Ah mes loulous ! Voilà le chapitre 11, il est assez long et m'enfin je me tais je ne vous dis pas plus aha ah. Je vous aime car malgré mon absence et tout cela je reçois des reviews plus qu'adorables qui me redonnent le sourire, particulièrement celle reçue il y a quelques jours de Yusseily qui m'a émue. Je n'oublie pas mes ancêtres de lectrices qui avez une grande place dans le développement de cette histoire et je vous remercie du fond du coeur. Je promets de répondre aux reviews après promis juré mes loutres d'amour!

Je dédicace aussi ce chapitre à Stiles Nogitsune Stilinski, babe, my babe, reviens moi vite j'ai hate d'entendre de tes nouvelles. Sur ce, bonne lecture.

Musique: Love me harder- Ariana Grande, the Weeknd

Day Breakers- Gackt


Chapitre 11:

"You opened my chest you took my heart, you crashed it and you blown my soul." -Stiles Stilinski

Stiles se recroquevilla alors que le son retentissait a travers chaque mur, chaque partie de son être. Il se mit en position fœtale sur le grand canapé où il y avait encore l'odeur de Derek sur le mince tissu de cuir beige. Il respira a plein poumon cette odeur chaude et caressante, légèrement boisée avec quelques touches de patchouli. Le brun s'enivra comme il put avant qu'un sanglot ne le rattrape.

Spasmodiquement, ses membres se secouèrent. Avec une habileté déconcertante son diaphragme se serra. La rage avait laissé place à une dépression de l'âme où les affres d'une douleur morale fondirent sur lui, le dévorant, le laissant vide et esseulé sur le sofa.

Il peina a retenir la petite perle cristalline qui coulait doucement sur sa joue. Il ne pouvait pas. Un mal-être indicible, complètement irrationnel lui étreignit le cœur et la tête, une humeur noire s'étant glissée au fond de son esprit tuait tout espoir.

Il ne ressentait que le froid mordant du soir courir sur sa peau. Les lumières de la ville semblaient ternes et sans réconfort et pourtant la vue de la baie vitrée était si jolie... mais aussi belle soit-elle, cette image ne pouvait effacer de ses yeux les deux orbes pers. Vifs, singuliers, pénétrants, chauds comme un soleil et froids comme la glace, verts mais bleus avec un peu de gris et de paillettes, parfois trop foncés, d'autres trop clairs... Derek avait des yeux obsédants. Stiles était comme un fumeur d'opium, voulant toujours plus de ses vapeurs oniriques.

Un cliquetis ténu le sorti de sa torpeur. En un bond il fut devant la porte, en une inspiration il tenait fermement Isaac dans les bras. Jackson juste derrière ferma la porte en silence et les laissa dans le corridor. Stiles agrippa de toutes ses forces le cuir neuf du bouclé, les larmes chaudes roulaient sur ses joues rougies. La vue de son ami lui fit abandonner toute prétention: il fallait qu'il pleure, qu'il évacue tout ce mal en lui. Isaac ému resserra sa prise et lui caressa doucement les cheveux. Il ne comprenait pas pourquoi le jeune était dans cet état. Il se détacha a contre coeur de lui et l'invita dans le salon, lui frictionnant gentiment le dos.

"Stiles ?" Commença le bouclé "Qu'est-ce qu'il y a ?"

Stiles releva deux yeux rougis de larmes vers le blond. Il voulut parler mais un son étranglé sorti de sa bouche.

"C'est parce que je suis parti ? Qu'est ce qu'il s'est passé alors ? Scott est mort ? Ton père?"

Stiles poussa un long gémissement plaintif et son corps fut pris de soubresauts.

Isaac regarda longuement Stiles.

"C'est Derek ?"

A ces mots la tete de Stiles se releva d'un coup et il regarda craintivement autour de lui

"Qu'est ce que cet abruti a fait ?" Murmura Jackson.

Alors Stiles raconta l'une des soirées les plus horribles de toute sa vie.

Son récit enfin fini Isaac regardait attentivement Stiles et une lueur de compassion éclaira ses yeux bleus. Jax avait pris Stiles dans ses bras, il s'était alors calmé et avait mit de la morve partout sur le t-shirt du blond.

Isaac s'était levé et avait regardé son téléphone. Il appela directement son frère sans succès. Isaac désespéré jeta son téléphone a travers le salon. Un grand fracas brisa le silence religieux de la pièce.

Jackson regardait le portable en miettes au sol et serra Stiles un peu plus fort encore.

"Stiles on sera là t'inquiètes pas."

Isaac s'approcha de lui "Eh... Derek ne pensais pas ce qu'il disait. Ce devait juste être un moment de flottement passager. Ça lui passera."

Stiles releva des yeux rougis vers lui.

"J'espère. Je ne m'en étais jamais rendu compte..."

"De quoi parles-tu Stiles ?"

"Je ne sais pas moi-même."

OOOoooOOO

Derek roulait a bord de sa camaro. Les rouages de son esprit tournant a plein régime. Il s'était énervé sur Stiles et avait fait passé ses frustrations sur lui. Il avait du mal a cacher, a taire ses émotions avec le jeune hyperactif.

Il arriva rapidement au loft, garant sa superbe voiture. Le jeune homme s'engouffra dans son appartement et entreprit de se changer. Un short, un débardeur et il fut de nouveau dehors, dans la foret.

Il faisait nuit noire mais Derek s'en fichait. Il couru longtemps sans s'arrêter ni prendre un peu d'air. Après plusieurs kilomètres il arriva dans une clairière qu'il connaissait bien pour y avoir passé énormément de temps.

Il s'avança lentement et sourit, si c'était réellement un sourire.

Le tronc d'arbre tenait encore et toujours sur ses racines. Touchant l'écorce durcie par le temps, l'homme aux cheveux jais y donna un premier coup de poing, puis un second et encore un autre.

Ce fut les pieds qui suivirent, l'écorce encaissait encore et toujours, bon gré mal gré. Il s'escrima a mettre toute sa force, se purifier de sa haine, se délester de toute souffrance. La douleur physique n'intervenait en rien dans cette tentative d'oubli, seul comptait la fatigue du corps et de l'esprit, celle suffisante a endormir chaque sentiment, chaque émotion naissante... ce qui annihilait tout en lui. Il recherchait le néant, le vide, l'horreur sombre d'une désolation immuable et invisible. Il ne voulait pas le voir, cachant ses problèmes au confins de son moi, le traumatisant, le marquant au fer rouge. Derek voulait juste que cette animosité disparaisse. Son âme désespérée criait a l'aide, la terreur noire qui le prenait au tripes l'effrayait...

Il voyait encore ses grands yeux apeurés, son corps trembler. Il entendait encore le sanglot étranglé, le pleur de son essence. Il n'avait pas réalisé.

La douleur corporelle le rattrapa, le heurtant de plein fouet. Il sentit ses phalanges craquer, ses mollets se tordre. Le brun s'arrêta et recommença de l'autre main. Le sang maculait son t-shirt et il n'en avait que faire. Il sentait l'odeur ferrailleuse emplir l'air, écoutant le bruit atténué des pas dans la forêt, les battements étouffés des ailes qui s'élancent, le bruissement furtif des feuilles d'automne. Et parmi ces sons indistincts, l'écho caverneux de son pied qui frappe l'écorce. Il avait mal et c'était le plus important.

Alors le sang battait frénétiquement dans ses tempes. Un son acharné et fou, quelque chose d'incontrôlé. Mêlez a cela une respiration follement anarchique, le bruit des corbeaux qui chantent, le souffle puissant du vent, le son d'un corps qui tombe, le vide d'un coeur qui se brise...

Plongé dans les feuilles mortes, le nez dans la terre et le corps dans la boue, Derek attendait. L'obscure clarté du jour s'étendait sur le ciel. Le temps avait passé, et maintenant la douleur avait fait son travail. Il ne se sentait ni bien ni mal; il avait juste l'esprit ailleurs. Le jeune brun sentait son corps hurler a la mort. Le torse ensanglanté respirait fort et doucement a la fois. Difficilement il se releva, laissant ses articulations craquer, ses muscles se dénouer et il se tint droit.

Face a lui un magnifique coucher de soleil couvrait son corps. Ses yeux verts brillaient doucement, le visage taché de boue et de sang séché le vieillissait. Les rayons chauds caressaient sa peau, l'illuminant. Derek renifla avec dédain et se détourna du spectacle.

"Je te déteste." La fin de sa phrase n'était qu'un vague murmure inaudible. Éreinté il prit le sentier du retour, décider a dormir pendant au moins une semaine, du moins c'est ce qu'il pensait.

OOOoooOOO

Une ombre embrassait doucement le sol, les pas feutrés s'intensifiaient. Une flamboyante chevelure apparu de l'ombre, celle ci en rejoignit une autre.

La serre dans laquelle ils se trouvaient était baignée dans une douce lumière, les différentes fleurs et plantes embaumaient la pièce vitrée. Assis sur un tabouret haut Ethan Myers raffinait la senteur de cœur de son parfum.

"Encore dessus Tan tan ?"

"Ouais, je veux que ce soit parfait."

"Perfectionniste va."

Ethan ri et reposa sa petite pipette sur son socle. Il ferma le flacon et le secoua légèrement puis il fit glisser sur son poignet une petite gouttelette parfumée. Il tapota de ses doigts la peau fine et laissa quelques instants sécher.

"Sens moi ça Aiden."

L'autre roux renifla la senteur et acquiesça " Tu as rajouté de l'anis étoilé hein ?"

"Ne pose pas de question a laquelle tu as une réponse. Crétin."

"Avoir le parfum c'est bien beau, mais le mannequin on l'a ? Et les vêtements alors ?"

"On a tout. Hale est sur le projet ainsi que Whittemore et Lahey et enfin le jeune mais talentueux Stilinski."

"Bien. On commence quand ?"

"Le plus tôt possible Den."

OOOoooOOO

Stiles regarda Isaac et lui fit une légère bise. Il se leva et salua distraitement Jax qui d'un coup de poignet le fit pivoter, le faisant atterrir dans ses bras.

Une douce étreinte et il fut dehors. Il regarda son portable : 21 heures passé. Il souffla et fourra son mobile dans sa poche. Il redescendit a son étage et trouva sur le pas de sa porte quelques muffins dans un panier, le tout signé Erica. Il sourit et pris le panier avec lui, sorti les clés de son jean et ouvrit la porte d'entrée. L'appartement était vide et sombre.

Le grand brun entra et déposa sur la table le panier et pris le chemin de la cuisine. Sur le grand plan de travail en chêne se trouvait un carton de pizza, une note y trônait:

Stiles, vu que ta bouffe est foutue et que je sais que tu vas rentrer comme une loque (je te connais belette) je t'ai pris ta pizza préférée. Il y a des canettes d'Ice Tea et de Red Bull dans le frigo. N'en abuse pas faux-frère.

Scotty.

Stiles sourit et sorti une assiette. Il y plaça la pizza et la mit dans le four a micro-ondes, il sortit du frigo deux canettes de Red Bull et patienta que la pizza soit de nouveau chaude.

Il prit son assiette et ses deux canettes et s'assis en tailleur sur le sol, allumant la télé et la régla sur Netflix.

"Je ne comprends pas pourquoi les gens ont une vie sociale... Alors qu'il y a Netflix."

Commençant son repas il se mit a réfléchir très longuement, il but une gorgée de sa boisson énergisante.

"J'arrive pas a croire que je le trouve attirant... Ce type est un abruti, grognon et toujours mécontent. Il est débile et n'arrête pas de me traiter comme une merde. Et puis quoi ? De quel droit ? Je ne me comprends pas. Je suis masochiste ? Mais je crois que je le suis vraiment parce qu'il est beau, très beau même et qu'il tient a ses proches et il est prévenant. Enfin je dis ça mais je ne le connait pas. Il avait raison de dire cela. Je ne sais même pas pourquoi je le trouve attirant ! Merde a la fin Stiles ! Tu ressembles a une midinette."

De sa paume de main il frappa le haut de son crâne se fustigeant d'être aussi débile. Il continua de se goinfrer comme jamais et fini son repas. Il prit son téléphone pour remercier Scott et envoyer un message a son père; il devait lui parler de son nouveau job.

Il était en train de le taper lorsqu'on frappa à la porte. Curieux de savoir qui sonnait a cette heure, Stiles se leva et alla ouvrir. La surprise fut grande lorsqu'il vit Derek à sa porte, elle le fut encore plus lorsqu'il sentit des lèvres contre sa bouche. Retourné comme jamais il ne put qu'entrouvrir les lèvres, faiblement.

Alors ce fut passionné, chaud, sensuel, désespéré, inutile, magnifique, explosif, toxique et amoureux... c'était un de ces baisers corrosifs pour tout être humain. Et puis l'air manqua et la douce et oppressante chaleur contre sa bouche disparu dans un souffle caressant. Il ouvrit les yeux qu'il avait fermé subitement et vit un visage pâle et livide.

"Qu'est-ce que tu me fais Stiles ?"

Alors le jeune brun remarqua les multiples ecchymoses sur le corps de l'homme aux yeux pers, il vit le sang sur ses phalanges rougies, les cheveux en bataille et il ne comprit tout simplement pas ce qu'il se passait.

"Derek..." Il fut coupé par une voix glaciale.

"Je ne sais pas ce que tu me fais et je ne veux pas le savoir. Si tu veux jouer ta petite pute séductrice fait le avec quelqu'un d'autre que moi." Et sur cette phrase l'autre détourna les talons.

Encore sous le choc le cadet resta planté dans son entrée. Machinalement il referma la porte et s'y adossa. Il ne trouva pas la force de pleurer ni quoi que ce soit il se terra juste là, prostré contre la porte métallique de son appartement. Et puis sa poitrine se déchira dans un cri inhumain, le murmure d'une âme brisé faisait écho dans le loft vide. De légères plaintes inarticulés sortaient de sa bouche tordue. Il porta sa main a ses lèvres et les frottèren de plus en plus vite et fort, il avait besoin d'enlever cette sensation, le goût interdit s'accrochait a lui. Désespéré il frictionna compulsivement ses lippes, et finalement il se revit à cette époque sombre de sa vie. Sa cuisse le brûla, le tiraillement s'intensifiait. Instinctivement il toucha l'arrière de sa cuisse et d'un seul bond il se releva. Stiles se dirigea a toute vitesse a la salle de bains et enlevant tout ses vêtements et glissa sous le pommeau d'eau brûlante. Ses mains écorchèrent sa peau, laissant sur son passage des sillons rose, le savon décapa sa chair, et les tréfonds de son coeur se disputaient.

"Pourquoi...? Et alors qu'une mélopée de mots étranglés et a demi murmurés sortaient de sa bouche il continuait a frotter son corps avec force.

Il s'arrêta a bout de souffle et les larmes aux yeux. De haine il abattit son poing sur le mur carrelé. A travers le jet d'eau continu il ouvrit les yeux déterminé comme jamais. Alors il prit une courte inspiration et se résolut a aller de l'avant.


Voilà, qu'en pensez-vous ? Je suis sadique, je sais. Je vous aime mes loutres bises.

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