Minerva redescendait lentement les escaliers d'un air songeur, toute envie de dormir l'ayant quittée depuis longtemps. Etait-ce le simple fait qu'elle ne soit plus la seule à savoir ce qui s'était exactement passé ?

Et si Sirius et elle n'avaient pas été désignés par le doigt de l'injustice dans l'unique but de les (la) faire souffrir ?

Et si elle avait encore un rôle à jouer, contrairement à ce qu'elle avait prévu ?

Minerva soupira en atteignant le rez-de-chaussée. Elle allait devoir s'assurer de la véracité de ses suppositions, et pour cela elle allait devoir faire la seule chose qu'elle s'était jurer de ne jamais faire: elle allait se faire lire l'avenir par cette chère Sybille Trelawney.

Minerva ouvrit la porte d'entrée et se retrouva nez à nez avec Albus Dumbledore.

Comme toujours depuis qu'il avait rajeuni, et qu'elle se retrouvait à le regarder dans le blanc des yeux, elle eut une légère crispation corporelle, et comme toujours depuis cette mémorable réaction, il la scruta prudemment de ses yeux bleus clairs puis ouvrit la bouche.

-Minerva, je suis content de vous voir.

-Albus. Que faîtes-vous ici ?

-J'ai entendu crier. Dans ma tête, précisa-t-il devant son air bouche bée.

-Crier ? Euh… C'est peut-être une réaction en rapport avec votre rajeunissement ? Vous entendez peut-être des voix, comme Jeanne d'Arc.

Minerva vérifia discrètement qu'aucun poil de la barbe d'Albus n'avait encore brûlé, mais c'est difficile de voir du brûlé sur du roux.

Devant l'air mi-amusé, mi-consterné de son supérieur, Minerva se mordit la lèvre.

-Pardon, mon humour laisse à désirer. Vous dites que vous avez entendu crier ?

-Oui. Et vous ?

Il y eut un instant de silence durant lequel ce fut au tour de Minerva de regarder Albus d'un drôle d'air.

-Euh… Je crois que vous devriez aller vous coucher quelques heures, Albus. Je vous retrouve demain, à la réunion de 21 heures.

-J'aurais pensé vous voir plus tôt.

Minerva, qui avait commencé à descendre les marches du perron, s'immobilisa un bref instant.

-Je vous remettrais mon rapport juste avant la réunion.

Albus sentit ses épaules s'affaisser. Elle le fuyait, c'était indéniable à présent. Il regarda sa silhouette élancée diminuer jusqu'à devenir celle d'un chat. Quelque chose faisait une boule dans sa gorge, et il ignorait totalement comment l'interpréter. Ce qu'il savait cependant c'était que sa directrice de maison ne devait pas s'éloigner de lui: trop de personnes pourraient alors se servir d'elle contre lui et l'Ordre.

Albus pénétra dans la maison silencieuse sans se douter un instant qu'il se fourvoyait complètement sur cette femme qu'il croyait réellement connaître.

Il grimpa les escaliers en suivant son instinct, comme toujours, et il finit par se retrouver devant la porte d'une chambre. D'une main, il poussa le battant à demi entrouvert, et pénétra dans la pièce. Son regard fit le tour de la chambre vide, et il s'assit sur le lit. L'acéré de ses yeux d'eau avait déjà analysé la chambre de fond en comble, et il savait à présent qui était le propriétaire de lieux: Sirius Black.

HPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHPHP

Un hibou grand-duc s'était posé contre le carré d'une fenêtre qui donnait à l'intérieur de la tour d'astronomie. A rythme régulier, il se mit à tapoter contre le carreau, jusqu'à ce qu'une femme, impatiente, lui ouvre. Il sauta dans la pièce, secoua ses ailes avec passion jusqu'à se que la rosée qui le recouvrait tombe entièrement sur le tapis. Pressé de repartir, un peu dérangé par la température élevée de la pièce, il tendit une patte impatiente à sa destinataire.

Celle-ci eut un soupir ennuyé, décrocha la lettre et entrouvrit la fenêtre pour permettre à l'hibou ébouriffé de ressortir vivement.

La femme finit par s'asseoir dans un grand fauteuil devant le feu de la cheminée, et décacheta mollement la missive, ses yeux grossis par d'énormes verres parcourant frénétiquement le papier et ses cheveux se redressant continuellement sur son crâne, lui donnant ainsi un air de chauve-souris mixée à un insecte genre sauterelle.

Un petit sourire satisfait mais néanmoins étonné surgit sur ses lèvres tendit qu'elle inscrivait une réponse derrière le parchemin jauni.

Celui-ci s'envola avec un hibou échevelé ressemblant incroyablement à sa maîtresse, et quelques secondes plus tard la porte de la pièce s'ouvrit et le professeur Minerva MacGonagall entra. Un bref instant son nez se fronça sous l'effet des encens qui étouffaient l'air de la pièce, puis elle vint s'installer calmement devant l'insecte humain.

-Sybille, je suis contente de vous voir en vie. Vous devriez descendre de temps en temps, ça vous ferait respirer du bon air pur.

-Cette atmosphère convient parfaitement à ma condition, Minerva, il repose mon troisième œil.

-Hum… Sans doute. Je suis venue vous voir, donc, pour savoir si vous pouviez me lire mon avenir.

-La divination n'est pas quelque chose qui vient sur commande, Minerva.

-Je sais. J'aimerais juste que vous me disiez ce que vous voyez sur moi de temps en temps. Envoyez-moi un courrier, ce que vous voulez, mais sachez que c'est important pour moi. J'attends une réponse de votre part.

La dénommée Sybille resta un instant à fixer sa supérieure, puis estimant que cette action ne pouvait que l'avantager, elle acquiesça à contre-cœur. C'était bien la première fois que Minerva MacGonagall lui demandait quelque chose !

-Bien. Alors je vous laisse. Je reviendrais vous voir à la même heure la semaine prochaine, si vous n'avez rien.

-Non.

-Parfait. Passez une bonne fin de journée Sybille, et merci pour ce petit service.

La porte claqua et Sybille se retrouva seule devant sa boule de cristal.

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

Deux jours. Il restait deux jours avant la reprise des cours. L'air à la fois soulagé (plus de nettoyage !) et déprimé (déjà la fin…), les adolescents traînaient des pieds dans l'immense Manoir Black, délaissant les bagages qui attendaient lugubrement qu'on les remplisse.

Albus, qui avait décidé de venir plus tôt au Manoir, peut-être dans le fol espoir de voir quelqu'un, regardait ces adolescents grognons et songeait que, malgré tout ce qu'on avait pu lui dire, et tout ce qu'il avait pu voir, l'adolescent était décidément une créature vraiment étrange. Il ne se souvenait plus comment il était à cet âge là, ce qui est assez étrange en soi, mais il savait que jamais il ne lui serait venu à l'idée de traînasser sans rien faire, alors que plein d'affaires urgentes appelaient à l'attention de tous. N'est-ce pas ?

Dans un fauteuil rouge délavé, Ronald Weasley tenait Hermione Granger dans ses bras. Et vas-y que je t'embrasse, que je te papouille, que je tripote tes zones sensibles pour te faire rire, que je caresse ta …. OH !

Albus Dumbledore détourna la tête, la peau du visage couleur soleil couchant. Les jeunes étaient décidément sacrément entreprenant de nos jours ! Lui ne se serait jamais permis de telles choses en public ! N'est-ce pas ?

Le regard du plus grand mage blanc du siècle tomba sur Sirius Black qui descendait les escaliers d'un air un peu absent. Arrivé en bas, il fit un pas en direction du hall, et Albus pressentit alors l'accident qui n'allait pas tarder.

Et en effet, on entendit un bruit sourd et un juron de douleur suivit d'un BOOUM ! lourd de conséquences. Aussitôt, fidèle à son rôle, le portrait de la mère Black s'ouvrit en grand, et ses hurlements démoniaques commencèrent à envahir la maison.

Les portes s'ouvrirent les unes après les autres à la volée, et bientôt tous furent dans le couloir tandis que Sirius regardait fixement le portrait, l'air légèrement éberlué. Il semblait complètement hors-sujet, et le fait de se retrouver face à sa mère semblait le choquer plus que nécessaire.

-IMMONDE TRAÎTRE A MON SANG, COMMENT OSES-TU ABÎMER CE MAGNIFIQUE PIED DE TROLL QUI M'A VALU LES YEUX DE LA TÊTE ????

Sirius se reprit soudain et sortit sa baguette. La mère se tut aussitôt et ses yeux rusés scrutèrent Sirius avec curiosité et impatience.

-Que vas-tu donc me faire, jeune imbécile ? Tu ne peux décoller ce portrait, et je crierais jusqu'à ce que tu deviennes sourd !

Bouche bée, Albus s'aperçut soudain que c'était la première fois qu'il voyait la Mère Black parler d'une voix normale, et il se rendit compte en regardant autour de lui qu'il n'était pas le seul.

La mère Black ouvrit une nouvelle fois la bouche en prenant une grande inspiration.

Sirius sortit sa baguette et la pointa sur le tableau.

-Je suis de sang Black, par conséquent j'ai parfaitement le droit d'enlever ce tableau.

La mère coupa tout net son élan et poussa un ricanement mauvais qui fit frissonner plus d'un personnage.

-Toi, un Black ? Tu en as peut-être les traits, mais tu ne l'es qu'à demi !

-Cela n'a aucune incidence sur mes liens familiaux. Si toi tu as réussi à changer l'Arbre Généalogique des Black pour me faire passer pour ton fils, alors moi je peux te décoller de ce mur.

Albus eut soudain une étrange impression d'écho. Où Diable avait-il déjà entendu que Sirius Black n'était pas le fils de la Mère Black ?

Un hurlement de rire de la part de celle-ci les fit tous sursauter.

-Jeune ignorant ! Tu crois réellement que j'aurais eu la force magique pour modifier une tapisserie plus vieille que mon arrière-grand-père ? Imbécile ! Ce n'est pas moi qui ai fait ça, oh non, jamais ce genre d'idée ne me serait venue !

Sirius eut l'air un instant hésitant.

-Tu mens. Qui d'autre que toi aurais pu le faire ?

La Vieille grogna.

-La jeune femme. Celle qui m'a remit l'ignoble bébé que tu étais, celle qui m'a fait faire un Serment de feu, celle qui m'a pourri la vie, la cause de mon malheur ! Dès le moment où elle est apparue avec toi dans les bras, je me suis juré de la tuer. Mais j'ai dû renoncer à ce serment quand je l'ai vue modifier l'Arbre Généalogique avec autant de facilité qu'un serpent qui étouffe un enfant. Cette femme était trop puissante, et j'espère que quelqu'un l'a tué, et qu'elle a beaucoup souffert…

Tout à son discours meurtrier, la Mère Black n'avait pas vu Arthur Weasley s'approcher, et c'est avec stupeur qu'elle vit soudain le rideau de son tableau se refermer d'un coup sec sur elle.

Il y eut un instant de silence plein de recueillement, puis les regards se tournèrent petit à petit vers Sirius.

Celui-ci, immobile, semblait être profondément plongé dans ses pensées, et ce n'est que quand la porte d'entrée s'ouvrit qu'il émergea.

Quand il vit Minerva dans l'encadrement de la porte, Albus sentit son cœur faire un bond de joie dans sa poitrine. Alléluia, elle était en vie, apparemment indemne.

-Eh bien, qu'est-ce qu'il se passe ici ? Demanda-t-elle à voix haute.

Aussitôt, des "chut" sévères la fustigèrent précipitamment. Elle jeta un coup d'œil au tableau, puis à Sirius, et enfin son regard s'arrêta sur le Directeur. Celui-ci s'empressa de répondre du regard à son coup d'œil, et ne la quitta pas des yeux.

Bientôt, Minerva détourna les yeux, et elle s'approcha de Sirius.

-Que s'est-il passé ? Murmura-t-elle.

Sirius haussa les épaules, marmonna quelque chose à propos d'une bibliothèque infestée de livres cannibales et s'empressa de remonter à l'étage.

Plusieurs paires d'yeux le suivirent, puis chacun finit par retourner vaquer à ses occupations premières, l'air un peu dérouté.

Minerva hésita puis s'approcha d'Albus en enlevant ses gants (littéralement parlant).

-Que s'est-il passé, Albus ?

L'éternel cillement qu'elle eut face à lui décida Albus à lui parler.

-Vous voulez bien venir dans mon bureau, s'il vous plaît ? J'aimerai vous parler de deux, trois petites choses.

Elle détourna son regard et le laissa vagabonder par-dessus son épaule.

"Faîtes qu'elle dise oui, faîtes qu'elle dise oui…" Il était étrange de voir combien il espérait qu'elle accepte, comme un adolescent transi d'amour face à sa dulcinée, en somme.

-Très bien, fit-elle enfin, je vous suis.

Albus ferma brièvement les yeux de soulagement, puis la guida vers son bureau, dans les étages.

Lorsque la porte se referma derrière elle, Minerva eut l'impression d'être tombée dans un piège. Albus s'assit derrière son modeste bureau et attrapa un parchemin vierge qu'il posa discrètement dans un tiroir à côté de lui, ainsi qu'une plume Dictaire, conçue pour écrire tout ce qui était dit à quelques mètres à la ronde.

-Bien.

Minerva s'assit, et le discret grattement de la plume sur le papier l'obligea à fermer le tiroir pour étouffer le petit bruit.

-Que s'est-il passé en bas, Albus ? Demanda Minerva pour la quatrième fois.

-Sirius a trébuché tout à l'heure sur le pied de troll dans le hall d'entrée, ce qui a réveillé Madame Black. S'est ensuivi une conversation passionnante à propos d'une tapisserie dans un salon et d'un lien mère-fils apparemment totalement faux.

Albus scruta attentivement la femme impassible devant lui.

-Madame Black a également fait mention d'une jeune femme au pouvoir extrêmement puissant qui aurait modifier la génétique de l'Arbre Généalogique des Black sur ladite tapisserie. Cette jeune femme lui aurait également remis Sirius enfant, et l'aurait obligée à faire un Serment de Feu. Etrange, n'est-il pas ?

Minerva resta silencieuse un instant, mais Albus pouvait presque percevoir les rouages dans sa tête qui tournaient et fumaient.

-Etrange, en effet, fit-elle enfin.

Albus sentit la réserve dans la voix de Minerva, et il décida de mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes. Il amorça un geste familier vers une paire de lunette inexistante sur son nez, puis baissa la main d'un air préoccupé.

-Minerva, j'aimerais vous faire part d'une impression que j'ai, et j'apprécierais que vous m'aidiez à la comprendre.

"Nous y voilà", songea douloureusement Minerva, "le point de non-retour".

-Pourquoi m'évitez-vous Minerva ? Pourquoi, depuis que j'ai miraculeusement rajeuni, j'ai l'impression que vous avez peur de moi, que vous me considérez comme une créature dangereuse ?

Albus avait déjà envisagé cette possibilité, bien qu'il doutât réellement que Minerva le considère comme un monstre.

-Albus…

Stupéfaite, Minerva n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Comment pouvait-il seulement penser cela ? Les larmes aux yeux, elle sentit son cœur se déchirer encore plus, si cela était encore possible, et une lame de fond la transperça, lui faisant comprendre que l'homme qu'elle avait toujours aimé était presque, si ce n'était définitivement mort.

Comment pouvait-il seulement croire que elle, Minerva MacGonagall, le considérait comme une "créature dangereuse" ? Oui, elle l'admettait, elle l'avait évité pendant longtemps depuis sa transformation, mais de là à penser cela… Il fallait qu'elle mette les choses au clair une bonne fois pour toutes.

-Albus, je ne vous ai JAMAIS considéré comme un monstre, je ne vous considèrerai JAMAIS ainsi, et si ma façon d'être vous a choquée de quelques façons, sachez que je n'ai rien contre vous, et que la seule à blâmer ici c'est moi, et nul autre. Je suis plus que désolée par ce que je vous fais subir, mais malheureusement je ne peux agir autrement, et quoi que vous fassiez, je ne changerais pas.

Abasourdi, Albus ne sut un instant que faire, jusqu'à ce qu'elle se lève, prête à partir. D'un bond il fut devant elle, l'empêchant ainsi de passer.

-Ce n'était pas le seul point sur lequel je voulais m'entretenir avec vous. Je suis rassuré que vous me considèreriez toujours comme avant, mais cela ne m'indique toujours pas quelle est la conduite à tenir. Je ferai donc suivant les circonstances. Allez vous asseoir je vous prie Minerva, nous n'en avons pas fini.

Elle hésita un instant, puis se rassit calmement. Soulagé, Albus fit de même.

-Bien. A présent, j'aimerais entendre votre rapport sur votre mission du jour.

Minerva s'exécuta sans rechigner.

Pendant presque une heure trente elle parla, narra. Enfin, à la fin, elle se tut.

-Il faudra parler au conseil de tout ça.

-Sans doute. De plus, euh… J'aimerais vous demander une sorte de permission de deux jours, pour pouvoir aller voir une amie. Je serai de retour pour la rentrée.

Albus lui jeta un regard surpris. C'était bien la première fois qu'elle lui demandait ce genre de chose.

-Eh bien… Si vous voulez, mais faîtes vite, nous pourrions avoir besoin de vous dans les jours à venir.

-Ne vous inquiétez pas, c'est l'affaire de peu de temps.

-Bien. Alors c'est d'accord, vous pouvez disposer.

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

Harry Potter surgit tel une furie dans l'escalier, et dévala les marches à la manière d'un pachyderme pressé. Le bruit sourd de ses pieds se répercuta dans toute la maison, jusqu'à la salle de réunion. Inquiet, ceux-ci levèrent les yeux vers la porte, craignant que ce fussent des géants en furie qui dévastaient la maison.

Enfin, quand le tremblement cessa, Sirius se leva et se précipita hors de la salle.

Quelques secondes plus tard, il était de retour, l'air mi-figue, mi-raisin.

Devant l'air interrogateur des autres, il eut une mimique désolée.

-C'était Harry. Il descendait les escaliers.

Il se rassit et la réunion put continuer.

HPHPHPHPHPHPHPHPHP

Minerva entra dans la bibliothèque de la famille Black, l'air impressionnée par la quantité et la diversité des livres qu'elle voyait.

-Ah, professeur !!

L'air ravi, Harry Potter était assis au milieu d'une pile de bouquins allant de La généalogie des Sangs-Purs à Familles nobles: cachent-elles des choses ?, en passant par Les plus grandes et plus puissantes familles nobles de Grande-Bretagne.

Assurément il s'était fort bien documenté.

-J'ai trouvé plein de choses sur les familles nobles. Vous voulez savoir ?

-Avec plaisir.

Elle s'assit sur une chaise avec beaucoup de calme, et croisa les jambes d'un air hautain.

-Bien ! Alors… D'abord, j'aimerais vous avertir que je ne me suis pas contenté de chercher des informations sur la famille Dumbledore, mais également sur toutes les familles nobles liées à Poudlard.

Minerva sentit son cœur manquer un battement. Les familles nobles en rapport avec Poudlard ? Non… Pas ça…

-Vous allez peut-être pas me croire mais non seulement j'ai trouvé la famille du professeur Dumbledore, mais également les familles Black, Weasley, Malefoy, et aussi la mienne. Mais surtout j'ai trouvé… La votre.

Brusquement, Minerva eut l'impression qu'un étau lui enserrait la poitrine. Qu'avait-il trouvé ? De toute son cœur, comme de toute son âme, elle espérait qu'il n'avait pas découvert le plus grand secret de sa famille… Une famille au passé terrible et à la généalogie incroyable, que jamais personne n'avait découverte.

-Renseignez-moi en dernier sur ma famille je vous prie. Je préfèrerais savoir mon funeste passé après avoir appris celui des autres.

-Comme vous voudrez.

Harry attrapa un livre à sa gauche et le fit glisser jusqu'à Minerva.

-Lisez la préface ainsi que les pages soixante-huit et six cent soixante six.

Minerva attrapa le livre et se plongea dedans.

Préface de Arlequin Sangpur

Cher lecteur, chère lectrice;

Dans ce livre construit et basé sur des faits réels et, j'insiste sur ce point, sur des légendes en fait totalement vraies et vérifiées, vous trouverez l'histoire de chaque famille noble, ses beautés et ses grandes bontés d'âme, ainsi que son pouvoir extraordinaire et sa particularité liée à la construction et à l'édification de ce merveilleux monde qu'est celui de la magie.

Avez vous déjà entendu parler de l'immense générosité du Seigneur Malefoy ? De l'incroyable gentillesse de Lady Durmstrang ? Non ? Eh bien lisez ces pages, et vous saurez tout sur ces familles fabuleuses et adulées qui nous font tous rêver…

Minerva, bouche bée, leva un regard stupéfait sur Harry Potter.

-Mon Dieu… Cet homme était VRAIMENT quelqu'un de… Potter ?

-Hum ? Ah, oui, Sangpur. Nous sommes dans la bibliothèque des Black, professeur. Que croyez-vous trouver ? Une éloge sur l'Amour ?

-Mais tout de même…

-Attendez de voir la suite avant de vous récriminez, professeur.

Minerva grogna et se positionna à la page soixante-huit.

La Noble et Très Ancienne Maison des Black

"Toujours pur"

La famille Black est l'une des plus illustres familles de notre époque (Le livre est du IX° siècle, ndlr), et il va sans dire qu'elle est l'une des plus puissantes.

Bien avant la fondation des premières écoles de magie, ses membres suivaient assidûment des cours de magie dispensés par des professeurs exclusivement à l'usage des Sangs-Purs. Dès l'âge de cinq ans, les enfants savaient lire, écrire, compter, et dès l'âge de dix ans, ils étaient capables d'exécuter des sortilèges très puissants dignes des plus grands mages d'aujourd'hui.

La particularité de la famille Black réside en sa regrettable descendance. En effet, des siècles avant l'apparition du Ministère de la Magie, une jeune fille Black nommée Olivia tomba folle amoureuse d'un sorcier issu d'une famille de Sang-Pur criminelle par le mélange de son sang irrespectueux avec celui de sangs-de-bourbes, et ses fréquentations douteuses avec ceux-ci, la famille Weasley.

Malgré la surveillance rapprochée dont elle était l'objet, la jeune fille parvint à s'enfuir avec l'aide de son amant, et ils disparurent ainsi aux yeux du monde.

La jeune fille étant traître à son sang, les parents abandonnèrent toute poursuite, et se consolèrent avec le fils unique qui leur restait.

Cependant, les années passèrent, les parents moururent et le fils pris la succession à la suite de son père. Un jour qu'il pleuvait et que son épouse, son enfant de trois mois et lui étaient au coin du feu, on frappa à la porte. Le maître alla ouvrir, et il trouva devant lui sa sœur avec un enfant dans les bras.

Il la recueillit, ainsi que son enfant, mais il ne put savoir ce qui s'était passé que sur le lit de mort de la jeune femme. Elle lui raconta qu'elle avait fui, jeune fille, le domaine familiale afin de vivre avec celui qu'elle aimait, mais que, malgré ce qu'on disait, son père l'avait faîte suivre et avait tenté de la ramener par tous les moyens, la traquant sans cesse et sans répit. Elle avait vécu huit ans à l'abri chez une femme nommée Midori Plènéclair, une femme vivant à la cour du roi de l'époque et jouissant d'une très bonne réputation, garantissant ainsi un bon avenir pour ses deux enfants âgés de huit et cinq ans.

Mais la femme était morte un jour, et elle avait dû partir, enceinte, avec son mari et ses deux enfants voilà huit mois de cela. Aussitôt, son père l'avait faîte rattraper, et elle avait vu son mari et ses deux enfants tués par ses hommes.

Folle de douleur, elle était allée s'installe dans la forêt de Brocéliande, et avait accouché seule. Puis, elle était revenu chez son père, en espérant qu'il accepterait de prendre l'enfant et qu'il lui donnerait un avenir. Sur le lit de mort de sa sœur, le maître Black jura de donner une bonne éducation à l'enfant, tout en sachant qu'il le regretterait un jour.

Et en effet, un jour, alors qu'ils se battaient pour une jeune fille d'une grande beauté mais au cœur de vipère, le fils du maître fut tué par son cousin.

Fou de douleur et de rage, le puissant maître Black maudit le jeune homme encore vivant, et prédit d'une voix pleine de colère que sa descendance serait à jamais maudite, et qu'à jamais elle serait une branche faible qui ferait la honte de tous.

Ainsi, depuis ce temps, les Black ont une branche maudite qui a finie par s'éparpiller dans l'Arbre Généalogique de cette Grande et Magnifique Famille, provoquant ainsi la naissance régulière dans une famille Black d'un rejeton faible et indigne de sa famille.

Voili voilou, n'hésitez pas à mettre des commentaires, je vais sûrement bientôt édité la suite, avec bien sûr… la famille MacGonagall.

D'autre part, j'aurais voulu avoir votre avis, à vous lecteurs, sur l'identité du septième horcruxe dans Harry Potter 6, car personnellement j'ai au une idée lumineuse à ce propos.