Samedi 25 janvier


19h40 - QG des réfugiés

Neji n'était pas du tout pour l'idée d'ouvrir ce colis qu'ils avaient trouvé dans le couloir voisin à leur planque, mais les autres n'avaient pas tenu et s'étaient jetés dessus.
La tablette où ls en sortirent rassura Neji, rien n'avait explosé et ils étaient toujours en vie, mais cela ne changeait rien à la situation et ne les avançait pas plus.

Évidement, ils se doutaient tous que si la tablette était là, quelque chose était caché dedans de la part d'Orochimaru. Un message, une vidéo ? Ça il allait falloir laisser le temps à Shikamaru de le découvrir.
Le brun soupira et quitta la chaise voisine à son ami à la coupe d'ananas pour aller retrouver Tenten, endormi plus loin. Il ne fit aucune remarque sur le fait que Temari s'empressa de prendre sa place pour être aux côtés de Shikamaru. En ces temps difficiles, tout le monde avait besoin de quelqu'un, Shikamaru était le quelqu'un de Temari, plus difficile de dire si l'inverse était eud'être.
Son regard se détourna de ses deux camarades et tout en marchant calmement vers le lit de sa petite amie, il inspecta la pièce.

Hinata n'était pas là, elle s'occupait du corps de Konohamaru dans la pièce voisine, Kiba avait l'aire obnubilée par un livre qu'il avait trouvé depuis deux jours, il ne l'avait pas lâché à part en s'endormant dessus. Sasuke et Naruto, quant à eux, posés à l'autre bout de la salle à même le sol, regardaient le vide.
On aurait dit deux fantômes, fixant quelque chose que personne d'autre qu'eux apparemment ne pouvaient voir. Ils n'avaient pas décroché un mot depuis la veille au soir, c'est-à-dire la dernière fois que les haut-parleurs avaient fonctionné.

Il se sentait apaisé par ce silence pourtant lourd, mais avait peur de la prochaine mise en marche des enceintes de l'établissement. Dans la nuit, ils avaient été réveillés par des cris, que tous avaient reconnu comme étant ceux de Sakura à la première note. Elle pleurait et hurlait de désespoir et à la seconde même, Naruto et Sasuke étaient devenues fous, prêts à tout pour sortir, ils n'écoutaient personne à part leur cœur. Il pouvait les comprendre, mais le Hyuuga savait aussi que foncer tête baissée de la sorte ne leur servirait strictement à rien à part les conduire vers une mort certaine.
Il avait de la peine pour Sakura ainsi que Sai d'ailleurs, mais ils ne pouvaient pas foncer dans le tas et espérer obtenir des résultats.

À de nombreuses reprises, depuis l'enlèvement de Sakura et Sai, les haut-parleurs avaient été actionnés pour leur faire écouter la détresse de leurs amis. Il ne s'imaginait pas qu'Orochimaru soit si vicieux, mais il avait pu le constater avec effroi.
Il passa sa main sur sa joue pour tâter sa blessure. Lors d'une écoute, Naruto était devenu complètement hors de contrôle et il avait eu le droit un coup de poing en pleine figure alors qu'il tentait de le stopper. Neji ne lui en voulait pas, il n'avait aucune mauvaise pensée à son égard, il pouvait le comprendre au contraire. La scène qu'ils ne pouvaient pas voir avait l'air d'être horrible et bien que le son soit mauvais et qu'un bruit strident occupait toute la bande sonore, ils avaient eut peur pour Sakura. En l'entendant hurler, ses poils s'étaient hérissés. Pourtant ce n'était pas de la douleur qu'il avait pu desceller dans son cri, mais de la rage, mélangé à de la peine.

Après ça, elle avait répété inlassablement cette même phrase qu'elle avait déjà dite par le passé. Cette promesse qu'elle se faisait à elle-même mais aussi à Orochimaru. Celle de le tuer.
Il ne savait pas ce qui se passait le bas, il ne comprenait pas totalement le déroulement des événements, mais une chose était sûre, Sakura ne serait plus jamais la même. Il avait peur pour la santé mentale de sa jeune amie tout comme il avait peur pour sa vie. D'après la dernière écoute, ils avaient supposé que Sai était mort. La détresse dans le cri de Sakura avait fait battre son cœur. Et maintenant qu'il l'imaginait seul, il avait d'autant plus peur pour elle.

Il tourna finalement difficilement la tête du spectacle que lui offraient Naruto et Sasuke. Il n'osait imaginer ce qui se passait dans leur tête. L'état dans lequel ils étaient était alarmant, mais ils ne pouvaient strictement rien faire. Ils ne pouvaient qu'attendre, attendre inlassablement et impuissant de trouver une solution ou d'obtenir une petite opportunité pour aller sauver Sakura. Pour aller sauver celle qui jusqu'à aujourd'hui les avait sans cesse sauvés. Leur héros à tous.
Mais alors qu'il atteignait celle qui faisait partie de sa vie, alors qu'il s'apprêtait à toucher ses cheveux dans un geste tendre, temps pour se rassurer que pour la rassurer que tout allait bien pour eux, qu'ils n'étaient pas comme les autres, qu'ils ne souffraient pas tout autant qu'eux, le portable sonnât.
Shikamaru répondu à la première sonnerie et actionna le haut-parleur. Kakashi à l'autre bout du fil, avait une voix de mort.

- Shikamaru, actionne le Skype de la tablette que tu viens de recevoir, nous avons eut la même et nous vous attendons.

Ses sourcils se froncèrent au ton que prenait l'Hatake. Il se passait quelque chose, quelque chose de grave, il le savait, il le sentait, tout comme ses amis qui se rapprochèrent rapidement de Shikamaru, mais surtout de la tablette.

Neji en fit de même après avoir réveillé Tenten et averti Hinata de les rejoindre.

Une fois tous posés devant la tablette, Kakashi leur demanda de répondre à l'appel qu'ils allaient recevoir puis il coupa le téléphone.

Quelques secondes plus tard, comme indiqué par Kakashi, un appel visio entra et ce fut Temari, la main tremblante qui se décida à appuyer sur le bouton "accepter".

19h55 - Cantine du lycée
Otages: Quatre cent cinquante six élèves, cent un adultes dont quarante sept professeurs

À genoux au sol, Sakura semblait épuisée mais surtout blessée. Les cheveux en bataille accroché en une queue-de-cheval sale lui donnait pourtant un air encore plus enfantin. Son visage ainsi que toutes les parties de son corps visible montraient à tous ce qu'elle avait dû endurer durant ces quatre longs derniers jours. Toutes ces plaît et ces bleus sur sa peau si blanche faisaient de cette image un spectacle bien triste à voir. Les cernes sous ses yeux étaient signé d'un grand manque de sommeil. Son arcade encore à vif laissait voir que son sang n'avait séché qu'il y a très peu de temps.

La tête baissée, elle se décida enfin à la lever pour regarder l'écran qui se trouvait devant elle. Elle est ne reconnut pas tout le monde. D'abord il y avait elle, en premier plan et en se voyant, elle ne réagit son pas. Elle ne savait pas dire si elle s'attendait à pire résultat ou pas. Puis elle descella deux autres fenêtres. Dans la première un grand groupe d'adultes la fixaient, elle n'en reconnu aucun. Sérieux, propres sur eux, elle ne sut pas dire ce qu'ils faisaient là. Peut-être était-ce des journalistes, ou bien la police ou les deux, peut-être Kakashi étaient-ils dans cette foule en train de l'observer. Elle eut la sensation d'être une bête de foire.

Puis dans l'autre, enfin, elle descella ses amis. Et bien que les larmes lui montassent aux yeux, elle ne craqua pas. En vérité, elle ne pensait plus les voir, elle ne pensait plus pouvoir les regarder de nouveau. Et après tout ce temps, son cœur se remit à cogner correctement dans sa poitrine.
Mais la première personne qu'elle vit fut évidemment Sasuke et en voyant son air plus inquiet, au bord de la folie, elle ouvrit bêtement la bouche pour dire la chose la plus inutile qu'elle puisse dire dans un moment pareil mais qu'elle ne pouvait apparemment pas s'empêcher de sortir.

- Je suis désolé, tout se passera bien, ne t'en fais pas.

Elle ne savait pas s'il l'entendait, elle ne savait s'il comprenait qu'elle lui parlait, mais elle avait encore besoin, aujourd'hui, dans sa position, alors que tout donnait à la rassurer elle de le faire envers les autres.

Elle paraissait si chétive, si fragile, si innocente, qu'une fois encore, Kakashi maudit Orochimaru pour ce qu'il faisait vivre à ces enfants.
Pour la première fois, il pouvait la voir, l'observer sur un écran et non en photo ou au loin comme lorsqu'elle se trouvait sur le toit. Il avait attendu ce moment, où il pourrait voir enfin à quoi ressemblait la jeune fille, mais pas dans ces conditions-là.
Maintenant qu'il pouvait l'observer, il se sentait perdu. Il avait confiance en elle, elle était forte et c'est lui-même qui lui avait permis de croire en elle. Par ses actes, ses actions et sa bravoure. Mais en cet instant, il ne savait plus quoi penser.
La pauvre était acculée de toutes parts, elle semblait à bout de forces et surtout à bout de nerfs. Elle avait peut-être dépassé cette limite que justement il ne voulait pas lui forcer à franchir.
Il le savait, il avait échoué, Sakura Haruno ne serait plus jamais la même après tous ces événements, elle serait perturbé à vie. Mais si seulement elle s'en sortait.

La voir ainsi ne lui donnait en cet instant que très peu d'espoir. Elle était piégée et elle avait fait les frais de son effronterie, quelle serait la suite maintenant qu'Orochimaru lui avait fait apprendre la leçon?
Son regard oscilla de la rose à la petite fenêtre qui lui permettait de voir aussi les réfugiés et il baissa les yeux sous la honte. Tout comme pour Sakura, il n'avait pu les voir qu'en photo, mais en cet instant, il avait tout de même l'impression de les connaître tous comme s'il s'agissait de ses propres enfants. Leurs regards restaient fixes et stoïques sur leur jeune amie, mais il pouvait aussi admirer sur le visage de Sasuke et Naruto, cette haine et cette folie qui naissait et s'accroissait en eux. Il ne savait pas s'ils allaient tenir bien longtemps, mais il ne pouvait que les comprendre.
Ses prunelles vrillèrent sur Sakura quand elle tenta d'apaiser tout le monde et sa gorge fit un bruit sourd. Comment pouvait-elle, encore maintenant, après tout ce qu'elle venait de vivre, après tout ce qu'Orochimaru avait dû lui faire et alors qu'elle se retrouvait en position de pire faiblesse, vouloir encore rassurer ses amis et même sourire. Car il descella ce petit sourire confiant qu'elle tenta d'arborer alors qu'il n'avait pas du tout lieu d'être.

Au final, ce fut quand elle se permit de faire ça, que l'officier fut plus confiant et comprit qu'en vérité, la rose était bien plus forte que ce qu'il pensait. Elle était le réel pilier de toute cette bande et surtout une véritable force de la nature.
Il eut alors un léger sourire, se voulant tout aussi rassurant qu'elle, comme si cette manie était contagieuse.

Mais personne n'eut le temps de dire grand-chose, Orochimaru coupa court à cette petite scène et se plaça au centre de la caméra.

- Mesdames et Messieurs, je me présente à vous en ce jour bénit des Dieux comme on pourrait dire. Je suis, comme vous le savez plus que bien je pense, Orochimaru. Je suis effectivement, le grand investigateur de toute cette prise d'otages et je ne vous cache pas que je n'en suis pas peu fière quand on voit la maîtrise de la situation que j'ai, si ce n'était ce petit groupe de soi-disant réfugiés et le chef de toute cette bande de joyeux farfelus, Sakura Haruno.

En se positionnant un peu sur la droite, il pointa la jeune fille du doigt et la présenta à tous comme si ce n'était pas déjà fait. Kakashi nota la façon peu habituelle du serpent de parler et cette manière de théâtraliser les choses, il n'y avait aucun doute, cet homme était complètement fou.
À l'affût du moindre détail qui pourrait l'aider à stopper tout ça mais aussi pour inspecter le climat de l'établissement, il se sépara de la vision de Sakura et Orochimaru pour inspecter le décor autour d'eux. Il ne pouvait pas voir grand-chose, mais la caméra bougea pour dé-zoomer et il aperçut alors une croix en bois juste derrière eux. Il n'en comprit pas l'intérêt, mais il savait qu'il ne pouvait qu'observer ce qui se passait, impuissant.

Sakura fut tirée vers l'arrière et installé sur un pupitre, un pupitre sur lequel il pouvait tous observer une énorme croix en bois qui n'avait jamais été présente à cet endroit par le passé. Naruto trembla, la scène était totalement hors de son contrôle et il avait peur de voir sa meilleure amie mourir sans rien pouvoir faire ou dire. Au bord de la crise, il tenta d'inspirer pour observer calmement la scène et ne pas craquer inutilement. Il devait rester calme et fort, comme Sasuke à ses côtés qui paraissaient bien plus maîtres de ses émotions malgré son regard noir rivé sur l'écran.

Les terroristes forcèrent Sakura à se mettre debout, elle ne tenta pas de se débattre, trop habitué à ce genre de chose à présent et ayant retenu la leçon là-dessus: c'était inutile. Elle était à bout de forces de toute façon et ne voyait pas l'intérêt d'inquiéter un peu plus ses amis en leur montrant qu'elle avait peur. Car effectivement, elle avait peur. Elle commençait réellement à savoir à quel point Orochimaru était fou, il blessait et tuait les gens sans le moindre ( culpabilité ? ). Les choses avaient évolué et pour que le serpent face toute cette mise en scène, elle savait qu'il y aurait du spectacle, le truc c'est que c'était elle le spectacle et qu'elle avait peur de ça.

Le bois dur de la croix dans son dos lui fit tourner la tête par réflexe et elle frissonna. Qu'était-il en train de se passer au juste? Elle avait peur de comprendre ce qu'Orochimaru voulait faire. Elle avait l'impression d'être dans un rêve, elle ne contrôlait rien, se laisser faire telle une poupée et n'arrivait même pas à sortir un mot. Devant ses amis, elle tentait de paraître forte et solide, mais la réalité, c'était qu'elle paniquait complètement. Celui qu'elle reconnut à présent comme étant Kabuto se rapprocha d'elle et lui attrapa le bras pour le lever en l'air à l'extrémité droite de la croix. Son regard croit les prunelles fières et vicieuses du meilleur chien d'Orochimaru et elle fronça les sourcils. Une fois son bras maintenu par un des terroristes posté derrière elle, Kabuto sourit et ouvrit la bouche pour en sortir une vise. Une vise bien trop grosse est il posée la pointe dans le creux de sa main fermement maintenue. Un petit cri sorti par automatisme de sa bouche et Kabuto ne sourit que de plus belle. Il tendit la main vers la gauche et un homme lui passa un marteau.

- Je t'ai bien dit que tu allais souffrir. Lui chuchota-t-il.

- Tu seras le premier que je tuerais.

Il rigola doucement pour ne pas se faire trop bruyant et perturber le discours qu'Orochimaru déblatérait devant elle toujours face à l'appel visio qu'il avait lancé.

- Je ne vais pas vous mentir, cette légère entrave à mon plan parfait m'a légèrement ennuyé, elle m'a même foutu en rogne pendant quelques instants. Mais aujourd'hui, tout va pour le mieux, je contrôle de nouveau la situation. J'ai pu mener ma petite enquête sur chaque membre de ce groupe de rebelles et la partie d'échecs touchera bientôt à sa fin quand j'aurais abattu la reine des blancs.

Il se tourna pour regarder une Sakura complètement dépitée par ce qu'il était en train de se passer. La reine des blancs. Voilà qu'après avoir joué au jeu du chat et de la souris pendant plusieurs jours, il se pensait à présent dans une partie d'échecs.

Sa vie ne défilait pas devant elle, mais elle voyait tout de même la fin arriver à grands pas. Alors que ses prunelles croisaient celles d'Orochimaru, elle se remémora le début de tout ça. Le début de la prise d'otages lui semblait aujourd'hui si loin et surtout si premier jour n'était rien en comparaison à aujourd'hui. Tout avait changé. Ils venaient de rentrer dans une nouvelle aire, dans un nouveau règne, celui de la terreur.

Sans le vouloir réellement, elle avait joué à un jeu avec Orochimaru dans lequel il s'était lancé et elle avait tout fait basculer. Ce qui ne devait-être qu'une simple prise d'otage se transformait en réelle guerre. Une guerre qui se confinait dans les enceintes de l'établissement et de laquelle personne ne pouvait sortir ou rentrer.
C'était elle qui avait déclenché tout ça. C'était elle qui avait lancé les hostilités. C'était elle qui avait décidé de s'échapper et ensuite de se livrer dans une bataille incertaine pour libérer tous ses camarades restés au front.

Et en cet instant, elle n'avait plus l'impression d'être un simple otage, mais plutôt une soldate prise par les ennemies et qui comptaient bien lui faire regretter d'avoir choisi le camp adverse au leur.
Elle fronça les sourcils, une chose était sûre, si elle devait mourir aujourd'hui, si elle devait mourir pour ses choix, pour ses convictions, alors ce serait la tête levée et fière de tout ce qu'elle avait fait et décidé.

Elle releva la tête et leva le menton en dédaignant Orochimaru du regard. Il ne lui faisait plus peur, il ne lui ferait plus jamais peur. Dans cette guerre, elle était tout autant sa place et son lot de batail que lui. Elle était son égale et plus jamais elle ne baisserait les yeux face à cette homme ainsi que tout ces hommes qu'elle haïssait comme jamais elle n'aurait pensé haïr un jour.

Orochimaru siffla entre ses lèvres, mécontent de l'attitude de son otage et leva la main en se retournant face à la caméra sans plus s'occuper de ce qu'il se passait dans son dos. Il ré-entama son discours, plus fort, sous les cris d'une Sakura impuissante et blessé.

Car le signe d'Orochimaru avait signé le déclenchement des actions de ses terroristes et Kabuto donna un coup fort et puissant dans le clou qui était posé sur la main de la jeune fille. Alors que le métal de celui-ci s'enfonçait dans sa peau, un long râle de douleurs s'échappa de sa gorge. Les larmes lui montèrent aux yeux sous la douleur et elle cria de plus belle ne voulant pas les laisser passer son visage. En relevant la tête, son regard se posa sur Kabuto face à elle, un sourire fière au visage et elle le dévisagea le plus hargneusement possible.

- Sakura est sans conteste celle qui me pose pour le moment le plus de problèmes. Il a donc fallu que je m'attaque tout particulièrement à son cas. Et il y a une chose qui te perdra jeune fille, s'est-ce syndrome de sauveur qui me répugne plus que tout et que je ne comprends pas. Je n'avais jamais eu l'occasion de voir une personne comme toi, c'est à la fois fascinant et énervant. De ce fait, forcément, j'ai vite compris que la blesser ne servirait à rien mais blesser les autres, ça par contre, ça changeait tout.
Elle m'avait mise en colère, je n'avais plus qu'un but, la faire souffrir. J'ai tué ta meilleure amie, j'ai tué tes camarades, j'ai blessé ton meilleur ami, je t'ai faits croire en la mort de ton petit ami, mais rien à ne suffit, tu te relevais à chaque fois. Quoi qu'il advienne, quoi que tu endures, tu es sans cesse obligé de venir en aide aux autres. C'est complètement idiot !
Mais ainsi soit-il Sakura, tu es une sainte parmi les saintes, beaucoup d'autres à ta place auraient abandonné depuis longtemps et toi tu restes, toi tu te fais du mal, tu serais même capable de te sacrifier pour sauver la vie de quelqu'un d'autre !
Tu veux être une Sainte Haruno ! Et bien aujourd'hui, je t'en donne l'occasion. Ton jour est venu ! Tout comme le premier homme à se penser supérieur à son espèce, plus bon, plus fort, tu seras à ton tour crucifié !

Derrière la caméra, tout devenait fou. Alors qu'un calme Olympien régnait dans le self entrecoupé par moments par les gémissements de la jeune rose, de l'autre côté personne ne parvenait à en revenir. Les services de forces de l'ordre tentaient de garder leurs calmes, mais les réfugiés eux hurlaient.

Sasuke attrapa la tablette et s'approcha de celle-ci tout en fusillant le serpent du regard.

- Ecoutes moi bien fils de pute, je vais te trouver, je vais te chopper et je vais te tuer tu m'entends? Est-ce que tu m'entend?

Il cria sa dernière phrase et Orochimaru eut un petit rire sombre.

- J'ai hâte de te rencontrer Uchiha !

Sasuke feignit un mouvement, mais Naruto l'attrapa et le força à se rasoir. Ses camarades surpris par une telle maîtrise de la part de Naruto le laissèrent faire.

Sakura de l'autre côté ne pouvait qu'observer ses amis et Sasuke, l'air peiné. Elle ne pouvait rien faire et elle ne savait pas si elle était triste de les savoir si loin ou réconforté de voir de telles réactions.

Sasuke croisa son regard et malgré la situation, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il lui manquait.

- Je te libérerais Sakura, crois moi sur parole, je vais te libérer !

La jeune fille inspira un bon coup, comme si les paroles de Sasuke l'avaient rassuré. Elle oublia quelques instants la douleur du trou dans sa main alors que le sang coulait doucement sur son bras levé. Elle sent les larmes remonter et sans faire attention en laissa tomber quelques-unes. Sasuke n'était pas là, mais il parvenait presque à supprimer cette distance qu'il y avait entre elle et lui.
Orochimaru coupa court à cette scène qu'il n'avait pas envie de voir dans son moment. En cet instant, c'était lui la star et personne d'autre.

- Votre ami Sai est mort. Celui-là n'était pas un de mes préférés de toute façon. Une perte inutile pour vous comme pour moi donc. Quoi qu'il en soit, je vous informe qu'à partir de maintenant de nouvelles règles s'imposent. Un coup dans le clou à chaque heure qui passe et un nouveau toutes les cinq heures tant que je n'obtiendrais pas ce que je veux. À bons entendeurs Mesdames, Messieurs !

L'appel se coupa et tous restèrent fixés devant l'écran noir, béat.

Heure approximatif entre 22h00 et 23h00 - Cantine du lycée
Otages: Quatre cent cinquante six élèves, cent un adultes dont quarante sept professeurs

Elle fut réveillée par les cris d'une jeune fille posée un peu plus loin près d'un mur. Ses yeux s'ouvrirent difficilement, bien qu'elle ne fasse que somnoler debout contre la croix, la douleur de sa blessure et la position inconfortable ne lui laissant pas cette chance. Elle avait du mal à se reconnecter avec le monde réel.

Trois heures étaient passées déjà et elle n'avait pas vu celles-ci défiler. La fatigue, la faim et la douleur lui faisait doucement perdre notion de tout. Elle avait besoin de se reposer mais ne le pouvait pas. Il fallait qu'elle sorte d'ici rapidement, où elle ne donnait pas cher de sa peau.

Elle finit par réussir à ouvrir pleinement les yeux et tenta d'apercevoir d'où venaient ces pleurs. En distinguant au sol la jeune fille, qu'il y a quelques jours s'était fait déchiqueter le bras, elle comprit que son ami au-dessus d'elle, vivait le même scénario qu'elle-même avait dû subir avec Sai ou même Ino. Elle baissa la tête, ne pouvant qu'écouter les plaintes de du jeune otage. Elle la comprenait bien. Mais pire que ça, elle souffrait avec elle, se sentant de nouveau coupable de ne pas avoir été capable de sauver cette nouvelle victime.

À ses yeux, Sakura avait une nouvelle fois fauté. Elle perdait une nouvelle vie parmi toutes celles qu'elle avait décidé de prendre en charge et impuissante, elle ne pouvait que se taire et attendre que le temps passe et efface la douleur de ses erreurs.

La douleur dans sa main se réveilla à ce moment même où des terroristes entraient dans la salle. Ses lèvres se pincèrent. Cela faisait-il déjà quatre heures qu'elle était là? Elle inspira un bon coup. La douleur allait revenir plus intensément d'ici quelques minutes, il ne fallait pas qu'elle pense à celle qu'elle éprouvait actuellement ou ça n'en serait que plus douloureux.

Mais au lieu de se diriger vers elle, le petit groupe de terroristes s'approcha de la jeune fille à présent morte et deux d'entre eux attrapèrent son corps pour l'emmener hors de la pièce. Alors qu'elle baissait la tête, les cris de sa camarade la lui firent relever bien vite, intrigué.

Kabuto était à quelques mètres derrière elle, fouet en main et elle grimaça. Depuis leurs départ, la règle du silence était alors toujours la même. Même dans ces conditions? Comment pouvait-on avoir si peu de cœur. Cette gamine qu'il s'apprêtait à punir venait de vivre la mort de sa meilleure amie. Sa réaction avait été tout à fait normal. Mais punir une personne parce qu'elle avait laissé sa tristesse dépasser ses lèvres.

Elle fronça les sourcils, incapable pourtant de sortir le moindre mot ou de tenter le moindre mouvement, elle était spectatrice de cette scène qui lui retournait le cœur.

Et elle le vit, le regard de Kabuto sur elle alors qu'il fouettait sans pitié son otage. Elle le vit aussi, son sourire vainqueur et triomphant sur ses lèvres.

La haine de Sakura se porta alors sur cet être alors qu'elle ne pensait être capable d'emmagasiner autant de rage que pour un seul homme, elle se rendait compte qu'elle avait à présent bien de la place pour deux.

Kabuto mourrait, parce qu'il ne méritait pas de vivre.

Et c'est en le regardant droit dans les yeux, qu'elle se jura solennellement que jamais Kabuto ne reverrait le jour en dehors de ces murs une fois qu'elle sortira d'ici.

Extérieur de l'établissement

" La population ne pourra que faire bouger les choses. En entendant ses cris, ils vont se poser des questions et réagir. Personne ne pourra rester indifférent à ce genre de plaintes. Mettez le plan en action, je veux des résultats dans la prochaine heure ! "

Orochimaru - Chef des terroristes et délinquant recherché depuis quinze ans - à ses hommes

Les haut-parleurs s'actionnèrent alors que la nuit était tombé depuis quelques heures sur la place. Le bruit bien que léger interpella la population qui était agroupée devant l'établissement de la feuille de Konoha. Intrigué, le bruit se passa rapidement dans la foule. Certains sortirent même de leurs tentes, qu'ils avaient installée pour ne rien loupé, sur le qui-vive.

C'était la première fois qu'un tel bruit se faisait entendre dans les parages. Les journalistes ainsi que certains agent de police étaient déjà prêts à agir, quoiqu'il se passe. Ils ne louperaient rien. Alors que certains caméraman actionnaient déjà leurs caméras pour filmer leurs journalistes, les forces de l'ordre faisaient rembarre devant le bâtiment pour empêcher qui que ce soit de traverser la frontière qui séparait la population du nouveau No Mans Land qu'avait instauré la sécurité suite aux derniers événements.

Et tous attendirent, dans un silence quasi complet que quelque chose se passe, qu'un nouveau bruit se fasse entendre. Partagé par l'excitation et la peur, personne ne savait quoi dire ou penser encore. Ça en était malsain pour certains, effrayant pour d'autres. Mais personne n'osait dire un mot de peur de louper ce qu'ils devaient voir.

Puis d'un coup, un cri de douleur se fit entendre dans les haut-parleurs inondant toute la rue. Personne ne pouvait le louper. Les gémissements de douleur de cet inconnu se firent de nouveau entendre donnant à tous des frissons incontrôlables dans le dos.

Quand les haut-parleurs s'éteignirent, le silence perdura encore quelques instants, jusqu'à ce qu'un homme dans la foule se mît à crier de colère.

- Assassins !

Bientôt, toute la foule se mit à parler, crier et s'agiter dans tous les sens. Devenant incontrôlable, le flot d'individu se mit à réagir à gauche et à droite, sous le véto compliqué des forces de sécurité. Et la nouvelle circula plus vite qu'une maladie. Les journalistes se dépêchèrent de partager les images qu'ils avaient filmées avec en bande-son les cris de cet otage dont personne ne connaissait encore l'identité. Mais les réseaux sociaux, beaucoup plus rapides, furent surbouchés par ce nouvel événement qui partageait les impressions et les avis. Certains étaient choqués, d'autres attristés ou d'autres encore en colère.

Une colère qui monta bien vite et qui se partagea de partout. Le pays tout entier fut bientôt au courant des derniers événements et la majorité se ligua contre les forces de l'ordre qui depuis le début, étaient incapables de communiquer avec la population pour leur expliquer ce qu'il était en train de se passer à l'intérieur des murs de l'établissement si réputé et dont pourtant on ne cessait de parler depuis de nombreux jours maintenant.

Et ce fut en cette nuit du 25 janvier 2013 qu'Orochimaru réussit à dominer non seulement un peu plus la prise d'otage, mais aussi le monde est bientôt le pays, en y installant le chaos. C'était la révolte.