Bonjour, bonjour
nouveau chapitre
Merci à Calliope pour la bêta
bonne lecture
Lebanon, midi et quelques minutes.
Sam franchit le premier la porte du bunker des Hommes de Lettres, son père sur ses talons. Le bâtiment était complètement vide. Il envisagea aussitôt d'appeler Dean pour savoir où ils en étaient de leur côté. Il posa son sac de voyage sur la table et sursauta quand son portable se mit à sonner. Transmission de pensée entre frangins ? … Non, c'était le numéro de sa maman, pas celui de Dean.
- Maman ?
- Sam… écoute… est-ce que vous êtes loin de Muncie ?
- Nous sommes au bunker. On vient de rentrer. Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Oui. Nous avons un problème. Dean a disparu avec la voiture et ni moi ni Castiel n'arrivons à le joindre depuis plusieurs heures.
- Il va revenir. Il est peut-être allé manger un burger ou des gaufres. Ça lui arrive parfois de disparaître quelques heures.
- Sam… il a pris ses affaires. Il est parti depuis dix-huit heures hier soir. Il s'est disputé avec Castiel et je crois que je n'aurais pas dû m'en mêler et faire la morale à Dean. Tu le connais mieux que moi, tu sais peut-être où il a pu aller.
- On vient vous rejoindre, papa et moi. Il reviendra sûrement entre temps vers vous. Tiens-moi au courant.
- D'accord. Merci Sam et… pour… tu sais... je suis désolée.
- Ne parlons pas de ça maintenant.
Sam raccrocha et se tourna vers son père debout derrière lui.
- Est-ce que tu viens avec moi ?
- Ils ont trouvé quelque chose ?
- Je ne sais pas, mais par contre je sais qu'ils ont perdu Dean. Il est partit faire la gueule quelque part depuis plusieurs heures.
- Ton frère a un sacré caractère, parfois. Je viens avec toi. J'ai repensé à ce que tu m'as dit hier. Il faudra bien qu'on se parle un jour tous les quatre pour mettre tout à plat, alors autant que ce soit fait rapidement.
oo00oo
18 heures, la veille, à Muncie.
- CROWLEY, AMENE-TOI TOUT DE SUITE ICI, ESPÈCE DE SOMBRE MERDE ! hurla Dean à plein poumons.
- Ton sens de la politesse est extrêmement prononcé, Dean.
Le chasseur se retourna brusquement pour découvrir Crowley debout derrière lui. Il fronça les sourcils et approcha du démon, l'air mauvais.
- Tu as déjà trouvé les boîtes ? demanda le démon.
- Non, pov' con !
- J'avais pourtant dit de me contacter quand vous auriez les boîtes en votre possession. Je ne comprends pas bien pourquoi tu m'as appelé si tu ne les as pas.
- J'ai besoin d'avoir des réponses claires et honnêtes. Quel rôle a joué Castiel dans la résurrection de mon père et pourquoi l'avoir fait revenir ? Et je veux la vraie raison, Crowley ! Ne tente pas de m'embobiner avec tes histoires sur ton sens de la famille ou ta foutue déesse du Chaos. Y a autre chose qui se cache là-dessous et je veux savoir ce que c'est exactement.
- Laisse-moi rire. Tu n'es pas honnête avec ta question et tu attends de moi que ma réponse soit honnête ? Vraiment ? Ce n'est pas parce que tu n'as pas confiance en moi que tu me poses cette question, c'est parce que tu penses qu'un ami à toi pourrait être impliqué dans cette histoire. À toi de voir en qui tu as plus confiance, en moi ou en Castiel ?
Dean se figea et il sursauta quand Crowley disparut soudainement. Il soupira et rentra dans sa voiture pour s'allonger sur la banquette avant.
oo00oo
Muncie, vingts-deux heures.
Une chanson de Skillet, Lucy, tournait à fond dans l'Impala et Dean, couché sur la banquette avant, regardait le ciel étoilé par le pare-brise au-dessus de sa tête. Il avait éteint son portable après que sa mère et Castiel aient tenté de l'appeler plusieurs fois et il profitait du calme et de la solitude que lui offrait sa petite fuite. Ce n'était peut-être pas très sympa pour sa mère ni pour Castiel, mais il en avait un peu rien à battre. Jamais il n'aurait dû venir à Muncie. Il aurait dû rester avec Sam et leur père, ça aurait évité la dispute avec Castiel. Cet ange de malheur qui ne servait à rien d'autre que mettre Dean sur les nerfs la majorité du temps….
En fait non, c'était complètement con et méchant de penser ça. Castiel n'était pas inutile, il ne l'avait jamais été. Même si maintenant, il pouvait nettement moins les aider que par le passé, il restait un ami précieux pour les frères Winchester. C'était juste qu'en ce moment, il mettait les nerfs de Dean à vif et le chasseur ne comprenait pas vraiment pourquoi il était dans cet état. Il se demandait aussi depuis quand ça avait commencé et d'où ça pouvait bien venir. Castiel n'avait rien fait de spécial ces derniers temps, à part partir en chasse avec Crowley, mais ça, il ne l'avait pas prévu du tout. Il pensa qu'il devrait peut-être aller s'excuser auprès de Castiel… Le devrait-il ?
Il n'était pas con, il avait conscience d'être allé un peu trop loin et d'avoir blessé son ami, mais il était en colère... pas contre Castiel, mais contre cet emplumé de Gabriel et cet enfoiré de Crowley et sa connerie de boîtes à la con. Pourquoi c'étaient à eux de s'occuper du Chaos ? C'était cet abruti de roi de l'Enfer qui l'avait libéré, pas les Winchester. Mais, s'ils avaient dit non dès le départ, qu'aurait fait Crowley ? Remettre John en Enfer ou alors leur reprendre Mary ? Ou pire… Qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de pire que de perdre ses parents ? Perdre Sam ? Perdre Castiel ? Que Sam le perde lui ? Que Castiel le perde lui ? Peut-être pas. Castiel était sur Terre pour protéger Dean, alors s'il n'y avait plus de Dean sur Terre, s'il disparaissait corps et âme, est-ce que Castiel retournerait au Paradis ? Peut-être qu'il pourrait se faire pardonner et qu'il retrouverait ses ailes et sa place parmi les anges.
Dean se releva, alluma le moteur de l'Impala et sortit du terrain vague. Il avait vraiment besoin d'un verre ou plusieurs. Ouais, de plusieurs en fait !
oo00oo
Castiel était revenu dans la chambre du motel une heure après que Dean l'avait quittée et l'ange resta immobile sur le seuil. La chambre était littéralement retournée. Tout était renversé et cassé. Que s'était-il passé ?
Castiel ne prit pas la peine de refermer la porte, il partit dans le couloir pour aller frapper à la porte de la chambre de Mary. Celle-ci lui ouvrit avec un petit sourire forcé, son téléphone serré entre ses doigts.
- Je crois que Dean est parti, lança Castiel.
- Comment ça, partit ?
- La chambre est dans un sale état et les affaires de Dean ont disparues. Je suis presque sûr que l'Impala n'est plus sur le parking. Je ne l'ai pas vue en revenant au motel.
Mary posa son portable sur la table près de la porte et sortit de la chambre pour se rendre dans celle de Dean, Castiel sur ses talons. Elle jeta une œil dans la pièce puis se retourna vers Castiel.
- On devrait s'en aller très vite.
- Quoi ? Maintenant ?
- Bien sûr maintenant. Je vais chercher mon sac, ferme la porte de la chambre et fais le guet devant, histoire que le réceptionniste ne vienne pas vérifier.
- Mais… je…
- Ne discute pas, Castiel !
Castiel fronça les sourcils et ne rajouta rien de plus. Il fit simplement ce que Mary lui avait demandé. Celle-ci disparut pendant cinq minutes et puis elle revint enfin rejoindre Castiel avec son sac de voyage sur l'épaule. Elle lui donna le sac et lui ordonna de sortir discrètement avec pendant qu'elle irait parler au réceptionniste qui était occupé à lire derrière le comptoir de l'accueil. Elle détourna son attention pendant au moins six bonnes minutes en lui parlant de l'eau chaude qui fonctionnait mal dans la salle de bain et, pendant ce temps, Castiel eut le temps de fuir. Quand le réceptionniste se leva pour accompagner Mary dans sa chambre pour régler le problème d'eau chaude, celle-ci lui dit que finalement, elle ne voulait plus prendre de douche pour le moment mais qu'elle allait plutôt aller manger au fast food et qu'elle reviendrait dans une heure…
Mais Mary ne revint pas et le réceptionniste eut de quoi frôler l'attaque cardiaque quand il se rendit compte que la chambre réservée par l'homme aux yeux verts était dévastée. Son patron allait le tuer ! Putain, finalement, il aurait dû se méfier de ces trois-là. C'étaient de vrais malades, au vu des dégâts dans la chambre !
oo00oo
Muncie, 21 heures.
Mary posa son sac sur le lit d'une nouvelle chambre d'un nouveau motel de la ville. Castiel et elle avaient pris un taxi pour partir loin de l'ancien motel qu'ils venaient de fuir sans payer.
- On devrait essayer de joindre Dean, dit Mary en sortant son portable de sa poche.
Mary et Castiel eurent beau essayer des dizaines de fois chacun de joindre Dean, le chasseur ne répondit pas et au bout d'un moment, un message annonçant que le numéro ne pouvait pas être joint pour le moment résonna dans leurs portables respectifs. Dean devait avoir définitivement éteint le sien pour qu'on lui foute la paix..
- Mais pourquoi il est parti ? questionna Castiel à voix basse, plus pour lui-même que pour Mary, assise sur le lit en face de lui, debout devant la fenêtre.
- Je suppose qu'il n'a pas apprécié que je lui fasse remarquer qu'il est allé trop loin dans ses paroles envers toi. Tu fais ce que tu peux, Castiel et malheureusement, Dean semble avoir du mal à s'en rendre compte.
- Il m'a connu à une époque où je pouvais tout faire. Parcourir le monde en quelques secondes, aller chercher n'importe quoi dans le plus profond des océans ou le plus dangereux des volcans si je le voulais. Le temps où je pouvais le faire voyager dans le passé. Pulvériser un ennemi d'un simple claquement de doigts. Il est un peu derrière moi , ce temps-là. Maintenant, je ne suis bon qu'à soigner les blessures et encore…
- Ce n'est pas vrai. Tu fais bien plus que ça pour Sam et Dean et j'aimerais que mon têtu de fils s'en rende un peu compte et ne te reproche pas tout et n'importe quoi dès que quelque chose l'énerve.
- Il faut le retrouver. Je lui ai envoyé l'adresse du motel au cas où il nous chercherait.
Mary soupira. À croire que Castiel ne voulait pas un peu ouvrir les yeux sur la façon dont Dean le traitait parfois. Elle décida de laisser tomber pour le moment.
- J'ai quelque chose à faire, annonça Castiel et il partit de la chambre, laissant Mary seule.
Elle essaya encore une fois de joindre Dean mais en vain, puis fit défiler sa liste de contacts jusqu'à ce qu'elle arrive sur le numéro de Sam. Fallait-il le mettre au courant que Dean était parti ? Non, c'était encore un peu tôt pour ça. Il allait peut-être finir par revenir… enfin, s'il n'avait pas pris ce mauvais côté du caractère de John. Celui de fuir et de se terrer dans un coin isolé au moindre problème. Elle se mit au lit et éteignit la lumière.
oo00oo
Une heure du matin, Muncie.
Dean avait trouvé un bar, perdu dans un quartier un peu sombre. Un endroit où il savait que ni Mary ni Castiel ne viendraient le chercher s'ils avaient décidé de le faire. C'était tranquille, même si la musique était totalement à chier, il s'en foutait. L'important c'était qu'il ait à boire. Le reste lui importait peu. Le serveur déposa devant lui un shot contenant un liquide rouge et Dean le descendit en moins d'une seconde puis reposa le verre sur le comptoir.
- Donnez-moi un whisky, j'en ai ras-le-bol des shots.
Le serveur haussa les épaules et partit plus loin pour remplir un verre de liquide ambré que Dean avala en deux gorgées.
- Vous avez une sacrée descente. Rassurez-moi, vous n'allez pas prendre le volant après ça pour rentrer chez vous ?
- Rassurez-moi, vous n'êtes pas ma mère, quand même, grogna Dean en reposant son verre vide sur le comptoir.
Le serveur se vexa et partit plus loin, ignorant Dean qui lui réclamait un nouveau verre. Le chasseur fronça les sourcils avant de décréter à voix haute qu'il s'en foutait royalement, vu que son whisky, c'était rien moins que de la pisse de vache. Puis il se retourna sur son siège de bar pour regarder la salle et les gens qui s'y trouvaient. En majorité des hommes. Tous des stéréotypes de la virilité incarnée. Un peu crades, musclés ou un peu gras du bide, souvent barbus et beuglant des conneries à tout bout de champ. Dean les observa quelques minutes et se demanda ce qu'il lui avait pris de venir ici. Il n'avait somme toute plus trop l'habitude de ce genre de milieu. On était bien loin de ce genre d'ambiance quand il se retrouvait au bunker avec Sam et Castiel. Ils avaient tous deux plus d'intelligence et de classe que tous ces gros pedzouilles réunis.
Dean se retourna contre le comptoir et héla le serveur, qui soupira fortement, avant de venir vers lui.
- Un motel pas loin d'ici, accessible à pied ?
- Je m'étonne de voir que vous semblez raisonnable. Désolé, rien à moins de deux kilomètres.
- Merde !
- Personne ne peut venir vous chercher ?
- Non. Mais c'est pas grave, je dormirai dans ma voiture.
- Je peux vous proposer un coin de chambre chez moi, j'habite juste en dessus du bar. Votre voiture, ce sera pas l'idéal, il fait froid la nuit dans le coin.
Dean fronça les sourcils. Pourquoi ce mec l'invitait soudain à dormir chez lui ? Est-ce que cela partait juste d'un bon sentiment ou est-ce que ça cachait autre chose ? Est-ce qu'il serait d'accord de dormir dans la même chambre qu'un inconnu ? Est-ce qu'il n'aurait pas l'impression que ce serait de la tromperie… Oh wait ! De la tromperie envers qui ?
- Laissez tomber, je vais plutôt rester fidèle pour cette nuit.
Et Dean se leva et quitta le bar après avoir laissé quelques billets sur le comptoir. Il s'assit derrière le volant de sa voiture, posa son front dessus et soudain, il releva la tête brusquement.
Fidèle envers qui ? Mais qu'est-ce qu'il avait raconté comme connerie ? Fallait vraiment arrêter de déconner.
Oh putain, et le serveur lui avait jeté un de ces regards !
oo00oo
Muncie… dans la nuit.
Castiel s'arrêta devant le portail d'une petite maison du quartier huppé de Muncie. Il jeta un coup d'œil circulaire autour de lui avant de porter son regard sur la fenêtre du salon. C'était encore éclairé, pourtant il devait être quelque chose comme une heure du matin. Castiel ouvrit le portail et la porte de la maison s'ouvrit en même temps.
- Je m'attendais à te revoir assez rapidement. Que veux-tu ?
- Ga-
- Chut ! ordonna Gabriel, regardant partout autour de lui, ne reste pas dehors, entre et grouille-toi.
Castiel ne se le fit pas dire deux fois. Il entra dans la maison et Gabriel s'empressa de fermer la porte.
- Ne prononce pas mon vrai prénom en dehors de la maison. Appelle-moi Laurel.
- Laurel ?
- Quoi ? Ça sonne super bien, non ?
Castiel cligna des yeux et son regard se tourna vers une autre personne, debout au fond de la pièce. Une femme. Petite, cheveux noirs très longs, un visage rond, de grands yeux noirs et un sourire doux.
- Bonsoir, dit la jeune femme d'une voix douce. Qui est-ce, chéri ?
- Ashley, je te présente Castiel.
- Castiel ? Castiel, comme… ton frère dont tu m'as parlé ? Celui qui a fait tomber les anges ?
Castiel détourna le regard. Alors, même ça, elle le savait.
- Lui-même. Le grand naïf de la famille.
Ashley avança vers Castiel et lui tendit sa main.
- Enchantée et à ce propos, merci.
- Merci pour quoi ? questionna Castiel, ne comprenant pas ce remerciement sorti de nulle part.
- Pour la chute des anges. Vous m'avez permis, cette nuit-là, de mettre au monde le fils d'un Archange sans que votre Paradis ne soit mis au courant.
Castiel regarda la femme devant lui, puis Gabriel, les yeux ronds.
C'était donc ça… il comprenait mieux maintenant. Lui n'aurait jamais pu sentir la naissance du Néphilim, à cette époque, il était devenu humain et les autres anges avaient franchement eu autre chose à penser à ce moment-là.
- Que puis-je faire pour toi, petit frère ? demanda Gabriel et Castiel ancra son regard sur lui avant de se lancer :
- Eh bien…
Mais Castiel se tut brusquement. Qu'était-il vraiment venu dire à Gabriel ?
coupure pas sympa ?
ouais peut-être un peu :-)
désolée
on se retrouve en fin de semaine pour la suite
KitsuneA
