(Chapter 12)

Voilà déjà plusieurs minutes que la jeune fille, au beau chignon lâche, trépignait. En effet, il ne servait à rien de demander à son cavalier officiel de l'accompagné. Harry s'était certes amélioré, mais pas suffisamment pour la faire voler comme il se doit sur des rythmes aussi entraînant. Ce qu'elle ne remarqua pas, c'est qu'un jeune homme blond était également à la recherche d'une cavalière digne de lui.

Il remarqua alors les gestes d'agacements de la jeune Gryffondor et s'approcha d'elle à grandes enjambées fluides, au même rythme que la musique qui s'achevait. Il arriva devant Hermione et s'inclina légèrement devant elle tout en disant :

-M'accorderais-tu cette danse, même si je ne te laisse pas le choix : tu as l'air d'être la seule capable de tenir sur tes pieds sans écraser les miens, daigna-t-il avouer.

Elle accepta avant de donner un coup de baguette à sa robe qui se raccourci laissant ses jambes à nues, libre de tous mouvement. Au moment où les premières paroles d'un tango retentissaient, ils commencèrent à danser dans un entremêlement sensuel.

Aprendimos a quererte,

Desde la historia altura

Donde el sol de tu bravura,

Le puso cerca la muerte

Le premier couplet venait de s'achever laissant place au refrain, le tempo légèrement plus rapide. Les quelques élèves qui dansaient à la manière d'un slow se stoppèrent pour admirer l'évolution du couple.

Aqui se queda la clara,

La entreniable transparencia

De tu querida presencia,

Comandante Che Guevara (bis)

Alors que les premières notes du deuxième couplet résonnaient, le silence se fit peu à peu tandis que les deux danseurs, même s'ils ne l'avoueraient sûrement jamais, passaient l'un des meilleurs moments de leur courte vie. Hermione suivait chaque pas avec grâce et Drago imposait un aspect félin très attirant.

Vienes quemando la brisa,

Con soldes de primavera

Para plantar la bandera

Con la luz de tu sonrisa.

Les élèves et les professeurs commençaient à former un cercle autour de la piste, toujours dans un silence cérémonieux. Ils ne pouvaient décemment pas briser la beauté du moment en parlant ou bougeant trop brusquement.

Aqui se queda la clara,

La entrenable transparencia

De tu querida presencia,

Comandante Che Guevara (bis)

Pour la première fois depuis le début de leur ballet endiablé, ils se regardaient dans les yeux, collant un peu plus leurs corps, se resserrant inconsciemment, se rattachant à l'autre comme pour ne pas tomber. Ils ne se lâchaient plus, ils ne faisaient que danser encore et toujours danser.

Tu amor revolucionario

Te conduce nuevo empresa

Donde esperan la firmeza

De tu brazo libertario

Bien qu'ils se refusaient à l'admettre, ces paroles qu'ils ne comprenaient que succinctement révélaient parfaitement bien la relation qu'ils entretenaient : une vraie révolte pourtant si chère à leur cœur joints en cet instant magique. Mais pour cette danse, ils oubliaient tout. Toutes leur différences, toutes leurs ressemblances, tous leurs idéaux, pour ne penser qu'à eux.

Aqui se queda la clara,

La entrenable transparencia

De tu querida presencia,

Comandante Che Guevara (bis)

Des filles se dandinaient légèrement. Mais vraiment très légèrement. Et elles s'arrêtèrent tout net lorsque les notes de l'interlude musical résonnèrent dans la Grande Salle et observaient avec stupéfaction, comme pétrifiées, les deux corps qui s'enlaçaient avec une sensualité féroce, presque sauvage, enchaînant les pas avec une aisance sans pareil. Une jambe autour de la taille, une main parcourant le côté de la poitrine, des fronts qui se touchent, des souffles qui se frôlent. On aurait pu dire qu'ils avaient toujours dansé ensemble en les voyants. Aucune animosité dans leur regard empli de passion que personne ne voyait trop préoccupé par les mouvements qu'ils effectuaient : Hermione telle une diablesse venu damné toute personne qui accrocherait un peu trop son regard à son corps fluide Drago plus dangereux de sensualité que jamais, plus tendu et mystérieux qu'hier, aujourd'hui ou demain, plus beau aussi. L'ange, le démon dans un feu de désir contenu.

Puis la cadence ralentie progressivement pour laisser sonner une dernière fois les harmonies du dernier refrain, des dernières secondes.

Aqui se queda la clara,

La entrenable transparencia

De tu querida presencia,

Comandante Che Guevara (bis)

Ils s'arrêtèrent soudainement, front contre front, leurs lèvres si proches qu'un simple mouvement les aurait unis. Toute l'assistance retenait son souffle, alors qu'ils se souriaient discrètement car ces quelques minutes les avaient remplis de joie pour toute la soirée.

Puis un premier, un deuxième, un troisième, une multitude d'applaudissements s'élevèrent dans la Grande Salle faisant rougir Hermione plus que de raison. Elle sembla se rendre compte de sa position et se détacha brutalement de Drago qui ne l'entendait pas de cette oreille. Il saisit tendrement mais avec force son bras et il l'entraina vers la table d'où elle venait. A quelques mètres seulement, il changea de direction. Il y avait foule autour de la table et il ne voulait pas se retrouver au milieu de tout ce monde.

Il sortit donc, Hermione toujours sur les talons, de la pièce bondée de corps. Dans le hall, quelques couples se murmuraient de doux mots à l'oreille pendant que d'autre s'embrassaient sans retenue. Hermione pu apercevoir une tête rousse dans les bras d'un grand brun bien bâti. Drago se stoppa à cette vue :

-Blaise ! s'exclama-t-il.

-Gin' ! s'extasia au même moment Hermione.

Les deux concernés se tournèrent vers leurs interlocuteurs et leur sourire franchement. Drago n'osait rien dire, trop abasourdit, alors qu'Hermione ne se priva pas de questions.

-Depuis quand ? Pourquoi tu ne m'as rien dit Gin' ? C'est vraiment sérieux ? Dites-moi que…

-Du calme Granger, ne va pas trop vite pour des simples d'esprits comme nous, railla Blaise. Et pour te répondre, oui c'est sérieux depuis plus de deux mois.

Là Hermione se tut. Que pouvait-elle dire ? Sa meilleure amie lui avait caché qu'elle sortait enfin avec l'homme de sa vie, et elle devrait être contente… Mais elle était déçue que Ginny ne lui ait rien dit avant, très déçue.

-Oh, désolée Hermione, mais je ne pouvais rien te dire… Tu sais pourquoi ? la supplia la jeune Weasley.

Oui, elle savait pourquoi. Il ne LUI avait pas dit. Elle acquiesça silencieusement. De plus, si elle avait su quelque chose, Harry l'aurait découvert et aurait tout raconté à Ron dans les secondes suivantes et ça, il n'en était pas question.

-Hum, je sais pourquoi, grogna la préfète toujours froissée. Mais quand même Gin', depuis le temps que…

-Depuis le temps ? Comment ça depuis le temps ? l'interrompit Blaise tout en dévisageant Ginny avec un sourire séducteur et un regard tendre.

-Bah… Depuis le temps qu'elle me parlait de toi et du fait qu'elle voulait sortir avec toi, se vengea Hermione fière d'elle.

-C'est vrai ma puce ? demanda Blaise tout en connaissant parfaitement la réponse.

-Euh… oui, souffla Ginny gênée avant de se reprendre : Hermione ! Tu vas me le payer ! Je vais tout avouer à tu Sais-Qui à propos de ce que tu penses de lui depuis tant d'année.

Un sourire plein de sadisme s'affichait sur ses lèvres d'ange. Il n'était absolument pas question qu'elle dise quoi que ce soit à Malfoy, elle s'y opposerait ! Non mais, tout de même, les Gryffondors ne se laissaient pas marcher sur les pieds !

-Euh, ma puce, je crois avoir mal suivit mais que veux-tu dire à Tu-Sais-Qui ? questionna Blaise.

-Non, pas Tu-Sais-Qui, mais tu Sais-Qui ! Ce n'est absolument pas la même chose Blaise ! Tu-Sais-Qui c'est le Lord alors que tu Sais-Qui, c'est ton mei…

Elle n'eut pas le temps de finir qu'Hermione avait plaqué une main sur sa bouche pour l'empêcher de finir sa phrase. Elle lui siffla quelque menaces dans l'oreille avant de se retourner vers Drago et de l'entraîner plus loin, soit dans le parc verglacé, pour savoir ce qu'il voulait lui dire peu avant.

Ils étaient à peine sortis qu'un cri retentit dans tout le hall qui aurait plus ou moins pu ressembler à un « QUOI ! » si le battant plus lourd qu'un Griffon n'avait pas étouffé le bruit. Elle continuait de s'éloigner, frissonnant un peu plus à chaque pas, un peu plus engourdie à chaque fois que le souffle de fin de Décembre frôlait avec délectation ses épaules et son dos découvert. Elle ne faisait plus attention à la personne qui la suivait, l'occultant presque de ses pensée. Presque.

-He… Hermione, que voulait dire Ginny tout à l'heure ? la sollicita-t-il.

Elle avait oublié jusqu'à la présence de son homologue de Serpentard lors de sa discussion entre Ginny et son petit-ami (à elle). Il avait peut-être tout saisi alors ? Non, impossible, elle n'avait pas eu le temps de finir. Quoique ce ne serait pas la première fois qu'un Serpentard ferait preuve de perspicacité.

-Qui est le tu Sais-Qui dont elle parlait ? s'acharna-t-il.

-T… T… toi, murmura si bas Hermione que Drago ne saisit que ses claquements de dents.

-Comment ? Attends, prends ma veste, dit-il tout en lui tendant le tissu anthracite.

Elle s'enroula dedans comme si ç'avait été un manteau en fourrure de loup ou d'hermine. Elle inspira profondément pour se donner du courage et sentit une odeur musquée forte sur le vêtement. Celle de Drago évidemment. Une touche de cumin, peut-être un brin de muscade à moins que ça ne soit du poivre… En clair pour son esprit taciturne, ça sentait si bon…

-Gr… Hermione, je n'ai toujours pas eu de réponse.

-Je ne suis pas sûre que tu en veuilles réellement une, répondit-elle plus fort.

-Et moi je crois que si, continua-t-il.

-Je te dis que non Drago ! persista-t-elle butée se rendant compte de l'erreur qu'elle avait failli commettre quelques minutes auparavant.

Ils se querellaient depuis presque cinq minutes comme des enfants, Drago serrant des poings pour ne pas être trop agressif, Hermione resserrant les pans de la veste sur son corps frêle déposant un peu plus de son odeur à chaque mouvement. Elle finit par craquer, presque en pleur devant celui qui était le meilleur ami de son presque frère, son ancien pire ennemi.

-DE TOI ! C'EST DE TOI QUE PARLAIT GIN' ! T'ES CONTENT MAINTENANT MALFOY ? s'égosilla-t-elle.

-Et en quoi est-ce si mal qu'elle veuille dire quelque chose à propos de moi ? Et pourquoi se surnom parfaitement ridicule ?

-MAIS T'ES VRAIMENT TROP BÊTE PARFOIS ! PARCE QUE JE SUIS AMOUREUSE DE TOI DEPUIS PLUS DE CINQ ANS CRETIN ! finit de se vider la brune.

Trop choqué pour dire quoique ce soit devant l'énervement et la déclaration de la Gryffondor, il resta immobile, recevant sa veste qu'Hermione lui rendait. Puis elle partit en courant (NDA : la peur donne des ailes, je rappelle qu'elle a toujours ses supers talons ^^) sans se retourner une seule fois.

Drago était toujours sans signe de vie au milieu du parc verglacé quand une main se posa sur son épaule, froissant légèrement la chemise amidonnée. Une seconde lui donna l'accolade dans le dos. Cependant, elles n'appartenaient pas à la même personne. Le blond daigna enfin détourner le regard du point vide qu'il observait platoniquement pour voir ses trois amis, ses trois seuls amis qui le soutiendrait sûrement toujours.

-T'inquiète, ça lui passera, Ginny m'a dit, déclara simplement Blaise.

-Il a raison et tu sais que pour que je sois d'accord avec un Serpentard, il m'en faut beaucoup. Tu sais-je la connais comme si c'était ma sœur, poursuivit Harry.

Et c'est dans le froid de ce vingt décembre qu'une jeune fille s'endormit les larmes aux yeux et qu'on retrouva quatre jeunes hommes dans le parc, bien après que la fête se soit achevée, à parler de tout et de rien, de leur coup de gueule et de leur coup de cœur. Mais ils évitaient à tout prix le sujet qui faisait que le cœur de Drago se serrait un peu plus alors que les effluves de citrons venaient chatouiller ses narines, l'odeur persistante imprégnée à sa veste.

(/Chapter 12)

Voilà (enfin) la suite de cette fiction. Je m'excuse pour ce "léger" retard dans ma publication. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa! (ceci n'est nullement une nouvelle formule magique. Sauf si on considère les excuses en latin comme une formule magique) Mais les quelques changements de se début d'année on dû être pleinement assumé (à savoir, l'entrée en fac, et le maintient d'un super rythme de travail pour médecine)

Bref, je jure que je n'ai que de bonnes intentions et que je ferais tout pour poster au plus vite le prochain chapitre! Ne m'en voulez pas trop :/

Merci aussi pour vos quelques Reviews. J'apprécie l'entrain de certaines (Shaiimaaaah, Minnie35, Odyssea-fic, Ecathe38 et NY0Z3KA qui me suit depuis le début ^^) et attends avec impatience vos avis, critique ou compliments, je prends tout!

PS : .com/watch?v=b-_df8POJRI il s'agit de la vidéo que j'ai monté pour ce chapitre :D donc cliquez si vous voulez ^^