Disclaimer : les personnages ne sont pas à moi. Pas d'argent pour ça.

Auteur : Sebarrya (Seb', une sorte de mégalomane qui se prends pour Dieu).

Note : Il est là, j'ai réussi à le finir : le nouveau chapitre. Après 4 jours de forcing parentals j'ai réussi à avoir assez de temps sur l'ordinateur pour le pondre. Alors, bonne lecture les enfants !

Chapitre douzième :

Le roi, ses sujets et l'électron libre

Ecouter le silence de la nuit,
Oublier un instant ce qui suit,
Être en vie, juste à cet instant,
Et éviter de perdre son temps.

Regarder le ciel couleur de suie.
Et le temps passe, le temps fuit.
Comment peut-on perdre autant,
En aussi peu de temps ?

Tout contrôler, au point d'en être inhumain.
Au fond, on voudrais juste qu'on nous tende la main.
On ne l'avoue pas, on ne l'avouera jamais.

Tu sais, c'est juste cette peur du lendemain,
Qui te bouffes de l'intérieur, ne te lâche pas jusqu'au matin.
Et ça ne changera pas, ça ne changera jamais. *

Tout avait commencé alors qu'il n'avait que sept ans, quand on avait découvert son don. Tout avait commencé quand son père l'avait jaugé de haut en bas avec une profonde déception et avait fini par dire d'une voix froide :

"Tu es inutile, je pensais qu'avec ton don cela changerait, mais je me suis trompé. Même ton don s'avère aussi inutile que toi. Tu me déçois. Beaucoup."

Il n'avait rien dit, il avait encaissé comme toujours. Il avait senti la colère l'envahir. La douleur l'avait cloué sur place. Il avait lentement relevé la tête, avec douceur. Ses yeux s'étaient ancrés à ceux de son père. Son pouvoir s'était activé de lui même, animé par la colère pulsant dans ses veines. Puissant, violent, implacable. Sa voix s'était élevé dans l'air, douceureuse et ferme :

"Ecoute attentivement, à partir de maintenant tu m'obéiras en tout point et ce jusqu'à ce que je décide que tu ne doives plus le faire. Ecoute moi et obéis, tu es à mes ordres désormais."

Oui, cela avait commencé comme ça. Un premier ordre, suivi de tellement d'autres. Il avait perdu le compte. Puis il avait hypnotisé sa mère, la cuisinière, toutes les personnes l'entourant. Il était tombé dans une spirale infernale. Hypnotisant tout ceux qui tentaient de lui barrer la route, qui lui tenaient tête. Il avait perdu pied avec la réalité, le monde extérieur. Dans son monde, rien ne lui échappait, il contrôlait tout. Il se sentait invulnérable, si puissant. Plus personne ne lui avait jamais dit qu'il était inutile. Il s'était perdu dans ce monde onirique, coupé du reste du monde. Il avait créé son propre monde parallèle et il avait fini par y croire. Le Manoir était devenu son univers, un univers où il était important, un univers dont il était le centre. Il avait suffi d'une phrase pour engendrer cette folie qui durait depuis déjà dix ans. Il avait suffi d'une phrase pour qu'il prenne le pouvoir. Définitivement.

Il avait pourtant était un petit garçon tout ce qu'il y a de plus charmant. Souriant malgré une solitude apparente. Encaissant l'éducation quasi militaire que lui avait imposé son père, sans jamais rien dire. Se soummetant toujours, comme le bon garçon qu'il se devait d'être. Il avait été un petit garçon parfait. Mais il avait suffi d'une phrase. Celle de trop. Il y a un jour où tout ce qu'on a encaissé ressurgis avec violence et ce jour était arrivé. Tout enfant ordinaire aurait simplement tenu tête mais il n'était pas un enfant ordinaire. Il avait pris le contrôle, purement et simplement. Tous s'était soumis, tous avait fini par lui obéir. Il avait appris à rester dans l'ombre, à donner les ordres tout en laissant un minimum de libre arbitre. Il avait créé cette histoire de guerre pour les tenir dans la peur. Et puis un matin il avait vu sur le bureau de son père le dossier d'un jeune homme de son âge et il avait ordonné à celui-ci de le prendre au Manoir.

En réalité, dans son royaume, il se sentait seul. Tellement seul. Il s'ennuyait du haut de son pouvoir. Il y avait vu un moyen de se divertir un peu. D'observer un être qui lui échappait dans son monde si ordonné. Il avait été surpris plusieurs fois. Il avait pris un malin plaisir à entraîner ce jeune disciple, à se faire obéir sans contrainte. Puis il avait voulu plus, il avait voulu combler sa solitude, voulu être apprécié pour ce qu'il était et pas parce qu'il en donnait l'ordre. Il avait simplement voulu avoir un ami. Mais il l'avait rejetté une première fois. Il se comportait comme un chat sauvage. Il était dur à cerner. Draco Malefoy y avait vu un défi, et il était prêt à tout pour réussir. Que quelque chose échappe à son contrôle, étrangement, ça lui avait fait du bien. Même si le premier rejet l'avait blessé, il apprennait lentement à apprivoiser le jeune homme sans l'aide de son pouvoir et il trouvait cela bien plus amusant et gratifiant. Au fond, il n'était qu'un jeune garçon qui avait perdu pied avec la réalité.


De sa fenêtre, il observait son monde. Dictateur des temps modernes, qui n'avait pas conscience de l'être. Une cigarette aux lèvres, il regardait, avec un léger sourire, ce monde si ordonné, à son image. Le parc si tranquille, personne ne sortait jamais le soir, parce qu'il en avait donné l'ordre. Le parc était son royaume nocturne. Il aimait marcher entre les arbres, s'arrêter pour regarder les étoiles. Ecouter le silence. Et rien ne devait troubler ce silence qu'il chérissait tant. Il laissa la fumée s'échapper de ses lèvres. Il la suivit un instant du regard, il aurait voulu la contrôler elle aussi. Lui donner les formes qu'il voudrait. Mais il ne contrôlait que les hommes, pas les choses. Il vit une silhouette se déplacer dans le noir. Il failli tomber de la fenêtre à cause d'un sursaut inconscient. Mais ce n'était que Potter. Harry, l'électron libre. L'inconnue de l'équation qu'était sa vie. Il aimait le fait qu'il ai son libre arbitre. Il aimait voir les réactions du jeune homme. Si vraies, si spontanées. Il aimait son don, si puissant, si précis.

Il ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais il avait aimé la sensation de perte de contrôle quand Harry avait contrôlé son coeur. Cela l'amusait, lui qui contrôlait tout le monde. Il descendit de la fenêtre où il était perché dans un bond gracieux et silencieux. Il jeta son mégot brûlant qui brilla un instant dans le noir et rejoignit la silhouette silencieuse près de la lisière de la forêt. Il observa un instant le jeune homme. Ses cheveux noirs ébouriffées par le vent, sa peau pâle sous la lumière lunaire. Ses lunettes cachant son regard si intense, si vivant.

"Bonsoir Harry."

La silhouette se tourna vers lui et un léger sourire éclaira le visage de l'adolescent. Ils se toisèrent à quelques mètres l'un de l'autre. Ils se souriaient, sans savoir quoi ajouter. Il y avait quelque chose dans l'air, quelque chose d'inexprimable. Une complicité, un sentiment de sécurité. Comme si tout était exactement à sa place. Comme s'il était évident qu'ils se retrouvent ici à cette heure tardive de la nuit. Harry se rapprocha à pas lent. Draco se sentit déglutir sans pouvoir s'en empêcher. Il sentait une tension qui lui parcourait l'échine, un frisson indescriptible. Oui, tout était exactement à sa place. Il ne contrôlait plus rien, mais ce n'était pas grave. Pas à ce moment précis. Harry s'arrêta à quelques centimètres de lui. Et Draco se noyait, il se noyait au milieu d'une mer verte à l'écume d'or.

"Bonsoir Draco. Belle nuit, n'est ce pas ?"

Il hocha la tête délicatement. Il avait envie. Il ne savait pas de quoi. Il ne voulait pas se l'avouer surtout. Mais il avait envie. Et il se taisait. Lui qui contrôlait tout voulait justement se laisser aller à cet instant. Il laissait toutes les cartes dans la main d'Harry. C'était à lui de choisir de la suite des événements. Il sorti une roulée tordue de sa cigarette. Draco arrêta son geste et lui tendit une Dunhill avant de sortir son dupont.

"Je t'allume ?"

Il vit la surprise passer dans les yeux de son vis-à-vis. Et puis il se rendit compte de la connotation de sa phrase et se mit à rougir. Il allait se répartir en excuses quand le rire d'Harry l'arrêta net dans son élan. Il aimait ce rire. Il l'aimait sans même savoir pourquoi.

"Avec plaisir."

Il se mit à sourire doucement et tendit son dupont pour allumer la cigarette entre les lèvres gercées et écorchées d'Harry. Ses yeux s'attardèrent un instant sur celles-ci. Juste un instant de trop. Juste le temps de se rendre compte qu'il les trouvait attirantes ces lèvres. Juste le temps de perdre tout à fait le contrôle. Il prit délicatement la cigarette des lèvres du jeune garçon et tira une longue bouffée, il se dit que c'était comme un baiser différé. Il rejetta lentement la fumée vers le jeune homme et pendant un instant ses traits lui parurent brouillés, mystérieux. Il se pencha avec lenteur et posa doucement ses lèvres sur celle de l'autre jeune homme. C'était juste une envie. L'impulsion du moment. Le rejet fut brutal. Il s'y attendait pourtant. Mais une part de lui, une petite partie au fond de lui, aurait voulu qu'il ne le rejette pas. Alors, il se contenta de fuir pour que l'autre ne voit pas la douleur qu'il ressentait. Juste pour reprendre le contrôle.

Il était toujours cet enfant qui fuyait la réalité. Il le serait toujours parce que c'était plus simple.

A suivre ...

* Poème à moi donc pas touche.

Un véritable tournant dans l'histoire, un début de Drarry, vous savez quoi, moi je dis : faut faire péter les reviews, j'ai enfin réussi à mettre de l'action * Oh my FUCKING DRAY *. Même moi je me suis impressionnée, j'ai eu l'idée d'un coup comme ça *viens de se rendre compte qu'elle vient d'avouer à ses lecteurs qu'elle s'est embarquée dans cette histoire sans connaître la suite*. Euh, j'y vais, bonne soirée.

Bisous et à bientôt, chers amis lecteurs,

Seb' (Un génie c'est avant tout un fou.)