Chapitre 12:

Est ce que ces résumés servent seulement ? À part à moi bien sûr. Loki est sur Asgard. Lente évolution.

/!\ Message important en note finale /!\ Ps Saphir98: Oui, je sais, on est le 17, mon alarme a sonné...^^'

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Les mois qui suivirent ne furent qu'une longue série de fêtes et de beuveries. Thor retrouva un amusement nouveau à festoyer avec ses amis, se remettant avec plaisir dans les draps confortables de la paix. Peu à peu, les blessures provoquées par la perte précipitée de ceux tombés au combat s'effacèrent, remplacés par une tristesse et une amertume assourdies.

Avec un étonnement sans cesse renouvelé, Thor constatait en des centaines de points à quel point les événements avaient changé sa personnalité. Il se retrouva plus d'une fois se diriger d'instinct vers la salle du trône pour écouter les jugements rendus par son père ou aller au Conseil, qu'il évitait autrefois comme la peste.

La paperasserie avait été si longtemps son pire ennemi (le seul devant lequel il ait jamais fui) qu'y aller de sa propre initiative le secouait inévitablement.

Quand de tels moments de réalisation le frappait, le dieu du tonnerre marquait toujours un léger arrêt avant de secouer la tête d'un air incrédule. Ses parents l'observaient avec amour et orgueil, fiers de son évolution. Les courtisans le trouvèrent à plus d'une reprise discuter, de son ton animé, avec la reine Frigga des problèmes qui étaient survenu au cours de la journée.

Pour rien au monde n'avait il cependant renoncé aux nombreuses expéditions qu'il avait l'habitude de faire avec le trio palatin et Sif. Les cinq dieux profitaient simplement du calme et de la douce euphorie qui régnait sur Asgard avant de se remettre en quête. Souvent on pouvait apercevoir le trio palatin raconter avec force de gestes les terribles aventures qu'ils avaient vécus et les batailles honorables qui s'étaient déroulées.

Le dieu du tonnerre s'était également rapproché de Sif. Fidèle à sa parole, la déesse avait trainée Fandral à l'aube sur le terrain d'entrainement puis avait proposé un affrontement à Thor qui était venu profiter du spectacle. Malgré la victoire flagrante du prince, les deux dieux amusés avaient recommencés la semaine suivante. Les rendez vous étaient peu à peu devenus une habitude et Thor attendait ces moments avec une certaine impatience.

Malheureusement sortir à cette heure matinale signifiait aussi prendre le risque de croiser leur "invité".

Il était inutile de rappeler l'existence du géant de glace aux asgardiens, dont la simple évocation jetait un froid sur l'assemblée.

Odin n'avait pas perdu de temps en annonçant dès le lendemain la présence du géant de glace et les conditions selon lesquelles il devait être traité. Dire que peu d'asgardiens furent mécontents de la situation eut été un euphémisme mais les grognements rageurs étaient dirigés à l'encontre du géant, non de la famille royale. La colère froide de Thor quand quiconque faisait un commentaire sur le sujet était une preuve suffisante pour les citoyens qu'ils n'étaient pas seuls dans leur antipathie et l'arrangement avait été fait par nécessité.

Personne donc n'avait désobéi aux commandements du Père de Tout.

Le petit monstre s'était de son côté fait exceptionnellement discret, tant et si bien que seuls les insomniaques et lève-tôt avaient pu l'apercevoir se promener dans les couloirs de nuit. Le comportement n'avait cependant en rien rassuré les asgardiens, qui avaient de suite fait remarquer l'étrange horaire. Les théories les plus folles couraient quand aux intentions du géant et seule la surveillance constante d'Heimdall évitait que la situation ne dégénère.

Pour sa part, Thor jugeait que moins il voyait le maudit sorcier, mieux il se portait.

Il était loin -très loin- d'avoir oublié la tentative de meurtre à son égard. De plus, les géants de glace étaient encore très fortement associés dans son esprit avec la guerre et la mort. Il faudrait sans doute des siècles au dieu du tonnerre avant qu'il ne parvienne à rester objectif sur le sujet: si tant est que cela soit possible.

Thor avait recroisé le sorcier une fois depuis son arrivée sur Asgard, quelques jours à peine après son installation. Alors qu'il se rendait sur le camp d'entrainement, le sorcier était apparu dans le couloir, marchant dans le sens inverse. Les deux adversaires s'étaient toisés d'un regard méprisant mais le géant avait prestement baissé les yeux et passé son chemin. Depuis Thor prenait un soin particulier à éviter les lieux même si une part de lui s'indignait de fléchir face à un ennemi dans sa maison.

Peu importe la raison, leur chemin ne s'était plus croisé depuis et le prince n'aurait pu demander plus aux Nornes (hormis sans doute un tragique accident…)

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Loki avait passé la plupart du temps enfermé dans sa chambre, et n'avait que rarement oser sortir. La température brûlante d'Asgard en journée le poussait à se calfeutrer un maximum dans sa cellule (il se refusait à l'appeler une chambre) et ses rares ballades ne pouvait se faire qu'au lever et coucher du soleil: heureux hasard, les allées et avenues à ces heures étaient vides et il avait pu explorer à loisir différentes places.

L'architecture pompeuse et éblouissante ne l'étonnait pas d'un peuple si arrogant. Il ne leur était sans doute jamais même venu à l'idée que tant d'or pourraient attirer l'œil du bandit vers ce nid rutilant.

Leur seul avantage résidait dans le Bifröst, une merveille technologique qu'il avait passé des années à envier et étudier. Venir ici par cette formidable invention avait été le seul point positif de cette dernière année. Et probablement des siècles à venir.

Un grognement agacé sortit de la bouche du Jotun à cette déprimante perspective.

Il se leva et se dirigea vers la porte extérieure, profitant pleinement de la nuit noire. Courtoisie ou injure subtile, Odin ne lui avait attribué aucun garde. Le Jotun penchait sans une once d'hésitation pour la seconde hypothèse, décision arrogante qui visait à le rendre conscient de son incapacité à pouvoir nuire à la cité "des Dieux". Ah, comme si Loki était incapable de sentir cette légère pression qui l'entourait à chaque fois que le regard du Gardien se posait sur lui. Sa liberté n'était qu'apparence.

Mais cela avait ses avantages. Ainsi, seule la profonde haine qu'il rencontrait l'empêchait d'accéder à certaines zones les plus prisées du palais. Publiques, bien évidemment: Loki n'était pas assez idiot que pour s'approcher des suites royales ou même des centres névralgiques telle que la salle du trône. La bibliothèque était cependant un vrai regret et il avait dû se contenter de l'observer de loin.

Il passa devant les jardins sans un regard particulier. La flore des autres royaumes ne l'avaient jamais vraiment séduit. La température glaciale de Jothuneim ne se prêtait pas à des formes de vie aussi fragiles et Loki avait découvert qu'elles périssaient au moindre contact.

Si au moins il avait pu partir chasser ! Mais les seuls animaux qu'il avait croisé étaient à peine plus solides : de petits insectes et oiseaux qui ne s'inquiétaient même pas qu'on les touche. Tout sur ce monde n'était que mièvrerie et délicatesse. Cela le poussait à être constamment sur ses gardes et tendu. Sur Jothuneim, chaque jour était une épreuve, un défi.

Les tempêtes de glace et les crevasses sans fond constamment renouvelées n'étaient qu'un apéritif pour les Jotnars. Leurs "proies", pour autant que l'on puisse appeler ainsi des carnivores, étaient souvent rapides comme l'éclair. Sans oublier leurs pelages d'un blanc glacé au noir rocheux qui se fondaient dans le paysage ou leurs crocs et griffes capables de lacérer un rocher.

Ici, le plus violent animal qu'il lui ait été donné de croiser étaient les Aesirs. Ce n'avait plus rien d'étonnant qu'ils aient fini par se croire supérieurs, si les chats-ailés étaient les seconds en ligne du règne animal !

Il écarta sans ménagement la défaite qu'ils avaient subi à Jothuneim. Ils auraient pu - dû - vaincre sans difficultés leurs ennemis si Laufey l'avait écouté au lieu de Byleistr. C'était la seule et unique raison de leur défaite, et Loki ne pouvait qu'attendre avec impatience le jour où il servirait Asgard sur un plateau d'argent à son père.

Mais pour l'instant, songea t'il avec amertume, il lui restait à survivre à l'ennui qu'il sentait déjà se profiler. Jusqu'à ce que l'opportunité d'agir se présente.

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Ce ne fut finalement qu'une dizaine d'années plus tard que les Nornes exaucèrent le souhait du Jotun. Pourtant, celui ci fut loin de le voir ainsi quand, alors qu'il marchait tranquillement en direction de la vigie, il eut le plaisir discutable de croiser le trio palatin.

À suivre…