Bonsoir bonsoir ! Merci à tous-tes pour votre soutien, pour lire cette histoire, tout follow, fav ou review me va droit au coeur.

Merci à Babylon (s'arranger, je ne sais pas, mais ça ne s'arrêtera pas là), aux plusieurs Guest, à Muntittra (comme d'habitude, tes analyses sont pertinentes ;) ) et à Lolitamaguis (MERCI Merlin, c'est adorable. Si ça peut te faire du bien, sache qu'il reste encore beaucoup de chapitres, et j'espère qu'ils seront à la hauteur !) pour leurs reviews anon :)

Précédemment : La sortie à Pré-au-Lard tourne mal. Harry et Draco se disputent devant la Cabane Hurlante. Blessé à l'orgueil et au cœur, Draco dénonce Harry à Snape, lui faisant perdre sa Carte et sa Cape. Harry et Draco ne se parlent plus de tout le reste de l'année...

HIBRIDAE

QUATRIÈME ANNÉE

Chapitre 12 : Wagon à bagages et Fouine blanche

Merlin, il pourrait assommer quelqu'un avec ça"

1er septembre 1994 – Poudlard Express

– Et on l'a vu d'aussi près en vrai, dit Ron, en montrant sa figurine de Viktor Krum à Neville. On était dans la loge officielle…

– Pour la première fois et la dernière fois de ta vie, Weasley.

Harry tourna la tête si vite vers la porte du compartiment qu'il eut l'impression d'avoir été assommé par une poêle à frire. Malfoy se tenait dans l'encadrement de la porte, avec son sourire suffisant ordinaire.

Quand Malfoy et lui fricotaient ensemble, Harry avait pris l'habitude de lire de l'affection et de l'amusement dans ce sourire. Actuellement, il n'y en avait aucune trace.

x [souvenirs souvenirs]

Malfoy… Ce serait mentir que de dire que Harry n'avait pas pensé à lui de tout l'été. Tout d'abord parce qu'ils s'étaient vus à la Coupe du Monde de Quidditch, une semaine plus tôt. Mais aussi, et bien, parce qu'ils s'étaient vus à la Coupe du Monde de Quidditch, une semaine plus tôt.

Certes, jusqu'au 23 août, date à laquelle Harry avait reçu l'invitation des Weasleys pour le match Bulgarie - Irlande, il n'avait pas accordé plus d'une demi-pensée à Malfoy, mais ce n'était pas vraiment difficile quand on résidait au 4, Privet Drive.

Chez son oncle et sa tante, Harry doutait parfois de l'existence même de la Magie. Il lui semblait impossible que la Terre porte à la fois Little Whinging et Poudlard, encore plus impossible que 800 kilomètres seulement séparent la banlieue proprette des Dursleys et l'école de sorcellerie en Écosse.

La lettre des Weasleys lui avait toutefois rappelé que le monde des sorciers n'était pas le fruit de son imagination et, par la même occasion, que Draco Malfoy existait lui aussi.

Ainsi, depuis que Harry savait pour la Coupe du Monde, Malfoy peuplait toutes ses pensées. Car les Malfoys allaient forcément assister au match.

La possibilité qu'ils se croisent était minime mais Harry n'avait pu l'écarter totalement. Elle le terrorisait comme elle le faisait rêver. Dans un autre monde, Malfoy et lui...

Bien entendu, ils s'étaient croisés. Pire : il avait fallu que les Malfoys aient des places dans la tribune officielle, comme le père de Ron.

La finale de Quidditch se déroulant devant ses yeux, Harry avait partiellement réussi à ignorer le fait que Malfoy était assis trois rangs devant lui. Harry avait suivi le match avec la même passion que les Weasleys, admirant les figures risquées et les techniques audacieuses des joueurs professionnels.

Mais pendant qu'il hurlait avec les autres, son regard était parfois attiré par la blondeur surnaturelle des trois Malfoys… ces cheveux couleur licorne. A chaque fois que ça arrivait, il avait eu envie de se donner des claques. Vu comme leur histoire s'était terminée, regarder Malfoy avec envie était hors de question.

Harry s'était mal comporté, il avait dit des choses affreuses, certes, mais Malfoy l'avait dénoncé à Snape. Malfoy avait trahi sa confiance.

Et puis, ils étaient à nouveau tombés l'un sur l'autre dans la forêt à proximité du stade, lors du mouvement de panique qui avait eu lieu dans la nuit.

Harry grinçait des dents dès que ce moment-là de la soirée refaisait surface dans sa mémoire. Malfoy, appuyé contre un arbre, l'air parfaitement détendu. Les bras croisés, à l'abri dans les bois, il regardait ce qui se passait sur le camping.

Quand il avait vu les trois Gryffondors, Malfoy avait commencé à se moquer des grands pieds de Ron, du statut de sang de Hermione, mais il avait fait comme si Harry n'existait pas.

– Vous feriez peut-être mieux de vous dépêcher, avait dit le Serpentard. J'imagine que vous n'avez pas envie qu'elle se fasse repérer.

– Qu'est-ce que tu veux dire ? avait lancé Hermione d'un air de défi.

– Granger, je te signale qu'ils sont décidés à s'en prendre aux Moldus. Tu as envie de montrer ta culotte en te promenant dans les airs ? Si c'est ça que tu veux, tu n'as qu'à rester où tu es... Ils viennent par ici et je suis sûr que ça nous ferait tous bien rire.

– Hermione est une sorcière, était bêtement intervenu Harry, plus pour signaler sa présence à Malfoy que pour défendre Hermione.

Y avait-il de la pitié dans le regard froid de Malfoy ou Harry s'imaginait-il des choses ?

– Pense ce que tu voudras, Potter, avait répondu le blond. Si tu crois qu'ils ne sont pas capables de repérer une Sang-de-Bourbe, restez donc ici, tous les trois.

Harry avait dû fermer les yeux une seconde. Entendre ces mots de la bouche de Malfoy lui faisait mal physiquement. C'était comme s'ils ne s'étaient jamais embrassés, comme s'ils n'avaient jamais été autre chose que deux gamins qui se détestaient. Comme si Malfoy n'avait jamais été qu'un petit crétin qui répétait stupidement les croyances de son père.

Harry ne s'était jamais senti aussi proche et aussi loin de quelqu'un que ce soir-là. Il avait eu l'impression que Malfoy et lui étaient dans deux mondes parallèles qui s'éloignaient irréversiblement l'un de l'autre.

x [retour au présent]

Harry retrouva ses esprits et revint dans le présent : le Poudlard Express, Ron qui montrait sa figurine de Viktor Krum à Neville, Malfoy qui s'incrustait dans leur compartiment.

– Il ne me semble pas qu'on t'ait invité, Malfoy, dit Harry d'une voix glaciale, en examinant discrètement la silhouette de Malfoy, chose qu'il n'avait pas eu l'occasion de faire le soir de la Coupe du Monde.

Malfoy avait définitivement grandi pendant l'été et il n'avait pas coupé ses cheveux. Son port était encore plus hautain et méprisant qu'avant. Sa mère lui avait-elle donné des cours de snobisme ?

Envers et contre tout, Harry sentit un poids quitter ses épaules : toute la tension nerveuse qu'il avait accumulée pendant l'été s'évanouit à la simple vision de Malfoy. Malfoy était comme un tunnel qui canalisait ses émotions, une cascade qui emportait tout sur son passage. Malfoy le vidait.

Harry se sentait léger et creux, comme un Vif d'Or. Il avait envie de sauter de partout en riant. Il devait être fou.

– Est-ce que tu as l'intention de t'inscrire ? répéta Malfoy à l'intention de Ron. J'imagine que toi, tu ne vas pas t'en priver, Potter ? Tu ne rates jamais une occasion de faire le malin…

Harry cligna des yeux en entendant son nom. De quoi Malfoy parlait-il ? Harry aurait pu jurer que le blond était en train de se moquer – à juste titre, hélas – de la robe de soirée d'occasion de Ron, mais il fallait croire que le sujet avait changé pendant que Harry reluquait Malfoy en s'imaginant être un Vif d'Or.

– Soit tu nous expliques de quoi tu parles soit tu t'en vas, Malfoy, dit Hermione avec mauvaise humeur.

Un sourire réjoui s'étala sur le visage de Malfoy.

– Dans ma grande bonté, j'accepte d'en toucher un mot à Potter... qui imite actuellement la carpe japonaise à la perfection. En privé.

Harry referma sa bouche et se leva pour suivre Malfoy.

– Harry ! gronda Hermione. L'année scolaire n'a même pas commencé ! Attends au moins d'être arrivé à Pré-au-Lard pour chercher les ennuis !

Harry cilla en entendant le nom du village sorcier. Le visage de Malfoy resta impassible, mais qui sait ? Peut-être que lui aussi repensait aux deux après-midis qu'ils avaient passées à Pré-au-Lard...

– Je reviens, lança le Survivant à ses amis, avant de sortir du compartiment à la suite de Malfoy.

xXx

Draco grogna et empoigna les fesses de Potter, pour attirer l'autre garçon encore plus près de lui. Ils étaient déjà collés l'un contre l'autre mais ce n'était pas assez. Draco voulait que rien ne les sépare, que leurs deux pénis ne fassent plus qu'un, il voulait fusionner et se fondre et se mélanger. Il voulait perdre son nom et son identité.

Il avait définitivement perdu tout contrôle de la situation. Il gémissait et se frottait sans vergogne contre le corps ferme et fiévreux de Potter. Tout cela, c'était de la faute à la bouche du Gryffondor, qui faisait quelque chose d'illégal à son cou.

Draco n'en avait rien à foutre d'être plaqué contre une pile de valises qui bougeait à chaque mouvement du train. Au contraire, il aurait voulu rester là jusqu'à la fin des temps. Même si le Poudlard Express déraillait, il n'était même pas sûr qu'il aurait la force de quitter le wagon à bagages.

Ce n'était pas sa faute. Qui pourrait lutter contre ce que Potter lui faisait, sérieusement ?

Huit mois depuis la dernière fois et le Gryffondor n'avait oublié aucun de ses points faibles. Il les titillait avec une enivrante assurance. Il savait où lécher, où mordre, où sucer pour lui faire perdre l'esprit et il ne s'en privait pas.

La confiance et l'absence totale d'hésitation de Potter rappelaient constamment à Draco qu'ils avaient déjà fait ça auparavant. Cela excitait Draco beaucoup plus que de raison.

Contrairement à l'Australien maladroit avec qui Draco s'était amusé au bord de l'océan cet été, Potter n'essayait pas de bien faire. Il ne cherchait pas à maîtriser ses pulsions, de peur de paraître obscène ou ridicule. Il n'était ni doux ni indécis.

Potter était une boule de désir, un bouquet de nerfs, et il se servait de Draco pour se soulager, comme s'il n'avait jamais cessé d'en avoir le droit. Et c'était bon, Merlin, c'était comme revivre.

– Potter, soupira finalement Draco, en bougeant la tête pour bloquer l'accès à son cou. Potter, arrête.

De l'irritation pure passa dans les yeux du Gryffondor et Draco sourit malgré lui. Potter le rendait fou, mais la réciproque était, semblait-il, tout aussi vraie.

– Ne fais pas ta petite tête d'écureuil en colère, dit-il sans réfléchir.

A l'époque, cette phrase ridicule avait le don d'énerver Potter. Draco ne pensait plus jamais la réutiliser.

Potter ouvrit de grands yeux étonnés et, pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rués dans le wagon à bagages, il eut l'air déstabilisé. Il s'écarta de Draco en titubant et s'assit sur une malle. Draco s'assit sur la valise d'à côté. Leurs épaules s'entrechoquèrent.

– Ça fait deux heures qu'on est enfermés dans le wagon à bagages, dit Draco doucement, sans regarder Potter.

Deux heures que Potter et lui se frottaient l'un contre l'autre comme s'il n'y avait pas de lendemain. Deux heures qu'ils se dévoraient mutuellement le cou. Deux heures que Draco avait une érection aussi dure que de la pierre. Merlin, il pourrait assommer quelqu'un avec ça. Le pouvoir que Potter avait sur lui était anormal. Dangereux, même.

Draco pourrait se laisser tenter une nouvelle fois et il ne le voulait pas. C'était hors de question.

– Deux heures que je meurs d'envie de t'embrasser, répondit Potter.

– Non. Je t'ai déjà dit non, Potter. Trois ou quatre fois, au moins.

– Merde, Malfoy, je sais que tu en as envie, toi aussi !

– Ah bon ? dit Draco, en levant un sourcil dubitatif.

– J'en ai eu la preuve collée contre ma jambe pendant tout le temps où je te faisais un bisou dans le cou, contra Potter, sans aucune gêne. Malfoy, je sais que tu as envie qu'on s'embrasse, je sais que tu es excité.

Draco camoufla son rire – un bisou ? ça ? Potter avait fait l'amour à sa nuque, oui – en un toussotement peu convainquant, avant de répondre, l'air très digne :

– C'est celui qui le dit qui l'est.

– Oui, comme tu veux, Malfoy. Tu as raison, je suis excité, mais moi, je ne m'en cache pas… murmura le brun à son oreille, un sourire évident dans sa voix.

Il savait combien cela rendait Draco faible, bien sûr. Ce sale tricheur.

Sa main se baladait désormais paresseusement sur le torse de Draco, faisant trembler la peau de ses flancs et de son ventre. Tout le corps de Draco était aussi raide que son pénis.

– Depuis que je t'ai vu à la Coupe du Monde... continua Potter à son oreille, et c'en était trop, Draco allait exploser.

– Oui, réussit-il à croasser, en se tenant fermement immobile.

S'il bougeait, il allait attraper les cheveux de Potter. Il allait céder et embrasser le Gryffondor. Qu'est-ce qu'il en avait envie. Qu'est-ce qu'il n'avait pas envie d'en avoir envie.

– Je n'arrête pas de penser à ça… souffla encore Potter, ses doigts descendant graduellement vers l'érection de Draco.

Le blond faillit hurler « Oui, Merlin, mille fois oui ! » mais il avait encore un peu de respect pour lui-même et il s'abstint.

Les doigts légers et taquins de Potter se posèrent enfin sur son entrejambe.

– Draco… dit-il en le caressant par dessus sa robe.

Par réflexe, Draco tourna la tête vers lui. Leurs visages étaient si proches…

– Non, dit-il en se brisant le cœur. Non, Potter, ça suffit.

Et Draco se leva pour rejoindre son compartiment.

xXx

– Harry, te voilà enfin ! J'allais partir à ta recherche !

– Alors, de quoi est-ce que Malfoy parlait, tout à l'heure ? S'inscrire à quoi ?

– Vous vous êtes battus ?

Harry regarda ses amis avec un étrange sentiment d'irréalité. Il avait l'impression d'avoir laissé une partie de son âme dans le wagon à bagages. Soudain, Ron, Hermione et Neville lui paraissaient être des automates ou des inconnus.

Il secoua la tête.

– Rien, ce n'était que du bluff, répondit-il avec amertume, en se laissant tomber sur la banquette, à côté de Neville.

Par un mouvement complexe des sourcils, Hermione lui fit comprendre qu'elle n'était pas dupe, mais elle replongea quand même dans son livre. Ron et Neville haussèrent les épaules et recommencèrent à discuter de la Coupe du Monde.

Après cinq minutes, ce fut comme si les deux dernières heures n'avaient été qu'un rêve éveillé.

Harry fit semblant de regarder le paysage orageux à travers la fenêtre. En réalité, il inspectait son reflet, à la recherche d'un suçon ou une morsure. Il n'y avait rien.

Malfoy avait toujours pris soin de ne laisser aucune trace de leurs méfaits.

xXxxXxxXx

2 septembre 1994 – Grand Hall

Le lendemain, dans le Grand Hall, pour une raison connue de lui seul, Malfoy se mit à lire l'article à propos de Mr Weasley et des poubelles agressives de Maugrey Fol Œil d'une voix portante. Sa lecture était ponctuée de ricanements et de plaisanteries censées faire rire les élèves rassemblés autour de lui.

– Va te faire voir, Malfoy, et prends la Gazette des Sorciers avec toi, dit Harry avec lassitude, quand le Serpentard termina sa lecture. Viens, Ron…

– Ah oui, c'est vrai que tu es allé chez les Weasleys cet été, Potter, lança Malfoy d'un air dédaigneux. Alors, dis-moi, est-ce que sa mère ressemble vraiment à un cochonnet ou bien c'est simplement la photo qui fait ça ?

Il agita son journal pour montrer la photo des parents de Ron devant le Terrier, au cas où quelqu'un ne sache pas de quoi il parlait.

Harry ne pouvait pas croire que cet imbécile avait les mains sur ses fesses moins de 24 heures auparavant. Ce n'était pas possible.

Pourquoi Malfoy était-il si compliqué ? Était-il jaloux de Ron ? Non, ça ne collait pas...

Peut-être qu'il voulait prouver à Harry qu'il n'en avait rien à faire d e lui ? Que ce qu'il s'était passé la veille dans le wagon à bagages était une erreur ? Oui, ça avait plus de sens.

Le message était clair, en fait. En insultant les Weasleys, la famille adoptive de Harry, Malfoy lui faisait comprendre que leur rencontre dans le Poudlard Express n'annulait pas leur dispute devant la Cabane Hurlante.

– Et ta mère à toi, Malfoy, pourquoi est-ce qu'elle avait l'air d'avoir une bouse de dragon sous le nez, quand je l'ai vue à la Coupe du Monde ? Elle est toujours comme ça ou bien c'est simplement parce que tu étais avec elle ?

Malfoy rosit légèrement. Harry focalisa son attention sur sa grimace dégoûtée et ses yeux gris pleins de haine pour ne pas penser à ses joues délicieusement rouges. Trouver Malfoy attirant alors qu'ils étaient en train de se disputer était totalement déplacé, voire malsain.

– Ne t'avise pas d'insulter ma mère, Potter !

– Dans ce cas, ferme-la, répliqua Harry en attrapant Ron par le bras. Allez, on s'arrache.

BANG !

Quelque chose de brûlant lui frôla soudain la joue. Harry se retourna lentement, espérant qu'il y ait une autre explication, mais Malfoy venait bien de lui lancer un maléfice alors qu'il avait le dos tourné.

L'ignoble salaud, comment pouvait-il lui faire ça ? Mais surtout, comment Harry pouvait-il encore vouloir l'embrasser ?

Harry s'apprêtait à contre-attaquer quand un deuxième sortilège, allant dans le sens inverse, siffla près de son oreille.

– PAS DE ÇA, MON BONHOMME ! rugit une voix qui résonna dans tout le hall.

Le nouveau professeur de Défense, Maugrey Fol Œil, se fraya un chemin parmi les élèves. Il pointait sa baguette sur une fouine blanche qui se trouvait à l'endroit exact où Malfoy se tenait un instant auparavant. La fouine tremblait de tout son corps sur le sol de pierres, ses quatre pattes fléchies et sa queue touffue recourbée à côté d'elle, comme pour se protéger.

– Tu as été touché ? gronda Maugrey, en fixant Harry de son œil normal.

– Non, il m'a raté, répondit Harry dans un état second.

Maugrey avait transformé Malfoy en fouine ? Est-ce que c'était autorisé, au moins ?

– LAISSE-LE ! hurla soudain le professeur de Défense, son œil magique déviant considérablement sur le côté.

Crabbe s'était baissé pour ramasser la fouine apeurée. Quand il vit que Maugrey se dirigeait vers eux, Crabbe se figea, ne sachant visiblement que faire. La fouine se faufila entre ses jambes pour fuir.

Malheureusement pour Malfoy, Maugrey était vif. Le professeur de Défense pointa de nouveau sa baguette sur la fouine et l'envoya valser dans les airs, à plusieurs mètres du sol.

La fouine retomba par terre avec un bruit sourd et un couinement pitoyable, avant de bondir de nouveau.

La dernière fois que Harry avait éprouvé une telle haine, c'était quand il avait entendu l'histoire officielle de Sirius Black, le traître qui avait vendu Lily et James Potter à Voldemort. C'était comme du feu dans ses veines.

Et si le petit crâne de la fouine s'écrasait contre les pavés durs et froids ? Et si Malfoy restait bloqué dans ce corps ?

Pendant une étrange seconde, la haine de Harry disparut, chassée par une immense remise en question.

Maugrey aurait pu donner une apparence bien moins flatteuse à Malfoy mais il avait choisi de le transformer en fouine, un animal qui correspondait parfaitement au Serpentard, selon Harry.

Ce n'était pas la mauvaise réputation qu'avaient ces petits mammifères qui lui évoquait Malfoy, non, c'était le corps gracile et le poil lumineux de la fouine. Malgré sa terreur, la fouine blanche restait belle et noble, aussi aristocratique que la version humaine de Draco Malfoy.

Et là venait l'immense remise en question : soudain, Harry se surprit à souhaiter que Malfoy reste coincé dans son corps de martre...

Tout serait plus facile si Malfoy ne pouvait pas parler et utiliser une baguette ! Harry pourrait le prendre dans ses bras et passer ses doigts dans sa fourrure blanche, et Malfoy fermerait les yeux en poussant des petits jappements de plaisir.

Trois secondes plus tard, la fouine se jeta dans les bras de Harry comme si elle avait entendu ses pensées. Elle se mit à gratter frénétiquement le col de sa robe pour se réfugier sous ses vêtements, griffant plusieurs fois le cou de Harry dans sa panique.

Évidemment, Malfoy n'avait pas sauté sur lui parce qu'il avait l'intention de devenir son animal de compagnie. Il tentait simplement d'échapper à Maugrey.

– Donne moi ça, ordonna le professeur de Défense, son œil magique fixant le renflement sous le col de Harry où la fouine s'était terrée.

– Non, dit Harry fermement.

Malfoy tremblotait contre sa peau nue, son petit cœur de fouine battait à toute allure. Il était terrorisé.

Harry, lui, ne s'était jamais autant détesté qu'à ce moment-là. Était-il un pervers ? Malfoy tremblait de peur mais, au lieu d'éprouver de la compassion pour lui ou de la haine envers Maugrey, Harry était content que les poils de la fouine soient aussi doux que dans son imagination.

Malfoy haïssait sûrement sa situation dans laquelle il se trouvait mais Harry tirait du réconfort de la chaleur et de la douceur de la fouine. Comme souvent avec Malfoy, il aurait voulu que le monde arrête de tourner et qu'il n'y ait plus qu'eux deux, lui et la fouine blottie dans son cou.

Merlin, il avait un sérieux problème.

Malfoy sortit prudemment sa petite tête triangulaire des robes de Harry. Il devait étouffer, là-dessous.

– Donne-le moi, répéta Maugrey, sa baguette pointée vers le cou de Harry.

– Non ! maintint le Gryffondor, en mettant sa main devant la tête de la fouine.

L'air craquait autour d'eux, comme si l'orage de la veille ne demandait qu'à éclater une seconde fois. Au moment où Maugrey parut prêt à transformer Harry en animal lui aussi, McGonagall s'interposa entre eux.

Quelqu'un avait dû la prévenir, ou bien elle passait par hasard par le Grand Hall. Dans tous les cas, Harry n'avait jamais été aussi heureux de la voir. McGonagall enseignait la Métamorphose et elle était une adulte. Elle saurait raisonner Maugrey et, surtout, redonner sa forme d'origine à Malfoy.

– Que… Qu'est-ce que vous faites, Maugrey ? balbutia-t-elle, en tendant le cou pour voir ce que Harry cachait dans son col. A qui appartient cette fouine, Monsieur Potter ?

– J'essaye d'enseigner, grogna le professeur de Défense. Donne-le moi, je te dis !

– Non, répéta Harry pour la énième fois, sans bouger la main, et en défiant Maugrey du regard.

Il n'eut pas à froncer les sourcils de rage bien longtemps car les rouages tournèrent très vite dans l'esprit bien fait de McGonagall. La sorcière pointa à son tour sa baguette sur Harry et, un instant plus tard, Malfoy réapparut dans un craquement sonore.

Le Serpentard n'avait pas eu le temps ou la présence d'esprit de sauter avant le contre-sort. Il retomba lourdement sur Harry, ses bras et ses jambes empêtrés dans les robes du Gryffondor.

Les deux garçons se relevèrent sans se regarder. Harry aurait voulu demander à Malfoy pourquoi il avait sauté dans ses bras plutôt que dans ceux de Parkinson ou de Goyle, mais Maugrey entraînait déjà le blond en direction du sous-sol, pour aller voir Snape, le Directeur de Serpentard.

Au dîner, la plupart des Gryffondors se moquèrent méchamment de l'épisode « Malfoy, l'extraordinaire fouine bondissante ». Harry ne rit pas avec eux. Il ignora aussi les coups d'œil interrogateurs dont il était l'objet. Il pensait au corps chaud et fragile de la fouine dans son cou et il avait envie de soupirer d'aise.

Malfoy avait beau prétendre ne rien vouloir avoir à faire avec lui, c'était tout de même contre la peau de Harry qu'il avait cherché refuge, et cela suffisait pour redonner de l'espoir à Harry.

A Suivre...

Prochain chapitre en ligne le 3 juin : Harry devient le deuxième champion de Poudlard, Draco fait des badges "Potter pue"... La quatrième année continue !

N'hésitez pas à laisser un petit mot pour me donner votre avis. Merci !