Partie 12: Everything Goes Perfectly
Aux grands maux les grands moyens, disait-on !
L'inacceptable vérité qui avait rongé l'adolescence décousue et perdue de Clark, qui le détournait vers une destinée sombre, belliqueuse et ravagée par un flux d'émotions contradictoires, une vérité qui surtout l'avait détruit et fait reconsidérer la notion même d'amitié, s'enracinait dans un évènement sans précédent qui sans nul doute avait ravagé l'existence du monde entier.
20 ans auparavant. Smallville.
La vie et surtout le destin ne tenaient qu'à peu de choses. L'avantage de n'en pas connaître la portée était celui de ne pas se sentir coupable pour une action passéiste qu'on refuserait aujourd'hui d'admettre, ou celui de passer ses jours sur la Terre sans véritablement se poser de questions quant aux multiples voies qui auraient pu s'ouvrir si jamais nous avions décidé d'agir différemment. Il arrivait cependant que des êtres soient liés entre eux sans le vouloir, que leur propre destinée s'entremêle pour influencer sur le déroulement d'une autre vie : Dans ces moments là, toutes nos actions, qu'elles soient pures ou indigestes, détenaient une force considérable face à notre culpabilité, elles jouaient sur notre esprit, sur notre développement psychologique qui pouvait, dans des sens totalement opposés, nous conduire à être ce héros que tout le monde adulerait et respecterait ou cet homme corrompu, caricature réelle de tous les vices, prêt à tout pour s'accaparer le monopole du pouvoir. L'origine du Mal et du Bien s'alimentait alors de tous ces actes, toutes ces erreurs qui, analysés indépendamment, n'avaient pas réellement de portée significative mais dès lors qu'elles étaient conjuguées entre elles, pouvaient aisément laisser deviner la puissance émanant de la personne.
Smallville était apparue comme le berceau de phénomènes inexpliqués, étranges et parfois sanglants depuis la pluie de météorites qui avait ravagé une grande partie de la petite bourgade du Kansas. Alors que les habitants de cette charmante agglomération vivaient à pleines dents et sans se soucier aucunement de leur proche futur, cet évènement vint bouleverser le joli tableau qu'ils essayaient alors de peindre collectivement. Cette pluie dévastatrice, sortie tout droit de l'immensité universelle, perturba leur identité propre et profonde, ces météorites influencèrent grandement sur leur destinée, cette pluie pointa de son index mortel une dizaine d'habitants de la capitale du maïs, les roches kryptoniennes offrirent à un charmant couple paysan un renouveau dans leurs perspectives familiales en la personne d'un jeune extraterrestre, portant de ses propres mains un camion rouillé par l'ancienneté couché dans un fossé. Cette catastrophe qui avait mené Superman sur terre n'était pas seulement le fruit de la naissance d'un Super héros à la pureté extraordinaire, elle était également la cause de l'existence d'un poison rongeant aujourd'hui le monde entier, gangrenant les espoirs naïfs mais tellement délicieux d'un grand nombre de terriens.
Le regard frappé par une détermination sans faille, ses longs cheveux bouclés retranchés timidement derrière des oreilles parfaitement arrondies et ridées, le sévère président de la LuthorCorp était installé à l'arrière de son hélicoptère personnel, attaché rigoureusement par une ceinture appuyant puissamment sur son torse. Ses mains musclées et tremblantes trahissaient sa grande sérénité légendaire, il essayait tant bien que mal d'exorciser sa phobie de l'altitude, une phobie qu'il traînait avec lui depuis sa tendre enfance. Tout en s'assurant du bon déroulement de la manœuvre en tapotant sur l'épaule de Buddy Hills, le pilote, et en discutant sommairement avec lui, Lionel dévisagea le pauvre Lex obligé de l'accompagner dans ses transactions financières plus que douteuses. Repoussant sa chevelure rousse abondante en arrière d'un vif geste de la main, l'héritier des Luthors admirait le paysage de part la vitre arrière tout en esquissant un léger sourire au vu de l'inquiétude de son père quant aux talents de Buddy. Pourquoi devait-il suivre ses traces alors qu'il aurait pu rester tranquillement dans leur demeure familiale ? Quelles étaient les réelles intentions de son père vis-à-vis de son futur ? Lex n'arrivait pas à comprendre l'obstination de Lionel, il n'arrivait pas à comprendre cette fixation qu'il avait pour cette minuscule ville à l'intérêt purement limité et qui ne se résumait qu'à une production de maïs surévaluée. Peut être n'avait-il pas les capacités ni même la maturité nécessaires pour évaluer les bénéfices que pouvait apporter cette campagne à leur patrimoine mais il pouvait affirmer sans crainte qu'il n'avait jamais vu son père aussi impatient à l'idée de conclure un contrat avec un paysan et qu'il ne l'avait jamais vu aussi proche de lui.
Les hélices ralentissant progressivement pour enfin stopper leur roulement répétitif et assourdissant, la famille réduite des Luthors s'empressa d'enfourcher la terre ferme, de refermer les portières, tout en faisant signe au pilote, et de rejoindre leurs amis d'un jour. Le regard perdu et distrait par l'étendue de maïs qui l'entourait, le jeune Lex suivait les pas de son père tout en essayant de ne pas trébucher. Peut être n'avait-il jamais eu une bonne image de la campagne, peut-être n'avait-il jamais eu l'occasion de s'y rendre mais aujourd'hui il ne pouvait que contempler ce qui se substituait aux immenses rangées de bétons omniprésentes à Métropolis. Alors que son père impressionnait ses interlocuteurs par une dialectique mensongère envoûtante, et même si le paysage actuel n'était pas le plus excitant des territoires, le seul héritier des Luthors s'enivrait des parfums édulcorés s'échappant des fins épis de blés qui l'entouraient. Cette étendue agricole extravagante et relativement remarquable ne cessait de fasciner le jeune Lex qui dans un élan d'incompréhension personnelle s'aventura éperdument dans cette forêt de Maïs. La corruption de son père était maintenant loin derrière lui, il n'échangeait que de douces paroles insonores et intérieures avec certains oiseaux, pendus à certaines branches d'arbres situés non loin et guidant Lex par leur chant majestueux. Non loin d'intégrer la sérénité et la tranquillité les plus absolues, l'enfant s'étonna d'être en osmose complète avec l'environnement ambiant, si bien qu'il ne comprit que tardivement, déboussolé par les hurlements massifs des paysans, la menace qui planait sur lui et sur toute la petite bourgade de Smallville.
La chute de météorites, d'une efficacité diabolique, fit sursauter le pauvre Lex qui totalement désorienté paniqua à la vue de cette catastrophe. Une partie des champs était déjà complètement dévastée, de nombreux bâtiments se retrouvaient ravagés par la puissance dévastatrice des météorites et Lex était seul, au beau milieu de nulle part. Il essayait tant bien que mal de retrouver la voix si familière de Lionel mais tout le vacarme embryonnaire l'en empêchait, il ne pouvait s'appuyer sur aucun soutien familial, il était complètement perdu. Alors qu'il cherchait désespérément un moyen de s'échapper, alors qu'il s'essayait à réfléchir à une possibilité de rejoindre le plus rapidement possible son père, l'onde de choc d'un météore s'écrasant tout près du garçon l'emporta et le propulsa à travers le champs de blé, également ravagé par le cratère récemment formé.
Lionel, agenouillé derrière son hélicoptère et tétanisé par le ravage soudain, scrutait l'horizon afin de distinguer une jeune frimousse rouquine des nombreux cratères enflammés décimant la majorité des terres paysannes. La pluie avait cessé depuis quelques minutes, le champ de maïs était entièrement ravagé, les habitants se relevaient fastidieusement et constataient amèrement les dégâts causés par cet incroyable phénomène mais se réjouissaient d'être encore en vie et de pouvoir serrer leurs proches. Seul Lionel, et quelques autres infortunés, restait dans l'expectative. Son fils n'était toujours pas revenu, et il ne savait même pas où il pouvait être. Il était tellement obnubilé par ses contrats et les bénéfices qu'il pouvait entreprendre avec cet achat qu'il abandonna temporairement son unique fils. Il ne savait pas si cet abandon pouvait lui être fatal mais il espérait encore. S'appuyant difficilement sur le flan de l'hélicoptère, il se releva pour contourner l'engin et rejoindre le parterre de maïs. Il ne cessait de brailler le nom de son fils, il parcourait chaque partiel de terre à sa recherche, il relevait chaque tige de maïs mais aucun signe de Lex. Alors que le Président de la Luthor Corp commença à perdre tout espoir et fit jaillir toute sa rage en s'acharnant sur le sol craquelé et brûlant, un toussotement délicat et enfantin réveilla une joie qui venait à l'instant de s'estomper au plus profond de Lionel. Ce dernier, étonnamment surpris, se retourna rapidement, s'immobilisa quelques secondes pour se concentrer sur l'incident auditif et parcourut une vingtaine de mètres. Il s'arrêta une nouvelle fois, posa indélicatement ses genoux à côté d'un corps frissonnant et recroquevillé sur lui-même. Le visage accablé par une certaine tristesse, Lionel dégagea les nombreux épis de maïs qui s'étaient accumulés sur son fils et le souleva paternellement, non sans une pointe d'étonnement, pour le serrer fortement dans ses bras. Une poignée de cheveux roux était tombée sur l'une de ses épaules, il s'agissait des seuls cheveux de son fils : Lex était devenu chauve.
De nombreuses années plus tard, Métropolis.
Lex avait bien grandi depuis l'accident, et même s'il demeurait traumatisé par les évènements qui s'étaient déroulés ce jour là, tout avait fini par trouver une raison d'être, son handicap l'ayant poussé à se retrancher derrière une personnalité forte et fière héritière d'une nouvelle génération de Luthor. Chauve depuis 12 ans, le nouveau Président d'une des filières de la LuthorCorp a su en tirer profit pour devenir l'un des milliardaires les plus honorables, officiellement, et des plus vicieux et immoral, officieusement. Lionel l'avait entraîné, à défaut de l'éduquer. Un entraînement qui visait à le hisser au plus haut rang de la hiérarchie professionnelle, et, dans un élan d'espoir presque trop surréaliste, au plus haut rang de la hiérarchie politique. Il l'avait tellement bien mis à l'épreuve que le jeune Luthor, maintenant devenu un bel homme, enchaînait les contrats financiers, économiques et médiatiques tel un sportif de haut niveau balayant sur son passage tous ses concurrents pour brandir tous les trophées. En fin de compte, Lex détrônait petit à petit le magnat de la finance et de la corruption qu'était son père. Nul ne pouvait l'écarter du chemin de la victoire, tôt ou tard, son rêve de gamin allait devenir réalité, les pleins pouvoirs lui seraient un jour apportés sur un magnifique plateau d'argent : Lex Luthor devenait au fur et à mesure le Président des États-Unis.
Le visage chaleureux dévoilant un léger sourire à la fois radieux et hypocrite et des mains s'emboîtant parfaitement au dessus d'un dossier vert, Lex était prêt pour ouvrir les négociations avec ses nouveaux collaborateurs. Âgé d'au moins la vingtaine, le jeune homme faisait face à trois bureaucrates qui, sans l'exprimer ouvertement, étaient pour le moins crispés, attendant désespérément que l'un d'entre eux prenne la parole, et se décide à influencer le sort de la réunion. Nul doute que l'aura intensément malhonnête du jeune chauve poussait ses trois interlocuteurs à se fondre dans un mutisme proche du ridicule : Trois séniors, tous arborant une coupe de cheveux grisonnante les trahissant au moindre coup d'œil, souffrant d'une timidité excessive, voire d'une peur terrifiante, face à un jeune homme, c'était du jamais vu dans l'histoire des négociations. Lex, par sa seule présence, par son seul charisme, réussissait à faire fondre les plus impitoyables des bureaucrates et des commerciaux.
Dans un élan de courage presque impensable, et sublimé par une assurance poussive, l'un des trois hommes d'affaires, celui au goût vestimentaire démodé et inapproprié, releva la tête et fit face à Lex. Ce dernier qui espérait avoir le contrôle tout au long du processus de négociation et l'achever dans un record qui aurait fait rougir de rage Lionel fut à la fois étonné et impressionné par la réaction et les futurs propos de son « partenaire ».
Le bureaucrate (D'une sobriété naturelle, calme et serein) : Monsieur Luthor, je veux bien croire que vos intentions sont louables, que votre désir de rachat de l'entrepriseMockingbirds'inscrit dans une politique économique et financière en adéquation avec notre volonté corporative, mais je doute que vous soyez à même de reprendre les choses en mains et d'amener notre établissement vers son « âge d'or » que vous nous promettez !
Lex (Un léger sourire en coin, s'asseyant et plongeant ses yeux dans le dossier vert) : Il me semblait pourtant qu'on avait réglé les différents problèmes qui s'étaient posés jusqu'alors, et que cette entrevue n'était seulement qu'une formalité. (Relevant ses yeux pour fixer successivement les trois hommes, d'un ton se voulant plus autoritaire) Et expliquez-moi en quoi je ne serais pas l'homme de la situation ? L'assurance dans vos propos me gène quelque peu, et j'ai peur que la suite de cette conversation se fasse plus houleuse… Donc éclairez ma lanterne, et ne tournez pas autour du pot !
Alors que les deux autres bureaucrates, toujours enclins à participer aux débats par un mimétisme effroyable de simplicité, restaient pendus aux lèvres du troisième, ce dernier resta insensible aux propos tenus par le futur président des États-Unis et n'hésita pas à poursuivre son argumentation, quitte à chiffonner l'orgueil un peu trop démesuré de Lex.
Le bureaucrate (Après un léger regard vers ses amis, d'un ton assuré et provocateur) : Je ne m'essaie à aucune tentative pour brider l'étendue de vos pouvoirs, Monsieur Luthor. Croyez-moi ce n'est vraiment pas mon intention ! Le fait est que votre jeune âge, et votre lien de parenté avec Lionel Luthor, nous incitent… et là je parle au nom de la société… nous incitent à déprécier vos compétences, et à passer d'autres contrats avec des personnes qui ont nettement plus d'expérience (Gagnant l'appui de ses amis et sa confiance grandissant) Notre peur de vous voir gâcher le potentiel de notre industrie nous a amenés à revoir notre position, et à préférer quelqu'un d'autre. Désolé !
Lex (Feignant d'avoir compris, refermant lentement le dossier, se laissant tomber sur le dos de son siège, les mains recroquevillées derrière son crâne) : Je vois, je vois… Et je suppose que vos amis (fixant grossièrement les deux autres bureaucrates) n'ont rien à rajouter, et sont ravis de voir que vous êtes dans la même optique professionnelle qu'eux ? Et c'est pour ça qu'ils n'ont rien osé dire, et qu'ils ont réactualisé le Mime Marceau pour mes beaux yeux, et pour ce contrat? Vous voyez Monsieur Enseinger, quand je disais que cette conversation allait se faire plus houleuse, je n'avais pas forcément tort, tout du moins à partir de maintenant…
A ces mots, alors que les trois commerciaux envoyaient et réceptionnaient entre eux des marques d'étonnement justifiées et synchronisées, Lex Luthor prit appui sur la longue table qui légitimait d'être submergée par un nombre pharamineux de documents - ou plutôt de paperasses – divers et variés, recula le siège d'un discret coup de pied et s'immobilisa quelques secondes. Les mains croisées, une posture droite et un regard froid, il avait pleinement conscience de ce qui allait se passer : La fin de l'entrevue ne faisait aucun doute, il allait devoir utiliser les grands moyens, son ascension vers le pouvoir, son ascension vers la sphère présidentielle en dépendait. Il avait pleinement conscience que cette entrevue, cette affaire, ce contrat « Mockingbird » était le tremplin vers tout ce qu'il aspirait. Aux grands maux, les grands moyens disait-on !
Après avoir envisagé les différents scénarios, il respira profondément et s'appuya une nouvelle fois, de ses deux mains, sur la table en verre. Les trois hommes commençaient à s'inquiéter, et ne comprenaient pas les agissements de Lex. Rester muet pendant quelques secondes est une chose, mais le faire pendant de nombreuses longues minutes en est une autre. Certes, deux d'entre eux en avaient été les spécialistes durant la conversation qui acheva les négociations, mais la réputation de Lex n'avait jamais mis en lumière ce trait de caractère, au contraire il était souvent caricaturé comme l'homme à la dialectique infinie et parfaite. Ils n'aimaient vraiment pas ce silence, et pour mettre fin à cette angoisse et ce cauchemar contractuel, les trois hommes s'empressèrent de quitter la table mais quelque chose les en empêcha. Ils ne pouvaient plus bouger, et leurs mains qui étaient posées depuis le début de l'affaire sur leur dossier respectif semblaient clouées, paralysées. Leur cauchemar contractuel ne faisait vraiment que commencer !
Lex, les yeux fermés et dans une crise de douleur légère mais remarquable, tremblait de toutes parts, et s'informait, lorsqu'il ouvrait rapidement ses yeux alors devenus verdâtres, que sa cible était atteinte. De ses mains, fermement positionnées sur la table, s'alignaient de fines couches vertes qui s'aventuraient entre les multiples dossiers éparpillés sur le meuble pour rejoindre les membres des autres négociateurs. Leur corps était en effet parcouru de fines lignes verdâtres s'infiltrant sous leur peau et se dirigeant toutes vers le cerveau. Les trois hommes, dont les yeux, qu'il s'agisse de la pupille ou de l'iris, étaient entièrement verts, étaient devenus les pantins d'un pouvoir généré par le seul héritier Luthor. Leur peur avait donc une raison d'être ! D'un geste vif, Lex releva simultanément ses deux mains de la table, réduisant à néant les effets de ce pouvoir hors du commun. Il reprit sa place sur son siège, et exténué il entama une nouvelle discussion comme si de rien n'était.
Lex (Faussement amical, fixant ses « amis » bureaucrates) : Alors, vous voulez que je vous invite au restaurant ou vous préférez diner chacun chez vous, sans l'un des plus grands cuisiniers du monde entier ? Mes amis, plus vite on conclura ce contrat, et plus vite vous serez rassasiés par ces délicieux petits pains au pesto… Qu'en dites-vous ?
Le bureaucrate (souriant à la remarque de Lex, partageant son opinion) : Je pense… et là je parle au nom de ma société, et de mes amis présents… je pense qu'on peut le conclure dès à présent. Rien ne sert de tergiverser encore plus longtemps, il est temps que « Mockingbird » ait un nouveau directeur (Prenant un crayon, et esquissant sa plus belle signature sur le document). Bienvenue à vous Monsieur Luthor !
Après que les prétendus amis d'un jour aient tous signé les formulaires contractuels et se soient félicités, avec une poignée de mains virile et des compliments mensongers sur leur tenue vestimentaire, ils s'empressèrent de quitter la salle principale afin d'être accueillis dans le restaurant promis. Lex, resté un peu en retrait, ralentit sa marche et commença à crisper son visage de douleur. Il amena sa main droite sur le côté gauche de son torse, et se mordit les lèvres pour ne pas crier. Il se retourna, accéléra ses pas afin de récupérer, dans l'une des poches de son manteau pendant non loin des portes principales, deux petits flacons. Tout en s'avançant vers la table, il enleva les bouchons, s'attarda à avaler lentement quelques pilules bicolores puis les referma. Il inspira difficilement, se calma rapidement et reposa les deux flacons sur la table. Il s'agissait d'amiodarone et de cardioquine, deux substances médicamenteuses traitant les troubles graves du rythme cardiaque.
Aujourd'hui, Maison Blanche. 10h37
Le bureau ovale en avait accueilli des Présidents, aux histoires singulières, aux destinées souvent chevaleresques et aux épopées médiatiques relativement surfaites. Mais Lex Luthor était bien loin de la conventionnelle existence menée tambours battants par les différents gouvernants, il n'avait rien en commun avec l'humanité, même minime, qui se dégageait de ses prédécesseurs. Cette singularité le poussait à se surpasser encore et encore pour prouver au monde – en l'occurrence, pour se prouver à lui-même – qu'un homme aux fonctions immensément importantes, qui lui ont été données grâce à la Démocratie moderne, pouvait mener un double jeu démoniaque menant peu à peu la Terre à sa perte, ou tout du moins pouvait assouvir sa vengeance contre l'homme d'acier en dominant le monde dans son entièreté. Car oui, il s'agissait bien de l'objectif premier du nouveau président des États-Unis : Las d'avoir acquis la plus haut fonction, accompagnée des plus grands pouvoirs, las d'avoir gravi toutes les marches de toutes les échelles professionnelles et las d'avoir eu tout ce qu'il désirait, Lex s'inventa un nouvel objectif, et pour que son égo et son orgueil alors déjà surdimensionnés atteignent leur paroxysme il s'attaqua à Superman.
Le fait que Clark Kent, alias Superman, devienne progressivement le symbole d'un monde en changements, le symbole d'une évolution universelle vers la paix et surtout le symbole d'une lutte du Bien contre le Mal, eut le tort de faire de l'ombre à tout ce qu'avait pu prévoir Lex. Et c'était justement à ce moment précis qu'il voua une haine viscérale au super-héros, un ressenti profond amenant ce Némésis à devenir l'hôte idéal pour Zar-El, le frère diabolique de Jor-El, et à créer le monstre Doomsday. Lex savait manigancer, et sa caractéristique d'homme à la dialectique infinie et parfaite qui lui avait été aiguisée tout au long de sa vie était loin d'être fortuite. Ainsi, à défaut de pouvoir anéantir son ennemi « prétentieux et avide de la moindre récompense » sur le plan physique dans un combat au corps-à-corps, Lex avait longuement affuté son plan B jouant sur ses propres qualités et les défauts de Superman : La dialectique d'un côté, et les sentiments humains de l'autre.
Dominer les humains et les retourner contre Superman était donc son ultime objectif, un objectif loin d'être inaccessible au vu de sa mission présidentielle. S'adresser au peuple américain, ainsi qu'à toute la planète, afin d'annoncer la tentative de meurtre de Superman sur sa propre personne pour quelque jours plus tard se contredire en demandant de l'aide à ce même Superman dans le combat contre le Monstre était résolument placé dans une stratégie de conquête de la population, et d'anéantissement de Superman. Cela répondait bien évidemment à deux buts : Dévoiler au monde que Lex est bien humain, et qu'un Président peut commettre des erreurs même en ce qui concerne Superman, et mettre en lumière l'inefficacité ahurissante et exceptionnelle de l'homme d'acier face à la bête.
Assis derrière son bureau, les mains jointes et ses coudes s'appuyant sur la surface boisée du meuble, il faisait maintenant face à une caméra et à de nombreux techniciens, et autres agents de liaison et membres gouvernementaux. Une nouvelle fois, il s'apprêtait à convoquer le peuple devant leur télévision pour mettre en œuvre la dernière phase de son plan, fomenté il y a quelques années. Le temps du combat allait finalement s'achever sur ce futur discours, il voulait tout simplement atteindre ce qu'il n'avait jamais obtenu : La victoire !
La caméra, reliée par une longueur importante de câbles à une pièce voisine dans laquelle se trouvaient des journalistes et de nouveaux techniciens transmettant au monde entier la vidéo du discours, réglait son objectif en établissant un zoom sur le visage du Président, le reste de son corps étant hors champ. Un léger brouhaha, dû à l'impatience journalistique collective, commença à résonner au sein de la pièce et à faire réagir le Président. Il était temps pour lui de commencer, il était temps pour lui d'utiliser une dernière fois son pouvoir.
Lex Luthor (A l'attention de tous, d'un ton compatissant) : Mes chers amis, il est temps. On peut commencer ! (Attendant le décompte, se raclant gentiment la gorge, sérieux) Peuple américain, mes chers compatriotes, bonsoir. La menace qui planait sur nos épaules s'est faite de plus en plus grande ces derniers jours. Elle a atteint un tel degré d'atrocités que même les mots, les adjectifs les plus pertinents ne peuvent décrire l'abomination qui nous fait face. Elle a atteint un tel degré de puissance que même les plus grands de ce monde ne peuvent l'anéantir. (D'un sérieux olympien, fixant intensément la caméra) Cette menace est tout ce qu'on pouvait redouter, cette menace est la somme de toutes nos frayeurs, de tous nos cauchemars, de toutes nos hantises. Elle est de ce qu'il y a de plus mauvais en ce bas monde, et l'être humain ne peut que rester spectateur d'un tel théâtre effroyable, béotien. C'est pourquoi mes chers compatriotes, ais-je demandé à Superman de réunir toutes ses forces, toute sa puissance surhumaine pour être notre sauveur éternel, notre ange gardien prêt à tout pour nous éviter une continuité dans le carnage et pour vaincre cette calamité extraterrestre (Feignant l'émotion, baissant les yeux pour les relever quelques secondes plus tard) Mon plus grand désir, et donc votre profonde volonté, n'a malheureusement pas été réalisé : Même Superman peut être vaincu ! J'imagine qu'actuellement vous devez donc craindre le pire, et vous devez à cet instant vous convaincre que le carnage est bien réel et qu'il ne connaît aucune frontière, aucun obstacle mais je veux, et je peux être l'oiseau de bonne augure, d'excellente augure même. (Reprenant confiance, ce même léger sourire en coin profondément malsain et faux) Sachez que la menace n'est plus, et que ces mois de terreurs et de terrorisme interne vont pouvoir être remplacés par des années de paix et de justice. (Se penchant vers la gauche, récupérant un petit boitier et le montrant à la caméra) Ce simple boitier contient tout ce qu'il faut pour combattre la Bête, il contient tout ce qu'il faut pour non pas l'anéantir mais la faire travailler pour nous. Oui mes chers compatriotes, nous allons faire payer cette menace en la dominant, en la domestiquant et en la faisant lutter contre l'injustice et la criminalité. Ce boitier conçu par les meilleurs scientifiques au monde est la garantie, au jour d'aujourd'hui, d'un monde baignant dans la sécurité et la paix, d'un monde qui ne craindra plus et qui pourra vivre en totale harmonie. Cette Menace, nous allons la métamorphoser en Ange Gardien, notre Ange Gardien. Ce boitier est donc notre seule chance de maintenir la Chose dans la sphère de nos valeurs les plus ancestrales, et je ne peux donc pas m'octroyer seul le pouvoir de décider, le pouvoir de mettre en place cette mesure. C'est pourquoi à titre exceptionnel, et ce pour le temps de crise que nous connaissons actuellement, je vais mettre en place un référendum à majorité simple afin de connaître votre opinion, et il sera constitué d'une seule question : Voulez-vous tuer la bête ? Si la majorité s'oriente vers le « oui » alors la bête sera tuée et on espérera que nous ne ferons pas face à une autre menace de la même ampleur, mais par contre si la majorité s'oriente vers le « non » la Chose ne sera pas exterminée et sera métamorphosée pour devenir notre Sauveur. (Posant ses mains sur le bureau, fixant étrangement la caméra) La question est donc : Me faites-vous confiance ?
Les mains, une nouvelle fois liées entre elles, se posèrent délicatement sur le bureau. Le président lança un vif sourire aux personnes présentes dans la salle avant de fermer ses yeux. Dans une transe presque indescriptible, les membres de son corps frissonnant de manière excessive et désynchronisée, il fronça les sourcils et invectiva de douleur devant le regard incrédule de l'ensemble de l'assistance. De ses mains, une traînée verdâtre en sortit et s'achemina dans toute la pièce pour accaparer les membres des résidents ainsi que les câbles rattachant la caméra aux modules de réception, d'enregistrement et de diffusion situés dans la pièce qui juxtaposait celle du Bureau Ovale. Rien n'était laissé de côté et ça, le Président le savait pertinemment. La dernière phase de son plan était en pleine efficience, et l'utilisation de son pouvoir, aussi dévastateur qu'il soit, prouvait une chose : Il a tellement perfectionné cette aptitude démoniaque qu'il arrive désormais à faire fléchir la moindre conscience, la moindre volonté ou pensée de n'importe qui et ce, dans une dimension presque infinie. Alors que durant sa jeunesse et son évolution au sein de la LexCorp, il manipulait ce « don » sur ses proches, ou tout du moins une communauté de personnes nettement plus restreinte, il pouvait actuellement voir plus loin, et s'attaquer à l'ensemble du territoire américain, voire mondial, par le biais de ce qui le glorifiait, de ce qui lui assurait un éternel succès : Les médias ! Il n'avait plus besoin que ses cibles soient proches de lui, il avait juste besoin d'un moyen de communication liant les américains entre eux, des interactions universelles, influençables et immatérielles. Prévoir un discours, en sachant d'avance qu'une majorité de la population le visionnerait, était ce qu'il y avait de plus aisé dans la démarche stratégique. Dominer la pensée de tous l'était moins, nettement moins !
Lex continua sa démonstration qu'il désirait sûrement glorifiée mais qui s'avérait en pratique épouvantable. Faisant preuve d'énormément de concentration, certaines de ses veines faciales gonflaient à vue d'œil et n'étaient pas loin d'éclater. Son corps en était recouvert de toute part, et la douleur qui l'avait désarçonné dès le début n'avait fait que progresser et le menait tout droit vers une mort certaine. Son visage, terriblement marqué, n'était que l'image d'un homme aux pouvoirs extraordinaires mais à l'organisme ordinaire. Ce dernier ne pouvait en supporter plus ! Le Président s'arrêta donc net, avant de s'effondrer sur son bureau. Le souffle court, il haleta pendant une bonne vingtaine de secondes avant de relever sa tête vers ses pantins qui, aveugles pendant la transe de Lex, ne comprirent pas les évènements présents .Ils n'avaient qu'une chose en tête : Voter NON !
Un sourire nerveux au coin des lèvres, Lex s'apprêta à terminer son discours mais une violente douleur, d'une intensité inégalée jusqu'alors, s'invita dans le creux de sa poitrine. Effroyablement surpris, il n'avait pu l'anticiper et commença à toussoter pour n'avoir pas eu le temps de reprendre son souffle. Sa respiration se faisait de plus en plus rapide, ses alentours commençaient à devenir flous, les voix se faisaient lourdes et confuses, il perdait peu à peu conscience. Son cœur lâchait prise tellement vite qu'il n'avait pu indiquer à ses gardes du corps l'endroit où se trouvaient ses médicaments. Son plan avait méticuleusement bien marché, mais à quel prix? Le plafond qu'il fixait depuis ce qu'il ressentait comme une éternité se colorisa d'une blancheur exquise mais meurtrière. Le Président des États-Unis venait à l'instant de tomber violemment à terre, avec à ses côtés des agents qui s'essayaient à tour de rôle aux massages cardiaques !
Aux grands maux les grands moyens, disait-on!
Ferme des Kents.11h01
Des cernes berçant ses doux yeux bleus, Barry reposait sa tête sur l'une de ses mains s'appuyant sur la table à manger de la famille des Kent grâce à son coude, faiblissant de second en seconde. En face de lui, Martha le dévisageait dans une bonté d'âme qui à elle seule était le concentré de tout l'amour qu'elle pouvait éprouver pour son fils. Le jeune super-héros que l'on surnommait plus communément Flash Gordon, et bien que sa corpulence musculeuse était nettement inférieure, dégageait une aura bienveillante et presque enfantine qui s'accordait parfaitement avec celle de Clark. Martha voyait en lui toutes les forces et faiblesses qui avaient pu accompagner la destinée de son fils, et souriait à l'idée de pouvoir rencontrer les forces surhumaines qui aidaient Superman dans sa lutte contre le Mal. Son fils était pour elle une perle de bravoure, de générosité, de morale et de force mais elle n'avait jamais prêté attention à ceux et celles qui l'entouraient, qui le protégeaient et qui formaient à ses côtés le seul obstacle à la progression du Mal.
Pour autant, elle n'hésita pas une seule seconde à le considérer comme un ami et à lui demander sa précieuse aide pour peut être changer le cours de l'histoire. Car dans une optique d'être pleinement actrice de ce qui allait se dérouler dans les prochains jours, elle prit à partie l'homme le plus rapide du monde afin d'user de ses pouvoirs et afin de contourner brillamment la règle numéro une du Code des super-Héros : « Une mère ne doit jamais interagir avec nos activités. L'une de nos mères ne doit jamais se retrouver mêlée à un combat qui ne concerne que notre Ligue. Une mère doit être dans un périmètre de sécurité maximum tout au long du combat ». Ce fantasme règlementaire imaginé par la mère de Clark ne faisait que référence à la trop grande attention portée par son fils à son égard. Non pas qu'elle ne respectait pas le choix de Superman de mettre tout en œuvre pour protéger la seule famille qui lui restait, mais il arrivait un moment où si les moyens lui étaient donnés elle n'hésiterait pas à passer à l'action et à sortir de l'ombre, trop protectrice, de son fils. Et ce moment était venu !
Fixant la cafetière entièrement vide, Martha se leva en direction de l'évier pour en préparer d'autre. Ce mouvement rapide réveilla Barry, tristement endormi depuis une bonne vingtaine de minutes, et l'incita à reprendre conscience progressivement. Se retournant doucement vers Martha, il fit un léger hochement de la tête tout en souriant, en signe de salutation matinale. Se sentant quelque peu coupable de s'être endormi bêtement devant la mère de son ami, et après que celle-ci lui ait présenté un verre de lait, il patienta sans dire un mot jusqu'à ce qu'elle se rassit en face de lui. Anticipant les futurs propos de Martha, il sourît à l'idée de devoir réécouter exactement les mêmes propos, le même discours qui lui avaient été prononcés tout au long de la nuit par Martha. Cela devait être parfait, il ne devait y avoir aucune fuite, aucun incident qui ne viennent troubler l'alliance embryonnaire. Il n'hésita donc pas à lui redemander pour la énième fois :
Barry (Avalant une gorgée laitière, insistant sur chaque mot) : Vous êtes vraiment sure de vouloir le faire Martha ?
Martha (fixant les quelques gouttes caféinées tombant dans la cafetière, perdue dans ses pensées) : Oui, j'en suis sure. Si je ne le fais pas maintenant, je risque de le regretter toute ma vie. Je veux qu'il agisse de son propre gré, je ne veux pas qu'il soit obligé de rendre des comptes à quelqu'un tout le temps.
Barry (D'un ton compréhensif, reprenant certains mots) : Rendre des comptes… C'est pas forcément le cas. A ce que j'ai pu comprendre de leur relation, il se débrouille tout à fait très bien tout seul. Il ne lui a pas souvent rendu visite, à ce que je sache ? (Fixant Martha, l'obligeant à rompre sa fixation sur la cafetière) Je ne vois pas pourquoi vous voulez tant le rencontrer, il n'a strictement rien fait de mal et a laissé Clark agir comme il le voulait… tout du moins jusqu'à présent !
Martha (Avec une pointe de gène, et d'incompréhension) : Ce n'est pas parce qu'il ne fait rien en ce moment, ce n'est pas parce qu'il économise les contacts avec lui, c'est juste que son autorité et son pouvoir planeront toujours sur les épaules de mon fils (Regardant la porte d'entrée, imaginant Clark débout dans la grange) Dès lors qu'il lui fera comprendre qu'il est présent pour lui lorsqu'il commet un erreur ou que sa vie est en danger, Clark n'aura pas pleinement conscience de la véritable portée de ses actes (Un léger sourire maternel vient détendre l'atmosphère) Mon fils est un grand garçon, et tout ce qu'il a enduré depuis sa naissance, tous les évènements tragiques auxquels il a assisté l'ont fait rapidement et terriblement murir, à tel point qu'il prend les mesures de ses actes (Redevenant sérieuse, posant ses mains à plat sur la table) Il faut néanmoins qu'il se défasse de cette autorité qui lui assure une remise en cause presque nulle… Il doit agir de son propre chef, et doit assumer pleinement les erreurs qu'il commettra.
Barry (faisant la moue, pas forcément très convaincu) : Martha, Clark est arrivé à un stade de sa vie où il a franchi ce cap depuis bien longtemps. C'est l'homme le plus consciencieux que j'ai pu voir, il ne fait pas de choix à la va-vite, et c'est ce qui assure la longévité de notre Ligue. Sans Clark, on serait sûrement perdus
Martha (D'un sérieux exceptionnel, dévisageant Barry) : Et en tant qu'homme consciencieux par excellence, c'est pour ça qu'il est allé combattre la Bestiole sans renfort et juste après que Lex, son pire ennemi, lui ait demandé de le faire ? C'est pour ça que j'ai retrouvé mon fils, le seul être cher sur Terre qui me reste, est rentré à la maison totalement méconnaissable et proche de l'article de la mort ? (La voix chevrotante, se forçant à ne pas laisser couler quelques larmes) Je ne veux plus jamais revoir ça, je ne veux pus avoir cette impression de perdre l'unique fils que j'ai. Ce que je veux est très simple : Je veux que Clark réfléchisse à ce qu'il fait, qu'il n'aille pas dans la gueule du loup dès lors qu'on le lui propose, je veux qu'il soit enfin maitre de sa destinée.
Barry (Se résignant à poursuivre la discussion, ne contestant aucun argument de Martha) : Il a vraiment de la chance d'avoir une mère comme vous. Je lui en toucherai deux mots, quand on sera là haut… sur la Lune (souriant tout en regardant l'heure) Par contre, si vous désirez tant que Clark ne soit pas l'un des privilégiés à connaître notre petit secret, il vaudrait partir maintenant. N'oubliez pas que la route risque d'être longue, même pour moi !
Martha zieuta rapidement l'heure qui était affichée sur l'horloge, et acquiesça à la proposition qui lui avait été offerte. Flash se rapprocha donc de la fermière, l'entoura amicalement de ses bras et après un signe de la tête, il lui glissa calmement « Vous êtes prête ? ». Le cœur de Martha battait à vive allure, elle ne savait pas si son plan allait fonctionner, elle n'avait pas envisagé les répercussions que cela aurait sur ses relations avec son propre fils, mais elle se persuadait que c'était ce qu'il fallait faire. Répondant par l'affirmatif à la question posée par le super-héros, et tout en prononçant intérieurement un « Je t'aime Clark », la mère de l'homme d'acier partait vers l'inconnu. A une vitesse extrêmement rapide, une trainée rouge et jaune parcourut l'ensemble de la demeure agricole pour dévaler en moins d'une seconde l'ensemble des terres et disparaître à l'horizon.
A ce même moment, la porte d'entrée s'entrouvrit et laissa apparaître les deux amoureux. La nuit fut courte mais délicieuse pour le couple de reporters, et l'extase qui se dégageait de leur sourire ne faisait que symboliser une passion encore plus grande et profonde. Leur dispute qui avait fait rage à la suite de la découverte de la double identité de Clark n'avait fait que fragiliser l'ébauche relationnelle naissant entre eux. Durant la nuit, cette dispute était bien loin et ne faisait dès lors que croupir, à justes raisons, dans leurs plus mauvais souvenirs accumulés depuis leur arrivée à Métropolis. Clark, seulement vêtu d'un boxer vert moulant son fessier incroyablement musclé et dévoilant la perfection corporelle qui l'habitait dans les moindres recoins, enlaça sa fiancée au niveau de sa taille svelte et féminine. La jeune Lane, subissant la plus douce et câline des tortures en se faisant embrasser tendrement dans le cou, poussait de calmes gémissements de plaisir qui faisaient sourire le jeune homme. Ce dernier, après un baiser plus long et appuyé sur les lèvres de Lois, esquiva une rapide main aux fesses qui aurait pu être brillamment orchestrée par sa compagne, malheureusement trop lente. Finalement libérée de l'emprise lascive et abominablement irrésistible de Clark, Lois abaissa vigoureusement la grande chemise de Clark qui lui servait d'ensemble vestimentaire afin d'éviter les regards un peu trop indiscrets et mal placés de ceux ou celles qui n'avaient pas partagé son intimité. La ferme ayant la fâcheuse habitude d'être historiquement l'endroit où se retrouvent, se croisent toutes les personnes qui connaissent de près ou de loin la famille Kent, Lois préféra prévenir que guérir… un possible évanouissement dû à une trop forte émotion. Le fait que la ferme soit justement calme et vide intrigua la jeune reporter qui n'hésita pas à le faire remarquer.
Lois (Fronçant légèrement les sourcils, jouant avec ses lèvres, regardant à gauche et à droite) : Clark, t'as pas l'impression que la ferme est un peu trop calme? Je ne veux pas m'auto-complimenter mais le fait qu'il n'y ait personne ce matin, ça n'a rien à voir avec moi?
Clark (Peinant à comprendre le raisonnement de Lois, incitant à une explication rationnelle) : C'est-à-dire ? Soit il est trop tôt pour que je comprenne, soit tu es une nouvelle fois entrain de t'auto-complimenter mais pour quelque chose qui m'échappe. En gros, faut que tu m'expliques !
Lois (Chuchotant, bloquant ses mains autour de sa bouche pour que personne n'entende) : Ca n'a rien à voir avec mes performances vocales de la nuit au moins ?
Clark (explosant calmement de rire, attrapant tendrement la main de Lois) : Lois, d'une, pas la peine de chuchoter, à mon avis il n'y a personne. Et de deux, tu t'auto-complimentes vraiment pour rien !
Dans un jeu de séduction, Lois balança une serviette de table dans le visage de Clark. Quelque peu déçue par le fait que son petit ami ne jouait pas le jeu, elle enchaina un grand nombre de moues succinctes avant de sourire à sa remarque. Lois avait certes un potentiel vocal plus élevé que la moyenne, il n'en demeurait pas moins que l'entendre de la ferme, alors fermée entièrement, relevait du miracle. Cette idée lui traversant l'esprit et voyant les tasses encore chaudes ainsi que la cafetière à moitié vide, elle reprit son sérieux.
Lois (Prenant une des tasses, et la faisant glisser à Clark) : J'suis peut être pas une experte, mais tu trouves vraiment pas bizarre, et là j'suis sérieuse, que personne ne soit là alors que les tasses sont encore chaudes, et que la cafetière est en plein « Vous inquiétez pas, j'fais du café » ?
Clark (Prenant la tasse, la plaçant dans l'évier, et fixant Lois) : Ce que j'crois, c'est que tu t'imagines énormément de choses ces temps-ci. Fais attention, à voir les malheurs partout, tu risques de perdre la tête. Crois-en mon expérience ! (Récupérant l'autre tasse, et la mettant à côté de la première) Et puis on parle quand même de ma mère et de Barry…
Lois (Le coupant gentiment, d'un sourire espiègle) : Justement, on parle bien de ta mère et de Barry. Ils ne sont pas juste allés chercher du pain, c'est pas quelque chose qui demande à être à deux… enfin, d'après mon expérience !
Clark (haussant les sourcils, d'un rire moqueur) : Tu ne serais pas entrain de parler d'eux pour éviter une autre discussion ? (Serrant la mâchoire, plus sérieux) Lois, que la ferme soit vide ou pleine, j'vais devoir y aller aussi (Anticipant la réaction de Lois, la calmant en prenant ses mains) On en a déjà suffisamment parlé durant la nuit pour qu'on évite les « au revoir » déchirants. Tu sais très bien que j'dois rejoindre la Forteresse, et tu sais très bien que si je te vois pleurer, ne serait-ce que pendant un mini-millième de seconde, je ne pourrais jamais me focaliser pleinement sur ma guérison et mon nouvel entraînement !
Lois (Tremblotant quelque peu, se mordillant les lèvres, soufflant désespérément) : Ca je le sais, mais je ne comprends pas pourquoi tu dois le faire maintenant ! Je sais que c'est égoïste de ma part, et je sais que je te ferai pas changer d'avis, mais promets moi juste une chose Clark : Ton exil, fais-le pour le monde entier et non pas pour toi. Pense avant tout à l'ensemble des humains qui comptent sur toi, et là tu pourras être, effectivement, pleinement concentré (Caressant les bras de son ami, le fixant intensément, un rictus charmeur et dévastateur en coin) Mais pense quand même à moi, ta Lois qui t'aimera jusqu'à la mort.
Clark, s'appropriant les moindres mots de sa moitié, contourna la table, releva Lois en la prenant par les bras et l'embrassa délicatement sur les lèvres. Un de ces baisers dont vous rêvez qu'il dure une éternité : Les lèvres se frôlaient à peine, mais l'excitation et le désir étaient à leur paroxysme. Clark devait faire de cet instant un moment qui resterait gravé dans la mémoire de Lois, tout du moins pendant la période de son exil. Il devait le faire car son absence était d'une durée indéterminée, et plus longtemps il était éloigné de Lois et plus il regretterait de l'avoir abandonnée. Ce dernier baiser était donc pour lui l'ultime preuve d'amour, et l'ultime message d'excuse !
Leurs visages progressivement s'éloignaient, et Clark en profita pour troquer rapidement son unique boxer pour revêtir le costume qui faisait de lui le Super-Héros par excellence. Un léger sourire en guise d'au revoir, Clark s'éclipsa et suivit les traces qui avaient été laissées quelques minutes plus tôt par Barry et Martha. Lois, quant à elle, était maintenant seule. Elle se tourna vers la table, elle poussa l'une des chaises pour l'emboiter parfaitement sous le meuble, et s'effondra littéralement dans une explosion de pleurs et de chagrins. Les bras posés sur le haut de la chaise, le dos vouté et la tête repliée vers sa poitrine, elle respectait scrupuleusement les désirs de Clark : Il ne l'aura jamais vue pleurer !
Forteresse de Solitude. Dans la journée
Disposée en plein désert glacial, et insoupçonnée de tous, cette Forteresse de Solitude était l'emblème de la technologie kryptonienne. Un faisceau de gigantesques cristaux, en verre glacé, forcément indestructible, avait complètement décontenancé la pauvre Martha, lorsque celle-ci déposa les pieds au sol à quelques kilomètres de l'entrée. Elle n'avait jamais rien vu de tel, et même si son esprit cartésien avait été totalement dépouillé et réduit à l'état de néant, notamment avec l'arrivée sur Terre d'un super-héros nommé plus tard Superman, elle n'en demeurait pas moins subjuguée par une telle prouesse architecturale, une telle dynamique artificielle. Martha n'en croyait pas de ses yeux, et son étonnement compréhensible était renforcé par celui de l'homme qui, pourtant, courait plus vite que n'importe qui et travaillait dans une Station Spatiale basée sur la Lune. La Forteresse de Solitude regorgeait d'ingéniosité, et même si Flash était habitué aux complexes pharamineux et uniques, il n'en demeurait pas moins qu'elle était tout simplement superbe, divinement incomparable. Cette pléiade d'émotions éprouvées par les deux aventuriers avait été vécue, il y avait une quinzaine de minutes. Là où s'étaient arrêtés Barry et Martha pour explorer du regard les alentours, et surtout pour admirer la magnificence artistique qui s'étalait devant eux, se trouvait maintenant Superman. Tout en ne pensant qu'à Lois, il contemplait les vestiges de son peuple, l'unique archive physique qui lui restait de sa planète natale. Et même s'il l'avait vue et revue, il était toujours autant ébahi devant un tel chef d'œuvre.
A l'intérieur, Barry contemplait le faisceau lumineux qui entourait la mère de Clark et qui se profilait jusqu'aux cristaux noirs formant le plafond de la forteresse. Il ne comprenait pas ce qu'elle disait, mais il savait qu'elle discutait de son fils avec Jor-El.
Martha (Fixant l'hologramme de Jor-El, déterminée) : Vous me promettez donc que tout ça sera fait? Ceci est bien un pacte de confiance : Je fais ce qu'on me demande, et vous faites ce que je vous ai demandé… Et ce, pour le bien de Clark, de Kal-El ?!
Jor-El (Résigné, acceptant les propositions de Martha) : Kal-El a amplement mérité l'amour et le soutien de votre famille, Martha. La fierté que j'éprouve à l'idée de laisser Kal-El entre vos mains est plus grande que vous ne pouvez l'imaginer. Je respecterai donc notre contrat, et veillerai à ce que tout soit en ordre pour le bien de notre fils (Interceptant le signal de son fils, précipitant la fin de la discussion) Kal-El est en chemin pour la Forteresse, et sera bientôt dans l'enceinte kryptonienne. Je me permets donc de vous inciter à partir au plus vite. Au revoir Martha !
Dans un tonnerre de lumière et de bruits assourdissants, Jor-El exprima sa volonté de voir Martha et Barry hors de la Forteresse avant même que Clark n'entre en les téléportant brusquement à quelques kilomètres de l'énorme bâtisse. Se fracassant violemment sur le sol neigeux qui entourait la Forteresse, les deux amis se relevèrent aussi tôt en s'appuyant difficilement sur leurs jambes engourdis par le voyage. Pour Martha, il s'agissait d'un réel soulagement, son plan avait parfaitement fonctionné. Certes à quelques secondes près, elle se retrouvait face à face avec son fils et aurait eu du mal à lui expliquer la situation mais d'un autre côté le dialogue avec le père génétique de Clark avait été nettement moins rude que prévu.
Pour Barry, il s'agissait d'autre chose. Ce n'était pas du soulagement, mais de l'étonnement enfantin, des questions qui ne trouveraient sûrement aucune réponse. Certes il était heureux d'avoir aidé la mère d'un ami et d'avoir découvert l'énormité de la Forteresse de Solitude, mais une question le tracassait : Comment ce gars a-t-il fait ? Comment il a réussi à nous téléporter, seulement en claquant des « doigts » ?
3 mois plus tard - Métropolis
: […] Voulez-vous tuer la bête ? Si la majorité s'oriente vers le « oui » alors la bête sera tuée et on espérera que nous ne ferons pas face à une autre menace de la même ampleur, mais par contre si la majorité s'oriente vers le « non » la Chose ne sera pas exterminée et sera métamorphosée pour devenir notre Sauveur. La question est donc : Me faites-vous confiance ?
Voilà ce qui tournait en boucle sur l'écran, parsemé de tâches rouges et partiellement détruit, d'une télévision qui jonchait sur le sol poussiéreux et humide d'une pièce sombre et puante. Lex Luthor répétait encore et encore ce qu'il avait annoncé au peuple américain trois mois auparavant. L'enregistreur, qu'il s'agissait d'un mécanisme à cassette ou à dvd, situé dans une petite ouverture d'un meuble où était initialement posée la télévision, dysfonctionnait de manière énervante et, à l'image de l'état actuel du poste, disposé à la verticale sur le sol, était également à moitié détraqué.
L'écran désormais rougeâtre n'éclairait que très peu l'ensemble de la pièce et ne laissait guère l'opportunité d'apprécier les circonstances d'un tel désordre et d'un tel vacarme olfactif. Néanmoins, une petite lampe, renversée sur une table basse, allongeait sa faible intensité lumineuse sur une moquette bleue vénitienne s'orientant, au fur et à mesure qu'on guettait les alentours, vers un rouge sang.
D'énormes flaques sanguinaires se répandaient affreusement dans les moindres stries de la moquette, et commençaient à envenimer la qualité des fauteuils en cuir, et des chaises en bois. Une jeune femme blonde, complètement défigurée par ce qui ressemblait à d'énormes et profondes griffures, et amputée d'au moins deux membres, était avachie contre l'un des fauteuils, son visage sans vie se reposant sur l'accoudoir. La bouche ouverte, et ses yeux ruisselants de sang, elle était tellement amochée, tellement enlaidie qu'il était très difficile de constater qu'il s'agissait d'une femme. Le fait était qu'heureusement il y avait un cadre photo, dont la façade en verre était explosée, qui représentait une magnifique jeune femme blonde, au visage fin et somptueux, située au centre de deux hommes : L'un, de la même tranche d'âge, se voyait pousser quelques cheveux gris dans une envolée capillaire brune assez originale et laissait disparaître son visage carré derrière une barbe ravissante de trois jours. Ses yeux éperdument bleus se mariaient parfaitement avec ceux de l'autre homme. Ce dernier était en fait un jeune garçon, âgé d'au moins dix ans, qui arborait un physique d'athlète et une joie de vivre époustouflante qui se résumait dans un éclat de rire, maintenant éternel, généreux et d'une sincérité déconcertante. Il s'agissait là d'une photo d'une famille heureuse !
Alors que la défunte était immobilisée à l'avant du fauteuil, le corps du jeune garçon était disposé assis, et adossé à l'arrière. Une partie de son visage avait été épargné, et laissait entrevoir toute la beauté du gamin, toute la naïveté qu'il avait eu tant de mal à garder au cours de sa vie et surtout toute l'humanité de cet amas de chair et d'os qu'on avait posé là, comme un vulgaire ramassis d'ordure. Le corps totalement déformé, la tête comme défoncée par un marteau de deux mètres d'envergure, le jeune homme ne pouvait que ressembler à un as d'ordure, tout du moins c'est ce qu'il représentait, ou devait représenter pour celui ou celle qui avait osé produire un tel carnage !
Une succession de bouteilles d'alcool, aussi diverses que variées, s'accumulaient et formaient presque une ligne commençant des pieds du jeune mort et se terminant à ceux d'une tierce personne. Au centre de la pièce totalement ravagée, dans laquelle gisaient deux corps et où le chaos était qualifiable d'innommable, un homme, aux yeux bleus magnifiques et à la barbe affreusement importante, s'était laissé tombé dans un canapé moelleux, et une bouteille à la main, il fixait approximativement le téléviseur. Les vapeurs d'alcool lui montaient à la tête, et dès lors qu'il tentait de se mettre assis, il se balançait d'avant en arrière, ou de gauche à droite, sans avoir de notion d'équilibre. Complètement ivre, il s'offrait un monologue à propos de sa vie ou, dès qu'il jetait un regard furtif vers sa femme ou son fils, sur ce qu'il aurait pu accomplir avec les deux amours de sa vie.
Le message de Lex tournait toujours en boucle, et cela commençait à perturber le père. Fulminant et braillant toutes les injures qu'il pouvait connaître, il s'allongea bruyamment sur le côté droit du canapé pour récupérer un objet, difficilement accessible au vu du temps qu'il mettait pour l'attraper. De nouveau assis face à ce qu'il restait de la télévision, il pointa une arme vers sa tempe et avec laquelle il se gratta nerveusement le haut du front. Se balançant d'avant en arrière, et toujours l'arme pointée sur sa tête, il s'énerva de plus belle et invectiva toute l'immense douleur qu'il avait accumulée depuis la mort de sa femme et de son fils.
L'homme (pointant l'arme sur Lex, dans une colère gargantuesque, toujours en se balançant) : Tu ne peux pas savoir à quel point j'te hais, espèce d'enflure de politicien à la con. Tu n'es qu'une putain de raclure, un connard qui, pour avoir menti, a tué tout ce que j'avais de plus cher (Augmentant son délire, se tapotant le front avec la paume de sa main libre, bougeant nerveusement ses jambes) Oui, toi… oui… oh, oui, tu nous as tous condamnés. Ma femme et mon fils n'avaient rien à voir là dedans (criant de tous ses forces sur le téléviseur, postillonnant sur l'écran) Ma femme et mon fils n'avaient rien à voir là dedans !!! (Rabaissant son visage aux genoux, commençant à pleurer, se calmant, d'une voix plus calme et douce) Putain, ils avaient rien à voir là dedans… nan, rien à voir ! (Fixant son fils) Papa va aller mieux, Papa est là… (Prenant une bouteille, la projetant sur l'écran, d'un ton extrêmement agressif) Papa est là !
Le téléviseur explosa, face à la violence du lancer, dans un tonnerre de crépitements aveuglants et dangereux. L'alcoolique, amplement satisfait de son geste, se laissa tomber en arrière et profita du moelleux de son canapé. C'était peut être ce qui lui restait de mieux dans sa vie : Le moelleux de son canapé ! Attrapant une autre bouteille d'alcool, il en avala cinq gorgées, reposa le contenant sur l'accoudoir, juste à côté d'une photo de vacances en famille qu'il venait de sortir de sa poche et d'embrasser timidement.
Après un regard amoureux vers sa femme et son fils, il posa l'arrière de son crâne sur le haut du canapé, déglutina tout en regardant le plafond, rapprocha le pistolet de son cou et sans une once d'hésitation, ou même de regret, il appuya sur la détente. Une seule balle suffit à l'achever ! Une chose était au moins sure : Papa allait beaucoup mieux, Papa était là avec sa femme et son fils, il était quelque part où Lex n'était pas. Ca ne pouvait qu'être un monde merveilleux !
A suivre : Clark va à la FDS, et rencontre presque sa mère (qui termine le pacte avec Jor-el)
Montrer Chloé (commencer par une pensée à la première personne) vivante. Mais le Joker veille, et l'espionne (lien avec le futur partiel) (prochain partiel finalement !)
Terminer le partiel par un trois mois plus tard : Le discours de Lex tournant en boucle sur un écran de télé, fracassé par terre. Pièce totalement ravagée, deux corps gisent : ceux d'une femme et de son enfant ! Une troisième personne est dans la salle : Un homme est entrain de boire, et vocifère des insultes, mais incompréhensibles du à l'alcool. Il s'arrête un instant, et ses insultes deviennent plus audibles. Insultes sur le Président, et concernant la bête. Il balance la bouteille sur l'écran ! Dernières insultes avant qu'un coup de feu retentisse ! (monde dans le chaos !)
