Je n'aurais jamais cru possible l'éventualité de survoler la grande ville de Miami, en hélicoptère privé, et en tenant la main d'Ian Somerhalder. Excusez du peu.
Le spectacle était grandiose, on aurait dit un rêve. Les lumières illuminaient Miami, la rendant encore plus attrayante. Les grands édifices se dressaient sous nous, nous pouvions en reconnaître certains d'entre eux.
- C'est magnifique, murmurai-je.
Ian me caressa le creux de ma main avec son pouce pour me montrer qu'il pensait la même chose que moi. Je rougis. Une chance qu'il faisait noir ! Je commençais à ressentir quelque chose de nouveau envers Ian. Un sentiment que je ne comprenais pas moi-même. Cela me faisait peur dans un sens, car je le considérais comme mon meilleur ami. Je ne pouvais pas mettre le point sur ce sentiment, car je n'avais jamais encore ressentis une chose pareille. Mais je savais néanmoins que ce n'était pas juste une simple marque d'amitié... Surtout que je ne rougirais pas autant dans le cas contraire.
- Il y a quelque chose d'autre de magnifique dans cet hélicoptère, marmonna-t-il tout bas sans y penser.
Cette phrase me troubla légèrement, comme si je me sentais concernée. C'est stupide ! Voyon, il te considère juste comme une bonne amie, rien de plus, me souffla ma conscience. Je me mordis la lèvre.
- Ah oui ? Demandai-je en me tournant vers lui.
Il me regarda, confus.
- Ouais... Les... Les sièges sont vraiment confortables.
- Ah.
Bon, je m'imaginais encore des scénarios ! Tu vois, tu n'es pas le centre du monde.
- Ici Ramus Fifo. Nous allons atterrir, dit le conducteur dans son micro.
Une bouffé d'adrénaline m'envahit. Le sang me battait dans les oreilles, et je m'efforçais, en même temps, de ne pas broyer la main de mon meilleur ami.
- Hé, on ne va pas s'écraser, me rassura-il en sentant ma main serrer la sienne.
L'angoisse grandissait à mesure que l'engin se rapprochait du sol. L'hélicoptère se posa en toute douceur sur son support. Je soupirai, je n'avais jamais vraiment apprécié les hauteurs. Ian se détacha facilement, mais de mon côté, je n'arrivais pas à débloquer la courroie.
- Merde, pestai-je discrètement.
- Attendez, je vais vous aider, mademoiselle Dobrev, dit le conducteur.
Bon. Je suis repérée.
- Je vais prendre la relève, merci, annonça Ian en se baissant.
Il se mit à genoux devant moi et effleura mes doigts en prenant la courroie défectueuse. Une grande bouffée de chaleur s'empara de mon corps et remonta jusqu'à ma tête. Manque de bol, les lumières étaient allumées. Pourquoi faut-il que je sois une machine à rougissements ?! Dieu merci, il avait la tête rivée vers le bas. Il était en train de se battre avec mon harnais, tirant dessus, et pendant ce temps, moi j'essayais par tous les moyens de regarder ailleurs. Je venais de me remettre de toutes mes émotions, il aurait pu me donner un répit !
- Ton harnais est vraiment vilain, Nina, marmonna-t-il en insérant son doigt entre la courroie et mon t-shirt.
Il n'avait pas conscience de l'effet qu'il produisait sur moi. Enfin, j'espère. Son doigt glissa et arriva de plein fouet sur mon ventre, en haut de mon nombril, m'arrachant une plainte étouffée. Il releva rapidement la tête, inquiet. Maintenant, c'était sûr, je devais être aussi rouge qu'une tomate. Quand il prit conscience dans l'état dans lequel je me trouvais, il se releva brusquement.
- Je ne voulais pas te... Enfin...
- Non, non...
- Te mettre mal à l'aise...
Je regardais partout, sauf dans sa direction, histoire de ne pas m'humilier davantage. Je me trouvais assise, attachée à mon siège par un harnais. Et lui, debout devant moi, me regardant étrangement. J'étais prise au piège. Merde.
- Vous voulez de l'aide, mademoiselle Dobrev ?
Je regardai dans la direction du chauffeur, il se dirigeait vers moi. Mon sauveur!
- S'il vous plait.
Il détacha ma courroie au bout de quelques minutes très embarrassantes. Maintenant, il doit vraiment penser que je suis une enfant, pensai-je en pensant à Ian. Je sentis une boule me remonter dans la gorge en me levant. C'était vrai, après tout. Il avait une bonne dizaine d'années de plus que moi, et il avait plus d'expérience que moi dans tous les domaines.
Nous sortîmes de l'hélicoptère et nous dirigeâmes vers la sortie du gratte-ciel. Le soleil commençait à se lever. Je ne dis pas un mot pendant tout le trajet en taxi, et lui non plus.
La tristesse me gagna doucement, à mesure que je prenais conscience de la réalité qui m'entourait. J'étais une enfant, lui un adulte. Il pensait différemment de moi. J'avais un petit ami que je n'étais même pas sûre d'aimer. On m'avait volé mon enfance. J'étais vierge. Je me rabaissais intérieurement au fur et à mesure que mes pensées défilaient dans ma tête. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ?
Une première larme coula, je tournai ma tête vers la fenêtre pour ne pas qu'Ian la voit. Le taxi s'arrêta et se gara devant mon appartement. J'essuyai rapidement mes yeux et me retournai vers lui en esquissant un demi-sourire.
- Merci pour tout.
Il me scruta attentivement avant de me répondre.
- J'espère que tu as aimé.
- J'ai adoré, répondis-je sincèrement.
Il tendit sa main vers la mienne comme pour la prendre, mais je la retirai aussitôt. J'étais troublée. Par quoi, au juste ? Je ne savais pas. Il fronça les sourcils et planta son regard dans le mien.
- Ça va ? Tu m'as l'air différente, aujourd'hui.
- Ce n'est pas de ta faute, dis-je en sentant ma voix fléchir.
J'ouvris la portière quand il m'arrêta en m'attrapant le bras. Mes yeux se remplirent automatiquement d'eau. Je regardai son bras, effrayée. Il ne pouvait pas me comprendre. Personne ne le pouvait. J'étais une cause perdue, en quelque sorte.
- Lâches-moi.
- Pas avant que tu m'expliques.
- Je t'ai dit de me lâcher ! Dis-je faiblement.
Il retira son bras et me regarda, inquiet.
- Désolée. Je ne peux pas, murmurai-je. J'ai besoin d'être seule.
- Avec Rick ? Répliqua-t-il sèchement.
Je le regardai, étonnée. Comment osait-il ? Ça ne le regardait absolument pas.
- Je ne sais pas ce que vient faire mon petit ami dans la discussion. De toute façon, il faut que je rentre. Bonne journée, Ian.
Je refermai la portière en laissant échapper quelques sanglots. Je gâchais vraiment tout ! Je couru jusqu'à mon appartement en ne regardant pas une seule fois derrière moi. Ça y était, j'avais craqué.
Une petite review, s'il vous plaie ! Je n'en ai pas recu beaucoup au dernier chapitre... :( Je ne sais plus combien de personnes me suivent encore ou si je dois la mettre en pause. Merci !
