Acte III
Scène II
Se promenant dans les rues de la ville en compagnie de ses deux amis, Roy racontait sa dispute avec ses parents d'un ton léger, voire légèrement méprisant. Hugues écoutait sans vraiment y faire attention, et Jean se disait qu'il était bien triste qu'il s'entende si mal avec sa famille.
"Cesse de t'inquiéter pour moi, Jean. Après tout, ce sont eux qui prennent plaisir à se disputer. Ma foi, je n'y vois aucun inconvénient. Je suis parfaitement libre de mes mouvements. Tout ceci me convient très bien."
"Reconnais tout de même qu'il est malheureux de ne pouvoir trouver une solution d'entente. Subira-t-on toujours les colères de vos gens ? N'y a-t-il vraiment aucun moyen d'y mettre fin ?"
"Mon ami, il n'y aurait qu'une solution à tout cela, et je ne pense pas qu'elle soit la meilleure..."
Sans rien ajouter, Roy traversa la rue pour se rendre dans le jardin publique, mais il fut soudain arrêté par un cri derrière lui. Il se retourna, imité par Hugues et Jean, surpris.
Un jeune homme blond se tenait devant eux, avec plusieurs autres hommes armés derrière lui.
"Toi ! Mustang ! Tu as osé te montrer à notre fête sans y avoir été invité !"
"Qui est ce personnage déplaisant ?" glissa Hugues à Roy, sans se faire entendre.
"Je pense qu'il s'agit du dénommé Russell. Edward m'en a parlé, il paraît qu'il est furieux que nous nous soyons incrustés à la fête de l'autre soir."
"Comment l'en blâmer..."
Roy éleva la voix pour lui parler :
"Mon ami, il est vrai que notre conduite fut des plus impolies. Je te prie de bien vouloir accepter mes humbles excuses. Elles seront suffisantes, je pense, puisqu'aucun mal n'a été fait."
"Suffisantes ? Me prendrais-tu pour un simplet, Mustang ? C'est un affront que tu nous a fait, et je compte bien obtenir plus que de simples excuses !"
"Par le ciel, que pourrais-tu avoir de plus ?"
"Cette offense sera effacée par ton sang... !"
Un silence glacial s'abattit dans la rue ensoleillée. La situation devenait bien plus sérieuse.
"Et qui doit-on remercier pour cette formidable idée ?"
"Comment aurai-je pu deviner qu'il le prendrait si mal... ?" marmonna Hugues d'un ton contrit.
"Dans ce cas, ne serait-ce pas à toi de t'excuser ?"
"Et offrir mon sang à ce nobliau de deux sous ? Tu te méprends, mon ami."
Russell, plus loin, s'impatientait, la main posée sur la garde de son sabre, prête à l'empoigner.
Roy s'avança de quelques pas, levant les mains :
"Allons, mon ami, il est inutile d'en venir à de telles extrémités. Pourquoi ne pas régler cette histoire en hommes civilisés, et discuter ?"
"Serait-ce encore une insulte ?! Ne crois pas que ton attitude restera impunie, sale traître ! Dégaine ton arme, et bats-toi !"
Sans un mot de plus, Russell tira son sabre, et le pointa vers Roy dans un geste de défi. Les trois amis restèrent interdits devant la fougue du jeune blond, hésitants quant à la conduite à adopter. Un petit silence passa, avant que Russell ne reprenne ses injures envers de Roy.
Alors, Hugues s'emporta :
"Roy ! Vas-tu donc lui permettre de t'insulter de la sorte encore longtemps ?! Sur mon honneur, je ne le laisserai pas prononcer un mot un plus !"
Il tira sa propre épée, et se mit en garde devant le jeune homme, qui parut surpris ; mais il grimaça et hocha la tête, s'apprêtant à engager le combat. Roy s'interposa aussitôt :
"Arrêtez ! Tous les deux ! Tout ceci est vraiment inutile... !"
Mais ni l'un ni l'autre ne l'écoutèrent, et Hugues le poussa sur le côté avant d'accueillir le coup de son adversaire. Russell s'était jeté vers le brun, le sabre dans sa direction ; Hugues para habilement l'attaque, et le combat commença.
Roy et Jean, ainsi que les soldats accompagnant Russell, ne purent rien faire d'autre que regarder les deux hommes s'affronter. Malheureusement pour le blond, Hugues était un bretteur renommé, et très doué. Il n'eut aucun mal à faire reculer le petit fleurettiste qu'était le jeune comte. Mais cette situation devenait trop dangereuse, d'autant plus que les rares passants qui traversaient la rue semblaient prêts à avertir les gardes du Prince. Roy décida de s'interposer une fois encore, espérant qu'ils seraient suffisamment fatigués après leurs nombreuses attaques pour l'écouter.
Il avança entre les deux hommes, alors qu'ils s'étaient éloignés l'un de l'autre, suivi par Jean qui avait très bien compris ce que le brun essayait de faire. Avec quelques paroles destinées à les calmer, Roy se plaça devant Hugues, et Jean devant Russell ; mais les deux autres ne semblaient pas disposés à baisser leur arme, et le comte se jeta en avant une fois encore, repoussant Jean qui, surpris, tomba sur le côté ; Roy esquiva juste à temps le sabre qui frôla son torse. Levant les yeux, il croisa le regard haineux de Russell, qui affichait une expression à la fois fière et déçue ; il recula rapidement, révélant la pointe de son sabre... rouge de sang.
Alors que Roy écarquillait les yeux à la vue du sang, Russell fit demi-tour et courut vers ses soldats.
Il fut cependant intercepté par Jean, qui, derrière eux, n'avait rien raté de la scène ; avec un regard furieux, il brandit son arme devant le blond, qui n'eut d'autre choix que de combattre à nouveau. Roy se retourna pour voir Hugues tomber à genoux au sol ; il se pencha aussitôt vers son ami.
"Ah... ! Quelle idée stupide de te mettre entre nous. Vois ! Par ta faute, il m'a touché..."
"Quelle idée stupide de te battre... ! Pourquoi ne m'as-tu pas écouté ?"
"Tu es peut-être d'une nature indifférente et insouciante, Roy, mais ça n'est pas mon cas. Et te voir aussi calme quand il te traite de lâche, ça m'est insupportable..."
"Par chance, cet imbécile a mal visé : c'est juste une éraflure. Penses-tu pouvoir marcher ?"
"Ça ira... je ne-"
Ils levèrent la tête en entendant un grand bruit derrière eux : Jean se tenait, épée à la main, devant le corps recroquevillé au sol du jeune comte, qui poussait de faibles gémissements. Plus loin, les soldats s'approchèrent en courant.
"Messieurs, je pense qu'il est temps pour nous de nous éclipser..." fit Roy.
Jean hocha vaguement la tête, après un coup d'oeil en arrière, et aida à soulever leur ami blessé. Rapidement, ils s'éloignèrent de la rue où se regroupaient une petite foule, ainsi que les gardes du Prince, alertés par les cris des passants.
Allez, personne à la maison, je fais vite U.U (hihihi) Petit cadeau pour vous remercier de votre patience !
