Chapitre 12 : Vérité vraie

House resta figé quelques instants. La phrase ne semblait pas vouloir rentrer dans son esprit, il n'arrivait pas à se rendre compte. Pourtant il lui semblait tellement évidemment qu'elle veule le quitter… Il n'arrivait plus trop à comprendre ce qui pouvait bien se passer.

- Vous devriez aller vous habiller, au cas où Wilson viendrait vous embêter une autre fois, ajouta-t-elle plus pour rompre le silence plutôt par réelle nécessité.

Il acquiesça d'un signe de tête et sortit de la chambre avec ses affaires. Elle s'assit sur son lit, la tête entre ses mains. Elle n'arrivait pas à se rendre compte que la raison de sa future rupture serait House, principalement House. Elle n'était plus vraiment très sûre de ses sentiments pour lui, ni même pour qui que ce soit d'autre. Elle avait envie de faire un retour à la case départ, reprendre les choses unes par unes, enlever ses rancunes… House revint, habillé. Il avait mit une chemise… rose pâle. Ce détail la fit sourire.

- Qu'est-ce qui a ? J'ai une tâche ? Ironisa-t-il.

- Non…

Elle se leva, le contemplant et se mordit la lèvre inférieure face à cette miraculeuse vision de lui.

- Vous êtes très charmant, habillé ainsi, souffla-t-elle.

Il lui le sourire qu'elle lui adressait.

- Merci… J'ai essayé de faire un peu assorti… Avoua-t-il.

Elle s'approcha et se colla à lui. Les couleurs semblaient correspondre et ça les faisait rire. Tout pouvait les faire rire en ce moment. Elle se retira et il afficha une grimace forcée qui exprimait clairement qu'il était déçu qu'elle se sépare de lui. Elle l'embrassa promptement au coin des lèvres avant de retourner à ses affaires. Elle continua de plier ses vêtements et de les rangés proprement dans l'armoire, ou dans un sac plastique pour les vêtements trop usés.

- Je pense tout de même qu'il faudrait mieux faire du rangement dans votre armoire ! Le nargua-t-elle.

- Que vous êtes méchante… Elle belle mon armoire, j'ai jamais autant bien entretenu mes affaires !

Elle s'efforça de ne pas rire avant de poursuivre son rangement. Quelqu'un toqua à la porte, qui s'ouvrit aussitôt. Chase apparut au seuil.

- Tiens, c'est vous maintenant, plus Wilson ? Ironisa House.

- Cuddy nous veut réunis dans le salon à quatorze trente. Allison, …

- Ne l'appelez pas Allison ou vous entendrez le bruit resplendissant de ma canne dans votre mâchoire. J'éviterai tout de même de faire ça trop souvent, j'y tiens à ma canne, voyez-vous, l'interrompit House.

- Cuddy veut te voir à quatorze heures et quart, poursuivit Chase comme si il n'avait jamais été interrompu.

Il sortit rapidement, en faisant bien claquer la porte au passage. House se retourna vers la dite Allison citée légèrement au-dessus.

- Oui, je compte toujours rompre, et oui, Cuddy veut certainement me voir pour la dispute, répondit-elle avant même qu'il ne pose la question.

- Vous lisez dans les pensées ? Si vous avez des dons, essayez de voir ce que font Wilson et Cuddy en ce moment même… Ou alors le koala et Thirteen…

Elle explosa de rire en entendant le mot « koala ». Elle n'avait pas pu se retenir, c'était au-dessus de ses forces.

- Désolée… Je n'arrive plus trop à me contrôler ses derniers temps… Confia-t-elle.

- Ah ! C'est pour ça que vous ne voulez pas que je vous embrasse ?

Elle faillit avoir un deuxième fou rire mais elle resta perplexe. Peut-être avait-il raison ? Peut-être qu'elle refusait ses baisers parce qu'elle perdait complètement la tête ? Elle se rappelait quand elle travaillait avec lui… Elle aurait fait n'importe quoi pour avoir un peu d'approche avec lui, un premier pas, un geste, un regard, des mots… Maintenant qu'elle avait tout ça, elle ne savait plus trop quoi en faire. Elle avait peur qu'il change, cela risquerait de briser tout son charme. En même temps il ne semblait pas réellement avoir changé avec les autres… Peut-être changeait-il avec elle, et uniquement avec elle ? Non, c'était cette fois-ci trop beau pour être vrai, selon elle. Elle esquissa un sourire en repensant au baiser qu'ils avaient échangé dans son bureau quand il avait fait croire qu'il était atteint d'un cancer…

- Qu'est-ce qui vous fait sourire ainsi ? Demanda House.

Elle revint brusquement à la réalité. Elle était toujours dans la chambre, avec House, seuls, en train de… ranger leurs affaires. Très romantique, il faut avouer. Elle s'était imaginée un instant dans son bureau, à l'embrasser fougueusement. Elle essayait tant bien que mal d'oublier ce souvenir. Il était agréable de l'avoir embrasser, certes, mais elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait été aussi bête pour profiter de ce moment de faiblesse. Pour une fois qu'il se plier à ses envies ! En même temps, elle était persuadée qu'il se plierait encore une fois à ses envies, et peut-être pas qu'unes. Elle savait parfaitement qu'il voulait l'embrasser, mais elle savait aussi qu'il hésitait.

- Non je pensais juste à… au baiser qu'on avait eut il y a quelques années, dans votre bureau…

Il fit mine de réfléchir à ce souvenir mais quelque chose lui disait au fond d'elle que ce n'était qu'une feinte. Elle voyait qu'il n'était pas naturel.

- Ah oui, je m'en souviens. Dommage que vous ailliez sorti la seringue au moment critique…

- Vous m'en voyez désolée.

- Oh, vous pouvez vous rattraper en vous laissant faire mais vous ne semblait pas prête pour ça.

- Il faut d'abord que je parle à Chase, et il faudrait aussi que vous dites à Cuddy que…

Elle s'arrêta au beau milieu de sa phrase. Elle s'était faite trop d'illusions et maintenant elle débordait d'imagination de tous les cotés.

- Que ? Répéta-t-il, assoiffé de savoir la suite.

- Qu'y a-t-il réellement entre vous et Cuddy ? Demanda-t-elle, très sérieuse.

Il soupira. Quelques secondes après, il soupira encore une fois.

- Pas grand-chose. On se connaît depuis la fac, on a entretenu une relation qui a échouée et puis il y a eut cette nuit, que vous êtes parfaitement au courant, expliqua-t-il.

- Mais est-ce que vous ressentez quelque chose de concret pour elle ? Insista Cameron.

Il soupira pour une troisième fois. Il n'aimait pas parler de ses sentiments pour quelqu'un, mais il avait peur d'une dispute avec l'immunologiste. Une dispute pourrait être fatale pour la relation qu'ils entretenaient. Une relation qui ne tenait qu'à un seul et mince fil.

- Rien de plus concret qu'une attirance physique. Aucun homme ne peut dire qu'elle n'est en rien sexy mais il y a des limites et j'ai su faire la différence entre le contact dans un lit et un autre contact que vous m'avez donné il y a quelques minutes de cela.

Ce fut au tour de la jeune femme de soupirer. Elle avait l'impression de faire du surplace avec leur relation mais cela l'amusait tout de même à certaines reprises. Elle était soulagée de savoir qu'il n'y avait rien entre House et Cuddy, mais elle aurait tout de même voulu connaître la vérité dans un autre moment.

- Il faudrait que vous lui dites, que cette nuit n'avait rien de concret. Ça risque de faire des compromis… Expliqua-t-elle.

- Et Wilson, on en fait quoi ?

- Je ne sais pas… En fait, je ne fais que supposer, je ne connais rien de vos relations avec les autres… Enfin… Wilson est votre ami, je ne le connais pas mieux que vous et je ne prétendrai jamais cela, mais si il est vraiment votre ami il devrait pouvoir comprendre, non ?

- Votre point de vu utopiste est en train de l'importer, faite gaffe. Wilson est mon meilleur ami, certes, mais je n'imagine pas sa réaction quand il apprendra que sa fiancée l'a trompé. Vous savez qu'il a déjà scié ma canne ?

- D'après ce que j'ai pu entendre, vous l'aviez mérité !

Il lui fit un petit sourire. Il aurait aimé que cette discussion s'arrête à tout prix. Elle avait aussi ce même désire, mais ne savait pas vraiment comment arrêter cette curiosité qui la rongeait. Elle regarda la pendule qui indiquait à présent quatorze heures. Il ne restait plus qu'un quart d'heure avant qu'elle ne se rende voir Cuddy. Peut-être une seconde dispute avec elle ?

- Dites… Euh…

Elle ne savait pas par quoi commençait, mais il fallait qu'elle le lui demande.

- Pas la peine d'être aussi gênée. Je me suis confié à vous tout comme vous m'avez parlé de votre mari décédé.

- … Oui…

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Est-ce que vous pourriez venir avec moi voir Cuddy ? Je ne sais pas si j'arriverai à me contrôler, seule.

- Vous avez réellement besoin de moi ?

Il la regarda profondément dans les yeux. Presque jamais personne n'avait eut besoin de lui, hormis les patients. De simples personnes qu'il ne connaissait pas, même pas le prénom, et il ne voulait pas savoir.

- Si vous n'êtes pas là, ça risque de vraiment partir comme il ne le faudrait pas. Enfin, je suppose que vous voyez le genre. Vous avez eut une assez belle démonstration lors du déjeuner, et je ne doute pas que ça dégénère avec une simple discussion.

- Cuddy voudra sûrement s'excuser, pas d'inquiétudes.

- Mais j'aimerais que vous venez, s'il vous plait.

Il sembla hésiter, ce qui était plutôt bon signe. Il acquiesça d'un signe de tête et regarda à son tour la pendule qui indiquait maintenant quatorze heures dix. Il la prit par la main et sortit de la chambre.

Dans le salon ils ne passèrent pas inaperçus. Tout d'abord ils se tenaient la main, tout en restant collés l'un l'autre, ils portaient tous les deux la même couleur rose pâle. Kutner pouffa de rire quand ils passèrent devant lui, mais ils l'ignorèrent. Ils s'assirent en face de Cuddy, qui semblait être nerveuse. Wilson était à ses cotés, et semblait lui, rouge de fureur.

- Ça y ai, elle te l'a dit, analysa House à l'adresse de Wilson.

Et Wilson confirma en hochant la tête.