Chapitre 12 : Portoloins.
Il faut que je retrouve ma dague… Il faut absolument que je la retrouve…
James pesta contre ce mur qui refusait une nouvelle fois de s'ouvrir. Que fallait-il faire pour que ça marche, bon sang ? Il y avait bien un quart d'heure qu'il était là, à côté de cette tapisserie du septième étage, et qu'il multipliait les échecs. Pourtant, il y avait forcément une solution… S'il avait réussi à entrer dans cette pièce secrète, il devait bien pouvoir y retourner, non ?
Il faut que je retrouve ma dague ! Stupide salle, tu m'écoutes ? Si je ne la retrouve pas, l'école va exploser, et tu n'existeras plus, saleté de cachette !
Mais toujours rien ne se produisit. De rage, il jeta un coup de pied au mur mais ne parvint qu'à se faire mal aux orteils.
-James, qu'est-ce que tu fabriques ?
C'était Hilary qui montait les escaliers et le rejoignait dans le couloir.
-Rien, pas la peine de rester me regarder…
-Pourquoi est-ce que tu agresses ce gentil mur qui ne t'a rien fait, alors ? se moqua Hilary.
-Parce que. S'il te plait, redescends et laisse-moi… supplia James.
-Ah ça, certainement pas ! J'ai dû harceler Sirius chéri pour qu'il m'avoue où tu étais, alors je ne partirai pas de si tôt !
-Ouais, bah tu aurais dû rester avec Sirius chéri, comme tu dis ! marmonna James.
-Non, et tu sais pourquoi ? Parce qu'Evans a dit à Gwenog qui a dit à Sirius chéri que vous aviez eu une discussion, elle et toi…
-C'est possible, mais je ne vois pas en quoi ça t'empêche de me laisser !
-Et bien en fait, je voulais savoir ce qui se passe dans ta petite tête… avoua Hilary d'une voix faussement joyeuse. Tu te remets à parler avec Evans ?
James leva les yeux au plafond.
-Je lui ai parlé, oui, et alors ? Je parle à Rogue aussi, des fois, et pourtant je ne peux pas le voir ! Tu vas t'imaginer quoi ? grommela-t-il. Que j'ai fait la paix avec elle ?
-Je n'ai pas dit ça, mais selon Gwenog, et par conséquent selon Sirius, votre conversation était… plus amicale qu'à l'ordinaire…
-En même temps, ce n'est pas bien dur de faire plus amical, en sachant que d'habitude, on se ne parle pas, on s'aboie dessus…
-James… soupira Hilary. Je suis sérieuse… Est-ce que oui ou non tu recommences à t'intéresser à elle ?
-Mais non ! s'impatienta James. On a parlé, c'est tout !
-Selon elle, tu aurais été un peu gêné, au début… Et plus tard, tu lui aurais avoué que tes sentiments pour elle avaient été très forts…
Le cœur de James fit un bond. Il lui avait bel et bien dit ça, en effet… Mais pourquoi Lily racontait-elle cela à Gwenog ? Etait-ce une preuve que ses paroles l'avaient touchée, malgré ses efforts pour le cacher ?
-C'est vrai, au début j'ai été gêné. Car quels que soient mes sentiments actuels, Lily a été dans mon cœur pendant si longtemps qu'il ne pouvait en être autrement. Et c'est aussi vrai que je lui ai parlé de ce que ressentais pour elle avant le train, oui. Mais qu'est-ce que ça peut faire ?
-Ce que ça peut faire ? Ca peut la faire réfléchir, tête de nœud ! bougonna Hilary. Aucune fille normale ne peut rester insensible à un garçon qui avoue des sentiments forts, pas même moi. Ta Lily, si elle en a parlé à sa copine, c'est parce que ça l'a flattée, ce que tu lui as dit !
-Et alors ?
-Alors à tous les coups, elle va te supplier de la pardonner, toi comme un crétin tu ne vas pas résister parce que je suis sûre maintenant que tu l'aimes encore, donc tu vas accepter ses excuses, et pendant un moment ça va aller super bien, puis bam ! Elle te refait le coup !
James sourit.
-Tu dis n'importe quoi ! Lily ne m'aime pas, je ne l'aime plus, et notre discussion n'y changera rien. D'ailleurs elle m'a déjà présenté ses excuses, et je les ai refusées. Ca te va ?
-Ah, tu vois ! Ca y est, elle regrette déjà ce qu'elle a fait !
Hilary tapa du poing dans le mur.
-James, tu sais à quel point tu comptes pour moi… Tu le sais, pas vrai ?
James hocha la tête.
-Alors promets-moi que tu ne lui pardonneras jamais, parce qu'elle t'a fait trop de mal… Jure-moi que quoi qu'elle puisse faire ou dire, tu ne l'aimeras plus jamais comme tu l'as aimée avant !
-Je ne peux pas te promettre une telle chose, Hilary, dit doucement James. Ca me fait très plaisir que tu veuilles mon bonheur, et tes efforts me vont droit au cœur, mais je ne peux rien te promettre…
-Et pourquoi ça ?
James soupira.
-Parce que je sens au fond de moi que ma haine pour elle s'évapore. Je ne l'aime plus comme avant, mais je ne la déteste plus comme avant non plus.
-Non… Dis-moi que c'est faux… supplia Hilary. James, tu ne vas pas retomber sous son charme après ce qu'elle a fait ? Cette fille est incapable de te rendre heureux, tu le sais !
-Tu te trompes, Hilary…
-Non, c'est toi, qui te trompes ! Tu te trompes sur toute la ligne, mon vieux ! Réagis, bon sang ! James ! Par pitié ! Tu es entrain de retomber amoureux d'elle ! Ressaisis-toi, si tu ne veux pas que ça recommence comme avant ! Tu te souviens de nos discussions, cet été ?
James fit oui de la tête.
-Tu te souviens qu'un jour, tu m'avais dit que si tu le pouvais, tu l'oublierais ?
A nouveau, James hocha la tête.
-C'est le moment ou jamais, James ! Ne laisse pas tes sentiments revenir ! Chasse tes vieux démons !
-Va-t'en, Hilary… murmura James. Laisse-moi seul.
-Tu fuis cette conversation car tu sais que j'ai raison, rétorqua Hilary, mais un jour ou l'autre il faudra que tu te rendes à l'évidence : cette fille n'est pas faite pour toi, et tu n'as aucun avenir avec elle !
-Laisse-moi, répéta James.
-Ok. Ok, pas de problème. Mais ne viens pas me voir quand elle t'aura une nouvelle fois brisé le cœur, James.
-Bon écoute, Hilary. Tu es ma cousine préférée, je suis ton cousin préféré, mais ça s'arrête là. Je ne sais pas ce qui se passe entre moi et Lily, et même si je le savais, ça ne te regarderait pas. Peut-être qu'elle regrette, ou peut-être qu'elle est entrain de se foutre de moi dans les bras de McCartee, je n'en sais rien ! Et peut-être que je suis entrain de tomber amoureux d'elle encore une fois, oui, peut-être, mais je n'ai nullement besoin de quelqu'un pour me dire ce que je dois faire, d'accord ? Alors il arrivera ce qu'il arrivera, mais cette histoire est déjà suffisamment confuse dans ma tête pour que tu t'en mêles.
-Tu veux que je te dise, James ?
-Non.
-Alors je ne dis rien, mais tu sais très bien ce que je pense d'elle. Maintenant, tu as le souaffle entre les mains et c'est à toi de jouer.
-La vie n'est pas un match de Quidditch !
-Justement. Sur le terrain, tu gagnes tout le temps,. Mais pas en amour. Continue comme ça et tu risques de te prendre un cognard en plein figure. Et ça fera mal…
Hilary tourna les talons et s'en alla en direction de l'escalier, qu'elle descendit d'un pas décidé. James poussa un juron et se laissa aller le dos contre le mur. Tout était si compliqué… Et tout ça à cause d'une fille horriblement belle dont il était tombé amoureux des années plus tôt ! Ne pouvait-elle pas être claire, à la fin ? Un jour elle le détestait, un jour elle l'appréciait, un jour elle le faisait souffrir, et un jour elle regrettait… C'était bien les filles, ça ! Lily Evans ne savait pas ce qu'elle voulait, et semait par la même occasion le doute dans son esprit : un jour il l'appréciait, un jour il l'aimait, un jour ils s'appréciaient, et un jour il la détestait… Mais l'amour et la haine étaient deux sentiments assez proches, non ? Il ne savait plus ce qu'on lui avait dit à ce sujet, et il ne savait plus tout simplement. Mais une chose était sûre : il était las d'être là, perdu entre deux sentiments à la fois si proches et si opposés. Il voulait lui pardonner, mais cela reviendrait à s'avouer qu'il l'aimait encore. Et il ne voulait pas lui pardonner, car cela reviendrait à s'avouer qu'il était complètement à sa merci… parce qu'une nouvelle fois, il l'aimait encore. Cette fille allait vraiment finir par le rendre dingue ! Il avait beau essayer de tout son être de la détester, de la haïr, il n'y parvenait pas. Il avait beau se promettre de ne plus l'aimer, il échouait lamentablement. Et il avait beau souffrir par sa faute, la blessure finissait toujours par se refermer. Cela allait-il durer encore longtemps ?
Il soupira et se releva. Le mur n'avait toujours pas bougé, et il fallait bien qu'il retrouve sa dague un moment ou l'autre… Au Diable Evans et ses grands yeux verts, il devait se reprendre ! Quelqu'un là-haut s'amusait à lui compliquer la vie avec elle ? Qu'importe, ce quelqu'un ne l'empêcherait pas de percer le mystère de cette sale. Si Dieu existait, il lui devait bien ça !
-Bon, par où commencer ? murmura-t-il pour lui-même.
Qu'avait-il fait, la dernière fois, pour que la porte apparaisse ? Il avait désiré un endroit où cacher la dague. Et il était passé plusieurs fois devant le mur en y pensant de toutes ses forces. Il n'avait qu'à faire pareil, mais avec un autre objet…
-J'ai besoin d'un endroit où cacher ma baguette magique, songea-t-il.
Il passa une fois devant la tapisserie et fit demi-tour.
J'ai besoin d'un endroit où cacher ma baguette… Un endroit où cacher ma baguette…
-Ca y est ! s'exclama James en fusant dans son dortoir.
Sirius, Remus et Peter étaient tous les trois assis sur le lit de Sirius et semblaient en proie à une profonde réflexion, à en juger par leurs mines sérieuses.
-J'ai récupéré la dague et la cape, dit gaiement James. Je vous avais dit, que j'y arriverais ! regardez ! Tadam !
Il brandit ses deux biens en l'air comme un trophée de chasse, dans la main droite la cape d'invisibilité et dans la main gauche la dague de Gryffondor.
-Hey, c'est cool, ça ! lança Sirius en souriant et en se levant. Comment tu as fait, finalement ?
-Et bah c'est simple : il faut passer trois fois devant le mur en pensant très fort à ce qu'on veut faire.
-Tu veux dire qu'il faut passer trois fois en se disant : je veux cacher mon…je ne sais pas moi, mon livre ? demanda Remus, visiblement intéressé.
-Pas seulement ! J'ai fait des tests, une fois que j'avais récupéré mes affaires ! Tiens, Queudver, qu'est-ce que tu aimerais faire, par exemple ? questionna James.
-Euh… je ne sais pas, moi… J'aimerais bien qu'on transforme la carte en une véritable merveille !
-Et bien tu vas au septième étage, tu passes trois fois devant le fameux mur et pensant très fort à un truc du genre « je veux trouver un endroit pour faire de ma carte une merveille », et tadam ! Une porte apparaît, menant à une pièce pleine de livres super intéressants qui, par exemple, expliquent comment faire pour que les noms des profs s'affichent sur la carte à l'endroit exact où ils sont au moment où on la regarde ! La classe, hein ?
-C'est génial ! s'exclama Sirius.
-Tu devrais noter tout ça sur la carte dès maintenant ! proposa Peter.
-Non, on le fera tous ensemble plus tard, dit James. Là je dois… enfin, je voudrais parler à Lily… J'ai des choses à lui dire, et surtout une chose à lui demander…
Ses trois amis se regardèrent, affolés.
-Si tu comptes lui demander de sortir avec toi… commença Sirius.
-Non, coupa James, je veux juste mettre une ou deux choses au clair…
-De toute façon elle est en ce moment-même avec Evan McCartee, avertit Remus. Je doute que tu aies envie de la voir maintenant…
-Ah… J'attendrai, alors…
-En revanche, moi j'ai quelque chose à te dire…
James haussa les sourcils.
-Je t'écoute, Lunard !
-Tu devrais t'asseoir, d'abord…
James, déconfit, s'exécuta sans poser de question : il se doutait que la réponse allait lui être donnée.
-Alors voilà, tous les trois, on a réfléchi, pendant que tu étais parti. A propos de ton père…
-Ah… dit sourdement James. Et ?
-Et Remus croit avoir deviné où il se cache, répondit Sirius.
-C'est vrai ? s'exclama James, le cœur battant soudain très fort. Où ça ?
-En Cornouaille…
-Chez les Korrigans, compléta Remus.
James resta muet un mot, puis eut un rire dépourvu de joie.
-Les gars, ce n'est pas drôle, bougonna-t-il.
-Ce n'était pas une plaisanterie, assura Peter. Vu comme ça, ça peut paraître complètement crétin, mais en fait, ça ne l'est pas tant que ça… Ton père avait bien écrit : « pense à ta famille et à ses amis de cet été », non ?
-Je ne vois pas en quoi on peut faire le rapprochement avec les Korrigans…
-Et bien les Korrigans chantent et dansent, non ? lança Sirius. Et Remus s'est lié d'amitié avec eux pendant l'été…
James réfléchit un instant.
-Mais dans ce cas, pourquoi mon père m'a-t-il dit de penser à ma famille ? Remus n'est pas de la famille ! Enfin pas dans la famille biologique, je veux dire !
-Mais tu considères tes amis comme ta famille, non ? demanda Sirius. Ca expliquerait pourquoi il a bien précisé : ta famille. Il n'a pas dit la famille, il a dit ta famille. Tes amis font partie de ta famille, mais pas de la famille… Tu me suis ?
-Oui, à peu près… Mais Lunard, tu penses vraiment que les Korrigans auraient accepté d'héberger mon père et Dumbledore, comme ça, sans même les connaître ?
-Ma tante a reçu la visite de ton père quelques jours avant le début de sa fuite, expliqua Remus. Quelle coïncidence… Mais nous ne croyons pas aux coïncidences, n'est-ce pas ? Ton père a dû apprendre nos aventures de cet été… Tu lui en as parlé ?
-Peut-être, oui… répondit James. Je ne m'en souviens plus trop…
-En tout cas, moi j'en ai parlé à Andrew, pendant les vacances de Noël, admit Sirius.
-Donc Williams a dû en entendre parler, et est sans doute allé voir ma tante pour lui demander son aide… conclut Remus.
-Il faut que j'aille vérifier s'il est en Cornouaille ! dit soudain James. Je dois savoir !
-Non, James ! s'écria Peter. Tu te souviens de ce qui s'est passé la dernière fois que tu as voulu sauver tes parents ? On a tous failli mourir !
-Justement, cette fois j'irai, mais j'irai seul !
-James, c'est dangereux, renchérit Sirius. Aie confiance en ton père…
-C'est important pour moi, d'aller le voir ! se justifia James. Vous pouvez me comprendre, non ? Ma famille est dans un pétrin pas possible, et moi je me fais torturer pour une information que j'ignorais jusqu'à maintenant ! Et ma mère qui trompe mon père avec Rush en personne, et… Par pitié, comprenez-moi !
Devant le silence de ses amis, il se sentit découragé.
-S'il vous plait… Tout va mal pour moi, en ce moment, à part vous ! J'ai besoin de parler à mon père… Dites-moi que vous comprenez ! Sirius, mon frère de cœur, tu me comprends, toi, n'est-ce pas ?
-Je te comprends, soupira Sirius, et je sais à quel point ta famille compte pour toi, mais tu ne dois pas faire de bêtise… Moi je te laisse y aller si tu me jure sur la vie de tout ce que tu as de plus cher que tu feras tellement attention qu'il ne t'arrivera rien…
-Je te le jure, Patmol…
James serra son ami très fort dans ses bras puis se tourna vers les deux autres.
-Ne m'empêchez pas de partir, s'il vous plait… supplia-t-il.
Peter et Remus se jetèrent un regard du coin de l'œil.
-James, c'est dangereux… insista Remus. Il faut que tu réalises la gravité de ce que tu vas faire… Si tu es sûr et certain que c'est ce que tu veux, alors vas-y, mais ne compte pas sur moi pour te soutenir une nouvelle fois s'il arrive quelque chose…
-Il n'arrivera rien, promit James. Queudver, toi aussi tu veux bien que j'y aille ?
Le jeune homme haussa les épaules.
-Si c'est vraiment ce que tu veux, pourquoi pas… Mais fais gaffe à toi, d'accord ?
James sourit et se retint de sauter de joie.
-Je vous adore, tous les trois ! dit-il joyeusement.
-Si tu ne les aimais pas, ça se saurait, marmonna Lily en entrant dans le dortoir, accompagnée de Gwenog. La porte était ouverte alors on s'est permis d'entrer, expliqua-t-elle devant leurs sourcils froncés.
-Ce dortoir n'est pas la salle commune, Evans… rétorqua Sirius. On n'y entre pas comme ça, quand on veut…
-Vous n'avez qu'à refermer les portes derrière vous, cassa Lily, et en plus ça évitera que tout le monde entende votre conversation…
James sentit son cœur faire un bond.
-Vous avez entendu ? demanda-t-il, redoutant le pire.
-Ouais, et c'est une des raisons pour lesquelles on s'est permis d'entrer, répondit Gwenog. Tu as l'intention d'aller en Cornouaille rechercher ton père ? Je ne pense pas que ce soit très responsable, comme décision… Mais je te connais et quoi qu'on puisse en dire, tu ne changeras pas d'avis, alors je me tais ! C'est juste qu'il ne faut pas que tu oublies que demain, on a match contre les Serdaigle…
James se tapa le front. Il avait complètement oublié ça !
-Et bah dis donc, tu dois être sacrément secoué pour que le Quidditch te sorte de la tête ! dit Gwenog en souriant. Mais heureusement, ta coéquipière préférée est là pour te rappeler l'heureux événement !
-Ouais… Enfin ça va me retarder, du coup… soupira James.
-Pas spécialement, intervint Lily. Tu n'as peut-être pas remarqué, mais les cheminées de l'école ont été déconnectées du réseau. Et comme on ne peut pas transplaner à Poudlard, il ne te reste plus que le choix du portoloin. J'imagine que tu ne sais pas les faire ?
-Non, répondit James d'une voix sèche. Et toi tu vas me dire que tu sais, c'est ça ?
-Oui. Il se trouve que je sais les faire. Je peux t'en préparer un mais il ne sera prêt que demain, si tu veux. Ca te laisse donc le temps de faire ton match, et tout le monde est content… Tu n'as pas d'autre choix, de toute façon.
-Je croyais qu'on avait toujours le choix ? répliqua James avec un sourire moqueur. C'est ce que tu m'avais dit, le jour où tu as commencé à pourrir notre soi-disant amitié…
-Stop ! cria Gwenog en s'interposant entre eux deux. Pas de dispute en public ! Nous étions entrain de parler des portoloins, et je trouve que l'idée de Lily est excellente, donc adjugé-vendu ! Lilou, tu lui feras un portoloin pour la côte de Cornouaille pour demain ! Voilà une affaire de réglée !
Elle adressa un clin d'œil à Remus, qui lui répondit par un grand sourire.
-Tu ne changeras jamais, Gwen ! dit James avec affection.
-Et non ! répondit la jeune fille. Bon, maintenant que ce problème n'en est plus un, tu pourrais peut-être dire à James ce que tu as à lui dire, Lilou !
-A condition que ce soit correct, marmonna Sirius.
-C'est à James que je suis censée parler, grogna Lily, alors Black, ferme-la, pour une fois !
-Ok. Les gars, je vais rejoindre Hilary, je ne veux pas rester en sa compagnie. James, tu sais ce que je pense d'elle…
James soupira. Malheureusement, il devait penser la même chose que sa cousine, à savoir que Lily était une garce qui allait lui faire du mal, et qu'il valait mieux qu'il continue à l'ignorer…
-C'est justement de la belle Hilary dont je voulais te parler, James. Ca serait sympa qu'elle arrête de se comporter comme une petite harpie avec moi, parce que je commence vraiment à être à bout de nerfs, avoua Lily.
-Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire, décréta James, mais à elle.
-Tu es son cousin, tu peux bien faire des efforts !
-Des efforts ? répéta James, révolté. J'estime en faire déjà assez pour supporter cette situation ! Et j'ai déjà essayé de la persuader que tu n'étais pas cette garce qu'elle croit que tu es, et tout ça n'a été qu'une perte de temps, alors vos petits problèmes vous allez les régler seules, compris ? On dirait deux gamines jalouses l'une de l'autre et incapables de se comporter correctement ! Et après c'est moi qui suis immature ?
Il jeta sa cape dans sa malle et remit la dague à sa ceinture, puis suivit les pas de Sirius en dehors du dortoir. Prenant bien soin de claquer la porte derrière lui, il descendit l'escalier et traversa la salle commune à grands pas. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il allait aller, mais ce n'était pas important. Tout ce qu'il désirait, c'était réfléchir, réfléchir jusqu'à ce qu'enfin, il sache ce qu'il voulait pour lui et Lily…
-Sirius ?
-Hmm ?
-Tu me prends dans tes bras ?
Sirius sourit et enlaça tendrement Hilary, qui le regardait avec ces yeux doux qu'il aimait tant. Tout de cette fille le faisait craquer, et il était complètement à sa merci. Lui, Sirius Black, le tombeur qui n'était jamais réellement sorti avec une fille, était tombé éperdument amoureux de la cousine de son propre meilleur ami… Que dirait James, quand il l'apprendrait ?
-Je voudrais que cet instant dure à tout jamais, murmura Hilary à son oreille.
-Alors ferme les yeux, dit doucement Sirius en caressant amoureusement son épaule. Ferme-les…
La jeune fille obéit et ferma les paupières.
-Qu'est-ce que tu vas me faire ? demanda-t-elle.
-Ca…
Sirius posa ses lèvres sur les siennes et resserra son étreinte. Là, il sentit son cœur exploser et son estomac se renverser. Jamais il n'avait ressenti ça. Hilary répondit à son baiser en passant ses mains autour de son cou. Il déplaça une des siennes dans ses longs cheveux et oublia tout autour de lui… Il oublia qu'il était maudit, et qu'en cédant à ses sentiments il la mettait en danger. Il oublia tout ça…mais se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit.
-Et c'est encore un nouveau but pour les lions ! rugit Dave Goujon. Bon sang, les Serdaigle, bougez-vous ! Ca fait soixante à zéro, et nous sommes à la onzième minute de jeu !
James tapa dans la main de Franck pour la sixième fois consécutive. Ce match commençait bien, très bien. Les Serdaigle partaient déjà vaincus, c'était visible sur leurs visages dépités. Ils avaient peur et savaient qu'ils étaient moins forts… De toute façon, avec lui et Gwenog, ils n'avaient aucune chance, c'était vrai, et au moins ils ne se faisaient pas de faux espoirs…
La foule hurla. C'était une des rares choses que Malefoy, assis à la tribune des professeurs, n'avait pas réussi à changer depuis son arrivée. Mais James voyait à son air pincé qu'il ne voulait pas que Gryffondor gagne. Raison de plus pour donner le meilleur de soi et exploser le score !
-C'est Julie Anderson qui entre en possession du souaffle ! commenta Goujon. Passe à Mary Duvall, qui comme elle s'est fait larguer par Potter ! Argh, Diggory reprend le souaffle ! Ne me regardez pas comme ça, les filles ! Il faut dire les choses telles qu'elles sont, non ? Potter vous a plaquées, il faut que vous vous y fassiez !
-Goujon, concentrez-vous sur le match ! gronda McGonagall dans le mégaphone.
-Oui, donc c'est Diggory en possession du souaffle, qui passe à Longdubat, qui passe à Diggory, qui passe à Longdubat, qui passe à Diggory, qui passe à Lon… Non, qui passe à Potter ! Potter qui fonce vers les buts et marque encore ! Soixante-dix à zéro, toujours pour les lions ! Allez Serdaigle ! C'est Duvall qui passe à sa coéquipière, qui se prend un cognard violemment lancé par Gideon Prewett ! Ca devrait faire faute, là ! Eh, l'arbitre !
-Goujon ! tempêta McGonagall.
James se mit à rire alors qu'un des Serdaigle reprenait le souaffle. Il aimait les matchs comme ça, ou McGonagall se déchaînait sur Dave Goujon après que celui-ci eut prit parti pour une équipe. Ca mettait un peu d'ambiance dans le stade, quand les souffles étaient retenus et les corps crispés de tension… C'était assez drôle de penser que la plupart du temps, les spectateurs étaient plus angoissés que les joueurs.
-C'est encore Duvall qui avance vers les buts, et… argh, évidemment Longdubat lui barre la route et Potter la prend par surprise ! Eh, Potter, ce n'est pas très galant de ta part, surtout à une de tes ex ! Et voilà, encore un but !
Goujon soupira si fort dans le micro que l'appareil siffla et James vit la marée de supporters se bouger les oreilles dans un même geste.
-Kingsley ! appela-t-il, profitant de cet instant de confusion.
Shaklebolt se retourna vers lui.
-On n'a pas vraiment besoin des cognards pour gagner, cette fois, lança James, alors tu crois qu'au prochain but, tu pourrais en balancer un ou deux sur Malefoy ?
Kingsley Shaklebolt éclata de rire et leva un pouce pour signaler qu'il était d'accord. James eut un sourire carnassier : l'équipe de Gryffondor était uniquement composée de membres du PAFF. Malefoy allait regretter d'être venu assister à ce match…
-Gwen ! appela-t-il.
La jeune fille redescendit à sa hauteur.
-Pour le moment on assure, Franck, Amos et moi, dit-il, et je doute que Bob Magdaley soit en mesure de rivaliser avec toi, alors tu seras d'accord de faire semblant d'avoir repéré le vif ?
-Comment ça ?
-A mon signal, tu fonces sur Malefoy en faisant croire que tu as repéré le vif d'or…
Le visage de Gwenog fut éclairé par un sourire approbateur.
-A ton signal ?
-Ouais, au prochain but que je marque…
-Pas de problème. Fais gaffe, il y a Anderson qui se rapproche de Lizzie, ça serait bête qu'elle marque…
James fonça sur la poursuiveuse de Serdaigle qui dévia sa course en le voyant arriver. Toutefois, elle ne vit pas Franck qui lui prit le souaffle des mains aussi facilement que si elle le lui avait donné.
-Non ! grogna Goujon. Arrêtez-le ! Arrêtez-le, bon sang ! Longdubat tire, mais… MIRACLE ! Son tir est bloqué ! C'est merveilleux ! Allez Serd… Quoi ? Potter a repris le souaffle ? Mais ce n'est pas possible ! Non, arrêtez-le ! Il va tirer ! Il a tiré ! Il a marqué !
Les Gryffondors ponctuèrent le but par une salve d'applaudissements qui résonna dans tout le stade. Mais James ne s'en soucia pas : il avait déjà levé les yeux. Gwenog, à l'autre bout du terrain, zigzaguait à toute allure et fonçait droit vers la tribune des professeurs, et Kingsley pourchassait un cognard, la batte brandie. Il croisa les doigts et reporta son attention sur le souaffle, car il ne fallait pas qu'on remarque que tout ce qui allait se passer était prémédité. Gideon frappa dans le deuxième cognard qui atteignit Anderson en lui faisant lâcher le souaffle. Il le récupéra sans aucun scrupule, adressa un petit sourire moqueur à Julie (une de ses ex préférées, très mignonne, et il aurait bien voulu rester avec elle si Lily n'avait pas été aussi présente dans sa tête) et se hâta vers les buts alors que Goujon s'époumonait sur son micro, tout affolé que Gwenog ait pu repérer le vif d'or. Il leva le bras, se plaça en face du gardien, s'amusa un instant avec lui et marqua un nouveau but. Mais les exclamations qui s'ensuivirent ne furent pas des cris de joie, mais des cris de stupeur. Aussitôt, ses yeux se posèrent sur la tribune des professeurs, et il manqua d'éclater de rire. Malefoy avait été contraint de se jeter sur Mortensen pour éviter Gwenog. Le professeur de défense le repoussait avec dégoût et lui criait quelque chose, tandis que la jeune fille repartait vers le centre du terrain, l'air de rien. Puis, des nouveaux cris retentirent, mais ceux-ci ressemblèrent plus à des rires : Kingsley venait de frapper un cognard qui avait presque heurté Malefoy. Celui-ci avait réussi à écarter les jambes au bon moment, et la balle déchaînée s'était enfoncée dans le bois de son siège. James ne put retenir un éclat de rire en songeant à ce qui serait arrivé si Malefoy n'avait pas réagi.
-Et Jones continue sa route vers le vif d'or ! reprit Goujon d'une voix qu'il tenait vainement de contrôler.
James vit que du haut de sa tribune, il s'efforçait de ne pas rire, mais son visage avait viré au rouge et ses yeux étaient larmoyants. Lui aussi, faisait partie du PAFF…
-Elle descend en piquée vers le sol, tournoie autour de Duvall en lui faisant perdre le souaffle… Elle entame une course contre le vif d'or ! Mais c'est pas possible, bon sang ! Madgaley, bouge-toi !
Mais ce fut trop tard. Gwenog ne simulait plus, et avait bel et bien le vif dans son champ de vision. En quelques secondes, ses doigts se refermèrent sur la petite balle dorée, et l'arbitre siffla la fin du match –et quel match ! James en avait rarement vécu un aussi excitant, aussi plaisant et aussi vengeur ! Si un jour un homme tel que Malefoy prenait la place de Dumbledore lors d'une crise politique durant la scolarité de son fils, il lui dirait de faire comme lui, et de profiter des matchs pour faire passer un mauvais quart d'heure à cet intrus qui gâchait la magie de ce château. Ses grands yeux verts luiraient de malice, et il obéirait de bon cœur. Il y avait peu de chances que ça arrive, mais sait-on jamais ? Peut-être qu'un jour, il se passerait la même chose, et peut-être même avec une personne dévouée à un Ministre un peu fou… Une sorcière à l'allure masculine, par exemple, qui elle aussi punirait ses élèves d'une façon cruelle, et qui provoquerait la rébellion des étudiants qui s'uniraient dans un club interdit…
A cette pensée, le sourire de James s'agrandit. Oui, si cela venait à se produire, ce fils aux grands yeux verts ne se laisserait pas faire, et le nouveau directeur en verrait de toutes les couleurs, tandis qu'avec Sirius, Remus, Peter et Lily, ils riraient pendant des heures en se remémorant les mauvais coups qu'ils avaient fait à Malefoy…
Un fils aux grands yeux verts ? Lily qui rirait avec lui de ces années à Poudlard ?
James serra ses coéquipiers dans ses bras mais son esprit était ailleurs. Il savait ce qu'il voulait pour lui et Lily, désormais…
-Regulus ? Regulus, tu es là ?
-Oui, je suis là, mais ne parle pas si fort !
Rogue soupira de soulagement. Pendant un instant, il avait cru que son ami –son seul ami– n'était pas venu.
-Désolé, mais je commençais à me demander si tu ne m'avais pas collé un lapin, si je puis dire !
-Pourquoi est-ce que j'aurais fait ça ? chuchota Regulus.
-Je n'en sais rien, mais on ne sait jamais !
-Tu es parano, Severus ! J'étais avec Hilary !
-Ca me fait très plaisir de savoir que tu as préféré arriver en retard plutôt que de quitter cette fille… grommela Rogue. Elle est la cousine de Potter, je te rappelle !
-Je le sais bien ! Et ne râle pas, tu ne sais pas de quoi tu parles !
-Tout ce que je sais, c'est que tu étais en bonne compagnie pendant que je t'attendais !
-Ah, c'est sûr qu'elle est hyper mignonne, cette fille-là, voire même canon, mais je ne suis pas fou, si je sors avec elle, Potter et mon frangin me tomberont dessus et me casseront la figure, alors… Par contre, elle m'a dit quelque chose de très intéressant, alors qu'on discutait tranquillement dans le canapé, côte à côte…
-Tu vas t'attirer des ennuis, Regulus…
-Mais non ! Et puis cette fille n'est la propriété de personne ! J'ai le droit de me mettre à côté d'elle, non ?
-A côté, oui, mais ça commence à devenir une habitude, avec toi… Je te signale que si tu te mets à sortir avec elle, ce ne seront pas seulement Potter et ses copains qui te tomberont dessus, mais aussi Bertram et Avery… Ils bavent tous sur elle, au cas où tu l'aurais oublié !
-Mais ils sont tous moches comme des pieds, rétorqua Regulus. Moi je suis un Black, et aucun d'eux ne sera jamais aussi beau que moi.
-Mais tu n'as que quatorze ans… Ca me ferait rire qu'elle tombe sous le charme de l'autre Black de cette école, ricana Rogue. Ca dégonflerait ta tête !
-Pourquoi tu dis ça ?
-Elle a l'air de bien aimer ton frère…
-S'ils sortent ensemble, ça ira très mal pour eux, promit Regulus. Et je ne plaisante pas. Cette fille-là à un sang à peu près pur, est issue de bonne famille, et à de belles petites fesses bien moulées. Elle est pour moi, en d'autres termes. Alors si elle me laisse pour mon frère…
-Tu la tues ?
-Non.
-Tu pourrais, pourtant… Je connais un sortilège très bien pour ça. Un sortilège de magie noire, mais pas Impardonnable. Et qui fait très mal, en plus…
-Je… je ne crois pas que je puisse… Tu l'as dit toi-même, je n'ai que quatorze ans…
-Je peux t'apprendre, si tu veux… Allez, si elle sort avec ton frère, tu la tues, et lui avec ! Ca plaira à Rush, en plus ! A Rush, à ta mère, à mon oncle et à moi ! Et ça fera du mal Potter ! Franchement, tu ne peux pas laisser passer une telle opportunité !
-De toute façon, il n'est pas dit qu'ils sortiront ensemble, marmonna Regulus. Mon frère ne s'intéresse pas aux filles. A croire qu'il est gay…
-Ca expliquerait pourquoi il est toujours collé à Potter, ricana Rogue.
-Ouais… Enfin bref, tu veux savoir ce qu'elle m'a dit, tout à l'heure ?
-Hm.
-Elle m'a dit que son cousin avait passé la matinée à rechercher un truc qu'il cherchait depuis déjà longtemps… Selon elle, ce serait le truc qu'il a voulu cacher lors des fouilles, à la rentrée…
-Un objet qu'il a voulu cacher lors des fouilles ? répéta Rogue. Tu crois que cet objet est la dague que recherche Rush ?
-Tu m'as bien dit qu'il y avait une dague dans sa valise, la fois où notre allié a été lui prendre sa cape d'invisibilité, non ? Et bien cet allié est retourné dans son dortoir, l'autre jour, et ne l'a pas trouvée. Je crois que Potter a caché la dague je ne sais où et qu'il tente de la récupérer… Et quand il l'aura récupérée, ça sera à nous de découvrir où il la met.
-Pourquoi à nous, et pas aux autres ? râla Rogue. C'est toujours nous qui faisons le sale boulot ! Je croyais que tu avais recruté quelques élèves ?
-Oui, ceux dont le cerveau a été nettoyé par notre bon allié, mais ils ont trop peur pour le moment. Et puis nous on a la chance d'être proche de Potter ! Enfin, façon de parler… Du coup, il doutera moins si nous lui tournons autour que si c'est quelqu'un d'autre !
-Mouais…
James regarda sa montre une nouvelle fois. Elle n'allait pas tarder, maintenant. A moins qu'elle ait décidé de ne pas venir, mais ça n'était pas son genre, et si elle le faisait, Hilary ne manquerait pas de lui montrer son mécontentement. Non, Lily allait venir, ce n'était plus qu'une question de temps. Enfin il fallait tout de même qu'elle se dépêche, car la nuit commençait déjà à tomber et il n'avait aucune envie de parcourir les landes de Cornouailles dans le noir…
-Je peux rentrer ?
Lily poussa la porte sans même attendre la réponse.
-Bravo, pour le match, au fait ! dit-elle en souriant. Gwenog m'a dit que c'étais toi à l'origine de cette petite distraction…
-Tu veux parler de Malefoy ? pouffa James. Oui, j'en ai eu marre de voir sa tête et son air supérieur… Euh… Tu veux t'asseoir ?
Il montra du doigt son lit mal fait, estimant que c'était toujours mieux que celui de Sirius –qui avait volontairement laissé les draps en désordre pour ne pas qu'elle vienne s'y installer– ou celui de Peter –qui lui avait les involontairement laissé en désordre. Quant à celui de Remus… Les couvertures étaient tirées à la perfection, mais mieux valait qu'elle ne s'en approche pas trop. Ce n'était pas pour rien si Remus dormait dans le lit le plus éloigné de la porte : certaines nuits, quand la lune était presque pleine, il sentait quelque chose fourmiller en lui et il devait parfois se mordre jusqu'au sang pour que ça passe. Ses draps en gardaient des séquelles, bien entendu…
-Si tu veux, répondit Lily, mais je ne vais pas rester longtemps. Je viens de terminer ton portoloin, comme promis. Je l'ai fait petit, pour que tu puisses le glisser dans ta poche.
-Merci, dit seulement James.
Il y avait entre eux un ton de cordialité poussée qui laissait sous-entendre que leur dernière dispute était récente.
-J'ai été un peu longue, et j'en suis désolée, admit Lily en s'essayant. C'est que je n'ai pas la prétention d'affirmer que je suis une experte… A vrai dire, c'est le premier portoloin que je fabrique… Normalement, c'est vite fait : quelques secondes suffisent, mais moi, j'ai préféré prendre mon temps, respecter toutes les étapes et m'assurer que ça marcherait… Ca serait bête qu'il t'arrive quelque chose par ma faute…
James ne répondit rien.
-Euh… Tiens, regarde, je me suis servie d'une de mes gourmettes, déclara Lily.
Elle fouilla un instant dans sa poche avant d'en ressortir l'objet.
-Voilà… J'ai programmé le départ à vingt heures précises, et le retour à vingt et une heures… Donc ne sois pas en retard…
-Il n'y a pas de risque, assura James. Je peux m'asseoir à côté de toi ?
Lily haussa les sourcils et sourit.
-Bien sûr ! C'est ton lit, à ce que je sache, non ?
James haussa les épaules.
-Avec toi on ne sait jamais…
Le sourire de Lily s'évanouit.
-Excuse-moi, ce n'est pas ce que je voulais dire, dit précipitamment James en relevant sa bêtise.
-Si. Si, c'est ce que tu voulais dire, murmura tristement Lily.
-Non, je t'assure, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Ce que je voulais dire, c'est qu'en ce moment, toi et moi, ce n'est pas le grand amour, alors…
-Alors tu as pensé que si tu t'asseyais à côté de moi, je le prendrais peut-être mal, c'est ça ?
-Alors j'ai pensé que tu n'aurais peut-être pas envie que je m'asseye trop près de toi, rectifia James.
-Si j'ai accepté de te faire un portoloin, logiquement j'accepte aussi que tu t'asseyes à côté de moi, marmonna Lily.
-C'est vrai… admit James. Mais comme je n'ai pas vraiment compris pourquoi tu as accepté de me faire ce portoloin, il est normal que je me pose des questions… Non ?
-Je t'ai déjà dit que je voulais me faire pardonner. En te prouvant que tu peux compter sur moi, c'est une bonne manière, non ?
James ne répondit pas.
-Pourquoi est-ce que tu as parlé de notre conversation à Gwenog ? demanda-t-il.
-Parce qu'elle est ma meilleure amie.
-Pourtant tu ne lui as pas raconté ce que tu avais fait dans le train…
-Parce que j'ai un peu honte de ce que j'ai fait dans le train, si tu veux savoir, maugréa Lily. Mais de toute façon elle a fini par savoir, avec ta cousine…
-Hilary fait ce qu'elle croit devoir faire, soupira James. J'ai essayé de l'en empêcher, mais elle ne s'arrêtera plus avant qu'elle n'estime que je sois suffisamment vengé…
-Et bien écoute, si jamais tu veux te venger de moi, vas-y, répliqua Lily. Je suis seule dans ta chambre, assise sur ton lit… Je n'ai même pas ma baguette sur moi, donc je suis complètement à ta merci. Alors si tu attends le bon moment pour te venger, c'est maintenant. Mais dépêche-toi, s'il te plait, parce que cette situation m'étouffe… Gwenog entre moi et toi, Hilary qui me harcèle, Evan qui commence à en avoir assez de cette histoire, Black qui m'agresse autant qu'il peut, et toi que je n'arrive plus à cerner…
-Rien ne dit que moi, je veux me venger, dit James. Et ce n'est pas parce que tu es seule dans ma chambre, sur mon lit, que ça va changer les choses.
-Mais tu pourrais remettre les pendules à l'heure. Je t'ai fait du mal, tu as la possibilité de me faire du mal parce que je suis sans défense et que nous sommes seuls sur ce lit, on serait quitte et tout repartirait comme avant…
James la dévisagea.
-Tu crois quoi ? murmura-t-il. Que je suis le genre de types qui… qui… parce que tu es sur mon lit, seule avec moi ?
-Ce n'est pas ce que j'ai dit, je…
-Si, c'est ce que tu as dis ! s'indigna James. Je ne veux pas me venger, et même si je le voulais, je n'aurais jamais fait ce que tu pensais que je pouvais faire ! Et si tu penses que je sois vraiment capable de telles choses, ce n'est même pas la peine que tu restes là à discuter avec moi !
Lily se mordit la lèvre.
-Excuse-moi, James…
-C'est facile, de s'excuser… Mais si tes excuses ne sont pas sincères, ça ne sert à rien et tu peux toujours sortir !
-Je te promets qu'elles sont sincères… Je ne sais pas ce qui m'a pris de dire ça. J'imagine que mes nerfs me lâchent… ou alors je deviens folle, avec toute cette histoire…
Lily soupira et enfouit son visage derrière ses mains.
-Je ne sais plus ce que je représente pour Gwenog, je ne sais plus ce que je représente pour toi, je ne sais plus ce que je représente pour mes parents… Il y a des fois où j'ai envie de tout plaquer et de partir très loin pour fuir tous ces problèmes qui me pourrissent la vie !
-La fuite n'est pas une solution, déclara James. Tu ne sais plus ce que tu représentes pour Gwenog ? Demande-le lui, et je suis sûre qu'elle te répondra. Tu ne sais plus ce que tu représentes pour tes parents ? Ecris-leur et pose leur la question. Tu ne sais plus ce que tu représentes pour moi ? Je peux te le dire, si tu veux. Maintenant c'est clair dans ma tête.
Lily releva la tête et James constata que ses yeux étaient baignés de larmes qu'elle s'efforçait de retenir. Oui, c'était clair dans sa tête : il voulait être celui qui essuierait le coin de ses paupières, et qui lui rendrait le sourire quand son chagrin les ferait déborder. Il le voulait, mais elle, elle ne le voulait pas et ne le voudrait probablement jamais…
Mais il n'eut pas le temps de le lui dire, car la gourmette qu'il tenait à la main s'illumina légèrement et il ressentit une secousse au niveau de son nombril, comme s'il était tiré par un crochet. Il était vingt heures précises, et la soirée ne faisait que commencer…
Un frisson parcourut l'échine de James qui regretta de ne pas avoir pris le temps de se munir d'une bonne cape bien chaude. D'ailleurs, il regretta de n'avoir pu se pourvoir que de sa baguette magique avant le départ. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il devait aller, il n'avait aucune idée de comment il allait y aller, et il n'avait aucune idée du temps qu'il mettrait pour y aller. Il s'était encore mis dans un beau pétrin…
Une ombre passa à quelques mètres devant lui puis disparut. Le silence n'était troublé que par le souffle du vent et le hululement épisodique d'un hibou. Il semblait que tout autour de lui dormait d'un sommeil profond, hormis cette ombre qu'il avait vue. Etait-ce un animal ? Un Korrigan, peut-être ? Non, c'était encore trop tôt… Ce ne pouvait pas en être un. Un homme, alors ? Son père ? Dumbledore était bien plus grand que cette silhouette…
Peu rassuré, James resserra sa main sur sa baguette. Le plus simple était d'allumer un peu de lumière…
-Lumos !
Il éclaira les alentours, espérant sans doute retrouver l'origine de l'ombre fugitive, mais il paraissait bel et bien seul sur cette plaine baignée de pénombre. Ce n'était pas plus mal, après tout…
Mais il la ressentit plutôt qu'il ne la revit. Derrière lui, l'ombre venait de repasser, silencieuse comme l'obscurité. Seul un léger souffle l'avait trahie, suffisant à angoisser James un peu plus encore. Il retint sa respiration et fit quelques pas en avant, s'efforçant de ne pas faire le moindre bruit. Il aurait peut-être dû courir, à la place… Il se sentait un peu perdu et ne savait que faire. Quelle idée il avait eu de venir ici de nuit ! Et seul, en plus… Il aurait dû emmener Sirius avec lui, ou Remus, qui connaissait un peu mieux les lieux que lui ! Mais non, il avait été stupide et avait encore cédé à sa témérité… Et dire qu'il s'était promis de toujours écouter les conseils de Remus dans de telles situations…
Une branche craqua derrière lui et il se retourna vivement, aux aguets. Quelqu'un le suivait, c'était forcé ! Il scruta l'horizon, mais ne découvrit personne. Pourtant, il ne pouvait pas être seul…
-Il y a quelqu'un ? bredouilla-t-il.
C'était une question stupide, et il en avait bien conscience. Qu'il soit seul ou non, personne ne lui répondrait. Et en effet, personne ne lui répondit…
La panique commença à s'insinuer dans ses veines. La nuit n'était pas encore tout à fait tombée, mais la lune n'éclairait pas encore assez pour pouvoir le rassurer comme elle l'avait rassuré autrefois, quand à Æternum Asylus il la regardait pour chasser les peurs de ses cauchemars de petit garçon. Il trouva étrange de constater qu'à chaque fois que quelque chose n'allait pas comme il l'aurait voulu, il repensait à son passé, mais réalisa bien vite que c'était d'une inutilité accablante. Songer au petit garçon qu'il avait été ne l'aiderait pas. Il devait penser au présent, et reprendre du courage. Pour son père, il devait lutter contre sa peur et ne pas laisser ses angoisses l'envelopper… Il était un Potter, non ? Alors c'était le moment de le montrer à tout le monde…
Mais l'ombre repassa devant ses yeux, à la fois si proche et si loin, si terrifiante et si curieuse. Puis, elle fut accompagnée d'une seconde ombre, qui passa derrière lui et le frôla sans que sa baguette ne parvienne à l'éclairer. Et ce fut bientôt une valse d'ombres qui se mirent à tournoyer autour de lui, jusqu'à ce que leur cercle se resserre et l'empêche d'esquisser le moindre mouvement. Un ricanement vint rompre le silence de la nuit tombante : James l'aurait reconnu entre mille.
-Je savais bien que tu finirais par trouver la clé du mystère, railla Malefoy.
Une vive lumière rouge jaillit, mais James n'aurait pu l'éviter sans bousculer ces hommes-ombres autour de lui. Le sort percuta de plein fouet sa poitrine, comme une pierre lancée violemment contre son torse, et les ténèbres de la lande furent remplacées par d'autres ténèbres, plus profondes et plus terrifiantes encore.
Quand il reprit conscience, la clarté de la pièce dans laquelle il se trouvait l'éblouit plusieurs secondes et il ne comprit tout d'abord pas où il se trouvait. Il n'avait jamais mis le pied dans cette salle sentant le luxe au point de lui donner la nausée. Comment y était-il arrivé, bon sang ? Pourquoi n'était-il pas dans son lit, à Poudlard ? S'était-il endormi dehors, et avait-il été recueilli par un moldu de bonne société ?
Mais ses pensées redevinrent claires au moment où il reconnut le visage en face de lui. C'était un homme maigre, à l'allure revêche, qui le fixait à travers des lunettes rectangulaires d'un rouge qui jurait avec ses yeux verts –deux petits yeux verts et ridés qui n'avaient rien à voir avec les beaux yeux de Lily. Lily qui lui avait préparé un portoloin pour qu'il se rende chez les Korrigans, mais il n'avait jamais atteint leur cachette, car Malefoy l'avait rattrapé avant qu'il n'y arrive…
Tout redevenait clair, désormais. Il n'était pas assis dans un fauteuil en cuir ciré à la perfection, devant le visage dur de Philip Rush pour rien. Malefoy avait réussi à le retrouver, et l'y avait emmené afin qu'il révèle où se cachait son père –à condition qu'ils ne l'aient pas déjà trouvé en fouillant la lande…
James parcourut la pièce du regard, espérant retarder le moment inévitable où il devrait répondre aux questions. Un grand lustre de cristal pendait au plafond, reflétant la lumière du jour qui passait à travers les fenêtres extrêmement propres du bureau, provoquant cet effet éblouissant qu'il avait déjà constaté plus tôt, tandis que dans une cheminée de marbre rose pâle, un feu crépitait doucement en répandant sa douce chaleur. James ne s'était pas trompé : la pièce était une vraie mine d'or. Les contours du fauteuil dans lequel était assis Rush étaient entièrement constitués d'or. Le miroir accroché au mur blanc cassé était entouré d'or, et incrusté de quelques pierres précieuses. Le tapis avait par endroits été brodé de fils d'or. Même la tasse vide posée sur le bureau avait été moulée dans un mélange d'or et d'or blanc…
-Bonjour, James, salua Rush. Bien dormi ?
Pour toute réponse, James lui jeta un regard noir qui, cependant, ne sembla même pas l'ébranler.
-Je pensais que Rosanna t'aurait appris à être poli, avoua Rush avec une certaine déception.
Un élan de rage souleva le cœur de James. Il osait parler de sa mère devant lui ? Rush était bel et bien l'ordure dont son père avait parlé dans son témoignage. Tout de lui le répugnait, de ses cheveux bruns parsemés de pellicules à son grand nez qu'il rêvait de frapper de son poing. Il s'était souvent demandé comment sa mère avait pu renoncer à son père pour cet homme, mais le voir là, devant lui, accroissait son incrédulité. Son père était beau, pas lui. Lui était un homme banal qui semblait estimer que l'argent faisait tout. C'était écœurant de songer que c'était cet homme qui avait séduit sa mère…
-Peut-être que Rosanna n'est pas aussi parfaite qu'on pourrait le croire, répliqua froidement James. Ou peut-être qu'elle m'a appris à être poli, mais pas en face de son amant…
Rush ricana railleusement, de ce même rire dont se servait Abraxas Malefoy pour le mettre à bout de nerfs. Un rire d'où perçait plus de cruauté que d'amusement. Un rire qu'il ne put supporter qu'en serrant les dents et les poings…
-Ca t'embête, n'est-ce pas ? Tu aurais préféré que ta mère reste bien sagement avec ton papa, je présume ?
-Peut-être qu'elle aussi, elle l'aurait préféré… ne put s'empêcher de lancer James.
-Tu n'auras qu'à le lui demander… Elle ne devrait pas tarder, maintenant…
-Ma mère va venir ? s'exclama James.
Il ne pouvait réellement déterminer si cette nouvelle était bonne ou mauvaise. Il avait envie de la voir, bien sûr, mais pas de la voir en compagnie de cette crapule qui lui servait de compagnon. Et il avait peur qu'elle ait changé. Qu'en entrant dans le bureau, elle ne lui saute pas dessus pour le serrer dans ses bras comme elle l'aurait fait avant que sa relation avec Rush ne soit déclarée au grand public, et qu'elle se contente de le saluer d'un signe de tête et d'un sourire qui disparaîtrait deux secondes plus tard. Et pourtant, il savait qu'elle ne pourrait pas avoir changé, qu'il resterait son petit James adoré… Elle était sa mère, non ? Aucune mère digne de ce nom ne pouvait se résoudre à ignorer ainsi son fils, si ?
Alors que ces questions lui torturaient l'esprit, on frappa doucement à la porte et Rush se leva aussitôt. Rapidement, il repassa une main dans ses cheveux et s'admira dans le miroir, puis alla ouvrir lentement, comme pour faire durer le plaisir. James retint son souffle : c'était l'instant de vérité…
-Bonjour, mon chéri, dit tendrement Rosanna dont le visage apparut bientôt par l'entrebâillement de la porte. Ca va ?
-Merveilleusement bien, répondit Rush en la prenant dans ses bras.
Rosanna ne le repoussa pas et, au plus grand dégoût de James, l'embrassa longuement, sans même avoir l'air de réaliser du spectacle qu'elle faisait subir à son fils. C'était répugnant. Comment pouvait-elle ? Comment osait-elle, devant lui, le portrait craché de Williams ?
-Oh, James, mon chéri ! s'exclama-t-elle en le remarquant enfin. Ca fait tellement longtemps !
Elle embrassa chacune de ses joues et ébouriffa ses cheveux.
-Et bien, tu m'as l'air de très mauvaise humeur ! Que se passe-t-il ?
-Abraxas l'a retrouvé en pleine nuit en Cornouaille, expliqua Rush. Nous ne savons pas encore pourquoi, mais il semblerait qu'il soit allé rejoindre son père, puisque nous avons trouvé Williams à quelques kilomètres de l'endroit où nous avons trouvé son fils…
-Vous avez retrouvé Williams ? s'étonna Rosanna.
Une ombre de tristesse passa sur son visage mais disparut aussitôt. James eut envie de la gifler, mais l'horreur des paroles de Rush prit le dessus. Son cœur manqua un battement, et ses oreilles tintèrent. Avec peine, il déglutit, alors qu'il tentait de réaliser ce que cela signifiait.
-Vous avez retrouvé mon père ? répéta-t-il avec épouvante. Non…
-Si, grâce à toi, James ! assura Rush.
James ne réagit même pas face à l'ironie du ton employé. Son père avait été retrouvé, et cela par sa faute… Le cauchemar continuait. Il avait encore agi comme un imbécile, et le résultat en était la capture de son père. Tout était de sa faute…
-Vous l'avez retrouvé… murmura Rosanna. Mais… qu'est-ce que vous allez faire de lui ?
James perçut de l'inquiétude dans sa voix et jugea que c'était le minimum. Quelques mois plus tôt, elle aurait bondi de sa chaise et se serait directement attaqué à Rush avant de partir à la recherche de son mari…
-Ma douce, ne t'inquiète pas… répondit Rush en lui caressant la joue. Je vais lui proposer une dernière fois de s'allier avec moi, et s'il refuse, il recevra un dernier baiser…
-Celui d'un détraqueur ?
-Oui, mon cœur…
-SALE DECHET ! hurla James en sautant sur ses pieds. JE VOUS INTERDIS DE FAIRE CA !
-James ! s'exclama Rosanna. Rassis-toi !
-ET TOI, TU CROIS ETRE ENCORE DANS LA MESURE DE ME DONNER DES ORDRES ? VA AU DIABLE, MAMAN ! D'AILLEURS, TU N'ES PLUS MA MERE ! JE N'AI PLUS DE MERE ! SEULEMENT UN PERE QUE TU AS TRAHI COMME UNE VIEILLE BOUSE ! TU ME REPUGNES !
-James, par tous les saints, tais-toi ! gronda Rosanna.
-NE PARLES PAS AINSI DE ROSANNA ! ordonna Rush en tapant du poing contre son bureau. TU M'ENTENDS ?
-MAIS VOUS ETES QUI, VOUS, POUR ME PARLER AINSI, HEIN ? rugit James. UNE ORDURE ! UN BATARD ! UN POURRI !
-MAINTENANT CA SUFFIT, POTTER !
Rush le gifla si violemment que James faillit trébucher. Un goût de sang emplit la bouche de James, mais il le tua du regard et dut concentrer toute sa bonne volonté pour s'empêcher de lui cracher au visage.
-Ne refais plus jamais ça, Philip, ou je te jure que je t'envoie à six pieds sous terre, menaça Rosanna.
Ses yeux lançaient des éclairs et il était évidemment qu'elle ne disait pas cela à la légère. D'un coup, elle remonta dans l'estime de James qui se massa la joue.
-Pardonne-moi, Rosanna, s'excusa Rush. Je te promets que je ne recommencerai plus. Cependant, il est de mon devoir de t'avertir que ton fils n'est pas un modèle de perfection.
-Je le savais, dit sèchement Rosanna. Mais toi tu l'es encore moins.
Rush fronça brièvement les sourcils avant de reprendre, l'air de rien :
-Il complique beaucoup la tâche à Abraxas, vois-tu, ma douce…
-Ca ne peut pas lui faire de mal, à Abraxas…
-Selon lui, James refuse obstinément de se soumettre à sa volonté, entraînant de grandes pertes de temps, par exemple, dans la recherche de Williams.
-Et alors ? répliqua froidement Rosanna. Il défend don père, c'est normal, non ?
Rush la dévisagea.
-Oui, bien sûr, mon cœur, mais il y a des limites à ne pas dépasser… Sais-tu ce que ton fils avait manigancé lors du match de cet après-midi ?
Rosanna leva les yeux au plafond de lassitude.
-Une victoire de plus pour son équipe ? hasarda-t-elle.
James ne comprenait pas son petit jeu. Que faisait-elle ? Pourquoi agissait-elle si froidement à l'égard de son Philip chéri ?
-Non. Il a demandé à son attrapeuse de foncer droit sur Abraxas, et à l'un de ses batteurs d'orienter les cognards vers lui.
-Tu as fait ça ? s'exclama Rosanna, un grand sourire aux lèvres.
-Je ne comprends pas ta réaction, admit Rush. Abraxas, est ton ami désormais ! Ne trouves-tu pas cela inadmissible ?
-Si, en effet, c'est inadmissible qu'un Malefoy soit devenu mon ami, certifia Rosanna aussi naturellement que si elle avait parlé de la météo.
James sourit. Sa mère avait plus de répartie qu'il l'avait imaginé !
-Mais, ma douce… bredouilla Rush. Qu'est-ce qui te prends ?
-C'est sans doute l'émotion de savoir mon mari en prison et mon fils si rebelle qui me met dans cet état, supposa Rosanna. Ne t'en fais pas pour moi !
James perçut le regard désemparé de Rush, qui visiblement ne maîtrisait ni ne saisissait plus rien à la situation. James, lui, commençait à comprendre ce que tout cela signifiait. Et il aurait dû le comprendre dès le début, d'ailleurs…
-Toujours est-il que pour asservir un peu plus ton fils, Abraxas a dû recourir à des méthodes que je désapprouve totalement, reprit Rush d'une voix mal assurée. Je te le dis, ton fils sombre dans la délinquance, et je risque de devoir le punir pour cela…
-Quelles méthodes ? demanda brusquement Rosanna.
Rush ne répondit pas.
-Vous ne vous souvenez plus ? s'étonna James, un sourire railleur aux lèvres. Je peux vous rafraîchir la mémoire, si vous voulez… C'est ce que m'a dit Malefoy avant d'utiliser des sortilèges impardonnables sur moi !
-Quoi ? s'exclama Rosanna. Des sortilèges impardonnables sur mon fils ?
-Abraxas n'a pas eu le choix, ma douce…
-Cette ordure n'avait qu'à ne pas harceler mon fils pour retrouver Williams ! tempêta Rosanna. Tout ça, c'est de ta faute ! Tu voulais retrouver mon mari alors que je t'avais demandé de le laisser en paix, et tu as assuré à Malefoy après l'article du Quotinews que tous les moyens étaient bons ! C'est ça ?
-Ma douce, ne…
-C'EST CA ?
-Je l'ai fait pour notre sécurité à tous, se défendit Rush. Mais je ne pensais pas qu'Abraxas irait jusqu'à torturer ton fils…
-Ah tiens, comme c'est bizarre… ricana Rosanna. Tu ne savais pas ? Mais James est tellement violent et indiscipliné qu'il faut avoir recours à des pratiques barbares avec lui, c'est bon connu ! Tu veux que je te dise, Philip ? Tu me fais pitié.
-Rosana ! rouspéta Rush. Ca suffit, maintenant ! Qu'est-ce qui te prend, à la fin ? Tu ne vas pas gâcher notre histoire pour un détail comme celui-ci, tout de même !
-Notre histoire ? répéta Rosanna, abasourdie. Non, Philip, ce n'est pas notre histoire… Entre toi et moi, il n'y a pas de nous, juste quelques étincelles et un prétexte pour mieux espionner ce que fait ton nouveau gouvernement, comme tu l'appelles si bien !
James sourit. Il le savait et l'avait toujours su : sa mère ne serait jamais capable de délaisser son père ainsi. Elle s'était fichue de Rush pour mieux l'espionner… Quelle douce satisfaction !
-Que dis-tu ? s'impatienta le Ministre. Enfin, Rosanna, reprends tes esprits ! Je sais que c'est dur, pour une mère, de savoir que son fils a souffert, mais ne va pas tout envoyer en l'air pour ça !
Mrs Potter eut un petit rire moqueur.
-Tu me fais tellement pitié, Philip… Crois-tu réellement que j'aurais laissé tomber mon beau Williams, père de mon enfant, pour quelqu'un comme toi ? Tu es donc si pathétique ?
-Tu t'es servi de moi ? murmura Rush, les yeux révulsés. Sale traîtresse…
-Je ne suis pas une traîtresse, Philip, étant donné que je n'ai jamais été dans ton camp… Mais vois-tu, la comédie commençait à devenir insupportable, et comme tu as mis la main sur mon mari et mon fils, j'ai pensé qu'il était temps de tout arrêter. Sans rancune ?
Rosanna sourit à nouveau.
-Vous croupirez dans une cellule à Azkaban, jura Rush. Gardes !
Aussitôt, cinq hommes surgirent de nulle part.
-Emparez-vous d'eux ! ordonna Rush.
James sortit sa baguette magique mais sa mère ne bougea pas, comme si elle n'avait pas l'intention de se battre.
-Maman ! appela-t-il. Il faut qu'on file !
Mais c'était déjà trop tard, car les mains charnues des cinq gardes s'étaient abattues sur eux.
-Ne t'inquiète pas, James, nous allons juste visiter Azkaban le temps de quelques heures, et après nous partirons, assura Rosanna. Tu n'avais pas l'intention de laisser ton père tout seul là-bas, quand même ?
Mais James ne put répondre, car il fut secoué dans tous les sens jusqu'à une pièce nu où on leur banda les yeux et où on leur prit leurs baguettes magiques. Ce qui se passa ensuite fut trop confus pour qu'il comprenne ce qu'il faisait, mais une dizaine de minutes plus tard, le bruit des vagues venant s'échouer violemment contre une falaise retentit à ses oreilles et le froid envahit son corps et son esprit. Alors, il sut qu'il était arrivé à Azkaban, résidence des détraqueurs, et que sa voix mystérieuse, son vieux démon, allait ressurgir…
J'entends déjà vos soupirs de soulagement... Qui a sérieusement cru que Rosanna serait capable d'aimer Rush? Rien que d'y penser, ça me dégoûte! lol
Bon, et bien voilà un nouveau chapitre au compteur... Je risque d'écrire un peu moins vite pendant ces trois semaines puisque j'ai un brevet à réviser (quand je vois mes cahiers d'histoire qui m'appellent, ça me désespère!) mais j'essaierai de poster tout de même une fois par semaine, à condition que mon stock de chapitres en avance tienne pendant trois semaines. Normalement oui...
Je tiens à remercier tous les reviewers qui m'ont permis de dépasser les 50 reviews (ceux qui me connaissent savent que j'aime bien franchir les paliers des reviews! Le prochain: les 100! Je compte sur vous!).
Mu: Me connaissant, crois-tu que la malédiction va continuer à faire des ravages? Mystère... J'espère que tu as pu finir de lire le chapitre, et que tu pourras aussi lire celui-ci. En tout cas je te remercie toi aussi! Gros bisous et à bientôt!
Voilà pour aujourd'hui... Je vais retourner faire bronzette dans mon jardin avec mes cahiers d'histoire (quand je pense que je ne suis qu'aux révolutions Russes...), en espérant pouvoir tout de même écrire un peu. De toute façon, ce n'est pas comme si ça me derangerait de sacrifier une heure de révisions pour me consacrer à un chapitre! lol.
Le prochain viendra normalement mercredi et sera intitulé L'heure de Gloire d'Oboulo. Il marquera la fin de la première partie (mais pas de la fic!). En fait, cette année à Poudlard composée d'une vingtaine de chapitresest divisée en deux parties car leurs intrigues sont différentes. C'est un peu comme si la première partie était la mise en place de la deuxième... C'est pas très clair comme explication, mais vous comprendrez mieux par la suite!
Je vous souhaite bonne chance pour vos examens, et profitez bien du soleil! Bonne lecture!
