Quatre mois pile poil ! J'avais prévu de poster la suite de cette histoire plus tôt, malheureusement j'ai perdu ma clé USB.

Dans Paris.

Avec tous mes chapitres pré-entamés…

Dire que j'étais désespérée serait un euphémisme, mais j'ai bravement remonté mes manches et… Tadaaam ! Voici le chapitre 12 !

Je ne vous raconte pas le temps que j'ai passé à faire des recherches sur les avions ainsi que les calculs de voyage et les décalages horaires pour ce chapitre… Une horreur !

J'arrête ici mon blabla et vous souhaite une très bonne lecture !

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Chapitre XII

Cold Hard Truth


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Jin l'entraînait à travers un dédale de couloirs, sa main impitoyablement refermée sur son poignet et elle avait bien du mal à suivre son rythme.

Il ouvrit une porte au hasard, la fit entrer, referma la porte derrière elle, et la plaqua contre le montant de bois, les mains de chaque côté de sa tête. Elle songea qu'il avait vraiment l'air énervé et elle réprima un gloussement, se doutant qu'il n'apprécierait pas sa réaction.

Il la fixait avec des yeux sombres et elle pouvait voir les muscles contractés de sa mâchoire.

« Alors ? fit-il.

- Alors ? répéta-t-elle, ne sachant pas où il voulait en venir.

- Tu passes une bonne soirée ?

- Excellente, et toi ?

Il serra les dents et son regard se durcit.

- A quoi est-ce que tu joues ?

- Pardon ?

- Qu'est-ce que tu fais avec un type pareil ?

- C'est un ami.

- Un ami ! Tu ne le connais même pas !

- Bien sûr que si ! On a passé plusieurs soirées ensemble !

Voyant que ses paroles avaient été mal interprétées, elle ne put s'empêcher de pouffer de rire.

- Pardon, je voulais dire que nous avons passé plusieurs soirées à discuter. Il se donne un genre de voyou rebelle mais il est plutôt sympa…

- Tu ne connais pas ce genre de types ! Il te fait croire n'importe quoi mais tout ce qu'il veut c'est…

Il s'interrompit soudain, l'air embarrassé.

- Oui ?

- Il cherche juste à profiter de toi ! Tu es jeune et belle, tu es une proie parfaite !

Elle rosit de plaisir en l'entendant la qualifier de « belle » et elle gloussa.

- Quoi ?

- Tu as dit que j'étais belle, babilla-t-elle avec un grand sourire.

Jin resta figé, les joues empourprées, puis se décolla du mur et recula d'un pas. Il la contempla de haut en bas, si intensément qu'elle en fut gênée.

- Oui tu es belle Xiao, reprit-il d'une voix plus calme. Et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit de fâcheux.

- C'est gentil, merci beaucoup, mais est-ce que ça n'est pas un peu contradictoire avec le fait que tu m'aies ignorée ces dernières semaines ?

Il resta silencieux, ne sachant que répondre.

Trois coups frappés à la porte les firent sursauter et Xiaoyu s'éloigna alors que Jin ouvrait la porte à la volée pour tomber nez-à-nez avec le sourire goguenard de Hwoarang.

- Ce n'est pas très poli d'accaparer ma partenaire de la sorte, dit-il d'un ton faussement ennuyé.

- Toi ! siffla Jin.

- Moi. Et si tu as fini, Kazama, j'aimerais récupérer cette charmante jeune femme, nous avons un programme très chargé, fit-il en adressant un clin d'œil à Xiaoyu.

Cela ne plut absolument pas à son rival qui s'avança d'un pas, l'air menaçant.

- Il est hors de question que tu t'approches d'elle !

- Voyez-vous ça ! Depuis quand tu décides à sa place ?

- Depuis que je sais ce que tu as en tête ! Les types comme toi me dégoûtent !

Hwoarang perdit aussitôt son air moqueur et s'avança lui aussi.

- Ah oui ? Tu te crois mieux que moi, Kazama, parce que ton grand-père est riche ? Je ne supporte pas les sales petits bourgeois dans ton genre !

Ils étaient sur le point de s'étriper lorsque Xiaoyu bondit entre eux pour les séparer.

- Ça suffit ! s'exclama-t-elle. Vous êtes ridicules !

- Reste en-dehors de ça, gamine, lança Hwoarang avec un rictus. Je vais enfin régler son compte à ce prétentieux !

Jin eut un reniflement méprisant.

- Tu te crois intimidant ? A part ouvrir ta grande bouche et aboyer comme un chien, tu n'as pas l'air de savoir faire autre chose !

Le rouquin poussa un cri de rage et se jeta sur lui, le poing levé, repoussant Xiaoyu qui trébucha et s'étala de tout son long. Elle poussa un gémissement en sentant une douleur lancinante dans sa cheville gauche. Ôtant sa chaussure, elle tenta de bouger son pied mais dû se mordre les lèvres pour ne pas crier sous la douleur et ses yeux se remplirent de larmes.

Les deux hommes finirent par se rappeler de sa présence et se précipitèrent vers elle pour la relever.

- Ne me touchez pas, bande d'abrutis ! s'écria-t-elle en lançant sa chaussure dans leur direction.

- Wow ! Du calme ! s'exclama Hwoarang qui évita le projectile de justesse.

- Vous ne valez pas mieux l'un que l'autre, espèces d'idiots ! piailla-t-elle en se relevant difficilement, la colère suintant de chaque pore de sa peau.

- Xiao, commença Jin avec un regard désolé.

- Non ! Je ne veux plus vous voir ! Massacrez-vous autant que vous voulez mais je n'en ai plus rien à faire !

- Qu'est-ce qui se passe ? fit une voix derrière eux.

Ils se retournèrent d'un bond pour voir un homme vêtu de vêtements chinois vert et violet. Il avait des cheveux attachés en une longue queue de cheval et les fixait avec les sourcils froncés.

- Miss, tout va bien ? demanda-t-il à Xiaoyu. Est-ce que ces hommes vous importunent ?

Xiaoyu jeta un bref regard aux deux jeunes hommes qui lui faisaient face et secoua la tête.

- Non, mais je vous serais très reconnaissante si vous pouviez me raccompagner à ma chambre. J'ai bien peur de m'être foulé la cheville.

L'homme accepta et l'aida à s'appuyer sur son bras pour la conduire jusqu'à l'ascenseur dans lequel elle s'engouffra sans aucun regard pour Jin et Hwoarang...

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Lars me regarde avec incrédulité avant de secouer la tête.

« Vous n'êtes pas sérieuse, Ling-san.

- Au contraire, je réponds. Il est hors de question que je ne vienne pas.

- Vous n'êtes pas en mesure de voyager. Vous avez été gravement blessée, comment voulez-vous vous déplacer avec vos côtes cassées ?

- Je vous remercie de vous soucier de ma santé, mais je ne serai pas un poids mort si c'est ce que vous craignez. J'ai beaucoup de ressources.

- Je ne peux pas prendre le risque qu'il vous arrive quelque chose…

- Écoutez, vous avez besoin de moi pour trouver mon grand-père et moi j'ai besoin de vous pour trouver Jin. Je vous en supplie, je continue en sentant les larmes me monter aux yeux, je ne veux pas qu'il meure.

Il me regarde l'espace d'un instant sans rien dire, puis soupire profondément.

- Très bien, vous venez avec moi. Mais je vous préviens, reprend-il avec sérieux, vous suivrez mes consignes à la lettre !

- Entendu.

- Je suis sérieux Ling-san, insiste-t-il en me sondant d'un regard mortellement froid. Je ne veux pas avoir votre mort sur la conscience.

- Je vous promets de vous obéir, je réponds.

Il hoche brièvement la tête et se dirige vers un fauteuil roulant qui a été abandonné dans le couloir et me fait signe de m'asseoir. J'obéis et il me pousse jusqu'à l'ascenseur dans lequel nous nous engouffrons. Il appuie sur le bouton du dernier étage et, lorsque nous sortons, je constate que cet étage est également désert.

- Qu'est-ce qui se passe ? je demande avec une inquiétude croissante. Comment se fait-il que l'hôpital soit désert ?

- Je ne pouvais pas prendre le risque de me montrer en public alors que je suis recherché dans toute la ville. Mes hommes ont fait croire à une alerte à la bombe...

- Quoi ? Mais vous êtes fou !

- Non, je tiens juste à la vie. Vous n'imaginez pas le nombre de fois où j'ai failli mourir ces dernières semaines. Jin Kazama ne pardonne pas la trahison, si on peut appeler ma prise de conscience une trahison...

Je tourne la tête pour le regarder alors que nous traversons le couloir et il a l'air si détaché en disant cela que je sens une pointe de compassion naître en moi.

- Mais, si vous êtes recherché, comment allons-nous faire pour rejoindre mon grand-père ?

- Comment ça ?

- Vous allez être repéré si nous allons à l'aéroport et je ne crois pas qu'il y ait de train à cette heure-ci.

- Nous n'allons pas prendre l'avion, ni même le train, répond-il.

- Quoi ! Nous n'allons quand même pas y aller en voiture ? je m'exclame. Mon grand-père habite à Akita, c'est à plus de quatre-cent kilomètres d'ici !

- Nous n'allons pas prendre la voiture non plus.

- Mais quoi alors ?

- Vous allez voir...

Arrivés au bout du couloir, il ouvre la porte donnant sur les escaliers de secours et me prend dans ses bras.

- Je peux marcher, ne vous en faites pas, je proteste en sentant mes joues rougir de gêne.

- Nous irons plus vite ainsi, répondit-il.

Il monte les marches rapidement, comme si je ne pesais rien et nous atteignons la porte qui mène au toit. Il la pousse et le froid me prend par surprise, moi qui suis toujours vêtue de ma blouse d'hôpital. Il fait encore nuit noir et j'entends en contrebas les sirènes des voitures de police et les cris des patients probablement terrifiés.

Lars continue d'avancer et je reconnais soudainement la forme d'un avion. Mais il est bien plus petit qu'un avion normal et surtout, le toit est ouvert et je comprends avec angoisse qu'il s'agit d'un avion de chasse.

- Vous n'êtes pas sérieux !

- Quoi ? Vous ne le trouvez pas magnifique ? C'est un Kawasaki T4 !

- C'est un avion de chasse ! Ça n'est pas prévu pour des personnes normales !

Il éclate de rire tout en avançant vers l'imposant appareil.

- C'est vrai mais vous n'aurez pas besoin de piloter, je vous rassure. Vous n'aurez rien à faire, je me charge de tout.

Je reste silencieuse alors que Lars monte sans effort sur le toit et m'installe avec douceur sur le siège passager derrière le sien. Il boucle ma ceinture de sécurité et prend place devant moi. Il allume plusieurs boutons et l'appareil se met à ronfler. Mon stress augmente de façon dramatique. Il se tourne vers moi.

- Quelle est l'adresse de votre grand-père ?

- Il vit dans les montagnes, je réponds.

- Aïe, je me disais bien que ça n'allait pas être facile... Est-ce que vous pouvez m'indiquer approximativement la position ? me demande-t-il en me montrant une carte virtuelle sur son écran de bord.

Je désigne un point imaginaire sur l'écran et il tripote encore ses boutons avant de boucler sa ceinture.

- Ling-san, il faut que vous enfiliez votre casque.

J'obéis alors que mes mains tremblent sous l'effet de la peur et de l'excitation. Mon champ de vision est réduit par les verres fumés qui recouvrent mes yeux.

- Est-ce que vous m'entendez ?

La voix de Lars, grésillant légèrement, me parvient aux oreilles.

- Je vous entends parfaitement.

- Parfait. Vérifiez que le masque à oxygène est bien fixé au casque.

J'obtempère et lui confirme que tout va bien. Les réacteurs commencent à vrombir et je m'efforce de respirer calmement pour faire retomber mon anxiété.

- Ça va aller, ne vous inquiétez pas Ling-san. Nous n'allons pas voler à très haute altitude. Savez-vous quelle est la distance entre Tôkyô et Akita ?

- Il y a environ quatre-cent cinquante kilomètres.

- Cet avion peut atteindre une vitesse maximale de mille trente-huit kilomètres à l'heure. À votre avis, combien de temps allons-nous mettre jusqu'à Akita ?

Il est vraiment sérieux ? Il veut vraiment que je fasse des maths dans un moment aussi angoissant ? Moi qui déteste les maths ?

- Je ne sais pas et je ne pense pas être en état de faire le moindre calcul mental pour être honnête.

Il rit et me répond :

- Nous allons mettre trente minutes.

- Ce n'est pas possible !

- Notre voyage va passer très vite, ne vous en faites pas, vous n'aurez même pas le temps d'avoir peur.

Il effectue encore quelques manipulations et l'avion commence à avancer.

- Vous avez déjà décollé d'un toit ? je demande en crispant mes doigts sur le siège.

- Jamais, répond-il. Mais cet avion ne nécessite pas une grande piste de décollage. Vous avez déjà pris l'avion, n'est-ce pas ?

- Bien sur, mais jamais dans ces conditions…

L'avion prend de la vitesse. Un peu plus loin je vois le rebord de l'immeuble qui se rapproche dangereusement.

- Est-ce qu'il y a des parachutes ?

Lars éclate de rire et, bizarrement, cela a le mérite de me détendre un peu.

- C'est un avion de chasse, tout est prévu pour que vous restiez en vie.

Je ne sais pas si je dois être rassurée ou non, mais il est trop tard de toute façon car l'avion décolle et je contracte mon ventre sous la sensation désagréable de sentir le vide sous mes pieds. Nous prenons progressivement de la hauteur et l'appareil accélère. Sous mes yeux, je vois Tôkyô et ses lumières défiler à une vitesse folle.

- Tout va bien ? me demande Lars.

- Oui, mais j'ai la tête qui tourne un peu.

- C'est normal, c'est parce que nous avons pris de l'altitude, vous ressentez les effets de la pression. Surtout, respirez profondément, vous devriez aller mieux.

Je suis son conseil et ferme les yeux. Au bout d'un moment, je me sens un peu mieux.

- Au fait, où est la jeune fille qui était avec vous la dernière fois ? Alisa, c'est bien ça ?

Il reste silencieux pendant un moment.

- Alisa m'a trahi. C'est un androïde au service de Jin Kazama.

- Quoi ?

- Ce soir, avant de venir vous retrouver, j'avais réussi à infiltrer la Mishima Zaibatsu avec Alisa. Nous avions réussi à nous débarrasser d'Eddy Gordo et de Nina Williams et nous étions sur le point d'arrêter Jin, lorsqu'Alisa a fait volte-face.

- Mais pourtant, elle était de votre côté…

- C'est ce que je croyais, mais il s'avère qu'elle a joué double jeu sur ordre de Jin. Sans doute pour mieux me surveiller et me manipuler…

Il y a tellement d'amertume dans sa voix que j'ai de la peine pour lui.

- Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?

- Elle m'a attaqué, et nous nous sommes battus. Jin en a profité pour s'enfuir. Je n'étais pas au meilleur de ma forme, alors elle a facilement prit l'avantage, mais elle s'est enfuie à son tour sans me tuer.

Je reste silencieuse, tentant de rassembler mes pensées.

- Vous ne savez vraiment pas où ils sont allés ?

- Les soldats qui travaillent encore pour lui m'ont informé qu'ils ont prit la direction du Moyen-Orient, mais je n'ai pas plus d'informations. Alisa avait accès à la base de données de la Zaibatsu et, maintenant qu'elle n'est plus là, je n'ai aucune idée de l'endroit où ils se dirigent.

- Et vous pensez vraiment que mon grand-père le saura ?

- Votre grand-père est un vieil ami de la famille Mishima. Même si, selon vous, il vit en ermite, je pense qu'il sait beaucoup de choses sur ce qui se passe actuellement.

J'ai du mal à le croire.

- Si vous arrivez à découvrir l'endroit où il se rend, comment allez-vous vous rendre là-bas ? je demande.

- Ah, eh bien, cela ne dépend pas de moi... Mais nous ne devrions pas tarder à le savoir...

Nous restons silencieux pendant quelques minutes, puis Lars se tourne vers moi et me dit :

- Nous y sommes.

- Quoi ! Déjà ?

- Je vous avais bien dit que nous y serions rapidement...

Je regarde autour de moi et reconnaît les montagnes d'Akita ainsi que la forêt qui s'étendent en contrebas. Je n'arrive pas à croire que nous ayant franchi une telle distance en si peu de temps. Il fait toujours nuit mais le ciel s'est légèrement éclairci. L'aube ne va pas tarder…

- Nous allons atterrir et nous continuerons à pied, dit Lars. Est-ce que vous saurez vous repérer ?

- Oui, je commence à connaître cette forêt comme ma poche.

- Parfait.

L'avion ralentit alors que je sens que nous nous rapprochons du sol. Je constate que Lars est en train de le faire atterrir à la verticale dans une clairière. Au bout de cinq minutes de manœuvres, nous sommes sur la terre ferme. Il s'extirpe de la cabine avec souplesse et détache ma ceinture alors que je retire mon casque. L'air frais remplit mes poumons et je soupire de bien-être. Mon compagnon me prend dans ses bras et descend avec précaution de l'avion. La fraîcheur ambiante me fait frissonner et Lars ôte sa cape pour m'en recouvrir. Heureusement que j'ai pris la peine d'enfiler des chaussons avant de quitter ma chambre d'hôpital…

- Est-ce que vous savez où nous sommes ? me demande-t-il en attachant le vêtement chaud autour de mon cou.

Je regarde autour de moi et constate avec soulagement que nous ne sommes pas très loin de chez mon grand-père.

- Quinze minutes de marche maximum, je réponds.

Lars me prend sur son dos malgré mes protestations et me soulève prestement. Je m'accroche à son cou en prenant garde de ne pas l'étouffer et lui indique la direction à suivre. Nous nous enfonçons dans la forêt et tombons au bout de cinq minutes sur le sentier qui mène à la maisonnette de mon grand-père.

La petite maison de bois finit par apparaître et un soupir de soulagement m'échappe. Lars se dirige vers la porte d'entrée et frappe trois coups secs. Nous attendons quelques minutes avant que les lumières ne s'allument et que la voix de mon grand-père ne me parvienne.

« Qui est là ? s'écrit-il en chinois.

- C'est Xiaoyu, grand-père !

Je l'entends déverrouiller la porte et son visage ridé apparaît à travers l'embrasure. Son expression méfiante s'évapore lorsqu'il me reconnaît et il se précipite aussi vite que ses vieilles jambes le lui permettent vers moi.

- Xiaoyu ! Mais enfin… Que fais-tu là ? Et à cette heure-ci ?

- Je vais t'expliquer grand-père, mais laisse-nous entrer.

Il remarque Lars et le fixe d'un regard insondable.

- Vous êtes Lars Alexandersson.

- Oui, maître, répond Lars en s'inclinant poliment. Je suis navré de faire votre connaissance dans ces conditions, mais j'ai besoin de votre aide, c'est vraiment très important.

Il acquiesce et nous fait signe d'entrer. J'ôte mes chaussures et me dirige dans le salon, Lars sur mes talons. Nous prenons place sur les nattes de bambou et mon grand-père nous rejoint avec un plateau de thé.

- Je gage qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie, dit-il en versant le thé parfumé dans des tasses.

- Non, maître, répond mon compagnon. C'est votre ancien disciple Lee Chaolan qui m'a dit de vous trouver. Il m'a dit que vous auriez sûrement les réponses aux questions que nous nous posons.

Mon grand-père termine de verser le thé, puis il en boit une gorgée et laisse échapper un soupir de plaisir.

- Vous êtes le fils de Heihachi.

Lars a l'air surpris que mon grand-père soit au courant mais il se reprend bien vite et acquiesce.

- Que savez-vous de la famille Mishima ?

- Pas grand chose. Je sais simplement que Heihachi, Kazuya et Jin se détestent et cherchent à se tuer et à prendre le contrôle de la Mishima Zaibatsu.

- Savez-vous pourquoi ils se détestent ?

- Non.

- Hummm… fait-il en reprenant une gorgée de thé. Eh bien, pour comprendre, il nous faut remonter dans le temps, jusqu'à la naissance de Kazuya. Heihachi aimait profondément sa femme, mais elle est morte en mettant au monde leur fils unique. Incapable de surmonter sa perte, il reporta sa colère et son chagrin sur son fils qu'il tenait pour responsable de son malheur. Si bien que Kazuya grandit dans, au mieux, l'indifférence, au pire, dans la violence de son père. Heihachi avait une idée bien précise de ce que devait être le caractère de son héritier, aussi fut-il cruellement déçu en constatant la sensibilité et la douceur de son fils. Malgré ses brimades, Kazuya représentait un échec total et il ne pouvait le supporter. C'est pourquoi il le jeta dans un ravin lorsqu'il eut cinq ans.

Lars laisse échapper une exclamation d'horreur et moi-même je sens mon estomac se contracter de dégoût.

- L'idée, reprend mon grand père, était soit de s'en débarrasser, soit que cette épreuve l'endurcisse. Kazuya rentra deux jours plus tard, indemne en apparence, mais profondément changé. Il ne dit rien aux policiers sur sa disparition et se renferma totalement. Heihachi, que cette survie miraculeuse inquiétait, se tint à l'écart de son fils. Il adopta quelques années plus tard Lee Chaolan, un jeune garçon qu'il avait rencontré lors d'un déplacement d'affaires à Hong Kong. La finalité de ce geste était, officiellement, de redorer son image publique en se faisant passer pour un homme altruiste et officieusement d'instaurer une rivalité entre ses deux fils. Il entretint soigneusement la haine de Kazuya en le laissant aux mains des domestiques et en favorisant Lee.

En mon fort intérieur, je songe à ma propre situation lorsque Heihachi m'a prise sous son aile. J'étais si naïve que je pensais réellement qu'il avait de l'affection pour moi, mais il s'est avéré qu'il avait en fait de bien moins reluisants projets…

- Kazuya quitta le domicile familial à dix-huit ans, sans prévenir personne, et il disparut pendant près de huit ans. Heihachi, qui savait depuis le jour où son fils était revenu du ravin qu'ils allaient s'affronter de nouveau, annonça la tenue d'un grand tournoi d'arts martiaux pour attirer Kazuya. Ce dernier atteint la finale sans problème, battit son père et le jeta dans le même ravin que onze ans plus tôt. Sa vengeance était enfin accomplie.

Je regarde Lars qui a l'air secoué. Peut-être qu'il réalise désormais de quelle famille il fait partie et la chance qu'il a eu de grandir à l'écart de ces hommes assoiffés de haine… Mon grand-père nous resserre du thé et mon compagnon prend la parole.

- Maître Wang, comment Kazuya a-t-il survécu à une chute pareille ?

Il ferme les yeux douloureusement et ses doigts se crispent sur la théière.

- Un humain normal n'aurait jamais pu survivre à la cruauté de Heihachi, commence-t-il. Pour vivre, Kazuya a dû cesser d'être humain. Il a donc vendu son âme au démon...

Je le regarde en fronçant les sourcils et Lars parait tout aussi interloqué.

- Quoi, vous voulez dire que Kazuya est le Diable ?

- Pas vraiment, répond mon grand-père. Kazuya est possédé par une puissante entité démoniaque, appelée Devil, qui a lui a non seulement permit de survivre à une chute mortelle, mais de battre son père. Devil l'a aidé également à survivre lorsque Heihachi l'a jeté dans un volcan à la fin du second Tekken.

- Attendez, quel volcan ?

- Kazuya a organisé un second Tekken, deux ans après le premier lorsqu'il a découvert que son père avait lui aussi survécu à sa chute. Il a néanmoins été battu et Heihachi a pensé le tuer pour de bon en le jetant dans un volcan.

Je frisonne en réalisant la monstruosité de ces deux hommes.

- D'accord, je reprends, mais et Jin alors ?

- J'y viens, répond mon grand-père. Selon vous, comment Kazuya a-t-il pu perdre face à son père alors que Devil lui garantissait une puissance invincible ? Son influence était telle qu'il ne restait pratiquement rien de la partie humaine de son hôte, il avait un contrôle quasi-total sur lui.

Nous restons silencieux.

- Eh bien, c'est une femme qui est à l'origine de cela.

- Jun Kazama, je murmure.

Mon grand-père acquiesce silencieusement.

- Jun Kazama a été la première personne qui a pu l'approcher et percer sa carapace. Elle a été la seule femme qui a adouci, pour un temps, son cœur de pierre. Elle a fait naître en lui des émotions qu'il avait pensé ne jamais retrouver. Malheureusement, Devil ne comptait pas laisser son hôte lui échapper. Kazuya a lutté pour regagner le contrôle, ce qui a eut pour résultat de l'affaiblir et d'offrir à Heihachi l'opportunité en or de le vaincre.

- Alors Kazuya n'est pas complètement maléfique ?

- Jun semblait le croire et elle a fait son possible pour sauver son âme. Je pense qu'il reste une infime partie d'humanité en Kazuya, enfouie très profondément en lui. Néanmoins…

Trois coups frappés à la porte nous font sursauter. Lars se lève d'un bond et va ouvrir. Il revient suivi d'un homme noir, grand et musclé, vêtu d'une combinaison de cuir sans manches. Il porte des lunettes, ses cheveux très courts sont blonds et une cicatrice en forme de X lui barre le visage.

- Voici Raven, nous dit Lars. Il va nous accompagner.

L'homme reste silencieux et se contente de nous saluer de la tête.

- Prenez place, lui offre mon grand-père.

- Nous n'avons pas beaucoup de temps, se contente-t-il de répondre d'une voix grave.

- Très bien, je vais faire court alors. Jin Kazama est lui aussi possédé par Devil. Lorsque Heihachi a jeté Kazuya dans ce volcan, le démon s'est en quelque sorte scindé en deux et a tenté de prendre possession de Jin lorsqu'il n'était qu'un foetus. Il a échoué face à Jun et a patiemment attendu. Lorsque cette dernière est morte quinze ans plus tard, attaquée par Toshin, Devil a saisi l'occasion et a prit possession du jeune garçon. Recueilli par Heihachi, entraîné pour le troisième Tekken, Jin est parvenu à venger sa mère en battant Toshin. Malheureusement, Heihachi l'abattit d'une balle dans la tête.

Mon souffle se bloque dans ma poitrine et un froid désagréable m'envahit. Jin avait raison… Je regarde Lars qui a l'air scandalisé.

- Mais enfin, pourquoi tuer son petit-fils ?!

- Parce qu'il ne lui servait plus à rien, je réponds en reprenant les mots de Jin. Et qu'il avait peur que Jin le batte à son tour et lui vole la Zaibatsu.

Mon grand-père hoche la tête et Raven garde la même expression indéchiffrable.

- A cet instant précis, Devil s'est réveillé, nourri par la haine de Jin et l'a protégé de la mort. A la différence de Kazuya, Jin ne voulait pas de cette présence en lui et a cherché à s'en débarrasser. Lors du quatrième Tekken, quand Kazuya est apparu bien vivant, les trois générations se sont affrontées.

Heihachi convoitait les pouvoirs de son fils et son petit-fils, Kazuya voulait récupérer la moitié de Devil et retrouver sa puissance et Jin ne cherchait qu'à se débarrasser de Devil. Voilà pourquoi les Mishimas se haïssent.

Nous restons silencieux. Que pouvons-nous dire de toute façon ?

- Où est Jin Kazama ? demande finalement Raven. Pourquoi avoir lancé cette guerre ?

- Il y a quelques jours, avant le début du tournoi, une jeune femme s'est présentée à moi. Elle s'appelait Zafina.

Du coin de l'œil, je vois Raven se redresser.

- Elle venait d'Égypte, et elle avait besoin de réponses à ses questions, tout comme vous. Elle faisait partie d'un peuple qui protégeait une tombe royale et elle disait que ses facultés psychiques lui avaient permit de déchiffrer un avertissement envoyé par les cieux : deux étoiles de mauvais augure allaient entrer en contact, le sceau magique que la famille protégeait depuis des siècles serait brisé et le monde prendrait fin.

- Julia Chang m'a dit la même chose ! je m'exclame. Une femme de sa tribu lui a fait cette prédiction ! Elle parle de Jin et Kazuya !

- En effet, acquiesce mon grand-père. Et Jin connaît lui aussi cette prédiction.

- C'est la raison pour laquelle il avait lancé une expédition secrète en Égypte ! s'exclame Lars en se redressant d'un bond. C'est là-bas qu'il est allé ! Nous devons partir tout de suite !

- Mais nous ne savons pas où nous devons aller exactement, je proteste.

- C'est pourquoi Zafina a laissé ceci pour vous, Alexandersson-san, dit mon grand-père en lui tendant une sorte de parchemin noué par un cordon de cuir.

Lars le prend, détache le cordon et parcourt rapidement le message.

- C'est un message en langage codé… C'est très ingénieux… Hum… Ce sont des coordonnées géographiques ! s'exclame-t-il avec un grand sourire, au bout de cinq minute de déchiffrage intense. Merci Maître Wang ! J'espère que nous arriverons à temps !

Mon grand-père incline la tête et les deux hommes prennent congé.

- Attendez ! je m'exclame. Vous n'allez pas me laissez ici ! Pas après ce que nous venons d'apprendre !

Ils se regardent sans mot dire, puis Lars me dit :

- Ling-san, je vous suis très reconnaissant pour votre aide, mais tout cela devient trop dangereux.

- Je m'en moque ! Jin est mon ami ! Comment voulez-vous que je reste ici sans rien faire en sachant dans quoi vous vous embarquez ?

Il reste silencieux, clairement pris entre deux feux.

- Je vous en prie, je sais que je peux vous aider !

- Vous n'êtes pas de taille à accomplir cette mission, lance Raven d'une voix dénuée de tout sentiment.

- Peut-être, mais j'en prends toute la responsabilité !

Lars soupire bruyamment en se pinçant l'arête du nez et finit par accepter, tandis que son compagnon se détourne avec un reniflement méprisant. Mais je n'en ai cure. J'embrasse mon grand-père qui me regarde avec inquiétude.

- Soit prudente, Xiao.

- Ne t'en fais pas grand-père.

- Lorsque tu seras là-bas, tu verras des choses que tu n'es pas sensée voir. Reste toujours prêt de Lars, il te protégera. Jin n'est plus celui que tu as connu. Lui et Kazuya sont dangereux.

Je le serre dans mes bras et lui promets de lui obéir. Il m'embrasse sur le front et me fait signe de déguerpir. Je rejoins les deux hommes qui attendent à l'extérieur et les suit à travers la forêt.

- L'Égypte, ce n'est pas la porte à côté, soupire Lars. Et Jin Kazama est déjà partit depuis quelques heures… J'espère que tu as un avion rapide…

- Oui.

Lars ne semble pas se contenter de cette réponse et le fixe jusqu'à ce que l'autre le regarde.

- Quoi ?

- Est-ce que ça t'ennuierait d'être plus précis ?

- Oui.

Il soupire de frustration et je vois l'ombre d'un sourire sur les lèvres de Raven. Nous continuons de le suivre à travers les bois et, au bout de quinze minutes, nous débouchons sur une vaste clairière et l'imposant avion noir me saute aux yeux.

- Nom de Dieu ! s'exclame Lars, les yeux exorbités. C'est une blague ? Comment as-tu pu obtenir cet avion ?

- J'ai de très bons contacts, se contente de répondre Raven.

- De très bons contacts ? Dis plutôt que le Président américain est un de tes amis, oui ! Je croyais qu'ils avaient arrêté de les utiliser à la fin des années quatre-vingt-dix !

Il se met à faire le tour de l'appareil, caressant amoureusement la carcasse du bout des doigts.

- Mais enfin, je soupire, qu'est-ce que vous avez avec les avions ?

- C'est ma passion, Ling-san !

- Et qu'est-ce que celui-là a de plus que les autres ?

- Vous ne pouvez pas comprendre, dit-il en secouant la tête. C'est un Lockheed SR-71 Blackbird ! Un avion mythique ! Il peut atteindre une vitesse de trois-mille-cinq-cent-cinquante kilomètres à l'heure !

- Ah…

- Vous savez que les maquettistes de Star Wars s'en sont inspiré pour créer le Vaisseau Naboo ?

- Vous êtes trop geek pour moi, je soupire.

- Tu sais qu'ils sont en train de travailler sur le SR-72 ? Il pourra voler à Mach 6 apparemment… fait nonchalamment remarquer Raven.

- Quoi !? s'écrie Lars, qui semble au bord de l'apoplexie.

Son compagnon se contente d'un rictus moqueur.

- Bon, un peu de sérieux, se calme Lars en se passant une main dans les cheveux.

Il monte d'un bond sur l'avion et ouvre le toit. Il a un sourire jusqu'aux oreilles, comme un petit garçon dans un magasin de jouets. Il fouille quelques instants et bondit au sol.

- Il n'y a que deux places, je fais remarquer d'une voix qui se veut impassible.

- Notre ami nous rejoindra par ses propres moyens. Tenez, Ling-san, me dit-il en me tendant une combinaison jaune et une paire de chaussures. Enfilez ça pendant que je règle les détails avec Raven.

Ils se détournent pudiquement et s'éloignent pour me laisser un semblant d'intimité. J'enfile le vêtement non sans effort. La combinaison est au moins quatre tailles trop grande, lourde et épaisse, mais elle a le mérite de me protéger du vent qui souffle en dépit de l'aube qui commence à poindre. Je passe les pieds dans les chaussures qui sont trois fois trop grandes pour moi, mais je ne peux me baisser pour nouer les lacets et j'attends que Lars m'aide.

- Cet avion était utilisé uniquement par des pilotes expérimentés, m'explique-t-il en nouant mes lacets. Ce n'est pas un avion de chasse, mais un avion espion, c'est-à-dire qu'il est conçu pour voler très haut et très vite. Si je le pilote au maximum de ses capacités, vous risquez de ne pas y survivre.

- Quoi ?! je croasse alors que mon cœur fait une embardée dans ma poitrine.

- Les changements d'altitude, la pression, les accélérations et l'oxygène restreint ne sont pas des conditions de vie normales. Il faut des mois, voire des années, pour s'y habituer.

- Alors quoi ? Qu'est-ce qu'on va faire ?

- Eh bien, nous essayerons d'atteindre une altitude raisonnable, et, au lieu de voler à trois-mille-cinq-cent kilomètres à l'heure, nous volerons à deux mille kilomètres à l'heure. Nous mettrons plus de temps que prévu, mais au moins vous ne risquerez rien.

- Vous êtes sûr de vous ?

- Oui, je ferai de mon mieux pour que nous arrivions sans embûches.

- Est-ce que nous n'allons pas arriver trop tard ?

- Non, ne vous en faites pas. Jin Kazama est partit avec la moitié des soldats de la Tekken Forces en hélicoptère militaire. Ces appareils permettent de transporter beaucoup d'hommes, mais ne sont pas les plus rapides. Nous arriverons avant lui.

- J'espère, je murmure en sentant mon estomac se contracter sous l'angoisse. »

.

.

Lorsque je me réveille, je constate que nous avons atterrit et qu'il fait nuit noire. Lars se hisse hors de l'avion et me prend dans ses bras. Il fait froid et l'air est glacé. Je remarque que nous sommes entourés de montagnes. Les étoiles brillent dans le ciel et l'air a quelque chose d'oppressant.

Un homme s'approche de Lars et le salue. Il parle un anglais approximatif, mais je réussis malgré tout à le comprendre. Il a le visage brun et les cheveux très noirs, des traits asiatiques et il porte des vêtements de laine épaisse.

« Bienvenue, nous salue-t-il, je m'appelle Mingmar.

- Je suis Lars Alexandersson, et voici Ling Xiaoyu.

- Vous êtes le chef de la résistance ?

Lars acquiesce et l'homme le regarde avec une lueur de respect dans le regard.

- Nous avons préparé de quoi ravitailler votre avion, comme vous nous l'aviez demandé.

- Combien de temps cela prendra-t-il ?

- Il faudra deux heures tout au plus, j'ai rassemblé le maximum de volontaires.

En effet, derrière nous, plusieurs personnes nous fixent avec curiosité. Ils sont vêtus pauvrement et je distingue derrière eux de petites maisons de bois qui semblent constituer leur village.

L'homme se détourne pour parler avec ses amis et j'en profite pour questionner Lars, qui me tient toujours dans ses bras.

- Où sommes-nous exactement ?

- Nous sommes à Chaurikharka, au Népal.

- Mais quelle heure est-il ? Lorsque nous sommes partis, le soleil commençait à se lever… Je ne comprends plus rien…

- Nous sommes partis à cinq heures et demie précise d'Akita. Nous avons mis deux heures et demie pour arriver ici. L'heure locale est cinq heure quarante-cinq du matin et il est huit heures au Japon.

Mon esprit embrumé ne m'aide pas à saisir autant de chiffres et j'acquiesce mollement.

- Qui sont ces personnes ?

- Ce sont des Sherpas. Ils vont nous aider à ravitailler notre avion car nous ne pouvons faire le voyage en une seule fois.

- Comment ça ?

- Cet avion ne peut parcourir qu'une distance maximum de cinq mille kilomètres à la fois. Nous devons donc faire deux voyages.

Mingmar revient et Lars lui demande s'il y a un endroit où je peux me reposer car je suis blessée et fatiguée. Une partie de moi a honte de passer pour une faible aux yeux de ces étrangers mais je lui suis reconnaissante de se soucier de ma santé.

- Ma femme Pratikchhya va s'occuper de votre amie, répond-il en nous conduisant vers une des maisons de bois.

Nous pénétrons à l'intérieur de la maison. La pièce principale n'est pas très grande et le mobilier est très sommaire, mais il y règne une atmosphère chaleureuse. Une femme et plusieurs enfants sont regroupés autour d'une cheminée où ronfle un bon feu. Ils se lèvent tous en nous voyant entrer.

Mingmar adresse quelques mots à son épouse et ses enfants pour leur expliquer la situation et je les vois préparer un lit de fortune à l'aide de couvertures près du feu. Lars m'allonge doucement et je le remercie.

- Nous vous en faites pas, me rassure-t-il, ils sont dignes de confiance. Je vais les aider avec l'avion et je reviendrai vous chercher lorsque nous aurons fini. En attendant reposez-vous.

Il s'éloigne avec son compagnon sherpa, me laissant seule avec la famille qui me fixe avec curiosité. Mal à l'aise, je regarde autour de moi pendant que Pratikchhya s'active dans un coin qui sert de cuisine. Les enfants sont trois : deux petits garçons qui ne doivent pas avoir plus de huit ans et une petite fille d'environ quatre ans. Ils ont le visage bruni par le soleil et les joues rouges. Les yeux sont noirs et bridés et leurs pommettes hautes.

Leur mère revint avec un bol de soupe fumante qu'elle dépose sur une petite table basse. Elle ajoute une galette de céréales ainsi qu'une choppe remplie de liquide blanc et me fait signe de manger avec un sourire doux. Je la remercie et attaque le petit repas improvisé. La soupe est épaisse et délicieuse et je l'engloutis en un rien de temps. La galette ne fait pas long feu non plus et, lorsque je termine mon verre de lait, je me sens repue. Je la remercie à nouveau et tente de converser en anglais mais sans trop de résultats. J'essaye en chinois et, miracle, elle me comprend et me répond.

Elle m'explique que les Sherpas sont un peuple originaire du Tibet, et qu'ils se sont établis il y a cinq cent ans au Népal. Ses grands-parents avaient émigré cinquante ans auparavant et avaient choisi d'apprendre à leurs enfants leur langue maternelle, mais aussi le mandarin.

- Malheureusement, poursuit-elle, la société sherpa est hiérarchisée en fonction de l'ancienneté des clans. Les immigrants les plus récents sont considérés comme inférieurs et impurs.

- Mais c'est injuste, je m'exclame.

- Oui, mais les mentalités commencent à changer. Désormais, la valeur d'un clan se mesure à sa richesse, ce qui, en soi, n'est pas mieux. Nous avons de la chance, car mon mari est un spécialiste de l'Everest. Il est très demandé par les touristes qui veulent organiser des expéditions.

- Et vous, que faites-vous ?

- Je m'occupe de mes enfants et de mon foyer. Il arrive aussi parfois que nous hébergions des touristes.

Je la regarde. Elle est jeune, moins de trente ans, elle a des traits fins et son visage n'est pas aussi basané que celui de son mari ou de ses enfants. Elle semble heureuse et je le lui fais remarquer.

- Je remercie les dieux chaque jour, m'avoue-t-elle. J'ai un mari que j'aime et qui m'aime, et de beaux enfants en pleine santé. Au départ, ses parents refusaient que nous nous mariions, car ma famille était impure à leurs yeux, car pas aussi ancienne que la sienne. Ils ont fini par céder lorsqu'ils ont vu qu'il était prêt à s'enfuir avec moi, ce qui les auraient couverts de honte, pouffe-t-elle.

J'ai un sourire attendri et elle me pose à son tour plusieurs questions auxquelles je réponds avec enthousiasme. Elle m'interroge sur la vie au Japon, sur la guerre qui fait rage, sur notre venue à Lars et moi, et je m'efforce de répondre sans trop en dévoiler. Je lui explique que nous sommes à la recherche d'un ami très cher et je sens que mes joues se colorent involontairement.

Elle me contemple sans rien pendant quelques minutes, puis elle s'éclipse et revient avec une petite boîte. Elle renvoie les enfants à l'étage et me tend la boîte. Je l'ouvre et découvre un pendentif rond en argent, délicatement ouvragé. Une étoile aux multiples branches est gravée au centre et est entourée de dix symboles différents. Je la remercie chaleureusement pour sa gentillesse, confuse de ne rien avoir à lui offrir. Elle me rassure en me disant que ce qui lui ferait le plus plaisir serait que je revienne les voir et je le lui promets.

- Cette amulette s'appelle le Nirvana Sherpa, m'explique-t-elle en la passant autour de mon cou. Il est dit dans notre peuple que ce bijou est mystique, et qu'il aide la personne qui le possède à localiser son véritable amour et le garder pour l'éternité.

Oh Seigneur, je suis donc si transparente que ça ?

- Je sais déjà qui c'est, je murmure en détournant le regard.

- Alors elle t'aidera à combler le fossé entre toi et celui qui t'est destiné.

Mingmar et Lars reviennent à cet instant nous informer que l'avion est prêt à décoller. Je dis au revoir aux enfants qui nous regardent curieusement depuis l'étage et Pratikchhya m'accompagne dehors.

Le soleil se lève et je reste figée en voyant le Mont Everest qui se dresse majestueusement devant moi, la cime couverte de neige. C'est un spectacle époustouflant et je me sens soudain très petite. Je réalise ce dans quoi je me suis embarquée et, l'espace d'un instant, je me demande si je n'aurais pas dû écouter Lars et rester au Japon.

Mais il est trop tard pour avoir des regrets. L'avion décolle à la verticale et, alors que je vois Pratikchhya et les autres Sherpas nous adresser de grands signes de la main, la mienne cherche le médaillon qu'elle m'a offert et je prie pour arriver à temps…

.

.

Le poing de Julia Chang cogna durement contre sa pommette et Xiaoyu s'étala de tout son long en grognant.

Le premier tour avait commencé et son adversaire était plus coriace qu'elle n'en avait l'air. Elle était à peine plus vieille qu'elle mais très puissante. Sa cheville lui faisait toujours un peu mal, mais elle arrivait néanmoins à se battre dans trop de douleur. Xiaoyu se releva et porta une main à sa joue cuisante. Julia la fixait, en position de combat.

Très bien… Elle cognait peut-être fort, mais Xiaoyu était plus rapide…

Son adversaire s'élança et arma le poing, mais la jeune femme esquiva en roulant sur le côté. Julia ne se démonta pas et enchaîna des attaques que Xiaoyu esquiva rapidement, tournant sur elle-même ou passant en position du Phoenix, ce qui finit par désarçonner la jeune Amérindienne. La jeune femme en profita pour rouler sur le côté et, se retrouvant dans son dos, lui attrapa une jambe et lui faucha la seconde, la faisant ainsi lourdement tomber au sol.

Elle attendit que Julia se relève et enchaîna trois attaques au poing, dont la dernière projeta son adversaire quelques mètres plus loin. Sonnée, cette dernière resta quelques secondes à genoux, reprenant son souffle, et se redressa avec effort.

Elle envoya un coup de pied à Xiaoyu qui se baissa avec la rapidité de l'éclair et lui faucha sa jambe d'appui. Julia fit une roulade arrière et se projeta en avant, ses deux poings touchant la jeune Chinoise à l'estomac. Celle-ci en eut le souffle coupé et, voyant que le poing de son adversaire allait s'abattre sur son crâne, elle le saisit et se servit de l'élan de Julia pour la faire passer par dessus son épaule.

Elle se releva difficilement et Xiaoyu se décida à en finir.

Elle se mit à tourner lentement autour d'elle en la fixant du regard, comme si elle voulait l'hypnotiser. Julia la suivit des yeux, incertaine sur la tactique à adopter, et bondit au moment où Xiaoyu tournait sur elle-même, évitant ainsi la jambe de son adversaire, et lui assénait un coup de poing surpuissant qui l'atteignit en plein dans le plexus solaire.

Julia tomba au sol, KO, et Xiaoyu, après s'être assurée qu'elle n'avait rien de grave, s'autorisa à souffler et à quitter l'arène.

Hwoarang s'approcha d'elle, le sourire aux lèvres, et lui tendit une serviette. La jeune femme lui adressa un regard polaire et le dépassa sans un mot. Elle l'entendit soupirer bruyamment et il la rattrapa rapidement.

« Tu vas bouder encore longtemps ? Je t'ai déjà dit que j'étais désolé !

Elle ne répondit pas et continua d'avancer.

- Bon sang mais ça arrive les accidents ! Passe à autre chose !

Elle se tourna pour lui faire face et lui adressa un sourire mielleux avant de lui envoyer un coup de pied dans la cheville, le faisant crier.

- Maintenant je peux passer à autre chose, répondit-elle alors qu'il jurait en coréen et en sautillant sur place.

Elle attrapa la serviette qu'il avait à la main et épongea son visage ensanglanté, retenant un cri de douleur. Julia ne l'avait pas loupée…

- C'était pas cool gamine, pas cool du tout… commenta le jeune homme avec une grimace.

- Je sais, répondit Xiaoyu en vidant la bouteille d'eau qu'il lui avait apportée.

Elle reprit son souffle et s'éloigna de la zone de combat pour faire quelques pas près du point d'eau qui jouxtait le lieu du tournoi. Elle s'allongea dans l'herbe fraîche et poussa un soupir de bien-être, alors que son compagnon s'asseyait près d'elle.

- J'ai bien cru que je n'arriverais jamais à la battre, finit-elle par dire. Elle est vraiment très forte.

- C'est vrai qu'elle t'a donné du fil à retordre au début, mais tu t'es bien rattrapée… Tu devrais faire attention quand même, reprit-il avec une voix sérieuse. Les autres combattants sont bien plus vieux et expérimentés. Tu pourrais tomber sur Paul Phoenix ou King… Ces gars-là ne plaisantent pas. Et je ne te parle même pas de Bryan Fury ! Ce taré a massacré Eddy Gordo ce matin…

- Je sais, soupira-t-elle. Je me rends compte que je suis loin d'avoir le niveau de tous ces combattants… J'ai eu beaucoup de chance de tomber sur Julia…

- Ne te sous-estime pas non plus, tu es loin d'être mauvaise, mais ton petit gabarit et ton âge ne jouent pas en ta faveur…

- C'est vrai, c'est vrai… Mais j'espère pouvoir faire de mon mieux… Même si je perds, ç'aura été une expérience unique…

Ils restèrent silencieux, appréciant la douceur du temps et le chant des oiseaux.

- Qui est-ce que tu affrontes ce soir ? demanda-t-elle d'une voix endormie.

- Forrest Law.

- Oh, le faux Bruce Lee ?

- C'est ça ! ricana-t-il. Ce type s'habille comme lui et il pousse les mêmes petits cris ! Je suis sûr qu'il a des posters de lui dans sa chambre ! Je vais me faire un plaisir de lui refaire le portrait ! On n'est pas dans un concours de cosplay !

- Qu'est-ce que tu es méchant, pouffa Xiaoyu.

- Je sais, c'est ce qui fait mon charme, plaisanta Hwoarang.

- Quel charme ?

Il lui envoya une tape sur le front et elle rit de bon cœur.

- Au fait, tu sais si on peut visiter ce temple ? demanda Xiaoyu en lui désignant du menton l'énorme édifice de pierre qui se dressait un peu plus loin.

Après la réception, ils avaient quitté Los Angeles et avaient jeté l'encre au Mexique, dans une ville au nom imprononçable au bord de l'Océan Pacifique. Ils avaient découvert l'immense hôtel construit spécialement pour le tournoi ainsi que l'arène d'inspiration aztèque et surtout l'immense construction de pierre. Les officiels du tournoi leur avaient dit qu'il s'agissait d'un ancien temple aztèque qui était encore en restauration.

- Je ne pense pas, répliqua son compagnon. Il y a des soldats de la Tekken Forces qui patrouillent sans arrêt devant.

- Hein ? Mais pourquoi ?

- Aucune idée. Sans doute pour dissuader les curieux d'y entrer…

- Et tu ne trouves pas ça étrange que Heihachi poste ses soldats devant un vieux temple juste pour éviter que les gens y pénètrent ?

Il resta silencieux mais ses sourcils froncés révélaient qu'il réfléchissait.

- Tu as raison, c'est bizarre…

- Et si on allait voir ?

- Tiens donc ! Depuis quand tu es aussi curieuse ?

- Oh allez, ne fais ton rabat-joie !

Bon gré mal gré, il finit par se lever et suivre sa compagne en direction du temple. Il était de belle taille, de forme pyramidale, avec un gigantesque escalier qui menait à l'intérieur. Lorsqu'ils arrivèrent sur place, ils remarquèrent les panneaux interdisant d'entrer mais personne ne surveillait l'endroit, aussi Xiaoyu se risqua-t-elle à grimper l'escalier, malgré les efforts de son compagnon pour l'en dissuader.

Un soldat armé surgit sans prévenir et braqua son arme sur la jeune femme.

- Halte ! s'exclama-t-il. Il est interdit de pénétrer dans ce temple ! Vous ne savez pas lire ?

- Excusez-moi, fit la jeune femme d'une petite voix en levant les mains et en lui adressant un regard innocent, je n'avais pas fait attention !

Le soldat grommela quelque chose à propos des gamines analphabètes et baissa son arme.

- Savez-vous pourquoi il est interdit d'entrer ? demanda poliment Xiaoyu.

- Risque d'éboulement, marmonna-t-il avec ennui. Monsieur Mishima ne veut pas être responsable d'un accident !

Voyant qu'elle ne pourrait rien en tirer de plus, la jeune femme s'excusa à nouveau et s'éloigna, Hwoarang sur ses traces. Une fois hors d'écoute, le jeune homme prit la parole.

- Tu as raison, il y a un truc pas net dans ce temple.

- Tu dis ça parce que ce soldat était suspicieux ?

- Non, je dis ça parce qu'il y avait deux fourgons blindés cachés dans les bois.

- Et alors ?

- Et alors, je ne sais pas ce que le vieux Mishima prépare, mais ça ne me dit rien qui vaille… »

.

.

« Ling-san… Ling-san… Réveillez-vous…

J'ouvre les yeux et reconnaît Lars, penché au-dessus de moi.

- Nous sommes arrivés, me dit-il avec un sourire.

Je me redresse, complètement réveillée et regarde autour de moi. Il fait encore nuit mais le soleil ne va pas tarder à se lever. Nous sommes en plein désert et je remarque un énorme 4x4 noir garé un peu plus loin.

Lars m'aide à ôter mon casque et me soulève dans ses bras pour me déposer sur le sol. Mes pieds s'enfoncent dans le sable et je sens que, malgré ma combinaison, la chaleur est étouffante. Nous nous dirigeons vers la voiture et je découvre avec surprise que Raven est au volant.

- Mais enfin, comment est-il arrivé avant nous ?! je demande à Lars.

Ce dernier sourit.

- Raven est un ninja. Disparaître et réapparaître à différents endroits du globe est une de ses spécialités. Il n'a jamais voulu me révéler son secret et je doute que vous obteniez une réponse.

Il ouvre la porte arrière et m'aide à m'installer avant de prendre place à l'avant.

- Vous êtes en retard, dit Raven d'une voix aussi impassible qu'à son habitude.

- Désolé, il y avait beaucoup de nuages », rétorque Lars d'un ton moqueur.

Son compagnon ne répond rien et démarre sans attendre. J'attache ma ceinture et les écoute d'une oreille alors qu'ils entrent les informations dans le GPS et se disputent sur les directions à suivre. Je regarde par la fenêtre les dunes défiler sans fin et le soleil qui se lève peu à peu. Je repense à ce que mon grand-père nous a apprit et j'essaye d'assimiler ce que mon esprit s'évertue à nier. Kazuya est possédé par un démon. Jin aussi.

Je ferme les yeux pour retenir mes larmes quand je réalise que toutes les pièces du puzzle s'emboîtent parfaitement… Heihachi et ses sous-entendus sur la véritable nature de Jin… Hwoarang et son combat contre un démon… Et Jin qui est venu hier soir et qui n'a pas voulu que nous…

Le brouillard se dissipe alors que je finis par le comprendre. Je comprends pourquoi il a fait ce qu'il a fait, même si je ne peux le cautionner. Je comprends pourquoi il m'a éloignée de lui toutes ses années… Je comprends et je sens la compassion et la reconnaissance qui enflent dans ma poitrine. L'angoisse grandit également, car j'ai peur de ne pas arriver à temps…

Au bout de vingt minutes de route, des montagnes rocheuses apparaissent et, lorsque nous nous arrêtons au pied d'elles, je vois deux hommes basanés vêtus de longues robes blanches qui nous attendent. Ils portent des kalachnikov en bandoulière et je déglutis difficilement. Lars sort de la voiture et se dirige vers eux. Il montre le message laissé par Zafina et s'entretient durant quelques minutes à grand renfort de signes des mains.

Il finit par se tourner vers nous avec uns sourire rassurant et lève le pouce. Nous descendons de voiture et suivons les deux hommes qui nous guident à travers les montagnes. Lars me porte à nouveau sur son dos et je lutte pour ne pas succomber à la fatigue et à la chaleur. Après quelques minutes de marche, nous nous engouffrons dans une sorte de tunnel creusé dans la roche, qui semble s'enfoncer au cœur même des montagnes et je retiens une furieuse envie de faire demi-tour à toutes jambes.

Nos guides sont silencieux. Ils ont allumé des torches et leurs ombres s'étendent sur les parois de pierre qui nous entourent. Il n'y a pas un bruit hormis celui que fait mon cœur dans ma poitrine. En moi-même, je me surprends à prier pour arriver en vie auprès de Jin.

Comme s'il avait senti mon angoisse, Lars me murmure quelques paroles réconfortantes et, au bout de ce qui me paraît être une éternité, nous sortons du tunnel, et je reste bouche bée.

Un gigantesque palais s'étend en contrebas sous mes yeux émerveillés. Il est exactement comme dans les livres ou les films et je me sens toute petite devant tant de majesté. Le palais de marbre blanc est entouré d'immenses colonnes sculptées et de statues, néanmoins il semble intact, comme s'il n'avait jamais subit les ravages des hommes et du temps.

Les deux hommes nous font signe d'avancer et nous les suivons sur un sentier escarpé qui mène en bas des montagnes. Nous remontons la grande allée centrale sous le regard des statues qui jalonnent le chemin. Tout est silencieux et paisible, comme figé hors du temps. Seul un bruit de pas vient troubler la quiétude des lieux et je lève la tête pour distinguer une silhouette qui descend les marches menant à la porte du palais.

Une jeune femme s'avance vers nous. Elle est brune, grande et mince, la peau dorée. Elle porte un haut doré qui dévoile ses bras et son ventre et une jupe rouge imprimée qui laisse voir de longues jambes parfaites. Ses yeux sont ourlés de noir et elle a un sourire mystérieux aux lèvres.

Zafina…

« Les étoiles m'ont prédit votre arrivée, soyez les bienvenus. »

.

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TBC…

Au fait, vous avez vu le trailer de Tekken 7 ? Il a l'air terrible !