Yo! Désolée pour l'attente!
Chapitre 10: «J'ai peur.»
«Grand frère... mon corps me fait mal...»
«-Grand frère, pourquoi il y a tant de bruit dehors?
-C'est un festival! Flevance prospère toujours!»
Lammy...
Lammy...
Lammy...
Non, c'est Raïka qui est en train de tomber devant moi...
Il percuta enfin et se précipita au bord de la falaise. S'allongeant précipitamment d ans l'herbe, il attrapa l'un des bras de la muette avant qu'il ne soit trop tard. Il n'allait pas la laisser faire. Il ne l'avait pas autorisé à quitter le navire. Il ne l'avait pas autorisé à partir comme ça. Il ne l'avait pas autorisé à le laisser. Elle ne lui avait pas tout dit. Elle n'avait pas retrouvé sa sœur. Et il ne voulait pas que cela se reproduise. Il ne voulait pas subir une mort de plus. Il en serait incapable. Il n'allait pas laisser quelqu'un de plus disparaître sous ses yeux. Suspendue en l'air, elle ouvrit les yeux, surprise de ne pas avoir touché le sol. Elle leva la tête et écarquilla les yeux: il était là, la toisant d'un regard empli de colère et la retenant de ses bras, y mettant toutes ses forces. Elle lui cria quelque chose du regard, ce qu'il comprit de suite.
-Certainement pas! S'écria-t-il. Hors de question que je te lâche! T'es bête ou tu le fais exprès?! Évidemment que t'es pas un fardeau, abrutie! Tu crois vraiment que j'aurais pris la peine de faire tout ce que j'ai fait si c'était le cas?! Tu crois que j'aurais accepté de t'aider, que je t'aurais sauvée, soignée et écartée du danger si tu en étais un?! Tu crois que je vais me soucier autant d'un fardeau?! Te fous pas de moi! Je ne t'ai pas permis de partir! Tu dois encore me dévoiler des choses tu te souviens?! Tu compte me laisser comme ça sans avoir tenu ta promesse de tout me dévoiler et aussi ce qui me concerne?! Tu veux gâcher tous les efforts que j'ai fait pour te garder en vie auprès de moi?! Et ta sœur, tu vas l'abandonner elle aussi?!
Elle fut frappée par toutes ses paroles. C'était la première fois qu'elle le voyait s'emballer comme ça. Il avait raison, elle avait été égoïste. Elle avait voulu fuir une réalité qui n'était finalement qu'un mensonge, puisqu'au final elle n'était pas un fardeau. Elle avait failli perdre sa vie inutilement. Se tuer revenait à tuer sa sœur. Elle s'accrocha brusquement aux bras du Chirurgien lorsque celui-ci glissa légèrement, faisant tomber quelques pierres dans l'eau. Il n'allait plus tenir très longtemps, il devait la remonter au plus vite. Elle le supplia du regard de la remonter: après avoir regardé en bas, la peur s'était soudainement emparée d'elle. Il s'agenouilla difficilement et finit par s'accroupir pour mieux la remonter. Tirant de toutes ses forces, elle pouvait voir des veines apparaître sur ses muscles contractés. Il ramena un pied en arrière, laissant l'autre au bord de la falaise et força sur ce dernier jusqu'à ce qu'il réussisse à la hisser sur la terre ferme. Tombant sur lui, ils se retrouvèrent l'un sur l'autre, allongés dans l'herbe, lui étant essoufflé. Elle se releva aussitôt et alla chercher son carnet et son stylo, en larmes. Affolée, elle lui tendit un papier qu'il attrapa en se relevant, suant.
«Je suis désolée!»
Il n'eut pas le temps de répondre qu'elle se jeta immédiatement à son cou. Assis dans l'herbe et elle à genoux accrochée à lui, ils étaient bercés par la brise marine et le bruit des vagues. Il posa une main sur son dos, ce qui la surpris.
-Ne... Ne me refais plus jamais une peur pareille. Jamais.
Elle le lâcha et s'écarta de lui, toujours en larmes et plongeant son regard dans le sien.
«Je te le promets!»
-Cette île, elle te change. Elle te rend folle.
Il réfléchit un moment à comment il avait lui aussi agit ces derniers temps, y comprit à l'instant.
-Non, rectifia-t-il. Elle nous rend fous. On met les voiles demain.
La muette hocha la tête.
Le lendemain midi, le capitaine dut retourner une dernière fois sur l'île pour aller chercher ses hommes. Il avait oublié de prévenir ces abrutis de leur départ, ces derniers étaient donc retournés sur la grande place. Il avait, par conséquent, été assailli de questions par les habitants sur leur départ soudain, ce à quoi il ne prenait pas la peine de répondre et les ignora royalement. Bien évidemment, lui et ses hommes avaient été suivis jusqu'à leur navire jaune poussin par les habitants: leur caractère chaleureux et amical les poussait à aller leur dire au revoir. La muette, qui les attendait appuyée sur la balustrade du pont extérieur du navire, remarqua le père de la danseuse dans le groupe d'habitants mais pas elle. La tête mauve eut un sourire malsain: elle avait enfin compris où était sa place. Loin, très loin de lui. Enfin, d'eux. Le Chirurgien ne manqua pas de remarquer ce sourire ce qui lui plu: c'était qu'elle se forgeait un caractère d'acier la petite. Tandis que son équipage allait s'activer aux préparations du départ, lui alla rejoindre la muette: quelque chose avait attiré son regard. Ses vêtements: elle avait remis sa robe blanche, celle dans laquelle il l'avait rencontré, ou plutôt retrouvé selon ses souvenirs, quelques semaines plus tôt. Bien évidemment, il comprit pourquoi, tout comme il devinait tout ce qu'elle voulait dire ou non. Il alla se poser à côté d'elle et ne chercha pas à attirer son attention: ils observaient tous les deux le tas de personnes qui attendait sagement leur départ, les enfants jouant entre eux.
-Je t'achèterai des nouveaux vêtements sur notre prochaine escale, lui souffla le capitaine.
Elle ne chercha même pas à savoir comment il avait deviné son dégout envers les vêtements de toile: il devinait tout de toutes façons. Elle se contenta de le remercier d'un hochement de tête. L'un des hommes sortit rapidement par la grande porte métallique et alla les prévenir.
-Capitaine! Les moteurs sont allumés et les radars opérationnels, Shachi et Penguin ont réglé tout ce qui concerne notre prochaine destination, nous pouvons y aller!
-Combien de temps avant la prochaine île? Dit-il en se tournant face à lui.
-Environ une semaine.
-Bien.
Il se retourna vers le groupe de personne afin de rappeler son ours qui était allé jouer une dernière fois avec les enfants.
-Bepo! Remonte, on met les voiles!
-Aye Cap'taine!
L'ours remonta rapidement sur le navire. Ils commencèrent à se diriger vers la porte d'acier, suivis de près par la muette. Sous les paroles de bon voyage des hommes et femmes, cette dernière fit un dernier signe de la main aux enfants qui sautaient en secouant les bras pour leur dire au revoir. En y repensant, elle avait toujours eut une certaine compassion pour les enfants, elle se sentait concernée par eux. Et bien évidemment, ce qui était une évidence même pour eux se produisit. Tellement évident qu'ils s'y attendaient et avaient même finis par se demander pourquoi ça n'était toujours pas arrivé plus tôt. Alors qu'ils allaient entrer dans le navire, l'ours ayant déjà disparu dans les couloirs, la voix d'un certain parasite bien connu retenti.
-Attendez! S'écria la danseuse. Emmenez-moi avec vous!
La réponse ne se fit pas attendre, pas une seconde ne s'écoula tellement elle était évidente.
-Pas question, répondirent en cœur le Chirurgien, mais également le père de la brune.
Law pu jurer que si elle avait pu parler, la tête mauve aurait elle aussi répondu en cœur avec eux. Cette dernière était tellement énervée par ce qu'elle venait d'entendre qu'elle était prête à descendre du navire pour aller lui casser les dents contre un arbre personnellement. Le capitaine pu le deviner à la colère qui émanait d'elle: il dut lui attraper le bras pour ne pas qu'elle aille s'occuper de son cas. Même si il mourrait d'envie de voir ça, il n'avait pas envie de perdre davantage de temps sur cette île idiote et inconsciente du danger du monde.
-Mais pourquoi?! S'écria la danseuse.
-Je t'interdis de quitter l'île! S'exclama son père. Qui sait ce qui t'attend dehors, je ne veux pas te perdre!
-Mais je serai en sécurité!
-Dis donc mademoiselle la mal polie, intervint Law. J'ai dit qu'il est hors de question que tu poses un pied sur mon navire. Je ne veux pas d'un boulet à bord. Et je sais aussi que ta présence ne dérangera pas seulement moi mais surtout ma muette.
-Encore elle!
-Toujours.
La muette en question fut parcourue de frissons et se sentit presque rougir.
-Cette fille t'apportera que des problèmes et tu le sais!
Le capitaine eut du mal à cacher son énervement. Elle allait trop loin. Il ne pouvait décidément plus la supporter celle là.
-Ferme la, lâcha-t-il sèchement. J'en ai assez de ton manque de respect. Je suis le mieux placé pour savoir ce qu'elle m'apportera. Toi en revanche, ce que tu m'apporte c'est du dégout d'un aussi grand irrespect. Hors de ma vue, misérable.
La muette n'en revenait pas. Il les enchainait en ce moment. Entre lui sauver la vie, s'occuper d'elle et maintenant prendre sa défense, elle était servie en surprises venant de sa part. Le Chirurgien avait reprit sa marche dans le silence lorsque quelque chose des plus improbables se produisit.
-Tu crois que je suis idiote? Je sais très bien pourquoi tu la gardes avec toi! Tu as une femme à ta disposition pour assouvir tes besoins! Je peux largement mieux faire l'affaire! Laisse la là et prends moi à la place!
Il fut brusquement, mais doucement poussé sur le côté par la muette qui alla rapidement contre la balustrade et, sous le regard mi choqué mi amusé du capitaine, elle brandit un magnifique et honorable doigt d'honneur empli de colère à l'attention de la danseuse. Il l'observa, se demandant pourquoi elle n'était pas directement descendue. Bah, peu lui importait. De toutes façons, c'était lui qui allait descendre s'occuper d'elle et il devait bien l'avouer, c'était plutôt drôle de la voir fièrement lever son majeur vers elle avec autant d'entrain. Mais finit l'amusement, sa colère à lui était bien plus présente que le reste. La muette retourna vers lui. Il posa une main rapide sur son épaule et commença à partir, l'air soudainement sombre.
-Attends moi là, lui dit-il à voix basse.
Elle le suivit des yeux, intriguée. Ne pas perdre davantage de temps ici qu'il pensait. Il descendit du navire et se traça un chemin jusqu'à la brune, sa démarche plus inquiétante que jamais. Sous les yeux des habitants figés sur place par l'aura qu'il dégageait et ceux de la tête mauve, il se plaça devant elle et lui attrapa violemment le cou. La dominant de sa taille, il ne prenait même pas la peine de baisser la tête pour la regarder et la toisait de haut. Les yeux dans l'ombre de son chapeau adoré, seules ses pupilles brillantes de colère et d'animosité étaient visibles, ce qui glaça le sang de la danseuse qui n'osait pas bouger. Il resserra son emprise sur son cou jusqu'à ce qu'elle ait des difficultés à respirer, un sourire sadique apparaissant lentement sur ses lèvres.
-Guh... lâche... moi... tenta-t-elle vainement.
-C'est inutile, cracha-t-il. Tu l'as indirectement traité de pute. Tu as encore manqué de respect à ce qui m'appartient et j'en ai assez. Je vais t'étrangler jusqu'à ce que tu comprennes enfin la leçon, petite peste. J'irai même jusqu'à te tuer, ça ne me dérange pas. J'ai déjà du sang sur les mains, je ne ressens absolument aucune honte à prendre une vie. Je ressens même du plaisir quand cette personne se met en travers de mon chemin. Et puis ça la soulagera elle aussi, elle en a assez de te voir, toi et ta manie de me coller partout comme un bon petit chien qui n'est rien sans son maître. Et entre nous, tu dis faire largement mieux l'affaire mais moi je préfère largement une femme équilibrée dans ses formes plutôt qu'un laideron dans ton genre avec plus de fesse que de poitrine. Dommage pour toi, je suis largement plus attiré par elle que toi.
-Tu... Tu es fou...
-Je crois que je vais te tuer sur le champ au final, dit-il, effrayant.
Effrayant, oui. La brune avait peur de lui. Et sa peur s'amplifia lorsqu'elle ne put plus respirer, la main du capitaine s'étant resserrée au maximum. Elle allait y passer. Elle allait mourir, elle le savait. Elle n'avait jamais imaginé mourir d'une telle façon: tuée par un pirate ressemblant à son défunt fiancé. Mais quelque chose que personne n'aurait osé imaginer se passa. Elle fut sauvée. Un ouragan blanc et mauve passa entre les habitants avant de se jeter violemment entre eux deux. Elle se jeta contre le torse du capitaine ce qui le fit lâcher le cou de la danseuse. Elle posa une main dans son dos pour l'enlacer et, cachant son visage sur son torse, posa son autre main sur son bras qu'il tenait toujours en l'air. Il lâcha un souffle énervé. Il ne rêvait pas, elle venait bien de l'interrompre encore une fois?
-Mais qu'est-ce que tu fais encore?! Lui cria-t-il, baissant son bras.
Un nouveau sentiment s'empara d'elle mais elle ne savait pas ce que c'était. C'était la première fois qu'il se laissa aller et lui cria dessus de la sorte. Elle en était choquée. Le choque mélangé à de la culpabilité mais aussi autre chose. Elle savait quelle avait bien fait de l'arrêter. Elle n'en avait rien à faire d'être traitée de tous les noms, elle y était habituée depuis sa naissance. Mais ça n'était pas une raison pour la tuer, elle n'avait rien fait qui méritait un tel châtiment. Elle lâcha son bras et l'enlaça avec force, voulant l'empêcher d'aller continuer son meurtre. Il ne savait pas si il devait la tuer elle pour l'avoir stoppé. Il ne savait même pas pourquoi elle avait fait ça: elle la supportait encore moins que lui. Il lâcha un soupir et posa une main dans le dos de la jeune femme.
-Tu sais ce qui m'énerve le plus? Demanda-t-il à la muette. C'est que tu sois la seule qui ai bougé pour lui sauver la vie.
Il tourna son regard mauvais vers le tas de personnes.
-Eux, ils n'ont rien fait. Ils se sont contentés de regarder. Pas même son père n'a bougé le petit doigt.
-Je... commença la danseuse.
-Quelle belle famille tu as là.
Il ne lui laissa pas le temps de répondre et partit avec la muette sous les regards minables et culpabilisant, la main toujours dans son dos pour la pousser.
-On y va. Et on ne remet plus jamais les pieds ici. Ils me dégoutent tous autant les uns que les autres.
Ils montèrent sur le navire et la muette s'arrêta soudainement. Elle observa la brune: elle était seule au milieu du silence et des regards fuyant, la tête baissée. Elle se souvint de ce qu'elle avait fait pour elle: elle l'avait accueillie à bras ouverts comme personne ne l'avait jamais fait avant, elle lui avait fait des vêtements, lui avait fait ouvrir les yeux sur certaines choses et des paroles qu'elle lui avait dites. Lui demander d'être son amie... amie... elle qui ne savait pas ce que c'était avait été considérée comme tel et s'était mal conduite avec elle en retour. Elle était vraiment la mauvaise personne du navire. Elle aurait compris si Law avait accepté de la laisser ici. Elle ne méritait pas son attention, elle n'était qu'une ingrate. Elle sentit une main se poser sur son épaule.
-Je sais ce que tu ressens, lui dit le Chirurgien, sombre. Elle a été abandonnée par ceux qu'elle pensait être sa famille. Mais éprouver de la pitié pour elle ne nous mènera à rien.
C'était justement parce qu'elle avait été abandonnée qu'elle éprouvait de la peine. Elle était bien placée pour savoir ce que cela faisait d'être reniée par toute son île. La seule différence, c'était qu'elle, elle y était habituée et ça ne l'affectait plus. Elle ne la quittait pas du regard. Elle était seule. Aussi seule qu'elle depuis sa naissance.
-Viens.
Il lui attrapa le bras et la tira doucement dans le navire. Il savait qu'elle s'en voulait. Il avait deviné que cela lui rappelait des choses. Mais il ne voulait pas de cette fille ici. Elle avait été trop loin et n'avait que ce qu'elle méritait. Le sous-marin jaune poussin s'éloigna rapidement de l'île, toujours à la surface de l'eau. Le capitaine était rentré dans le navire pour aller contrôler le travail de ses hommes tandis qu'elle était restée sur le pont extérieur, profitant du vent que créait le navire en marche. Elle ouvrit les yeux et quelque chose attira son regard et lui frappa l'esprit. Elle rentra rapidement dans le navire et attrapa le premier homme venu, qui n'était autre que Penguin qui, pour une fois, n'était pas fourré avec son paire Shachi.
-Raïka? Qu'est-ce que tu as, tu as faim?
Elle balança la tête pour lui dire non et le tira par la manche en lui montrant du doigt l'extérieur. Ce dernier s'y rendit sans attendre pour voir ce qu'elle voulait lui montrer et écarquilla les yeux lorsqu'il le vit.
-Attends-moi là!
Il rentra immédiatement dans le navire et se précipita vers une petite salle dans laquelle le capitaine et quelques uns de ses hommes faisaient le point au dessus d'une carte et d'un log pose. Il rentra rapidement dans la salle, essoufflé, interrompant leur discussion.
-Je vois. Nous irons par...
-Ca... Capitaine! Le coupa Penguin.
-Qu'est-ce qu'il se passe pour que tu sois dans cet état et pour que tu me coupe comme ça?
-C'est Raïka! Elle a...
le Chirurgien lâcha brutalement ce qu'il était en train de faire et s'inquiéta immédiatement, ce qui n'était pas de ses réactions habituelles. Il avait pour habitude de souffler ou de soupirer d'agacement et pourtant, l'entente de son prénom l'avait soudainement alerté.
-Elle s'est évanouie? Demanda-t-il en se relevant.
-Non! Elle a...
-Où est-elle?
-Sur le pont extérieur!
Il ne prit pas la peine de répondre et s'y rendit immédiatement, le pirate le suivant de près. Lorsqu'il passa la grande porte métallique, il eut le soulagement de constater qu'elle allait parfaitement bien. Le soulagement oui, car il en avait assez de ses pertes de connaissance à répétition et il devait bien avouer que la dernière fois l'avait inquiété, et cette inquiétude était restée. Il s'avança vers elle et grogna.
-Il n'y a rien. Tu m'as fait venir ici sans aucune raison. J'ai horreur de ça.
Il ne chercha pas plus longtemps et commença à partir. Il fut stoppé par la main de la muette accrochée à la manche de son pull, accompagnée par un bruit sourd de vagues. Lorsqu'il se retourna, il pu voir la raison de sa venue qu'elle lui montrait du doigt. Son célèbre sourire illumina son visage. Il alla se placer à côté et s'appuya sur elle, laissant tomber sa main sur sa tête comme pour la féliciter.
-Bien vu, lui dit-il. Je crois bien que tu as trouvé la raison de pourquoi l'île n'est pas sur les cartes.
Loin devant eux, un monstre géant des mers sortit partiellement de l'eau. C'était un serpent émeraude à nageoires et aux écailles pointues, un monstre plutôt effrayant. Le monstre en question tournait en rond autour de l'île, ressortant par moment son dos de l'eau.
-Il doit chasser les bateaux qui tentent de s'approcher. Les pirates doivent être tellement effrayés par la bête qu'ils doivent tout simplement rebrousser chemin ou passer à côté. C'est donc devenu une île oubliée.
-Capitaine, qu'est-ce qu'on fait?
-On le laisse. Je ne vois pas l'utilité de le tuer. Laissons leur leur garde du corps.
-Bien, comme vous voulez.
Penguin retourna immédiatement trouver son compère adoré, laissant les deux protagonistes seuls sur le pont extérieur. Il dirigea son regard sur elle et l'observa. Il n'arrivait pour la première fois pas à deviner comment elle se sentait, ce qui le perturbait. Son visage était... normal. Vide d'expression. Vide et pâle, comme à son habitude.
-Est-ce que ça va?
Elle écarquilla les yeux. Était-il en train de s'intéresser à elle?
-Ne le prends pas comme ça. D'habitude je n'ai pas à te le demander, tu exprimes tout à travers ton visage. Mais là... tu ne montres rien. Je n'arrive pas à voir comment tu te sens. Je ne sais pas comment agir ni ce que tu penses. Alors je te demande: tu vas bien maintenant qu'on est loin d'elle?
Elle hocha la tête et lui sourit. Elle était touchée. Touchée qu'il ait remarqué leur moyen de communication. Et touchée qu'il veuille savoir comment elle se porte. Il était l'une des deux personnes qui lui avaient demandé ça de toute sa vie. Lui et... non. Elle ne devait pas se rappeler de cela maintenant. Elle se sentait bien et ne voulait gâcher cela pour rien au monde.
-Tant mieux alors. J'ai du travail, je retourne dans le navire. Tu vas rester ici je suppose?
Elle hocha la tête pour dire oui. Sans plus attendre, il retourna dans son navire.
Une heure passa et elle se décida à retourner elle aussi dans le navire. Il était étrangement calme: avec le départ, tout l'équipage devait avoir du pain sur la planche. Elle, elle n'avait rien à faire et s'ennuyait franchement sans l'ours. Elle se mise à chercher ce dernier, voulant un peu de compagnie. Elle passa devant la petite salle aux bibliothèques qui était une nouvelle fois ouverte. Elle observa rapidement et s'arrêta brusquement: c'était la première fois qu'elle voyait ça. Le Chirurgien en plein travail. Sur la table au milieu de la salle, il était penché au dessus d'un cahier dans lequel il écrivait, se tenant la tête d'une main, accoudé à la table et une paire de lunettes carrées à monture noire sur le nez. C'était la première fois également qu'elle le voyait avec et elle devait bien avouer que ça lui allait plutôt bien. Elle s'approcha silencieusement pour ne pas le déranger et s'assit discrètement sur la chaise en face de lui, croisant ses bras sur la table et posant la tête dessus. Il mit un moment avant de se rendre compte qu'elle était là à l'observer. Il releva la tête et l'observa un moment avant de lui donner une feuille et un stylo qui trainaient par là.
-Toi, dit-il, t'as la tête de celle qui se fait chier.
«Exactement. Je te dérange?»
-Non. Tu ne fais pas de bruit alors ça va.
«Tu fais quoi?»
-Je mets à jour mon carnet de bord. Ça fait un moment que je ne l'ai pas fait.
«Je pourrai lire?»
-Si tu veux.
Elle le laissa de nouveau travailler silencieusement, la tête de nouveau sur les bras et remarqua qu'il s'était arrêté d'écrire et semblait réfléchir.
«Tu bloques?»
-Plutôt oui. Ils ne m'ont pas dit le nom de leur île et j'en ai besoin.
«Je doute qu'elle ai un nom vu que personne avant nous n'y a posé les pieds.»
-Je pense aussi et c'est très embêtant.
Il releva la tête vers elle et l'observa, un sourire en coin dessiné sur le visage.
-Tu redeviens intelligente depuis qu'on a quitté l'île, dit-il pour la taquiner.
«Et toi tu redeviens le Chirurgien qui sait garder le contrôle de ses émotions.»
-Je ne l'ai jamais perdu.
«C'est pas ce que tu montrais.»
-Il faudrait trouver un nom à l'île.
Elle cru bien qu'elle allait lui fracasser le crâne sur la table. Il ne se gênait pas pour changer de sujet de cette façon celui là. Mais elle préféra ne pas s'énerver. Pour une fois qu'ils avaient une conversation plutôt normale, elle ne gâcherait ça pour rien au monde. Elle décida de l'aider lorsqu'elle le vit se creuser la tête pour trouver un nom à cette foutue île.
«Pourquoi pas Jungle High?»
-Pas bête, ça colle avec les arbres géants. Merci.
Elle écarquilla les yeux et le regarda comme si il venait d'égorger un petit enfant sous ses yeux. Venait-il réellement de la remercier, lui, le célèbre Chirurgien de la Mort? C'était pourtant le genre de mots qui lui arrachait les lèvres. Il la regarda en levant un sourcils.
-Quoi?
«Tu viens de me remercier?»
-Et alors? Tu m'as aidé dans mon travail alors je te remercie. Ne le prends pas comme ça.
«C'est juste que... d'habitude tu ne me dis pas ce genre de choses. Tu es plutôt du genre à me jeter.»
-Je sais. Et crois moi, je suis le premier surpris. Mais... je sais pas. J'ai pas l'envie ni la force d'être cruel avec toi. Ne me demande pas pourquoi.
Elle l'observa plus en détails. Derrière ses lunettes, se cachaient des cernes encore plus creusées que d'habitude. Il n'avait pas dû dormir beaucoup la nuit dernière avec ce qu'elle avait fait... et ses lunettes lui allaient si bien. Il remarqua son regard lourd posé sur lui.
-Quoi encore?
«Je ne savais pas que tu portais des lunettes.»
-Personne ne le sait à vrai dire. À part toi maintenant. Je ne les mets que rarement, j'ai pas vraiment envie qu'on me voit avec. Seulement quand je travaille seul.
«Tu devrais les mettre plus souvent.»
-Pourquoi cela?
«Ca te va bien.»
Il la regarda comme si elle avait dit la chose la plus débile du monde. Il ne savait pas si elle l'avait complimenté ou si elle se foutait tout simplement de sa gueule, ce qu'elle comprit.
«Et je le pense.»
-... Chacun son avis.
Il leva le cahier de bord devant lui et fit mine de se relire. En vérité, tout ce qu'il voulait c'était rapidement se cacher derrière. Lui qui avait toujours pris ses lunettes pour un handicap avait été sincèrement complimenté dessus. Il en était presque à rougir et il ne savait même pas pourquoi. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il s'était caché à temps avant qu'elle ne le voit. Après avoir repris le contrôle de ses joues, il rebaissa le cahier et vit qu'elle le fixait toujours, d'un air plutôt inquiet.
«Tu devrais aller te reposer, tu as l'air fatigué.»
-T'en fais pas pour moi. De toutes façons j'ai fini, si tu veux t'occuper, dit-il en faisant glisser le cahier sur la table vers elle.
«Tu vas dormir un peu?»
Il lui lança un regard rempli de reproches et de sous-entendus, ce qu'elle comprit bien évidemment.
«Non je ne vais pas essayer de me jeter à l'eau ou de me trancher la gorge pour mettre fin à ma vie, j'ai compris la leçon.»
-Alors oui, je vais dormir un peu.
Il se leva et alla ranger ses lunettes dans un petit étui avant de ranger ce dernier à une place cachée prévue à cet effet. Il passa ensuite derrière elle mais fut retenu une nouvelle fois par la main de la muette accrochée à son pull ainsi que l'autre lui tendant un papier. Il lâcha un soupir désespéré devant ce qu'elle lui avait demandé, la tête baissée.
-T'en as d'autres des questions connes comme ça?
-...
-Tu crois sincèrement que je t'aurais empêché de te suicider si je ne tenais pas à ta vie?
«Pardon...»
-... Relève la tête.
Elle ne comprit pas pourquoi il lui ordonna une telle chose. Mais elle n'y arrivait pas, ce qui agaça fortement le capitaine. Ce dernier était soudainement énervé pour elle ne savait quelle raison. Mais bon, elle avait fini par s'y habituer. Il passa une main sous le menton de la muette et lui releva brusquement le visage, plantant son regard dans le sien.
-Je déteste ça putain, lui cracha-t-il. J'en ai assez de te voir courber l'échine à la moindre petite chose. Arrête de te rabaisser comme ça. Relève la tête et fais face. Défends toi. Impose toi bordel, comme tu as su le faire avec elle. Ouais, je sais, tu te rebellais contre la mauvaise personne mais ça, c'est pas une raison.
«C'était ce que tu voulais...»
-Oui, au début je voulais que tu te soumettes bien gentiment comme un petit chien. Mais ça, c'était avant... non, rien. Maintenant ça me sort par les yeux. Je ne peux plus te voir te soumettre comme ça. Je ne te dis pas de me tenir tête, mais ne te rabaisse plus jamais de cette façon. Tu n'es pas un animal. Tu es humaine bon sang. Ce n'est pas parce que tu as souffert dans ta vie que tu dois t'affliger cette souffrance encore aujourd'hui.
Ces mots lui avaient fait l'effet d'une claque en pleine poire. Il lui avait littéralement transpercé le cœur. Depuis quand se souciait-il autant d'elle? Depuis quand voulait-il qu'elle soit courageuse? Mais surtout, depuis quand était-elle humaine? Pourquoi était-il si sérieux tout à coup? Et quelque chose en particulier lui frappa l'esprit.
«Avant quoi?»
-Rien je t'ai dit.
«Dis moi.»
-Non.
«S'il te plait...»
-J'ai dit non.
Il lâcha le menton de la jeune fille, ce dont elle profita pour baisser de nouveau la tête.
-Tu te fous de moi?
-...
-... Avant que les sages ne me fassent ouvrir les yeux sur quelque chose.
Elle releva la tête. Elle était curieuse de savoir ce que cela pouvait bien être mais elle savait qu'insister était une mauvaise idée, elle l'avait déjà assez emmerdé comme ça. Alors qu'il s'apprêtait à partir pour aller se reposer, quelque chose revint soudainement à l'esprit du Chirurgien. Il s'approcha rapidement d'elle et alla lui chuchoter à l'oreille.
-En parlant de cahier de bord, lui souffla-t-il. Je ne t'ai toujours pas punie pour la page que tu as arraché et fait disparaître on ne sait où. Tu sais, celle qui concernait Aldia, ton île.
Elle fut parcourue de frissons et se figea sur place. Cette putain de page! Elle avait fini par l'oublier et ce fourbe l'avait découvert. Elle allait passer un sale quart d'heure, ça, elle le savait. En y repensant, cela faisait un moment qu'elle n'avait pas perdu le contrôle d'elle même. Tant mieux me direz-vous. Satisfait de l'effet qu'il avait réussi à lui faire, il sortit de la pièce et alla dans sa cabine, son célèbre sourire sadique collé au visage. Elle passa le reste de la journée à lire le cahier de bord pour chasser son ennuie, appréhendant le châtiment qu'il allait sûrement bientôt lui infliger.
Une sacrée paire d'heures plus tard, le Chirurgien fut réveillé par des grondements du ciel et par des bruits de torrents de pluie qui s'abattaient sur le navire. C'était à prévoir, il avait fait lourd toute la journée. Mais quelque chose attira son attention: le bruit que fit son estomac en chœur avec le tonnerre. Il avait faim. Il se leva et pu constater en regardant l'heure qu'il avait dormi plus que ce qu'il pensait. Il était trois heures du matin passé. Il venait donc de là le silence ambiant du navire: ils dormaient tous. Ou plutôt, silence brisé par la pluie et l'orage. Il sortit ensuite de sa cabine et se dirigea vers la cuisine, voulant manger un morceau. En passant dans le couloir qui y menait, il passa devant la cabine de la muette qui n'était pas loin de la sienne et constata que la porte était entrouverte. Il hésita un moment: elle avait peut-être oublié de la fermer avant d'aller se coucher. Par précaution, il poussa la porte pour vérifier et pu constater que son lit était vide. Il parcouru la cabine du regard et la découvrit dans un coin, recroquevillée sur elle même. Il s'approcha lentement d'elle et s'accroupit devant, pensant qu'elle devait se sentir mal pour se mettre dans une position pareille. Mais son hypothèse sur un quelconque problème de santé tomba vite à l'eau: il la vit sursauter et se cacher la tête dans les genoux lorsque le tonnerre frappa une nouvelle fois et que la lumière d'un éclair passa à travers le hublot. Il cru s'étouffer de rire et dut y mettre toute sa force pour ne pas partir dans un fou rire incontrôlable.
-Ne me dis pas que tu as peur des orages à ton âge! Dit-il, la voix tremblante d'un fou rire imminent.
Elle ne bougea pas. Elle n'avait même pas la tête à répondre à ses moqueries. Elle voulait juste que ça s'arrête, elle voulait enfin pouvoir dormir. C'était peut-être drôle pour lui, mais pour elle c'était un enfer. Ces grondements du ciel l'effrayaient. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle était à la limite de faire une syncope à chaque orages qu'elle avait dut supporter. Il comprit qu'elle avait réellement peur lorsqu'il constata qu'elle ne prenait même plus la peine de respirer normalement. Il n'aurait peut-être pas dut se moquer. Il soupira et lui tendit une main pour l'inviter à se relever.
-Viens avec moi.
La laisser seule dans cet état aurait été plus que salaud vu sa tendance à perdre connaissance facilement. Elle releva la tête et observa sa main, hésitante, avant de la saisir faiblement, toute tremblotante. Il se releva et la tira ensuite en l'air, la relevant à son tour. Elle le suivit bêtement dans les couloirs sans chercher à savoir pourquoi il lui avait dit de venir: elle ne voulait juste pas être seule. Et comme elle était bien évidemment idiote, elle n'avait pas compris que c'était justement pour ne pas la laisser seule dans le noir de sa cabine en tête à tête avec les éclairs. Ils rentrèrent dans la cuisine et il lui fit signe de s'asseoir à la petite table au milieu de la salle tandis que lui allait fouiller le frigo. Il en sortit quelques onigiris restant du soir et alla s'installer en face d'elle. Cette dernière refusa gentiment d'un signe de tête les onigiris qu'il lui proposait: elle n'avait pas faim. Il devait trouver de quoi meubler le silence: tout ce qu'elle entendait était l'objet de ses frayeurs. Quelque chose lui revint à l'esprit pile au bon moment.
-Shachi m'a dit des choses sur notre prochaine destination cet après-midi. Tu as de la chance, c'est une île spécialisée dans le textile et les vêtements de qualité, on pourra te trouver ce que tu veux, dit-il entre deux onigiris.
Elle écarquilla les yeux et il comprit immédiatement la raison de cette tête de poisson. Il avait pris l'habitude de ses réactions lorsqu'il disait quelque chose dans le genre.
-Oui, je dis on car c'est moi qui vais payer tes vêtements. À moins que tu préfères que je te passe de quoi et que je te laisse aller te perdre on ne sait où sur une île que tu ne connais pas.
Elle secoua la tête comme pour dire «non merci, ça ira.» Il mangea le reste de ses boules de riz sans rien dire de plus. En parlant de vêtements, il savait ce qui allait se passer. Il se leva et lui fit signe de le suivre. Au diable la vaisselle, son équipage de bras cassés pouvait bien servir à quelque chose de temps en temps. Elle le suivit de nouveau sans chercher à savoir pourquoi jusque dans sa cabine à lui, dans laquelle il lui ordonna de rentrer. Elle observa la pièce: il avait pour lumière qu'une simple bougie sur un bureau rangé, propageant dans la pièce sombre une douce lumière orangée. Au milieu de la pièce, contre un mur sous un hublot, trônait un grand lit. Tellement grand qu'il aurait pu faire penser à un lit de roi. Sur tout le long d'un mur se trouvait une grande armoire d'ébène sombre. Le capitaine alla ouvrir l'armoire en question et en sortit une pile de t-shirt qu'il lui colla dans les bras.
-Je sais très bien que tu vas encore m'en piquer vu que tu ne comptes pas mettre les tiens alors je t'en passe tout de suite comme ça, ça sera déjà ça de fait. Et ça s'appelle reviens.
Il pensait décidément vraiment à tout celui là. Très minutieux et fidèle à sa réputation le Chirurgien de la Mort. Elle le remercia d'un geste de la tête tandis que lui alla s'asseoir sur son lit de roi. Il l'observa un moment, un air neutre au visage: il ne savait franchement pas quoi faire d'elle. Et il ne pouvait rien faire pour qu'elle n'entende pas les orages et qu'elle soit rassurée, il ne contrôlait pas le tonnerre. Il se passa encore un moment avant que le ciel ne gronde une nouvelle fois, mais cette fois ci bien plus violemment que les autres fois, ce qui provoqua un sursaut de panique à la tête mauve qui s'affola et perdit le contrôle de sa respiration, fermant les yeux. Et aussitôt, le corps du capitaine bougea tout seul, dépassant ses pensées. Sans réfléchir, il se leva et alla vers elle. Elle sentit des mains se poser sur ses oreilles, lui empêchant ainsi d'entendre le tonnerre. Elle ouvrit prudemment les yeux et releva la tête. Il était là, devant elle à lui couvrir les oreilles, plantant son regard métallique dans le sien. Il n'avait jamais eu l'air aussi sérieux auparavant qu'il ne l'était dans le moment. Elle était surprise: elle pouvait s'attendre à tout venant de lui sauf à cela. Et il était le premier surpris, il ne savait absolument pas ce qui lui avait pris ni comment il en était arrivé à la protéger du tonnerre. Un geste spontané peut-être. Mais un geste qui était allé droit au cœur de la jeune femme. Elle avait, sur le moment, perdu toute trace de peur et ce grâce à lui. Sa présence était rassurante. Il était là, avec elle et c'était tout ce qui comptait. Au diable l'orage, lui était présent. Elle posa une main sur l'un de ses avant-bras et lui lança un regard reconnaissant. Elle voulait le remercier. Elle voulait lui montrer à quel point ce geste signifiait gros pour elle et à quel point il l'avait touché. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'il n'avait pas besoin de ça pour le comprendre. Il le savait: elle le remerciait toujours dès qu'il faisait quelque chose pour elle que ce soit volontaire ou non. Il attendit un moment comme tel et la relâcha lorsque le tonnerre semblait s'être calmé.
-Tu devrais aller dormir, dit-il après avoir vu ses cernes.
Elle ne bougea pas d'un pouce tandis qu'un éclair illumina la chambre. Il l'observa un moment avant de comprendre et soupira.
-Tu veux dormir ici pour ne pas être seule, je me trompe?
Elle détourna le regard et tourna la tête, rougissante, ce qui fit sourire le Chirurgien.
-Dans le mille.
Elle fit une mine boudeuse, rouge comme une pivoine et fut bien évidemment cassée par un nouveau grondement. Il soupira une nouvelle fois.
-Je suis trop gentil par moment moi.
-...
-Bon, tu fermes la porte et tu viens oui ou non? Dit-il en la voyant figée sur place.
Elle posa la pile de t-shirts sur un meuble et alla fermer la porte tandis que lui souffla sur la bougie et s'allongea. Elle alla ensuite immédiatement se mettre derrière lui, se recroquevillant dans les coussins et se cachant dans son dos, minimisant ainsi les grondements en faisant barrage de la couette. Elle avait toute la place du monde dans ce lit mais elle venait quand même se coller à lui celle là. Il pu sentir ses mains s'accrocher au dos du t-shirt qu'il portait. Quand même, c'était la première fois qu'une femme dormait dans son pieu pour une toute autre raison que celle qui était évidente. C'était une nouveauté pour notre Chirurgien adoré.
