"Je ne suis pas le genre de fille canon a qui tout le monde veux parler,

ni le genre de fille populaire qui n'a qu'a claquer des doigts pour avoir

ce qu'elle veux. Non, moi je suis le genre de fille qui doit se battre pour avancer et qui après chaque chute doit se relever."


Je passai mon sweat par la tête et gardai les yeux fixés au sol. Ce qui vient de se passer confirme mes craintes, et mes craintes se sont réalisées. J'ai honte de ce qu'il vient de se passer, et j'ai peur des répercutions. Je jette un coup d'œil à mon élève qui est en train d'enfiler son pantalon, et ce que je vois dans son dos me donne une claque monumentale. Des traces de griffes sont clairement visibles, et c'est moi qui les aie faits. Ça me rappelle que j'ai vraiment aimé ce qu'on a fait malgré tout. Le silence s'éteint quand le téléphone fixe sonne, je le regarde sans bouger, j'ai peur de répondre je crois, que ce soit une mauvaise nouvelle, comme pour me punir d'avoir couché avec l'un de mes élèves. Le répondeur se met donc en route et c'est la voix d'Émilie que j'entends : "Hey ! Je rentre plus tôt ce soir, garde moi de la pizza. A tout de suite." Je mets plusieurs minutes avant de capter qu'elle va arriver et que Castiel est toujours là.

-Oh putain, lâchai-je soudain paniquée.

J'accoure vers la porte et regarde s'il y a quelqu'un. Je vais vers mon élève et le prends par le bras pour l'amener de force jusqu'à la sortie.

-Castiel il faut que tu partes, tout de suite !

Il met son pied au moment où je ferme la porte.

-Il faut qu'on parle, dit-il avec volonté.
-Un autre jour.

J'arrive à fermer la porte et attends quelques minutes avant de vérifier qu'il est bel et bien parti. Le couloir est vide, et j'entends un bruit de talons qui monte l'escalier. Je comprends tout de suite qui c'est, et je me jette sur le canapé en mettant une bien trop grosse part de pizza presque froide dans ma bouche, quand elle entre j'ai l'impression que je vais m'étouffer, mais le Sprite résous mon problème.

-En fait tu voulais finir la pizza avant mon arrivée pour arriver à t'étouffer comme ça?

Je souris avant de répondre:

-Exactement, mais je n'ai pas eu le temps.

Elle jette ses affaires sur une chaise, enlève ses chaussures et prend une part de pizza.

-Elle est froide, je vais aller la réchauffer un peu.

Émilie prend toutes les pizzas, les met dans une assiette avant de les faire chauffer au micro-ondes. Pendant ce temps je ferme les yeux en m'appuyant un peu plus sur le canapé, heureuse d'avoir évité une catastrophe en plus. La série qui passe à la télé continue de se dérouler sans que je n'aie réussi à la suivre. Mon amie revient s'asseoir à côté moi avec l'assiette à pizzas, mais à la place de regarder la télévision, elle me regarde, moi. Ai-je oublié un détail?

Dans mon fort intérieur tous mes neurones crient l'alerte rouge. Je vois déjà la scène se dérouler sous mes yeux, elle en train de me sermonner et de me dire qu'il faut que je démissionne. Mon cœur bat fort dans ma poitrine jusqu'à ce qu'elle feigne un petit sourire avant de me dire :

-La pizza est froide, quand je suis arrivée tu avais l'air affolée, et je trouve dans la poubelle un préservatif, tu vois toujours pas de quoi je parle?

Je la regarder ébahie et un peu soulagée. Elle ne sait pas que c'était Castiel.

-Tu regardes dans les poubelles maintenant? Dis-je en prenant un air outragé.
-J'ai pas fouillé, j'ai juste mis un truc à la poubelle et je l'ai vu, et je sais à quoi ça ressemble, donc bon. Mais on s'en fou, alors c'était qui?
-C'était Dake, il est venu à l'improviste.

Mon mensonge semble très crédible, et il a l'air de marcher.

-Et c'était comment? Demande-t-elle avec curiosité.
-C'était super, mais j'aimerais bien qu'on regarde tranquillement la série rien que toutes les deux et les pizzas.
- Mouai, tu ne veux pas en parler?
-Bah c'est surtout que j'ai rien à dire de plus, et que ça m'a épuisé.

Ce qui est vrai, je suis exténuée. Pour clore la discussion je prends une autre part de pizza que je mange avec appétit. Je me mets en tailleur pour que ça soit plus confortable et profite de la soirée en essayant de ne pas penser à Castiel. Ce qui est peine perdue car quand j'y repense certaines sensations refont surface. Le plus bizarre c'est que je me sens à la fois euphorique et coupable.

Quand j'arrive dans ma salle de cours, j'ai une boule au ventre aussi énorme qu'un éléphant. Je vais avoir en face de moi l'élève avec qui j'ai couché et cela me rend plus que nerveuse, je m'installe donc en pensant à ce qu'on va faire, enfin avec mes élèves, pas avec lui. Je souffle un grand coup en entendant la sonnerie qui annonce le début des cours et que certains entrent déjà. J'essaye de ne pas regarder la chevelure rouge qui passe pour aller à sa place, et de paraitre décontractée, c'est le moment de mettre mon masque de professeur. Je fais l'appel et remarque qu'un groupe de filles manquent à l'appel, c'est à ce moment-là qu'on frappe à la porte.

-Entrez, dis-je en imaginant déjà boucle d'or entrer avec grâce.

Sauf que quand la porte s'ouvre, je m'attends à tout, sauf à ça. Une Ambre la tête baissée, et les yeux légèrement rougis désespérément cachés derrière un peu de maquillage part se réfugier avec ses copines à sa place habituelle.

-Désolées, déclarent ses deux copines à mon attention.
-Ce n'est rien, dis-je avec inquiétude.

Intérieurement, j'ai peur de savoir pourquoi boucle d'or est aussi triste. Mais je me ressaisis en commençant à parler en anglais et à leurs faire cours. Ambre me fait presque un peu oublier la présence si imposante de Castiel avec ses pleures qui recommencent de plus belle. C'est d'un seul coup qu'elle part en courant de ma classe. Et aussitôt, je demande à l'une de ses amies d'aller la rejoindre sûrement aux toilettes. Bien sûr tous les élèves ont vu la scène, et je les entends commenter sans pour autant vraiment savoir ce qu'il lui arrive. Je reprends donc le cours en essayant d'ignorer le regard qui me fixe à l'autre bout de la salle. Le point positif c'est qu'il ne fait rien pour me déranger, il est si je puisse dire "sage". Quand tous les élèves partent j'étends des bribes de phrases, "Il l'a quittée...", "Castiel...", "Ce matin...", "Dans la cour...", "Devant tout le monde". Je grimace en entendant ça, et sers les cahiers que je tiens tout en marchant vers la salle des professeurs. C'est à cause de moi si elle pleure? C'est à cause de moi s'il l'a quittée? Il compte faire quoi après? Il voulait me parler c'est vrai... devrai-je? Et si ça ne fait qu'empirer les choses? Je me cogne dans un autre professeur tellement je suis dans mes pensées

-Désolée, dis-je au concerné.
-Il n'y a pas de mal, me dit-il avec un sourire que je rends.

Je me remets en marche en réfléchissant à toute vitesse, le seul moyen que j'ai, c'est d'arrêter de le fuir et de lui faire face... dans un lieu public, je ne suis pas folle au point de me retrouver seul à seul avec lui encore une fois. Mais il faudrait mieux que ça soit loin de ce lycée quand même, ou un endroit pas trop fréquenté par les jeunes ou les autres professeurs.

Je n'y arrive pas, en fait c'est surtout que je ne sais pas comment faire, ni s'il veut toujours me parler et encore moins ce que je dois lui dire. Mais en même temps il fait comme si de rien n'était, et je ne sais pas ce que je dois en penser. Peut-être que j'aurais ma réponse ce matin? A ce fameux cours de sport. Les heures passent pourtant et il ne se passe rien.
Ce n'est que quand Kim prend sa douche et que je suis déjà prête dans le couloir en l'attendant qu'il se passe quelque chose. Mon cœur bat fort sans aucune raison quand il s'approche de moi avec sa marche féline. Je ne le regarde pas directement et préfère poser mon regard sur ce qui m'entoure.

-Madame, il faut qu'on parle.
-Je pense qu'il le faut effectivement, dis-je en évitant de le regarder droit dans les yeux.
-Cet après-midi ? Dans le café Croissant de Lune, à 15 heures ça ira?

Je hoche la tête, tout en surveillant si quelqu'un nous a entendus. Il part et je m'appuie sur le mur en soufflant. C'est déjà un début, j'y verrai plus clair cet après-midi.

Je marche et j'entends mon cœur battre jusqu'à mes oreilles tellement la pression de ce qu'il va se passer, de ce qu'il va me dire est forte. Le printemps arrive à petits pas, ça passe tellement vite. J'arrive enfin à distinguer le petit café où il m'a donné rendez-vous, je ne m'arrête pas et continue d'avancer pour ne pas me défiler à la dernière seconde, je ne veux pas fuir ce problème en faisant comme s'il n'avait jamais existé. J'entre et vois directement la chevelure rouge vive dans un coin du café, je me dirige vers lui et m'assois. Castiel me dévisage avant de déclarer :

-Je n'étais pas sûr que vous viendriez.

Je ne réponds pas car un serveur me demande ce que je veux commander. Je lui demande un café au lait, et je trifouille mes mains avant de lever le regard et de me forcer à lui parler sans fausse note.

-Moi-même je n'étais pas sûre de venir, mais il le faut bien, pour mettre les choses au clair.
-Devenez ma petite amie.

Je faillis m'étouffer avec ma propre salve en entendant ceci, et regardai autour de moi avant qu'il ne continue dans sa lancée.

-Bien sûr je sais qu'on ne pourra pas le faire officiellement par rapport à votre statut de professeur, mais je vous aime Madame, je vous veux pour moi tout seul.

Je ne sais pas si cette nouvelle me comble de joie ou de panique, si elle me refroidit ou au contraire me réchauffe. Personne ne nous écoute, ou ne nous entend je crois. J'essaye donc de rester calme et posée quand le son de ma voix revient.

-Castiel, je ne peux pas et je ne veux pas, tu es mon élève et c'est un principe pour moi ce genre de chose.
-Pourtant je sais que vous m'aimez aussi, je le vois, et après ce qu'il s'est passé, vous ne pouvez le nier.

Je me pince l'arête du nez, ce jeune homme est beaucoup trop borné et têtu pour moi, comprend-t-il ma position au moins?

-Je ne parle pas de ça, si quelqu'un l'apprend, je perdrais mon travail et tout le reste, je ne sais faire que ça, professeur d'anglais. Est-ce que tu peux imaginer les répercutions que cela pourrait avoir?

L'angoisse fait place à la colère, je sors de la monnaie et la mets sur la table avant de commencer à partir, mais une main me retint le bras.

-Et si je n'étais plus votre élève cela serait possible?
-Tu as vu tes notes? Comment comptes-tu avoir le bac avec ton taux d'absentéisme ? Et je ne pense pas qu'un autre lycée voudra de toi.

Je pars en le laissant réfléchir à mes paroles blessantes. Le fait qu'il insiste autant sans comprendre ma position m'énerve beaucoup, il pense que c'est aussi simple que ça? Comment peut-il être aussi ignorant... Arrivée près de l'appartement, je commence à regretter ce que j'ai dit, mais au moins j'espère l'avoir fait réfléchir pour qu'il me laisse tranquille et qu'il oublie cette histoire, même si j'avoue que cela me rendra triste, car je pense avoir un peu de sentiment pour lui.
Il a dit qu'il m'aimait, mais comment peut-il le savoir... ce n'est encore qu'un enfant...


Moi : Voilà, j'ai eu du mal à l'écrire celui-là, même si je l'avais commencé avant.
Prof : Sans Blague, je suis restée au moins deux semaines dans ce putain de canapé !
Moi : Te plains pas, au moins t'étais confortablement installée !
Prof : Je m'en fou ! J'ai regardé tous les matins Dora L'exploratrice car je ne pouvais pas bouger, et je te parle même pas des autres émissions, alors tu fais chier !
Moi : Si tu continues à te plaindre, dans la suite je vais te faire déménager en Alaska, sans Castiel !
Prof : Finalement en y repensant, Dora était cool :) .
Moi : Piouf, mes personnages sont vraiment compliqués à gérer... Surtout toi avec tes abords légèrement pédophiles...
Prof : Je te rappelle que c'est Castiel qui s'est jeté sur moi et que c'est toi qui l'a écrit, donc dans ta tête t'es pas mieux !
Moi : Je ne ferais aucun commentaire, j'espère cher lecteur que mon chapitre vous a plu ? Et que la participation de notre chère prof ne vous a pas dérangé !
Prof : Blablabla... Fais comme si je n'étais pas là !
Moi : C'est moi qui t'aie crée, alors tu me dois le respect, sinon qui sait ce que je pourrais te faire faire... un vieux prof dans ton lit, ça te dit?
Prof : Tu n'oserais pas l'écrire... Parce que ce serait dégelasse en vrai x)
Moi : Ce n'était qu'un exemple, je peux te faire faire plein d'autres trucs ! Et tu sais à quel point je peux être... sadique?
Prof : Promis, je n'interviendrais plus !
Moi : Je préfère ça !
Castiel : Moi je n'est rien promit...