Note : Voilà une petite surprise pour vous ! Un chapitre plus long que d'habitude ! Mais aussi une nouvelle importante qui va avec. Après mûre réflexion, nous avons tout de même décidé de poster un chapitre plus long toutes les deux semaines pour des raisons pratiques : la relecture et la correction des chapitres prend du temps et si on veut le faire consciencieusement, il nous faut du temps ; mais aussi pour éviter d'avoir un trop grand nombre de chapitres et pour avoir le temps de continuer l'intrigue de notre côté. Il est plus confortable pour nous d'élargir les délais de publications. Il y a également des raisons personnelles qui nous empêchent d'être aussi régulier : manque cruel de temps pour ce mois-ci et les deux mois à venir. Nous espérons que vous comprendrez.

Maintenant, place aux réponses des commentaires de nos chers lecteurs ! Merci encore aux gens de nous suivre, aux lecteurs silencieux qui, nous espérons, aiment notre histoire ! Bienvenue aux petits nouveaux également !

Jess : Comment tu ries de Shoto ! Le pauvre ! Remarque, en y repensant, c'est vrai que le voir disparaître du lit d'un coup, c'est une vision assez comique s'il ne s'était pas blessé dans le processus. Oui, tu as vu, les trams, c'est bien parfois ! Tu verras ce que ça va donner dans ce chapitre, l'arrivée de la foule ! Merci pour tes encouragements et merci milles fois encore pour lire notre histoire !

TheLonelyMurderer : Un maxi commentaire qui nous a fait maxi plaisir à notre cœur d'écrivains, crois moi ! Merci d'être toujours autant présente pour notre histoire, ça fait chaud au cœur d'avoir d'aussi bons lecteurs ! Une fois de plus, nous publions tard, navré ! Mais ce sera de la bonne lecture pour toi, j'espère ! J'espère également que tu nous en voudras pas de mettre un chapitre plus long tous les 2 mercredi, parce que franchement, le rythme est de plus en plus hard à suivre pour nous -entre ça, la vie de tous les jours et le fait qu'on doit avancer le RP de cette histoire pour avoir une longueur d'avance sans stresser...-. Sinon, oui, notre Katsuki est un bien plus grand enfoiré que celui de ton histoire car, comme tu le dis, bien plus fidèle au manga. En même temps, tu fais sur un univers alternatif, nous non ! Oui, Shoto subit bien des choses avec ce blondinet, c'est certain ! Pour ce qui est de l'évolution du comportement de notre explosif, tu verras bien ce qu'il fera, par la suite ! Peut-être auras tu la réponse à tes espérances dans ce chapitre, peut-être dans les suivants ? Que sais-je ! Megumieto et moi-même te remercions chaleureusement de tes appréciations sur notre histoire et on te dit « de rien » pour les commentaires sur la tienne ! Oui, on est comme une famille, c'est dingue ! Le soutien entre nous, c'est super !

Petite précision, à la fin de ce chapitre, vous trouverez un synopsis d'une autre fanfiction Todobaku d'une de mes lectrices qui a beaucoup de talent -elle a également illustré notre fanficiton, c'est l'icône que l'on a sur notre histoire- ! N'hésitez pas à le lire avant de quitter cette page et d'y jeter un coup d'oeil si l'intrigue vous intéresse !

Et maintenant, place à votre chapitre, enfin ! Bonne lecture !


Arc 4 : Venin et Papillons

Katsuki

La communication entre les deux protagonistes avait totalement disparue. Bakugo n'était pas prêt d'assumer la part de responsabilité qu'il avait eu dans cette proximité dérangeante. Il n'avait pas non plus cherché à dire quoique ce soit à son binôme par rapport à son geste brusque pour l'éloigner de lui. L'ignorer durant le trajet jusqu'au tram n'avait pas été difficile. S'ils avaient eu de l'avance, Bakugo aurait sûrement pris le transport suivant pour éviter d'être en sa présence.

En s'engouffrant dans le tram, il s'appliqua à se plonger dans l'écran de son portable qui lui renvoyait une source non négligeable d'informations manquées la veille au soir.

Pourtant, irrémédiablement, son esprit était tourné vers ce qui s'était passé ce matin, ou durant une partie de la nuit… Ou durant toute la nuit. Cette dernière éventualité lui envoya une bouffée de chaleur qu'il prit pour des putains de sueurs froides. Ses réflexions l'effrayaient et il n'arrivait pas à ignorer l'affluence d'images déstabilisantes qui lui arrivaient à l'esprit.

Cette honte qu'il ressentait, c'était quelque chose de nouveau qu'il ne maîtrisait pas. Il n'avait jamais honte et son ego n'avait jamais été autant entaché que ce matin-là. Même la défaite face à ce couillon de Deku pendant le premier exercice avec All Might ne l'avait pas autant abîmé. Il s'en était remis. Il avait gueulé un coup qu'il serait le meilleur élève de l'école et il s'y était accroché en s'investissant deux fois plus dans ses entraînements personnels. Même la vision de la force qu'il avait perçu de double-face pendant ce même exercice ne l'avait pas ébranlé à ce point. Alors pourquoi se sentait-il tellement affecté par ce rapprochement nocturne ? Il devrait montrer qu'il s'en foutait tout en continuant d'ignorer son implication. Le réel problème était que c'était un mec et qu'en plus, il était un rival. Alors, si ce même mec le mettait dans un état pas possible, c'était normal que ça le rende malade.

Bakugo arrivait à rester à peu près concentré sur son portable malgré ce malaise qui le mettait dans un état de colère et de honte intense. En regardant l'écran son portable, Bakugo lisait sans réellement imprimer les informations que ses yeux percevaient. Au moins, il n'avait pas besoin de lever les yeux vers l'origine de son mal-être. Ça lui passerait. D'ailleurs petit à petit, il sentit que son coeur battait un peu moins vite. Il finit donc par se dire qu'il avait sûrement marché trop vite sous le coup de l'énervement et c'était pour cette raison que son coeur battait aussi fort maintenant.

S'il n'était pas encore détendu, il parvenait toutefois à retrouver son "calme", une bonne maîtrise de ses pensées et une respiration correcte. C'était progressif et plutôt bon signe pour lui.

Pourtant, les arrêts suivants amenèrent une vague d'emmerdeurs dans leur wagon. Le bruit et le monde ne lui fitren pas pour autant lever le nez de son portable. Il ne le fit que lorsqu'il sentit que la foule autour de lui s'était densifiée et que du mouvement près de sa tête l'avait forcé à lever le nez par agacement.

Cette proximité était étouffante au point qu'il avait l'impression de suffoquer, un étau se refermait sur sa gorge et la pression était d'une force insupportable. S'il avait l'impression qu'il n'arrivait à nouveau plus à respirer, il savait que c'était expressément dû au fait que le visage de Shoto ne se trouvait qu'à quelques pauvres centimètres de sa gueule. La proximité aurait pu être supportable s'il n'y avait pas eu cette scène le matin même qui lui avait complètement retourné le cerveau. Sa respiration qu'il tentait de calmer soulevait son torse de façon rapide et irrégulière alors que ses yeux vermillons captaient les moindres mouvements de son congénère.

C'était le sort qui s'acharnait sur le binôme. Cela ne pouvait pas être possible autrement. Ses doigts s'étaient fermement serrés autour de son portable qu'il avait manqué de faire tomber par surprise. La main de son vis-à-vis était posée sur la vitre à côté de sa tête, sans doute dans une volonté de ne pas se retrouver écrasé contre celle-ci, contre ses congénères humains ou contre lui. Bakugo ne se posa même pas la question sur l'état mental du bicolore. Son visage était totalement fermé, il regardait totalement ailleurs. C'était à peine s'il avait remarqué cette nouvelle proximité, d'ailleurs. Bakugo avait beau être conscient d'être à l'origine de la colère du rouge et blanc, ça lui passait au-dessus de la tête. Là, il avait juste envie de respirer.

Katsuki était totalement crispé. Il avait beau camoufler ses émotions, il était incapable d'esquisser le moindre geste de rébellion… Ça n'aurait servi à rien de pousser l'autre dans un transport bondé… Il eut presque envie d'utiliser son alter pour repousser Shoto mais sa conscience l'en empêcha et il resta immobile, bougeant seulement au rythme du tram. Il ne s'était jamais autant senti faire corps avec la vitre derrière lui. Même son regard était fixe. Il ne l'avait pas décroché de celui de double-face.

Il eut tout le temps de faire l'éventail des détails physiques de cet enfoiré. Il ne savait même pas pourquoi il ne détournait pas les yeux ailleurs pour calmer ses battements cardiaques. Il était à la fois captivé et effrayé par cette proximité dérangeante. Son corps lui hurlait de dégager de cet espace asphyxiant mais il n'arrivait à rien. En passant par son regard bicolore, Bakugo allait jusqu'à détailler la courbe sensuelle de ses lèvres, les redessinant avec le regard, il y resta ancré pendant ce qui semblait être une éternité. En même temps, sa bouche se trouvait presque au niveau de ses yeux, ça n'aidait pas. Une vague de chaleur traversa son corps entier, le plongeant dans un court moment comateux. Putain, il fallait vraiment qu'il dégage de là. La tension était insupportable et il était à deux doigts d'exploser.

Le regard de Katsuki était toujours écarquillé de surprise alors qu'il continuait d'observer l'autre malgré ses bouffées de chaleur. Son corps réagissait trop bizarrement à tout ça. Il identifiait parfaitement ce que c'était, mais il savait aussi parfaitement ignorer ces signes.

Son dos s'écrasa en arrière avec l'envie de disparaître dans la vitre lorsqu'il y eut un mouvement de poussée et que Shoto manqua de le frôler. Pour une fois, son envie de le cogner fut moins forte que ce matin et il fit un effort surhumain pour ne pas esquisser le moindre mouvement. Bakugo attendit que le calvaire se calme. Quand la foule avait dégrossi quatre arrêts de tram plus loin, il se dégagea furtivement et disparut, rouge pivoine, dans le wagon d'à côté. Immédiatement, il tomba sur deux têtes curieuses qu'il connaissait bien. Sero et Kirishima.

« Hé Bakugo ! Clama Kirishima en levant la main pour le saluer.

- T'en fais une tête ! Enfin c'est pas celle que t'as d'habitude en tout cas. Rétorqua Seto avec un rire de merde.

- Je rêve ou t'es tout rouge ? C'quoi qui te met dans cet état ? Surenchérit Kirishima avec sa franchise énervante habituelle. »

Kirishima se permit même de regarder dans les alentours. Il ne semblait pas être assez vif d'esprit pour faire le rapprochement entre quoique ce soit et fut rassuré de le voir rester sur sa question sans trouver la réponse tout seul.

Mais bon, il avait fallu qu'il tombe sur ces deux-là en particulier... Ils étaient bien partis pour le faire chier jusqu'à la salle de classe. Pourtant de voir leur gueule permit à Bakugo de détourner sa colère sur eux le temps d'arriver à l'école.

La matinée passa si lentement qu'il crut ne jamais arriver au bout. Et il savait très bien pourquoi. L'après-midi promettait d'être aussi emmerdante que le reste. Lui qui préférait les cours de sport… Il commençait à avoir un goût amer dans la gorge en sachant qu'il allait devoir bosser en binôme avec le bicolore qu'il n'avait même pas regardé de la matinée. Pourtant, dans les vestiaires, le regard incandescent de l'explosif capta des marques récentes rouges dans le milieu du dos de Shoto et il détourna les yeux comme si de rien était avec les lèvres pincées lorsqu'il croisa le regard bicolore du rouge et blanc impartial. Arrivé sur le terrain, en voyant la tronche d'Aizawa et les choses alignées sur une table, il sut qu'ils allaient en baver à se la jouer binôme avec moitié-moitié... Cette journée allait se terminer par un meurtre.

L'échauffement ne dura pas longtemps avant que le professeur ne les interpelle autour d'une large table.

« Sur un premier essai, nous allons tester votre capacité à coopérer. Tous les binômes s'affronteront en même temps dans l'arène derrière moi. J'ai fait spécialement aménager un parcours pour ce cours pour que vous puissiez vous entraîner comme il se doit. Hm.

Pour vous forcer à coopérer, j'impose des outils. Ceci et ceci. »

Un sourire malsain étirait les lèvres du professeur aux traits fatigués. Il montrait à ses élèves un harnais dans une main et un élastique d'une quarantaine de centimètres avec des attaches. Si certains avaient déjà compris à quoi servirait cet équipement, certains restèrent interdits, attendant la suite des indications.

« Pour que votre victoire soit valide, il faut que vous avanciez ensemble sur le terrain. On ne traine pas son binôme derrière soi. C'est d'un même corps qu'on avance. Chacun enfile un harnais et le resserre. Ensuite, accrochez les attaches de l'élastique sur l'harnais de chaque binôme. De cette façon, vous serez reliés. Faites attention, le retour de l'élastique est violent si vous avancez plus vite que votre binôme. Évidemment, les alters sont autorisés pour progresser sur le parcours. Allez, enfilez tout ça. »

Aizawa avait toujours ce genre d'idées à la con ? Pour une fois, Katsuki n'était pas le seul à avoir un air éberlué. Il alla chercher son propre harnais et un élastique. Ça sentait la merde ce parcours et les murs ne lui laissaient pas voir ce que le professeur avait préparé.

Du mieux qu'il put il évita encore le regard de Shoto jusqu'à s'approcher de lui, les sourcils froncés pour tendre l'autre extrémité de l'élastique pour que le bicolore l'attache à son tour.

« Ah j'oubliais. Chaque fois qu'un binôme arrive au bout du parcours, les autres recommenceront à la case départ. Donc tant que vos résultats sont minables, vous retournez à la case départ. »

Tout ça avait été dit avec un détachement agaçant qui fit grincer les élèves des dents. Et Katsuki ne se gêna pas pour pester en regardant son voisin d'un oeil mauvais.

Shoto

Le monde se faisait de plus en plus dense. Shoto était cependant tellement dans une colère sombre que la récente proximité avec le petit blond ne lui fit même pas battre d'un cil. On voyait clairement dans son regard froid qu'il n'en avait strictement rien à foutre de la gêne que cela pouvait orchestrer à son voisin d'en face. Sur le moment, son seul soucis était de se concentrer à bloquer son dos lorsqu'il recevait des coups malencontreux de gens qui essayaient d'avancer vers la sortie ou des mouvements du tram qui faisaient passer un sale quart d'heure à son dos endolori. Même s'il sentait que l'autre avait une respiration plutôt irrégulière et qu'il semblait le fixer de ses prunelles rouges sans cligner des yeux, il montra clairement son indifférence face à ses états d'âmes. En même temps, avec le coup qu'il lui avait fait le matin même, c'était tout à fait normal.

Quelques minutes plus tard, le wagon se désengorgea enfin, signe qu'ils arrivaient bientôt à leur école. Il vit du coin de l'oeil l'autre se sauver la queue entre les jambes et le regarda en biais rapidement avant de se reconcentrer sur le fait de se maintenir droit contre la porte vitrée. Il entendit en fond des voix qu'il connaissait, celle d'Eijiro mais aussi d'Hanta s'exclamer sur le fait que Katsuki était rouge au niveau du visage... Peut-être que l'autre était encore en colère d'avoir été si proche ou qu'il trouvait encore un moyen de faire porter tous ses malheurs sur le dos du rouge et blanc ? Franchement, Shoto n'avait pas envie d'y réfléchir et se moquait totalement de ce que pouvait en penser l'autre. Il avait assez donné, ce principe de binôme ne marcherait jamais entre eux et il avait bien assez fait pour essayer d'éviter les querelles, mais ça n'avait rien changé.

Enfin, lorsque le tram arriva à destination, Todoroki eut vite fait de prendre son sac pour sortir et marcha de manière rigide jusqu'à l'école, ne cachant pas son air contrarié de tout le trajet. Il arriva quelques minutes plus tard dans la salle de classe, évitant les regards indiscrets de certains qui remarquaient la différence d'attitude du jeune homme entre la veille et ce jour-ci. La veille, ils étaient partis d'un commun accord et il n'y avait aucune tension entre les deux adolescents. Désormais, l'un comme l'autre s'ignoraient comme la peste et Shoto avait un air délibérément froid et sombre, ce qui pouvait sûrement faire tergiverser les dix-huit autres élèves de la classe.

Izuku, qui était du genre à s'occuper des affaires des autres et d'essayer de recoller les morceaux quand il voyait que ça n'allait pas, prit son courage à deux mains pour aller parler au bicolore pendant la première interclasse matinale. Il lui demanda pourquoi son dos était si crispé et s'il avait besoin d'aide, il semblait si contrarié. Il semblait déjà avoir compris que ça avait un rapport avec son ami d'enfance mais il voulait laisser parler le rouge et blanc. Malheureusement pour le garçon vert, Shoto n'était vraiment pas ouvert à la communication et il eut droit à un très froid :

« Laisse moi tranquille... », dû à son manque de sommeil et à sa douleur au dos, avant qu'il ne se reprenne et lui réponde plus calmement. « Excuses-moi, Midoryia-kun, je ne suis vraiment pas d'humeur aujourd'hui... On peut discuter demain, si tu veux... D'ici là, je serai probablement plus calme... »

Le vert aux yeux émeraudes fit signe qu'il avait compris et le laissa seul, dans son coin. La matinée se passa très lentement pour le jeune homme qui n'arrivait pas à se détendre ni même à se concentrer sur le cours. La scène qui s'était jouée dans son esprit pendant sa crise de panique ne le laissait pas en paix, faisant en sorte qu'il soit tout aussi crispé que lorsqu'il avait quitté la maison des Bakugo le matin. Alors c'était certain que même s'il ignora toute la classe pendant la journée pour essayer d'apaiser sa haine, il était toujours dans un état mental négatif quand ils arrivèrent dans les vestiaires pour se changer avant leur après-midi de sport. Alors qu'il ôtait sa chemise blanche et cherchait son haut de sport, il sentit un regard perçant se poser sur son dos, comme si la personne en question regardait là où il devait possiblement avoir des traces de l'accident du matin. Il leva alors des yeux froids vers celle-ci pour remarquer que c'était Katsuki qui le fixait de cette manière. L'autre détourna les yeux immédiatement dès qu'ils se croisèrent. Il devait sûrement être curieux des conséquences de sa brutalité du matin ? *'L'enfoiré…* pensa t-il en serrant des dents, les sentant presque crisser dans sa mâchoire.

Sentant sa rage intérieure s'amplifier à nouveau face à ça et il mit son haut rapidement pour faire claquer la porte en métal de son casier et partir de la pièce en vitesse. C'était ça, ou il encastrait l'autre contre le mur...

Évidemment, quelle ne fut pas la mauvaise surprise en voyant ce que leur avait prévu leur professeur pour améliorer la coopération des binômes... Ils devaient coordonner leurs mouvements, c'était ça ? Shoto n'était vraiment pas d'humeur à essayer à nouveau quoi que ce soit avec le blond et même ne serait-ce que communiquer semblait impossible. Pas aussi tôt, du moins. Quand il mit son harnais, il entendit la voix de son binôme pester de manière énervante, le regardant une fois de plus de haut et ça l'énerva davantage.

Il voulait jouer à ça ? Très bien... Shoto n'allait certainement pas communiquer avec lui. Il avança au début du parcours sans le regarder, la mine renfrognée, sachant que l'autre le suivrait de près pour éviter le retour de l'élastique.

« À vos marques, prêts, partez ! » cria le professeur de là où il était, donnant le feu vert aux élèves de Seconde A pour se donner à fond. Aussitôt le signal fait que le jeune Todoroki se mit à courir, sachant pertinemment que l'autre suivrait non loin derrière. Son dos lui faisait mal mais il fit fi de la douleur pour se concentrer sur l'exercice, bien qu'il n'avait vraiment pas la motivation pour être le premier, cette fois-ci.

Il s'arrêta lorsque une première difficulté apparut devant lui. Le premier obstacle était une pente plutôt ardue avec des caillasses, d'environ une trentaine de mètres. Son esprit vif analysa rapidement la situation. Si on marchait rapidement dessus, on risquait forcément de glisser ou de perdre l'équilibre sur les petites pierres et à chaque chute, on perdrait du temps. Alors la seule solution viable pour lui était de se créer un chemin de glace et de courir dessus, faisant de la descente un parcours bien plus viable. Sans prendre le temps de consulter l'imbécile blond derrière lui, il mit son plan en action en traçant un chemin de glace tout le long de la pente et se mit à courir dessus grâce à ses chaussures à crampons.

Katsuki

Cette obligation et cette ambiance ne modifieraient en rien son envie de passer la ligne d'arrivée en premier. Lorsqu'il resserra le harnais de chaque côté avec une expression enragée, il se permit de jeter un regard foudroyant à son voisin indésirable. À voir sa gueule, double-face ne sembla pas apprécier cet énième mauvais regard.

Lorsque toutes les équipes se mirent à courir au signal, Bakugo n'eut aucun mal à s'élancer aux côtés du mec qui devait lui en vouloir à mort.

Pourtant, il fallait le dire, en ayant vu cette marque dans son dos, il s'en voulait un peu d'avoir réagi de manière aussi instinctive. Mais cette pensée, personne ne le saurait vraiment vu qu'il avait mis toute son attention sur cet exercice. Il ne perdrait pas. Et ce cours l'aiderait à oublier les réactions de son corps pendant le trajet de tram.

Arrivé en haut d'une pente, il analysa la situation en un éclair avant de se tourner vers son binôme dans l'idée de proposer de voler par dessus. Mais il n'eut guère le temps d'ouvrir la gueule qu'il sentit ses jambes se dérober sous lui, de la glace s'était formée à ses pieds. Même avec sa réactivité, il n'avait pas anticipé ça et l'élastique venait de le tirer en avant. Putain le con, il l'avait fait exprès c'était sûr. Il allait le défoncer.

La mâchoire crispée, ses fesses tapèrent douloureusement contre la glace et il se retrouva à glisser comme un con sur la glace brillante et lisse derrière Todoroki. L'élastique l'obligeait à le suivre. Son dos avait pris un coup dans la chute mais il essaya de se redresser en faisant quelques explosions qui ne firent qu'écailler la glace. D'ailleurs les éclats avaient manqué de le blesser. Lorsqu'ils arrivèrent en bas et que double-face se stoppa, son propre corps faucha les jambes de son binôme sans qu'il ne puisse rien maîtriser.

Il se redressait tout juste lorsqu'il gueula enragé : « Putain ! J'ai pas les mêmes crampons que toi sur mes godasses ducon ! Maintenant, c'est à ma manière qu'on va faire les choses ! » Rien à foutre s'il fallait qu'il le traîne, son côté autoritaire ressortait davantage après cet affront. Sa gêne de ce matin s'était envolée. Il n'avait plus aucun mal à le regarder en face.

De toute façon, ça ne changerait rien à l'état mental de Todoroki, ils avaient mutuellement la rage l'un contre l'autre. Il tira sur l'élastique pour que l'autre se redresse plus vite et sans demander son reste se mit à courir en direction du prochain parcours. Il remarqua du coin de l'oeil le duo Minoru avec Hanta et Deku avec Tenya qui progressaient trop vite à son goût. Ce qui ne fit que le faire enrager plus. Coordination mon cul, ce n'était pas possible dans ces conditions alors autant prendre les devants et laisser l'autre se coordonner à lui. D'ailleurs, il aurait fallu que cela soit comme ça dès le départ, parce que glisser sur la glace c'était un truc à Todoroki Shoto. En arrivant au pas de course sur le parcours suivant, un nombre conséquent de poutres en bois avait été aligné en direction de leur objectif. Il n'attendit pas avant de sauter sur l'une d'elle et ça le fit enrager de pas pouvoir passer le parcours avec son alter. Ça aurait été vite fait. Il sentit de la résistance en s'avançant sur ladite poutre et se retourna violemment vers son binôme.

« Avance, on a pas toute la journée double-face. » Lâcha t-il rageur en tirant sur le dit élastique comme si l'autre allait avancer plus vite de cette façon.

Shoto

Shoto, dans sa colère et sa précipitation, avait oublié le détail des chaussures de son partenaire mais il fallait avouer qu'il n'était vraiment pas en mesure de penser calmement. Mine de rien, en son fort intérieur, il avait eu envie de tout faire pour emmerder son binôme, histoire de bien se venger pour tout ce qu'il lui avait fait. Et sur le coup, il n'en avait rien à carrer d'être immature ou pas, en plus, cet exercice n'était pas noté, alors il n'y aurait pas de répercussion s'ils arrivaient derniers.

Quand il atteignit le bas de la pente, du moins, il ne s'attendit pas à recevoir un corps plutôt lourd contre ses jambes et il tomba sur le sol, perdant l'équilibre. Son dos cogna contre sa propre glace, pile poil au niveau de la blessure, le faisant grincer des dents. Perdu dans sa douleur, il ne vit plus qu'entendit la rage de l'autre blondinet face à ses méthodes et devina qu'il tenterait de le faire à sa sauce. Il se sentit tiré en avant, l'autre le forçant à se relever rapidement et n'eut d'autre choix que de le suivre pour éviter que son dos en miette ne prenne plus cher qu'il n'avait déjà pris... L'autre le traînait presque comme s'il était son chien, tirant sur l'élastique, ce qui ne faisait pas du bien à sa colonne vertébrale et Todoroki n'apprécia pas du tout. Il allait pouvoir se mettre sa première place là où il le pensait, ce con...

Lorsqu'ils arrivèrent au second obstacle, des poutres en bois, il s'arrêta net, ayant bien l'intention de faire comprendre à son binôme qu'il n'était pas du genre à suivre bêtement ses ordres. Non et puis quoi encore... Lorsque l'autre lui hurla de se dépêcher, il croisa les bras en le fixant d'un air sombre, ne bougeant pas d'un poil.

« Au contraire, moi j'ai toute ma journée, Bakugo. »

Il disait ça avec la ferme intention de ne pas bouger d'un pouce, histoire de bien l'ennuyer mais aussi parce qu'il s'en moquait carrément de gagner ou non cette course, étant en binôme avec le mec le plus détestable de la classe... Du coin de l'oeil, il vit deux autres binômes de plus leur passer devant et remarqua l'air intrigué de certains face à leurs agissements. Cependant, il ne se concentra que sur la mine contrariée de l'explosif, bien décidé à ne pas lâcher sa position. Peu importait l'exercice, maintenant était le temps des règlements de compte...

Katsuki

C'était précisément pour ce genre de chose qu'il décidait de ne pas bosser en équipe. Les yeux de Katsuki auraient pu sortir de leurs orbites à cet instant précis lorsqu'il lut toute la résistance dans les yeux de son binôme. Sa réplique ne fit que renforcer sa colère, mais en même temps, il savait que c'était le but de cet imbécile. Les yeux écarquillés, il sentait que ses doigts le démangeaient et des petites explosions apparurent dans la paume de sa main.

« Ah ouais ? C'est comme ça que t'as envie de m'emmerder ? Tu veux jouer au con ? »

Déjà qu'il tenait pas l'équilibre sur la poutre, ça l'arrangerait bien de la jouer autrement à partir de maintenant. Puis, de voir le jeune Todoroki se foutre sa gueule et la lui mettre bien profond avec un regard de petit con pareil, il allait pas laisser passer ça. Il foudroya du regard Deku qui passait non loin d'eux et capta d'autres binômes qui arrivaient à leur niveau. Certains s'arrêtèrent momentanément dans leur course, surpris par le spectacle de haine qui se passait entre Bakugo et Todoroki.

« On verra si t'arriveras à suivre ! »

Il avait expressément rayé de la liste la première règle du prof. Ne pas traîner son coéquipier derrière soi.

Le regard tourné vers son objectif, Katsuki ne prenait plus compte de monsieur 'j'ai toute ma journée'. Putain le con, il allait le buter. Pour le coup, il venait d'oublier les mésaventures de ce matin. Son esprit était en train de faire un focus sur le fait d'atteindre la fin du parcours sans ce con. Et tant pis s'il était à l'origine de sa colère noire. À ce stade, ça n'avait plus trop d'importance, juste comptait l'envie de prouver quelque chose à l'autre.

Il y aurait sûrement un moment où le professeur déciderait de mettre fin à ce spectacle désespérant... Aizawa observait les binômes avec un intérêt particulier pour le leur. Il y avait de quoi se poser des questions sur l'état du duo, leur relation s'était nettement dégradée depuis la veille.

Katsuki s'était donc tourné dos à cet enfoiré, ses pieds s'ancrèrent sauvagement sur les poteaux pour ne pas perdre l'équilibre. Il mit ses bras en arrière de part et d'autre de son corps et ne prit qu'à peine le soin de doser sa puissance. Rien à foutre si Todoroki se prenait tout en pleine face parce que c'était un peu le but au final. Il aurait le dernier mot. C'était lui le plus borné des deux. Pour soulever leurs deux corps il avait dû mettre la puissance adéquate. il n'avait aucune idée sur l'instant de comment la doser puisque "traîner" quelqu'un avec un élastique n'avait jamais été tenté auparavant.

Le deuxième parcours disparut sous eux à une vitesse grand V. Le blond activa ses explosions pour rester suffisamment longtemps dans les airs. Il avait du mal à garder de la hauteur. Le visage enragé, il sentait sa ceinture le tirer en arrière et vers le bas mais il resta concentré sur sa trajectoire. Shoto aurait sûrement le cheveu décoiffé et l'atterrissage ne serait pas une partie de plaisir non plus. Lorsqu'il arriva au niveau du troisième parcours au bout de quelques secondes à peine, il amorça un atterrissage et évita le retour de l'élastique, soit de Shoto, dans sa propre face. Il avait eu un aperçu du troisième parcours dans les airs. Des filets s'étendaient dans le vide. Il leva les yeux pleins de colère vers Shoto en adressant un sourire de mauvais garçon à ce dernier.

Shoto

Si Shoto s'était attendu à un comportement puérile de sa part, il ne l'imaginait pas avoir une réaction d'une telle ampleur. Sans qu'il ne puisse même avoir le temps de cligner des yeux, il se sentit voler contre son gré dans les airs, le souffle du vent battant contre son visage, alors qu'ils s'éloignaient à une vitesse inquiétante du sol. Katsuki était timbré, ça il l'avait compris, mais entre jeter une chaise d'une fenêtre et lui balancer des explosions à la figure à presque pleine puissance, il y avait un fossé.

Le jeune bicolore sentit presque la brûlure de l'explosion lui toucher le visage à chaque fois que celui-ci utilisait son alter pour les faire voler dans les airs et les secousses augmentaient en plus de cela sa douleur au dos qui tremblait sous le supplice. Lorsqu'ils atterrirent enfin à la troisième épreuve, Shoto bascula en avant et tomba de plein fouet sur le sol, se prenant tout le choc en pleine face. Il n'avait clairement pas eu le temps de réagir ou d'atterrir correctement, trop concentré sur son dos qui lui faisait un mal de chien. Quand il se releva avec difficulté, on pouvait remarquer de légères traces de brûlures sur son visage et une partie de ses cheveux blancs étaient calcinés et abîmés, contrecoup des explosions. Il toucha de ses doigts tremblants les traces de la folie de son partenaire, les yeux écarquillés de surprise -ou plutôt de choc-.

Shoto reprenait tant bien que mal sa respiration lorsqu'il croisait le regard triomphal de Bakugo qui semblait penser qu'il avait eu le dernier mot. Ses yeux bleu cyan et gris orage devinrent meurtriers en un instant. La rage intérieure du rouge et blanc atteignit son maximum alors qu'il créa instinctivement de la glace autour de lui, bloquant son adversaire aux pieds. Il s'élança sauvagement en direction de celui-ci, bien décidé à en découdre. Il oublia à l'instant les éventuels spectateurs de la scène, que ce soient les élèves ou même le professeur quand il hurla, la voix emplie d'une rage aussi profonde qu'on pourrait croire qu'il s'adressait à son père -si on connaissait son passé- :

« Tu n'es qu'un salopard ! »

Au même moment, le professeur Aizawa s'élança vers eux très rapidement, conscient que ça sentait le roussi. Il devait les arrêter avant que les deux ne finissent dans un bain de sang, du fait de leur rivalité fulgurante. Mais qu'avait-il bien pu se passer entre eux-deux en une soirée pour que même le jeune Todoroki perde son sang-froid et veuille à ce point se battre avec le blond cendré ? Lui qui était d'ordinaire si contrôlé, ça ne lui ressemblait vraiment pas...

Shoto, alors qu'il s'apprêtait à offrir le plus beau coup de poing de sa vie en pleine face de l'enfoiré à l'alter explosif, sentit un courant électrique lui traverser la colonne vertébrale. Son corps lui signalait qu'il fallait qu'il s'arrête au risque d'avoir des séquelles au dos à cause de ses mouvements trop brusques. Cet avertissement de la part de son corps ne l'arrêta cependant pas dans son action, car à cet instant, défigurer l'enflure qui se trouvait être son binôme semblait être la meilleure idée qu'il avait pour se calmer.

Quelques centimètres avant que son poing serré ne touche la joue de son camarade, le professeur réussit à le stopper dans ses mouvements grâce à ses bandages gris, essoufflé. Il s'en était fallu d'un cheveux avant que ça ne vire à la catastrophe et que l'un de ses élèves ne blesse l'autre.

« Arrêtez-ça tout de suite ! » gronda t-il d'un ton sévère. « Le but de l'exercice est d'améliorer votre coopération entre binôme et vous faites justement l'inverse de ce que je vous ai demandé... »

Shoto était toujours plein de rage lorsqu'il sentit ses mouvements bloquer d'un coup et la frustration était à son comble alors qu'il n'était qu'à un ou deux centimètres de la face du furibond. Purée, l'autre con l'avait fait entrer dans une telle rage folle qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il agissait contre ses propres principes, c'est-à-dire, de ne jamais blesser quelqu'un d'autre sauf quand c'était vraiment nécessaire. Le rouge et blanc se détendit légèrement face à cette pensée et le professeur, sentant que l'autre revenait à la raison, décida de le lâcher.

L'adulte avait bien raison pour ce fait, le jeune aux alters contraires n'avait plus l'intention de frapper un seul instant Katsuki. En revanche, il ne s'attendit pas à ce que le jeune garçon défasse doucement son harnais et l'élastique qui le reliait à son partenaire. Il était bien décidé à arrêter cette course qui, de toute manière, n'avait pas lieu d'être pour leur binôme alors qu'ils n'avaient clairement pas la tête à ça. Il lança tout de même de sa voix grave teintée de douleur, en regardant l'autre dans les yeux :

« Si tu tiens tant à ta précieuse première place, fais ta course seul... Après tout, ça t'a tellement bien réussi jusqu'à maintenant... »

Il tourna le dos à son interlocuteur, ignorant tous les regards curieux autour de lui et fit un pas. Mais le deuxième ne vint pas qu'il s'effondra au sol, sentant son dos l'empêcher de faire le moindre mouvement de plus sans qu'une décharge de douleur intenable ne se répercute en conséquence. Il serra des dents à cette constatation. Évidemment, il y avait des signes qui ne trompaient pas et tous les coups qu'il avait reçus sur l'arrière de son corps se répercuteraient forcément à un moment donné… Merde !


Voici le fameux résumé de la fanfiction Todobaku de TheLonelyMurderer (vous trouverez facilement son nom car elle a déjà commenté sur mon histoire, ou même si vous tapez sur Google!)

Titre : Celui qu'il fallait

Type : Univers Alternatif, Rating : M, Thèmes : Hurt/Comfort/Romance

Fréquence de publication : un chapitre tous les weekends si tout va bien !

Résumé : Il était une fois, deux personnes cassées, perdues, cherchant désespérément leur chemin. Lequel des deux aurait pu comprendre que la personne juste en face allait être la pièce manquante pour pouvoir enfin vivre quelque chose de magnifique. Le destin les avait peut-être brisé par le passé, mais il leur offrait la possibilité d'avoir un avenir radieux en les ayant réunit. Yaoi !

Notre avis : C'est un univers mature. Les personnages principaux et mêmes annexes sont très bien interprétés, la qualité de la narration est soignée comme nous adorons ! Il y a pas mal de mystères autour de Shoto et même de Katsuki -sans en dire plus- et la fiction dénonce pas mal de thématiques importantes dans la société, ce qui ajoute un aspect très original à l'histoire ! Bien que seulement 6 chapitres sont publiés, le début est très prometteur et tout amateur du couple TDBK devraient en apprécier son contenu !

Nous n'en dirons pas plus, à vous maintenant de prendre les reines et d'apaiser votre curiosité en allant directement y jeter un œil !