Principe:
Le Round Robin a pour équivalent en français le jeu appelé "Cadavre Exquis". Le principe est simple, on demanda à une personne de commencer une phrase puis de passer le relais à la suivante. Le principe est le même dans la fanfiction. Un auteur commencer une histoire, les suivants la feront vivre et partir dans d'autres directions.
Mélowyn (lien dans le profil) a courageusement pris la place la plus difficile en lançant le premier Round Robin de notre LJ communauté.

Disclaimer:
Les personnages et les lieux sont la propriété de JKR, sauf Tamara et les autres OC, estampillée comme made in Mélowyn!

Note de la Round Robiniste (aujourd'hui Choups):
Voilà le 12e chapitre, cette fois-ci c'est le mien :)
Les évènements s'accélèrent un peu plus, une nouvelle fois.Les réponses aux reviews seront, comme d'habitude, sur la communauté LJ Veritaserhum.
Bonne lecture !


Si proche des flammes

Le garde ouvrit le coffret, et se mit à crier "Elle est coupable ! Sorcellerie !"

Quoi ? Comment était-ce possible ?

Je ne voyais plus grand-chose autour de moi. J'étouffais, littéralement. Une boule dans ma gorge s'était formée, et je brûlais à l'intérieur. Ma tête tournait et mes jambes ne me portaient qu'à moitié, si bien que je n'eus pas conscience du fait que deux gardes me traînaient péniblement jusqu'à la charrette proche.

"Tu es une pauvre fille. Sorcellerie, ça mène directement au bûcher", me dit l'un des deux gardes, d'un air à la fois mauvais et, quelque part, un peu effrayé.

Je fus attachée puis conduite quelque part, dans une sorte de cellule. Je ne comprenais strictement rien à ce qui m'arrivait. Je fus poussée au fond de la pièce, et la porte se referma en un claquement sinistre.

Je n'avais plus rien à faire, j'étais condamnée. Comment était-ce possible ? Et dire qu'il y a deux jours j'étais juste une lavandière un peu trop curieuse…

J'entendis les gardes s'éloigner, lentement, leurs voix se faisaient de plus en plus lointaines. Et moi je me mis à pleurer. Je ne savais même pas pourquoi, ce n'était même pas le moment, mais j'étais désemparée. Bruyamment, je m'apitoyais sur mon sort, alors que je savais que c'était inutile.

J'entendis alors un bruit étrange. On aurait dit un chuchotement…

'Tamara ? C'est toi ?'

Je sursautai immédiatement. C'était Godric, dans la cellule d'à côté. Je me collai au mur, et essuyai mes larmes

'Oui.' Répondis-je, à moitié en colère contre lui, et malgré tout rassurée.

'Je ne sais pas quoi te dire. Je suis désolé de t'avoir impliquée là-dedans à ce point-là.'

Il y eût un long silence. Visiblement, il attendait une réponse de ma part, mais je ne savais que dire.

'Dis… Pourquoi exactement te trouves-tu ici ?'

Sa question déclencha en moi l'envie de parler. Je lui racontai l'histoire de la boîte, et tout le reste, de Maddy, des gardes et de Dame Rowena. J'étais au bord des larmes, sur le point d'exploser, s'il disait ne serait-ce qu'un mot. Cependant il resta silencieux, durant tout le temps où je parlais, écoutant attentivement mon long monologue. Il me semble qu'il réfléchissait, analysant toutes les informations que je lui livrais de façon décousue. Au moment où j'évoquai Sire Serpentard, je repensai au morceau de parchemin destiné à Godric.

'D'ailleurs, si je suis venue en ville, c'était pour vous donner sa réponse…'

'Ah, bien.' Répondit-il, comme impatient.

Je marquai une pause, réfléchissant.

'Savez-vous s'il y a un moyen pour que je vous transmette sa lettre ?'

Nous cherchâmes, mais il n'y avait aucune possibilité, le mur adhérait au sol de bout en bout, et nos portes étaient fermées.

'C'est impossible…'

'Je crois qu'il va falloir que tu rompes ta promesse, Tamara… Lis moi la lettre.'

Je sursautai. 'Mais, je ne peux pas, j'ai promis…'

Il eût un petit rire. 'J'ai bien peur que tu n'aies pas le choix…'

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Près du bûcher, nous avancions, et j'étais derrière Godric. Angoissée. Il allait mourir, lui aussi, mais ne semblait pas s'en soucier le moins du monde. Ce qui m'angoissait davantage.

Les minutes défilaient, les gens criaient, certains étaient choqués et d'autres plutôt amusés. Je ne comprenais rien. Comment pouvait-on prendre du plaisir à voir des innocents brûler vifs ?

Mais ils ne savaient pas que je n'étais pas une sorcière, et, à bien y réfléchir, ce n'était pas de sorcellerie que j'étais condamnée, mais de complicité. Pour moi, c'était pire.

L'angoisse, tout qui tournait autour de moi. Il faisait déjà noir.

Quelqu'un nous dit que nous devions patienter un moment, le temps que je-ne-sais-plus-qui fasse un discours expliquant les raisons de notre condamnation à mort, et puis, il fallait nous attacher, et allumer la paille où nous allions nous trouver.

Et l'attente était interminable.

Cependant, Godric me lançait, de temps à autre, des regards mi-inquiets mi-rassurants, et j'étais littéralement perdue. Que voulait-il me dire, et pourquoi était-il aussi calme ?

'A présent, liez les coupables !'

Je ne respirais même plus. Seigneur, je ne voulais pas mourir. Mais, à quoi bon lutter, implorer la clémence des autres ? Ils étaient impitoyables, je le savais.

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Ils allaient nous mettre le feu. D'ici une minute, j'agoniserais, encerclée par les flammes. Elles brûleraient mon corps entier, pinçant chaque parcelle de ma peau. Les larmes commençaient à monter, je crois que je réalisais…

Soudainement, je vis Godric tourner la tête vers moi. Il me chuchota : 'Dès qu'ils allument la paille, et que le feu commence à te frôler, crie, fort.'

Je le regardai, incrédule. Evidemment, j'allais crier. J'allais souffrir. Pourquoi ne crierai-je pas ? Il devait y avoir autre chose…

Je le fixais toujours du regard, au moment où le feu commença à monter.


Prochain chapitre dans 15 jours: "Renaître de ses cendres"