Disclaimer: Comme d'habitude (j'ai un peu la flemme d'écrire que tout cet univers appartient à JK. Rowling et que je ne gagne rien dans l'affaire)
Remerciements: A tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l'écriture de cette fic
Chapitre XII : Sur les traces de R.A.B.
Au 12, Square Grimmaurd, alors que l'aube pointait déjà au-dessus des toits de Londres, l'ambiance de la réunion de l'Ordre du Phénix était morose. Les filatures et les enquêtes de Mangemorts présumés n'avaient rien donné et Voldemort ne donnait aucun signe de vie depuis l'attaque de ses partisans et des Détraqueurs sur le Chemin de Traverse. Tous savaient que ce calme apparent ne présageait rien de bon. D'autant plus que le reste du monde sorcier commençait à s'agiter. Les idées de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom recommençaient à se propager, notamment en Europe Centrale où rayonnait l'école de Durmstrang.
Maugrey Fol Œil terminait de faire son rapport sur les activités d'un obscur agent du Ministère de la Magie quand le carillon de la porte d'entrée se fit entendre. S'en suivit la litanie d'injures habituelle du portrait de Mrs Black.
« Immondes pourceaux !!!! Traîtres à notre race !!!! Profanateurs !!! Comment osez-vous souiller ma maison !!!… »
Remus Lupin se précipita dans le hall pour voir qui était entré. Personne n'était attendu à cette heure au quartier général de l'Ordre. Après avoir infligé un Silencio particulièrement féroce au tableau, il ouvrit la porte et vit avancer vers lui les personnes qu'il s'attendait le moins à voir en ces lieux. Harry, Ron, Hermione et Ginny, apparemment légèrement blessés se tenaient devant la porte, forçant Mrs Black à retourner derrière son rideau.
- Harry ! Qu'est-ce que vous faites-là ? Il s'est passé quelque chose au Terrier ? demanda Lupin en les faisant entrer précipitamment. Vous êtes blessés ?
- C'est une longue histoire Remus, lâcha Harry. Mais ça ne s'est pas passé au Terrier. Tout va bien là-bas.
Le loup-garou comprit alors :
- Vous êtes allés à Godric's Hollow ? C'est ça ?
Le silence des jeunes gens constituait une réponse suffisamment éloquente. Entre-temps, Alastor Maugrey, Mr Weasley et le Professeur McGonagall étaient venus aux nouvelles.
- Mr Potter ! Dans quel pétrin vous êtes-vous mis encore ? s'exclama Minerva.
- Nous sommes allés à Godric's Hollow cette nuit, répondit laconiquement Harry.
- Pour quelle raison ? s'étouffa le professeur de métamorphose.
- Je voulais voir la tombe de mes parents, Professeur… et l'endroit où ils sont morts.
Tous les adultes fixaient Harry du regard et l'œil magique de Maugrey tournait dans tous les sens. Le jeune homme était mal à l'aise, sentant que tous devinaient qu'il leur cachait quelque chose.
- Et vous n'avez rien trouvé de mieux que d'emmener vos camarades avec vous, je suppose, finit par lancer McGonagall
- Nous sommes venus de notre plein gré, Professeur, intervint Ron pour défendre son ami.
- Bien. Allez au salon, je vous envoie Madame Pomfresh pour qu'elle soigne vos blessures. Ensuite, nous reprendrons tout depuis le début… sans rien omettre.
Elle avait appuyé sur ces derniers mots, les yeux rivés sur Harry. Les jeunes gens ne se le firent pas dire deux fois et s'acheminèrent vers le salon pour y attendre l'infirmière de Poudlard. Comme à son habitude, elle entra en pestant contre l'inconscience chronique des jeunes d'aujourd'hui. Puis elle entreprit de soigner les quatre amis sans douceur aucune, afin d'exprimer sa réprobation.
- Que cela vous serve de leçon, dit-elle en terminant d'appliquer un onguent sur le cou de Ginny. Si seulement il y avait un moyen de vous faire entrer dans le crâne qu'on sort rarement indemne d'un combat magique.
Personne ne broncha. Tous étaient conscients qu'ils l'avaient échappé belle. Mrs Pomfresh les envoya directement à la cuisine où on les attendait. Assis autour de la table, Lupin, le professeur McGonagall, Mr Weasley, Maugrey, Bill et Tonks avaient repris leur réunion. L'arrivée des quatre aventuriers interrompit la fin du rapport de la jeune Auror qui avait suivi Narcissa Malefoy dans l'espoir de tomber sur sa sœur Bellatrix Lestrange.
- Les enfants, votre mère est furieuse. J'ai essayé de la calmer en disant que vous étiez sortis indemnes de votre escapade, mais vous la connaissez… annonça Mr Weasley à Ron et Ginny.
- Pour l'instant c'est à nous que vous devez rendre des comptes, intervint Lupin. Je suis extrêmement déçu, Harry. D'abord parce que tu fais fi de toutes les protections que nous avons mises en place au Terrier pour ta sécurité. Arthur et Molly sacrifient leur tranquillité pour t'accueillir chez eux et tu t'en fiches !
Harry pâlit brusquement.
- Je suis également déçu par ton manque de confiance. Tu aurais pu nous prévenir pour ton escapade. Nous aurions prévu une escorte… A moins que tu ne veuilles cacher quelque chose à l'Ordre.
Le jeune homme avait envie de leur rappeler le nombre de fois où l'Ordre lui avait caché des informations qui le concernaient directement. Il voulait leur démontrer que ce n'était qu'un juste retour des choses après tout. Mais son sentiment de culpabilité vis-à-vis des Weasley l'en empêcha.
- Qu'est-ce que tu ne nous dis pas, Harry ? demanda doucement Lupin.
Le jeune Potter commençait à hésiter. L'Ordre avait le droit de savoir. Pas comme Scrimgeour, qui l'avait interrogé plusieurs fois sur les absences fréquentes de Dumbledore. Il fallait qu'il lève un coin du voile pour leur montrer qu'il y avait un espoir de vaincre Voldemort. Il avait également besoin de leurs connaissances. Il ne savait pas comment détruire les Horcruxes, il ne savait même pas où les trouver. Et qui était R.A.B. ? Ils le savaient peut-être.
Tous regardaient Harry avec anxiété. Sur son visage se lisait chacune de ses hésitations, le tiraillement intérieur, le choc des arguments dans son esprit. Au bout d'un long silence, Harry prit la parole.
- Je sais comment Voldemort a pu revenir et comment l'empêcher de recommencer.
Hermione étouffa un cri de protestation. Harry savait que ce n'était pas tout à fait vrai. Il savait ce qui s'était passé, mais manquait d'indices pour tirer parti de ses connaissances. Les membres de l'Ordre continuait de le regarder attendant qu'il développe sa pensée.
- Le problème, c'est que j'ai promis au Professeur Dumbledore de ne jamais en parler. Il y a bien trop de risques que l'information n'échappe à quiconque sous la torture, reprit-il.
- Pourtant tu l'as dit à tes amis, Harry, remarqua Remus.
- Serions-nous moins dignes de confiance, Harry ? demanda Tonks.
- Ce n'est pas votre loyauté envers l'Ordre qui est en cause, se défendit Harry. Mais ce chemin, je dois le prendre seul. Personne d'autre que moi ne peut tuer Voldemort. C'est dans la Prophétie. Cela dit…
Il frissonna en repensant à Ginny sur le point de suffoquer et il se remémora les doutes qui l'avaient saisi après avoir lu les lettres de ses parents et de Dumbledore.
- Je comprends maintenant que je vais avoir besoin de votre aide, reconnut-il humblement, et que vous cacher certaines de ces informations risque de me mener à l'échec.
- Dans ce cas, nous vous écoutons, Potter, dit le professeur McGonagall sembler lutter contre l'impatience et l'exaspération.
Harry se lança :
- Ce qui protège Voldemort de la mort est un procédé de magie noire appelé Horcruxe.
A ce mot, Maugrey Fol Œil tressaillit. Il ne faisait aucun doute qu'un chasseur de mages noirs aussi réputé avait déjà entendu ou lu ce mot au moins une fois. Remus lui-même ne put s'empêcher de frissonner.
- Cela consiste à déchirer son âme et à en enfermer un morceau dans un objet. Lorsque le sorcier est atteint par un sortilège mortel, son âme ne quitte pas le monde des vivants. Elle est retenue parmi nous par l'Horcruxe, l'objet qui renferme l'autre morceau d'âme.
Un silence de mort régnait dans la cuisine. Tous étaient accrochés aux lèvres de Harry, pendant qu'il expliquait la manière de créer un Horcruxe. Seul Remus se permit d'interrompre le jeune homme.
- Mais il y a un problème, j'imagine.
- Avec Voldemort, il y a toujours un problème, rétorqua Harry. En fait, il y en a même plusieurs. D'abord, il ne s'est pas contenté d'un seul Horcruxe, il y en a sept, lui y compris. Sept parce que c'est le nombre qui a le plus de puissance magique. Le professeur Dumbledore et moi-même en avons déjà détruit deux. Le directeur a détruit l'anneau du grand-père de Voldemort l'année dernière. Et moi, je m'étais déjà chargé du journal intime de Tom Jedusor dans la Chambre des Secrets, sans même savoir ce que c'était.
- Tu as une idée pour les quatre autres ? s'enquit Tonks.
- Voldemort a un serpent nommé Nagini. C'est lui qui vous a mordu au Ministère, Mr Weasley. Il semble que Voldemort ait un contrôle sur ce monstre qui dépasse de loin celui que peut avoir un Fourchelang. Le Professeur Dumbledore m'a fait remarquer à quel point il était dangereux de confier un morceau de son âme à une créature pensante, même si elle a aussi peu de cervelle que Nagini. Mais il pensait que par ce choix, Jedusor avait voulu montrer plus fortement encore son lignage.
- Ensuite, demanda Mr Weasley que l'évocation de Nagini avait fait blêmir.
- Voldemort est un collectionneur. Et il est obsédé par Poudlard. Il a longtemps cherché des reliques des quatre fondateurs de l'école. Je sais qu'il en a volé deux à une descendante d'Helga Poufsouffle, Miss Hepzibah Smith, après l'avoir tuée et fait accuser son elfe de maison. Il s'agit d'une coupe appartenant à Helga Poufsouffle et un médaillon ayant appartenu à Salazar Serpentard.
- Il en reste encore un. Est-ce une relique également ? Et de qui ? Rowena Serdaigle, j'imagine. Je vois mal Voldemort confier son immortalité à un objet de Godric Gryffondor, dit Minerva McGonagall.
- Et vous avez raison. Mais ça, je n'en suis sûr que depuis ce soir seulement. Les deux seules reliques connues de Gryffondor sont le Choixpeau magique et l'épée d'argent gravée à son nom. Le professeur orientait donc ses recherches du côté de Serdaigle.
- Et qu'est-ce qui te permet d'affirmer que l'Horcruxe est un objet de cette fondatrice ?
Harry prit son temps avant de répondre. Repenser aux visions qu'il avait eues au milieu des ruines lui était pénible.
- La maison de mes parents, ou plutôt ce qu'il en reste, m'a montré le soir où Voldemort est venu pour me tuer. J'ai assisté au meurtre de ma mère. Au moment où elle s'est interposée au moyen de l'Ancienne Magie, Voldemort tenait dans sa main une canne de bois sculpté. Dans les ornements j'ai reconnu l'aigle, symbole de Rowena Serdaigle.
- Crois-tu qu'il ait eu le temps d'en faire un Horcruxe, demanda Hermione. Après tout, c'est ta mort qui devait déchirer son âme, pas celle de ta mère.
Harry y avait déjà réfléchi sur le chemin du cimetière. Il ne leur avait pas tout dit de ce qu'il avait vu de ce soir-là. Mais il était certain que la canne avait rempli son office.
- J'ai aussi vu une sorte de brume grise, moins qu'un fantôme, sortir du corps de Voldemort et entrer dans la canne. Ça ressemblait à la forme qu'il avait avant de retrouver un corps, expliqua Harry.
Il se tut et les membres de l'Ordre se mirent à réfléchir à ce que toutes ces nouvelles informations impliquaient. Le jeune homme commençait à se demander s'il avait bien fait de leur révéler tout cela. Devinant ce qu'il avait en tête, ses trois amis se rapprochèrent de lui.
- Nous avons besoin de leur aide, lui dit simplement Hermione
- Tu penses leur en dire plus ? chuchota Ron.
- Oui, répondit Harry. Ils savent peut-être qui est R.A.B..
Le Professeur McGonagall les interrompit dans leur conciliabule. Harry avait parlé de plusieurs problèmes et pour le moment, il n'avait mentionné que le nombre d'Horcruxes et leur nature. Il connaissait déjà la question qu'allait lui poser la directrice de Poudlard.
- Quelles sont les autres difficultés ? s'enquit Minerva.
- La localisation des Horcruxes. Il semble que Voldemort les cache dans des endroits qui a du sens pour lui. Des endroits en rapport avec son histoire personnelle : la maison de ses ancêtres, auprès de Lucius Malefoy, une grotte où il a expérimenté pour la première fois ses pouvoirs magiques… Or, nous savons peu de choses de la vie de Voldemort.
- Effectivement, les trouver ne va pas être facile. Tu as des pistes ? demanda Lupin
- J'y ai beaucoup réfléchi et je pense connaître quelques personnes à aller interroger, intervint Hermione. Des gens comme Lucius Malefoy et Caractacus Beurk, par exemple.
- Dumbledore aura probablement déjà interrogé Beurk. Quant à Malefoy, même s'il est à Azkaban, il refusera de coopérer.
- Pas nécessairement. Après son fiasco au Ministère, il ne doit pas avoir hâte de retourner dans les rangs des Mangemorts, lâcha Harry. Nous pouvons aussi lui expliquer comment il a provoqué la destruction d'un Horcruxe de son maître en se défaisant du journal, et le menacer de le dénoncer à qui de droit.
- Attends une minute, Potter.
Maugrey Fol Œil prenait la parole pour la première fois depuis que Harry avait commencé à révéler les secrets de Voldemort.
- Tu nous as dit que Dumbledore et toi vous aviez détruit deux Horcruxes, c'est bien ça ?
Harry acquiesça.
- Mais tu nous a parlé de trois cachettes : la maison du grand-père de cette fripouille, cette ordure de Malefoy et une certaine grotte. Il y a quelque chose qui cloche dans ton récit.
- J'allais y venir, répondit Harry. Le soir où les Mangemorts ont attaqué Poudlard, le Professeur et moi sommes allés à cette grotte. Voldemort l'avait truffée de magie noire et d'Inferi pour y cacher son Horcruxe : le médaillon de Serpentard. Je ne me suis rendu compte que plus tard qu'il s'agissait d'un faux Horcruxe et qu'il contenait un message.
- Qu'y avait-il d'écrit dans le message ? Qui l'a signé ? demanda fébrilement Maugrey
- Ceci…
Harry sortit de sa poche le faux Horcruxe qui ne le quittait plus et l'ouvrit. Il déplia le petit parchemin et se mit à lire :
Au Seigneur des Ténèbres,
Je sais que je ne serai plus de ce monde
bien avant que vous ne lisiez ceci
mais je veux que vous sachiez que c'est moi
qui ai découvert votre secret.
J'ai volé le véritable Horcruxe
Et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai.
J'affronte la mort dans l'espoir
Que lorsque vous rencontrerez un adversaire de votre taille,
Vous serez redevenu mortel.
- Et c'est signé R.A.B., conclut Harry.
- Sais-tu qui est ce mystérieux voleur, Harry ? demanda Lupin.
- Hermione a fait des recherches, mais aucun des sorciers trouvés dont les noms correspondent ne collent au profil, répondit le jeune homme.
- R.A.B…. R.A.B…. Ça me dit quelque chose, songea Tonks à voix haute.
- Une idée, ma chérie ? s'enquit Remus.
- Les initiales me sont familières mais je n'arrive pas à me rappeler pourquoi, expliqua la jeune Auror.
- Nous y avons beaucoup réfléchi avec Hermione, Ron et Ginny. Nous pensons qu'il s'agit d'un Mangemort. D'abord parce qu'il appelle Voldemort le Seigneur des Ténèbres. Seuls les Mangemorts lui donnent ce titre. De plus, il a fallu qu'il soit assez proche de lui pour apprendre l'existence des Horcruxes.
- Oui, mais des Mangemorts qui ont retourné leur veste, il y en a pas mal mon garçon, rétorqua Maugrey.
- C'est juste. Beaucoup ont trahi quand Voldemort a disparu. Mais combien ont changé de camp avant le 31 octobre 1981 ? remarqua Lupin.
- Il y a Rogue, mais maintenant nous savons que sa trahison n'était qu'une couverture… lança Ginny.
- Et les autres sont morts avant d'avoir pu faire quoi que ce soit de ce genre.
- Remus, je crois que je sais où j'ai vu les initiales. Passe moi la Poudre de Cheminette ! s'exclama Tonks.
La jeune femme se précipita vers la cheminée de la cuisine, prit de la poudre que lui tendait Lupin et la jeta dans l'âtre :
- 25, allée des Nymphes !
Elle plongea la tête dans le tourbillon de flammes vertes. En quelques secondes, l'âtre du 12, Square Grimmaurd fut remplacé par un salon à la mode moldue. Tonks appela :
- Maman ?! Maman, tu es là ?!
Elle entendit des bruits de pas précipités et une femme d'une cinquantaine d'année aux traits fins entra dans la pièce.
- Nymphadora ! Ma chérie, comme je suis contente de te voir ! s'exclama Andromeda Tonks.
- Maman ! grogna la jeune femme, tu sais que je n'aime pas quand tu m'appelles comme ça.
- Et comment veux-tu que je t'appelle, c'est ton prénom. Je ne vais pas t'appeler Tonks comme tes amis, je suis ta mère. Mais passons, qu'est-ce qui me vaut le plaisir de ta visite ?
- J'ai besoin de tes lumières. Les initiales R.A.B., ça te dit quelque chose ?
La mère de Tonks pâlit à l'énoncé de la mystérieuse signature.
- Ou… Oui… Pourquoi tu me demandes ça ? balbutia Andromeda.
- Parce que nous avons trouvé une vieille lettre signée avec ces initiales et que nous aimerions savoir de qui il s'agit. Tu connais cette personne ?
- Oui… Je la connaissais, hésita Mrs Tonks. C'était mon cousin, Regulus Arcturus Black.
- Quoi ! Le frère de Sirius ?! s'écria la jeune Auror.
- Lui-même. Jamais je n'aurais pensé entendre parler à nouveau de lui après sa dernière visite. C'était quelques temps avant que ses propres compagnons ne l'assassinent.
- Raconte-moi, réclama Tonks.
- Il n'y a pas grand-chose à en dire. Il est venu me voir en cachette, il m'a dit qu'il allait quitter son maître, qu'il allait lui porter le premier coup, à d'autres de faire le reste. Il voulait que je garde quelque chose pour lui, son journal. Je n'ai jamais osé le lire, ni même l'ouvrir.
- Tu l'as encore ?
- J'ai eu plusieurs fois envie de le jeter aux ordures, mais quand j'ai appris sa mort, je l'ai caché. J'avais toujours eu une certaine tendresse secrète pour ce cousin qui obéissait à contre cœur à ses parents pour être digne de « noble » maison des Black. Bien sûr je lui préférais Sirius qui avait le courage de s'opposer ouvertement à la famille, mais Regulus était si jeune, si naïf…
Nymphadora crut percevoir une ombre de regret dans les yeux de sa mère.
- Si j'avais su, je l'aurais plus soutenu, je l'aurai aidé.
- Pourquoi te l'a-t-il donné à toi et pas à quelqu'un d'autre de la famille ?
- Parce qu'il ne pouvait avoir confiance ni en cette folle de Bellatrix, ni en Narcissa qui avait épousé Malefoy. Et Sirius n'aurait jamais cru Regulus, s'il avait pu l'approcher.
- Peux-tu me donner le journal ? demanda Tonks. C'est important, il y a peut-être des informations capitales dedans.
- Je vais te le chercher tout de suite.
Andromeda sortit rapidement du salon. Tonks avait une petite idée de l'endroit où était caché le journal de Regulus. Lorsqu'elle était petite, elle était tombée dessus par hasard. Elle n'en avait qu'un vague souvenir, juste les trois initiales gravées en lettres d'or au dos de la couverture de cuir. Elle jouait dans la chambre de ses parents et avait remarqué une latte du plancher mal ajustée. Intriguée, elle l'avait soulevé et avait trouvé une sorte de vieux cahier. Au moment où elle allait le saisir, elle avait entendu les pas de sa mère dans le couloir. La petite fille n'avait eu que le temps de remettre la latte en place comme si de rien n'était et n'y avait plus repensé. Le lendemain, elle partait à Poudlard pour sa première année.
Andromeda revint au bout d'un long moment qui avait semblé une éternité pour sa fille. Ses genoux lui faisaient un mal de chien dans cette position.
- Le voici, dit Andromeda en tendant le fameux journal à Tonks.
Il était exactement comme dans les souvenirs de la jeune Auror. Elle le prit entre ses dents et fit un clin d'œil à sa mère :
- Merchi Maman, je te recontacte.
- Prends soin de toi Nymphadora, répondit Andromeda.
Tonks ne tiqua même pas au son de son prénom et recula pour retrouver la cuisine du 12, Square Grimmaud. Tous attendaient avec impatience qu'elle rapporte sa conversation.
- Alors ? demanda Remus sans préambule.
- C'est Regulus Black ! déclara Tonks, après avoir pris en main le cahier qu'elle tenait dans sa bouche.
- Comment ? Tu en es sûre ? s'exclama Harry.
- Ma mère, qui était sa cousine, m'a raconté qu'il était venu la voir peu de temps avant de mourir, pour lui annoncer son prochain départ des Mangemort. Il allait porter un coup dur à Voldemort et surtout, il est venu pour lui donner ça ! expliqua-t-elle en montrant le journal de Regulus.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Ron.
- Son journal. Il doit y raconter sa vie de Mangemort et y fournir les raisons de sa trahison envers Voldemort. Ma mère ne l'a jamais lu, elle n'a jamais osé.
- Mais alors… Il y explique aussi peut-être comment détruire les Horcruxes ? réalisa Hermione.
- Vous ne savez pas comment les détruire ? s'étonnèrent les membres de l'Ordre.
- Non, c'est le dernier de nos problèmes, mais pas le moindre, admit Harry. Le journal de Jedusor, je l'ai détruit avec le crochet plein de venin du Basilic de Serpentard, quant à l'anneau de Gaunt, je ne vois absolument pas comment le Professeur Dumbledore s'y est pris. Tout ce que je sais, c'est qu'il y a perdu un bras. La destruction de tous les Horcruxes risque de me coûter diablement cher.
Chacun se mit à réfléchir à un moyen de détruire les morceaux d'âme de Voldemort, plongeant la cuisine dans un long silence pensif. Tonks l'interrompit brusquement :
- Bon, on le lit ce journal ?!!!
Petite réponse à ceux qui ont cru deviner dans le précédent chapitre, ma position sur Rogue : vous n'en êtes qu'au douzième chapitre d'une fanfic qui en compte plus de soixante. Croyez-vous vraiment que j'allais tout révéler comme ça ? C'est mal me connaître, amis lecteurs. Mais l'heure n'est pas à Servilo, mais à RAB. Que contient ce journal ? Qu'en tireront nos héros? Vous le saurez la semaine prochaine en lisant le treizième chapitre: le Journal de Regulus Arcturus Black
