Chapitre 12ème : Dépression
« Les humains… Des êtres exceptionnels, incompréhensibles. Mais si fascinant ! »
Ryuuk suivait Light dans le long corridor menant au bureau. Pendant tout le trajet, le sourire ne quitta pas les lèvres du jeune homme. Et cela l'intriguai.
« Dis Light, pourquoi tu souris encore une fois ? Et au fait, je n'ai toujours rien compris à ce que tu as fait. »
Light rit doucement. « Tu vas bientôt comprendre mon cher Ryuuk. »
Il s'arrêta à la porte blindée. Il posa sa main droite sur le scanner digital, pendant qu'un autre scannait son œil.
Light Yagami, Entrée autorisée.
La lourde porte s'ouvrit sur la salle. Certains étaient encore en train de travailler, tandis que L sirotait un thé et Souichiro se tripotait les doigts. Lorsque Light surgit, tous deux se levèrent et allèrent vers lui.
« Light ! Où est-ce que tu étais ?
-Il y a eu un problème avec Mello. Il a était attaqué par un des membres de la Mafia locale qu'il rencontré. Il m'a appelé et j'ai couru pour voir ce qui se passait. Et on est parti faire une déposition. Il s'est enfui et j'ai son nom. Laurent Lindsay. »
Il alla s'asseoir à sa place habituelle, et posa son menton sur son poing semi-ouvert. Il ne lui restait plus qu'à attendre.
Il savait les regards de son père et de L rivés sur lui, cherchant à comprendre. Mais il s'en foutait. Il se concentrait sur la façon dont il allait réagir à la nouvelle qui ne devait pas tarder. Derrière lui, Ryuuk était encore en train de marmonner quelque chose à propos de pommes bien rouges et sucrées.
Le téléphone sonna. Light décrocha.
« Monsieur Light, nous avons retrouvé le suspect. »
Si ça n'avait pas été intérieur, Light aurait fait le plus grand sourire et le plus mauvais rictus existant. Tout se passait exactement comme prévu. Le Death Note était vraiment un objet magnifique.
Il se leva de sa chaise et dit au policier : « Bien, j'arrive. Où êtes-vous ?
-À quelques rues de l'immeuble. »
Sur ce, Light prit sa veste qu'il avait déposé sur le dossier de la chaise quelques minutes plus tôt. Il déclara à ses compagnons ce qui venait de se passer d'un ton grave.
Quelques minutes plus tard sur le terrain, Light constata que l'homme s'était donné la mort de la même manière qu'il avait inscrite. Il ordonna qu'on transporte le corps pour autopsie, et demanda à ce qu'on le ramène chez lui. Il savait que son père et L y étaient, attendant son retour.
Rapidement, il se retrouva chez lui. Il passa la porte et dans le salon l'attendaient sa famille, ainsi que L et les enfants. Mello était assis sur le canapé.
Light s'accroupit devant lui. Il plongea son regard dans ses yeux bleus.
« Laurent Lindsay est mort. Il a été découvert pas loin de l'immeuble. Un suicide est peu probable, nous pensons que c'est l'œuvre de Kira. Car le papier de ta plainte a été perdu, ou du moins volé. »
Le jeune blond était encore sous le choc de la nouvelle. Mais contrairement à ce qu'attendait la plupart de ceux présents, il ne sauta pas de joie de la mort de son agresseur. Il regarda Light effaré. Dans ses yeux, on pouvait lire la peur et l'alarmement.
« Light… Kira a besoin de deux choses pour tuer… Le nom et le visage de la personne. Dès qu'il a le nom, il pourrait très bien faire des recherches. Et tu viens de me dire que ma déposition a été volée… »
Light ne voyait pas où Mello voulait en venir. Il questionna L du regard, qui ne semblait pas en savoir plus.
Il regarda de nouveau le jeune et le questionna du regard.
« Light, c'est moi qui ait fait la déposition, en mettant le nom de Laurent. C'est ma faute, c'est moi qui aie mis son nom dessus… C'est grâce à moi que Kira a réussit à le tuer. »
L'ampleur que la chose prenait était inconcevable, mais Light s'en réjouit : une dépression, c'était mieux qu'autre chose.
Pendant une heure entière, L, Light et son père essayaient de raisonner Mello. Mais on ne pouvait plus lui faire changer d'avis. Pour lui, il était la cause de la mort de Laurent Lindsay. Il avait trahi les amis de son père en essayant de se défendre. Il n'avait pas pensé aux conséquences que ça pouvait engendrer. Bien qu'il sache que Kira avait tué deux des meurtriers de ses parents, et son agresseur d'aujourd'hui, Mello était assez mature pour comprendre qu'il ne fallait pas se réjouir de la mort de personnes. Pour Laurent, une drogue aurait pu provoquer ce comportement. Il n'avait pas le droit de mourir. Quant aux deux meurtriers, la mort était leur sauveuse, car ils ne termineraient pas leurs années de prison. Ils n'auraient même pas à subir la torture que ses parents ont subie avant de mourir. L'injustice était une chose qu'il haïssait, bien qu'elle soit présente partout dans le monde, sous différents aspects.
Mello se leva et alla dans sa chambre. Depuis, il n'en était pas sorti. L n'arrivait pas à le faire sortir, quelle que soit la promesse ou la menace. Light proposa d'aller lui parler.
« Du moment que tu réussisses à lui parler… » déclara L.
Light hocha la tête et frappa doucement à la porte de la chambre destinée à Mello. Il lui demanda l'autorisation d'entrer. Aucune réponse. Qui ne dit rien consent, dit-il à voix haute. Aucune riposte. La porte n'étant pas fermée à clef, il entra. Mello était assis sur le lit, genoux repliés contre son torse, bras entourant ses jambes, le menton sur les genoux. Light s'assit près de lui, et commença à lui parler.
Near était assis sur le canapé, essayant de faire des châteaux de cartes. Matt jouait à sa console. Mais les châteaux de cartes s'écroulaient, les monstres étaient imbattables aujourd'hui.
Matt lâcha sa console, n'arrivant pas à se concentrer. Near abandonna rapidement sa construction. Ils se regardèrent et se comprirent. Il fallait qu'ils parlent avec Mello. Ils ne voulaient pas essayer de lui faire changer d'avis, tête de mule comme il est, c'était quasi-impossible. Il fera sans doute semblant, mais cet évènement restera ancré en lui. Ils voulaient juste le réconforter. Matt avait acheté du chocolat noir à Space Land. Near aussi, mais du blanc. Et ils comptaient bien le lui donner eux-mêmes. Quitte à désobéir à L.
Voir leur ami dans un tel état les perturbait. Il fallait faire quelque chose pour lui rendre le sourire.
Une demi-heure après, Light avait terminé de parler à Mello. Ce dernier voulait annoncer la mauvaise nouvelle à ses nouveaux amis. Mais il demanda à Light de sortir. À contrecœur, il le fit.
Mello se retrouva seul devant son portable et composa le numéro du chef. Une sonnerie retentit à l'autre bout. On décrocha.
« Allo ? »
Plus moyen de faire retour en arrière. Mello approcha le portable de son oreille, avala difficilement sa salive.
« Rod… C'est Mello.
-Ah ! Mello ! Ça fait longtemps !
-J'ai quelque chose d'important à te dire.
-Vas-y. Mais tu as l'air préoccupé. C'est grave ?
-… »
Mello n'arrivait pas à former une phrase correcte dans sa tête.
« Laurent est mort. »
La phrase raisonnait encore dans sa tête.
« … Tu es sérieux ?... Mello, tu es toujours là ?
-… Oui. Je suis sérieux. »
Mello expliqua tout ce qui s'était passé, ainsi que son état d'esprit actuel et ses pensées.
« Ce n'est pas de ta faute Mello. C'est surement Kira. Mais je pense que Laurent n'a pas agi de son propre chef. La drogue aurait pu faire cet effet d'agressivité. Mais ça ne ressemble pas à Laurent, » déclara Rod.
Mello le remercia de son soutien. Il raccrocha.
On frappa à sa porte. Deux petits coups.
« Entrez. »
Il savait que c'était Near et Matt. Ses amis vinrent s'asseoir à coté de lui. Matt offrit son chocolat en premier. Mello le remercia et ouvrit le paquet pour gouter un morceau. Un chocolat bien noir…
Ce fut au tour de Near. Il lui tendit le chocolat blanc. Mello ouvrit le paquet et remercia Near.
Il savait que les amis étaient un bien précieux qu'il fallait qu'il conserve quelle que soit la situation. Il les prit dans ses bras.
« Merci d'être mes amis… Mes meilleurs amis. »
