Bonjour tout le monde !
Voici enfin la version corrigée du chapitre 12 ! Le 13 va suivre dans la foulée et on va maintenant enchainer les chapitres jusqu'à la fin !
Je rappelle que je réponds à toutes les reviews signées, donc si vous avez des interrogations, n'hésitez pas à me poser vos questions !
Sur ce je vous souhaite une très bonne lecture !
Mon Unique Univers chapitre 12 : Mémoire Trouble.
Hermione rangea les différentes feuilles qui trainaient sur son bureau et griffonna une note succincte. D'un geste habitué, elle remit en place une mèche de ses cheveux qui tombait devant ses yeux et s'étira doucement.
« Tu as fini d'écrire ton rapport, Hermione ? »
Juste devant elle se tenait Henry, assit à son poste. Henry était son formateur depuis maintenant deux mois – elle avait été accepté en formation au mois d'août – et ils avaient décidés tous deux de s'appeler par leurs prénoms pour faciliter l'intégration de la jeune fille.
« Oui, il ne me reste plus que les dernières corrections à faire. » répondit-elle en souriant.
Henry hocha de la tête.
« Les Aurors apprécieront ton travail, je pense. Stan avait raison sur toi, tu es un élément prometteur ! »
A dire vrai, Hermione n'aurait normalement jamais pu accéder à cette formation aussi facilement. Pour arriver au titre de langue de plombs, il fallait dans un premier temps avoir au moins cinq ans d'ancienneté au ministère.
Elle devait ce petit favoritisme à Dumbledore qui l'avait chaudement recommandée auprès de Stan Eyepigs, l'actuel directeur du Département des Mystères.
Tout n'avait pas été facile. Elle avait dû passer entretiens sur entretiens, prouver que ses notes n'étaient pas dues à une tricherie quelquonque et surtout, passer deux semaines test particulièrement éprouvantes.
Stan s'était pourtant rendu à l'évidence : Hermione Granger était une sorcière tout simplement brillante et un avenir tout aussi brillant se trouvait devant elle. Ne pas la prendre et la voir rentrer dans un service concurrent aurait été une erreur plus que flagrante.
Elle était à peine sortie de l'école que déjà Hermione s'épanouissait dans son travail. Elle avait pris un petit appartement en banlieue de Londres et profitait de la vie active. La jeune femme aimait ce qu'elle faisait.
Engagée dans le département Recherche, elle étudiait les formes de magies inconnues ou étrangères. Sa première grande affaire n'avait d'ailleurs pas tardé à défrayer la chronique : le nuage magique qui était apparu au Nord de l'Angleterre.
Elle avait été envoyée sur place avec Henry et avait été subjuguée par l'évènement. Voir une magie si rarissime était magnifique. Hermione avait déjà lu, bien sûr, des théories sur ce genre de tempête magique mais n'aurait jamais cru pouvoir en approcher une un jour.
Le nuage se présentait comme une tempête des plus classiques. En toute logique, l'air chaud et humide devait se refroidir et se condenser en entraînant la formation de nuages de pluies et la création de foudre. Or, dans le cas de la tempête magique, Hermione avait pu observer que l'air chaud avait été remplacé par des flux de magies dis « ordinaires » (celle que les sorcier utilisent tous les jours) et l'air froid par… De la magie négative, de l'anti magie !
Le cœur d'Hermione s'était emballé devant une telle découverte et Henry semblait fou de joie. Il lui avait expliqué que ce type de magie était une théorie qu'il avait appuyée quelques années plus tôt mais qui avait été abandonnée. Cette découverte allait changer en profondeur les idées actuelles sur l'apparition de la magie.
Le docteur en magie et spécialiste du monde moldu Jean Chapeau, un français venu étudier le phénomène, avait précisé que cette « anti-magie » avait probablement dû être créée au moment de l'apparition de l'Univers même.
« Voyez-vous, » avait-il dit en dernier lieu alors qu'Henry, Hermione et d'autres chercheurs se préparaient à quitter les lieux pour revenir le lendemain, «la physique moldu classique estime que lorsque l'Univers est apparu il y avait deux types de matières : la matière classique, que nous connaissons et que nous voyons tous les jours présent, par exemple, dans l'herbe, les animaux, nous, les étoiles. Et l'antimatière. »
Hermione avalait les paroles de l'homme comme si sa vie en dépendait.
« Or, la matière et l'antimatière ne peuvent pas coexister. Lorsqu'elles se touchent, les deux charges s'annulent et explosent. Si nous sommes là aujourd'hui, c'est parce qu'au commencement, il existait 0,00001% de matière en plus que l'antimatière. Une fois que toutes les collisions eurent lieu, seul ce petit pourcentage resta figé dans l'espace… Et nous voici ici pour en témoigner ! »
« Mais alors, il en est de même avec la magie ? » demanda un sorcier vieillissant, sa barbe lui arrivant jusqu'au niveau de ses genoux.
Le français haussa des épaules. Il pointa du doigt le nuage magique qui brillait au-dessus de lui : des éclairs s'en échappaient à intervalle régulier.
« Si nous pouvons confirmer qu'il y a ici deux types de magie complètement opposés alors l'étude de la magie pourra faire un bond spectaculaire. La magie et l'anti-magie se détruisant dans ce nuage forment une énergie incommensurable. »
« Mais comment cela a-t-il pu se produire, si l'anti-magie n'existe plus ? » questionna un jeune sorcier un peu plus loin et qui semblait un peu apeuré de se retrouver juste en dessous de la tempête magique.
« Rien ne prouve que cette chose est produite par de l'anti-magie. » attaqua une sorcière d'âge moyen, les cheveux aussi blond que du sable fin. « C'est peut être deux magies élémentaires s'opposant et créant un phénomène dont nous n'avons pas encore la connaissance. »
Certains semblaient rejoindre l'avis de la femme. Il était plus sûr de prendre parti vers l'explication la plus simple. Tous avaient assistés à des duels où lorsque les deux sorciers combattant s'envoyaient des magies aux éléments opposés, il se produisait généralement une forte explosion.
Hermione retroussa ses narines. Pour elle, aucune magie classique n'était capable de produire un tel évènement. La puissance nécessaire à un phénomène si singulier était tellement immense qu'une simple collision entre deux magies élémentaires semblait ridicule.
Du coin de l'œil, elle vit le sorcier français s'éloigner des autres. Elle le rattrapa en courant.
« Monsieur ! » s'écria-t-elle pour l'arrêter alors qu'elle arrivait à sa hauteur.
Jean Chapeau se retourna et sourit à la vue de cette jeune sorcière tout juste sortie de l'école.
« Que puis-je faire pour vous, miss ? »
Hermione avala sa salive. Jean Chapeau était une pointure dans le domaine de la recherche. Et même si certaines de ses théories était un peu tirées par les cheveux, il était est un homme respecté. Hermione était légèrement impressionnée et essayait de faire en sorte que cela ne se voie pas trop.
« Je... J'aimerais avoir votre avis… Sur ce phénomène. »
Le sorcier sourit un peu plus en se grattant le menton.
« Je pensais l'avoir donné il y a quelques minutes, pourtant. »
Hermione secoua sa tête de droite à gauche. Elle sourit à son tour.
« Pas tout. Vous avez une idée, n'est-ce pas ? Une idée sur l'origine de cette tempête ? »
Jean soupira. Sa cape de sorcier blanche tourbillonnait autour de lui avec le vent. Il avait bien plus l'air d'un médecin ou chercheur moldu que d'un sorcier.
« Comment vous appelez vous, miss ? » demanda-t-il après un temps.
« Granger, Hermione Granger. Je suis Langue de Plomb en formation. »
Le chercheur acquiesça d'un mouvement de tête.
« Eh bien, miss Granger, pour moi la solution est assez simple. Si l'anti-magie a entièrement disparu de notre monde… Alors celle que nous voyons ici vient tout simplement d'autre part. »
Hermione fronça ses sourcils devant cette brève explication. Ses lèvres se pincèrent. Elle avait l'impression d'être revenu en première année, là où elle découvrait tout du monde de la magie. Ce monde la passionnait. A telle point qu'un an plus tard, elle avait lu tous les livres à sa disposition sur le monde sorcier. Elle passait la majeur partit de son temps libre à la bibliothèque, avide de savoir et de nouveauté. Son esprit était un glouton inlassable, prêt à tout pour apprendre de nouvelles choses. La jeune fille avait été surnommée alors « le rat de bibliothèque en chef » par les autre élèves de Poudlard. Elle avait passé la majeure partie de ses sept années à Poudlard dans ce haut lieu de connaissances, et elle ne regrettait rien… La seule personne arrivant à la sortir de ses gongs, et par la même occasion de la bibliothèque, était Ron Weasley. Son collègue Gryffondor, de la même année qu'elle n'arrêtait pas de lui chercher des noises et de la provoquer. Le jeune garçon avait plusieurs fois subi les colères de la jeune femme mais ne semblait pas comprendre la leçon. Il revenait sans cesse à la charge.
« Voyons, vous ne voyez toujours ? » La voix du chercheur français la sortie de sa rêverie. « Si cette énergie ne vient pas d'ici… Alors elle vient d'un endroit où elle se trouve en grande abondance ! Un monde rempli d'anti-magie ! Et cette tempête est… »
« Un passage ! » le coupa Hermione sans le vouloir. « C'est un passage vers ce monde ! Vers un autre Espace-temps ! »
Le sourire du sorcier s'élargit encore plus et il lança un clin d'œil prononcé vers la jeune femme avant de disparaître en transplanant.
Le nuage s'était évaporé quelques jours plus tard sans que personne ne comprennent vraiment pourquoi. Hermione avait émis intérieurement l'idée que toute l'anti-magie avait fini par exploser au contact de la magie classique et que le passage s'était refermé.
Son boulot au ministère avait repris avec des affaires plus simples, et elle avait rangé toutes les informations qu'elle avait pu recueillir sur le phénomène dans son tiroir, bien au chaud.
Henry poussa un papier dans sa direction.
« Tiens, jette un coup d'œil à ça. »
Hermione attrapa la feuille noircit d'écritures imprimées. A vu d'œil, c'était un article d'un journal de magie local. Il était question de la disparition d'un petit sorcier âgé de huit ans. Le garçon avait été retrouvé trois jours plus tard, aphone et complètement terrorisé.
Hermione releva la tête vers Henry.
« Les Aurors enquêtes sur ce qu'il s'est passé, mais le gamin ne semble pas prêt à parler. » expliqua-t-il devant le regard interrogatif d'Hermione.
« Et qu'est-ce que cela a à voir avec nous ? »
Henry reprit la feuille devant lui et la plia machinalement.
« Ils ont tout essayé pour le sortir de son mutisme, et il semblerait que les médicomages soient assez clairs sur le sujet quelque chose l'empêche de parler… Mais on ne sait pas quoi. »
« Et c'est à nous de trouver ce qu'il se passe, c'est ça ? Jouer les détectives… »
Henry ne put s'empêcher de rire devant le ton employé par la jeune femme.
« Qu'est-ce que tu crois ? Nous travaillons pour le Département des Mystères. Nous agissons donc dès qu'il est question de mystère ! »
Hermione leva les yeux au ciel. Bin voyons, Henry pouvait être si simpliste par moment. Mais sous cet air rieur et nonchalant, elle savait que se trouvait un travailleur forcené, prêt à tout pour résoudre un mystère qu'il ne comprend pas.
Splash !
Le garçon lança son épuisette dans l'eau avant de la ressortir vivement. De l'eau marécageuse éclaboussa son pantalon retroussé jusqu'au genou et de la boue verdâtre s'attaqua à son T-shirt déjà mal en point. L'épuisette se gonfla légèrement au contact de l'eau mais ressortit tout aussi vide du liquide.
« Ah ah ! Ron ! Ce n'est pas comme ça que tu arriveras à attraper une Aldrovanda Brocchinia !»
Le roux armé de son épuisette grommela. Il replaça son chapeau de paille sur la tête avant de se tourner vers le brun qui lui avait adressé la parole.
« Cette fichu plante va finir par avoir ma peau, Neville… Pourquoi n'utilisons nous pas la magie, déjà ? »
Neville soupira. Armé lui aussi d'une épuisette de grande taille il avait de l'eau jusqu'aux mollets. Son torse était protégé par un habit marin vert kaki qui lui donnait un aspect à la fois pêcheur et de paysan.
« Les Aldrovanda sont très réactives à la magie, je te l'ai déjà dit... Si nous l'utilisons elles fuiront toute à une vitesse folle ! »
Ron grogna en essayant d'essuyer le surplus de boue qui s'était accroché à ses habits. La situation semblait insolite deux hommes dans le lit d'une rivière endormie au beau milieu de nulle part.
« Ca fait des heures qu'on est ici et toujours rien… A mon avis, tes Aldrova-machin ne sont pas sensibles qu'à la magie et ça fait dix plombes qu'elles nous ont repéré… » dit-il d'une voix lasse et fatiguée tout en se maintenant debout grâce à son épuisette.
Neville haussa des épaules sans s'arrêter de guetter l'eau.
« On ne peut pas être chanceux à tous les coups, je suppose… » Il sonda l'eau de son épuisette un moment avant de reprendre. « Au fait, des nouvelles de ta famille ? »
Ron s'essuya le front d'un revers de main. Il souffla en s'appuyant sur son instrument de pêche.
« Rien de spécial de mon côté, je crois que ma mère et mon père sont bien content de se retrouver un peu seuls à la maison, depuis que Fred et George sont partis ouvrir leur boutique. »
« Quand même, on peut dire qu'il y en a eu des Weasley à Poudlard ! »
Ron ria de bon cœur.
« Eh oui, il n'y a plus que Ginny là-bas... Je crois que tout va bien aussi, du moins, je n'ai pas de nouvelles annonçant le contraire. »
Neville se rapprocha du roux, le sourire en coin et le regard empreint d'une certaine malice.
« Et Hermione, tu l'a recontactée ? »
Ron fut pris d'une toux brusque et incontrôlée. Il mit plusieurs secondes avant de se reprendre sous le regard amusé de son ami. Il lui jeta un regard noir.
« Tu sais bien qu'elle me déteste, Neville ! »
Neville hocha de la tête en guise de confirmation.
« Ah ça, on peut dire qu'elle ne te tient pas dans son cœur ! »
Ron grogna en détournant le regard.
« Mais en quoi cela t'empêches de lui dévoiler tes sentiments ? »
Si on avait dit à Ron qu'il allait risquer de s'étouffer deux fois dans la journée en l'espace de deux minutes, il ne l'aurait jamais cru.
« Nanmaistesfous ! » rétorqua-t-il à toute vitesse une fois sa crise terminée. « Et tu crois qu'elle prendrait comment la nouvelle, à part en s'étranglant de rire et en m'insultant à la première occasion ! »
Neville ne répondit pas et se contenta de regarder son ami s'exciter pour un rien. Il vit le roux enfoncer son épuisette dans l'eau marécageuse, sondant le liquide avec rage.
Cela faisait un peu plus d'un mois que les deux amis parcouraient le pays à la recherche de plantes rares. Neville avait fini par convaincre Ron de l'accompagner malgré les doutes du Weasley quant à l'utilité de la mission.
Ron souleva son instrument de pêche. Il regarda un moment le filet vide et soupira.
« J'ai été con, non ? A Poudlard. »
Neville tendit l'oreille. Ce n'était pas tous les jours que Ron se confiait et encore moins qu'il avouait son imbécilité.
« Si ce que t'appelle être con c'est emmerder la fille que tu aimes pendant sept ans alors, alors oui, je confirme ! »
Ron lui lança un regard noir.
« Mais tu as bien vu comment elle est ! Enfermée dans ses bouquins à longueur de journée ! Est-ce qu'elle s'est amusée une seule fois au moins à Poudlard ?! Ce qu'elle pouvait m'énerver ! » Ron marqua une pause dans son brusque haussement de voix avant de reprendre de plus belle. « Rah tu vois ! Même quand elle n'est pas là elle m'énerve ! »
Le rouquin fulminait sous le regard ravit de l'expert en botanique. Lui et Neville étaient amis depuis leur deuxième année et le brun avait fini par connaître le Weasley par cœur.
« Peut-être que tu n'as tout simplement pas cherché à la comprendre, tu ne crois pas ? »
Ron ne répondit pas à la dernière remarque de Neville. Celui-ci en profita pour changer de sujet.
« Au fait, tu rentres pour le Carnaval du chemin de Traverse non ? » demanda Neville en s'épongeant le front.
Ron sourit.
Harry avait les mains plaquées contre son front. Les yeux fermés, il massait machinalement sa cicatrice du bout du doigt.
Passée l'adrénaline que lui avait procurée sa rencontre avec Voldemort et la panique qui la succéda, il avait fini par retrouver un calme incertain. Depuis plusieurs jours maintenant, ses journées se ressemblaient toutes. Il passait la nuit à faire des recherches pour trouver un moyen de contrer Voldemort. Lui qui n'était pas un grand lecteur, il dévorait les livres sur les voyages dans les univers parallèles.
Pour la plupart, c'était des ramassis de conneries écrits par des sorciers savants voulant faire la une. Il s'effondrait généralement vers les cinq heures du matin avant de se lever à sept et donner son premier cours de la journée.
Ses cours étaient devenus plus sévères. Il voulait que ses élèves apprennent à se protéger à tout prix, qu'ils soient prêts à défendre leur vie en cas d'attaque.
Il ne se pardonnerait jamais la mort de quelqu'un de ce monde. Comment pourrait-t-il ? Voldemort avait raison, entièrement raison. Il était responsable de cette catastrophe.
Son pied frappait le sol dans un tic nerveux incontrôlable. La pièce aurait pu être silencieuse si le petit vif d'or que lui avait donné l'Elfe Piégeur lors de son passage dans l'archi-monde ne s'était pas activé. La petite boule dorée bourdonnait dans l'air. Elle fit le tour de la pièce en seulement quelques secondes avant de se positionner juste au-dessus du survivant.
Il s'en voulait tellement d'être venu ici. D'être venu à cause…. De son égoïsme. Ginny… Sa Ginny, celle de son monde, comment prenait elle la nouvelle, de la haut ?
Il avait été tellement perturbé par sa mort qu'il n'y avait pas réfléchit. Il voulait juste la revoir une dernière fois, lui parler.
Lorsqu'il avait appris l'existence d'univers parallèles, son cœur s'était emballé. Il avait programmé son départ à la va vite, sans prendre de précautions.
Sachant pertinemment qu'Hermione aurait su trouver les mots justes pour l'empêcher de partir, il avait prévenu ses amis au dernier moment. S'il en avait discuté avec eux… Probablement qu'il ne serait jamais partit.
Ses mains glissèrent sur son bureau et sa tête tomba contre ses bras. Il était épuisé.
Après avoir donné ses cours, il partait en reconnaissance dans les hauts lieux magique de Londres et de ses alentours. Il devait être sûr que Voldemort ne tentait pas d'approcher le Ministère où d'attaquer sans prévenir.
Son esprit s'embrouilla et il sentit le sommeil l'emporter. Il n'était que dix-sept heure, mais il savait que s'il ne dormait pas un peu, il n'allait plus pouvoir tenir le rythme.
Le petit vif d'or se posa à côté de lui. Les ailes de la balle se replièrent pour rentrer à l'intérieur du mécanisme dans un petit clic et il finit par s'immobiliser complétement.
Des images des derniers jours envahirent son cerveau. Le soir précédent… Ou peut-être était-ce il y a deux jours, Ginny Weasley, celle de ce monde, avait été élue capitaine de l'équipe des quatre maisons réunies.
Harry était passé par la Grande Salle ce soir-là, à l'instant même ou Dumbledore faisait son discours. Les points allaient être comptés. De petits sabliers étaient posés devant lui et commencèrent à se remplir après qu'il eut claqué des mains.
Le sable rouge de Gryffondor monta vite, mais Harry fut surpris de voir que les Serpentard n'étaient pas en reste.
Si une telle occasion s'était présentée dans son monde, il était plus que probable que Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle s'unissent pour empêcher la maison des serpents de gagner. Pourtant, à en voir le sablier vert se remplir, il était clair que bon nombre d'élèves avaient voté pour le capitaine Wormz.
Jusqu'au dernier moment, Harry avait retenu son souffle. Puis le verdict était tombé. Gryffondor l'emportait à quelques voix près, et s'était donc Ginny qui était élue capitaine.
Harry sourit en voyant la mine réjouit de la jeune fille, portée sur les épaules de Jim et d'Eliott. Elle saluait la grande salle sous les applaudissements fournis.
A vrai dire, ils avaient fait une sacrée campagne. Jusqu'à devant ses bureaux, des affiches vantant les mérites de Ginny au Quidditch étaient collées. A en croire la mine gênée de la jeune fille sur les photos, elle ne semblait pas vraiment d'accord pour ce genre de manœuvre, mais il semblait que c'était Jim qui avait pris l'affaire en main.
Tod Wormz avait répliqué de la même manière, fournissant badges et écharpes à son effigie. C'était dingue tous ce que ces gamins pouvaient faire en seulement quelques heures.
Ce qu'Harry n'avait pas prévu par contre, c'était l'intervention de Dumbledore juste après l'annonce du vainqueur.
« Félicitation à Ginny Weasley, capitaine de l'équipe inter-maison ! » Les acclamations redoublèrent et Dumbledore leva ses mains pour demander le calme. « Comme je vois que Monsieur Majes est présent ce soir, je suis sûr qu'il a quelques mots à dire à sa future adversaire, en tant que capitaine de l'équipe des professeurs ! »
Quelques sifflements moqueurs s'échappèrent de la salle. Les quelques élèves qui avait osés se moquer de l'équipe professorale eurent droit à un regard meurtrier de McGonagall qui promettait des heures de retenues s'ils osaient recommencer un tel affront.
Une goutte de sueur perla le long du dos du survivant. Il tenta de dissuader le directeur d'un mouvement de tête, mais le vieux sorcier l'encouragea à monter sur l'estrade et à prendre sa place. Dumbledore se décala et lança les applaudissements alors qu'Harry s'avançait mécaniquement vers le pupitre.
Il détestait les discours et avait toujours cherché à les éviter. Lorsque dans son monde il devait parler à l'ordre du Phénix pour préparer une offensive, c'était Hermione qui l'aidait à trouver les mots justes.
Et voilà, la Grande Salle avait les yeux rivés sur lui, et il se retrouvait au centre d'attention sans avoir réfléchit à son premier mot. En parcourant la salle, il capta le regard de Ginny. La jeune fille avait le teint légèrement rosé suite à l'annonce de sa victoire. Ses iris noisettes semblaient percer les yeux verts du survivant qui n'arrivait pas à s'en détourner.
Harry prit une profonde inspiration.
« Il semblerait que les élèves aient choisi le capitaine le plus talentueux de l'école et je ne doute pas que Miss Weasley sera à la hauteur du titre. » il vit Ginny rougir. Finalement, cela l'amusait plus qu'il ne l'aurait cru. Peut-être était-il temps de provoquer un peu les choses. « Malheureusement, je pense que les chances de victoire de l'équipe des quatre maisons réunies sont nulles… »
Réaction immédiates de la salle. Les élèves huèrent Harry, tout en se proclamant bien meilleurs qu'il ne pouvait le croire.
Un Serdaigle se retourna vers la rouquine.
« Ginny ! Montrons leurs ce que valent les élèves de Poudlard ! »
Suivit d'un Poufsouffle.
« C'est eux qui ont aucune chance ! Avec les meilleurs joueurs des quatre maisons, on à la meilleure équipe possible ! »
Même quelques Serpentard s'autorisèrent à encourager la rouquine.
Harry sourit et il pouvait presque sentir le regard pétillant de Dumbledore parcourir la salle. Le survivant leva les mains comme avait pour habitude de faire le directeur lorsqu'il voulait le silence. Il ne pensait pas que cela marcherait, pourtant, le calme se fit quelques secondes après son geste.
« Oh vraiment ? » commença a-t-il, les poings sur les hanches. « Vous pensez vraiment pour battre une équipe composée du terrible Professeur Flitwick, défenseur hors du commun ? Du professeur McGonagall et de son agilité légendaire ? Doutez-vous une seule seconde des capacités extraordinaires du professeur Chourave ? »
Se prenant au jeu, les élèves applaudissaient à tout rompre à chaque fois que le nom de l'un de leur professeur était annoncé.
Le professeur Flitwick, d'abord gêné, avait salué les élèves de la main. McGonagall était resté fière, bien qu'un petit sourire en coin trahissait son amusement. Le chapeau du professeur Chourave par contre s'était profondément enfoncé sur son visage, tachant de cacher au mieux sa gêne.
« Miss Weasley, vous avez entendu. Les professeurs surentrainés et moi-même sommes prêts à vous attendre, vous et votre équipe, sur le terrain de Quidditch ! Bonne chance, vous en aurez besoin ! »
Tonnerre d'applaudissement. Harry descendit de l'estrade en soufflant. L'ironie était toujours la meilleure des armes. Il rendit au directeur son sourire tout en rejoignant sa place et Hagrid lui donna une grande tape sur l'épaule qui manqua de le déséquilibré.
« Après un tel discours, il va falloir gagner, tu sais ça ? »
Harry se contenta d'haussa les épaules. A sa gauche, le professeur Chourave relevait enfin son chapeau de son visage. Elle lança un regard vers Harry.
« Vous savez, monsieur Majes, que je n'ai jamais volé sur un balais ? »
Eh bien, l'entrainement aller être difficile…
Hermione atterrit en douceur dans le champ. La canette de soda ayant servi de portoloin roula sur le sol un moment avant de se stabilisé au pied de Henry, son mentor.
La jeune fille épousseta sa robe.
« Nous y voilà. » dit simplement Henry en plaçant ses mains en visière pour se protéger du soleil qui perçait à travers les nuages.
Il désigna un petit village en contre bas.
« C'est ici ? » demanda Hermione bien qu'elle se doutait de la réponse.
Henry confirma et ils se dirigèrent vers les maisonnées. Le patelin était clairement un village de campagne. La plupart des bâtisses étaient soit des fermes, soit des petits commerces. Ils traversèrent la ville sous le regard méfiant des quelques habitants dehors et entamèrent une montée sur des pavés cassées.
« Les Williams habitent tout en haut. C'est la seule famille de sorciers du coin » expliqua Henry à Hermione alors qu'elle essayait de ne pas glisser.
La demeure sorcière apparu quelques minutes plus tard. Légèrement en retrait des autres bâtisses, elle ne semblait pas plus différente qu'une autre.
Les deux sorciers frappèrent à la porte et une femme dans la quarantaine, les cheveux en chignons et le visage crispé d'inquiétude leur ouvrit.
« Ah, vous êtes… » Commença-t-elle en reconnaissant l'insigne gravé sur la poitrine des deux arrivants. Henry ne lui laissa pas le temps de continuer, il pointait devant lui une feuille à l'aspect administrative.
« Nous travaillons pour le ministère, je crois savoir que vous avez été prévenue de notre arrivée ? »
La femme acquiesça en ouvrant la porte un peu plus en grand. Elle les invita à s'asseoir dans le salon où deux tasses étaient déjà préparées.
« Les Aurors m'ont dit que deux personnes du ministère allaient venir aujourd'hui. Ces deux personnes ayant l'autorité nécessaire pour examiner mon fils plus en… Profondeur. »
Henry ne répondit pas.
Hermione savait que certains sortilèges magiques étaient extrêmement réglementés, à tel point que seules quelques personnes de haut rang pouvaient les utiliser. Elle jeta un coup d'œil vers Henry. La jeune fille savait que son mentor était un professionnel aguerrit et que sa réputation dans le milieu n'était plus à faire.
« Du thé ? » demanda la femme d'une voix cassée par l'inquiétude.
Hermione attrapa la tasse que lui tendait la femme alors qu'Henry demandait des détails sur les évènements.
« Max… Mon fils était parti s'amuser dehors. » expliqua la femme en levant la tasse jusqu'à ses lèvres. Elle bu une gorgée du précieux liquide. « Le coin est sans danger, alors on le laisse sortir seul, vous savez ? »
Elle parlait d'une manière assurée, comme si elle avait déjà raconté cette histoire des dizaines de fois.
« On… Le soir, il n'est pas rentré, alors nous sommes partit à sa recherche. » sa voix s'enroua légèrement. « Mon mari et moi, on a cherché toute la nuit, en vain… Le lendemain, on appelait la police moldu en croyant à un enlèvement. »
« La police moldu ? » Interrogea Henry en posant sa tasse sur la petite table devant lui. « Pourquoi ne pas avoir contacté immédiatement les autorités magiques ? »
La femme toussa. Levant une serviette à hauteur du visage, elle s'essuya lentement les lèvres.
« Mon mari est moldu, vous savez ? Cela fait un moment que nous vivons ici et la magie a pris une place moins importante dans ma vie. C'était pour nous normal de faire appel à un service moldu qui a une technologie tout aussi apte à retrouver un enfant… D'autant que nous ne pensions pas que la disparition soit d'origine magique. »
Henry acquiesça d'un mouvement de tête pour l'encourager à continuer. Il demanda quand le garçon avait été retrouvé.
« Deux jours plus tard. Max est réapparut de nul part, dans les champs. C'est un voisin qui l'a trouvé alors qu'il travaillait. Je… Il ne réagit plus, depuis. Il ne parle plus, ne mange plus, il… »
Sa voix se cassa à nouveau et Hermione entama un geste apaisant qu'Henry stoppa. Il ramena la main de son apprenti prêt d'elle.
« Pouvons-nous aller le voir maintenant ? » La question ressemblait plus à un ordre qu'a une simple demande.
La femme se leva et les mena vers l'étage supérieur. Elle indiqua une porte située au fond du couloir.
« C'est ici. »
Henry lui demanda de les laisser travailler seul. Ils allaient faire leur possible pour comprendre ce qu'il s'était passé.
La femme redescendit après leur avoir jeté un regard lourd de sens qu'Hermione prit comme une menace. Cette femme, si inquiète pour son fils, ne semblait pas leur faire confiance.
Ses pensées s'envolèrent vite lorsqu'elle remarqua qu'Henry s'apprêtait à rentrer dans la chambre de l'enfant.
Elle le rejoignit rapidement et ils pénétrèrent tous deux dans la pièce.
La chambre ressemblait en tout point à ce qu'on pouvait s'imaginer d'une chambre d'enfant. La tapisserie bleu clair était décorée d'une fresque multicolore alors que de nombreux jouets jonchaient le sol.
Le garçon était assis sur le lit. Le dos appuyé contre le mur, il regardait devant lui et n'eut aucun geste vers les nouveaux arrivants. La fenêtre ouverte soufflait un vent léger qui faisait s'envoler quelques mèches blondes de l'enfant.
Henry s'avança à hauteur du garçon et d'un geste, demanda à Hermione de le rejoindre.
« Bonjour Max, tu vas bien mon grand ? »
Aucune réponse, pas un seul mouvement.
Le langue de plomb entrainé passa sa main sur le front de Max et prit son pouls.
« Le rapport des Aurors et des Médicomages semblent concorder à ce que nous voyons. Des idées ? » demanda-t-il à Hermione.
La jeune femme fixait le garçon. Le regard vide de celui-ci la perturbait.
« On dirait qu'il a subi un choc psychologique. Il a enfermé sa conscience dans un coin de son esprit pour ne pas…. Affronter quelque chose ? »
Henry acquiesça.
« C'est ce que je pense aussi, plus ou moins. Bon, on va pouvoir faire notre travail. C'est la première fois pour toi, je crois ? »
Hermione confirma ses dires d'un mouvement de tête.
«Comme tu le sais, en tant que Langue de Plomb et représentant du ministère, notre statut est le seul autorisant légalement la manipulation de mémoire sur sujet humain. Les Aurors et Médicomages n'ont aucun droit sur la mémoire d'un individu, c'est pourquoi il leur est interdit d'utiliser la légilimancieou des sortilèges mémoriels sur témoins ou suspects sans autorisation expresse du ministère. Il leur serait trop simple de falsifier ainsi des témoignages. »
Hermione hocha de nouveau la tête. Elle savait que la législation sur les sortilèges de mémoire était extrêmement sévère suite à des affaires de manipulation.
« Le statut de langue de Plomb outrepasse cette règle. Nous sommes la seule organisation à pouvoir utiliser ces sorts en toute légalité, c'est pourquoi les Aurors font appel à nous dans des cas comme celui-ci. »
« Nous allons donc examiner sa mémoire ? » demanda Hermione qui avait parfaitement conscience de ce qu'il allait se passer.
Henry sortit sa baguette et proposa sa main à la tout juste diplômée.
« Prête pour le voyage ? »
Hermione avala sa salive et attrapa la main de son mentor.
Elle entendit à peine le sortilège formulé par le sorcier, mais elle en sentit immédiatement les conséquences.
Son corps s'arrachait de de la réalité et son psychisme rentrait dans l'esprit du garçon. Enfin, ça, c'était la théorie qu'elle avait lu dans un livre. En réalité, c'était plutôt comme si son esprit se remplissait d'images, de sons, et de lumières ne lui appartenant pas.
Le concert dura un moment, peut être plusieurs minutes avant que tout ne se stabilise. Elle ouvrit les yeux alors que le vent lui caressait les joues.
Elle était dans des champs. Les terres labourées s'étendaient à perte de vue. A côté d'elle se tenait Henry, le visage concentré.
Un rire détourna son attention. Un peu sur le côté se tenait Max. L'enfant semblait jouer sur le sol et tenait dans ses mains un petit ver de terre.
C'était étrange de voir un souvenir d'un point de vue extérieur. Lorsqu'elle était étudiante, elle avait d'abord pensé qu'elle verrait le déroulement du souvenir à la « première personne », par les yeux du garçon. Mais ce n'était pas le cas. L'esprit de la personne soumise au sortilège de mémoire reconstituait un monde en trois dimensions avec les souvenirs qu'il en avait. Tout comme un rêve modelé entièrement par la pensée.
Le garçon attrapa une touffe de terre qu'il jeta un peu plus loin.
Hermione savait qu'elle ne pouvait pas interagir avec lui. Tout cela n'était que la reconstitution d'un évènement qui s'était déjà produit. Henry avait dû les amener à l'exact moment où le petit garçon avait disparu.
Un brusque bruit confirma ses pensées. Le son était une sorte de plainte. Si c'était une note de musique, un musicien aurait pu dire que la note était un Do grave sonné par un cuivre.
Le son venait de toute part, à tel point que le garçon se releva et regarda autour de lui.
Puis le bruit s'effaça. Le vent s'arrêta de souffler et on n'entendit plus rien dans le champ.
Crac.
Un craquement sinistre. Juste devant le petit garçon, l'air se changea. On aurait dit que l'espace ce compressait et se dilatait.
Max avait les yeux rivés devant lui, tout comme Hermione et Henry qui ne ratait pas une miette de la scène.
L'air se fissura dans le vide, formant une ouverture flottante. Un vent violent émana de l'ouverture, à tel point que le garçon dut s'accroupir au sol pour ne pas être entrainé.
L'ouverture craqua plus fort. Elle s'élargit, agrandissant son espace vital pour former un trou noirâtre aussi gros qu'une voiture au milieu de nul part.
La terre était aspirée à l'intérieur et le petit garçon redoubla d'effort pour ne pas être entrainé. Hermione vit sa bouche s'ouvrir pour tenter de crier. Pourtant, aucun son ne sortit de la gorge de l'enfant. C'était comme si, en plus d'aspirer l'air, le trou aspirait aussi les sons.
Nouveau craquement, nouvelle fissure. Cette fois-ci, l'ouverture faisait plusieurs mètres. Les arbres situés plus loin, en dehors des champs, se plièrent sous la force d'attraction.
Max lâcha prise et fut aspiré par le trou.
Noir.
Hermione ne vit plus rien. Ses sens étaient coupés, ou plutôt, les sens du garçon l'étaient. La sensation de vide et d'inconnu dura plusieurs secondes avant qu'enfin une lueur n'émerge des ténèbres.
La jeune fille distingua le corps du garçon étendu sur le sol. A moitié sonné, Max essayait de se relever. A ses côtés, Henry regardait autour de lui, le visage sérieux et concentré. Si Hermione était perturbée, presque terrifiée parce qu'elle voyait, il n'en était rien de son ainé. Ou du moins, il ne laissait rien paraître.
La lumière se stabilisa une fois le garçon debout et la respiration d'Hermione s'accéléra. Avec le sortilège qu'avait utilisé Henry, en plus de voir les images que lui fournissait Max, elle pouvait ressentir ses émotions.
Le petit garçon était paniqué, terrifié. Il regardait autour de lui à une vitesse folle, cherchant où il était et surtout, comment revenir chez lui…
Hermione distinguait maintenant un peu mieux l'endroit. C'était une sorte de grotte. Les murs et le sol étaient rocheux et légèrement humide. A intervalle régulier se trouvait des petites portes claires, sans poignée. Aussi loin qu'elle pouvait voir, les portes continuaient à se succéder sans fin. Les bruits qui arrivaient à leurs oreilles étaient étouffés, à tel point qu'Hermione pouvait entendre sa propre respiration raisonner dans la pièce.
Le froid l'envahit tout à coup et le garçon se figea. Suivant son regard, elle chercha ce que Max regardait.
Il n'y avait rien devant eux, ce que l'enfant observait c'était… Le mur.
Hermione se déplaça pour avoir un meilleur angle de vision. Et elle le vit.
Sur le mur se trouvait une sorte d'ombre. Elle se déplaçait lentement, presque invisible dans la pénombre.
Son glissement provoquait un petit bruit métallique, semblable à un tintement de cloche. De nouvelles ombres apparurent tout autour. Elles prenaient pour appui l'ombre principale et s'étendaient comme des tentacules.
On pouvait distinguer au bout de chacun des bras noirs deux points lumineux, semblable à deux yeux fixes.
Ils regardaient tous en direction de l'enfant.
Puis sans prévenir, les ombres quittèrent le mur et se jetèrent vers Max.
Le garçon tenta de crier mais les ombres furent plus rapides. Son corps entier fut enseveli par la masse noire et ses mouvements furent bloqués.
Hermione sentit la terreur l'envahir et son corps se refroidir. Elle avait l'impression de se faire sucer le sang. Elle du retenir un relent gastrique en plaquant sa main contre ses lèvres quand l'ombre s'engouffra dans la bouche du garçon.
Les yeux de Max se révulsèrent et son corps se souleva dans les airs. Entouré par la masse noire, il tourna sur lui-même plusieurs fois.
Puis l'ombre se dissipa. Le corps de Max fut rejeté au sol sans ménagement. Le garçon se convulsionna au sol pendant un moment, hoquetant de douleur.
Flash.
Hermione rouvrit les yeux. Elle était en sueur, essoufflée, tremblante. Un rapide coup d'œil autour d'elle lui informa qu'elle était de retour dans la chambre de Max. Sa main serrait celle d'Henry si fort que ses jointures étaient blanches.
Son mentor n'avait toujours pas bougé. Lentement, il rangea sa baguette dans sa cape.
Hermione déglutit.
« Qu…Qu'est-ce que c'était, que ça ? »
Henry essuya son front.
« Je ne sais pas. » dit-il simplement. « C'est en tout cas la cause de son état actuel. »
Hermione acquiesça, perturbée. Malgré toutes ses lectures, malgré tout son savoir, elle n'avait jamais entendu parler d'un tel lieu ou d'une telle créature.
« On dirait que ça l'a dévoré… De l'intérieur...Que son âme a… » dit Hermione d'une voix tremblante.
« Comme un baiser de Détraqueur, tu veux dire ? » coupa Henry en regardant la jeune fille.
Hermione ne répondit pas. Henry passa son bras autour des épaules de la jeune fille.
« Allons faire notre rapport, il ne faut pas que cette affaire s'ébruite. »
Cas inexpliqués de disparitions et de réapparitions.
Depuis plusieurs jours, et ce dans tout le Royaume Uni, une dizaine de cas de disparitions sorcières a été signalé aux autorités magiques. Les sorciers et sorcières victimes de disparition reviennent non loin de leur domicile quelques jours après les faits dans un état perturbant : aphonie, inactivité physique et psychique, folie.
Les Médicomages se veulent rassurant quant à leurs voies de guérisons et le Ministère de la Magie appelle les sorciers à ne pas se déplacer seuls la nuit tant que cette affaire n'a pas été élucidée.
« Une équipe spéciale d'investigation a été mise en place » a déclaré le ministre de la magie
Scrimgeour lors de son élocution d'hier matin (Discours complet page 7).
Ginny referma le journal que lui avait tendu Eliott et le posa sur la table.
« Effrayant, non ? » dit Jim en gobant un morceau de croissant. « 'Parait que ceux qui reviennent sont vraiment devenu des légumes ! »
Il mima la chose en prenant un regard vide tout en laissant un filet de bave couler le long de ses lèvres.
« Arrête ça Jim, ce n'est pas drôle franchement ! » s'exclama la jeune fille blonde face à lui.
« Rho ça va Jess, si on peut plus rigoler… » grimaça le garçon en s'essuyant la bouche d'un revers de bras. « Au faite Gin', t'as vu ? »
Il pointa du doigt la table des Serdaigle. Un attroupement s'était formé en bout de table, là où un garçon tout sourire semblait raconter une histoire passionnante.
« Le grand retour d'Ashwing, » commenta Jim non sans une grimace de dégout. « Qui prend un malin plaisir à raconter son «merveilleux» séjour à l'hôpital… »
Jessica lui lança un sourire en coin.
« Jaloux de sa célébrité ? » demanda t-elle au garçon qui détourna vivement la tête.
« Humpf, même pas en rêve ! » répliqua-t-il en marmonnant. « Tu vas faire quoi, Gin' ? »
La rouquine se retourna vers Jim, le regard interrogateur.
« Comment ça ? » demanda-t-elle.
Jim rigola.
« Allo la lune ? Ici Jim Railway pour Ginny, la population veut savoir si tu vas aller réconforter Scott Ashwing dans son lit après son terrible passage à l'hôpital ? »
Ginny durcit son regard et pinça ses lèvres. Elle voulut répondre à Jim que ce n'était pas ses affaires, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle ne se sentait pas très bien.
« Je… Je vais aller me préparer pour le premier cours. »
Elle se leva directement et se dirigea vers la sortie de la grande salle. Sans vraiment comprendre pourquoi, elle s'était sentie mal à la vue du Serdaigle. Comme si son corps avait réagi instinctivement. Elle, qui était si inquiète pour le Serdaigle, était prise d'un élan de panique incompréhensible. Pourquoi réagissait-elle comme ça à la simple vue du garçon ? Ce n'était pas normal.
Sa tête commençait à la faire souffrir. Une migraine n'allait pas tarder à exploser. Peut-être devrait-elle passer à l'infirmerie pour prendre une potion avant les cours…
Jim suivit la rouquine du regard. Elle quitta la salle sans se retourner. Il soupira.
« Qu'est-ce que j'ai dit, encore ? »
Jessica lui donna une petite tape sur la tête.
« Tu ne comprends vraiment rien au femme, mon pauvre Jim. »
Le garçon grommela, son regard toujours perdu vers la porte que Ginny venait de prendre.
« Professeur McGonagall, n'hésitez pas à accélérer sur votre balai ! Quand à vous professeur Chourave, essayez au moins de décoller ! »
Le professeur de Botanique, figé au sol, leva ses bras en signe d'impuissance.
Harry soupira. Il profitait de cet après-midi de libre pour entrainer son équipe et faire en sorte qu'ils soient prêts à affronter les élèves dans une semaine. Les professeurs volaient autour du terrain dans une pseudo formation qu'Harry leur avait appris. Si certain se débrouillait pas trop mal, la grande majorité avait des difficultés contraignantes.
Bermatus frappa dans un cognard qui s'envola dans sa direction, il esquiva habilement la balle.
« Professeur Bermatus, j'espère que vous viserez les batteurs adverses la semaine prochaine ! »
Le maitre des potions sourit.
« Ne vous en faites pas Majes, je maitrisais déjà ces Cognards que vous étiez toujours dans votre berceau ! » répondit-il avant de frapper une nouvelle fois dans un cognard qui alla se ficher dans un des poteaux du stade.
Harry remonta pour examiner la situation d'un peu plus haut. Il avait emprunté un vieux Brossdur de l'école, moins performant qu'un Nimbus, mais tellement agréable à magner. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas volé qu'il en avait presque oublié le plaisir que cela lui procurait. Pour la première fois depuis plusieurs jours, Voldemort s'échappa de son esprit.
Il savoura un instant sa monté, le vent fouettant son visage. Un peu plus bas, le professeur Chourave, toujours au sol, lui faisait des grands signes.
Il entendit sa voix étouffé par la distance.
« Professeur, Majes ! Venez m'aider s'il vous plaaaaaaait ! »
Une goutte de sueur d'échappa de son front… Eh bin, ce n'était pas gagné, l'équipe des profs.
Chapitre 12 Fin, à très bientôt pour le chapitre 13 !
