Le corbeau semblait savoir où il allait car après la tombée de la nuit nous arrivâmes devant une petite maison à l'air abandonné. Cependant le corbeau toqua. Contre toute attente une fente dans le haut de la porte coulissa. L'homme qui se trouvait par derrière nous scruta. Il ouvrit ensuite la porte et nous entrâmes.

Il n'y avait aucunes fenêtres dans la grande pièce. L'éclairage tamisé provenait uniquement de bougies disposées de-ci de-là. Le côté droit ressemblait à un bar tandis que la partie gauche faisait office de restaurant vu les tables. Itachi se dirigea vers le comptoir du bar qui séparait les deux espaces. Je restai près de lui sans trop le coller non plus. Je sentis néanmoins pleins de regards posés sur moi. Finalement il était préférable que je me collai à lui. Avoir une auberge de renégats vous matant était assez flippant.

Une chambre pour deux.

Bien. Vous voulez dîner ?

Oui.

Installez-vous je vous prie.

Le barman avait l'air sympathique ou tout du moins respectueux. Je suivis le corbeau jusqu'à une table dans un angle de mur. Notre commande fut prise immédiatement. Ne connaissant pas les lieux je pris la même chose que le corbeau. Ce dernier ajouta une bouteille de saké. Il s'en alla en même temps que le serveur prétextant prendre possession de la clé de chambre.

Je restai donc seul en attendant. Trois hommes baraqués en profitèrent en m'encerclèrent, me plongeant dans leurs ombres. Déjà qu'il n'y avait pas beaucoup de lumière…

Tu m'as l'air un peu seul. Tu peux venir avec nous si tu veux.

En plus t'as les yeux bleus. C'est rare. J'aime tout ce qui est rare.

Ouais, les cheveux blonds aussi c'est très rare.

J'étais paralysé. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas battu. Tellement longtemps que je me demandais si j'en étais encore capable. Est-ce que je pouvais au moins utiliser ma fameuse technique de multi clonage ?

Lorsque le premier des trois hommes posa une main sur ma joue, tout mon être arrêta de fonctionner. Seul le cri de mon moi intérieur troublait le silence.

Ne le touchez pas.

Mes agresseurs se détournèrent enfin de moi, me permettant de reprendre mon souffle.

Pourquoi ? Il n'est pas marié.

Pour approuver ses dires le second attrapa violemment mon poignet gauche, dénué de toute alliance.

Les yeux d'Itachi tournoyèrent. Son visage était impassible face aux lamentations et aux cris des deux personnes qu'il avait plongé dans une illusion. Il se tourna vers celui considéré comme le leader. En un moment rapide, précis et effrayant, il lui déboita l'épaule droite. Il ne répondit que lorsque le volume de la douleur de l'homme eut baissé.

Il m'appartient. Je n'aime pas qu'on touche à mes affaires.

Comme si de rien était il revint s'assoir alors que les importuns pouvant à nouveau bouger déguerpissaient. Le repas arriva et il commença tranquillement à manger. Je le suivis mais mon esprit était beaucoup plus tracassé par quelque chose.

Si j'avais bien comprit les paroles de tout à l'heure, dans le monde des méchants, si tu n'étais pas marié alors tu étais en danger de te faire violer par tout le monde. Une bien intrigante philosophie. Hidan a-t-il réussi à convertir le peuple à sa religion ? Au point que les femmes de ses messieurs bénéficieraient d'une protection supplémentaire ? Ca m'étonnerait fort ; je n'ai pas vu beaucoup de nukenins avec des alliances. Ce doit être réservé aux puissants ninjas. Ceux qu'on est certain de ne pas pouvoir battre facilement et que par conséquent il ne vaut mieux pas toucher à leur propriété. On ne touche pas impunément à la nana d'un classé S comme Suicide. Vu comme ça, c'est déjà plus logique je trouve.

N'y pense plus.

Hein ?

A ce qu'ils ont dit, n'y pense plus. Contente-toi de te rassasier.

Ok.

Essayant d'ignorer tout ce qui passait par ma tête, je me concentrai sur mon plat. Riz et poulet rôti. Ce n'était pas du luxe mais ça avait le mérite de tenir au ventre. Puis, comparé à la soupe du midi qui était censée vous nourrir pour 24 heures…La Lune Rouge était vraiment radine sur la nourriture, alors maintenant qu'il y avait du poulet devant moi, je n'allais pas le laisser filer quand même !

Je terminai lentement mon plat, appréciant chaque bouchée, la bénissant presque. Itachi m'attendait en buvant du saké. Voyant que j'avais enfin fini, il se leva et je le suivis. L'on monta directement à l'étage. Ce ne devait pas être la première fois qu'il se posait ici. Nous avions eut la chambre 13. Une chance que je n'étais pas superstitieux.

J'aime tes yeux. On jugerait que ce sont deux étendues d'eau. Mais il n'y a pas plus moche quand elles sont troublées par des pierres.

S'étant retourné pendant sa tirade, il me caressa la joue. Je fermais les yeux pour mieux sentir sa caresse et méditer sur sa phrase. Ce fut des yeux brillants que je rouvris sur lui.

Protège-moi des galets.

Il se rapprocha, arrêtant son visage à quelques millimètres de mes lèvres.

Si tu restes près de moi je le ferais.

La mince distance entre nous s'estompa après ses dernières syllabes. Un baiser pour sceller une promesse, puis un acte d'amour pour s'unir. Notre première nuit hors de la planque marquait pour moi le début d'une nouvelle vie. Je prenais un nouveau départ avec celui que j'aimais à mes cotés.

Je me réveillais le lendemain entourés de bras forts et chaleureux, comme à chaque fois que le corbeau passait la nuit avec moi. Ainsi, sans surprise je le vis se réveiller un peu après.

Ohayo.

Il garda les yeux fermés. Il était très paresseux quand il le voulait celui-là.

Mon bisou matinal.

Je crois que je vais mettre ça sur le compte des rituels matinaux de Monsieur la flemme. Le connaissant je lui donnais ce qu'il voulait puis partis à la quête de linge. Je m'habillais en même temps. Il n'était plus question de se rendormir après son départ. Je m'adonnais ensuite à la tâche la plus ardue que je connaisse : le relever. Je suis sûr qu'il prend son pied à tous les coups.

Il n'y a pas de brosse.

Fais-le avec tes mains.

Je fis de mon mieux pour qu'il n'y ait pas de mèches rebelles. Histoire qu'on ne remarque pas qu'il ne s'était pas réellement coiffé.

On prend notre petit déjeuné en ville ?

Pourquoi pas.

Il alla payer la chambre. Comparé à la veille, il n'y avait envers moi que des œillades discrètes. Personne ne me regardait ouvertement. Ils avaient sûrement peur de s'attirer le courroux de mon compagnon. Quoique je sois certain que Tobi m'aurait quand même dévoré des yeux.

La ville était plutôt proche du refuge à mécréants. La tanière profitait grandement du couvert des arbres. On se dirigeait vers un petit café lorsque j'aperçus un magasin de vêtements. Ma tenue se rappela alors à moi comme un boomerang en pleine face.

Itachi, on peut aller au magasin avant ?

D'accord (soupir) si ça te gêne tant que ça.

Un peu que ça me dérangeais ! Je n'avais pas envie de passer de villes en villes en trimbalant mes gambettes à l'air, surtout si on allait dans les pays froids. J'optais pour une tenue simple et passe-partout, quasiment la même qu'Itachi en y réfléchissant bien. La seule différence étant qu'à la place de son T-shirt résille j'avais choisi un haut en coton à manches très courtes. Le tout en tissu noir, cela va de soi. Ensuite Itachi insista pour que j'essaye un mini short noir hyper moulant. Je ne pus m'empêcher de rougir devant le miroir et lui de tâter la matière. Il prit aussi un sac dans lequel il fourra mon pyjama et celui qu'il venait de s'acheter. Lorsque l'affaire fut bouclée on alla se restaurer. Je pris un simple croissant et du lait chaud, lui, préféra les tartines au beurre et à la confiture. Nous continuâmes ensuite notre petit tour dans la ville main dans la main. Tout à coup il s'arrêta…devant un coiffeur.

Je peux ?

Oui, je te l'offre.

Sugoï. T'es génial.

Pour approuver mes dires je l'embrassai. Je fus vraiment content de ma nouvelle tête. Les couleurs se mariaient très bien entre elles.

Lorsque j'eus terminé, il devait être aux alentours de midi. N'ayant chacun pas très faim nous entrâmes dans une boutique d'accessoires. Le corbeau ne supportait apparemment pas de vivre sans brosse à cheveux. Cette dernière atterrit dans le sac. Ensuite ce fut au tour de la nourriture d'y être fourrée. Je pense qu'Itachi voit ce sac plus comme un fourre-tout ou un cabas qu'un sac de voyage. Tout y atterrissait irrémédiablement sans même un regard. Il prit aussi un appareil photo à tirages instantanés accompagné de son album. Allez savoir pourquoi. Me dîtes pas qu'il est du genre nostalgique, je ne le croirais pas. Ce serait plutôt pour les bons moments qu'on passera ou alors c'est un naturiste. Mais ça aussi je ne le sens pas. Il n'a pas la tête qui va avec.

Nous prîmes un hôtel en fin de journée dans le centre ville. Le repas étant comprit dans la formule, nous dînâmes au lit. Pendant qu'il prenait sa douche je rendis les plateaux au hall. Puis ce fut à mon tour d'occuper la salle de bain. Lorsque je revins, une carte sortie de je ne sais où était étalée sur le lit…

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Bon, j'estime que pour une fois, j'ai fais assez vite non ? Si c'est non dites, vous en aurez d'autre pour Noel !

Par contre, j'ai décidé d'une chose, qu'à chaque fois que je finirai un nouveau chapitre, j'en publierai un (comme ça, j'aurai toujours 10chapitres d'avance sur vous ! niark, niark, niark !!)

Je sais je suis méchante parce que j'ai pas pu aller en ville acheter mes mangas de Noel...égoiste et alors ??