N/A: Hello tout le monde! Et tout d'abord, bien sûr, bonne année! Que 2015 comble vos voeux à tous les niveaux. Et quant à notre série préférée, et bien espérons que le "ship Paily" soit encore et toujours à flot! J'avoue être assez inquiète depuis que j'ai visionné l'épisode de Noël. PLL sans Paige, ça ne serait plus vraiment PLL. Quand j'ai commencé à écrire cette histoire, je ne pensais vraiment pas que les scénaristes allaient nous l'envoyer en Californie dès maintenant. Alors je croise les doigts pour la suite, mais je ne suis pas très optimiste pour tout vous dire...
Concernant cette histoire, voici donc la suite! Merci à vous qui continuez à lire. Et à apprécier j'espère. Et bien sûr à bientôt! (pas sûre de pouvoir actualiser aussi fréquemment qu'avant, car le mois de janvier va être très chargé niveau boulot! Mais je ferai de mon mieux!)
funio10: Et oui Pam a plutôt bien réagi, n'est-ce pas? Sinon tu as raison, les nageuses de Rosewood sont bien sensées aller en Californie après, et d'ailleurs on en reparle dès ce chapitre, tu vas voir...
inesd: Merci pour tes compliments qui me vont droit au coeur! Surtout que tu es toi même un auteur de talent d'après ce que j'ai pu lire. ;) Et contente de t'avoir divertie après ton partiel de maths! :) (ah, les maths, de vieux souvenirs, et pas les meilleurs).
TheFunnySanny: Ah oui, Alison est incorrigible. Certaines personnes apprennent de leurs erreurs, mais elle, elle persiste et signe!
PrettyLittleVeg: Merci, c'est super de savoir que tu continues à lire. J'ai adoré écrire leur premier RV, et j'avais l'idée de ce baiser sur la grande roue depuis le début, ou presque.
p'tit griffon: Oui Pam a assuré hein! Em et Paige n'ont rien à craindre, de son côté du moins ;) J'espère que Noël a comblé toutes tes attentes concernant les cadeaux et les desserts :)
Chapitre 12
Paige sentit les premiers signes de malaise alors qu'elle allait entrer dans la rue où se trouvait la maison des Hastings - et des DiLaurentis.
Sa vision commença par se brouiller, des taches orangées aparaissant soudain devant ses yeux. Le léger bruit ambiant avait disparu, remplacé par une sensation très déplaisante -comme si un tambour retentissait dans sa tête.
Pensant qu'elle avait sans doute trop forcé l'allure pendant son jogging matinal, elle s'arrêta et essaya de reprendre son souffle. Elle sentit ses jambes vaciller, et essaya de se retenir à un arbre. Elle trébucha et tomba en avant, sa tête tapant violemment le trottoir. En un instant, son corps se mis à convulser.
Melissa Hastings se dirigeait vers sa voiture quand elle aperçut quelque chose d'anormal. Fronçant les sourcils, elle hâta le pas et retint un juron quand elle réalisa qu'il s'agissait d'un corps.
Elle s'agenouilla près de la fille insconsciente, et son inquiétude s'accrut quand elle reconnut l'adolescente athlétique qui traînait souvent, ces derniers temps, avec sa soeur Spencer.
Melissa sortit son portable de son sac, et composa rapidement un numéro.
Quand Paige reprit conscience, elle se trouvait dans un lit inconnu. Elle cligna des yeux plusieurs fois, et réalisa en un instant où elle était, même si elle n'avait jamais mis les pieds dans cet endroit auparavant. Dans un hôpital. Je suis à l'hôpital.
L'angoisse, à nouveau, monta d'un seul coup en elle - et sa première pensée fut pour Emily. Em. Il faut que je la prévienne. Elle doit s'inquièter.
Elle essaya de se redresser, mais sentit une main à la fois douce et ferme retenir son épaule. Tournant la tête, elle vit, penché vers elle, un homme en blouse verte de médecin. Le jeune homme avait un air avenant et de beaux cheveux bruns bouclés. Paige remarqua alors le badge qu'il portait à la poitrine: "Dr Wren Kingston". Le nom lui disait vaguement quelque chose, mais elle ne savait plus quoi.
"Bienvenue parmi nous, Miss McCullers", dit le médecin d'une voix veloutée où pointait un accent anglais. "N'essayez pas de vous lever, restez allongée. Nous allons vous faire quelques examens."
Devant l'air confus de Paige, Wren essaya de la rassurer.
"Tout va bien. Vous avez fait un malaise dans la rue. Vous êtes à l'hôpital de Rosewood."
Paige lui adressa un regard suppliant. "Il faut que je... Emily..." balbutia-t-elle.
Le médecin lui adressa un sourire apaisant.
"Ne vous inquiétez pas. Melissa a prévenu la famille de votre correspondante."
"Melissa?" demanda Paige.
"Melissa Hastings", précisa Wren. Devant l'air de plus en plus désorienté de Paige, il crut bon d'ajouter:
"... C'est elle qui vous a trouvée, devant chez elle. Elle m'a appelé immédiatement. Je suis... disons, son ex-fiancé. Wren."
"Oh", dit Paige, se souvenant soudain que Spencer avait évoqué les fiançailles houleuses de sa soeur avec un étudiant en médecine anglais.
"Rosewood est vraiment une petite ville", dit-elle d'une voix faible.
Wren grimaça comiquement. "A qui le dites-vous, Miss McCullers. Trop petite, d'ailleurs, si vous voulez mon avis."
"Paige", dit la Californienne. "Appelez-moi Paige."
"Un prénom charmant, et admirablement bien porté", dit Wren avec un sourire chaleureux, et Paige, malgré elle, se sentit rougir. Le jeune médecin était indéniablement très séduisant. Ressaisis-toi, McCullers. Ta tête a vraiment dû taper fort contre ce trottoir.
Suivant le fil de ses pensées, elle porta la main à son front, et grimaça. La douleur était encore vive.
"Votre tête a tapé contre le sol quand vous êtes tombée, Paige", lui confirma le médecin. "Est-ce que vous avez déjà eu ce genre de malaise avant?"
Paige ferma les yeux. "Oui", dit-elle d'une voix abattue. "Oui, mais pas depuis longtemps."
Un peu plus tard, Paige, qui avait subi une batterie d'examens dont un scanner de la tête, qui n'avait rien décelé d'inquiétant, se reposait dans son lit d'hôpital quand elle entendit frapper à la porte de sa chambre.
"Entrez", dit-elle, son coeur s'emballant à l'idée que peut-être, Emily... Mais la Fields qu'elle vit entrer dans la pièce ne fut pas celle qu'elle espérait.
Pam Fields s'avança avec précaution vers le lit de Paige, et celle-ci remarqua immédiatement l'air anxieux de la mère de son amie.
"Paige", dit la mère d'Emily. "Mon dieu. Quelle frayeur. Tu... j'ai eu très peur. Lorsque Melissa Hastings m'a prévenue... je suis venue immédiatement, mais ils ne m'ont pas laissé te voir avant de t'avoir fait passer tous ces examens."
Paige baissa la tête. "Je suis désolée d'être... une source d'inquiétude pour vous, Madame Fields", dit-elle doucement. Elle et Pam savaient qu'elle ne parlait pas seulement de son accident.
Pam Fields hocha la tête, la gorge serrée. Elle était tiraillée entre des sentiments presque maternels et une réserve habituelle chez elle, encore accentuée par l'existence de la relation particulière, à ses yeux, entre sa fille et Paige.
Elle s'installa sur la chaise à côté du lit de la jeune fille.
"J'ai prévenu tes parents", dit-elle d'un ton plus affirmé. "J'ai parlé avec ta mère. Elle était très inquiète au début, mais je l'ai rassurée en lui apprenant que les médecins n'avaient rien détecté de grave."
"Merci, Madame Fields", dit Paige, en remerçiant les dieux que Pam Fields soit tombée sur sa mère plutôt que sur son père.
Comme si elle avait deviné les pensées de l'adolescente, Pam ajouta avec un sourire:
"Ton père était prêt à débarquer ici via le premier avion. Ta mère l'en a dissuadé. Je l'ai assurée que nous allions bien prendre soin de toi. Nous avons parlé un bon moment. Une femme charmante, ta maman."
"Merci", dit à nouveau Paige, se trouvant pour une fois à court de mots.
"Elle m'a dit... que tu avais déjà eu ce genre d'accident, auparavant", avança Pam Fields d'un ton prudent.
Paige soupira. "C'est vrai. Mais pas depuis longtemps... je croyais, vraiment, que c'était fini. Que j'allais mieux. Je... je suis désolée de ne pas vous en avoir parlé, Mme Fields."
"C'est bon, Paige. Ne t'inquiètes pas pour ça."
Pam tapota gauchement l'épaule de la jeune fille. Un silence s'installa entre elles, mais il n'était pas inconfortable ou chargé de tension comme la veille au soir dans la maison des Fields.
Paige avait cependant une question qui lui brûlait les lèvres. Au moment où elle allait la poser, la porte de la chambre s'ouvrit brusquement, et une tornade brune entra dans la pièce.
"Paige!" dit une Emily en larmes, se précipitant sur la Californienne.
Pam Fields se leva et regarda, médusée, sa fille étreindre avec force sa correspondante, puis l'embrasser sur la bouche. Les larmes qui coulaient déjà sur les joues d'Emily se mêlèrent à celles, nouvelles, de Paige.
"Et bien, que d'émotions", dit une voix masculine, et Pam, dont le visage avait tourné au rouge brique, tourna son regard vers le jeune médecin qui venait d'entrer dans la pièce. Wren Kingston arborait un sourire professionnel mais compréhensif. Il agita le dossier qu'il tenait entre ses mains.
"La bonne nouvelle, c'est que Paige va pouvoir sortir dès demain. Si vous veillez à ce qu'elle se repose, bien sûr", dit-il à l'intention d'Emily et de sa mère.
Les deux Fields hochèrent la tête en même temps. Pam jeta un oeil à sa fille. Celle-ci tenait toujours Paige serrée contre elle, mais au moins, leurs lèvres étaient à présent séparées.
"Les adolescentes", dit Pam Fields au médecin, avec un sourire gêné.
"Ne m'en parlez pas", dit Wren, le regard pétillant de malice.
"Et surtout, les adolescentes amoureuses" ajouta-t-il en faisant un petit clin d'oeil à Paige et Emily.
Wren dût user de toute sa persuasion et de son charme britannique pour convaincre Emily de laisser Paige à l'hôpital pour la nuit. Pam Fields dût quant à elle promettre à sa fille de venir récupérer la Californienne dès le lendemain matin suivant, dès son visa de sortie accordé par les médecins. Elle rappela aussi à Emily le rendez-vous téléphonique (via Skype) qui était prévu entre son père et elle le soir même. Emily n'aurait manqué pour rien au monde ses occasions de parler à son père, qui lui manquait beaucoup.
Dans la voiture qui les ramenait chez elle, Mme Fields observait sa fille du coin de l'oeil. Emily avait l'air ailleurs et se mordillait nerveusement les lèvres.
"Tu t'inquiètes vraiment pour elle, n'est-ce pas?" finit par demander Pam Fields. Elle connaissait déjà la réponse, mais elle voulait que sa fille lui parle; Peut-être même se confie. Emily avait toujours été plus proche de son père, depuis toute petite, et Pam avait fini par l'accepter. Mais elle ne voulait pas que sa fille adolescente s'éloigne encore plus d'elle. Les révélations de la veille l'avaient secouée, mais elle aimait Emily sans conditions.
Emily regarda enfin sa mère, qui avait de nouveau les yeux fixés sur la route. Elle remarqua son air soucieux, presque tourmenté. La lycéenne éprouva soudain un élan d'affection pour Pam. Celle-ci avait plutôt bien réagi quand elle avait appris l'existence de la relation entre les deux filles - en tout cas, bien mieux qu'Emily ne l'avait craint.
La belle brune prit une grande inspiration, et dit d'une voix douce mais déterminée:
"Paige compte beaucoup pour moi".
"Je vois ça", répondit simplement Pam Fields.
"Mais, Emily..." ajouta-t-elle avec précaution. "Tu n'as que dix-sept ans... Paige aussi... et tu ne la connais pas depuis longtemps."
Emily hocha la tête, la gorge serrée.
"Et elle repart en Californie très bientôt", ajouta Pam.
"Je sais", dit Emily d'une voix qu'elle essaya de contrôler mais qui tremblait un peu.
Le visage d'Emily s'éclaira lorsqu'elle vit son père apparaître sur l'écran de l'ordinateur. Wayne Fields avait l'air fatigué, mais arborait comme toujours un sourire chaleureux.
"Hello, Emmy" dit la voix douce et apaisante de son père, et Emily sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine.
"Papa, je suis tellement heureuse de te voir... tu me manques", dit-elle avec sincérité.
"Toi aussi, Emmy. Tu me manques tellement", dit le militaire.
Ils parlèrent quelques minutes, de choses banales, du lycée, de la natation, du temps qu'il faisait au Texas et en Pennsylvannie.
Puis Wayne Fields tendit une perche à sa fille.
"Ta mère m'a dit que tu avais une chose importante à m'apprendre."
Emily détourna les yeux de l'écran, soudain embarrassée.
"Emmy", dit son père avec douceur. "Tu sais que tu peux tout me dire."
Emily le savait. Mais elle avait quand même un peu peur; Pourtant, elle avait envie de parler de Paige à son père. En seulement quelques jours, la Californienne avait pris tant de place dans sa vie, dans son coeur.
"Je suis amoureuse", dit-elle soudain, se surprenant elle-même.
Qu'est-ce que je viens de dire?
Elle vit l'étonnement sur le visage de son père. Quoique ait pu lui dire son épouse, il ne s'attendait visiblement pas à ça.
Puis Wayne Fields sourit avec affection.
"C'est merveilleux, Emmy", dit-il simplement.
"Vraiment?" demanda Emily.
"Je suis heureux pour toi", répondit son père avec sincérité.
"Même si..." avança Emily.
"Oui?" dit Wayne.
"Même si... c'est une fille", dit Emily très vite, avant d'ajouter: "Je... je suis gay, Papa."
Il lui semblait étrange, et un peu frustrant, d'annoncer ainsi à son père une chose si intime et si importante pour elle. Surtout par écran interposé. Mais c'était ainsi - les choses ne se déroulaient pas toujours comme on l'avait imaginé, Emily le savait bien à présent.
Son père n'avait pas l'air choqué, ni même supris. Il avait toujours le même sourire affectueux.
"Je le sais, Emmy" dit-il enfin, et Emily sentit des larmes de soulagement lui venir aux yeux - parce que son père l'aimait toujours, parce qu'il savait, parce qu'il avait sans doute toujours su.
"Comment?" demanda-t-elle d'une voix tremblante.
La tendresse dans les yeux de son père était évidente quand il lui répondit:
"Tu es ma fille, Emmy, et je t'ai élévée. Même si j'ai été moins présent ces dernières années, je t'ai vue grandir. Et... j'ai vu la façon dont tu regardais Alison", ajouta-t-il avec précaution. "Et quand tu es revenue de ce voyage à Haïti, l'été dernier... tu parlais avec tellement avec passion de cette fille, Maya..."
Emily baissa les yeux. Alison avait été son premier amour - malheureusement non réciproque, encore qu'avec Ali, on ne savait jamais. Maya avait été sa première petite amie, le temps d'un été, une relation brève, mais passionnée, qui avait pris fin lorsqu'Emily avait appris l'infidélité de la jeune fille.
"C'est différent avec Paige", dit-elle doucement. "C'est... récent, mais cela est si... vrai", dit-elle, frustrée de ne pas pouvoir trouver des mots plus juste pour expliquer à son père ce qu'elle ressentait pour la Californienne.
"Tu veux me parler d'elle?" demanda Mr Fields, et Emily essuya furtivement ses yeux. Elle hocha la tête, tout en se disant qu'elle ne savait pas par où commencer.
Paige pensa qu'Emily était peut être déjà endormie -après tout, il était près de minuit- mais elle décida de tenter sa chance.
"Hey, Em, quoi de neuf?" tapa-t-elle sur son portable, avant de réaliser que son message était trop banal et impersonnel. Elle envoya donc très vite un autre texto: "Tu me manques."
La réponse arriva presque immédiatement.
"Tu me manques aussi", avait écrit Emily.
Paige sourit.
"J'aimerais entendre ta voix, mais les coups de fils sont interdits la nuit. Et puis, il y a une autre malade dans la chambre maintenant" écrivit-elle.
"Dommage", répondit Emily. "Ta voix sexy me manque. Et, quelqu'un dans ta chambre... je devrais être jalouse?"
Dans son lit d'hôpital, le sourire de Paige s'élargit lorsqu'elle lut la réponse de l'autre fille. J'adore quand Emily Fields flirte avec moi. Même si c'est seulement via textos.
"Elle a 78 ans, et la couleur de son visage est disons... vert kaki. Je crois qu'elle a un problème au foie", répondit-elle.
"Oh, désolée" tapa Emily.
"Pour elle ou pour moi?"
"Les deux."
Une infirmière entra dans la chambre, allumant la lumière sans cérémonie. Paige dissimula rapidement son portable sous les couvertures.
"Vous ne dormez pas?" demanda l'infirmière à Paige d'un ton peu aimable.
La Californienne lui adressa son sourire le plus charmeur.
"J'aimerais bien, mais je ne suis absolument pas fatiguée. Sans doute l'effet d'avoir passé toute la journée au lit."
L'infirmière, les sourcils froncés, fixa l'adolescente. Elle se demandait visiblement si elle se moquait d'elle. Mais Paige McCullers arborait un air tout à fait innocent, et seul un oeil exercé aurait pu décéler l'éclair de malice qui brillait dans ses yeux noisettes. La femme haussa les épaules, vérifia les perfusions de la voisine de chambre de Paige, et finit par sortir enfin de la chambre après avoir éteint la lumière.
La Californienne ressortit son portable de sous la couverture. Dans l'intervalle, Emily lui avait envoyé un autre texto.
"J'ai parlé à mon père", avait écrit la Californienne.
Paige avala sa salive.
"A propos de..."
"Oui", répondit simplement Emily. Paige n'eut pas le temps de taper sa réponse, un autre texto arrivant aussitôt.
"Tout va bien", avait écrit Emily. "Nous avons beaucoup parlé. Et mon père a hâte de te connaître."
Dans l'obscurité de sa chambre d'hôpital, seulement éclairée par l'écran de son portable et par les voyants des appareils médicaux, Paige sentit une étrange sensation l'envahir - un mélange de joie et d'appréhension. Elle était touchée qu'Emily veuille la présenter à son père, mais elle savait aussi que le sujet de l'avenir de leur relation allait devoir être abordé.
"C'est génial", répondit-elle d'abord. "Mais, Em... tu sais que je repars dans trois jours."
Son message à peine envoyé, Paige s'en voulut immédiatement. Tu as un don pour casser l'ambiance, McCullers.
La réponse d'Emily la laissa à la fois surprise et soulagée.
"Carpe Diem", avait simplement écrit la belle brune.
"Tu parles latin?" questionna Paige, étonnée.
"Non, mais j'ai vu 'Le cercle des poètes disparus.'"
"Bonne référence, Fields. Tu n'aimes donc pas que les films d'horreur de série B."
"Tu n'as pas le monopole du bon goût, McCullers" fut la réponse d'Emily.
Les deux filles échangèrent encore des textos pendant une bonne demi-heure, alternant entre mots tendres et taquineries. Ce fut Emily qui mit fin à la conversation, pointant le fait que Paige devait absolument se reposer. Après avoir protesté, la Californienne finit par se laisser convaincre, chacune des filles arborant le même sourire rêveur sur le visage après avoir éteint leurs portables.
"Je t'assure", dit Emily avec une moue boudeuse. "Il la draguait. Ouvertement. Si je n'étais pas arrivée..."
Ayant convaincu sa mère d'aller chercher elle-même Paige à l'hopital (par chance, elle n'avait pas cours avant dix heures ce matin-là), elle avait trouvé la Californienne et Wren en pleine conversation, et un peu trop proches à son goût. Dans tous les sens du terme. Le médecin étant assis fort peu professionnellement sur le lit de sa patiente, inclinée vers elle, et lui murmurant dieu seul sait quoi dans l'oreille. Les joues rougies de Paige et le petit sourire de la Californienne n'avaient pas échappé à l'oeil jaloux d'Emily.
Spencer se mordit les lèvres pour ne pas rire. La mince fille brune était assise en tailleur sur le lit d'Emily, celle-ci étant installée sur la banquette devant la fenêtre. Les deux lycéennes avaient rejoint la maison des Fields dès la fin des cours, retrouvant Paige qui avait passé la journée à se reposer.
"Hum", intervint Paige qui était allongée de tout son long sur le lit d'Emily. "Je peux me défendre? Wren ne flirtait absolument pas avec moi. Il était juste... prévenant, et tout à fait amusant, voilà", avoua-t-elle en rougissant légérement.
"Ne t'en fais pas, McCullers. Tu n'est pas la première à tomber sous le charme britannique du docteur Kingston", dit ironiquement Spencer.
Paige haussa les épaules, mais Emily et Spencer ne manquèrent pas de remarquer qu'elle avait rougi, et pas qu'un peu.
Depuis le siège devant la fenêtre, Emily lui envoya un coussin que Paige évita de justesse, avec un petit rire heureux.
"Tu es la seule dans mon coeur, Em" dit-elle, et Emily se sentit fondre instantanément.
Le sourire aux lèvres, Spencer observa l'interaction entre les deux filles.
"Hanna a raison", dit-elle. "Vous êtes adorables. Un peu trop, d'ailleurs. C'est limite écoeurant."
"Hanna parle de nous deux?" demanda Emily, avant d'ajouter: "Bien sûr. Forcément. Question idiote. Je suppose que tout le lycée est au courant." Elle détourna les yeux, regardant par la fenêtre. Paige et Spencer échangèrent un regard.
"Em?" demanda Paige d'un ton incertain, avant d'être rassurée par le sourire qu'Emily lui adressa.
"C'est OK, Paige" dit la belle brune. "Je suis heureuse d'être avec toi. Je suis fière d'être avec toi." ajouta-t-elle, l'air résolu.
Paige ne répondit pas, mais le sourire béat qu'elle arborait sur son visage parlait pour elle.
Spencer toussa discrètement. "Hum", dit-elle.
"Trop de guimauve pour toi, Hastings?" lui demanda Paige.
La mince fille brune lui fit un clin d'oeil. "Tu as deviné, McCullers."
Paige lui sourit. Elle savait que derrière son masque sacarstique, Spencer cachait un côté romantique, voire fleur bleue. Elle tapota le genou de Spencer, d'un geste à la fois joueur et apaisant, pour lui montrer qu'elle n'était pas dupe. Spencer lui adressa une grimace.
Emily observait ses deux amies. La complicité entre les deux filles était évidente. Cela lui faisait plaisir bien sûr mais elle ne pouvait, en même temps, s'empêcher d'éprouver un étrange sentiment de jalousie. Heureusement que Spencer n'est pas gay, pensa-t-elle soudain, tout en se maudissant d'être aussi infantile.
Spencer étant Spencer, donc incroyablement perspicace, le trouble de son amie ne lui échappa pas.
"Ne t'inquiètes pas, Em. Je joue toujours pour l'autre équipe", dit-elle d'un ton léger.
A côté d'elle, Paige dû se mordre les lèvres pour ne pas rire. Elle trouvait Emily absolument adorable quand elle était en plein doute. En fait, en y réfléchissant, elle trouvait Emily absolument adorable tout le temps.
A ce moment, le portable de Spencer retentit, signalant l'arrivée d'un texto.
La fine brune eut un sourire en coin en consultant le message.
"C'est Wren", dit-elle en appuyant sur le prénom, et en fixant Paige ostensiblement. "Il veut savoir si Paigey va toujours bien."
"Tu vois!" s'exclama Emily. "Je n'y crois pas! Il a même déjà un surnom pour toi!"
Paige fit une moue navrée. "Paigey" était le surnom que sa mère, et elle seule, utilisait pour elle. Elle savait que Wren lui avait parlé plusieurs fois par téléphone, au sujet de son état de santé. Elle maudit intérieurement sa mère, qui avait sans doute laissé échappé l'affectueux diminutif lors d'une de ses conversations avec le médecin.
"Vous êtes vraiment divertissantes, toutes les deux", dit Spencer dont les yeux pétillaient de malice. "Mais je dois y aller. Dîner en famille chez les Hastings. L'absence n'est pas une option, hélas."
Emily raccompagna Spencer à la porte. Lorsqu'elle revint dans sa chambre, elle vit que Paige s'était maintenant installée sur le siège devant la fenêtre. Le regard de la Californienne était perdu dans le vague.
"Paige", dit Emily en fronçant les sourcils. "Tu dois te reposer... rester allongée..." Elle avait décider de laisser son lit à sa correspondante pour le reste de son séjour, malgré les protestations de celle-ci.
Paige tourna la tête vers elle et sourit. "C'est bon, Em. Je me sens parfaitement bien, maintenant. J'ai toujours eu du mal à rester au lit, même quand j'étais vraiment malade. Cela rendait ma mère folle."
Elle fit signe à Emily de venir s'asseoir en face d'elle, et poussa ses jambes pour lui faire de la place.
"Em", dit-elle soudain, le regard sérieux. "Nous n'avons jamais parlé de... de la suite. Je veux dire, pour nous deux."
Emily sentit son corps se crisper. Elle détourna les yeux.
"Non, effectivement" dit-elle d'une voix qu'elle s'efforça de rendre impassible.
"Emily", dit à nouveau Paige. "Je pars dans deux jours, et..."
"C'est bon, Paige", la coupa Emily. "Je n'ai pas... je veux dire, je le savais depuis le début. Si tu veux que ça ne soit comme... comme un simple flirt de vacances, c'est... c'est OK."
"C'est ce que tu veux?" demanda Paige d'une voix heurtée.
"C'est visiblement ce que toi, tu veux" répliqua Emily.
Paige eut un mouvement de recul, comme si elle avait été frappée. Elle regarda Emily d'un air incrédule.
"Comment... comment peux-tu dire ça?" balbutia-t-elle. "Ce... ce n'est pas à cause de Wren, n'est-ce pas? Parce que il ne s'est rien..."
Emily fit un geste impatient. "Ce n'est pas ça. Rien à voir avec ton médecin beau gosse."
"Alors?" dit Paige.
Emily sentit la colère monter en elle. Paige faisait-elle exprès de ne pas comprendre?
Elle se leva et commença à arpenter sa chambre, les bras serrés autour d'elle.
"Tu veux savoir? Et bien, pour commencer, tu n'as jamais abordé le sujet de mon futur séjour chez toi. Tu sais que l'équipe de Rosewood est sensée venir en Californie dans quatre mois, n'est-ce pas? Alors pourquoi tu n'en as jamais parlé? Tu ne veux pas de moi dans ta maison? Dans... ta vie?"
Paige secoua la tête avec vigueur.
"Em, ce n'est pas du tout ça", dit-elle. "Je... je n'attends que ça, au contraire. Si je n'en ai pas parlé, c'est que..." elle s'interrompit et baissa la tête.
"Oui?" dit Emily, la voix toujours tendue. "C'est quoi? Tu as d'autres secrets que je ne dois pas découvrir, comme pour Stanford? Comme pour... ta maladie?"
Elle regretta ses mots à peine prononcés. Surtout quand elle vit Paige se lever d'un bond, et sortir de la chambre sans dire un mot.
Super, Fields. Vraiment bien joué, se dit une Emily à présent envahie par la culpabilité.
