Chapitre 12

Dans les hauts fonds

"Comme la vie était bien faite..."


Attendre le bus était toujours difficile en fin de journée. Après avoir passé de longues heures à prendre les commandes et à valser entre les clients, les bras couverts de plateaux et d'assiettes sales à remporter en cuisine, Ichigo sentait la fatigue l'assommer tandis qu'il s'adossait à l'abribus. Emmitouflé dans sa parka kaki, il ne pensait à rien d'autre qu'à rentrer chez lui pour prendre une bonne douche, avaler un dîner rapide avant de sombrer dans le sommeil. Mais le bus était en retard. Encore une fois. Ichigo maudissait les conducteurs pressés qu'il voyait bien au chaud dans leur auto, alors que le froid lui mordait les joues et lui glaçait le bout des lèvres. On était seulement en fin octobre et les températures avaient déjà chuté d'une manière impressionnante. Mieux valait ne pas imaginer ce que ça allait être en novembre… L'arrivée de l'hiver était déjà assez déprimante en elle-même pour Ichigo. Depuis qu'il n'allait plus nager, tout lui paraissait terne et le temps était bien trop long. L'été semblait tellement loin derrière lui, et pourtant il se rappelait de chaque détail.

Le jour où le scandale avait éclaté, il avait compris que plus rien ne serait comme avant. D'abord ça avait été le choc : incompréhension chez sa famille, ses amis, son entraîneur. Ichigo avait clamé son innocence haut et fort, et tous le croyaient. Sauf les juges et le public, trop étrangers pour comprendre. On ne pouvait malheureusement pas réparer cette erreur. Ichigo avait été assez idiot pour croire un ennemi et ça avait eu des répercussions terribles.

Les Ondins s'étaient vus disqualifiés, malgré les réticences sur public et des nageurs. Un simple examen avait prouvé la présence d'amphétamines puissantes dans l'organisme d'Ichigo. Et si de la drogue stimulante était retrouvée dans le test d'une seule personne, tout le reste de l'équipe était mis en doute. Aucun compromis n'était possible face au doute. Le plan d'Aizen s'était révélé monstrueusement efficace. Les Espadons avaient atteint le podium, et par la même occasion la gloire et le succès. Leur niveau faisait la fierté nationale, à présent. On voyait leur photo dans les journaux à la page des sports et les fans se vantaient d'avoir un autographe car cela valait un prix d'or ces jours-ci.

Quant aux Ondins, eh bien… Ils avaient disparu. La course d'Ichigo avait marqué la fin de leur existence les soupçons de dopage étant trop importants pour que des sponsors continuent de les aider. Sans sponsors, plus de compétition et plus de compétition, ça voulait dire plus de but pour l'équipe. Nager pour nager, ça ne payait pas les factures. La tristesse avait été immense parmi les poulains d'Urahara, mais il avait bien fallu tourner la page. Presque tous continuaient de venir piquer une tête de temps à autres à la piscine où ils s'étaient jadis entraînés, mais aucun n'avait pu viser une carrière de nageur pro après le désastre du trophée Neptune. Il n'y avait rien à faire, rien à dire. Juste… avancer. Prendre le rythme de monsieur tout-le-monde et chercher un emploi, pour ceux qui n'avaient rien à côté.

Renji avait essayé de donner des cours de natation pendant un temps, mais son nom était bien trop équivoque pour la population locale. C'était « un des méchants », « un des tricheurs qui avaient déshonoré la commune », « un drogué, probablement comme tous les autres ». Quelqu'un à qui on ne pouvait décemment pas confier des enfants, même pour un cours. Alors il avait renoncé. Après quelques temps difficiles, il avait fini par trouver du boulot dans la boîte de son cousin, une entreprise de déménagement. Résultat : il bougeait pas mal, ça le faisait changer d'air. Il en avait besoin. Ses coups de fils aux anciens potes étaient réguliers, heureusement. Il disait toujours qu'il allait revenir bientôt, mais il ne savait jamais pour combien de temps exactement. Il manquait à tout le monde et plus spécialement à Ichigo. Le jeune homme avait souvent voulu le voir, lui parler, comme avant, autour d'un verre. Mais leurs emplois du temps étaient devenus trop restrictifs pour que ça arrive beaucoup. Le seul ami de longue date du rouquin semblait s'éloigner toujours plus loin.

Et les autres ? Shuuhei avait monté son affaire à l'aide d'Ikkaku et maintenant ils étaient associés, chacun co-directeur d'un garage au centre-ville. Ils s'étaient spécialisés dans le rachat et la vente de pièces détachées de moto, tous styles confondus. Et ça marchait pas mal. Ichigo leur rendait parfois visite. La dernière fois, ça remontait à il y a deux semaines. Shuuhei était surexcité parce qu'il avait rencontré une fille, passionnée de mécanique, elle aussi. À l'entendre parler, on comprenait que ça s'annonçait bien, et sérieux. L'éternel célibataire de la bande allait peut-être enfin finir par se caser, ce qui faisait sourire Ikkaku. Lui et Yumichika avaient continué leur petit bonhomme de chemin.

Yumi avait travaillé un temps au journal local, à la rubrique « Courrier du cœur », puis à celle des critiques littéraires, dans laquelle il avait prouvé un certain talent. Puis il s'était lancé lui-même dans la rédaction d'un livre sur le coming-out et sur le rôle des parents qui ont un enfant homosexuel.

« Ça sera sous la forme d'un roman, tu vois, avait-il raconté à Ichigo. Le héro change à chaque chapitre. Une fois c'est l'enfant, la suivante c'est le père, puis la mère, etc. Je me documente pas mal, je regarde des tonnes de documentaires et je récolte des témoignages. C'est un sujet assez peu représenté dans ce pays, de nos jours. »

Ichigo s'en voulait toujours d'avoir été aussi stupide. Les Ondins s'étaient tous reconvertis, faute de ne plus pouvoir faire ce qu'ils aimaient. Par sa faute. Il se détestait pour cette raison.

Urahara lui avait pardonné en premier, jugeant que la faute revenait à Aizen, bien que l'on n'ait pas pu prouver son mensonge. Personne n'avait jamais retrouvé la briquette dans laquelle Ichigo avait bu la drogue. Il n'y avait aucun moyen de révéler la vérité. La parole d'un petit entraîneur régional contre celle de celui qui dirigeait maintenant l'équipe du Japon ? Bien sûr que ça ne valait rien. Dans la presse, Urahara passait pour un odieux jaloux, médisant et sans fair-play. Lui aussi avait alors quitté le monde de la natation. Il s'était retiré du monde, dans sa maison d'enfance à la campagne. Mais il communiquait toujours avec ses amis et anciens élèves par mail et lettres écrites. Certains le disaient ermite, d'autres affirmaient qu'ils l'avaient vu au marché local, ou en ville.

Ichigo avait été pardonné par tous ceux qui le connaissaient bien. Ses amis et sa famille le soutenaient et démentaient les rumeurs : Ichigo n'était pas un drogué, ni un tricheur. Les gens pensaient ce qu'ils voulaient, mais personne n'avait le droit d'insulter un autre être humain sans preuves. Du moins, c'était ce qu'affirmait Isshin. Cette devise, Ichigo l'avait souvent retournée dans tous les sens dans sa tête. Comment pouvait-on pardonner à tout le monde ? Et est-ce qu'on pouvait tout pardonner ? Il n'était pas un saint et il avait des rancœurs si profondes et amères qu'il en perdait souvent le sommeil.

Le bus arriva au coin de la rue et mit un moment à s'aligner contre l'arrêt où attendait Ichigo. Le jeune homme soupira, transi de froid, et monta à bord avec le reste des passagers. Au moins, son visage était inconnu à la majorité de la population de Karakura, il n'avait pas à faire face au rejet publique. Certes, le sport n'était pas une passion, ou même un intérêt pour pas mal de gens, mais hélas le scandale de la « trahison » de l'équipe locale de natation avait fait les gros titres pendant quelques temps. Aucune photo n'avait été autorisée, pour préserver les nageurs. Enfin, les perdants. Les Espadons avaient reçu tous les honneurs, comme prévu par leur coach. Ce détraqué. Haït par ceux qui savaient la vérité.

Ichigo s'assit côté fenêtre, même s'il n'y avait pas grand-chose à observer au-dehors. Le temps était gris, glacé, et la buée montait sur la vitre. C'était quand même quelque chose…

Pourquoi est-ce qu'on regarde toujours par la fenêtre même s'il n'y a rien à voir ? pensa le rouquin.

Il lui restait vingt minutes avant de descendre. Les gens ne parlaient pas dans le bus. La fatigue pesait sur les épaules de tous. Le regard toujours porté sur l'extérieur, Ichigo leva les yeux au hasard. Là-haut, dans le ciel, les nuages anthracite s'accumulaient partout. Sauf là-bas, dans ce coin… Un petit, minuscule espace à peine visible se détachait du reste. C'était un éclat de ciel bleu.

Ichigo baissa les yeux et regarda la route.

Il détestait le bleu.


« - Allez, les gars, on se calme, ils vont bien finir par sortir : c'est pas la peine de pousser !

- Facile à dire, je me les caille, moi ! Ça fait des heures qu'on attend.

- Tu crois que je le sais pas ? Tais-toi et prépare l'appareil, moi je te dis que c'est pour bientôt.

- Hey, moi je devrais être plus devant, je suis petit…

- OK, tiens, vas-y, mets-toi là.

- Merci, vieux.

- Vous travaillez pour qui, vous ?

- Radio Sports. Et vous ? Vous êtes de la télé, non ?

- Today Japan. On fera peut-être un direct s'ils sortent bientôt. »

La meute de journalistes qui grouillait devant les portes d'un prestigieux restaurant de Tokyo était pressée. Non seulement il faisait froid, mais en plus tous savaient que leur chance serait brève. Parler à des gens pareils n'était pas chose facile : les gardes du corps ou la sécurité du restaurant écartaient toujours les curieux. Mais heureusement, l'opportunité attendue depuis maintenant deux heures finit par se présenter.

« - Ça y est, je les vois : ils arrivent !

- Prépare le matos ! »

Les portes du restaurant s'ouvrirent et presque aussitôt une pluie de flashs éclata. Six hommes passèrent le porche et se faufilèrent parmi les journalistes. Les visages étaient souriants, mais les lèvres scellées. Une voiture imposante les attendait. Il n'y avait pas une minute à perdre.

« - Messieurs ! Messieurs ! Une petite question pour Radio Sports !

- Qu'est-ce que vous pensez de l'ouverture prochaine d'une piscine olympique à…

- Un petit regard vers la caméra ?

- Croyez-vous donner une conférence de presse prochainement ?

- Messieurs !

- Nous sommes en direct de la sortie du Parisian Chic, restaurant étoilé du quartier Ouest de Tokyo. L'équipe vient d'apparaître et il semble que les nageurs soient confiants pour la semaine prochaine… Nous allons essayer d'en savoir plus… Monsieur Sôsuke? Monsieur Sôsuke ! »

La frêle reporter s'estima très chanceuse quand l'homme en costume se retourna à l'appel de son nom. Lorsque son regard sombre et mystérieux se posa sur elle, elle ne put empêcher un léger, très léger soupir de soulagement. Elle allait l'avoir, son sujet.

Une chance inespérée, car les Espadons ne donnaient généralement que très peu d'interviews hors conférence de presse.

« - Monsieur Sôsuke, pouvez-vous accorder une minute à Today Japan et répondre à quelques questions ?

- Si vous insistez, répondit l'entraîneur en souriant.

- Merci beaucoup. Tout d'abord, que pouvons-nous attendre de la compétition de la semaine prochaine ? Êtes-vous prêts à affronter l'équipe chinoise ?

- Comme d'habitude, je suis serein quant à l'issue de ce genre d'évènements. Les chinois sont redoutables, mais je doute qu'ils aient l'envergure de champions comme mes élèves.

- Vos fans n'en démordent pas : vous êtes bel et bien partis pour la gloire internationale si vous gagnez la semaine prochaine. Un message pour eux ?

- Eh bien oui…

Aizen se tourna vers la caméra, appréciant secrètement cet instant avec délice.

- Chers amis, vous pouvez compter sur nous. Nous ne vous décevrons pas. Les Espadons resterons fidèles à eux-mêmes, et ce, toujours dans le pur respect des règles et du fair play ! Maintenant, si vous voulez bien m'excusez, ajouta-t-il en se retournant vers la journaliste, il faut que j'y aille, les garçons m'attendent ! »

Et il repartit vers la foule, direction la voiture qui le ramènerait, lui et son équipe, à leur hôtel de luxe. Aizen s'engouffra dans l'espace clos et claqua la portière derrière lui. Il était ravi. Les bains de foule, ça lui plaisait. Et les nageurs en profitaient aussi, chacun y allant de sa petite note : geste amical de la main, sourire enchanteur, regard perçant, pose, parfois. Même Nnoitra s'était pris au jeu.

La seule ombre au tableau, c'était Grimmjow. Pour le bien de leur publicité, on lui avait 'conseillé' de jouer la comédie. Aimer avoir des fans et parcourir le pays, ça venait avec le job. Mais sourire quand le cœur n'y était pas, ça, il ne savait pas faire. Alors il prétendait être heureux. Surtout en public, puisque sa 'tête de ronchon' n'était pas bonne pour l'image com de l'équipe, comme lui avait dit Gin.

Assis à l'autre extrémité de la voiture, le nageur aux cheveux azur affichait son sourire de parade pour les fans et la presse au-dehors. Les flashs l'aveuglaient. Il ne voyait rien, mais regardait dehors, comme on fait toujours quand on est conduit quelque part. On regarde dehors, même si ça n'a pas de but.


Ichigo rentra chez lui et se délesta de son manteau avec hâte. La maison des Kurosaki était chaude et accueillante : une odeur exquise se dégageait de la cuisine où mijotait un des plats typiques de la saison froide. Probablement un bouillon préparé par Yuzu. Ou Karin. Ces temps-ci, Yuzu avait décidé d'apprendre à sa sœur les meilleurs plats qu'elle connaissait. Même si c'était une activité assez complexe et fastidieuse, ça ne déplaisait pas à Karin. Ça leur faisait passer du temps ensemble.

Les deux petites sœurs d'Ichigo devenaient des jeunes femmes à la vitesse grand V. Et ça, ça faisait du bien à voir.

Depuis une certaine soirée, quelques mois plus tôt, Yuzu et Ichigo étaient plus proches. Yuzu se confiait plus, et Ichigo écoutait en s'efforçant de donner des conseils matures. Parfois, il se demandait si quiconque pouvait suivre ses conseils. Ce n'était pas comme si la vie lui avait souri récemment, après tout. Peut-être qu'il faisait mal les choses. Enfin, il s'efforçait de ne pas trop y penser, même si c'était dur.

« Ichi ? C'est toi ? » demanda une voix venue de la salle à manger.

Ichigo s'approcha. Il entra dans la pièce et vit son père et Yuzu affairés à mettre le couvert.

« - Salut, fiston.

- 'lut. Vous voulez un coup de main ?

- Non, c'est bon, on a presque fini. Et puis tu fais ça à longueur de journée, tu dois en avoir assez des assiettes et des verres. Vas plutôt chercher la carafe d'eau, s'il te plaît.

- OK. Mais… euh… il y n'y a pas une assiette en trop, là ?

- Non : on reçoit de la visite, ce soir ! répondit Yuzu d'un air ravi.

- Un des camarades de Karin, compléta Isshin. Le jeune Hitsugaya. Celui qui est dans son équipe de foot.

- Ah… »

Hitsugaya. Ce nom ne disait rien à Ichigo. Karin ne lui avait pas parlé de lui. Mais bon, s'il était invité, il devait bien y avoir une raison. Les filles n'avaient pas non plus à lui raconter toute leur vie. L'intimité c'était important, aussi. Et ça, il ne le savait que trop bien.

« Hey, Ichi ! Ça va ? »

Ichigo fut surpris dans ses pensées par l'arrivée de sa cadette. Karin avait l'air détendue et confiante. Son visage semblait un peu plus rayonnant que d'habitude, cependant. Il y avait quelque chose de nouveau. Peut-être au niveau de ses yeux. Est-ce qu'elle portait du maquillage ?! Ça n'arrivait que rarement, se dit Ichigo. Juste pour les grandes occasions. Mais alors, pourquoi ce soir ?

Oh. Pour ce garçon, probablement.

Minute… Est-ce que ça voulait dire qu'ils sortaient ensemble ? C'était le moment de le présenter à la famille ?

Bien sûr, toutes ces questions, Ichigo les garda pour lui. Il ne devait pas juger, surtout quelqu'un qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. Mais il se méfiait son instinct de grand frère protecteur se mettait en marche malgré lui. Il espérait simplement que sa sœur ait du goût et assez de chance pour trouver quelqu'un de respectable.

« - Ta journée, ça a été ? demanda Karin.

- Bof. Mais c'est pas important. Alors, apparemment on attend du monde pour ce soir ?

- Oui, j'ai invité Toshiro. Ça faisait un moment que Yuzu et Papa me tannaient pour qu'il vienne. Ils sont persuadés qu'on a une sorte de liaison ou je ne sais quoi. Et j'ai beau démentir, ils me lâcheront pas la grappe tant qu'ils ne l'auront pas vu d'eux-mêmes. Alors voilà…

Ichigo rit doucement. C'était bien digne de son père, ce genre d'attentes. Mais d'un autre côté, il y bien devait y avoir quelques fondements à cette opinion… D'où le maquillage discret et pourtant présent de Karin.

- Et à quelle heure il est supposé arriver, le Prince Charmant ?

- Dans 30 minutes, normalement.

- Bon, alors on a un peu de temps devant nous. » dit Ichigo en souriant.


Le dîner se passait bien. Karin semblait ravie et le jeune Toshiro avait l'air de plaire à toute la famille. Isshin n'arrêtait pas de lui poser des questions, d'abord générales, puis un peu plus personnelles, ce qui lui avait valu un coup de pied sous la table de la part de Karin. Yuzu s'amusait et riait tandis qu'Ichigo observait tout ce spectacle.

Voir sa famille heureuse de la sorte lui faisait du bien. C'est vrai que depuis quelques mois les rires se faisaient rares chez les Kurosaki. L'ambiance était étrange depuis la compétition et l'incident. Surtout pour Ichigo. Tous voyaient bien qu'il n'avait plus la joie de vivre qu'il avait montré les semaines avant de concourir. Mais on mettait ça sur le coup de l'injustice. Seul Ichigo connaissait la vraie raison de sa morosité. Il ne voulait pas inquiéter ses sœurs et son père, mais parfois il avait bel et bien le cœur lourd. On pouvait lire cette tristesse froide dans ses yeux en regardant bien.

Non seulement on l'avait dupé mais on avait profité de lui, d'une manière pire que déloyale. Dégoûtante. Au fond de lui il se sentait blessé mais aussi honteux. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? On lui avait fait miroité une relation différente de toutes les autres, il aurait dû se méfier du revers de la médaille… Quel crétin.

Bzzzzzz. Bzzzzzz. Bzzzzzz.

Le flot de pensées d'Ichigo s'arrêta lorsqu'il sentit son portable vibrer dans sa poche de jean. Le jeune homme posa son verre et regarda discrètement qui l'appelait.

« Renji » indiquait l'écran dans un flash intermittent.

Ichigo fronça les sourcils. Ça faisait un moment que Renji ne l'avait pas appelé. Son dernier texto remontait à trois ou quatre semaines. Peut-être se passait-il quelque chose de grave ou d'important ?

« Je reviens » annonça-t-il à son père avant de quitter la table.

Laissant derrière lui les rires et les voix enjouées, il s'en alla dans sa chambre pour un instant, histoire d'être au calme. Il décrocha :

« - Renji ?

- Salut Ichi, ça faisait un bail.

- Oui, je sais. Quoi de neuf ?

- Oh, je t'appelais juste pour savoir comment ça allait depuis la dernière fois.

- Bof, tu sais… Toujours pareil. Quand l'hiver sera passé, ça ira probablement mieux.

C'était là ce que le rouquin se répétait constamment, mais sans grande conviction.

- Mmh… Je vois.

- Et toi ?

- Moi ? Eh ben là j'étais dans le Sud pour une bonne affaire mais finalement on a pas pu arriver à un accord. Tant pis. La semaine prochaine, je pars pour Tokyo, j'ai le déménagement de toute une famille.

- Tu en vois, du pays. Chanceux, va.

- Détecterais-je un regret ?

- Un peu. J'avoue que ça me déplairais pas de changer un peu d'air moi aussi, de temps en temps.

Il y eut un court silence à l'autre bout de la ligne, puis Renji demanda :

- Tu peux venir avec moi, si tu veux. T'as pas posé de jours de congé depuis des lustres, le restau te dois bien ça ! Pour une semaine, ça te fera du bien, qu'est-ce que t'en dis ?

- Je vais pas t'encombrer, tu vas travailler.

- Eh, je serai pas tout seul ! Il y aura tout une équipe pour m'aider, là-bas, t'inquiètes pas !

- Ouais… Je sais pas. La dernière fois que j'ai été à Tokyo, ça m'a pas laissé un grand souvenir.

- Tu rigoles ? La dernière que tu y es allé, j'étais avec toi : c'était avec l'école : il y a prescription, Ichi ! On s'était fait que des musées chiants à mourir alors forcément… Non, là, je te parle de sorties sympas, de nouvelles rencontres…

De nouvelles rencontres ? Ichigo se passa une main sur le visage. Renji n'était pas très subtil, mais il avait raison. Peut-être qu'il était temps de passer à autre chose.

- Et puis cette fois, on a dépassé l'âge légal pour consommer de l'alcool. Ça veut dire bars et ambiances à volonté…

- J'ai l'impression d'être un pochtron quand tu dis ça, tu sais ?

- Oh allez… J'essaie de te convaincre ! Dis oui, steuplé, steuplééé… Un road trip et une virée à la capitale avec ton meilleur pote, ça te tente pas ?

- Bon... soupira Ichigo, non sans un léger sourire. C'est d'accord, j'en parlerai à Yoruichi pour qu'elle me laisse ma semaine.

- Yes ! On fait comme ça ! Je t'attends chez moi après-demain pour le départ ! Ça va être cool !

- Ouais, c'est sûr. »


Deux jours plus tard

Renji s'installa derrière le volant et fit quelques réglages de dernière minute. Depuis qu'il avait eu son permis poids lourd, la boîte de déménagement de son cousin le laissait s'occuper de gros chargements. Pour une raison incertaine, il prenait beaucoup de fierté à conduire des camions, sûrement parce que ça hissait au-dessus des gens. Littéralement. Il était à presque deux mètres du sol dans les plus gros véhicules, et il voyait le sol comme s'il était loin, très loin. Les automobilistes « normaux » ne lui arrivaient pas à la cheville et les jours moroses, Renji l'appréciait. C'était un peu sa mini-revanche. On l'avait sali, traité de drogué… S'élever au-dessus de la masse le réconfortait, même si c'était stupide. Il n'était en rien meilleur que quiconque, c'était juste cette fierté enfantine du 'plus grand' qui le faisait sourire. Les gens lui laissaient le passage, ployaient devant son bolide sur les autoroutes. Ah ça oui, c'était grisant.

Il allait partager cette expérience avec Ichigo, aujourd'hui. Renji espérait vraiment que cette petite virée redonnerait du cœur et de la motivation au rouquin. Il ne supportait pas de le voir se morfondre comme il le faisait depuis des mois. La chance devait tourner, maintenant. Il le fallait.

Renji regarda Ichigo arriver dans le reflet du rétroviseur latéral : son sac sur l'épaule, un manteau assez chaud pour la saison et un bonnet qui recouvrait partiellement ses cheveux auburn. Ichigo s'approcha du camion et ouvrit la portière. Il monta et s'installa côté passager.

« - Ah, c'est plus haut que je croyais… s'amusa-t-il.

- Ouais, c'est le kiff total, avec ce modèle. Tu verras sur la route, on a l'impression de glisser sur le bitume, héhé.

- Merci encore de m'avoir proposé de venir, Ren. J'avoue que j'en avais besoin.

Renji donna un petit coup dans l'épaule de son ami.

- Hé, c'est bien fait pour ça, les potes, non ? »

Ichigo lui donna un sourire franc. Il avait l'air fatigué.

« Allez, c'est l'heure ! On y va ! » lança Renji.

Le camion s'ébranla et les deux amis quittèrent Karakura.

Il fallait quelques heures pour se rendre à Tokyo, et Ichigo et Renji profitèrent de ce temps pour enfin discuter. Il n'avait pas eu l'occasion de se parler depuis longtemps, il fallait rattraper le temps perdu. Renji lui raconta comment sa nouvelle vie le satisfaisait pour l'instant, même si la natation lui manquait. Il allait faire quelques longueurs de temps à autre, mais rien de plus. L'équipe lui manquait aussi. Il revoyait ses anciens camarades avec plaisirs dès que leurs emplois du temps respectifs le permettait.

« - Et j'ai envie de me poser, maintenant. Tu sais, me trouver un appart, ou quelque chose dans le genre. Là où je suis en ce moment, c'est plus un truc de fortune pour quand je ne suis pas sur la route, ça me plait pas trop.

- Ah, je comprends.

- Et toi ? Demanda Renji. Tu resteras longtemps chez ton père ?

- Je pense pas. J'imagine que j'attends d'avoir l'opportunité… Ou les économies. Des fois je me dis que mon père doit être bien content d'avoir encore tous ses enfants à la maison. Tu sais comment il est… Hyper protecteur et tout ça.

- Oui, c'est pas faux. Mais bon, je veux dire, dans le futur, tu pourras t'installer avec quelqu'un, et… »

Renji ne termina pas sa phrase et se mordit légèrement les lèvres. Il regretta immédiatement ses mots, en fait. Parler de sa vie affective à Ichigo n'était sûrement pas la meilleure chose à faire en ce moment. Il lui décocha un regard gêné. Le regard du rouquin s'était perdu sur la route.

« - Désolé.

- Non, t'inquiète, répondit Ichigo en secouant la tête. C'est pas comme si j'allais rester renfrogné toute ma vie à propos de ça…

- Ichi, tu sais que tu peux toujours compter sur moi. Mais d'un autre côté, si tu veux pas en parler, je comprendrais.

- Non. Tu as raison. Je trouverai quelqu'un. Il y a une vie après… après Grimmjow.

Ce nom resserrait sa gorge à chaque fois. Ichigo regarda le ciel assombri en attendant les premières gouttes de pluie qui s'annonçaient. Il poursuivit :

- Je m'en remets, je crois. Mais ça prend du temps. C'est affreux et tellement cliché de dire ça, mais… Ben, ça fait mal. Je me suis fait avoir comme un con. Je pensais pas qu'une chose pareille aurait pu m'arriver.

- Oui… Et c'est pour ça que ça m'embête de pas pouvoir être aussi dispo qu'avant : si j'étais à Karakura plus souvent, on pourrait sortir et je suis sûre que ça te ferai un bien fou.

- Peut-être. Mais bon. On est là, non ? Toi et moi, sur la route, direction la capitale ! »

Ichigo essayait d'alléger l'ambiance et les cœurs, et il y parvenait à moitié. Renji lui tirait son chapeau pour ça. Après tout, c'était lui qui lui avait proposé de l'accompagner. Il allait assurer le rôle du meilleur ami comme un chef : Ichigo allait enfin se changer les idées.

Renji alluma la radio et sourit. Dans moins d'une heure maintenant, ils seraient à Tokyo.


Le quartier de Shibuya était très animé en cette fin de journée. Les rues grouillaient de touristes, de jeunes près à faire la fête et de cadres rentrant du boulot. Il pleuvait un peu mais ça n'avait l'air de gêner personne. Les lumières du soir éclairaient les bâtiments de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et des écrans extérieurs vantaient les mérites de bars et de restaurants locaux. Devant ce spectacle, Ichigo était sans voix. Pour sûr, ça changeait de la petite ville de Karakura. Renji et lui étaient arrivés à la tombée de la nuit et ils tournaient à présent dans les allées bondées de passants à la recherche de la maison où livrer les meubles qu'ils transportaient dans le camion. Une fois qu'ils l'eurent trouvée, Renji abandonna son ami quelques instants, le temps de dialoguer avec l'équipe de déménageurs déjà sur place. Ichigo tournait la tête pour apercevoir ce que disaient les panneaux qu'il voyait partout :

« Venez essayer notre thé. Café pas cher ! »

« Bar à chats, troisième rue à gauche après le rond-point »

« Envie d'un massage thaïlandais ? »

« Coiffeur 24/7, prix réduits pour les étudiants »

« Le Coco Night Club : trois salles, trois ambiances »

La vie ici semblait si dynamique. C'était exactement ce qu'il lui fallait. Du changement.

Renji remonta à bord et claqua la portière.

« OK, c'est bon ! On leur laisse le camion pour la nuit et le boulot commencera demain à 9 h. Prends tes affaires, notre hôtel est à deux pas d'ici. »

Les deux hommes remirent leurs manteaux et leurs sacs à dos, puis sortirent. L'air était un peu moins frais ici qu'à Karakura, mais c'était uniquement dû à la pollution. Ça sentait le gaz d'échappement et la junk-food. Ichigo et Renji marchèrent sous la fine pluie pendant dix minutes avant de trouver l'entrée de leur hôtel. Une fois à l'intérieur, ils furent accueillis par la réceptionniste : elle avait un fort accent tokyoïte et un sourire fatigué mais elle se montra néanmoins polie et leur montra leur chambre. Ichigo ne fut pas surpris : une chambre chacun, en plein dans la capitale, ça coûtait les yeux de la tête. Ça allait donc être une chambre avec deux petits lits. Pour une semaine, ça ferait l'affaire.

Après avoir déposé leurs affaires dans la chambre, les deux amis se reposèrent. La longue route avait fatigué Renji, mais il proposa quand même à Ichigo de sortir.

« - T'es sûr ? Si demain faut que tu bosses tôt…

- Oh, allez, Papi Ichi : t'inquiète pas, je gère ! Il est encore tôt ! Bon, viens, on va casser la croûte et boire un verre.

- T'es rien qu'un alcoolique, mais je t'aime quand même » rit Ichigo en suivant son ami.

Ils ne tardèrent pas à trouver un restaurant qui ne soit pas encore complet et s'installèrent. Il y avait un groupe de jazz qui jouait au fond de la pièce mais ça ne voulait pas dire que les gens écoutaient vraiment. Ichigo et Renji dînèrent à leur faim puis, d'un commun accord, décidèrent de passer à autre chose.

Les bars de Shibuya étaient variés et souvent à thématique. Tout en blanc, ou en noir, pour les amateurs d'art, spécial hommes célibataires, saké, bières ou cocktails… Tous regorgeaient de monde : c'était l'Happy Hour. Renji ne savait pas quoi choisir. Il allait finir par capituler quand Ichigo remarqua un établissement discret au fond d'une ruelle. Il le pointa du doigt à Renji et tous deux se dirigèrent vers l'entrée. Un écriteau au-dessus de la porte indiquait le nom « Shugyoku »*. Une étrange sensation envahit Ichigo tandis qu'il pénétrait dans le bar, Renji sur les talons.

L'intérieur était cosy, avec des lumières tamisées et des aquariums remplis de poissons exotiques. Il y avait une odeur de cannelle qui vous enivrait les sens. L'endroit parfait pour une boisson tranquille. Renji commanda deux bières puis alla s'installer avec Ichigo, là-bas, derrière l'un des aquariums.

« - C'est étonnant comme cet endroit contraste avec l'extérieur, dit le rouquin en observant le barman apporter leurs verres.

- Oui, c'est dingue. On se croirait dans une bulle. Et puis c'est pas trop loin de l'hôtel : pratique ! »

Ichigo aimait ce bar. Il ne savait pas trop pourquoi.

Le barman, un homme dans la quarantaine, déposa leurs verres en face d'eux et leur sourit.

« - Ces messieurs voudront-ils autre chose ce soir?

Pensant à d'autres alcools, Renji demanda :

- Vous proposez quoi ?

- La pièce rouge peut vous accueillir, si vous le désirez.

- La pièce rouge ?

- Oui… Les gens d'ici y viennent régulièrement pour des parties de mahjong. Mais comme vous n'avez pas l'air d'être du coin, je me permets de vous proposer cela. »

Renji décocha un regard complice à Ichigo.

« - Un petit mahjong avant d'aller se coucher, ça te tente ?

- J'ai pas joué depuis des lustres… Mais c'est d'accord ! »

Ichigo commençait à se sentir en vacances. Le sourire lui revenait et il remerciait intérieurement Renji de lui avait dit de venir avec lui.

« Veuillez me suivre » dit le barman.

Il les entraîna au fond du bar puis leur ouvrit une porte recouverte de bambou tressé. On voyait souvent ce genre de choses ici. Ça faisait « couleur locale » et ça insonorisait. Derrière la porte se trouvait un petit couloir qui menait à une salle aux murs peints en rouge sang. Au centre de la pièce, un homme était assis à une table laquée noire sur laquelle reposait un mahjong à l'air ancien.

« - Monsieur Kyoraku, voici deux clients qui aimeraient se joindre à vous… Tiens, mais où est passé votre adversaire de tout à l'heure ?

- Parti téléphoner. »

L'homme attablé était plutôt bien habillé, le regard chaleureux et la barbe entretenue. Il portait une sorte de catogan mais ses cheveux tendaient à boucler. On lui donnait trente ans.

« Prenez place ! Venez ! » lança-t-il à Ichigo et Renji avec un signe de la main. Le barman les salua tous et se retira.

« - Je m'appelle Shunsui.

- Ichigo.

- Renji.

- Enchanté de vous rencontrer.

Shunsui semblait sincère. Il parlait d'une voix assurée.

- Le jeu va recommencer dès que notre adversaire reviendra. Nous venons de faire une partie très intéressante. Il est doué, méfiez-vous.

- Vous vous connaissez ? lui demanda Renji en buvant une gorgée de sa bière.

- Pas du tout, je suis arrivé il y a une heure. Mais il m'a l'air d'être quelqu'un de bien. Ah ! Quand on parle du loup… »

Un bruit retentit derrière eux et un courant d'air passa dans la pièce. On venait d'ouvrir et de refermer une porte qui donnait sur la cour arrière.

« Téléphoner dehors par ce temps, c'est pas très malin » pensa Ichigo.

La lumière n'était pas assez forte pour qu'on puisse voir toute la silhouette de l'homme qui venait d'apparaître. Son visage ne se dessina que lorsqu'il fut près de la table. Renji et d'Ichigo furent frappés de stupeur quand ils virent qui les avaient rejoints à l'instant.

L'homme s'était arrêté et il les regardait en retour, abasourdi. Le silence qui suivit fut brisé par Ichigo :

« Grimmjow… ? »


QUOI?! QU'ENTENDS-JE? LE CHAPITRE 12 EST SORTI? :)

Mazette. Là, ça fait vraiment longtemps. J'ai honte. Je me giflerai presque. Mais je ne vais pas vous servir l'habituel "J'avais trop de travail pour écrireuh!", même si c'est partiellement vrai. Non, je vais faire encore mieux: j'ai demandé sur Facebook si vous aviez des questions à me poser et j'ai eu des retours intéressants en messages privés, et même ici, sur fanfiction. Donc, je vous réponds ^^

Combien de chapitres sont encore à attendre pour A contre-courant?

- On m'a demandé ça pas mal de fois depuis que j'ai commencé cette fic, et je dirais que j'en prévois encore quelques-un. Cette histoire aura probablement dans les quinze chapitres.

= Tu fais de la natation?

- J'en ai fait il y a million d'années, quand je n'étais encore qu'une petite crevette qui allait au CM2. Mais plus maintenant, donc non. Mais s'y remettre serait sympa.

= Pourquoi tu ne postes pas plus souvent de chapitres?

- Quand j'ai débuté sur , j'étais en licence à la fac, j'avais plus de temps libre que maintenant. Maintenant, j'arrive à la fin de mes études et sans donner trop de détails, je dois vraiment travailler d'arrache pied pour y arriver. Mais à partir des grandes vacances je devrais avoir plus l'occasion de retourner à mes fics :3 et disons que depuis le chapitre 10, j'ai quelqu'un dans ma vie ^^' et ça aussi ça prend du temps.

Tu as dit sur FB que tu perdais l'intêret pour le yaoi? :O

- Non, j'ai dit que le yaoi n'était plus une partie prédominante de ma vie. Bon, ça ne régnait pas mon existence avant, mais là, j'y pense seulement quand j'écris/ quand je lis des mangas. C'est toujours un intêret, sinon je n'écrirais pas de fic, hein!

Tu regardes l'anime 'Free'?

- Non. Les graphismes sont sympas, mais l'histoire ne me passionne pas vraiment. En revanche je suis toujours fervente lectrice (en ligne) de Bleach - et de Black Butler, mais ça c'est un peu différent ^^' -

Plus de GrimmIchi pleeeeeeeeeeeeeaaaaaaaaaaaaaaase?

- Oui, c'est prévu! *clin d'oeil entendu*

(concerant le chapitre 4) Tu est sûre que c'est ton premier lemon?

- Oui, mais comme beaucoup de monde, j'ai une imagination fertile. Pas forcément très très originale, mais visuelle, ça c'est sûr.

Comment Ichigo a pu se faire avoir aussi facilement par Ggio (et donc par Aizen)?

- Parce qu'il était stressé et parce qu'il est un peu idiot sur les bords? ^^ Non, soyons sérieux: pour l'histoire, et parce qu'il est naïf, tout simplement. Si vous ne me croyez pas, relisez Bleach.

Le chapitre 13 est pour quand?

- Normalement pas dans dix ans... C'est un chapitre que j'ai déjà écrit en partie: il y aura de l'action, juré! Donc voilà, ça devrait venir. ;)

Voilà voilà! Si jamais j'ai d'autres questions d'ici le prochain chapitre j'y répondrai aussi.

J'espère que le chapitre 12 remettra tout le monde sur les rails: direction la fin de cette fic! C'est un chapitre un peu plus court que les autres, sans sexe, comme le redoutaient pas mal de personnes... Je sens qu'on me déteste, là, hehe. Et tant qu'on est dans les sentiments, je tiens à remercier les lecteurs de la première heure et ceux qui se sont rajoutés par la suite, ceux qui me disent qu'ils ont 'tout lu en une journée/quelques heures'. Votre soutien m'est si précieux :') Ce chapitre est pour vous!

-8-

* Shugyoku: "pierre précieuse"