Indra était rentrée à Polis depuis plusieurs jours, mais elle se cachait la plupart du temps. Un de ses amis tenait, ce qu'on pouvait appeler une taverne. Il avait mit à sa disposition, une toute petite pièce, qui se situait entre la taverne et la remise. L'endroit devait mesurer, deux mètres sur trois à peine, mais elle pouvait s'y reposer en toute tranquillité. Son ami lui déposait tous les jours, de quoi manger et boire. Elle disposait même d'une trappe qui donnait dans le ruelle voisine, ce qui permettait à Indra de rentrer et de sortir à l'abri des regards. Malgré cela, elle ne sortait que très rarement et c'était seulement pour repérer le circuit de Lexa et Octavia. Après plusieurs repérages, elle trouva enfin le bon endroit pour les attendre, un porche avec un banc juste à coté. Elle se plaqua contre le mur sous le porche et attendit. Lorsqu'elle aperçu les deux jeunes femmes arrivées, elle s'avança légèrement, suffisamment mais pas trop, pour que seule Octavia l'a voit. Une fois fait, elle recula pour regagner sa place dans l'ombre et attendit que Lexa et son second se soient assis sur le banc.
- Alors quelles sont les nouvelles ? Demanda Octavia.
- Clarke est en vie !
- Vraiment ? S'écria Lexa, qui s'étonna elle même de enthousiasme de sa question.
Indra regarda son Commander et sourit.
- Oui, il faut encore quelques jours pour se remettre, mais globalement, elle va bien.
Cette nouvelle emplissait de joie, le cœur de Lexa. Pas seulement parce qu'elle était contente de ne pas l'avoir tué. Non. Elle sentait qu'il existait quelque chose en elles deux et que puisqu'elle était en vie, elles auraient l'opportunité de se voir.
- Lorsque je l'ai vu, elle attendait Raven et un jeune homme prenait soin d'elle.
Un jeune homme ? Lexa eut soudain l'impression de ressentir de la jalousie...
- Raven ? Je suppose que Clarke a une idée derrière la tête !
- Tu supposes bien Octavia ! Elles doivent se rendre quelque part, toutes les deux.
- Et où ça ?
- Je ne sais pas, elle ne m'a rien dit. C'est peut être mieux d'ailleurs. Mieux vaut ne pas savoir, ainsi, nous ne pourrons rien dire !
- Oui, je suppose que tu as raison... Est ce que tu sais ce qu'elles vont faire au moins ?
- Oui. Elles vont fabriquer une puce pour Lexa.
- Une puce ? Murmura Lexa, un peu perdue.
- C'est possible ça ? Demanda Octavia.
- Oui manifestement Octavia.
- Heda... Lorsque vous êtes morte, le gardien de la flamme, a fait ce pourquoi, il était destiné, il vous a enlevé la flamme, une puce. Le problème, c'est que vos souvenirs sont partis avec.
- Alors..., je..., je ne porte pas la flamme...
- Non. C'est Clarke qui la porte à présent..., dit Indra.
- Elle ne vous l'a pas volé. Elle l'a mise pour nous sauver, expliqua Octavia.
- Pour ça aussi, vous m'avez menti...
- Oui, Lexa, je suis désolée, dit Octavia.
- Ce qui est fait est fait. L'important, c'est que Clarke, a une solution pour vous faire retrouver la mémoire et donc votre place, avec vos pleins pouvoirs.
- Tu as raison Indra... Je peux vous poser une question ?
- Bien entendu, que voulez vous savoir ?
- Quelle relation avais je avec Clarke ?
Indra regarda Octavia.
- Je crois qu'il vaut mieux que vous attendiez de retrouver votre mémoire ou de retrouver Clarke, pour en parler avec elle..., dit Indra légèrement embarrassée.
- Je ne veux pas attendre...
- Heda, cela concerne votre vie privée...
- Pas si privée..., tu as l'air de savoir quelque chose..., s'il te plaît, dis moi !
- Vous étiez très proches, finit par dire Indra.
- Elle était mon amie, alors !
- Oui...
- Quoi donc ?
- Elle était... plus que ça...
- Plus que ça ?
Lexa fit une pause.
- Oh ! Je vois ! Nous étions amantes !
- C'est ça ! S'écria Indra soulagée.
Le visage de Lexa s'illumina, les choses devenaient plus clair. Soudain, son visage se referma. Elle se leva et regarda Octavia. Elle pointa son doigt vers elle.
- Toi et Roan vous m'avez obligé à la combattre ! Je l'ai poignardé ! Je comprend son regard, son attitude à présent... Elle n'aurait pas pu me faire du mal ! Par tous les dieux ! Il n'y a rien de plus cruel ! Comment avez vous pu ! Cria t elle.
- Commander..., je vous en pris, calmez vous !... Nous allons attirer l'attention vers nous ! Dit Indra.
Lexa se rassit. Elle ferma les yeux et posa ses mains sur le bord du banc. Elle serra aussi fort qu'elle pu, pour s'empêcher de hurler. Lorsque enfin, elle réussit à maîtriser sa douleur et sa colère, elle ouvrit les yeux et regarda Octavia.
- Je comprend pourquoi tu as agi comme tu l'as fait. Je peux même arriver à comprendre les motivations de Roan, mais ça..., jamais..., je ne vous le pardonnerai jamais...
- Heda, je comprend votre douleur, mais il faut...
- Non Indra, je refuse de rester une minute de plus, ici et avec...
- Vous n'avez pas le choix, il vous faut jouer le jeux... Au moins jusqu'au retour de Clarke, continua Indra.
Bien sur, son ancien second avait raison, elle ne pouvait pas partir et laisser son peuple aux mains de Roan. Elle ne pouvait pas non plus réclamer son trône, l'homme n'aurait, à l'heure actuelle, aucun mal à la discréditer aux yeux de tous. Il lui fallait donc continué à jouer ce rôle d'amnésique sous la régence du roi de la Nation des Glaces. Mais elle se sentait humiliée et trahie.
- Entendu, dit Lexa résignée.
- Parfait. Roan a fait venir cinq cent hommes d'Azgeda. Je vais essayer de trouver des amis, pour voir, parmi les nôtres, sur combien de soldats, et généraux, nous pouvons compter. Cela sera important à savoir si nous devons nous battre.
- Tu crois qu'il le faudra ?
- Et bien tôt ou tard, vous aurez cette puce et serez en droit de réclamer vos pleins pouvoir... et je doute que Roan vous le rende sans résister ! Bon, si vous le voulez bien, on se retrouve dans une semaine, je vous tiendrai au courant, d'ici là...
- Oui, je sais, faire profil bas !
- C'est ça ! Dit Indra en rabattant sa capuche et en se fondant dans la foule.
Octavia et Lexa rentrèrent en silence, elles n'échangèrent aucun mots. Le leader bouillonnait de rage, mais elle se souvenait aussi des paroles d'Indra. Se contenir était difficile, cela le fut encore plus, lorsqu'elle se retrouva face à Roan, et ses yeux perfides. Elle avait envie de lui sauter à la gorge. Mais, si le roi de la Nation des Glaces était un hypocrite, en revanche, ce n'était pas un idiot, et il comprit que quelque chose n'allait pas.
- Tout va bien ?
La guerrière fut obligée de desserrer sa mâchoire pour lui répondre.
- Bien entendu, qu'est ce qui te fait penser que quelque chose ne va pas ? Dit Lexa avec un grand sourire.
- Je ne sais pas, une impression. Lorsque tu es arrivée à ma hauteur, j'ai eu la sensation que la température de la pièce chutait, comme si j'étais de retour chez moi !
- C'est peut être le mal du pays, le temps pour toi d'y retourner ! Dit sèchement Lexa.
Roan se rapprocha d'elle. Leur visage n'était qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, le roi plongea son regard gelé dans le vert de Lexa.
- Attention, Lexa...
- Pour toi c'est Heda ! Et à quoi devrais je faire attention ?
- Je suis le roi d'Azgeda !
- Et moi le Commander des treize clans, dont le tien !
- Tu es ici parce que JE t'y ai mis ! Sans moi tu n'es rien, tu as une tête vide !
Octavia s'approcha.
- Et si on se calmait un peu, hein ? Qu'est ce que vous en dites ?
Lexa regarda la jeune femme et réalisa soudain ce qui était en train de se passer. Elle avait laissé exploser sa colère et par conséquence, on était loin du profil bas qu'avait demandé Indra. Elle tenta alors apaiser les choses en jouant, elle aussi une rôle.
- Tu as raison, Octavia, je ne sais pas pourquoi, je me suis emportée contre toi, Roan... Je suis désolée... Toi qui as tant fait pour moi..., dit Lexa avec une crédibilité incroyable.
- Il est bien que tu le reconnaisses, dit Roan d'un air suffisant.
- Si tu veux bien, je vais aller me reposer, dit Lexa en baillant.
Sans même attendre la réponse du roi, la jeune femme s'éclipsa.
Octavia resta seule avec Roan.
- Si elle prend trop d'assurance, il va falloir agir...
- Comment ça agir ? Tu ne penses pas à l'éliminer, tout de même ? Demanda Octavia soudain apeurée.
- Et pourquoi pas ?
- Et bien parce que..., personne ne te laissera prendre sa place... tu n'as pas la flamme, bredouilla Octavia.
Roan sembla, un instant, perdu dans ses pensées.
- Oui, c'est vrai, tu n'as pas tord, on ne peut pas la tuer, mais on pourrait la rendre... plus docile.
- Qu'est ce que tu entends par là ? Demanda Octavia à présent terrifiée de ce que Roan pouvait avoir en tête.
- Tu verras, tu verras, dit il en souriant et en quittant la pièce.
Octavia était paniquée, quoi que Roan voulait faire, cela ne serait pas bon pour Lexa. Il fallait absolument qu'elle la prévienne.
Elle prit les escaliers et monta aussi vite qu'elle pu, les trois étages qui la séparaient de la chambre du Commander. Elle fut rapide mais pas suffisamment, car lorsqu'elle pénétra dans le couloir, elle constata avec regret que Roan était déjà devant la porte de Lexa. Octavia resta caché dans l'ombre.
- Que veux tu Roan ? Dit Lexa
- Discuter avec toi, je crois que nous n'avons pas fini notre discussion...
- Je crois que si, au contraire ! Répondit Lexa sur un ton agacé.
- Et moi je te dis que non ! Dit Roan en poussant violemment la porte.
Le roi ferma la porte derrière lui. Lexa recula de quelques pas, méfiante.
- Je crois qu'il faut que tu comprennes deux trois choses importantes. Pour être Commander, il faut la flamme et toi tu ne l'as plus... J'ai caché cette information, mais ne crois pas que j'ai fait cela, pour te protéger ! Je l'ai fait pour moi ! Alors, il me serait facile de dire que je ne savais pas, annoncé que tu m'as berné... Le peuple te virerait comme une malpropre, Il n'y aurait plus de Commander, si tu vois ce que je veux dire ! Et moi, je prendrai ta place !
- Impossible, tu n'es pas un nightblood !
- Ah donc tu sais ça aussi..., qui t'as donné ces informations ? Peu importe ! Le peuple se trouvera sans leader, il sera perdu. Avec ou sans flamme, nightblood ou pas, il n'aura pas d'autre choix que de se tourner vers moi !
- Tous ne t'accepteront pas !
- Non, mais j'ai cinq cent hommes ici à Polis et je peux en faire venir encore autant ! Tu crois que j'aurai du mal à prendre le pouvoir de force ?
- Tu tuerai les tiens ?
- Quels miens ? C'est toi le Commander de la coalition ! Les miens sont Azgeda et c'est tout !
- Le pouvoir te monte à la tête Roan ! Nous allons retourner dans le chaos !
- Certainement et du chaos renaîtra un monde nouveau !
- Dirigé par toi ?
- Tout à fait ! Il est temps de mettre fin, à tout ce système... Il n'y aura plus qu'un seul peuple, la Nation des Glaces ! Tous devront se soumettre !
- Tu es fou...
- Non, je change le monde. Soit tu es avec moi, soit tu es contre moi...
- Je ne pourrai jamais être avec toi...
- C'est incroyable ! Tu as perdu la mémoire, mais tu gardes tes principes stupides ! Ou devrais je dire, ceux de cette Skaikru !
- De quoi parles tu ?
- De Clarke ! Avec toutes ses mièvreries, elle t'a ramolli la tête !
- Tu as dit qu'elle était mon ennemi, qu'elle m'avait trahi ?
- Oui, et bien, c'était pas tout à fait vrai... Vous étiez proches toutes les deux ! Trop proche ! Elle t'a donné des leçons de morales, de valeurs et t'a convaincu de changer, de nous changer ! Le sang réclame le sang ! Voilà, quels étaient nos principes avant !
- Sans doute, mais peut être avons nous changé, pour devenir meilleurs !
- Non, nous sommes devenus faibles !
Roan fit quelques pas vers Lexa, qui restait toujours sur ses gardes.
- Tu étais comme moi avant..., tu pourrais le redevenir... Je pourrai faire de toi ma reine...
- Quoi ? Qu'est ce que tu racontes !
Roan se rapprochait toujours.
- Oui..., tu retrouverais ta place et moi j'aurai la mienne !
- C'était ça, ton idée depuis le début ?
- Non, mon idée c'était de me servir de toi pour arriver à mes fins, après si je peux joindre l'utile à l'agréable... ça vaut la peine de réfléchir, qu'en penses tu ?
Lexa regarda Roan et ne savait que penser. Depuis que Indra et Octavia, lui avait apprit que Clarke et elle étaient amantes, elle avait réfléchit. Elle n'éprouvait pas d'amour pour la Skaikru, mais elle se sentait attiré par la jeune femme et par les femmes en général. Elle n'avait aucune attirance envers les hommes et encore moins Roan, c'était grotesque ! Alors Lexa se mit à rire. Roan énervé par sa réaction, attrapa la gorge de Lexa d'une main.
- Ma proposition te fait rire ? Mais je peux obtenir ce que je veux de force ! Dit il les dents serrées.
Lexa lui attrapa le poignet et essaya de se dégager. Les doigts de Roan étaient fermement fermés sur sa gorge et elle avait du mal à respirer. Il la poussa vers le lit. Lexa résistait, mais physiquement Roan était plus fort. La situation ne s'arrangea pas, lorsqu'il la fit basculer sur le lit, et qu'il s'allongea sur elle. Toujours la main sur sa gorge, il pesait à présent, de tout son poids sur elle. Là encore Lexa essaya de se dégager, mais n'y arriva pas. Hurler ne servait à rien, personne ne viendrait l'aider, elle ne pouvait compter que sur elle. Alors malgré la panique qui commençait à s'emparer d'elle, elle se mit à réfléchir à la solution pour se sortir de cette situation.
- Tu vois Lexa, lorsque je veux quelque chose, je l'obtiens et tu ne fais pas exception à la règle. Je vais te faire comprendre qui commande ici ! A partir d'aujourd'hui, tu feras ce que je te dis ou je viendrais m'amuser avec toi, tous les jours ! Tu as compris ?
- Oui, dit péniblement Lexa.
- Et bien voilà, je savais que je pouvais te rendre plus... docile ! Bien puisque je suis là, autant profiter de la situation.
Il se redressa et s'assit à califourchon sur Lexa. Il relâcha son étreinte sur la gorge de la jeune femme qui en profita pour prendre une grande goulée d'air. Roan était assit sur son bassin et l'empêchait de bouger. Il mit ses mains sur ses hanches.
- Bien maintenant enlève tes vêtements d'en haut..., dit Roan avec un grand sourire.
- Quoi ? Demanda Lexa essayant de gagner quelques minutes pour réfléchir.
- Tu as très bien entendu ce que je t'ai dit... enlève tes vêtements ou c'est moi qui le fait !
Lexa s'exécuta. Doucement, elle enleva bouton par bouton. Roan exaspéré attrapa la chemise à deux mains et l'ouvrit d'un coup en faisant sauter tous les boutons ou presque.
- Enlève ça ! Dit Roan en désignant son sous vêtement.
Lexa s'en débarrassa et se retrouva torse nu devant Roan.
- Parfait ! On va bien s'amuser ! Dit Roan en caressant la poitrine de Lexa avec ses deux mains.
Lexa se sentait humiliée mais elle savait qu'elle n'arriverait pas à se libérer de emprise de Roan, alors elle subit sans rien dire. Puis soudain elle en tournant la tête, elle aperçu quelque chose sous l'oreiller. Elle se souvint qu'elle avait glissé là, un couteau. Il lui était impossible de l'attraper sans que l'homme s'en aperçoive, il lui fallait trouver un moyen de s'en approcher.
- Tu as raison, dit elle soudain, en défaisant les boutons de la chemise de Roan.
Roan fut surprit par le changement d'attitude de la jeune femme, si bien qu'il relâcha légèrement son étreinte. Lexa en profita pour donner un coup de hanche, qui fit basculer Roan. Ils échangèrent leur place, Lexa se retrouva à califourchon sur le roi. Elle fit mine de se pencher sur lui et en fait glissa sa main sous l'oreiller son insu. Sa main se referma sur le manche de l'arme et d'un geste vif, elle vint placer la lame sous la gorge de Roan.
- Lève toi doucement, si je glisse, je te tranche la gorge, je te conseille d'être prudent.
Lexa recula lentement, en même temps Roan avançait. Ils se retrouvèrent debout, le couteau toujours à la même place.
- Tu vas sortir, et ne plus jamais tenter un coup comme celui-là. Nous allons continuer notre duo, jusqu'à temps que je trouve la mémoire...
- Et tu comptes t'y prendre comment ?
- T'occupes, cela ne devrait pas tarder, et lorsque cela sera fait, tu retourneras dans ton monde de glaces mais tu ne feras plus partie de la coalition !
- Quoi ? Mais tu n'as pas le droit !
- Oh autre chose, si jamais tu révèles, sur moi, quoi que ce soit, à qui que ce soit, tu es mort, dit Lexa sur un ton glacial.
Roan savait que Lexa ne plaisantait pas, mais il se dit qu'il trouverait une autre solution, pour briser Lexa, il fallait simplement qu'il fasse vite. Il quitta la pièce sans se retourner, et prit la direction d'un quartier bien spécial de Polis.
Lexa ferma la porte et s'y adossa en soufflant. Elle avait réussi à retourner la situation de justesse. Elle savait que Roan essayait encore, il lui fallait donc à présent se montrer extrêmement prudente. Indra n'allait pas aimer la façon donc l'histoire avait tourné, mais ce qui était fait, était fait, les dés étaient jetés !
