des mots jambes, gelée et trembler.
