11
Le Grand Pope
- Tu veux mourir ?
- Moi je suis d'accord avec lui!
- Pas moi.
- Moi je mange.
- Nous aussi on l'a en travers de la gorge de s'être fait ainsi traiter par des femmes, soupira Saga d'un ton moralisateur, mais je n'ai pas l'intention de risquer la vie de tous les habitants du Sanctuaire pour me lancer dans une quête inutile.
- Ne me parle pas comme à un gamin! renchérit Aiolia avec colère. Je sais ce que je fais.
Coincé entre son compagnon du Lion et l'aîné des Gémeaux, Milo tentait, pour la première fois de sa vie, de se faire tout petit sur sa chaise. Ceci était bien connu dans tout le Sanctuaire : étant parfaitement opposés, Aiolia et Saga avaient souvent des avis divergents, et le ton montait facilement entre eux. L'un était aussi calme que l'autre était impulsif, mais mis tous les deux face à face, lorsque la tension grimpait, il était difficile de les différencier tellement chacun se laissait emporter par ses propres convictions.
Le silence s'était fait autour de la table, et si quelques Chevaliers tentaient vaille que vaille d'ignorer les deux hommes qui se fusillaient du regard, d'autres suivaient la conversation naissante avec intérêt – comme c'était le cas pour Shiryu. De son point de vu, toute idée était bonne à prendre.
Sentant instinctivement la colère monter, Saga tenta de se calmer en prenant une grande inspiration, sans quitter Aiolia des yeux.
- C'est évident, reprit-il avec un calme légèrement tendu, tu sais ce que tu fais au point d'en oublier une chose importante : nous ne récupèrerons jamais notre cosmos, Absol nous l'a dit. Le Sanctuaire est tombé parce qu'on nous étions incapable de le défendre, on doit donc trouver un moyen d'éviter la guerre à venir dès maintenant.
- Ou botter le cul de ces connasses en récupérant notre puissance, grogna Aiolia, les yeux lançant des éclairs. Ça revient au même !
- Absolument pas ! Tu crois quoi, que les Amazones vont nous rendre notre force sans broncher ? Si on suit ta logique, on devra se battre contre elles, sans plus aucune force !
Aiolia soupira et se laissa tomber au fond de sa chaise, avant de se frotter les yeux, la tête rejetée en arrière. La douleur de son bras gauche ne l'aidait certes pas à garder son calme, mais Saga ne lui portait pas grande aide non plus.
En réalité, il se souvenait du Gémeaux comme quelqu'un de très à cheval sur le règlement, la droiture et le calme qui le punissait souvent, car le Lion avait été un enfant turbulent, surtout lorsqu'il se retrouvait avec son ami Milo. Mais ces souvenirs et cette expérience n'avait pas aidé Aiolia, une fois grand, à apprécier Saga comme il le fallait. En réalité, il le voyait encore comme un adulte tyrannique qui l'enverrait au cachot pour la nuit s'il faisait la moindre bêtise. En plus, lorsque cela arrivait à l'époque – souvent ! – c'était rarement de sa faute. Bon, d'accord, une fois, il avait mis le feu au terrain d'entraînement des femmes Chevaliers, mais c'était totalement accidentel.
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, elles nous écraseront ! continua Saga d'un air buté. Plutôt que d'arranger les choses, tu les provoqueras avec dix-huit ans d'avance.
- Selon le gamin les Amazones nous ont volé notre cosmos, et n'ont pas l'intention de nous le rendre, reprit le Lion en se penchant de nouveau. Volé. Tu entends ça ? Volé !
Quelques visages auparavant baissés se tournèrent vers lui, soudain beaucoup plus attentifs. Shiryu tendit l'oreille avec encore plus d'intérêt. Même Saga paraissait écouter, les sourcils froncés.
- Et alors ? demanda-t-il avec prudence.
- Quand tu voles quelque chose tu le caches forcément quelque part, précisa Aiolia en tapant du poing sur la table. Les Amazones nous ont volé notre cosmos, mais où l'ont-elles stocké ? Une puissance pareille ne se cache pas n'importe où aussi facilement non ? Il faut juste qu'on découvre où. Et ensuite on leur rentre dans le lard.
Un petit silence plein de réflexion s'installa. Les yeux verts d'eau de Shiryu allèrent de l'un à l'autre, scrutant et détaillant les expressions des onze hommes autour de la table. Il sourit.
De son côté, Aiolia était fier de lui. Cette idée lui trottait dans la tête depuis qu'il avait entendu le gosse prononcer ces mots. Car cette hypothèse s'alliait parfaitement avec ses espoirs. En réalité, il n'était sûr de rien. Il espérait seulement que les Amazones n'avaient pas tout bonnement détruit leur cosmos, sans cela, tout était perdu pour eux. Il priait donc pour que cette solution insensée soit la bonne.
- Et tu crois qu'en dix-huit ans, les parents de ces gamins n'y ont pas pensé ? demanda Saga d'un ton moqueur. Arrêtes de nous faire perdre notre temps, on ne gaspillera pas notre énergie à ça, se serait nous mettre nous-même et le Sanctuaire tout entier en grave danger.
- Quand est-ce qu'on t'a élu chef, toi ? rétorqua Aiolia en le pointant du doigt. Je ne savais pas que c'était toi qui décidais.
C'était aussi ça, qui lui avait toujours déplu chez Saga. Car, bien avant qu'il ne devienne le nouveau Pope, celui-ci se prenait déjà pour le décisionnaire. Il avait une tendance agaçante à vouloir prendre des décisions pour tout le monde, et si Aiolia détestait une chose, c'était bien qu'on décide pour lui.
Saga soupira, puis sourit avec ironie avant de lever les paumes vers le ciel, et de reprendre :
- Je crois être le plus sensé de nous deux.
- Tu te fous de ma gueule ? rugit Aiolia.
- Du calme, intervint Shiryu avec une telle douceur que le Lion se tourna vers lui sans répliquer.
Toutes les têtes suivirent le même mouvement. Il sourit. Il avait l'air si doux et si calme, que la tension qui s'était accumulée dans la pièce à cause du Lion et du Gémeaux retomba d'un coup, et certains hommes autour de la table reprirent leur respiration.
Aiolia sentit derechef les battements désordonnés de son cœur ralentir et se stabiliser. Ses muscles se décrispèrent et les traits de son visage se relâchèrent. Comment Shiryu parvenait-il à faire ça ?
- Vous êtes treize, reprit le Dragon avec douceur, je pense que ça suffit amplement non ? Vous pouvez répartir les tâches. Si je te suis bien, Saga, ce que tu veux c'est aider Athéna à découvrir la nature de sa dette, et comment elle pourrait la régler. Toi, Aiolia, tu veux retrouver ta force pour te venger. Je suppose que, parmi vous autres ici présent, certains sont d'accords avec la première idée, et certains avec la seconde. Oui ?
Quelques têtes firent un mouvement rapide de haut en bas, et tous étaient suspendus aux lèvres de Shiryu. En quelques mots, en un seul regard, celui-ci venait tout bonnement de prendre le commandement. Alors, ceux qui ne l'avaient pas encore réalisé virent brusquement à quel point l'enfant qu'ils avaient connu avait grandi. A présent, ça n'était plus à un enfant qu'il s'adressait, mais à un homme. Et, si Shiryu en était devenu un, il en était de même pour ses quatre compagnons. Le Dragon ouvrit ses deux mains en conclusion.
- Et bien alors, divisez-vous en deux groupes. Je suis sûr que les Archives de ce palais regorgent de livres dans lesquels tout a été scrupuleusement noté. Peut-être que vous aurez une piste. Pour ceux qui sont du même avis qu'Aiolia, il va falloir réfléchir. Vous n'avez pas vu grand-chose de l'île sur laquelle vous étiez retenus, mais un indice, c'est le plus souvent très infime.
Le silence qui suivit était plein de consentement. Même Aiolia garda le silence. Il se sentait tellement inutile et bête qu'il préférait ne rien dire. Pourquoi n'avait-il pas pensé à cela tout seul ? Ç'aurait été plus intelligent de parvenir à un arrangement, mais il avait été tellement pressé d'assoir son autorité sur Saga, qu'il s'était laissé emporter. Dans ces cas-là, il se sentait idiot, mais uniquement après que le mal soit fait. Quelques Chevaliers s'entreregardèrent en acquiesçant, avant que Saga ne dise enfin :
- Je suis d'accord. Maintenant, il faut faire les groupes.
- J'ai horreur de ça ! se plaignit Milo. Je suis toujours le dernier à être choisit.
- Et tu te demandes encore pourquoi ? sourit Kanon.
- Je t'emmerde !
- Bon, on se concentre ? intervint Saga avec agacement.
Mais au même moment, la porte de la salle s'ouvrit en grand, et Ikki pénétra dans la pièce comme une tornade. Aussitôt, l'atmosphère se fit plus lourde et plus oppressante. Dépourvu de cosmos, les Chevaliers d'Ors étaient désormais incapables de se protéger de celui, écrasant, du Phénix et ne purent que se rendre compte à quel point sa puissance était agressive, à côté de celle, relaxante et douce, de Shiryu. Vêtu d'un jean noir et d'un marcel de la même couleur qui lui collait au corps, Ikki s'arrêta vers le milieu de la table. Il ignora royalement toutes les têtes tournées vers lui, et lança :
- Saga, Athéna veut te voir dans ses appartements.
L'ainé des Gémeaux se leva aussitôt pour prendre la porte. Aiolia fronça les sourcils. Pourquoi leur Déesse voulait-elle le voir en privé après une réunion collective ? Encore un truc que lui seul était autorisé à savoir.
Ses yeux revinrent vers le Phénix pour le détailler. Il avait eu raison de s'inquiéter. Désormais, Ikki dépassait largement en taille et en muscle certains des Ors les plus fins, comme Shaka ou Camus. Le Lion se demanda même un bref instant s'il n'était pas légèrement plus grand que lui. Sa peau semblait encore plus foncée que dans ses souvenirs, mais ses cheveux épais avaient gardé la même apparence et la même couleur bleu-nuit. Ses yeux, d'un bleu légèrement grisé, étaient froids et coupant comme de l'acier. Leurs regards se rencontrèrent.
- Hey au fait ! s'écria Milo en adressant à Ikki un sourire immense. Nous aussi on est super content de te revoir !
Le Phénix arqua un sourcil, le visage grave et indifférent. Ce qui eut pour effet de faire rire la plupart des Chevaliers. Puis il s'en retourna sans rien répondre, traversant la pièce en grandes enjambées. Mais avant de franchir la porte du fond, il lança par-dessus son épaule :
- Ramènes-toi Shiryu, je vais avoir besoin de quelqu'un.
- J'amène quelque chose à manger à Mû à l'infirmerie et j'arrive, répondit le Dragon en se levant.
- Grouilles, je t'attends dans l'armurerie.
Et il sortit. Son passage rapide dans la salle avait laissé une désagréable impression de lourdeur, comme si un animal sauvage venait de marquer son territoire. Aiolia garda les lèvres closes. Il s'était senti ridiculement faible face au Phénix, tellement impuissant que, toute colère l'abandonnant, il sentit un désespoir immense l'envahir des pieds à la tête. Il n'avait plus rien à faire ici, le Sanctuaire n'était plus sa maison, il n'était plus un Chevalier. Il aurait dû rester dans les limbes, ou même sur l'île des Amazones, plutôt que de faire honte à sa Déesse.
- Vachement aimable, commenta Milo.
- Il est ce qu'il est, soupira Shiryu en rassemblant un ou deux plats autour de lui, et encore, maintenant il est beaucoup plus sociable qu'à l'époque. Bon ! Votons. Qui est d'accord avec Saga ?
Quelques mains se levèrent. Aiolia sortit de sa rêverie et releva les yeux, faisant semblant de s'intéresser.
- Je suppose que les autres sont plutôt du côté d'Aiolia. Voilà, les groupes sont faits. Les clefs des Archives sont transmises au Grand Pope par Athéna donc, allez vous adresser à elle.
Il mélangea des nems, des raviolis et quelques nouilles dans un bol sous le regard appuyé de Milo, alors que d'autres avaient recommencé à manger. Aiolia n'avait plus faim, tout appétit l'avait quitté. Finalement, que les Amazones détruisent le Sanctuaire était peut-être une bonne chose, car un domaine sacré mené par des Chevaliers impuissants était une honte pour la Chevalerie toute entière.
- Pourquoi à l'armurerie ? demanda brusquement Kanon.
- Pour s'assurer que vos armures sont en bon état, je suis le seul à qui Mû ait montré précisément comment les soigner, alors c'est moi qui m'y colle.
- Et à quoi elles nous serviraient ? se moqua Aiolia avec dédain. Sans cosmos, on ne peut plus s'en servir.
- Alors à toi de faire en sorte que je ne fasse pas ça pour rien.
Le Lion et le Dragon se fixèrent un instant avant que le premier ne détourne le regard. Regarder Shiryu dans les yeux était une expérience assez étrange, troublante. Il avait un don certain pour transmettre son calme et son bienêtre aux gens qui l'entouraient, et avec une telle facilité, qu'on se sentait instantanément bien à ses côtés. C'était comme si Shiryu avait lu dans ses pensées, comme si, derrière ces paroles en apparence anodines, il avait tenté de lui faire passer un message plus important. Comme s'il lui disait de ne pas abandonner. De sortir de sa torpeur, et d'arrêter de bouder. Aiolia releva les yeux vers lui.
Le jeune homme s'essuyait les doigts sur une serviette blanche en souriant doucement, puis il détourna le regard et plaça les bols qu'il venait de remplir sur un plateau repas. Quelques discussions avaient repris autour de la table.
- Au fait, reprit Milo dans un sourire en se penchant vers lui, t'es célibataire ?
Aiolia leva les yeux au ciel et Kanon rigola. Shiryu eut un sourire en coin tout à fait séduisant, et demanda :
- Pourquoi ?
- Bah ! T'es hyper sexy ! Pas vrai ?
Il chercha l'assentiment de ses camarades d'un coup d'œil rapide, et quelques-uns lui fournirent. Puis il revint vers le Dragon. Ils se regardèrent quelques secondes avant que le jeune homme ne remonte la main vers son épaule droite, et souleva une épaisse mèche de cheveux, dévoilant son cou. Là, quelques yeux s'écarquillèrent, et le Scorpion siffla avec admiration. Dohko manqua s'étouffer en avalant de travers, toussant à en cracher ses poumons.
Un énorme suçon noir ressortait sur la peau blanche de la clavicule. Il était tellement appuyé qu'on devinait les traces de sang sous l'épiderme et même les marques de dents. Incapable d'en détourner le regard, Aiolia écarquilla les yeux. Cette marque n'était pas qu'un simple suçon. En langage codé, c'était une preuve d'amour et de passion, mais c'était aussi une façon de dire aux autres : pas touche, celui-là est à moi.
- Désolé, sourit Shiryu en laissant retomber ses cheveux, j'suis marqué.
- La vache ! ne put se retenir Kanon. Il est super possessif ton mec. C'est qui ?
- Qui te dit que c'est un mec ?
- Rien, répliqua Milo dans un immense sourire, on l'espère pour toi c'est tout. Parce que putain, sinon tu t'es trouvé une sacrée tigresse !
- En tout cas, c'est sûr que c'est pas Shunrei, souffla Dohko une fois qu'il eut retrouvé son souffle.
Aiolia n'avait pas le souvenir d'avoir un jour rencontré la petite chinoise, mais il ne remit pas un seul instant la parole de la Balance en doute. Car, par expérience il savait que les femmes, généralement, ne faisaient pas ce genre de suçon. Le leur était le plus souvent clair, pas très appuyé et léger. Une façon de dire « je t'aime » plus que « je te dévore ». Pour lui, seul un homme pouvait être l'auteur de ce chef d'œuvre. Mais, dans ce cas, qui était-ce ? Vers qui Shiryu s'était-il tourné ? Soudain, Aiolia sut ce qu'il y avait de changé en lui. Il avait certes grandi, il était évidemment plus mature, mais l'amour n'y était certainement pas pour rien dans la transformation qu'il avait subi. Qui que soit cet amant fougueux, il n'avait qu'un impact bénéfique sur le Dragon. Brusquement, alors qu'Aiolia souriait doucement, bizarrement heureux, il sentit une légère érection pointer dans son pantalon. Allons bon, il ne manquait plus que ça.
Sans rajouter un mot, Shiryu s'en fut d'une démarche svelte et aérienne, refermant doucement la porte derrière lui. Le léger brouhaha des conversations s'était tari autour de la table, installant un silence amical ponctué uniquement des cliquetis des couverts sur les assiettes. La jambe droite tressautant, Aiolia tenta de se calmer. Certes, Shiryu était sympathique, calme et diablement sexy, mais tout de même, bander pour avoir vu un suçon ! Il n'était pas en manque à ce point-là tout de même ? Au bout de quelques minutes cependant, toujours dans le même état, le Lion fut bien forcé d'admettre que si, il était terriblement en manque.
Soudain, Milo se redressa sur sa chaise, s'étira de tout son long et lâcha un rot sonore. De son côté, Kanon s'évertuait à décapsuler sa deuxième bouteille de bière thaï.
- J'en ai marre, se plaignit le Scorpion, tous les mecs sexy sont pris ! Je vais être obligé de ramasser les miettes.
- Tu touches à Shiryu, je t'arrache les yeux, le menaça Dohko.
- Relax papi, il a plus treize ans ton protégé.
- C'est bien ça qui m'ennuie. C'est quand même déstabilisant, je le laisse, c'est un enfant, et je le retrouve, c'est un homme. Je le reconnais à peine.
- Arrêtes de chialer, grogna Aiolia.
- Dans une vie, on croit que deux ans, ce n'est rien. Mais en fait, c'est beaucoup.
Court silence mélancolique.
- Voilà t'a plombé l'ambiance ! s'écria Milo.
- En fait c'est de le savoir avec un mec qui te fout les boules, conclut Kanon après une gorgée de bière.
- Ouais … peut-être un peu.
- Pourquoi ? demanda Milo.
- Je ne sais pas. Peut-être parce que je me dis que c'est de ma faute. Je suis gay, alors je l'ai forcément influencé non ?
- Je ne vois pas pourquoi ça te chiffonne autant, s'incrusta Shura.
Dohko lui balança un regard de fauve, comme s'il s'apprêtait à lui sauter à la gorge pour le secouer dans tous les sens. Trop occupé à tenter, encore, de faire diminuer cette érection gênante, Aiolia ne faisait pas beaucoup attention à la discussion.
- C'est vrai ça, continua Kanon, sa bouteille à la main. Ici on est pratiquement tous gay et on … enfin on …
La Balance, les lèvres pincées et les sourcils froncés, n'attendait qu'un mot de la part du cadet de Saga pour se jeter sur lui et lui envoyer son poing dans la figure.
- Ouais, nan c'était un mauvais exemple, termina Kanon en baissant la tête, tu fais bien de t'inquiéter finalement.
Quelques hommes rirent, et Kanon sourit malicieusement alors que Dohko s'accoudait à la table pour faire disparaitre son visage dans ses mains, souriant cependant. Lorsqu'il se posait encore des questions sur sa sexualité, avant de finalement en arriver à la conclusion que ça n'était pas si important que ça, Aiolia s'était déjà demandé si la proximité d'autant d'homme n'y était pas pour quelque chose. Les Chevaliers d'Ors étaient bien connus dans le Sanctuaire pour être tous pratiquement gays, et apparemment, les Divins semblaient être touchés eux aussi. Il était donc naturel pour Dohko de se demander s'il n'y était pas pour quelque chose dans le choix de Shiryu.
- Allé, t'inquiète pas, sourit Milo d'un air espiègle, Shiryu l'a dit lui-même, c'est peut-être une femme qui lui a fait ça, on ne sait pas !
- C'est ça, et Aldé c'est un nain de Transylvanie, répliqua Kanon dans un immense sourire.
De nouveau, certains s'esclaffèrent alors que le Chevalier du Taureau, la tête rejetée en arrière, ronflait comme un bienheureux, déjà en pleine digestion. Le calme enfin revenu dans son pantalon, Aiolia redressa la tête et sourit en voyant dans quel état se présentait Aldébaran. Au moins, il n'était pas trop perturbé, lui.
- Mais je suis sérieux ! reprit Milo avec conviction. Moi j'en ai déjà rencontré des nanas totalement folles !
- C'est peut-être Shina ? hasarda Kanon.
- C'est peut-être ta mère, grogna Aiolia, que cette conversation commençait passablement à saouler.
- J'suis sûr que c'est Shina.
- Attendez, coupa Shura en se penchant légèrement, quelqu'un l'aurait vu Shina, justement ?
- Pourquoi, tu veux qu'elle te morde toi aussi ? demanda Milo dans un grand sourire.
- Nan, 'fin pourquoi pas, mais ce que je veux dire c'est qu'on a vu tout le monde depuis qu'on est réveillé. Sauf Shina et Marine.
Petite pause de réflexion. Aiolia fronça les sourcils, fouillant sa mémoire à la recherche d'une réponse, ou d'une affirmation pour démentir le Capricorne. Mais non, celui-ci avait raison, les femmes Chevaliers n'avaient pas pris la peine de se déplacer pour venir les voir. Son ex-petite amie n'était, de toute évidence, pas si heureuse que ça de le retrouver. Ou bien, cela cachait autre chose.
- Ah bah oui tiens, c'est vrai ça, dit Milo.
- Elles avaient peut-être pas envie de voir ta tronche, éructa Aiolia, accoudé à table, le menton posé dans la paume de sa main droite.
Un soupir lui parvint et Dohko, assit juste en face de lui, releva enfin la tête.
- Ce que t'es chiant toi, déclara-t-il d'un air fatigué, il revient quand Mû ? Faut le museler là !
- Nan, tant qu'il ne mort pas ça va, sourit Milo, la prochaine fois qu'il grogne, donne-lui juste une croquette.
- Va chier, grogna le Lion.
- Mais si c'est pas Shina, c'est qui ? insista Kanon.
Au même moment, la porte de service de la salle se rouvrit et Ikki surgit comme une furie, traversa l'immense pièce à grandes enjambées en diffusant alentour son cosmos agressif, puis ressortit par la porte principale sans même leur adresser un regard. Un lourd silence s'installa alors parmi les dix Chevaliers attablés.
- J'arrive pas à croire que cet homme soit le frère de Shun, commenta Camus avec un effarement sincère.
- Ils ne le sont peut-être pas, répliqua Milo dans un sérieux désobligeant, c'est ce qu'ils disent mais après tout, personne n'a jamais vérifié.
- T'es devenu con avec l'âge ou c'est de naissance ? lança Aiolia.
Dohko s'apprêtait à dire quelque chose lorsque la porte d'entrée se rouvrit. Ce fut au tour de Mû de pénétrer dans la salle, la démarche calme et chaloupée. Du moins en apparence, car son visage n'exprimait que fatigue et incompréhension.
- Déesse merci ! s'écria la Balance en levant les bras vers le plafond.
Le Bélier s'approcha, les sourcils froncés, puis s'installa aux côtés d'Aiolia, qui n'avait pas bougé d'un iota, et fixait Dohko avec une colère évidente.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Mû, quelque peu inquiet. J'ai croisé Ikki en venant, et il n'avait pas l'air très content.
- Apparemment, il n'a jamais l'air content, lui répondit Camus à l'autre bout de la table.
- Tiens, ça me fait penser à quelqu'un ça ! répliqua Dohko avec énergie.
- Ta gueule ! lui lança Aiolia avec colère.
- Houlà, t'as l'air de mauvais poil toi, constata Mû en posant délicatement sa main sur l'épaule gauche du Lion.
Celui-ci lui spécifia sa réponse dans un grognement rauque, signe qu'il s'était quelque peu calmé. Le simple contact de la main sur son épaule l'avait en parti débarrassé de sa colère étrange.
Aiolia ne se reconnaissait plus. Il admettait sans peine qu'il lui arrivait, parfois, de passer facilement du coq à l'âne, tantôt amusé tantôt énervé. Mais pas à ce point-là. Cette colère, là, dans son cœur, il ne l'a comprenait pas. Pourquoi ? Chaque mot qui était dit, chaque phrase qu'il entendait prononcer l'agaçait. Il avait simplement envie de se retrouver seul et d'écouter le silence. De réfléchir. Ou peut-être pas. Non, pas de réfléchir, juste de regarder le ciel, nocturne de préférence, et de ne penser à rien. De ne plus penser à rien, jamais. Pourtant, avant que tout ceci ne lui arrive, Aiolia du Lion était quelqu'un de très sociable, pas comme Camus ou Shaka, qui avait besoin de la présence des autres. De gens et de mouvements perpétuels autour de lui pour se sentir bien. Mais là, précisément en cet instant, il avait simplement envie de se retrouver seul.
A ses côtés, ne se doutant pas un seul instant des pensées mélancolique de son amant, Mû se servit un verre d'eau, puis déclara :
- Shiryu m'a dit que vous aviez décidé de vous répartir pour deux tâches différentes. C'est une bonne idée, on est nombreux alors ça nous fera avancer plus vite.
- Ouais enfin, sans lui, Aiolia et Saga seraient encore en train de se crêper le chignon, répliqua Milo d'un air bougon, il n'a même pas dix-sept ans et il est plus malin que nous.
Aiolia avait envie de lui répliquer que, de toute façon, c'était à la portée de tout le monde d'être plus intelligent que lui, mais il se ravisa à la dernière seconde. Inutile de se mettre tous ses amis à dos parce qu'il était de mauvais poil, incapable de prendre sur lui. En fait, il était tout simplement en train de devenir dépressif. Alors il soupira et tenta de trouver un quelconque intérêt à la conversation qui s'était réengagée.
- Le petit ami de Shiryu ? sourit Mû, amusé. Aucune idée. C'est important ?
- Nan, répliqua vivement Dohko.
- Bah quand même, ça m'intrigue ! lança Kanon.
- Ouais moi aussi, l'appuya Milo avec énergie, comme ça dès que je sais qui c'est, je lui pète les dents, et je me jette sur Shiryu !
- Je croyais que c'était Shun, qui t'intéressait ? demanda Mû.
- Ah oui … c'est vrai.
- D'autant que lui, il est libre, ajouta Kanon en terminant sa bière, toi qui te plaignait que tous les mignons étaient pris.
- Nan mais Hyôga il est encore trop à fond dessus, ça se voit.
- On peut parler d'autre chose, là ça devient chiant, se plaignit Camus en terminant son verre d'eau.
- Tout à fait d'accord, grogna Aiolia.
Le menton toujours dans la paume de la main, les yeux baissés vers son assiette vide, Aiolia tentait de se distraire en faisant tourner sa fourchette dans sa main gauche. Mais la douleur de son biceps l'en dissuada bien vite et il reposa le couvert dans un grognement. Tout autour de lui, ses compagnons étaient repartis dans la même discussion. Ou peut-être parlaient-ils d'autre chose. Mais il s'en fichait, il n'écoutait plus. Il avait juste envie d'être seul.
Une fois encore, Mû déposa délicatement sa main sur lui, mais sur son avant-bras cette fois, puis remonta vers ses cheveux et les caressa avec légèreté. Histoire de ne pas paraître trop ingrat, Aiolia se tourna vers lui, un triste et douloureux sourire aux lèvres.
- Tout va bien ? demanda le Bélier, une lueur inquiète dans le regard. Tu as mal ? On peut aller à l'infirmerie si tu veux.
- Si on pouvait éviter de retourner là-bas avant les cent prochaines années, se serait sympa, lui rétorqua le Lion.
Mû sourit. Revoir son visage, ses yeux, la couleur incroyable de ses cheveux lui fit du bien, et Aiolia sentit un peu de toute la tension accumulée dans son corps le quitter. A présent, il avait juste envie de calme et de douceur. Penser à la solitude lui faisait peur. Voilà qu'il passait encore du chaud au froid en quelques secondes ! Perturbé, il fronça les sourcils.
- T'as l'air crevé, lui dit Mû dans un murmure, tu devrais aller te reposer.
- Nan, Saga a été convoqué par Athéna on attend qu'il revienne pour savoir.
- Ah oui ?
Aiolia acquiesça d'un bref signe de tête avant de détourner le regard. Mû évitait soigneusement d'évoquer le sujet qui risquait de les fâcher : l'enfant. Certes, son existence ne prouvait pas forcément que le Lion se soit mis en ménage avec une femme, car il était évident, de prime abord, que ce gosse soit le fils de Cassia. En tout cas, l'âge correspondait. Mais tout de même, c'était gênant. Aiolia avait bien vu la déception et la douleur dans les yeux de son amant lorsqu'Absol s'était avancé sur l'estrade. Mais il n'avait pas envie d'en parler. Pas envie d'y penser. Il avait juste envie de faire comme si rien de tout cela ne s'était passé. De toute façon, temporellement parlant, ce fils n'était pas le sien. Ou du moins, pas encore. Alors il ne voyait pas l'intérêt d'évoquer le sujet.
- T'as réussi à apprendre plus de chose alors ? demanda brusquement Dohko en se penchant vers Mû. Comment va le petit ?
Quelques têtes se tournèrent vers eux et Aiolia même s'intéressa à la réponse du Bélier. D'aussi près, il vit clairement l'expression de son visage passé de la fatigue à l'incompréhension.
- En grandissant, cet enfant sera incapable de marcher normalement, répondit-il d'une voix rendue forte et rauque par la colère, Shun a fait du bon travail, mais des nerfs et des tendons sectionnés dans la jambe, ça ne pardonne pas. Il boitera toute sa vie. Ces femmes ont bien dans l'idée de nous exterminer.
- Les salopes ! s'écria Milo. Elles ont osé faire ça à un gosse !
- Quand ils sont arrivés ici, ils étaient tous plus ou moins blessé. Mais je n'ai rien appris d'autre, ils refusent de parler de peur d'en dire trop, et de trop en dévoiler.
- Ils ont raison, intervint Shaka avec parcimonie, nous ne devons leur poser aucune question.
- Bah quand même, il y a des choses qu'on aimerait bien savoir, intervint Milo.
- Non, nous ne devons rien leur demander.
- Nan mais attend, le but de leur venu ici c'est quand même de nous avertir du danger non ? De nous aider à changer les choses ! Comment veux-tu qu'on change les choses s'ils ne nous disent rien.
- Réfléchis, et tente de changer les choses tout seul.
Le Scorpion se renfrogna, et Aiolia fronça les sourcils. D'un certain point de vue, Milo avait raison. Tout comme Shaka. Les enfants étaient ici parce que leurs parents avaient voulu les mettre à l'abri, mais aussi parce qu'ils voulaient les prévenir du danger futur. Alors quel était intérêt s'il ne leur apprenait rien ?
- Leur rôle c'est peut-être de nous mener sur des pistes, tenta-t-il, on ne doit pas leur poser de question, ok. Mais simplement écouter ce qu'ils ont à nous dire, et les laisser parler s'ils le jugent nécessaire.
Milo haussa les épaules, à la fois d'accord et pas d'accord. Les paupières closes, Shaka gardait le silence. Même si Aiolia avait davantage envie de se réfugier dans son temple et de s'enfermer dans le noir et le silence, il était forcé d'admettre que si cette histoire n'était pas réglée aujourd'hui, il ne serait plus jamais tranquille. Il devait s'y mettre dès maintenant, et trouver une solution. Après tout, l'avenir du Sanctuaire tout entier n'était-il pas en jeu ?
Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit de nouveau et Saga entra. Son expression était un peu hébété, comme s'il venait de se réveiller ou bien d'apprendre quelque chose de franchement étonnant. Il resta quelques instants sur le pas de la porte à fixer ses compagnons en clignant des paupières, puis s'avança doucement. Il trainait légèrement des pieds.
- Bah alors frérot ! lança Kanon, les sourcils froncés. Qu'est-ce qui t'arrive, t'as vu la Vierge Marie ?
Instinctivement, Milo se tourna vers Shaka en souriant, avant de s'esclaffer.
- Ah bah non c'est vrai, lança-t-il en riant, plus maintenant.
Puis il rit de nouveau. Avec un petit sourire en coin, Shaka poussa un soupir désespéré. S'il avait eu les paupières ouvertes, pour sûr qu'on l'aurait vu lever les yeux au ciel. Saga s'arrêta près de la table, derrière Dohko qui fut obligé de se retourner pour pouvoir voir l'expression totalement abasourdi que l'aîné des Gémeaux arborait. Tous les Chevaliers présents retenaient leur souffle, attentifs. Puis, Saga déclara enfin :
- Athéna m'a demandé si je voulais bien assumer de nouveau le rôle de Pope.
Et il avait l'air franchement surpris. Un petit silence étonné régna encore quelques instants, puis Aiolia soupira en se frottant les paupières, Mû poussa un petit rire qu'on aurait pu qualifier d'attendri, et Kanon ouvrit sa troisième bouteille de bière thaï.
- Et alors ? lança Dohko, un sourcil arqué. Ça t'étonne ?
- Bah … oui, avoua Saga, avec ce qu'il s'est passé, je ne pensais pas qu'elle me redemanderait ça.
- T'étais un bon Pope, répliqua Milo, enfin, t'étais bon quand t'étais pas totalement schizo.
- Je … te remercie. Enfin je crois.
Il y eut quelques rires. Aiolia sourit avant de se frotter le front, sous ses mèches de cheveux tombantes. Il avait brusquement très mal à la tête. Mû avait sans doute raison, peut-être était-il préférable qu'il aille se reposer. Il supportait assez mal Saga et son autorité, mais même lui admettait sans problème que toutes ses qualités faisaient de lui un bon Pope.
Saga se tourna alors vers lui en brandissant un trousseau de clef, qui constituait avec la cape bleue sombre, la panoplie complète du Pope du Sanctuaire.
- On dirait bien que je suis vraiment le chef, ici, dit-il en souriant légèrement.
Mais brusquement, son sourire s'effaça et ses sourcils se froncèrent. Aiolia arqua les sourcils. Face à lui, Saga avait l'air très inquiet.
- Aiolia, tu saignes, lui dit-il gravement.
Le Lion se redressa et fixa sa main. Du sang maculait ses doigts. D'où venait-il ? Il n'avait rien senti, et à part un mal de tête fulgurant, il n'avait mal nulle part ailleurs. Mû l'obligea à se tourner face à lui pour le détailler.
- T'en as sur le visage, lui dit-il d'une voix blanche.
Puis ses yeux verts descendirent et sa peur se transforma en colère. Il se redressa vivement, le regard sombre.
- Tu t'es encore gratté ! lança-t-il vivement.
- Mais non, répliqua doucement Aiolia avant de baisser le nez sur son torse.
Sous son tee-shirt, une immense tâche rouge imprégnait le tissu et dégoulinait sur ses cuisses. Quelques gouttes avaient commencé à couler sur le carrelage blanc de la salle, formant une petite flaque de sang de couleur vive. Il n'avait rien sentit. S'il s'était gratté, c'était inconsciemment.
Brusquement, son mal de tête s'intensifia de façon fulgurante et il ferma les yeux en poussant un grognement. Il avait chaud, trop chaud. Un voile noir recouvrait ses yeux, même lorsqu'il les rouvrait, et sa tête commença à lui tourner. Son corps s'affaissa alors, vidé de toute énergie, et Aiolia se sentit tomber sans pouvoir s'en empêcher. Il ne sentit même pas les bras souples de Mû le retenir avant qu'il ne touche le sol. Il se sentait simplement vaporeux, étrangement bien. Son corps était tout engourdi, et il ne ressentait aucune douleur. Seules quelques voix lui parvenaient :
- Comment il a pu perdre tout ce sang !
- Faut l'emmener à l'infirmerie !
- Non, on ne peut pas le transporter dans cet état. Allez chercher Shun, et qu'il prenne ses outils avec lui. Je vais essayer d'arrêter cette hémorragie. Aiolia, tu m'entends ?
Le Lion tenta d'acquiescer ou de grogner pour lui répondre, mais il ne put que gémir faiblement. Il détestait cette sensation où il se sentait faible et impuissant. Il devait au moins ouvrir les yeux, rien que les yeux. Il sentit une légère pression sur ses côtes, là où sa plaie saignait, signe que Mû appuyait dessus pour l'empêcher de saigner davantage. Sous sa tête, il sentait la fermeté de ses cuisses, et sur son visage, les quelques mèches de cheveux parmes qui l'effleuraient lorsque le Bélier se penchait. Il se concentra sur ces sensations pour garder conscience quoi qu'il arrive. Il était hors de question qu'il s'évanouisse ! Il tenta d'ouvrir les yeux, mais la lumière de la salle était trop vive, trop blanche, trop éclatante.
- Reste conscient, lui ordonna Mû au-dessus de lui.
Mais la voix était lointaine, éteinte, comme s'il lui parlait la tête plongée dans la ouate épaisse d'un coussin. Bientôt, seul le silence résonna à ses oreilles. Ce n'était pas désagréable en fait. Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas s'enfoncer doucement dans cette irréalité tendre et épaisse, comme de la laine chaude ? Parce qu'il était un Chevalier, et qu'une simple plaie rouverte ne pouvait pas avoir raison de lui. Par fierté, Aiolia tenta de rouvrir les yeux. Mais c'était trop dur. Ses paupières ne firent pas un seul mouvement. Conscient, il devait rester conscient. Soudain, il y eut une autre présence, d'autres mains douces et une autre odeur qu'il connaissait bien.
Alors, inconsciemment, Aiolia se dit que ce n'était pas si grave à présent, car on prenait soin de lui. Il cessa de lutter et sombra doucement en poussant un soupir de bienêtre. Ici, il était bien. Ici, il n'avait qu'à se laisser porter. Plus de questions, plus de responsabilité, plus de peur ni de danger. Ici, il n'y avait que lui et cette odeur d'amande douce agréable et rassurante.
Coucou c'est moi !
J'suis bien contente de le finir ce chapitre ! Moi je l'aime bien. Ici, on voit toute la confusion d'Aiolia après sa rencontre avec Absol, on voit aussi la distance qui s'est installé, doucement, entre lui et Mû. On voit sa fragilité =)
Alors, d'après vous, c'est qui qu'a fait ce suçon à Shiryu, hein ? Indice : c'est la première fois que je tente ce couple XD (oui je sais, ça aide pas beaucoup ^^) Et Marine et Shina, elles sont où et qu'est-ce qu'elles font d'après vous? Qui de Saga ou Aiolia a raison : aider Athéna pour trouver la nature de cette dette, ou rentrer dans le lard de ces Amazones pour récupérer leur cosmos ? En fait, j'arrivais pas à me décider sur ce qu'ils allaient faire, ou ce par quoi ils allaient commencer. Alors du coup, j'ai fais les deux XD -_-"
Mmh, bref. Euh, voilà. Rien à dire de plus sur ce chapitre ^^ Ah si : il va porter sur quoi, le prochain, à votre avis ? D'autres questions seront posées, c'est sûr ^^
Bisous ! Et merci de votre présence et de toutes vos reviews =)
Ps : je sais que j'abuse, et que certaines d'entre vous me prendront certainement pour quelqu'un qui ne sait pas ce qu'elle fait ... et vous avez peut-être raison XD Mais voilà, j'aimerais vous poser une question : si je retente "La vie de thérianthrope", vous serez d'accord ? Troisième version ... je sais, c'est franchement abusé vu que je n'ai pas réussi à dépasser les 10 chapitres pour les deux premières, mais là, je l'ai remanié et ... nan, je ne vais pas vous ressortir la même chose. Là aussi, y'a des chances, peut-être infimes, pour que je ne termine pas cette fic non plus 0o Mais j'aimerais retenter quand même (j'aime pas rester sur un échec) vous en pensez quoi ? Si certaines n'ont pas envie d'être déçues une troisième fois, je comprendrais. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez sincèrement =) Merci ^^ Bien sûr, je ne commencerais pas cette possible fic tant que "Un avenir passé" ne sera pas terminée !
