Disclamer : les personnages appartiennent à Masami Kurumada
UA – Yaoi
Béta-lecture de Scorpio-no-Caro. Un grand merci à elle !
Bonne lecture à tous et encore merci de votre fidélité et de votre soutien !
Chapitre 12
Japon
Apres un moment de route, Camus s'arrêta sur le parking de son appartement sous le regard surpris de Kanon qui s'attendait à un restaurant.
- Nous allons manger chez moi... expliqua Camus. J'ai préparé à diner. Ça te tente ou tu préfères aller au restau ? demanda le français, même si sa voix s'éteignit à la fin de sa question.
Il n'avait pas pensé que son patron ne voudrait peut-être pas manger en tête à tête avec lui ! se reprocha-t-il intérieurement.
- Tu m'as vraiment préparé un dîner ? Juste pour moi ? demanda le grec à la fois incrédule et étrangement troublé que le français se soit donné cette peine.
- Oui, mais si tu préfères...
- Bien sûr que non ! le coupa le grec. J'ai hâte de goûter ta cuisine au contraire... et on sera bien mieux qu'au restaurant.
Et, en plus, totalement seuls, ne put s'empêcher d'ajouter Kanon dans sa tête en le suivant :
- Dans ce cas, j'espère que tu a faim ! dit le français soudain soulagé d'un grand poids.
- C'est ton anniversaire, mais c'est toi qui me fais le plus beau des cadeaux, ajouta Kanon avec tendresse en entrant à sa suite dans son appartement. Tu me gâtes beaucoup trop Camus...
Camus avait allumé les bougies qui trônaient sur la table.
- Si monsieur veut bien se donner la peine... l'invita-t-il en tirant une chaise.
Il attendit que son patron s'installe pour lui proposer :
- Tu veux un peu de vin ? Rouge, blanc ou rosé ?
Camus s'activa un peu et s'installa en face de son patron quand l'entrée arriva. Le français eut un petit sourire tendre. Kanon était magnifique à la lueur des bougies.
- Bon appétit !
Kanon était sous le charme, tout ça juste pour lui... Camus était particulièrement étonnant. Ils en étaient au dessert et le repas avait été divin. Il avait bu du vin délicieux, sans excès, et se sentait étrangement bien. La conversation avait tourné autour de l'opéra qu'ils venaient de voir et ensuite sur différentes choses tout aussi agréables. Le grec savoura les profiteroles comme il se doit et encore une fois, félicita le cuisinier :
- Si j'avais su que tu cuisinais aussi bien, je n'aurais pas attendu cinq ans pour t'inviter…
- Ce n'était pas grand chose, se défendit le français un peu gêné par cette avalanche de compliments.
- Ne sois pas si modeste, dit Kanon en posant sa main sur celle de son hôte. Tu cuisines divinement bien Camus... et j'ai passé une excellente soirée. J'espère que nous n'attendrons pas cinq longues années pour remettre ça, qu'en dis-tu ?
Ooo000ooO
Inde, début de soirée
Ils étaient tous très détendus et préparaient le repas dans la bonne humeur :
- Tu as fais quoi Dohko ? redemanda Shaka incrédule.
- J'ai engagé des détectives privés pour brouiller les pistes afin que les vautours qui pourrissent la vie de Shion ne le retrouvent pas, et de ce fait, ne te découvre pas toi non plus par la même occasion !
- Mais c'est affreux ! Pourquoi font-ils cela ? s'indigna la réincarnation.
- Parce que ce sont des abrutis, fit Shiryu réaliste.
- Mais… mais... fit Shaka qui n'en revenait toujours pas que des gens puissent se comporter ainsi et qui commençait à comprendre le désespoir du peintre quand il l'avait rencontré.
- Bref, je viens de lire leur rapport et ils ont fait un sacré boulot en peu de temps et ils l'ont superbement fait ! se félicita Dohko en montrant le rapport à Shun et Shiryu.
- La vache tout ça en vingt-quatre heures ? Pas étonnant qu'ils soient les meilleurs et qu'ils ne prennent jamais de vacances !
- Pardon ? Jamais de vacances ? Mais c'est interdit par les lois ! s'indigna Shaka. Enfin c'est ce qui est écrit dans un livre que j'ai lu.
- C'est vrai Shaka c'est interdit ! approuva Dohko. Mais leur travail ne leur permet pas de prendre des congés... ou alors pas souvent.
- Mais c'est ignoble ! Il leur faut des vacances ! Avec tout vos trucs là, le net et le téléphone, ils ne peuvent pas quitter une petite semaine leur boulot ? demanda encore Shaka.
- Tu as raison, il y a sûrement un moyen qu'ils prennent un peu de repos... Mais on les enverrait où ? fit Shiryu.
- Ici, ils logeraient dans la maison de Shion... Qu'en penses-tu amour ? Tu ne crois pas que tes gardiens de la tranquillité ne mériteraient pas un peu de repos chez toi ?
- Bien sur mon amour ! C'est même une excellente idée je trouve, approuva le peintre. Après tout cette maison est très belle est si elle peut leur servir... propose-leur donc Dohko !
- Pourquoi pas ? répondit ce dernier, je leur téléphonerai dès demain ! Mais dans l'immédiat, ça vous tenterait une ballade à la fête foraine après le dîner ? Nous en avons croisé une dans la petite ville d'à côté en venant avec Shiryu.
- Mais, je n'ai jamais été dans ce genre d'endroit, intervint la réincarnation, dont les yeux brillaient pourtant d'une envie toute naturelle.
- Ne t'inquiète pas Shaka, c'est assez loin, personne ne te reconnaitra et nous te protégerons, répondit Mu rassurant.
- Je ne lâcherai pas ta main mon amour, affirma Shion avec tendresse.
Ooo000ooO
Japon, fin de soirée, appartement de Lorcan
Après son repas solitaire, Lorcan avait décidé de prendre un bain pour tenter de chasser son impression de froid et de solitude. Il y était depuis une bonne vingtaine de minutes quand on frappa à sa porte. Il jeta un œil à la petite pendule et se demanda qui pouvait bien venir si tard. Pas la peine de s'habiller, c'était forcément un importun qu'il allait rapidement chasser.
Il ouvrit la porte mais ce qu'il s'apprêtait à lancer se bloqua dans sa gorge. Angelo se tenait devant lui, l'air totalement perdu, il n'eut même pas me temps de prononcer son prénom en entier qu'il l'entendait poser cette étrange question :
- Que m'as-tu fais Lorcan ? Que m'as-tu fais ?
- Entre Angelo, dit-il simplement en s'effaçant. On sera mieux dedans...
Il le guida dans le salon où il le fit asseoir sur le canapé. L'appartement était spacieux et décoré avec soin. Des roses roses sur la table laissaient filtrer un léger parfum sans être entêtant et à droite se trouvait un coin cuisine, séparé du salon par un bar avec de hauts tabourets. Une terrasse où fleurissaient des rosiers prolongeait la pièce :
- Fais comme chez toi, je vais passer quelque chose, dit Lorcan et s'éclipsant dans un couloir desservant les autres pièces.
Pendant qu'il séchait sommairement ses cheveux et passait un pantalon de toile fine et une liquette, il se demanda ce qui arrivait à son partenaire et surtout, comment il avait si vite trouvé son prénom... Son cœur dansait une folle sarabande et il se força à se calmer avant de lui faire face.
Angelo faisait les cent pas en l'attendant et quand il pénétra enfin dans la pièce, il en eut le souffle coupé tellement il était magnifique.
- Tu as une brosse ? demanda Angelo.
Lorcan s'éclipsa deux minutes et revint avec une brosse et une serviette. Doucement Angelo lui prit des mains et installa le maître de maison sur le fauteuil. Avec des gestes tendres et doux il lui sécha les cheveux avant de les lui démêler.
- Tu as des cheveux très doux...
Lorcan ne comprenait plus rien. Qu'est-ce qui arrivait à son partenaire ? Il savourait ses instants, les mains douces dans ses cheveux, caressant plus que brossant, et sentit une étrange euphorie l'envahir. Il ferma les yeux un long moment et ne put retenir un gémissement de plaisir à ce doux traitement... qui lui fit brutalement prendre conscience de ce qui se passait. Il se leva d'un bond :
- Ça va aller je crois, dit-il en reprenant la brosse dans les mains de son ami. Je vais te faire un truc à manger, je paris que tu n'as même pas pris le temps de manger... je me trompe ?
Il était paniqué. Angelo n'était pas dans son état normal... il sentait le danger aussi sûrement que s'il l'avait embrassé là, tout de suite. Et si une chose lui faisait peur par-dessus tout, c'était bien le risque de perdre son amitié. Alors autant mettre fin ça tout de suite :
- Viens t'installer là, lui dit-il en se démenant à la cuisine. Je vais te faire une omelette dont tu me diras des nouvelles !
Meubler le silence, ne pas laisser s'installer cette trop tentante atmosphère qui l'incitait à croire que son rêve pouvait prendre vie. Aphrodite faisait tout pour ne pas se laisser aller à ce doux rêve... presque désespérément.
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Inde, soirée
Shaka avait la tête qui tournait. Toutes ces lumières, tout ce bruit, cette odeur de nourriture, les bonbons colorés et les peluches et les divers jeux.
Depuis plus d'une demi-heure qu'ils étaient arrivés à la fête foraine d'une ville voisine, il ne savait vers où se tourner tant tout était nouveau… et merveilleux. Pour la première fois de sa vie peut-être, Shaka avait l'impression d'être un jeune homme ordinaire.
- On peut aller là-dessus ? demanda-t-il en pointant un grand huit du doigt.
- Tu es sûr mon ange ? demanda le peintre qui, comme promis, ne lui lâchait pas la main.
- Oui ! fit le jeune homme. On va faire la queue ! Vous venez nous rejoindre ?
- On arrive ! répondit Dohko, amusé par la candeur dont il faisait preuve.
Ils testèrent plusieurs manèges puis se baladèrent tranquillement au gré des allées.
- Et ça c'est quoi ? demanda Shaka en pointant un nuage rose.
- De la barbe à papa et ça se mange ! Tu veux goûter ? demanda Shion.
- Oui !
Pendant que Shion et Shaka attendaient la fameuse barbe à papa qui prenait vie sous les yeux émerveillés du jeune homme. Shiryu s'installa à une table de buvette et sortit son mini PC qu'il ne quittait jamais ou presque.
- Tu fais quoi ? s'étonna Dohko.
- Réservation des billets d'avion.
- Impatient ! se moqua son aîné qui se pencha sur son épaule.
- Peut-être ! Mais quelque chose me dit que ces quatre-là ont besoin d'un peu de la magie de Shaka…
- C'est ce que je pense aussi... non pas celui-là, c'est trop tard !
- Et après c'est moi l'impatient... taquina Shiryu.
Shiryu fit quelques manœuvres et confirma, Dohko, lui, envoya un mail, en espérant que Kanon l'ouvre à la première heure le lendemain.
- Mais c'est délicieux ! s'écria Shaka en mordant dans un beignet recouvert de sucre.
Shion était aux anges. Shaka découvrait et appréciait chaque nouvelle chose avec des milliers d'étoiles dans les yeux. Des simples friandises aux manèges les plus fous, il s'amusait comme un enfant. Le peintre qu'il était enregistrait chaque expression, chaque émerveillement de son amour et comme promis il ne lâchait jamais, restant auprès de lui même quand ses deux mains étaient occupés à faire telle ou telle attraction ou à goûter une nouvelle friandise...
Shun et Shiryu profitaient eux aussi à fond de cette sortie attractive et leur bonheur faisait plaisir à voir, pensa le peintre en les voyant en pleine discussion sur le choix de la peluche que Shiryu venait de gagner pour son petit ami... eux aussi il fallait qu'il les peigne un jour.
Il jeta un regard du côté de son frère et de son meilleur ami qui se promenaient main dans la main un peu plus loin. Mu rayonnait, quand à Dohko, il ne l'avait jamais vu si heureux.
Il resserra son étreinte autour de Shaka qui venait d'apercevoir une autre attraction :
- C'est quoi "la rivière de l'amour" ? demandait-il justement.
- Tu veux y aller ? C'est en général une balade agréable en bateaux, répondit Shion en faisant signe aux autres et en se plaçant dans la file d'attente.
- Pas bête, dit Dohko en arrivant. Ça va nous faire du bien un peu de calme
- Je suis partant, ajouta Shun les rejoignant une énorme peluche de dragon dans les bras.
- Tu vas voir mon amour, tu vas adorer, murmura Shion à l'oreille de Shaka alors qu'il montait tous les deux dans la petite barque qui partit aussitôt vers sa destination romantique...
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Japon, le lendemain matin
Camus arriva le premier au bureau vers neuf heures, comme à son habitude. Il mit en marche le café, alluma les différents PC. Il prit ensuite le courrier, le tria et les déposa sur les bureaux des destinataires.
- Pub, pub, pub, facture, facture... énumérait-il en le triant.
Camus jeta les pubs et laissa les factures pour plus tard. Il alla voir la boite mail générale et vit un mail de leur client qu'il ouvrit sans plus attendre.
- Bordel ! lâcha le jeune homme.
Il attrapa son portable et fit un sms à ses trois collègues :
« Venez vite ! Ça urge ! »
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Encore chez lui Lorcan regarda son portable avec incrédulité.
- Mais qu'est ce qui lui prend ? dit-il en vidant sa tasse de café.
Il la mit dans le lave-vaisselle et mit ce dernier en marche avant de partir. Il ne lui fallut pas longtemps pour arriver au bureau.
- Camus ? Comment ça fait que tu sois si... surpris ?
- Tu vas bien ? fit son ami malicieux. Tu as la tête de quelqu'un à qui il est arrivé plein de choses…
- Tout comme toi ! Mais on en rediscutera plus tard... J'entends la porte.
- Que se passe-t-il ? demanda Kanon suivi de près par Angelo.
- Nous avons été invité par notre employeur à un petit voyage en Inde… et notre avion décolle à quinze heures, annonça Camus.
- Tu déconnes ? fit Aphro, le premier à réagir.
- Non ! Regarde le mail !
Les trois hommes se tassèrent tant bien que mal pour jeter un œil sur l'écran.
« Messieurs, nous vous remercions de tout cœur de votre aide, et de ce fait, nous vous invitons à un petit voyage en Inde, vous avez ci-joint les détails du vol. Nous savons que vous avez beaucoup de boulot, toutefois, nous vous avons fait installer toutes les commodités nécessaires. Il ne vous reste plus qu'a faire vos bagages et prendre l'avion cet après-midi. Nous viendrons vous accueillir à l'aéroport à votre arrivée. Bonne journée et à plus tard. » lut Camus a haute voix.
- On fait quoi on y va ? demanda Lorcan.
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Ils se retrouvèrent en Inde en fin d'après-midi, à peine une heure plus tard après le décollage à cause du décalage horaire, encore un peu étourdis par la rapidité des évènements...
Kanon avait suggéré d'accepter l'invitation, ce qui leur permettrait de faire sûrement la connaissance de Shion. Le sourire réjouit de Camus ne lui avait d'ailleurs pas échappé à ce moment. Angelo n'y avait rien trouvé à redire, bosser là ou ailleurs ne le dérangeait pas plus ça tant qu'ils restaient ensemble, tous les quatre. Aphrodite était enthousiasme aussi à l'idée de voir du pays et de sortir un peu de la routine.
Et puis, s'était-il dit en aparté, cela ramènerait sûrement les choses à la normale avec son partenaire... du moins il l'espérait. Le temps de rassembler ce qui leur serait utile sur place pour continuer à travailler, de rentrer chacun chez soi pour y mettre de l'ordre et faire leur sacs de voyages, et ils s'étaient retrouvés à l'aéroport. Ils avaient profité du voyage en avion pour se reposer un peu et les voilà donc arrivés à destination :
- Ils sont sensés venir nous chercher ? demanda Angelo en regardant tout autour de lui alors qu'ils se dirigeaient vers le tapis roulant pour récupérer leur bagages.
- Je crois que les voilà, dit Aphro en désignant du menton Dohko et un jeune homme inconnu qui arrivaient en fendant la foule, ou plus exactement, la foule s'écartait pour les laisser passer :
- Mais c'est... s'écria Camus en s'avançant à leur rencontre. Vous êtes Mu n'est-ce pas ? Je suis enchanté de vous connaître, dit-il en lui tendant la main pendant que Kanon saluait Dohko.
- Moi aussi, répondit Mu poliment, mais on se connait déjà n'est-ce pas ? Vous êtes venus à toutes les expositions de mon frère, je me souviens de vous... vous avez même acheté une de ses toiles !
- C'est vrai... Je ne pensais pas vous revoir ici, sourit Camus.
- Venez, ne traînons pas trop, intervint Dohko en attrapant la main de Mu. Je vous ai loué une voiture, vous allez nous suivre... et ce soir nous vous invitons à manger dans un endroit dont vous ne soupçonnez même pas l'existence ! Cela vous convient comme programme ?
- Parfait, répondit Kanon en leur emboîtant le pas, amusé par les regards surpris de la foule autour d'eux et mais surtout ravi du sourire qu'affichait Camus :
- Je ne savais pas que tu avais une toile de Shion... lui glissa-t-il.
- Elle est dans ma chambre, rougit Camus.
Ils prirent bientôt la route, Mu montant avec Camus et Kanon dans la voiture que Dohko leur avait louée, au cas où ils se perdraient de vue, et Aphrodite et Angelo s'installant avec Dohko dans l'autre. Aucun d'eux n'avait pu échapper au baiser discret que les deux amoureux avaient échangé avant de se séparer :
- Vous êtes en couple vous et Mu ? demanda le suédois le plus naturellement du monde après les premiers kilomètres faisant sursauter Angelo.
- Oui... Ce joyau et moi-même sommes un couple ! fit Dohko en répondant avec un énorme sourire.
La route était longue depuis l'aéroport mais cela permit à nos détectives de faire plus ample connaissance avec leur guide respectif. Mu discuta longuement avec Camus, les deux hommes avaient tout de suite accroché et avaient un tas de sujet de passion commune. Si Angelo dans l'autre voiture restait assez calme, Aphrodite pressait Dohko de questions sur les lieux qu'ils traversaient. Apres un long moment, ils arrivèrent à la maison de Shion, dont certaines commodités modernes avaient été installées depuis qu'il y vivait, grille électrique et alarme, entre autres.
Une carte magnétique leur permit de pénétrer dans l'enceinte et ils descendirent de voiture, pas mécontents d'être enfin parvenu à destination. Le jour commençait déjà à tomber.
- Voici la maison de votre séjour ! annonça Dohko en vidant les coffres.
Ils firent le tour du propriétaire.
- C'est la maison de Shion ? demanda Aphrodite.
- C'est sa propriété mais il n'y habite pas. Nous vous laissons vous rafraichir et nous partons pour le diner, répondit Dohko.
Il ne fallut pas longtemps aux quatre hommes pour se préparer, gagnés par la curiosité.
- T'as une idée ? demanda Camus à Aphro.
- Pas la moindre ! avoua son ami qui avait pourtant tenté d'en savoir plus pendant le trajet.
Ils partirent à pied et les hommes s'émerveillèrent sur le décor sauvage jusqu'au rivage.
- Oh mon dieu c'est superbe ! fit Camus en découvrant le palais sur le lac.
- Parfait, parce que c'est la que nous allons ! dit Dohko en poussant la première barque à l'eau.
- Non c'est complètement du délire ! Quelqu'un vit vraiment là-bas ? continua Aphrodite.
- Oui, le maître de maison, Shaka, y vit depuis sa plus tendre enfance, confirma Mu en souriant.
Dohko poussait, pendant ce temps, la deuxième barque, nouvelle acquisition de Shion faite par Shun et sans moteur comme Shaka le voulait. Il porta Mu et le déposa dans la barque.
- A votre tour ! fit le PDG en les invitant à prendre l'autre barque.
Ils débarquaient bientôt sur la terrasse de la cuisine :
- Bienvenue dans mon humble demeure les accueillit Shaka vêtu pour l'occasion d'un superbe sari. Avez-vous fait bon voyage ?
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Ils accostèrent sans difficultés sur le petit ponton prévu à cet effet à la lisière de la forêt alors que la nuit était largement tombée. Pourtant cela ne dérangea pas outre mesure Kanon qui avait pris la direction des opérations comme s'il avait fait ça toute sa vie. Il sauta sur la berge et tendit la main à Camus :
- Allez, tout le monde à terre ! dit-il en souriant.
- Tu crois qu'on va retrouver notre chemin dans le noir ? demanda Aphrodite en regardant la forêt soudain très sombre à son goût.
- Enfant des villes, se moqua gentiment Angelo en l'aidant à sortir de la petite barque. Si tu veux je te tiens par la main...
- Ben oui et alors ? rétorqua le suédois en atterrissant d'un bond souple à ses côtés. Je suis plus à l'aise avec les néons qu'avec la nature que veux-tu...
- Pas de soucis, lui dit Camus. Dohko nous a bien expliqué les embranchements et comment ne pas se perdre.
Kanon revenait vers eux après avoir soigneusement caché la petite barque, comme le lui avait fortement recommandé le jeune Shaka :
- On y va ? demanda-t-il en s'engageant dans le sentier qui conduisait à la maison qu'ils occupaient tout en échangeant leurs impressions.
- Ce palais est une merveille, commentait Camus, et on n'en pas vu le quart je crois...
- Shion n'est pas du tout comme je l'imaginais, ajouta Angelo.
- Pourquoi tu le voyais comment ? demanda Kanon intrigué.
- Je ne sais pas... comme un artiste quoi, capricieux et imbuvable ! Alors qu'en fait, il est totalement ordinaire.
- Vous avez remarqué qu'ils sont tous en couple visiblement, dit encore Aphrodite au bout d'un moment.
- C'est leur problème, répondit Kanon, pas le notre... ils sont plutôt sympas, payent bien... le reste ne nous regarde pas vraiment...
- Ah on arrive ! dit Camus en voyant se dessiner les contours de la maison. Où est la porte déjà ?
- Par là... lui indiqua Kanon en passant devant lui, attendez deux minutes, j'ouvre...
- Il faut se repartir les lits, dit Angelo en entrant bientôt dans la maison. Il y en a que trois d'après ce que j'ai vu...
- Un café d'abord ! Ça vous tente ? dit Camus en entrant dans la cuisine suivit par Lorcan aucun d'eux ne voulant prendre part au partage des lits. Et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué ce sont tous des lits doubles ! fit Camus de la porte de la cuisine.
Il retourna ensuite à son occupation avec l'aide de Lorcan.
- Alors ? demanda le français.
- Alors quoi ? fit le suédois.
- Prends-moi pour un imbécile aussi, se moqua Camus.
- Demain, promit Lorcan. Mais toi aussi, ok ?
- Ok ! Ça vaut mieux !
Ils retournèrent au salon avec un plateau chargé de tasses et d'une cafetière.
- Alors vous avez décidez ? questionna Camus.
- Très simple, Lorcan dormira avec moi et toi Camus avec Kanon... Comme tu l'as si bien dit ce sont des lits doubles, et vu qu'on est très loin de chez nous et qu'on est en pleine nature on a pensé qu'être à deux par chambre serait plus rassurant, expliqua Angelo.
Lorcan était stupéfait mais se retint de tout commentaire tout comme son ami d'ailleurs. Ils dégustèrent leur café en discutant de choses et d'autres pour préparer leur journée du lendemain quand Angelo demanda brusquement :
- Vous y croyez à cette histoire de réincarnation ?
- Ben... Pourquoi pas après tout ? répondit Camus. C'est dans leur religion, et qu'on y croit ou non, ce jeune homme, Shaka, semble bien transmettre une sorte de rayonnement interne non ?
- C'est vrai qu'il est, comment dire, spécial à sa façon, approuva Kanon. Mais encore une fois, notre boulot est de protéger ces lieux, Shion et lui justement, de toute intrusion et le reste...
- Ne nous regarde pas, on sait, le coupa Lorcan. N'empêche qu'on peut quand même avoir une opinion non ?
- Bien sûr tant qu'elle ne perturbe pas le boulot. Je ne sais pas vous, mais moi je fatigue alors, bonne nuit à tous... Tu me rejoins Camus ? On prend cette chambre, dit le boss en désignant la chambre du fond. J'y ais déjà mis ton sac !
- Je débarrasse et je te suis, confirma le français en ramassant les tasses vides.
Lorcan l'aida en prenant la cafetière et le suivit à la cuisine :
- Quel chevalier servant ce Kanon, se moqua-t-il gentiment.
- T'as même pas idée... murmura Camus en le regardant.
- Quoi ? Ça te fait peur ? réalisa son ami.
- Un peu oui... pas toi ?
- Je sais plus quoi penser, mais on parle de tout ça demain, dit-il en refermant le lave-vaisselle. Et essaie de dormir un peu ! lui recommanda-t-il.
Ils se séparèrent sur ses mots et un sourire d'encouragement puis chacun regagna sa chambre.
Lorcan passa rapidement par la salle de bain pour enfiler un pyjama de soie qu'il avait eu la bonne idée de fourrer dans sa valise ne sachant pas trop où il dormirait puis rejoignit Angelo déjà couché :
- T'es sûr que ça ne te gêne pas ? lui demanda-t-il.
Seul un grognement indistinct lui répondit.
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Au palais
Shion faillit encore se perdre en regagnant sa nouvelle chambre... il était resté un peu discuter avec Dohko des modalités du travail des quatre détectives.
Il y retrouva son ange en train de lire tranquillement. Il posa son livre et regarda Shion revenir auprès de lui.
- Ça a été mon amour ? lui demanda-t-il en se glissant dans le lit après avoir passé une liquette pour dormir dans la salle de bain attenante
- Oui mon ange tout va bien... répondit Shaka un peu songeur. Ils ont de bonnes auras tous les quatre ! Tu ne trouves pas ? J'étais juste en train de me dire que nos nouveaux amis avaient bien besoin de repos. Ils sont si stressés qu'ils sont complètement aveugles.
Et devant l'air interrogateur du peintre ajouta :
- Non je ne t'en dirais pas plus ! Dis mon ange, je peux te demander un petit quelque chose ? Shaka sentit ses joues devenir cramoisies en continuant. Est-ce qu'on peut dormir nu tous les deux ? J'aimerais sentir ta peau sur la mienne... finit-il tout bas. Ta peau est très douce, et depuis notre baignade à la piscine je… je ne t'ai pas revu si peu vêtu...
Shion sourit devant les rougeurs de son amour et se débarrassa sans hésitation de sa liquette, se retrouvant complètement nu dans le lit :
- Viens là mon amour... invita-t-il son compagnon en lui ouvrant les bras où le jeune homme se glissa bien volontiers. Avec des gestes doux, le peintre défit le nœud de son obi, et ouvrit un peu le yukata qu'il portait pour mettre en contact leurs peaux nues. Il ne put d'ailleurs retenir un long frisson à ce doux contact et une vague de chaleur monta au fin fond de lui :
- Mon amour... dit-il d'une voix légèrement rauque. On devrait peut-être sagement dormir non ? Te sentir là contre moi... est si bon...
Il finit sa phrase par long baiser passionné, se maudissant d'être aussi faible, mais comment résister ?
Le sulfureux baiser que lui donna Shion fit gémir Shaka malgré lui. Instinctivement il remonta une de ses jambes, la glissant sur celle de Shion pour la nouer autour de sa taille. D'un geste souple des épaules il se défit totalement de son yukata avant de nouer ses bras autour de la sa nuque.
- Encore... plus... souffla-t-il en caressant le dos du peintre.
Shion ne pouvait qu'obéir à une telle demande. Sa main glissa de la nuque au dos maintenant dénudé, ses lèvres descendirent dans le cou gracile, mordilla un lobe d'oreille, faisant naître chez le peintre une réaction, somme toute naturelle, mais qui risquait de surprendre le jeune homme.
Shion tenta bien de se déplacer légèrement mais sans grand succès... et décida par un effort de volonté suprême d'ignorer les élans de son corps et se consacra à la découverte du torse d'albâtre et si doux, caressant, dessinant et traçant de sa bouche des arabesques sur la peau divinement enivrante… Sa main glissa jusqu'à l'aine de son amour, la caressant tendrement. Il revenait à intervalle réguliers réclamer un baiser.
Il gémit quand Shaka accentua, volontairement ou non, ses caresses sur lui et jugea qu'il était temps de dormir s'il ne voulait pas perdre son contrôle... Il resserra alors son étreinte autour de son amour et le cala contre lui :
- Il est temps de dormir amour de ma vie... dit-il doucement à son oreille. Cale-toi contre moi.
- Quand est-ce qu'on sait que c'est le moment parfait ? demanda Shaka après quelques baisers en se lovant contre le corps nu de son amour.
Il n'attendait pas vraiment une réponse, il écoutait les battements du cœur de son amant.
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Maison de Shion
Kanon était sorti dans le jardin quand Camus pénétra dans la chambre. Le grec réfléchissait à cette situation quelque peu inédite pour lui... à part son jumeau autrefois, il n'avait jamais dormi avec un autre homme.
Il rentra peu après que Camus se soit couché :
- Ça te gêne pas si je dors torse nu ? Je déteste être trop couvert la nuit, demanda-t-il en enlevant sa chemise et son pantalon sans laisser le temps à Camus de lui répondre.
Kanon n'avait pas l'habitude de s'embarrasser avec des détails mineurs. Camus et lui dormirait dans le même lit ? Ok, il était capable de gérer cela et s'endormit rapidement dès qu'il fut couché, ne se doutant pas un instant du trouble qu'il venait faire naître chez son jeune collaborateur.
Dans l'autre chambre, Lorcan après s'être couché sagement à un bout du lit, se sentit soudain enlacé par son partenaire.
Angelo avait passé un bras atour de sa taille pour réduire l'espace entre eux. Il enfouit son nez dans la longue chevelure du suédois.
- Tu sens si bon… murmura-t-il. Fais de beaux rêves, lui souhaita-t-il tout en lui donnant un petit baiser sur la nuque.
Angelo se sentait bien, il n'était pas chamboulé comme les autres. Il ne comprenait toujours pas ce qui lui arrivait, mais il était moins nerveux et ça, ça lui plaisait. Et le corps tiède de son ami contre lui, ça lui plaisait aussi.
Lorcan retint un instant son souffle, se demandant s'il dormait déjà... Le baiser le fit frissonner malgré lui... Une respiration régulière avec un souffle doux chatouillant sa nuque à chacune d'entre elle lui appris qu'Angelo s'était endormi. Il tenta bien de respirer à fond, de chasser la douce langueur qui l'envahissait peu à peu, mais c'était peine perdue avec le bras de l'italien autour de lui et son corps chaud qu'il pouvait sentir parfaitement au travers de la douce barrière de la soie si légère qu'elle ne cachait rien de l'anatomie particulièrement bien dessinée de son tortionnaire involontaire.
Il fallut bien des efforts et du contrôle au suédois pour pouvoir grappiller quelques heures de sommeil dans cette position qui, il devait bien se l'avouer, lui donnait très très chaud...
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Alors que le jour perçait à peine, Camus était encore bien éveillé. Il avait passé la nuit à regarder son patron en petite tenue dormir du sommeil du juste.
La veille il avait réprimé une envie de hurler sa frustration, car il fallait bien l'avouer Kanon était taillé comme un dieu grec et c'est la première fois qu'il le voyait si peu vêtu.
Doucement, il dégagea une mèche de cheveux qui lui barrait le visage, en espérant que Kanon ne se réveille pas.
Le patron en question bougea dans son sommeil, attrapa Camus et le colla contre lui. Le français en eut le souffle coupé et se raidit. Mais quand il se rendit compte que Kanon était encore profondément endormi, il s'autorisa à respirer et se laisser aller contre le torse musclé du grec et alors seulement sombra dans le sommeil.
A suivre…
